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	<title>ExtremeCentre.org &#187; Sittingbull</title>
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	<description>Contre l'extrême droite et l'extrême gauche, il y a l'extrême centre</description>
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		<title>Que du bonheur!</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:44:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/05/article-2143889-13131077000005DC-851_634x856.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-36553" title="article-2143889-13131077000005DC-851_634x856" src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/05/article-2143889-13131077000005DC-851_634x856.jpg" alt="" width="634" height="856" /></a></p>
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		<title>Les benêts phrygiens</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:29:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présidentielle française 2007]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon les élites réunies sur le plateau de Frédéric Taddei, le mardi suivant l’élection du 6 mai, il serait choquant d’être choqué par le spectacle des drapeaux de la Bastille. Rappelons que ce soir-là, pour fêter l’arrivée à la présidence de la République du premier socialiste depuis Mitterrand, les drapeaux que l’on agitait sur la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;" align="center"><span style="font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Selon les élites réunies sur le plateau de Frédéric Taddei, le mardi suivant l’élection du 6 mai, il serait choquant d’être choqué par le spectacle des drapeaux de la Bastille.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Rappelons que ce soir-là, pour fêter l’arrivée à la présidence de la République du premier socialiste depuis Mitterrand, les drapeaux que l’on agitait sur la place de la Bastille étaient très majoritairement étrangers et essentiellement arabes.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Au hit-parade, les bannières algériennes, tunisiennes et marocaines s’octroyaient les trois premières places du podium.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Pour ces intellectuels, toujours les mêmes que l’on convie sur les plateaux de télévision, on pouvait y voir la preuve de la diversité de la population française. Point.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Pour ces fines fleurs de la pensée française, rompues aux analyses complexes, voilà une façon bien suspecte d’expédier le sujet.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><strong>La diversité, Mesdames et Messieurs, c’est tout autre chose.</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;"><span id="more-36550"></span>La diversité, c’est quand un blanc, un asiatique, un Noir et un Arabe se retrouvent réunis sous le même drapeau, comme on peut le voir quotidiennement dans les cours d’écoles aux Etats-Unis.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">La diversité, c’est quand un blanc, un asiatique, un noir et un Arabe décident d’adopter le même tronc commun historique, même si leurs ancêtres sont nés aux quatre coins de la planète. Ils sont même autorisés à choisir, pour leurs enfants, des prénoms usités dans la terre d’accueil.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">C’est même plutôt conseillé quand on veut faciliter l’intégration.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">La diversité, c’est quand un blanc, un asiatique, un Noir et un Arabe importent leur culture d’origine pour la métisser aux autres et non pas pour la mettre en concurrence dans l’espoir de la rendre majoritaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">La diversité enfin – il n’y a pas que François Hollande qui maîtrise l’anaphore -, c’est avoir un projet commun symbolisé par le drapeau, tricolore en l’occurrence quand on veut être français.</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Quoi de plus imbécile et de plus malhonnête que de voir dans ces communautarismes, crispés et agressifs, un symbole d’harmonie ?</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Quoi de plus irresponsable que de décrire ces germes de guerre civile comme des promesses de lendemains meilleurs ?</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Quoi de plus désespérant que cette confiscation de la parole médiatique par des élites complètement déconnectées des réalités ?</span></p>
<p><span style="color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;">Les manifestants du 6 mai à la Bastille ont bien dû sourire en s’entendant décrits comme des angelots tout en fourbissant leurs armes pour le jour où&#8230;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les enjeux d&#8217;un vote historique</title>
		<link>http://extremecentre.org/2012/05/06/les-enjeux-dun-vote-historique/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2012 06:14:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politiques économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielle française 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour l&#8217;économiste et historien Nicolas Baverez, ce qui se joue ce dimanche est rien de moins que le maintien, au prix d&#8217;immenses efforts, de la France dans le peloton de tête des pays développés&#8230; ou son inexorable déclin. La Ve République est un régime conçu pour l&#8217;action en temps de crise. Le président de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Pour l&#8217;économiste et historien <a href="http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/05/03/01039-20120503ARTFIG00783-les-enjeux-d-un-vote-historique.php">Nicolas Baverez</a>, ce qui se joue ce dimanche est rien de moins que le maintien, au prix d&#8217;immenses efforts, de la France dans le peloton de tête des pays développés&#8230; ou son inexorable déclin.</h2>
<div><img src="http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif" alt="" border="0" />La Ve République est un régime conçu pour l&#8217;action en temps de crise. Le président de la République, qui incarne la nation et répond du pouvoir de l&#8217;État, en constitue la colonne vertébrale. Son élection structure le système politique tout en mettant les citoyens en situation d&#8217;examiner les grands enjeux de l&#8217;heure et de décider de leur destin. Or, l&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/presidentielle" target="">élection présidentielle de 2012 </a>se présente comme une dangereuse dérobade. Jamais depuis les années 1930 la France n&#8217;a été aussi affaiblie, notamment vis-à-vis de l&#8217;Allemagne, et aussi en porte-à-faux par rapport à l&#8217;économie mondiale et à l&#8217;environnement international. Jamais depuis les années 1930 la classe politique n&#8217;a fait preuve d&#8217;une telle légèreté et le débat public ne s&#8217;est enfermé dans un tel déni du réel. Les Français ne s&#8217;y trompent pas. Leur forte mobilisation du premier tour, avec un taux de participation de 80%, témoigne d&#8217;une conscience aiguë de la gravité de la situation et du caractère décisif du moment. Leur vote à 33% contre les partis dits de gouvernement exprime leur désarroi et leur déception face à l&#8217;insuffisance des projets en présence.<span id="more-36311"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div><img src="http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/03/34efb982-95c7-11e1-a519-10040b45a524-493x250.jpg" alt="François Hollande à Londres, le 29 février dernier, au côté d'Ed Miliband, le leader du parti travailliste. Crédits photo: LEFTERIS PITARAKIS" border="0" /><br />
François Hollande à Londres, le 29 février dernier, au côté d&#8217;Ed Miliband, le leader du parti travailliste. Crédits photo: LEFTERIS PITARAKIS</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En 2002, c&#8217;est l&#8217;abstention qui avait été le vecteur de leur colère et leur frustration. En 2012, ce fut le vote en faveur du Front du rejet, au confluent d&#8217;un règlement de comptes entre les électeurs et le président sortant, d&#8217;une crise de nature déflationniste qui lamine les classes moyennes, d&#8217;un appel enfin à réassumer les valeurs de la République qui ont été abandonnées aux populistes qui les instrumentalisent. Intellectuellement et politiquement, ces derniers ont réussi leur <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/opa" target="">OPA</a> sur la campagne, placée sous le signe de la démagogie, de la nostalgie et du ressentiment. Et ce, en complète rupture avec les récentes élections en Europe qui, du Royaume-Uni à l&#8217;Espagne, ont débouché, au terme d&#8217;un débat authentique autour des très sérieuses difficultés de ces nations et de l&#8217;Europe, sur des alternances associant le renouvellement des équipes dirigeantes, des stratégies claires de gestion de la crise, des idées originales pour mobiliser l&#8217;énergie des citoyens, à l&#8217;image du programme britannique de <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/big-society" target="">Big Society</a>.</p>
<p>L&#8217;élection présidentielle de 2012 ne va pas seulement choisir le prochain président de la République, qui aura la très lourde responsabilité de diriger le pays et l&#8217;État au cours de cinq années terribles. Elle donnera une indication décisive sur la capacité de notre démocratie à délibérer et à relever les immenses défis qui se présentent devant elle, sur la capacité de la France à accomplir les changements majeurs requis pour enrayer trois décennies de déclin, sur la capacité des Européens de trouver les compromis nécessaires pour sauver l&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/euro" target="">euro</a> et les acquis de soixante ans d&#8217;intégration du continent. Voilà pourquoi le vote de 2012 est décisif. Voilà pourquoi, sous les avatars d&#8217;une campagne en trompe-l&#8217;oeil, il doit être éclairé et guidé par la compréhension de ses enjeux réels à l&#8217;aune des révolutions du XXIe siècle.</p>
<h3>Accélération de l&#8217;Histoire, régression de l&#8217;Europe&#8230;</h3>
<p>Jamais depuis 1958 une élection présidentielle ne s&#8217;est déroulée sur fond de plus grands bouleversements historiques. La Ve République est née de l&#8217;impuissance du régime parlementaire à trouver une issue à la guerre d&#8217;Algérie, dans un contexte de forte croissance et de stabilisation de la guerre froide après la disparition de Staline. L&#8217;élection de <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/francois-mitterrand" target="">François Mitterrand</a>, en 1981, dut beaucoup aux chocs pétroliers et à la crise déclenchée par l&#8217;implosion de la régulation keynésienne sous les assauts conjugués du chômage et de l&#8217;inflation, tandis que sa réélection précéda d&#8217;un an la chute du mur de Berlin.</p>
<p>Le scrutin de 2012 se situe pour sa part au confluent de quatre révolutions qui remettent en cause la situation de la France et de l&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/europe" target="">Europe</a>.La première révolution est liée à la mondialisation, qui fait basculer le centre de gravité du capitalisme vers les pays émergents &#8211; ces derniers assurent désormais 52% de la production industrielle, réalisent 48% des exportations et détiennent 80% des réserves de change mondiales. D&#8217;où un double choc pour les pays développés, confrontés à la désindustrialisation et à un chômage structurel qui déstabilise leurs classes moyennes, tandis que l&#8217;Occident voit contester le monopole qu&#8217;il détenait sur l&#8217;histoire du monde depuis le XVIe siècle. La deuxième découle du cumul de la crise mondiale du capitalisme dérégulé et de la crise européenne des risques souverains qui ne sont nullement achevées. Elles entraînent le recul relatif des États-Unis et leur recentrage stratégique autour de leur territoire et de l&#8217;Asie, tandis que l&#8217;Europe se trouve aspirée dans une dynamique déflationniste comparable à celle du <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/japon" target="">Japon</a>, mêlant vieillissement démographique, surendettement, perte de compétitivité et surévaluation de la monnaie. Le troisième bouleversement est à chercher dans l&#8217;onde de choc du soulèvement des peuples lancée par les <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/revolution-arabe" target="">révolutions du monde arabo-musulman</a> et qui a gagné jusqu&#8217;à la Russie et à la Chine. Animées par la révolte contre les autocraties, la corruption et les inégalités, elles n&#8217;ont pas pour autant comme objectif, contrairement à l&#8217;automne des peuples de 1989, le passage à la démocratie occidentale et à l&#8217;économie de marché. Enfin, une nouvelle révolution technologique se poursuit, portée par l&#8217;information, la génétique mais aussi la transition énergétique sous la pression de la raréfaction des ressources, du<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/rechauffement-climatique" target="">réchauffement climatique </a>et de la catastrophe de <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/fukushima" target="">Fukushima</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><img src="http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/03/4597a308-95c7-11e1-a519-10040b45a524-493x250.jpg" alt="Manifestation du 1er mai en Espagne contre la rigueur imposée par le nouveau gouvernement Rajoy. Crédits photo: SUSANA VERA/REUTERS" border="0" /><br />
Manifestation du 1er mai en Espagne contre la rigueur imposée par le nouveau gouvernement Rajoy. Crédits photo: SUSANA VERA/REUTERS</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;Europe est la grande perdante de cette nouvelle donne. La <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/zone-euro" target="">zone euro</a>, épicentre de la crise des dettes souveraines, est devenue le plus important risque pour l&#8217;économie mondiale, que l&#8217;implosion de la monnaie unique plongerait dans une grande dépression. Elle est le seul des grands pôles de la mondialisation dont la production reste inférieure à son niveau de 2007 et à rechuter dans la récession, accompagnée d&#8217;un chômage qui touche 10,8% de la population active tandis que les déficits et la dette publics atteignent 4,1%, et 87% du <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/pib" target="">PIB</a>. Elle compte trois États en situation de défaut, qui menacent d&#8217;être rejoints par l&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/espagne" target="">Espagne</a>, prise en tenailles par la récession et le chômage (25% de la population active), d&#8217;une part, la faillite du système bancaire qui ploie sous 200 milliards d&#8217;euros de créances douteuses et l&#8217;explosion des coûts de la dette publique, d&#8217;autre part.</p>
<p>À l&#8217;exception du nord du continent, l&#8217;Europe est devenue l&#8217;otage de modèles de croissance à crédit caducs et d&#8217;États providence insoutenables au regard de l&#8217;évolution de la démographie et de la chute de la croissance potentielle. Au moment où les déséquilibres de la mondialisation tendent à se réduire, la divergence entre les pays de la zone euro s&#8217;exacerbe. L&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/allemagne" target="">Allemagne</a>, forte de sa réunification et de ses réformes, affiche une croissance stable, des excédents commerciaux et courants records (158 et 135 milliards d&#8217;euros), un retour au plein emploi avec un chômage revenu en dix ans de 12 à 6% de la population active, ce qui lui vaut d&#8217;attirer des dizaines de milliers de jeunes diplômés d&#8217;Europe du Sud.</p>
<p>La faiblesse de la gouvernance européenne achève de rendre la situation critique. La crise a démontré la fausseté des principes qui ont présidé à la création de l&#8217;euro et l&#8217;incapacité à gérer les crises en l&#8217;absence d&#8217;un gouvernement économique, d&#8217;une Banque centrale qui dispose du statut de prêteur en dernier ressort, d&#8217;une solidarité financière et d&#8217;une responsabilité budgétaire. Mais alors que chacun s&#8217;accorde sur le fait que la survie de la zone euro passe par une intégration renforcée, les nations qui la composent ne cessent d&#8217;afficher leurs désaccords, leurs difficultés à nouer des compromis et à exécuter les décisions arrêtées. Dans l&#8217;Union tout entière, les États renationalisent à marche forcée la politique économique et restaurent les frontières sous la pression des populismes qui érigent l&#8217;Europe en bouc émissaire et manipulent les peurs provoquées par les grandes transformations historiques.</p>
<h3>&#8230; et déclin de la France</h3>
<p>De cette Europe aspirée par le vide et la désintégration, la France est désormais le grand corps malade. La crise a en effet donné un spectaculaire coup d&#8217;accélérateur à son déclin économique et social. La croissance, limitée à 1,2% au cours des années 2000, est à l&#8217;arrêt en raison de l&#8217;euthanasie du secteur privé, du retard de l&#8217;investissement et du blocage de l&#8217;innovation, provoqué par la chute des profits, de l&#8217;effondrement de la compétitivité dont témoigne le déficit commercial le plus élevé de la zone euro (70 milliards en 2011). La <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/dette-publique" target="">dette publique </a>s&#8217;est envolée et atteindra 90% du PIB en 2012, seuil à partir duquel elle pèse négativement sur l&#8217;activité et l&#8217;emploi. Le chômage frappe 10% de la population active depuis trois décennies. Il en résulte une paupérisation rapide des Français, dont le revenu par tête est désormais inférieur à celui des Européens. La nation se balkanise avec la reconstitution d&#8217;un sous-prolétariat de 6 millions d&#8217;exclus vivant dans des ghettos, plongés dans l&#8217;anomie sociale et dépendant uniquement des transferts sociaux. Confrontés à la fermeture du marché du travail et de la société, les jeunes &#8211; dont 161.000 abandonnent chaque année le système éducatif sans aucune formation &#8211; basculent dans l&#8217;exclusion ou font le choix de l&#8217;exil.</p>
<p>Le décrochage de la France, contrairement aux autres pays développés, ne résulte pas de l&#8217;éclatement de l&#8217;économie de bulle en 2007, mais d&#8217;un modèle de croissance par la dette publique où le seul moteur d&#8217;une activité en baisse régulière est fourni par la consommation, alimentée par des transferts sociaux qui culminent à 33% du PIB et sont financés majoritairement par la hausse de la dette et accessoirement par celle des prélèvements publics. La montée parallèle des dépenses et des recettes publiques, qui culminent à 56,6% et 49 % du PIB, mine la production et l&#8217;emploi marchands, avivant l&#8217;anxiété sociale, qui légitime de nouvelles demandes de protection. L&#8217;État providence a ainsi cannibalisé l&#8217;État régalien et la redistribution, évincé la production. Dans le même temps, l&#8217;étatisme et le corporatisme figent et ferment la société. Et la France de se couper du monde ouvert du XXIe siècle. Loin d&#8217;être anecdotique, la dégradation financière a ainsi acté le déclassement de la France en Europe et dans le monde.</p>
<p>Avec la maîtrise de ses comptes publics, notre pays a perdu sa souveraineté face aux marchés financiers comme à l&#8217;Allemagne, qui assume désormais seule &#8211; et non sans erreurs &#8211; le leadership de la zone euro et de l&#8217;Europe continentale. Il sera le coeur du prochain choc sur la zone euro. En dépit du faux calme qui a prévalu depuis la dégradation de sa notation financière, le télescopage du mur de la dette se rapproche. La France doit lever 180 milliards d&#8217;euros en 2012 et plus de 200 milliards en 2013 sur les marchés, dont les deux tiers auprès des investisseurs internationaux. Or, elle se trouve prise dans une double tenaille. La première, intérieure, entre la course folle de la dette publique, d&#8217;une part, le blocage de la croissance et la chute de la compétitivité, d&#8217;autre part. La seconde, européenne, entre l&#8217;Allemagne d&#8217;<a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/angela-merkel" target="">Angela Merkel</a>, leader de l&#8217;Europe du Nord compétitive, et l&#8217;Italie de <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/mario-monti" target="">Mario Monti</a>, symbole de l&#8217;Europe du Sud qui se réforme. Le choc annoncé sur la dette française entraînera une dégradation immédiate de nos banques tout en relançant spectaculairement la déstabilisation de la zone euro à travers la mise en risque d&#8217;une dette de 1700 milliards mais aussi des mécanismes de secours que notre pays garantissait.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><img src="http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/03/5da02b14-95c7-11e1-a519-10040b45a524-493x250.jpg" alt="Angela Merkel avec José Manuel Barroso et Mario Monti, à Bruxelles en mars dernier. Crédits photo: XINHUA/ZUMA/REA" border="0" /><br />
Angela Merkel avec José Manuel Barroso et Mario Monti, à Bruxelles en mars dernier. Crédits photo: XINHUA/ZUMA/REA</div>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Réinventer le modèle français et l&#8217;Europe</h3>
<p>Pour la France et l&#8217;Europe, la décennie 2010 sera décisive et déterminera largement leur place dans le XXIe siècle. Sans réforme de son modèle économique et social, la France ne figurera plus dans les dix premières puissances mondiales en 2025. Elle ne peut plus affronter seule un choc sur sa dette et devra compter sur l&#8217;aide de l&#8217;Europe. Une Europe qui devra choisir entre la relance de son intégration ou l&#8217;éclatement de la zone euro, sans pouvoir se reposer sur le renfort d&#8217;une Amérique surendettée et profondément divisée, ni sur l&#8217;appui d&#8217;un Japon ravagé par la déflation, le tsunami et la catastrophe de Fukushima, ni sur le secours des émergents tout entiers tendus vers leur rattrapage de l&#8217;Occident et animés d&#8217;une volonté de revanche contre les anciennes puissances coloniales. En bref, la France et l&#8217;Europe vont devoir décider au cours des prochaines années de se réinventer ou de sortir de l&#8217;Histoire universelle.</p>
<p>Pour la France, l&#8217;enjeu prioritaire concerne la modernisation du modèle économique, qui passe par un nouveau pacte productif. Dès lors que la consommation excède la production de 10%, le choix est entre la déflation par la baisse des salaires et la reflation par l&#8217;augmentation du travail, de l&#8217;investissement et de l&#8217;innovation. D&#8217;autres pays européens se sont engagés avec succès dans cette voie, à l&#8217;image de l&#8217;Allemagne ou de la <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/suede" target="">Suède</a>. Et il n&#8217;existe aucune fatalité à ce que la France figure parmi les perdants de la mondialisation, comme le montrent le dynamisme des Français installés à l&#8217;étranger ou les performances des grands groupes. De fait, notre pays dispose d&#8217;atouts majeurs: la vigueur de sa démographie, la productivité d&#8217;une partie de sa main-d&#8217;oeuvre, l&#8217;abondance de l&#8217;épargne &#8211; en dépit d&#8217;une taxation aberrante approchant 40% -, la qualité de ses infrastructures, l&#8217;excellence de certains pôles publics et privés en situation de leadership mondial, un patrimoine, une culture, un mode de vie, des paysages et un climat exceptionnels. Ces atouts doivent devenir le socle pour le redressement de l&#8217;offre nationale.</p>
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<div><img src="http://www.lefigaro.fr/medias/2012/05/03/85fff8c8-95c7-11e1-a519-10040b45a524-493x250.jpg" alt="Marine Le Pen, le 1er mai à Paris, à la traditionnelle fête de Jeanne d'Arc organisée par le Front national. Crédits photo: KENZO TRIBOUILLARD" border="0" /><br />
Marine Le Pen, le 1er mai à Paris, à la traditionnelle fête de Jeanne d&#8217;Arc organisée par le Front national. Crédits photo: KENZO TRIBOUILLARD</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le schéma keynésien d&#8217;une croissance tirée par des dépenses publiques financées par la dette est mort. Parce que la consommation se porte sur les importations dans une économie ouverte si l&#8217;appareil de production n&#8217;est plus performant. Parce que la dépense publique et l&#8217;impôt euthanasient l&#8217;activité et l&#8217;emploi marchands. Parce que l&#8217;excès de dette publique ruine le crédit de l&#8217;État et la confiance. Voilà pourquoi ce ne sont pas les dépenses publiques mais les réformes de structure qui peuvent relancer la croissance. Voilà pourquoi la priorité doit aller à la maîtrise des coûts de production, à l&#8217;investissement, à l&#8217;innovation et à la recherche.</p>
<p>La reconstruction d&#8217;une offre nationale compétitive a pour condition le retour à l&#8217;équilibre des finances de la nation, qui implique la rupture avec la préférence pour la dépense publique. <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/pierre-mendes-france" target="">Pierre Mendès France </a>aimait à rappeler que «les comptes en désordre sont la marque des nations qui s&#8217;abandonnent». Le modèle de croissance fondé sur la dette publique et privée &#8211; qui atteint 160% du PIB contre 128% en Allemagne et 126% en Italie &#8211; est caduc. La <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/cour-des-comptes" target="">Cour des comptes </a>a établi que l&#8217;effort d&#8217;économie pour ramener les comptes publics à l&#8217;équilibre s&#8217;élève à 120 milliards d&#8217;euros sur cinq ans. Les stratégies de redressement conduites dans les pays développés, de la Suède à l&#8217;Allemagne en passant par le Canada, montrent qu&#8217;il doit être effectué à hauteur d&#8217;un quart par des hausses d&#8217;impôts centrés sur les ménages et de trois quarts par des baisses de dépenses. Les <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/impot" target="">impôts</a> et taxes ont augmenté de 32 milliards d&#8217;euros dans les deux dernières années, dont plus de la moitié à la charge des entreprises, dont le taux de marge se situe à un point bas historique depuis les années 1980. La priorité doit donc aller aux coupes dans les dépenses publiques et au basculement des dépenses stériles vers les usages productifs: le travail, l&#8217;investissement, l&#8217;éducation et la recherche.</p>
<p>Il ne fait aucun doute que la France ne pourra continuer à emprunter sur les marchés les mêmes volumes aux mêmes prix au cours des prochaines années. Voilà pourquoi il n&#8217;existe pas d&#8217;alternative à la rigueur, qui sera soit décidée volontairement par les autorités françaises, soit imposée par les marchés financiers et nos partenaires européens. Les déficits et la dette publics ne sont pas les alliés mais les fossoyeurs de la solidarité, car ils sont des impôts sur les pauvres et les générations futures. La France reste en quête d&#8217;un pacte social et citoyen qui permette de refonder la nation. Le chômage permanent est un cancer qui ronge l&#8217;économie mais aussi la société. Il ne peut être combattu que par une réunification et une libéralisation du marché du travail, qui lient flexibilité et sécurité. La protection absolue des uns ne peut continuer à avoir pour pendant la précarité et l&#8217;exclusion d&#8217;un nombre sans cesse croissant de Français. Il est par ailleurs impératif d&#8217;interrompre la dégradation des performances du système éducatif et de mettre un terme à l&#8217;échec scolaire, qui constitue une machine à reproduire l&#8217;exclusion. La même stratégie de réunification doit être conduite à l&#8217;échelle de la nation, où la volonté de vivre ensemble s&#8217;efface de plus en plus devant les clivages entre riches et pauvres, inclus et exclus, jeunes et vieux, actifs et retraités, villes et campagnes. L&#8217;atomisation des individus sous le choc de la crise et la divergence du corps social trouvent une traduction directe dans la vie publique avec la radicalisation et la poussée des populismes. Il n&#8217;est d&#8217;autre antidote à cette crise démocratique que le renforcement de l&#8217;État de droit et la mobilisation de l&#8217;énergie des citoyens au service du redressement du pays.</p>
<h3>Le chemin de sortie de crise de l&#8217;euro existe</h3>
<p>Comme en 1983, mais beaucoup plus rapidement, la France sera confrontée, après l&#8217;élection présidentielle de 2012, à une décision cruciale avec le heurt programmé du mur de la dette: soit la sanctuarisation d&#8217;un modèle social insoutenable qui implique l&#8217;éclatement de l&#8217;euro; soit la réaffirmation de l&#8217;engagement dans l&#8217;euro qui exige des réformes radicales. Le chemin de sortie de crise de la zone euro existe. Il repose sur la poursuite de l&#8217;assouplissement monétaire engagé par <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/mario-draghi" target="">Mario Draghi </a>à la tête de la BCE, le retour progressif à l&#8217;équilibre des pays déficitaires prévu par le traité budgétaire et l&#8217;introduction de règles d&#8217;or nationales, l&#8217;accord sur une initiative de croissance portée par les pays excédentaires &#8211; Allemagne au premier chef &#8211; et par les institutions européennes. Il implique surtout des actes politiques en faveur d&#8217;une relance de l&#8217;intégration du continent, via la constitution d&#8217;un gouvernement économique de la zone euro, la poursuite du grand marché, l&#8217;engagement d&#8217;une politique de sécurité et de défense du continent, rendue indispensable par le retrait américain.</p>
<p>Le refus de la France de traiter ses problèmes de compétitivité et de déficits tuerait dans l&#8217;oeuf la nouvelle donne monétaire de la <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/bce" target="">BCE</a> comme les possibilités de soutien de la croissance. Il achèverait de déséquilibrer le couple franco-allemand et, partant, la capacité à passer et mettre en oeuvre des compromis politiques au sein de l&#8217;Union. Voilà pourquoi la réforme du modèle français est non seulement la clé du redressement national mais de la survie de l&#8217;euro et de la possibilité pour l&#8217;Europe de figurer parmi les grands pôles qui structurent la <a href="http://plus.lefigaro.fr/tag/mondialisation" target="">mondialisation</a>.Le choix cardinal qui se présente aux Français reste celui de leur rapport à la société ouverte du XXIe siècle. La France s&#8217;est engagée dans une voie totalement régressive avec la multiplication des propositions protectionnistes, les appels à la reconstitution des frontières, le déchaînement de la démagogie hostile à l&#8217;Europe et de la xénophobie. La volonté d&#8217;ériger des lignes Maginot contre la mondialisation est aussi chimérique que dangereuse. Elle réédite l&#8217;erreur tragique des années 1930, lorsque la France s&#8217;est coupée du monde réel en refusant de s&#8217;adapter à l&#8217;environnement de la grande déflation et de répondre à la montée en puissance des régimes totalitaires.</p>
<p>Il n&#8217;existe pas aujourd&#8217;hui de menaces extérieures directes mais un danger latent, celui d&#8217;une marginalisation doucereuse allant de pair avec la dépossession de la souveraineté qui accompagnerait l&#8217;incapacité à équilibrer les comptes publics. La fermeture et le repli sur un passé mythifié ne constituent pas une stratégie alternative de redressement mais la promesse d&#8217;un déclin accéléré. Marc Bloch, dans <em>L&#8217;Étrange Défaite</em>, conclut sur l&#8217;origine du désastre de 1940 dans les termes suivants: «Ce n&#8217;est pas seulement sur le terrain militaire que notre défaite a eu ses causes intellectuelles. Pour pouvoir être vainqueurs, n&#8217;avions-nous pas, en tant que nation, trop pris l&#8217;habitude de nous contenter de connaissances incomplètes et d&#8217;idées insuffisamment lucides?» La France de 2012 doit cesser de vivre dans le passé ou de cultiver des chimères pour se penser et agir dans le monde du XXIe siècle. Et les Français sont à la veille d&#8217;un choix décisif: soit se secouer et s&#8217;engager par la voie démocratique dans les réformes; soit prendre le risque d&#8217;une tutelle étrangère, voire d&#8217;une contre-révolution nationale destructrice de la liberté, avant de se relever.</p>
</div>
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		<title>Les socialistes sont prêts à toutes les tartufferies pour gagner (Yves Roucaute)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 09:03:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présidentielle française 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Yves Roucaute , agrégé de philosophie et de science politique, auteur de nombreux ouvrages et plume du ministre de l’intérieur Claude Guéant, accorde à Enquête &#38; Débat une interview d’autant plus importante qu’elle a lieu à quelques jours seulement du second tour de la présidentielle. “L’organisation de type parti ne suffit plus” E&#38;D : Vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Yves Roucaute , agrégé de philosophie et de science politique, auteur de nombreux ouvrages et plume du ministre de l’intérieur Claude Guéant, accorde à <a href="http://www.enquete-debat.fr/archives/yves-roucaute-le-fn-nest-pas-un-parti-dextreme-droite-mais-je-suis-contre-toute-alliance-avec-le-fn-37968">Enquête &amp; Débat</a> une interview d’autant plus importante qu’elle a lieu à quelques jours seulement du second tour de la présidentielle.</strong></p>
<p><strong>“L’organisation de type parti ne suffit plus”</strong></p>
<p><em><strong>E&amp;D : Vous avez décidé de lancer un Tea Party à la française, «les Clubs des Patriotes », pourquoi ?</strong></em><br />
Ce qui est pour nous incroyable, c’est de voir l’ampleur que prend ce mouvement alors que nous avons annoncé sa création il y a quatre jours seulement à quelques amis, sur le réseau Facebook. Le Tea party à la française, c’est ce qui a manqué pour soutenir les réformes de Nicolas Sarkozy, pour défendre nos valeurs, empêcher les dérives relativistes, interdire les tentations extrémistes et impulser les réformes nécessaires pour assurer la puissance de la France. Nous avons commis l’erreur de laisser les partis politiques aux commandes de la bataille des idées, nous ne la reproduirons pas. L’UMP, l’UDF, le parti radical, bien d’autres encore, sont nos amis, mais, comme le disait Aristote, la vérité est plus encore notre amie. Et la vérité c’est que l’organisation de type parti ne suffit plus, qu’elle a échoué sous de nombreux aspects et que la recherche du bien commun est une affaire trop sérieuse pour n’être pas celle de chaque citoyen et être laissée à des états-majors souvent dénué de charpente idéologique.<br />
Avec les clubs des patriotes, nous renouons avec les clubs de la révolution française non jacobins et nous les mettons à la sauce tea party. Nous sommes l’expression de la nouvelle pratique de la politique joyeuse, populaire, participative, où chacun conservera son adhésion au parti ou au groupement de son choix à partir de la triple condition impérative : l’acceptation de nos valeurs judéo-chrétiennes, la défense du mode de vie à la française, la recherche de la puissance de la France. C’est ce qu’exprime mon dernier livre <em>Eloge du mode de vie à la française</em> (éditions du Rocher) qui n’est pas publié par hasard à la fin de cette campagne électorale.<br />
Nous sommes gaullistes, chrétiens démocrates, radicaux, libéraux sociaux, écologistes républicains, monarchistes, partisans des traditions et chercheurs, entrepreneurs tournés vers la conquête des marchés et french doctors, qu’importe, nous sommes rassemblés dans la joie autour de notre nation et de son socle éthique. Si le Président est réélu, nous serons là pour soutenir la politique de réformes nécessaires. S’il est battu, nous organiserons la résistance contre l’affaiblissement de la France et préparerons la reconquête dès le soir du second tour.</p>
<p><strong>“A l’évidence, la chasse aux sorcières est ouverte.”<span id="more-36297"></span></strong></p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><em><strong>Vous avez défrayé la chronique récemment en ayant révélé être à l’origine du discours de Claude Guéant à l’UNI dans lequel il affirmait que les civilisations ne se valent pas. Avez-vous été surpris par l’ampleur prise par cette polémique ?</strong></em></p>
<p>Malheureusement, je ne suis pas vraiment surpris. Ni sur la forme, ni sur le fond.<br />
Sur la forme de la réaction, en particulier du député socialiste Serge Letchimy autorisé par son groupe à accuser de nazisme le ministre Claude Guéant, j’y vois le symptôme des impasses d’une pensée de gauche qui n’a plus rien à dire. Il y a trente ans, les intellectuels de gauche et leur presse cherchaient à organiser les confrontations d’idées et sommaient ceux de droite de venir leur répondre. Aujourd’hui, les mêmes refusent les débats, organisent le silence dans leur presse ou jouent l’ostracisme quand le silence n’est plus possible. Aujourd’hui toute opposition à la gauche conduit aux accusations de fasciste ou de nazi dans l’espoir de terroriser pour faire taire. On a même vu dans de nombreux endroits des militants socialistes tenter d’empêcher par la force des rassemblements de Nicolas Sarkozy ou de Claude Guéant, vendredi dernier encore en Seine et Marne. Je suis moi-même la victime d’une campagne d’insultes et dénigrement de la part de la CGT et des bourdieusiens qui croient possible de m’impressionner en me traitant de nazi. Malheureusement, ces méthodes violentes le montrent, l’alliance cynique avec l’extrême gauche communiste, n’est pas sans effets. A l’évidence, la chasse aux sorcières est ouverte.<br />
Sur le fond, l’affaire révèle le même désarroi. Songez qu’il s’est même trouvé des dirigeants politiques pour croire que le terme de « civilisation » devait ne plus être employé ! Le nazisme nous guette disaient-ils. C’est risible. Il faudrait dire « régime », « culture » voire « parc d’attractions » au lieu de «civilisation ». J’attends que nos doctes décrètent la fermeture de toutes les universités du globe pour prosélytisme nazi, puisqu’elles ont toutes des cours de civilisation. Et qu’ils décident de brûler les livres d’histoire, ceux du chef des historiens français Braudel en tête, puisqu’il osa faire un Dictionnaire des civilisations. Qu’ils brûlent aussi les ouvrages d’anthropologie, science par nature politiquement incorrecte puisqu’elle étudie les civilisations. Et pour faire plaisir au parti socialiste et aux bisounours de droite, il faudrait détruire les vestiges découverts par l’archéologie et l’enfermer les archéologues nécessairement fous puisqu’ils évoquent des civilisations qui n’ont pas pu politiquement exister.<br />
Je fais partie de ceux qui pensent que l’ignorance n’est pas un argument. Et que non seulement les civilisations existent mais qu’elles ne se valent pas. Et que ces ensembles de valeurs, de mœurs, d’usages, de récits, de symboles, que l’on appelle civilisation peuvent être mesurés selon nos valeurs universelles qui disent l’humanité de l’humain et son exigence de dignité.<br />
Je considère d’abord que les civilisations qui ont hérité de cette grande révolution culturelle juive qui refuse le sacrifice humain sont supérieures à celles qui l’exercent.<br />
Quelle avancée spectaculaire ! Songez que dans la civilisation romaine étaient sacrifiés des milliers d’humains dans des jeux du cirque sous les applaudissements d’une foule qui criait « jugurta » au vainqueur, c’est-à-dire « égorge », en ingurgitant des gâteaux au miel. Songez à la civilisation aztèque rencontrée par les Espagnols où les sacrifices étaient quotidiens et où le cœur des suppliciés vivants était arraché pour assurer le lever du soleil. Lors du mois particulièrement attendu du Tlacaxipehualiztli, signifiant “écorchement des hommes”, les victimes étaient écorchées en l’honneur de Xipe Totec, dieu du renouveau et leurs peaux étaient ensuite portées par les prêtres. Songez que la civilisation inca brûlait vif, étranglait ou enterrait vivants les enfants. Songez que les Mayas devaient faire couler le sang depuis le sommet des pyramides pour qu’il atteigne le sol et que des enfants étaient tués avec lenteur car les tortures devaient les faire pleurer au maximum pour amener les pluies.<br />
Je considère ensuite que les civilisations qui sont fondées sur un socle humaniste où les droits naturels de l’homme sont respectés valent mieux que les civilisations qui ne sont pas fondées sur un tel socle.<br />
Les civilisations millénaires de la Corne d’Afrique pratiquent aujourd’hui l’excision et l’infibulation pour 140 millions de femmes. Plus de deux fois la population française. Si toutes les civilisations se valent, de quel droit pourrions-nous interdire ces pratiques en France ?<br />
La grande civilisation de la péninsule arabique porte dans ses bagages, bien avant l’Islam, l’enfermement et la minorité des femmes. Si tout se vaut, pourquoi ne pas accepter le niqab ?<br />
La grande civilisation turkmène différencie les droits des femmes de celui des hommes, suivant ses traditions séculaires, faudrait-il l’accepter ?<br />
Un cancre de Martinique qui croit avoir acquis un diplôme ès science infuse en achetant sa carte du parti socialiste, prétend pouvoir meurtrir la France et les Français, les blancs plus particulièrement, en rappelant que dans le passé notre civilisation a pratiqué l’esclavage.<br />
Le pauvre homme ne sait pas que ce qui est spectaculaire et célébré par le monde entier, ce n’est pas que nous ayons pratiqué l’esclavage mais que nous l’ayons aboli. Porté par sa haine du blanc, il ignore que toutes les civilisations connues, sans exception, depuis le néolithique, ont pratiqué l’esclavage, celles d’Afrique noir comprises, jusqu’à l’arrivée d’une civilisation incroyable aux racines chrétiennes qui a exigé la prohibition de l’esclavage pour toute l’humanité. Il ignore même que c’est en France qu’a eu lieu cette merveilleuse révolution, non pas en Afrique ou en Asie. En 524, l’esclavage est aboli, d’où la naissance du servage, lui-même combattu par l’Eglise.</p>
<p><strong>“Si toutes les civilisations se valent, pourquoi aurait-il fallu s’opposer au projet nazi ?”</strong></p>
<p>Il ignore même que c’est la civilisation européenne judéo-chrétienne qui a entraîné les autres dans son sillage abolitionniste. Le commerce d’esclaves transsaharien, organisé par les tribus noires et arabes, sur les 1500 dernières années, a conduit à la mort 18 millions de noirs, soit 6 millions de plus que le honteux commerce européen. Et il n’y a aucun survivant de ces esclaves en Afrique du nord tandis qu’un président des États-Unis métis a été élu et qu’un député de couleur, malgré qu’il soit ignare, peut être élu en Martinique. Pis encore, il ignore que si ce commerce a été arrêté en 1894 c’est parce que les méchants blancs ont battu militairement les gentils esclavagistes arabes et leurs alliés des tribus noires et qu’ils ont fermé l’enclave de Zanzibar. Il ignore que l’esclavage a continué en Arabie Saoudite jusqu’en 1962 et en Mauritanie jusqu’en 1981 et qu’il fut arrêté sous la pression des méchants blancs venus de civilisations qui ne seraient pas supérieures aux civilisations où l’on considérait qu’il était naturel de mettre en esclavage.<br />
Et il ignore même que si l’esclavage est revenu dans les colonies c’est parce que des relativistes ont tenté de détruire le socle éthique de notre civilisation. Ils prétendaient que ce qui valait dans l’hexagone ne valait pas dans les colonies, que tout est relatif. Ils prétendaient que la civilisation française ne valait pas plus que les autres au point de s’allier aux Anglais contre leur pays d’origine qui les condamnait et libérait les esclaves quand ils arrivaient dans l’hexagone. Mais les partisans de la civilisation française ont tenu bon, et à l’exception d’une courte période, les esclaves étaient libres dans l’hexagone et cette grande civilisation française l’a finalement aboli dans ses colonies et sur le globe.<br />
Fasciste, nazi, disent-ils ? Mais si toutes les civilisations se valent, pourquoi aurait-il fallu s’opposer au projet nazi de détruire la civilisation européenne judéo-chrétienne qu’il voulait remplacer par la civilisation du IIIème Reich ?<br />
Qui a sauvé l’honneur de la France, ceux qui croyaient que tout se valait et collaborèrent avec les nazis ou ceux qui affirmèrent la supériorité de la civilisation française et de ses valeurs judéo-chrétiennes millénaires et résistèrent pour la maintenir avec de Gaulle ? Qui a dit la grandeur de la Martinique, ceux qui rejoignirent le maréchal Leclerc ou ceux qui, incapables de distinguer ce qui vaut de ce qui ne vaut pas, collaborèrent avant-hier avec Pétain, hier avec Staline, aujourd’hui avec les staliniens ?<br />
Serge Letchimy et ses amis relativistes ne sont pas les héritiers de Césaire mais de Pétain. Ils ne sont pas du côté de la lutte pour la liberté et la dignité mais de la compromission avec ses ennemis.<br />
Oui, nous sommes les héritiers, en France, d’une civilisation qui porte des valeurs judéo-chrétiennes qui disent la dignité humaine. Plus encore, et c’est la révolution christique, nous avons universalisé les valeurs portées par le judaïsme et nous avons inventé les droits de l’Homme et les devoirs envers l’humain. C’est pourquoi la France est le pays des Droits de l’homme, c’est pourquoi nous portons le triptyque Liberté, égalité, fraternité, comme nous avons inventé la gratuité de l’école, la nécessité de la compassion sociale et les structures de justice sociale. Comme nous avons universalisé les devoirs envers l’humain en inventant le développement durable et la paix d’humanité.<br />
Et je maintiens que les civilisations, d’Orient et d’Occident, de l’Inde à l’Australie, du Chili à l’Arménie, qui se construisent sur les droits de l’homme et les devoirs de l’humain que nous avons offerts au monde, sont supérieures à celles qui le refusent. Et je maintiens que la paix des civilisations n’est possible que sur ces valeurs qui ont amené naguère la civilisation allemande et la civilisation japonaise dans le concert des grandes nations libres. « Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté dans le monde » disait le général de Gaulle. Et c’est vrai. Et il y a un conflit millénaire entre les relativistes et la grandeur de la France.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><em><strong>Vous vous définissez comme néo-conservateur (vous êtes notamment l’auteur de </strong></em><strong>Le néo-conservatisme est un humanisme</strong><em><strong>, PUF, 2005). Comment réagissez-vous au fait que Daniel J. Mitchell, Senior Fellow au Cato Institute de Washington, <a href="http://www.contrepoints.org/2012/04/22/80415-francois-hollande-doit-gagner">appelle à voter Hollande</a> pour sanctionner la politique étatiste de Nicolas Sarkozy ?</strong></em></p>
<p>D’abord, le néoconservatisme exprime seulement une vision morale dans l’espace politique, j’y suis favorable mais mes travaux ne se réduisent pas à cela.<br />
Le problème c’est que la gauche, qui, encore une fois, n’a plus rien à dire, mélange tout. J’ai une grande estime pour Daniel J. Mitchell, mais il est libertarien et non néoconservateur. Il fait partie de ces courants culturels que je critique et qui s’opposent férocement à mes écrits, qui sont relativistes par individualisme et qui tombent dans l’idolâtrie du Marché. De même, les partisans des thèses du conflit des civilisations ne sont jamais néoconservateurs, c’est aussi pourquoi j’ai écrit « Vers la Paix des Civilisations ».<br />
Il pourrait y avoir néanmoins des oppositions entre des néoconservateurs français, britanniques et américains. A cela il y a une raison majeure : nous sommes des patriotes et la puissance de notre pays passe d’abord.<br />
Certes, nous avons des points d’accord qui nous réunissent. Le néoconservatisme est pour tous d’abord un conservatisme, celui des valeurs universelles liées à la dignité humaine, aux droits et devoirs de l’Homme, d’origine judéo chrétienne. Et nous sommes tous favorables à la conjonction de la puissance et de la morale, pour que la liberté et la paix d’humanité s’inscrive dans le monde. C’est notre façon de répondre à la question : « comment faire pour qu’il n’y ait plus jamais Auschwitz ? ». De ce point de vue nous ne nous différencions pas.<br />
De même, nous acceptons nos différences. Car si je me moque gentiment de la malbouffe américaine dans mon dernier livre, du petit déjeuner à l’anglaise, de la façon de dîner des Japonais, pour un néoconservateur chacun fait ce qu’il veut chez soi et nous sommes très respectueux des modes de vie qui ne remettent pas en cause la dignité humaine.<br />
Mais il peut y avoir une opposition quand la question de la puissance est soulevée. Car le néoconservatisme n’est pas seulement un conservatisme. C’est le sens du « néo ». Il ne croit pas à l’opposition de la foi et du savoir et il est complètement ouvert aux sciences, à la mondialisation, aux nouvelles technologies, aux nouvelles manières d’être nées des formes de production, à condition de les orienter par le souci de l’humanité. De fait, en tournant résolument nos pays vers l’invention, nous les tournons aussi vers la richesse et la puissance.</p>
<p><strong>“Nous voulons néanmoins un État économiquement vigilant, militairement efficace, socialement juste et le retour de la politique”</strong></p>
<p>C’est là que des différends peuvent apparaître. Nous connaissons les règles de la concurrence économique au lieu de les nier. Nous connaissons aussi les règles de tartufferie internationale. Aucun néoconservateur n’est dupe des idolâtres du Marché qui se figurent que tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si on laisse faire les échanges sans intervention politique. C’est mon opposition en France aux libertariens mais aussi à certains courants néolibéraux. Pourquoi les investisseurs de certains pays auraient-ils le droit de prendre 100% de nos usines ou de notre patrimoine tandis qu’il serait interdit d’acheter des immeubles ou d’être majoritaire chez eux ? C’est ce que l’on voit dans la plupart des pays du Golfe ou en Chine. Nous ne sommes pas dupes non plus du protectionnisme dissimulé aux États-Unis, accentué depuis l’arrivée d’Obama, des jeux de nos amis canadiens voire allemands. Si nous sommes opposés au retour de l’État providentiel qui appauvrit le pays par l’endettement et lui ôte sa capacité créatrice par la bureaucratisation, si nous sommes opposés au protectionnisme, nous voulons néanmoins un État économiquement vigilant, militairement efficace, socialement juste et le retour de la politique. C’est la raison majeure de l’opposition radicale de Mitchell à notre vision du monde.<br />
Ainsi, les intérêts des néoconservateurs britanniques, américains ou italiens sont ceux de leur nation. Et ce ne sont pas nécessairement les nôtres. Les néoconservateurs américains sont pour l’entrée de la Turquie, membre de l’OTAN, dans l’Union européenne, car c’est l’intérêt des États-Unis. Mais ce n’est pas celui de la France. J’y suis donc opposé.<br />
Néanmoins, je ne connais pas de néoconservateurs américains qui pourraient voir dans l’élection de François Hollande un avantage même si la possibilité d’un affaiblissement de la France, qui a connu un grand rôle international au détriment des États-Unis, pourrait les séduire. Les ambiguïtés de François Hollande face à l’islamisme, comme on l’a vu face à la burqa, et son relativisme, comme on l’a encore vu lors de la polémique qu’ils ont lancée sur l’inégale valeur des civilisations, sont rédhibitoires à leurs yeux.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Le FN est-il un parti d’extrême-droite selon vous ?</em></strong></p>
<p>Le Front National n’est pas un parti d’extrême droite car cette désignation renvoie historiquement aux monarchistes légitimistes et ne peut en aucun cas se rapporter à ce parti, ni à aucun mouvement qui serait néo-fasciste. Laisser dire que le Front National est un parti d’extrême droite est le symptôme d’une défaite idéologique qui a permis l’une des plus grandes falsifications de l’histoire en France car il ne s’agit pas tant de diaboliser le F.N. que la droite républicaine tout en faisant oublier l’origine socialiste du fascisme. Depuis plus de trente ans, la gauche essaye de se laver d’un péché originel en le faisant porter sur ses ennemis. Le PS qui n’hésite pas à s’allier avec les communistes, a inventé un tour de prestidigitation. Ainsi, le fascisme est identifié à l’extrême droite, l’extrême droite au Front national, ce qui permet de faire croire que la droite est l’antichambre du fascisme.<br />
La vérité, c’est que le fascisme est une idéologie d’extrême gauche, née d’une scission du parti socialiste, conduite par le dirigeant socialiste italien Benito Mussolini. Celui-ci entraina avec lui dans son parti fasciste, la majorité du parti socialiste et l’ensemble des dirigeants syndicalistes ouvriers et agricoles. De même, le parti national socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP, appelé aussi parti nazi, est né à l’extrême gauche. Hitler était lui-même un révolutionnaire socialiste, membre du parti des travailleurs allemands. Il imposa un programme socialiste à son parti, dès sa création, sur le modèle de celui des bolchéviks et il reprit le drapeau rouge traditionnel socialiste, changeant la faucille et le marteau en svastika, sous le prétexte qu’il conduirait la révolution socialiste et son projet de civilisation de l’homme nouveau, plus loin. Comme Proudhon, Louise Michel, Karl Marx ou Auguste Blanqui, ils étaient antisémites car ils voyaient dans les juifs l’esprit de la bourgeoisie qu’il fallait détruire. Comme Vacher de Lapouge et Edouard Drumont, auteurs fétiche de Goebbels et d’Hitler, dirigeants socialistes, Vacher de Lapouge avait même fondé la section de Montpellier. C’est dans la pensée socialiste du XIXème siècle qu’est né ce mythe d’une race aryenne, chez Blanqui et cela fut propagé par la revue « Candide » et la « Revue socialiste » qui regroupaient les intellectuels socialistes. On hésite même à rappeler que Jean Jaurès a été exclu de l’Assemblée nationale au moment de l’affaire de Panama pour antisémitisme car il faut garder le silence pour que le tour de prestidigitation ait lieu et qu’on ne sache pas que cette naissance du fascisme à gauche n’est pas un accident. Il faut même interdire la lecture du livre de Léon Blum sur l’affaire Dreyfus qui explique que ses petits camarades étaient antisémites et que le premier et le plus grand défenseur de Dreyfus a été le Pape et les chrétiens !<br />
En France même, le parti nazi, le Parti Populaire français, est né dune scission du parti communiste, avec Jacques Doriot, maire et député communiste de Saint Denis. Et le fondateur du parti fasciste concurrent, Marcel Déat, est un député socialiste. Et c’est bien la chambre du Front Populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain, après que les socialistes aient été pacifistes, malgré la résistance glorieuse de Léon Blum, qui lui-même avait d’ailleurs été pacifiste. Le même processus s’est développé dans toute l’Europe, jusqu’en Grande Bretagne même, où le parti fasciste fut créé par le député socialiste Oswald Mosley.<br />
Mais il faut garder le silence.<br />
Car l’extrême droite n’a évidemment rien à voir avec cela. La plupart des monarchistes, en France, étaient allergiques au paganisme et au populisme du fascisme. Ils retrouvèrent en grand nombre le général de Gaulle à Londres. Et dans toute l’Europe, de même, l’extrême droite se retrouva derrière ses monarques, s’opposant au fascisme. En Allemagne même, les officiers monarchistes organisèrent une tentative de coup d’État contre Hitler.</p>
<p><strong>“Le FN est une organisation complexe, qui ressemble à un mille feuilles difficilement classable et plein de contradictions.”</strong></p>
<p>Quant à la droite républicaine, force est de constater que lorsque les socialistes étaient pacifistes et que les communistes soutenaient le traité d’amitié entre Staline et Hitler, le général de Gaulle, conservateur, Churchill, conservateur, et Roosevelt, démocrate antisocialiste, furent seuls à organiser la lutte contre le fascisme. Et ils la gagnèrent. Tant pis pour les amis du cancre martiniquais qui devra abolir les livres d’histoire parus à l’étranger pour raconter ses contes à dormir debout.<br />
Le Front National n’a rien à voir avec aucun de ces camps. Il n’est pas monarchiste. Et je ne vois pas de groupements paramilitaires autour de lui, il semble accepter le jeu démocratique et les institutions, son programme n’est pas révolutionnaire, au lieu d’interventions militaires ce parti semble épouser un pacifisme que d’aucuns diront peureux. Il ne me paraît donc pas que la qualification de « fascisme » soit vraiment adaptée, hors usage polémique.<br />
C’est une organisation complexe, qui ressemble à un mille feuilles difficilement classable et plein de contradictions. Il rassemble des partisans nationalistes aux tendances « païennes » qui s’opposent aux valeurs judéo-chrétiennes, qui maintiennent leur positionnement pro arabe et anti-israélien, avec des patriotes qui veulent la préservation de leur socle éthique judéo-chrétien et qui peuvent être anti arabes. Il rassemble ceux qui reprochent toujours à la droite républicaine, malgré l’action de Nicolas Sarkozy, son abandon de l’Algérie et le sort, il est vrai honteux, des harkis mais aussi ceux qui préfèrent l’alliance avec la droite qu’avec la gauche colonialisatrice. Il rassemble ceux qui veulent un État providence puissant, antilibéral et « antibourgeois », sur le modèle de la gauche, de l’extrême gauche socialiste et des courants néofacistes mais aussi des partisans du libéralisme le plus ultra qui détestent la bureaucratie. Il rassemble ceux qui veulent le protectionnisme et une défense des petits métiers de l’artisanat et du commerce, sur le modèle d’une droite conservatrice mais il rassemble aussi ceux qui veulent un État fort sur ses seules fonctions régaliennes de sécurité, sur le modèle d’une droite bonapartiste. Et, enfin, il rassemble certains de ceux qui craignent de voir leur identité nationale perdue sous les coups d’une immigration non assimilée, d’une Union européenne technocratique et d’une mondialisation non contrôlée, ce qui recouvre un large spectre politique hétérogène en l’absence de solution crédible.<br />
Cela permet un fort rassemblement des camps du refus mais paraît très contradictoire pour construire un projet cohérent. C’est tout à la fois la force et la faiblesse de cet hybride politique que ne permet pas de saisir la veille distinction droite et gauche. Et il n’est pas anodin de voir que certains dirigeants envisagent de changer de nom ce qui, à mon avis, devrait être l’occasion d’attiser leurs tensions internes et de faire exploser ce parti.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Que pensez-vous de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, que beaucoup décrivent comme la plus réussie de tous les candidats ?</em></strong></p>
<p>La campagne de Jean-Luc Mélenchon a été, à bien des égards, remarquable. Il a réussi l’exploit de ressusciter le parti communiste et, plus remarquable, et drôle, de les allier avec certains trotskystes. Quand on connaît la haine ancestrale entre staliniens et trotskystes, il y a du génie. Néanmoins, d’une part, il n’a pas réussi à dépasser le F.N. et surtout, les conditions de la crise du PCF des années 80 sont toujours là. Sociologiquement, le monde des ouvriers dont il se réclame est de moins en moins nombreux et il n’est pas avec lui. Le monde des « travailleurs », terme vague et sans consistance sociologique réelle qui lui permet, ainsi qu’aux socialistes, de sauver la face et des discours de lutte du siècle dernier, est un pur fantasme, car finalement, de l’ouvrier au patron d’entreprise, de la femme au foyer à l’agriculteur, tout le monde travaille. Et il se réduit finalement réellement, pour eux, à un appel du pied au monde des petits fonctionnaires, les sommets de l’État étant acquis au PS, et aux désirs des bobos.<br />
La seule force de ce courant est sans doute dans la construction d’un imaginaire venu de la révolution française qui lui a permis de récupérer des patriotes effrayés par la mondialisation et l’Union européenne. Paradoxalement, il occupe ainsi un territoire qui recoupe celui de Marine Le Pen et de Sarkozy. Mais les limites de cette force sont évidentes.<br />
Il ne peut séduire les milieux populaires en dénonçant la politique de sécurité et en exigeant, par exemple, des régularisations de clandestins et un droit de vote pour les étrangers qui ne sont pas européens. Il ne parviendra donc jamais à rivaliser avec le FN.<br />
Le PCF de la grande époque avait la particularité d’être conséquent : il défendait les classes populaires et donc combattait ce qui allait contre leur intérêt. Il refusait les clandestins, considérant que l’immigration clandestine faisait pression sur les salaires et permettait au patronat de jouer contre les syndicats. Ce PCF des temps anciens, parti d’ordre, n’hésitait pas à dénoncer la « racaille », le terme n’étant pas de Sarkozy mais de Karl Marx qui appelait ainsi, le terme en allemand est « lumpenproletariat », ceux qui pillaient le maigre salaire que les ouvriers avaient gagné à la sueur de leur front et qu’il disait pires que les bourgeois car ils organisaient une seconde exploitation.<br />
Et puis, ce communiste traditionnel était capable de s’allier avec la droite pour la défense de la France et cela contre le PS. En tout cas quand l’intérêt de l’URSS ne s’y opposait pas.<br />
Seule la reprise de ce discours pourrait permettre au PCF de retrouver une place dans le monde ouvrier et employé auquel il est accroché, mais à présent artificiellement, par la CGT. Mais la campagne de Mélenchon montre qu’à la différence de celle de Jacques Duclos naguère, c’est son extrême gauche trotskyste et son idéologie qui gouverne la stratégie. Or, cette vision qui joue l’affrontement social à tout prix a toujours échoué à pénétrer les milieux populaires. La campagne de Mélenchon annonce donc son avenir incertain. Au fond, le trotskyste en lui l’emporte sur le stalinien.<br />
Sa solution temporaire, quelle que soit l’issue, sera donc la fuite en avant. Sinon, il est condamné et, en cas de victoire de François Hollande, c’est le FN et la droite qui mèneront le bal de l’opposition sociale.<br />
Il a donc paradoxalement intérêt à la victoire de Nicolas Sarkozy pour lancer ses offensives politico-sociales en prenant la tête de la gauche.<br />
Mais il n’a pas l’air de le comprendre. Et si Hollande est élu, il va falloir qu’il s’engage dans une course effrénée à la lutte. C’est pourquoi il a déjà indiqué qu’il ne participerait pas au gouvernement. À la première occasion, le jeu sera de démontrer que François Hollande ne fait pas la politique de gauche pour laquelle il a été élu, mais une politique libérale, celle de la finance, et de jouer ainsi la rue pour se différencier d’une politique à laquelle il ne participe pas. Avec l’objectif de devenir le premier parti de gauche sur l’échec programmé du parti socialiste.<br />
Mais il ne gagnera jamais ainsi les élections présidentielles faute d’appui populaire. Mélenchon, c’est seulement une promesse de chienlit.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Pourquoi François Hollande n’est-il pas diabolisé, puisque Jean-Luc Mélenchon qui le soutient représente le parti communiste et a notamment déclaré pendant sa campagne, je cite, que “le communisme n’avait pas de sang jusqu’aux coudes” ?</em></strong></p>
<p>D’abord je ne crois pas qu’il faille diaboliser François Hollande. L’idéal, dans une république, serait que personne ne soit diabolisé sans de bonnes raisons, au demeurant rares dans l’histoire.<br />
Il aurait fallu sans doute simplement dire la vérité : que François Hollande n’a aucune consistance théorique ni aucune vision de la France, que son point de vue est celui de la haute administration qui veut reprendre les rênes d’un pouvoir que Sarkozy lui a fait perdre, qu’il n’a aucune moralité sinon celle de la conquête du pouvoir. Et la force de François Hollande n’est pas son programme mais d’avoir fait croire qu’il en avait un, que les souffrances des Français étaient dues à Sarkozy et à ses prétendus amis de la finance, que la France était amoindrie, et qu’il était du côté des travailleurs. Ainsi l’énarque Hollande, entouré des énarques Aubry, Jospin, Lang, Fabius, Royal… se vend comme parti des travailleurs face à la grande finance, et c’est finalement bien joué.<br />
Il aurait fallu se préoccuper de la question des alliances depuis longtemps. L’idée que le communisme soit fréquentable vient de l’échec à mener la bataille des idées qui nous aurait même permis de trouver des alliés au sein des socialistes.<br />
Songez qu’il y a encore des gens en France qui ne savent pas que les socialistes vraiment démocratiques, les Léon Blum ou les Guy Mollet, refusaient toute alliance avec les communistes ! La droite qui n’analyse jamais ce qui se passe à gauche, n’a pas pris la mesure de la victoire de François Mitterrand au congrès d’Epinay puis contre Michel Rocard. Elle n’a pas vu que le courant social-démocrate populaire du parti socialiste avait été divisé puis battu. Et pourtant il existe encore. Vous croyez que les enfants de Gaston Deferre ou de la fédération du Pas-de-Calais aiment cette alliance avec les communistes ?</p>
<p><strong>“Nous avons été incapables de rappeler que les dirigeants communistes ont été les complices des crimes staliniens”</strong></p>
<p>Nous avons été incapables de jouer sur ces divergences profondes. Nous avons été incapables de rappeler que partout où ils ont pris le pouvoir les communistes ont assassiné les socialistes, la « voletaille socialiste » comme disaient les staliniens.<br />
Nous avons été incapables de rappeler que les dirigeants communistes ont été les complices des crimes staliniens, couverts et justifiés malgré l’arrivée de Waldeck Rochet à la direction de ce parti, puis, à nouveau, avec Georges Marchais qui parlait du « bilan globalement positif ». Un bilan positif de l’URSS qui avait fait la peccadille de plus de 50 millions de morts et construit sur la moitié du globe des régimes de terreur qui ont tué une centaine de millions de personnes et terrorisé près de deux milliards.<br />
Ce n’est pas enlever leur courage aux résistants communistes qui ont été bernés par de tels dirigeants et une telle idéologie que de rappeler les faits.<br />
Qui rappelle la collusion de Mélenchon avec les régimes les plus honnis de la planète, Chavez, Castro, l’Iran, les groupes palestiniens antisémites ?<br />
Les socialistes sont prêts à toutes les tartufferies pour gagner et il est étonnant de voir de prétendus défenseurs des droits de l’Homme ne pas au moins se poser des questions. Il faudrait exiger que les socialistes cessent de nous donner des leçons de morale sur les alliances. Ils dénoncent des alliances imaginaires avec le Front national pour mieux cacher leurs alliances réelles avec les communistes.<br />
Mais les socialistes jouent avec le feu. S’allier avec les communistes, pour gagner, en pleine crise, c’est grave. Les socialistes me font penser aux socialistes allemands de l’après première guerre mondiale qui virent dans les rues de la jeune république de Weimar une déferlante de communistes et de gauchistes qu’ils durent réprimer.<br />
Les communistes ne vont pas laisser passer l’occasion unique qui leur est redonnée d’exister. Le chaos c’est eux. Demain dans les entreprises, dans la rue.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Cet entre-deux tours tourne au pugilat contre Nicolas Sarkozy, comparé par certains médias de gauche à Pétain. Cette stratégie de diabolisation se révèlera-t-elle efficace selon vous ?</em></strong></p>
<p>Cette diabolisation a été possible et elle se révèle évidemment efficace. Elle a été rendue possible parce que la crise économique et sociale rend difficile aujourd’hui d’être le Président et facile d’être le bouc émissaire. L’anthropologie connaît bien ce processus. Elle a été aussi rendue possible parce que les camps de la droite et du centre républicains ont perdu la bataille des idées faute de l’avoir vraiment menée. Dans le meilleur des cas, la majorité a cru qu’elle pouvait séduire en présentant des chiffres, des démonstrations économiques, ignorant que c’est l’imaginaire la clef du politique car il est le vrai sol de la vie.<br />
La comparaison à Pétain est drôle puisque vous savez que celui-ci a été élu par l’assemblée nationale du Front Populaire. Et que le seul qui se soit opposé à lui et à sa stratégie face à l’Allemagne nazie, a été le général de Gaulle. Les socialistes et les communistes étaient pacifistes. Les premiers jusqu’à l’entrée des troupes allemandes, où ils se sont scindés en deux camps, ceux qui collaboraient et ceux qui résistaient avec Léon Blum. Les seconds sont restés pacifistes jusqu’à l’entrée en guerre de l’Allemagne contre l’URSS, après la rupture du pacte d’amitié germano-soviétique.<br />
Cela fait partie, d’une part, d’une stratégie de diabolisation, d’autre part, de la poursuite de la grande falsification à laquelle les socialistes se prêtent depuis la victoire de François Mitterrand dans leur parti.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Vit-on les dernières heures du cordon sanitaire autour du FN, et serait-ce une bonne chose selon vous ?</em></strong></p>
<p>Je ne le crois pas.<br />
Certes, notre majorité actuelle pourrait entrer en crise. Clairement, si une partie de la droite désire s’allier avec le FN, c’est l’éclatement de l’UMP. Or, les résultats le montrent, cela rend une majorité impossible nationalement en raison de la réalité actuelle du FN.<br />
Et puis, pour faire des alliances il faut être deux. Or, du côté du FN, cette question conduira inexorablement à des affrontements. J’ai déjà indiqué que je crois que l’on sous-estime ses tensions internes. Il est pris dans la nasse d’une question incontournable quand on veut gouverner : celle des alliances. Car aucun parti ne peut gouverner sans alliances. Je pense qu’au fond, Jean-Marie Le Pen ne voulait pas gouverner. Mais pour gouverner avec des alliés, il faut faire des concessions, lesquelles ? Déjà, le problème de la cohérence interne se pose. La question des compromis à passer ferait exploser le FN.<br />
Pour ce qui me concerne, ma position est claire. Je n’ai jamais insulté les dirigeants du F.N. et je pense que chacun a le droit de commettre des erreurs et de les regretter. Nombre de dirigeants de la gauche et de la droite viennent du néo fascisme. Je trouve que le pardon est une belle valeur.<br />
Néanmoins, si je fais abstraction du fait qu’il existe toujours au sein du FN des forces avec lesquelles mon courant de pensée a toujours été fermement opposé, je constate des oppositions fondamentales avec l’orientation actuelle du FN malgré son évolution.<br />
D’abord, sur la question de la défense des valeurs judéo-chrétiennes de la France millénaire, sur lesquelles je reste intraitable. La vérité est que le FN est un parti relativiste qui ne croit pas aux valeurs universelles judéo chrétiennes de la France.<br />
Ensuite, et cela se déduit de ce que je viens de dire, je suis opposé au FN sur la nécessité pour la France d’assurer son rôle de patrie des Droits de l’homme en allant aider, autant qu’elle le peut, tous les peuples et les minorités mis dans les fers ou plongés dans la détresse par des causes naturelles. C’est encore parce que je crois aux valeurs universelles de la France qui est la patrie des Droits de l’Homme et des devoirs envers l’humain. Ce rôle, j’admets qu’il est possible d’en discuter les modalités mais non du principe alors que le FN s’est opposé par principe relativiste aux interventions en Lybie ou en Côte d’Ivoire et à la politique menée envers la Géorgie.</p>
<p><strong>“Le FN est plus proche des socialistes par sa vision providentielle de l’État.”</strong></p>
<p>Ensuite encore, le désaccord est important sur le rôle de l’État qui doit être compassionnel mais non providentiel, qui doit libérer les énergies non les brider et poursuivre ses réformes pour s’alléger et se désendetter. Le FN est plus proche des socialistes par sa vision providentielle de l’État.<br />
Enfin, pour m’en tenir là, le désaccord est profond sur la question de l’euro et de l’Union européenne. Pour moi, et mon courant, ils doivent être conservés. Je n’étais pas favorable à la création de l’euro, mais il existe et en sortir actuellement serait sceller la puissance de la France. Je trouvais absurde de n’avoir pas fait référence aux racines judéo-chrétiennes de l’Europe sous la pression de laïcards bouffeurs de curés qui ignorent que la laïcité elle-même est une idée chrétienne, née de la volonté de rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu, mais je ne désespère pas que l’on y arrive. Je n’étais pas favorable en 2005 à la formulation du Traité pour de multiples raisons, de la déclaration des droits à l’insuffisance démocratique, mais l’Union européenne est une condition de la paix en Europe et de notre puissance.<br />
Il y a bien d’autres raisons, de l’écologie aux références symboliques qui sont pour moi, en France, Clovis, Clémenceau ou de Gaulle. Même si je ne partage pas toutes leurs idées, bien qu’ils aient pu s’opposer, l’écume laisse place à la mer républicaine et je me sens politiquement dans la filiation de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing et, bien sûr, Jacques Chirac qui furent des chefs d’État d’une France digne et forte.<br />
Je ne suis donc pas pour un cordon sanitaire, car je ne juge pas que le Front national mérite plus l’opprobre que le parti communiste et je pense qu’il faut cesser le jeu vain de la diabolisation mené par la gauche. Mais, en raison des divergences profondes que j’ai avec le FN, refusant d’ajouter de l’incohérence au manque de cohérence dans mon propre camp, je suis clairement et nettement pour un refus de toute alliance. Et je combattrais demain ceux qui la proposent. Les enfants de de Gaulle et de Clémenceau, les neveux de Churchill et d’Adenauer, sont suffisamment forts pour regagner les cœurs. Et, à la différence des socialistes alliés des communistes, nous ne vendrons pas notre âme contre un plat de lentilles.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>François Hollande n’a jamais été ministre, est-ce vraiment un point faible pour qu’il dirige le pays ?</em></strong></p>
<p>Oui, d’ailleurs toute la presse internationale le note. Et la nôtre me paraît avoir des lunettes bien inadaptées à la vision de jour pour ne pas voir ce qui saute aux yeux. Mais avouer cela, aurait sans doute contraint à réévaluer le rôle de Nicolas Sarkozy qui fut salué jusque chez les démocrates américains comme le plus grand des chefs d’État dans cette tempête.<br />
Et il suffit d‘écouter les propos de François Hollande sur les négociations qu’il prétend reprendre avec toute l’Europe. L’énarque François Hollande révèle ses faiblesses incommensurables en imaginant l’Europe comme une administration à son service. S’il est élu, on dira plus tard : il y avait François Mitterrand, il y eut « François le petit ».</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>Le Président-candidat se plaint actuellement d’être victime de “terrorisme médiatique”, mais n’a-t-il pas pendant 5 ans été proche de tous ces journalistes, au point d’être le Président de la 5ème République le plus médiatique ?</em></strong></p>
<p>La presse est libre, et c’est bien. La presse critique le président, et c’est son droit. Les hommes politiques de premier rang décident, ou non, d’offrir leur vie privée, tout ou partie, aux médias. Ceux-ci les traitent avec leur sensibilité. Tout cela est le monde de la démocratie, avec ses maladresses, ses malentendus, ses mensonges aussi parfois.<br />
Ne trouvez-vous pas étonnant que Nicolas Sarkozy soit accusé d’avoir été omniprésent alors que dans le même temps, la même presse, n’eut de cesse d’encenser Barack Obama, sa femme, ses enfants, son chien, presque son scooter ? Dans le même temps, elle ne trouve pas un mot pour s’intéresser au bling bling de Dominique Strauss-Kahn donné pourtant favori ?<br />
Nicolas Sarkozy fut pris dans le même mouvement médiatique que les autres dirigeants des grands pays démocratiques. La population souhaite voir l’humain derrière ses dirigeants. C’est aussi une évolution du statut de chef de l’État qui n’est plus une statue du Commandeur, comme l’était le général de Gaulle. Je suis persuadé que cette évolution durera.<br />
Mais il y a beaucoup de mauvaise foi à conclure que puisque le Président aimait être avec les médias certains journalistes avaient le droit de l’insulter, de déformer ses propos, jusqu’à le diffamer et falsifier les documents comme on le voit encore semble-t-il avec le site Mediapart.<br />
Et je suis même étonné que certains ne paraissent pas comprendre leur responsabilité sociale. Car si un Président peut être insulté, comment expliquer à des jeunes qu’un enseignant ne peut pas l’être, que leurs parents ne peuvent pas l’être, que les policiers ne peuvent pas l’être ? Ils ne paraissent pas non plus comprendre leur responsabilité morale : car si un journaliste a le droit de mentir, de désinformer, qui nous garantira la liberté d’information, qui nous permettra de choisir le meilleur possible pour le bien public ?<br />
J’ai même vu des journalistes, rares il est vrai, heureux de violer les « off » sous prétexte qu’ils servaient l’intérêt de la république en dénonçant le Président. Curieuse conception : le journaliste est fier d’avoir menti à celui qu’il a interrogé, c’est donc un menteur. Il a donné sa parole de ne rien dire à celui qui était interrogé et ne l’a pas tenu, il n’a donc pas d’honneur. Et il dénonce son informateur : il rend ainsi impossible le plus beau travail journalistique, celui d’investigation, celui de l’enquête, fondé sur la confiance de l’informateur et du journaliste, menaçant le beau travail de tous ceux qui agissent pour éclairer les citoyens. Il est d’étranges fiertés.<br />
Cela dit, on peut se plaindre de voir un journalisme de l’éditorial l’emporter sur celui de l’investigation, se plaindre de certains défauts dans le travail comme on a le droit de le faire pour toute profession, le fond de l’affaire c’est que nous payons le refus de certains dirigeants de droite de considérer les journalistes comme des intellectuels. Car ce sont des intellectuels d’un certain type. Nous n’avons pas mené auprès d’eux la bataille des idées que la gauche fait depuis les écoles de journalisme jusque dans les médias ensuite. Songez que 100% des journalistes d’une école célèbre déclarent vouloir voter pour François Hollande ! Mais quand avons-nous engagé une réflexion pour assurer le pluralisme et la neutralité axiologique dans la formation ?<br />
Combien de journalistes sont honnêtement persuadés que la résistance a été le fait de la gauche avant de découvrir que Charles de Gaulle était un conservateur catholique, que Winston Churchill était un conservateur libéral protestant ou que Roosevelt était un démocrate antisocialiste et anti communiste ? Combien savent que c’est la gauche qui a été colonisatrice, que d’elle est né le fascisme, qu’elle s’est opposée au système de retraite que nous avons, que le seuil de pauvreté est une moyenne statistique qui conduit à ce qu’il y ait moins de pauvres au Vietnam qu’aux États-Unis, que le premier défenseur de Dreyfus a été le Pape, que l’inégalité n’est pas nécessairement l’injustice, qu’un sans papiers n’est pas celui qui en manque, que le laxisme envers les étudiants étrangers conduit à vider l’Afrique de l’Ouest de ses médecins, que l’endettement de l’État est une assurance de chômage… ?</p>
<p><strong>“Pourquoi le mode d’élections du candidat d’un parti devrait-il mobiliser les moyens de communication payés par toute la population ?”</strong></p>
<p>Nous payons aussi notre refus d’avoir mené une bataille idéologique pour la neutralité dans le service public de l’audiovisuel et l’application des Cahiers des missions et des charges, que j’ai écrits naguère. Pour faire les citoyens, est-il acceptable que lorsque Pierre soit attaqué, il ne puisse pas répondre dans les mêmes temps d’antenne ? Est-il acceptable que lorsqu’un gouvernement soulève une proposition, le journaliste s’y oppose et qu’une prétendue enquête se résume à un entretien avec un opposant ? Si le journaliste est contre, alors il faut qu’un autre journaliste intervienne pour défendre, si un entretien se fait avec un opposant alors il faut l’entretien avec un partisan.<br />
De même si l’élection du candidat du parti socialiste donne lieu à des heures d’antenne, pourquoi n’y a-t-il pas le même temps pour le choix du candidat des Verts, du Modem, du Front National, du Front de gauche ? Pourquoi le mode d’élections du candidat d’un parti devrait-il mobiliser les moyens de communication payés par toute la population tandis que le mode d’élection des autres candidats ne devrait pas être suivi ? Certes, je vois le coup de pouce donné à la candidature du socialiste contre toutes les autres et la célébration d’un mode de choix partisan, mais je ne vois pas la déontologie. Et si on y réfléchit bien, François Hollande a obtenu un peu plus de 20% des inscrits seulement, donc près de 80% qui ne l’ont pas soutenu, quelle a donc été la justification qui conduit à fournir 100% des moyens à ce parti mais quasiment rien à la plupart des autres ?<br />
Je suis persuadé que tout cela peut être expliqué aux rédactions et que l’équité peut être gagnée par simple discussion parce qu’elle est le bon sens et qu’elle rejoint le sentiment de la plupart des journalistes, fiers de faire un métier indispensable pour la démocratie.<br />
Je suis persuadé que l’on peut expliquer aux journalistes que la diabolisation des républicains qui ne partagent pas leurs opinions n’est pas une bonne stratégie car elle mettra le pays dans un face à face chaotique. Je suis persuadé qu’il est possible de convaincre que de ne pas parler des problèmes qui préoccupent les français sous prétexte que cela fait le jeu des extrêmes est la pire des illusions, celle du malade qui croit qu’en ne parlant pas de sa maladie, il la soigne. Et je suis persuadé qu’ils peuvent comprendre que ce sont ces silences, ces dénis du réel, ces diabolisations des forces républicaines, qui fait le jeu des extrêmes.<br />
Vous voyez, il en faut du recul pour dire cela alors que nous sommes insultés, salis, meurtris. Mais il est clair nous payons aujourd’hui d’abord une légèreté dans le combat idéologique et un manque de considération pour une profession indispensable au jeu des libertés. Un journaliste peut se laisser convaincre, rarement contraindre. Et nous ne gagnerons pas en ne prenant pas la question de ces intellectuels au sérieux.</p>
<p><em><strong>E&amp;D : </strong></em><strong><em>La proportionnelle, le référendum, limiter Schengen… autant de promesses du candidat-président. Pourquoi Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas mis en place ces mesures quand il était Président ?</em></strong></p>
<p>Cette question m’amuse, car beaucoup de gens ne semblent pas voir ce qui se passe aujourd’hui. Ce n’est pas une élection présidentielle, c’est un référendum. Et la vraie question est :« êtes-vous pour ou contre Sarkozy ». Il y a ceux qui vont voter « oui » et mettre le bulletin Sarkozy, et ceux qui vont voter « non », et mettre celui marqué « Hollande ». Qui connaît vraiment les propositions d’Hollande, peu de monde. Mais moins encore s’en soucient. Car c’est un bulletin « non ».<br />
C’est pourquoi je pense que Nicolas Sarkozy a eu raison de ne pas faire de référendums sur les questions vitales du pays car il aurait été battu. C’était en tout cas la position que j’ai indiquée, à l’exception d’un référendum sur l’immigration que j’ai proposé. Tout autre référendum aurait été présenté par le FN, l’extrême gauche et le parti socialiste comme un plébiscite. Et tous auraient appelé au « non » pour battre Sarkozy. Alors faîtes les comptes, il aurait été battu très largement et, la conséquence, c’est qu’aucune des réformes qu’il aurait voulu entreprendre n’aurait pu l’être ensuite. Et il aurait été battu aux présidentielles inévitablement.<br />
Imaginez un référendum sur les retraites, qui peut penser qu’il y aurait eu un débat serein, où l’espérance de vie à 90 ans aurait été posée comme une échéance courte avec la nécessité d’allonger les études et la formation ? La mauvaise foi a été totale, il fallait déstabiliser Nicolas Sarkozy qui bousculait les élites et les conservatismes de la gauche. Pourtant, dans les dîners mondains, les Tartuffe du PS disent qu’ils sont contents d’une réforme nécessaire qu’ils n’auraient pu faire. Même à l’UMP, il y aurait probablement eu des voix dissonantes dès que les sondages auraient montré le référendum perdant car le courage de certains tient de la comédie de boulevard.<br />
Nicolas Sarkozy réélu, les choses seront différentes. D’abord, parce que la question de sa réélection ne se poserait plus et donc perdre un référendum est moins facilement transformable en plébiscite. Ensuite, parce que les sujets proposés piègent le jeu des partis. Ainsi la proportionnelle, ils viennent de se prononcer favorablement, le PS en premier, ce qui n’était pas le cas il y a six mois. Sur les accords de Schengen, la bataille serait particulièrement intéressante car cette fois elle a été préparée par une campagne culturelle, menée en particulier avec courage par Claude Guéant, ce qui rend la victoire du « oui » probable et piègerait le PS.</p>
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		<title>Jamais deux sans trois</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 19:42:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
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		<title>Pour Sarkozy, avec ferveur</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 19:32:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
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<div align="justify">
<p><strong>Aux « déçus » du sarkozysme.</strong></p>
<p>En France, nous avons toujours eu la gauche la plus nulle et la plus fourbe du monde (et c’est pourquoi Mélenchon est grand) et la droite la plus imbécile et peut-être la moins à droite du monde &#8211; et c’est pourquoi il faut de nouveau, et avec ferveur, voter Sarkozy au second tour comme au premier, car un homme de droite de cette trempe, courageux, subversif, et que pour ma part j’ai toujours trouvé extraordinairement sympathique (l’anti Chirac en somme), nous n’en aurons plus ensuite pendant vingt ans. <span id="more-36255"></span>Il faut donc en profiter une dernière fois et mettre en place ce qui pourrait être le décennat fondateur et ô combien nécessaire de la France du XXI ème siècle. Hélas ! Les Français ont toujours été des veaux, particulièrement les Français de droite et d’extrême droite, passant d’un grief à l’autre, brûlant ce qu’ils avaient adulé, oubliant cent biens pour un mal, et surtout obnubilés par leur capacité à « ne pas se laisser faire » tout en tombant systématiquement dans les pièges tendus par la gauche. Sans le Français de droite dure, le Français de gauche n’aurait jamais eu pignon sur rue. Ca s’était déjà passé comme ça en 1873 lorsque le comte de Chambord qui incarnait la dernière chance de restauration de la monarchie en France échoua lamentablement parce que, crétin intransigeant, il ne put se résoudre à accepter le drapeau tricolore que lui réclamait tout le monde, préférant renoncer au pouvoir au nom de sa satanée fleur de lys – et cela malgré l’Assemblée Nationale qui lui était favorable. A part la dissolution de cette même Assemblée Nationale par Chirac en 1997, je ne vois pas d’autre plus grande imbécillité dans l’histoire de la droite française qui en comporte pourtant des dizaines. Mais c’est ainsi que l’on a toujours fonctionné chez les bleus blancs. Pour la droite « pure et dure », plutôt « la Gueuse » que le lys blanc encadré de bleu et de rouge ! Plutôt l’adversaire radical que le partenaire pragmatique ! Plutôt  Flamby que le client honni du Fouquet’s ! Plutôt l’anti-riche que le nouveau riche ! Plutôt le corrézien-comme-Jacquot que Sarko le métèque ! « <em>La droite déteste qu’on la trahisse et je suis un traitre pour eux </em>», expliquait le personnage de François Mitterrand dans <em>Le promeneur du champ de mars</em>, le seul film potable de Robert Guédiguian (2005). Traitre, Sarkozy ? Evidemment. Au sens où il a trahi l’hypocrisie des Français, révélé leur mauvais rapport avec l’argent, dévoilé ce qu’il faut bien appeler une sorte d’antisémitisme social &#8211; et cela, les Français risquent de ne pas le lui pardonner. On ne démasque pas impunément les vices d’un pays sans que ce pays ne vous rende la monnaie de votre pièce. Au risque de sombrer dans une schizophrénie politique comme cela pourra arriver le six mai si François Hollande est élu. La France sera, une fois de plus, le seul pays de droite et d’extrême droite à mettre en place et par dépit un président de gauche. Vive l’Afrance !</p>
<p>Au fond, le grand tort de Sarkozy aura été d’avoir voulu jouer franc jeu avec les Français. De s’être mis à leur niveau. De ne pas avoir été assez royal, altier, hautain, sphinx (une erreur psychosociale majeure pour celui qui avouait que Mitterrand était, avec De Gaulle et Jean-Paul II, son modèle politique). De ne pas avoir compris que le corps du monarque devait transcender le corps du peuple – et de fait ne pas se rendre à Disneyland comme tout un chacun, le président n’étant pas en France « tout un chacun ». D’avoir été, au bout du compte, démocrate par excès. Sarkozy &#8211; le seul vrai démocrate de la cinquième république et pour cette raison peut-être chassé dans quatorze jours comme un malpropre par les bouseux qui ne veulent pas d’un des leurs au pouvoir. Sarkozy – le président dont on a le plus dénoncé l’autoritarisme quasi dictatorial alors qu’il n’a cessé de prendre pendant son quinquennat toute une série de mesures constitutionnelles destinées à réduire les pouvoirs du président au profit du Parlement et des citoyens (ce qui d’ailleurs était discutable – pourquoi prendre le risque de rendre la France encore plus ingouvernable qu’elle n’est déjà ?), sans compter ce nouveau droit donné aux députés de fixer un tiers de l’ordre du jour de l’Assemblée, leur permettant ainsi de mieux contrôler le gouvernement (décidément, c’est une manie de vouloir virer quatrième République bis ?), en attendant la promesse calamiteuse de remettre un peu de proportionnel dans les élections afin que tout le monde soit représenté (mais Président, voyons, tout le monde à l’Assemblée, c’est la fin des haricots !), ou encore cette possibilité de recours individuel devant le conseil constitutionnel (la fameuse « QPC » &#8211; « question prioritaire de constitutionnalité ») qui donne le droit au justiciable emmerdeur de demander si telle loi qui le contrarie est bien conforme à la Constitution  – bref, toutes choses avec lesquelles on peut être en désaccord mais qui vont indéniablement dans le sens d’une démocratisation plus grande de la cité. Sarkozy – le mec de droite qui aura le plus fait constitutionnellement pour les gens. Et c’est lui dont Jean-Marie Le Pen vient de dire la semaine dernière, tel un lecteur moyen de Télérama ou des Inrocks, que ses initiales étaient les mêmes que « National socialiste » et que son meeting à la Concorde de dimanche dernier était comparable aux rassemblements de nazis à Nuremberg !!! Faut-il que le vieux soit sénile pour se retrouver aux côtés de l’ultragauche la plus fruste -  mais sans doute fachos et gauchos peuvent-ils s’entendre contre ce cosaque qui leur a damé le pion à tous les deux. Tous les procès d’intentions, les basses attaques, l’hystérie malveillante que celui-ci a dû souffrir cinq ans durant comme nul autre &#8211; une malveillance allant parfois jusqu’au désir de mort comme chez ce curé lillois déclarant sans complexe en août 2010, à l’époque de l’affaire des Roms, qu’il priait pour que Sarkozy ait une crise cardiaque. Et pourquoi pas, mon père indigne, grâce à l’aide de cette poupée vaudou autorisée à la vente et qui permet au psychopathe antisarkozyste de percer les yeux, le cœur ou les couilles du président honni ? Cette violence symbolique insensée que personne ne semble avoir noté. Cette volonté meurtrière de sacrifier le monarque qui a osé se désacraliser. Sarkozy &#8211; premier président bouc émissaire de la cinquième République jetée à la vindicte publique, celle-ci d’autant plus sauvage qu’elle se croit autorisée, légitimée, moralisée &#8211; la « bonne » haine contre le riche, le « bon » désir de vengeance contre le puissant aux origines pas si gauloises que ça, le « bon » racisme contre le métèque trop heureux . Qu’est-ce que c’est que ce hongrois juif qui épouse une italienne et qui prénomme sa fille Gulia, d’abord ?  Qu’est-ce que c’est que ces bonnes femmes arabes et noires qu’il fait rentrer au gouvernement et qui osent jouer les princesses &#8211; une surtout, la mouquère Dior ? Un immigré, ça doit sortir de Trappes, devenir comique sympa, apparaître comme le super pote qu’on voudrait avoir (ou pas), mais surtout ne jamais oublier qu’il a été victime du racisme, le rappeler partout où il va, et bien sûr voter à gauche même s’il est milliardaire. Mais une beurette qui ne fait pas de l’antiracisme son cheval de bataille et choisit le camp, pas si puissant, de l’empire plutôt que celui, ultra influent, des minorités, choque autant les racistes que les antiracistes. Une beurette qui s’embourgeoise est beaucoup moins acceptable qu’un beur qui revendique. Une beurette qui aime les diamants et les parfums excède le racisme social (pour ne pas dire le racisme tout court) de nos cons citoyens. Mais les Français sont ainsi : ils n’aiment pas la réussite sociale. Ils détestent plus que tout qu’on la montre. Vivons heureux, vivons cachés. Tartuffes. Goys.</p>
<p>On a été profondément « choqué », paraît-il, que le président augmente son salaire – alors qu’il n’a fait que se mettre au niveau de ses prédécesseurs qui eux n’en parlaient jamais, en profitaient autant, faisaient passer leurs avantages en cachette, vivaient leur bling bling en sourdine, avaient leurs entrées au Grand Véfour,  bouffaient contre toutes les lois de France des ortolans le dimanche midi ou carburaient au Dom Pérignon tous les jours à la mairie de Paris. Mais bon, on ne le voyait pas, donc ça n’existait pas. Avec Sarkozy, les Français ont fait mine de s’apercevoir que les monarques menaient grand train &#8211; grande nouvelle bouleversifiante, ultra obscène, guillotinable ! &#8211; et qu’ils allaient moins au Quick qu’ à ce Quick de moyens riches qui s’appelle le Fouquet’s et où, soit dit en passant, tout le monde est allé au moins une fois dans sa vie à moins de l’avoir raté comme disait l’autre. Qu’importe dès lors qu’il soit le premier président à avoir permis que la Cour des Comptes contrôle le budget de l’Elysée (« <em>une première depuis Louis XIV </em>», expliquait<em>L’Express</em> du 25 janvier 2012), ou qu’il ait réussi sa très gauchiste réforme de représentativité syndicale par laquelle les syndicats seront électoralement renforcés, le dialogue social avec, non, ce que l’on retiendra, c’est ce repas improbable dans cet établissement pas si classieux que ça pour un président de la république, en plus de ses Raibannes et de sa Rollex. En fait, ce que l’on reproche ontologiquement à Sarkozy, c’est d’avoir osé afficher ses goûts et son bonheur, ce qui en France est pire que de traîner mille casseroles. C’est que le bonheur, c’est vulgaire, ma bonne dame. Et les Français, ces cathos laïcards coincés du cul, ont la haine du bonheur. Pas étonnant que toute notre littérature déborde de pères indignes, de mères avares, d’enfants ingrats, de familles en nœuds de vipères. Pour un père Leuwen qui ne gronde son Lucien de fils que parce que celui-ci ne profite pas assez des plaisirs de la vie et ne lui demande pas assez d’argent, cent pères Grandet. Pour une Sanseverina, mille Thénardier. Les Français sont ces gens qui veulent faire souffrir leurs enfants « pour leur apprendre la vie » comme ils veulent faire souffrir leur président pour qu’il apprenne à ne pas trop aimer la sienne. Carla Bruni est une insulte à la tradition des Taties Danielle et autres cousines Bette qui jusque là nous servaient de  premières dames. Et l’on sait ce que l’on fait en France aux reines qui ne sont pas françaises. Les Français, le peuple revanchard par excellence. Les Français et leur horrible passion de l’égalité. Les Français et leur dégoût de salauds devant les privilèges dont ils sont pourtant les plus grands consommateurs. Moi, ce que j’aurais aimé en Sarkozy, c’est sa façon d’avoir mis à nu les Français. D’avoir dévoilé leurs réflexes de petits bourgeois en manque – et qui ne se rendent pas compte qu’ils ont été protégés cinq ans et qu’ils risquent d’être en manque comme ils ne l’auraient jamais imaginé quand Hollande sera passé et que Marine sera seconde. Cassez-vous, pauvres cons.</p>
<p>Bref, si le six mai prochain, l’on retourne à la France du XX ème siècle, c’est-à-dire à la parole surveillée, au terrorisme Bisounours et à la réaction lepéniste qui ne manquera pas de suivre (le FN jouant consciemment et comme d’habitude la carte du pire et pour cela comptant sur la victoire d’Hollande autant que les socialistes), ce qui dans le contexte de la crise actuelle, celle que précisément le président sortant nous a pour l’instant évitée, pourra donner lieu à quelques faillites sociales intéressantes, voire à une discordance civile majeure comme cela ne serait pas arrivé depuis le XIX ème siècle, l’on saura d’où vient la cause. Des fameux « déçus du sarkozysme ». Mais qu’est-ce qu’ils croyaient les mecs ? Que l’on pouvait réformer de fond en comble un pays en deux coups de cuillère à pot ? Que tout allait se faire parce qu’on l’avait dit ? Que le pouvoir culturel, le plus féroce d’entre tous, allait dire amen au pouvoir politique ? Et que surtout il n’y aurait pas cette crise internationale qui nous obligerait à travailler plus pour gagner moins ? Car il ne faut pas se leurrer. Dans tous les cas, et vu comment le réel se durcit un peu plus chaque jour, seule une politique de rigueur sera de rigueur dans les mois et les années qui viennent. Et seul le Magyar semble être en mesure de la mener. D’abord parce qu’il est indéniablement le plus avisé et le plus malin, suprêmement pragmatique (et non suprêmement idéologique comme le disent ces adversaires qui parce qu’ils sont idéologisés jusqu’à l’os voient de l’idéologie partout), et ensuite parce qu’il est de droite. Or, une rigueur de droite passe toujours mieux qu’une rigueur de gauche. Ce n’est pas le moindre mérite du président actuel que d’avoir maté la rue et refroidi l’ardeur manifestiste et grévienne de nos concitoyens &#8211; c’est-à-dire d’avoir réussi à gouverner un peu la France sans être bloqué au moindre soupçon d’esquisse de velléité de décision (quel dommage qu’il n’en ait pas fait autant avec les quartiers et que le karcher soit resté à l’état de velléité – pour le coup, le voilà le véritable échec du quinquennat.) Et c’est pourquoi si Hollande passe, la tentation sera grande pour le peuple de gauche de recoloniser illico la rue et de faire tout pour que la France redevienne ingouvernable – et cela au grand dam du nouvel élu qui sera pris le cul entre deux chaises, la chaise de la nécessité rigoriste et la chaise percée du Grand Soir. Surtout qu’ils doivent être à bloc, les mecs, boostés qui plus est par Mélenchon, Poutou et Arthaud (car dans notre beau pays, il y a quand même trois prétendants d’extrême gauche à la présidence, trois prétendants qui se réfèrent à l’idéologie et au Parti des cent millions de morts, excusez ce détail). Pensez ! Cinq ans de disette syndicale, cinq ans sans manifs ou presque, cinq ans sans qu’une fois l’on cède aux grévistes, cinq ans qui ont prouvé que l’on pouvait faire quelque chose de la France à condition de tenir bon contre la rue, cinq ans sans pouvoir faire chier, eh bien, dès le sept mai, on va se rattraper, croyez-moi ! Nathalie Arthaud a déjà prévu une grève générale en septembre. Bienvenue en Hollande ! Bienvenue en Grèce !</p>
<p>Et vous, soi-disant électeurs éructant de droite, voudriez que l’on se débarrasse de celui qui a tout fait pour que jusqu’à présent la France ne soit ni la Grèce, ni l’Espagne, ni l’Irlande, tous ces pays que la crise a scié en deux ou en quatre, ni même l’Angleterre où l’on a pris des mesures d’une austérité qu’elle ferait frémir le père Grandet et la Cousine Bette eux-mêmes ? Vous, droitistes à côté de la plaque à force d’ « intransigeance », d’ « exigence », d’ « impatience », seriez prêt à mettre à la porte ce hussard qui a réussi à faire éclater les blocages habituels et mener à bien des réformes dites impossibles, retraite, autonomie des universités (un projet souhaité depuis des lustres par Mendès-France lui-même), service garanti dans les transports terrestres (enfin !), élagage de la carte judicaire que les juges eux-mêmes attendaient depuis des décennies, qui plus est dans le contexte le plus difficile du monde et en nous préservant en outre de celui-ci ? Neuf cent trente et une réformes en cinq ans et non, vous êtes quand même « déçus », ce n’est pas assez ? Vous auriez voulu avoir les résultats tout de suite, comme ça, parce que vous le valez bien ? Pauvres pommes que vous êtes, vraiment, les gens de droite ! Pour vous, il n’a rien fait, pour les gens de gauche, il en a trop fait ! «  Et en plus, rien que pour les riches », geint-on alors à gauche (car éructer est de droite, geindre est de gauche). Pour les riches, vraiment ? Que les licenciements de masse aient été évités, par exemple, c’était pour les riches ? Que la classe moyenne n’ait pas coulé, c’était pour les riches ? Que les petits épargnants aient précisément été épargnés, c’était pour les riches ? Que la taxe Tobin ait enfin été mise au goût du jour, c’était pour les riches ? Que l’on ait augmenté les taxes sur le capital afin de les mettre à peu près au même niveau (34,6%) alors qu’ils étaient taxés de 10% de moins sous Lionel Jospin, c’était pour les riches ? Que l’on ait créé le RSA, c’était pour les riches ? Que l’on ait supprimé en partie la publicité sur les chaînes publiques, c’était pour les riches ? Que l’on ait augmenté de 37 % le budget de logement des Sans abri qui est passé à 1,13 milliards (et comme l’a publiquement reconnu Olivier Berthe, président des Restos du cœur et représentant du mal logement en face de lui sur Canal + le 16 mars dernier), c’était pour les riches ? Et qu’enfin le pouvoir d’achat est réellement monté de 4 % en cinq ans, ce n’était que pour les riches ? Et puis d’ailleurs, qu’est-ce que cette rage malsaine contre les riches ? « Moi, les banques, je les aurais laissées s’effondrer », me disait un collègue cégétiste et néanmoins ami du musée (oui, parce que moi, j’ai des amis d’extrême gauche…). Mais bordel, Francis, si ta banque s’effondre, tu t’effondres encore plus ! C’est facile à comprendre, ça, non, que des pauvres comme nous ont besoin de riches comme eux ? Visiblement, non. Pour les fervents du Grand Soir, si les riches maigrissent, les pauvres engraissent – alors que moi, en bon pourri de droite, je penserais plutôt que si les riches maigrissent, les pauvres crèvent (et encore plus vite si les riches sont partis).  On en a besoin des riches, c’est ça que les pauvres en esprit ne percutent pas. En vérité, Sarkozy a tellement bien géré la crise que les gens n’ont pas vu la crise, ou ont oublié qu’il y en avait une. Et aujourd’hui, ils se révoltent contre lui comme pouvaient se révolter naguère les paysans contre leur seigneur sans se rendre compte que grâce à lui ils avaient évité trois invasions et six guerres. Salauds de pauvres ! Pauvre peuple ! Ce peuple dont Pascal écrivait qu’il était « <em>vain, quoique ses opinions soient saines, parce qu’il n’en sent pas la vérité où elle est et que, la mettant où elle n’est pas, ses opinions sont toujours très fausses et très mal saines. </em>» Pas besoin de faire un dessin.</p>
<p>Sauf qu’à un moment donné, il faut se le demander : pourquoi est-on si con à droite ? Je veux dire : pourquoi est-on si souvent comte de Chambord, si pur et dur, si antidialectique, si incapable de compromis et de débat, et, par conséquent, toujours latté par la gauche qui s’y connaît tellement mieux que nous en retournement de sens, oblitération du réel, saccage des consciences, culpabilisation obligatoire – toutes choses dont Sarkozy aura commencé à nous tirer depuis cinq ans et dans lesquelles on risque de retomber avec fracas si par malheur il était viré de l’Elysée ? Peut-être parce que la droite ne croit qu’au « réel », méprise la parole et de fait a tout faux puisque le réel dépend de la parole. La droite ne  comprend jamais que « le réel » ne suffit pas. Et la gauche en profite toujours pour tourner la droite en bourrique. Ce que j’aurais souffert à Paris, à Nice, à l’université, au boulot, au bistrot, partout en France, devant ma télé, de me voir, de nous voir, nous, les gens de droite, systématiquement ratatinés par les gens de gauche. C’est vrai qu’on est nul. On ne pige rien à l’économie, aux flux financiers, aux « infrastructures » et d’ailleurs on ne veut pas piger. Ces corps sans organes nous ennuient. Cette matrice invisible et aliénante ne fait pas partie de nos catégories mentales. Pour nous, pauvres droitistes désemparés, la sociologie, c’est de l’hébreu. Comme Thomas, on ne croit que ce qu’on voit. Et on ne voit que nos intérêts – et encore pas toujours (la preuve, ce premier tour !). Notre Weltanschauung va de Pacman à Berzerk (ou si l’on préfère de Hobbes à Nietzsche) et ça nous suffit amplement. Normal qu’on se ramasse dans le débat socio-économique. Que pouvons-nous dire quand « eux », les gauchistes avisés, nous sortent Marx, Lukacs, Gramsci, Bloch, Négri, Bourdieu, Michéa, Rancière, Badiou ? Pour un empiriste de droite, cent idéologues de gauche. Et ils s’en foutent, les idéologues, qu’on leur rappelle que de Zapatero en Espagne à Papandréou en Grèce, toutes les politiques socialistes se sont soldées ces derniers temps en Europe par la faillite que l’on sait. La gauche échoue partout où elle passe, rien n’y fait, les gauchistes tiennent toujours le haut du pavé culturel –  le comble étant que les droitistes sont prêts à leur donner le pouvoir parce qu’ils trouvent que leur candidat à eux n’est pas assez de droite. Fort de cette aberration intellectuelle (et même si « intellectuel » et « droite » sont à la limite du contresens), les intellos de gauche ont alors un boulevard ouvert pour poursuivre leur sociologie-fiction. Ce que nous appelons « le réel » relève pour eux d’une non-pensée typique, celle-ci découlant de l’ « hysteresis de l’habitus », bondieuserie bourdivine qui prétend que nous persistons à rester les mêmes et à penser les mêmes choses quelles que soient les situations, y compris celles qui nous les plus défavorables – un concept finalement beaucoup plus valable pour eux, les idéologues de gauche, que pour nous, les empiristes de droite,  mais que les premiers arrivent à nous faire bouffer quand même. « Au fond, vous ne savez pas que vous êtes aliénés ». Lorsque l’idéologue, c’est-à-dire le gauchiste, a dit ça, il a tout dit et sait d’une certaine façon qu’il l’a emporté car oser une objection contre son concept d’aliénation est pour lui une façon de s’y retrouver pieds et poings liés. Tout le monde est aliéné pour le marxiste comme tout le monde est névrosé pour le freudien, surtout ceux qui trouvent à redire de ces dogmes. Impossible dès lors de se dépatouiller de ce qui englobe nécessairement la critique et qui donne toujours raison à celui qui se place stratégiquement du côté de l’englobant ou supposé tel. Pour le gauchiste, en effet, il y a toujours quelque chose « avant » la situation alors que pour le droitiste, il n’y a que de l’ici et du maintenant. Le premier pense le phallus sans la bite, le second pense la bite sans phallus. Et en effet, qu’en avons-nous à foutre, nous, les biteux de droite, de ces phallus compliqués auxquels on n’a jamais pensé ? De ces concepts improbables de paradigme holistique ou atomistique ou interactionniste ou régulationniste qui semblent sortis d’une conversation avec monsieur Spok ? De ces informations plus ou moins chiffrées qu’on sait pas d’où elles viennent ? Et pourtant, à la fin, c’est eux, les Body Snatchers de l’Ecole de Francfort, qui l’emportent. Discuter avec un gauchiste avisé, pour le type de droite, c’est sombrer dans un autre monde, un monde totalement inconnu de lui et dont la structure lui échappe parce qu’elle lui apparaît frappée du sceau de l’irréalité la plus totale. Mais une irréalité si bien dialectisée qu’elle va bientôt se révéler imparable sur le plan moral et idéologique, se prenant même des airs « scientifiques » pour assurer encore plus,  et  contre laquelle notre <em>« homme qui est un loup pour l’homme » </em>apparaîtra comme une brebis rhétorique bien démunie et notre <em>« tout ce qui ne me tue pas m’endurcit »</em> une piètre et très tuante figure de style. On ne plaint pas assez les défaites épistémologiques de la droite face à la gauche. Ayez pitié de nous, o vous, gauchistes avisés !</p>
<p>Et Henri Guaino vint. L&#8217;espoir changea de camp, le combat changea d&#8217;âme. Après vingt ou trente ans d’incompétence rhétorique et de nullité intellectuelle, la droite comprenait qu’il fallait intégrer la gauche dans son discours, citer Jaurès autant que Barrès, se réclamer de Clémenceau comme de Jeanne d’Arc, oser parler de civilisation et de culture sans se prendre aux filets de la culpabilisation antiraciste, et ne plus se laisser intimider par ces Torquemada de bazar que sont la plupart des journalistes. Grâce à la culture et à la verve guainienne, Sarko, déjà brillant boxeur, allait faire les plus beaux discours de droite entendus depuis longtemps et ce faisant ravaler, ratatiner, ringardiser la gauche comme elle ne l’avait jamais été de son histoire – ce qui, par réaction, allait produire cette nouvelle pathologie qu’est fondamentalement l’antisarkozysme. Qu’en France, le pouvoir culturel, c’est-à-dire la gauche, perde un chouia de son influence et c’est la croisade assurée contre celui, politique ou artiste, qui en est l’auteur. Qu’est-ce que c’était en 2007 que ce type qui mettait K.O Le Pen et Ramadan en deux prises ? Qui en finissait avec le racisme et l’antiracisme ? Qu’est-ce que c’était que ce politicien de droite qui non seulement n’était plus ridicule dans les émission de divertissement bobo mais ridiculisait lui-même l’amuseur ou l’animateur qui cherchait à le faire (Karl Zéro en 2007, toute l’équipe du Grand et Petit Journal de Canal + en mars dernier) ? Ce candidat sans complexes qui osait dire à tel animateur antiraciste : « vous acceptez que les électeurs lepénistes regardent votre émission, pourquoi devrais-je refuser qu’ils votent pour moi ? » Nicolas Sarkozy, le seul homme politique de droite de sa génération (et des autres) qui sut maîtriser comme personne autant le réel que le virtuel, le social que le mondain, l’économique que le symbolique – et qui de ce point de vue nous vengea de vingt ans de terrorisme bien pensant. 2007, ce n’était pas seulement la victoire d’un brillant candidat de droite, c’était le retour de la parole de droite au centre du dispositif. Et c’est ce centre, thérapeutique allais-je dire, qu’il ne faut pas perdre et que l’on risque pourtant de perdre à cause de vous, droitistes imbéciles, lepénistes obtus ou centristes perdus, qui ne voyez même plus le bouleversement moral et médiatique que l’actuel président a provoqué  et que vous-mêmes souhaitiez pourtant de tous vos voeux. Comme le dit Jean Marichez dans <a href="http://alaone.unblog.fr/2012/02/27/le-veritable-quinquennat-de-nicolas-sarkozy-2007-2012" target="_blank">une tribune qui circule sur le net depuis peu, et qui sur le plan technique est bien plus compétente que la mienne, et dont d’ailleurs je m’inspire</a> : « <em>il serait dommage de perdre le bénéfice du meilleur chef d’État que la France ait eu depuis longtemps </em>». Ouverture aux minorités visibles (ce que n’avaient fait avant lui ni Chirac ni Jospin ni Mitterrand et qui aurait dû rendre grotesque toute accusation de « racisme »), début de maîtrise, et quoi qu’en dise les excités du FN, des flux financiers et migratoires, invention de la présidence européenne que lui ont reconnu même ses ennemis (Sarkozy ayant remis la France au centre de l’Europe et l’Europe au centre du monde), succès inattendu de l’intervention en Lybie qui lui a conféré un statut de leader international, et last but not least, gestion zigzaguante, c’est-à-dire performante, de la crise – tel est le vrai bilan du métèque. Le vrai changement, ce ne fut jamais que lui, ce président anormal qui tenta de mettre la France à l’ordre du XXI ème siècle (ce qui pour un pays du XIX ème siècle était peut-être insupportable).</p>
<p>Hélas ! Le courage et les bons résultats ne suffisent pas à convaincre.  L’opinion se fout des bilans. L’opinion veut la peau d’un mec. Et celle du président est à vendre. Tout le monde est contre lui et c’est pour cela qu’il faut, je crois, être avec lui. Rien que pour ce miracle d’avoir détotémisé les anciens mythes de gauche, chahuté le pouvoir des clercs et révélé la haine sordide d’Emmanuel Todd, je ne regrette pas d’avoir voté pour lui en 2007,  et c’est parce que je tiens à ce que ce miracle continue que j’ai revoté pour lui hier et que je m’apprête à le refaire dans deux semaines.  Je vote Sarkozy car je ne voudrais pas que la France se retrouve politiquement à gauche, elle qui l’est déjà culturellement bien assez. Je vote Sarkozy car il incarne le seul contre pouvoir que nous ayons en France à opposer au pouvoir culturel de la gauche. Et à ceux qui me parlent de « culture », et comment un « amoureux des lettres comme moi » peut se laisser autant aller à faire l’apologie d’un type qui s’est foutu un jour de la gueule de <em>La Princesse de Clèves</em>, je réponds toujours que <em>La Princesse de Clèves</em>, c’est pour moi, pas pour lui. Lui, il est là pour qu’on lise en paix <em>La Princesse de Clèves</em>. Il est là pour qu’on ne sombre pas. Il est là pour que la France existe dans le monde. Il est là, enfin, pour que les Français, ces ingrats, ne se sabordent pas comme ils savent si bien le faire. Il est là pour nous sauver de nous-mêmes et nous préserver de la crise. Il est là pour que notre mode de vie ne change pas, maintenant. Je vote Sarkozy parce que c’est le meilleur et le plus injustement haï (ce qui est presqu’un pléonasme). Je vote Sarkozy parce que depuis hier soir la surveillance de la parole par la gauche a déjà recommencé. Je vote Sarkozy parce que c’est le dernier vote punk.<br />
<strong><br />
Pierre Cormary</strong></p>
</div>
</div>
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		<title>Gauche bobo, droite prolo</title>
		<link>http://extremecentre.org/2012/04/24/gauche-bobo-droite-prolo/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 21:45:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présidentielle française 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Les valeurs républicaines ont changé de camp : La gauche vient maintenant de la bourgeoisie, alors que la droite représente la méritocratie républicaine. En voici la preuve (sources internet). Origine des membres du gouvernement de DROITE et conseillers du président :   * Sarkozy : né dans le 17ème ardt de Paris. Mère avocate qui élève seule ses 3 enfants après avoir été [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<blockquote><p>Les valeurs républicaines ont changé de camp : La gauche vient maintenant de la bourgeoisie,<br />
alors que la droite représente la méritocratie républicaine.</p>
<p>En voici la preuve (sources internet).</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Origine des membres du gouvernement de DROITE et conseillers du président :<br />
</strong> </span><br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Sarkozy </span>: né dans le 17ème ardt de Paris. Mère avocate qui élève seule ses 3 enfants après avoir été abandonnée par son mari.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Guaino</span> : na pas connu son père. Élevé par sa mère, femme de ménage. Boursier à l&#8217;école.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Guéant </span>: père petit employé. Élève boursier.<span id="more-36005"></span><br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Juppé </span>: père agriculteur, titulaire du certificat d&#8217;étude. Boursier.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Lagarde</span> : père universitaire (meurt quand elle a 17 ans). Étudiante boursière.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Dati</span> : père maçon, famille de 12 enfants, HLM, bourses.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Amara</span> : père ouvrier du bâtiment. HLM, bourses.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Bougrab</span> : père ouvrier métallurgiste, HLM, bourses.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Yade </span>: mère professeur, élève seule ses enfants, HLM, bourses.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Morano</span> : père chauffeur poids lourds, mère standardiste.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Bertrand</span> : parents employés de banque.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Jacob </span>: agriculteur<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Bera</span> : père tirailleur algérien, famille de 11 enfants.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;"> Origine des leaders de GAUCHE </span></strong>:</p>
<p>* <span style="text-decoration: underline;">DSK </span>: très riche &#8211; né à Neuilly, père avocat, conseiller juridique et fiscal du grand Orient de France. A vécu au Maroc et à Monaco.<br />
Épouse née à New York, milliardaire, héritière d&#8217;une fortune en tableaux de maîtres (principalement des Picasso).<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Aubry </span>: « fille de… » &#8211; née dans le 17ème à Paris, études au lycée Notre-Dame des Oiseaux, père à la Banque de France, président de la Commission européenne.<br />
Époux bâtonnier, issu de la grande bourgeoisie du Nord.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Montebourg </span>: père fonctionnaire des impôts,  mère universitaire. Marié à Hortense de La Briffe, collaboratrice de Balladur et fille d&#8217;un comte.<br />
Propriétaire d&#8217;un château dans les Yvelines. Divorcé, vit avec Audrey Pulvar, journaliste connue fort bien rémunérée.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Hollande </span>: père médecin ORL. Enfance en pension catholique puis Lycée Pasteur de Neuilly.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Royal </span>: père militaire, bourgeoisie catholique. Scolarisation en écoles privées catholiques.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Guigou </span>: née à Marrakech, père industriel (agro-alimentaire), grande famille bourgeoise.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Lang</span> : très riche famille de Nancy. Père directeur commercial de l&#8217;entreprise familiale.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Moscovici </span>: père directeur du laboratoire européen de psychologie sociale et mère psychanalyste.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Fabius</span> : père célèbre et richissime antiquaire (Rappelons nous que lorsqu&#8217;il était premier Ministre, Monsieur Fabius a fait voter une loi sur les plus-values,<br />
en prenant bien soin que les oeuvres d&#8217;art en soient exclues). Mère américaine, issue d&#8217;une famille de bijoutiers de Francfort.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Delanoë </span>: né à Tunis. Père géomètre et grand père, capitaine du port de Tunis.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Peillon </span>: père banquier et mère chercheuse.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Valls</span> : père artiste peintre, grand-père rédacteur en chef d&#8217;un journal espagnol catholique.<br />
*<span style="text-decoration: underline;"> Hamon </span>: père ingénieur, directeur des constructions navales de Brest. A vécu à Dakar. Éducation chez les Pères maristes.<br />
* <span style="text-decoration: underline;">Cambadélis </span>: né à Neuilly, études dans le 16ème à Paris. Père diamantaire (mais lui-même d&#8217;abord trotskiste lambertiste)</p>
<p>Pas beaucoup d&#8217;enfants d&#8217;ouvriers qui rêvaient du grand soir dans tout ça !</p>
<p>§ 1) Autant on s&#8217;attend à trouver à droite des gens issus de la<br />
bourgeoisie, autant il est tout à fait  surprenant d&#8217;y trouver<br />
considérablement plus de gens d&#8217;origine modeste qu&#8217;au PS !<br />
§ 2) C&#8217;est également au PS qu&#8217;on trouve non seulement les origines les<br />
plus bourgeoises, mais aussi les fortunes les plus considérables !</p></blockquote>
</div>
<p><span style="color: #888888;"><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une petite devinette: qui suis-je?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 11:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Généralités]]></category>

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		<description><![CDATA[Hat tip: Christine Ferrier. Mon père était un riche Médecin ORL. J’ai passé mon enfance à Bois-Guillaume, où vivent les plus riches normands. Je fus élevé chez les « bourges du privé », que je critique constamment à « St Jean-Baptiste de la Salle à Rouen ». &#8230; Puis j’ai continué mes études dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hat tip: <a href="http://plus.lefigaro.fr/page/christine-ferrier">Christine Ferrier.</a><br />
Mon père était un riche Médecin ORL. J’ai passé mon enfance à Bois-Guillaume, où vivent les plus riches normands.<br />
Je fus élevé chez les « bourges du privé », que je critique constamment à « St Jean-Baptiste de la Salle à Rouen ».<br />
&#8230; Puis j’ai continué mes études dans la commune des aristocrates et des grands-bourgeois : à NEUILLY SUR SEINE où mes parents avaient acheté une superbe propriété.<br />
Malgré ma fortune et mon patrimoine estimé à plus de 10 Millions d’Euros, je ne paie pas l’ISF car un montage ingénieux sous forme de plusieurs SCI me rend quasiment introuvable par le fisc français.</p>
<p>Je n’ai jamais dirigé une grande ville, ni une grande région et n’ai jamais été ministre ni secrétaire d’état.<br />
<span id="more-35968"></span>Je dirige malgré tout le département de la Corrèze qui est devenu grâce à moi en 4 ans le plus endetté de France (+ 25% de dette soit 3 fois plus que la moyenne nationale) et le seul où le nombre de fonctionnaires a augmenté de 50% dans le même temps (de 831 à 1231).<br />
Pour 2012 dans mon département, j’ai déjà fait voter une hausse de 6.5% de la taxe foncière, de 300% les taxes sur les permis de construire. J’ai supprimé : les bourses étudiantes, la gratuité des transports scolaires, les 1000 € de prime de garde d’enfants et diminué presque toutes les aides aux personnes âgées ou dépendantes.<br />
Je ne déjeune pas au Fouquet&#8217;s, je vais dans un endroit plus discret mais encore plus chic où j&#8217;ai fêté ma récente victoire aux primaires socialistes. Ma cantine, c&#8217;est chez LAURENT dans le 8ème.<br />
J&#8217;envisage d&#8217;augmenter de 45 milliards d&#8217;euros les impôts et taxes en tout genre car c&#8217;est plus facile que de diminuer le nombre de fonctionnaires, je souhaite d&#8217;ailleurs en embaucher 65.000 de plus &#8230; Ce qui coûtera 100 milliards à la FRANCE car un fonctionnaire est payé par l’état à vie, sécurité de l’emploi oblige!!!<br />
Je n’aime pas les riches qui gagnent plus de 4000 euros par mois mais<br />
j&#8217;en gagne 7,5 fois plus avec mes 30.387 € par mois !!!<br />
Donc 63% de plus que le Président de la République (19 331 € par mois) que j&#8217;accuse d&#8217;être proche des riches &#8230;<br />
Je m’appelle………….</p>
<p>François HOLLANDE<br />
Votez pour moi, je vous ruinerai en 5 ans. Le changement c’est maintenant!</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Hollande 28%, Sarko 26%, Le Pen 16%, Melenchon 13%, Bayrou 10%</title>
		<link>http://extremecentre.org/2012/04/22/hollande-28-sarko-26-le-pen-16-melenchon-13-bayrou-10/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 16:27:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présidentielle française 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Déroulez pour les mises a jour Estimations Opinionway relayees par la Libre Belgique. T&#8217;en fais pas, mon Sil, ni prison ou d&#8217;amende, nous sommes basés au pays du Premier Amendement. Pour le résultat, 19h02 : Le Pen à 20% selon la première projection à partir de résultats réels Selon une source Twizz Radio, la première projection à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Déroulez pour les mises a jour</strong></p>
<p>Estimations Opinionway relayees par la <a href="http://www.lalibre.be/l-actu-principale-de-ce-jour/">Libre Belgique</a>.</p>
<p>T&#8217;en fais pas, mon Sil, ni prison ou d&#8217;amende, nous sommes basés au pays du Premier Amendement. <img src='http://extremecentre.org/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  Pour le résultat,<a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/ibarf1.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-35952" title="ibarf" src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/ibarf1.jpeg" alt="" width="259" height="194" /></a></p>
<p><a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/ibarf.jpeg"><br />
</a></p>
<p><strong>19h02 : Le Pen à 20% selon la première projection à partir de résultats réels</strong></p>
<p><a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/ibarf.jpeg">Selon une source Twizz Radio, la première projection à partir de résultats réels place François Hollande en tête avec 27-30% des voix. Il est suivi par Sarkozy (24-27), Le Pen (18-22), Mélenchon (9-12), Bayrou (7-10) et Joly (2-3)</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>19h50 : </strong>Selon nos sources, les dernières estimations sur bulletins de vote réels donnent Hollande en tête avec 27,4%. Il est suivi par Sarkozy (25,7), Le Pen (20), Mélenchon (11,5) et Bayrou (9).</p>
<p><strong>20h</strong></p>
<p><a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/resultats-1-tour-presidentielle-2012.jpg"><img src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/resultats-1-tour-presidentielle-2012.jpg" alt="" title="resultats-1-tour-presidentielle-2012" width="539" height="539" class="aligncenter size-full wp-image-35959" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une Geste Sarkozienne</title>
		<link>http://extremecentre.org/2012/04/21/une-geste-sarkozienne/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 09:49:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sittingbull</dc:creator>
				<category><![CDATA[Présidentielle française 2012]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec ce Président, rien n’aura été épargné au peuple français. Le démantèlement de l’image présidentielle, du président-monarque à laquelle nous avaient habitués de Gaulle puis Mitterrand, a été sinon volontaire, du moins assumée par Sarkozy. Il pensait le peuple mûr pour un rapport moins protocolaire au pouvoir. Il s’est trompé. C’était sans compter sur la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="justify">
<p style="text-align: left;" align="center"><a href="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/caricature_chirac.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-35939" title="caricature_chirac" src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/04/caricature_chirac-217x300.jpg" alt="" width="217" height="300" /></a></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Avec ce Président, rien n’aura été épargné au peuple français.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le démantèlement de l’image présidentielle, du président-monarque à laquelle nous avaient habitués de Gaulle puis Mitterrand, a été sinon volontaire, du moins assumée par Sarkozy.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il pensait le peuple mûr pour un rapport moins protocolaire au pouvoir. Il s’est trompé.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">C’était sans compter sur la nostalgie française pour la monarchie : ce peuple n’aime rien tant qu’à adorer les rois pour ensuite, éventuellement, leur trancher le cou.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">À l’inverse, rien n’aura été épargné non plus à l’actuel locataire de l’Élysée.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Depuis 2007, le Tout Sauf Sarkozy (TSS) aura superbement fonctionné, réunissant les extrêmes de tous bords dans une ivresse de haine à coups de bassesses que n’aurait pas renié “Je-suis-partout”.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Sa proximité idéologique avec les USA, son amitié assumée avec Israël, sa compréhension de la société civile traduite en connivence avec les grands patrons, n’auront pas été pour rien dans le rejet qu’il suscite actuellement.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les milieux de la gauche bien pensante et simplement pensante, de l’Education Populaire et des syndicats au petit monde des journalistes militants lui auront bien fait payer ces trois défauts pour eux majeurs.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">C’est à qui dénoncera le plus fort la concentration des pouvoirs aux mains d’un même homme. Mais c&#8217;est ignorer le poids réel que pèse un Président sur les réalités mondiales.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><span id="more-35938"></span>Concentration des pouvoirs ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le président avait la majorité absolue à l’Assemblée et au Sénat en 2007. Quand ce n’est pas la gauche qui bénéficie de cette unanimité, c’est considéré, au pays de Liberté-Egalité-Absurdité comme un crime inexpiable.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>Parlons simplement du pouvoir médiatique.</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Jamais président n’aura eu à affronter autant la haine, le mépris et les moqueries que Nicolas Sarkozy.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Même ceux qui, la bouche en cul-de-poule, affirmaient qu’il ne faut pas se moquer du physique, digressaient à l’envi sur sa petite taille.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Gageons que son successeur putatif n’aura pas à subir les affres de cette pratique, lui qui le dépasse de trois bons centimètres.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Des interdits ont été franchis avec allégresse. Tant mieux pour une démocratie plus éclairée, plus consciente.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le malheur est que, dans le même temps, nous sommes parvenus au sommet d’une déliquescence citoyenne. Notre société est minée en une lente érosion par plus de 40 années de corporatismes, d’égoïsmes voulus, ardemment désirés par les Français de toutes origines sociales.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les effets de cette déliquescence se combinent avec l&#8217;arrivée logique de la fin d&#8217;un cycle (Cf.supra).</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ce que la presse affirme n’est plus accueilli avec recul. Les opinions de nos verbeux sont considérées comme des faits avérés, les rumeurs prennent le pas sur l’information. Les tentatives d’explications passent alors pour de laborieuses tentatives de justifications a posteriori.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La nomination des présidents de chaînes de télévision a été interprétée comme une reprise en main de la presse par le pouvoir.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">C’est vouloir oublier un peu vite la seule fois où un président de la télévision française avait été nommé contre la volonté du président de la République, à l’époque François Mitterrand.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ce président avait été poussé à la démission par des pratiques que la justice sanctionne aujourd’hui au titre du harcèlement moral (Philippe Guilhaume).</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La presse godillot, tant moquée par les médias étrangers, aurait, dit-on, connu sous Sarkozy son heure de gloire.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La presse française, avec l’unanimité d’un corporatisme primant sur toute autre considération, s’indigne de la toute puissance de Sarkozy sur les médias. Ah bon ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Mais s’il avait la haute main sur la presse, comment expliquer le déchaînement de critiques qu’il a subi durant cinq ans, médias publics ou hautement capitalistiques confondus ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">À moins de faire preuve d’une immense mauvaise foi, l’ère Sarkozy aura été celle d’un déchaînement de la parole. Il en aura été la victime principale.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La hargne idéologique de la presse à son encontre n’aura eu d’égale que sa complaisance vis-à-vis des secrets plus ou moins honteux d’un Mitterrand faisant vivre sa famille adultère aux frais du contribuable ou d’un Strauss-Kahn dont “tout le monde” (comprendre la jet-set journalistique) savait qu’il souffrait d’une grave addiction débouchant parfois sur des actes à la limite du répréhensible.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Cela ne peut pas avoir de rapport avec le fait que 95% des journalistes français se déclarent de gauche ou d’extrême gauche: ils sont journalistes, donc objectifs ! Ce doit donc être le fait d’une coïncidence&#8230;</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Si le peu d’empressement des journalistes français à poser les questions gênantes a souvent été dénoncé, les explications à cette timidité n’ont, semble-t-il, pas mérité que l’on s’interroge plus avant.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les correspondants américains, scandinaves et britanniques, par exemple, moquent souvent cette soumission médiatique au pouvoir en place. Ils ont tort car il s’agit d’une lâcheté générale et non d’un parti pris en faveur des puissants.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ne pas poser de questions qui fâchent à un homme politique pour éviter de se voir interdire l’entrée aux sauteries du clan n’empêche pas de dire les pires horreurs sur son compte s’il a le malheur de ne pas être du même bord politique que le journaliste.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>Les journalistes français sont d’abord des militants.</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ils ont la maîtrise absolue des canaux de diffusion de l’information et ils l’utilisent exclusivement pour diffuser les informations qui vont dans le sens de leur idéologie.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les confrères étrangers de nos <em>médiabobo</em> ont l’habitude d’obtenir des réponses quand ils posent des questions. Mais ils ont aussi l’habitude de ne pas confondre faits et commentaires.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">En France, il n’y a plus rien à confondre: les faits sont carrément exclus lorsqu’ils ne correspondent pas aux commentaires que souhaitent faire les journalistes !</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>Les petites affaires et les grandes</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Reste que ce quinquennat aura été marqué par des affaires dont la société se serait bien passée. Certains scandales sont avérés, d’autres révèlent une hystérie anti-sarkozienne quasi maladive.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le Fouquet ? Un cadre du parti Europe Ecologie-Les Verts, désormais sénateur, a ses habitudes dans un restaurant autrement plus onéreux.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Qui le relève, mis à part l’indispensable <em>Canard Enchainé</em> ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">L’enrichissement ? Sarkozy a déclaré son patrimoine à son entrée en fonction et il y a fort à parier qu’il n’aura pas beaucoup évolué à la hausse pendant ses cinq ans de mandat.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Pour Mélenchon, on ne sait pas: il refuse de divulguer cette information top secrète, celui qui n’aime pas les riches et envisage de leur faire rendre gorge.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les autres challengers de Sarkozy ne sont pas vraiment à plaindre non plus. Ils sont, au contraire de la majorité des Français, à l’abri du besoin, eux et leur descendance.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ils ont beau déclarer ne pas aimer les riches, ils en font partie, eux, leurs SCI et leurs biens immobiliers.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Et eux aussi ont voté, par une nuit sans lune, un projet de loi leur permettant de devenir avocats sans en passer le diplôme. Il ne faut jamais insulter l’avenir, surtout quand on a les moyens législatifs de l’influencer.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">L’une des principales adversaires de Sarkozy, Marine Le Pen, prétend défendre le peuple. Elle s’est engagé dans ce combat moins par amour de la France que pour continuer à faire fructifier l’héritage financier de Papa.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La politique est une rente. Et une rente qui rapporte. À ce niveau-là, il n’y a plus d’honnêteté, encore moins de convictions. Il n’y a que des intérêts.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>L’exemple de Karachi</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les mêmes médias qui hurlaient à la reprise en main de leurs lignes éditoriales ont fortement suggéré l’hypothèse de la responsabilité de l’actuel Président dans l’explosion du bus de Karachi.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Sans porter atteinte à la douleur des familles des ingénieurs français, est-il incorrect de dire que les coupables principaux demeurent ceux qui ont posé la bombe et non ceux qui ont stoppé ou détourné le versement de rétro commissions ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Certes, ces pratiques de captation financière sont inacceptables dans une démocratie. Mais ce dont il est question ici est le déplacement du statut de coupable.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">En cette affaire, le summum de l’indigence journalistique a été atteint.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il est plus valorisant, et surtout moins dangereux pour la santé, d’accuser plutôt que de remettre en cause les accointances des milieux islamo-affairistes avec les services secrets pakistanais.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>De piteuses interventions</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le Président a ordonné le rapatriement en France de son fils atteint d’une simple gastro-entérite.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Mais il faut avoir la mémoire courte pour oublier que le contribuable français a financé durant des années l’entretien et le logement de la fille cachée de François Mitterrand ainsi que les déplacements en hélicoptère de son père pour aller la voir ou l’emmener à Latché.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les détestables habitudes ne sont l’apanage d’aucun camp.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il a perdu son sang-froid et insulté quelques adversaires et syndicalistes. La belle affaire ! En sont-ils morts ?</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Pour autant, un Président de la République ne dit pas à un marin pêcheur « <em>descend me le dire en face si t’es un homme</em> » lorsqu’il est entouré de dizaines de gardes du corps. Cela ne fait pas honneur à la fonction.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Ces petites saillies, bien peu importantes en vérité, ont jeté un voile sur un ensemble d’actions qui doivent être portées à son crédit.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Aux sociologues Bourdieuïsants qui se demandent « <em>de quoi Sarkozy est-il le nom ?</em> », d’autres répondent « <em>dictature</em> » et « <em>fait du Prince</em> ». L’explication est un peu trop aisée pour être crédible.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>Alors, la crise ?</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Toutes les nations sont soumises à des cycles prospérité-crise qui s’étendent sur plusieurs dizaines d’années et ce, quel que soit le système politique en place.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Lorsque François Hollande clame que « <em>le changement, c’est maintenant</em> », il a tout à fait raison.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il oublie de dire que ce changement aurait eu lieu de toute manière. Et il ne se produira pas comme il le promet aux Français.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Notre faillite est certes le produit de gigantesques manœuvres spéculatives du capitalisme financiarisé mais cette causalité reste marginale, n’en déplaise aux idéologues, tribuns et autres prophètes professionnels.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Elle demeure surtout le résultat d’une lente évolution démographique et sociétale qui nous a amené des <em>Trente glorieuses</em> aux <em>Trente Piteuses</em> dans lesquelles nous vivons actuellement.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Cette évolution nous mènera peut-être vers un nouveau modèle de société. Mais ce ne sera pas sans soubresauts dont certains seront meurtriers.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le scrutin de ces 15 prochains jours ne sera pas significatif. S&#8217;il est battu, Sarkozy le sera plus par rejet de sa personne que par conviction et adhésion à une autre manière de concevoir la politique.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">L’immaturité politique des Français sera alors patente. Car ce qui se produit en France est le résultat de conjonctions qui dépassent amplement les simples querelles politiciennes nationales.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Sarkozy a failli à ses promesses. Il était surtout incapable de les tenir, non par manque de compétence ou de volonté, mais parce que la réalité du monde l’a rattrapé.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Aller « <em>chercher la croissance avec les dents s’il le faut</em> » procède certes d’une louable intention. Mais la marge de manœuvre pour la conduite d’un pays reste, droite ou gauche, d’au mieux 0.5 %.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Quel que soit le président élu le 7 mai, il n’y aura aucune période de grâce. Il faut oublier les 100 jours auxquels nous nous étions confortablement habitués.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le temps s’accélère et la gestion politique d&#8217;un pays s’accommode mal de la précipitation.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Mais cette même recherche d&#8217;immédiateté est, paradoxalement, la principale revendication des électeurs et des spéculateurs, faisant pour une fois cause commune.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il faut au moins une dizaine d&#8217;années pour mesurer les effets bénéfiques d&#8217;une quelconque politique publique mais il faut moins d’une semaine pour déclarer un Etat en faillite.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le SMIC à 1700 euros et la retraite à 60 ans, les 15 000 emplois par an dans l’Education nationale pendant 5 ans et les 150 000 « emplois d’avenir » sont autant de promesses parfaitement intenables mais dont la mise en œuvre est attendue dès Juin.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>L’automne sera sanglant pour cause de promesses non tenues.</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Il conviendrait plutôt de considérer l’avenir en termes de génération, ce qui est impossible pour une société qui a oublié l’Histoire et le nécessaire recul en privilégiant le « <em>Tout, tout de suite</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Cet axiome érigé en méthode de gouvernement depuis les années soixante a définitivement vécu et conduira à une faillite encore plus douloureuse, dangereuse.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les renonciations de Sarkozy sont à situer dans l’ivresse du pouvoir immédiat et la volonté de séduire au détriment du lien social, du « vivre ensemble » et de la solidarité. Un président de gauche ne fera pas mieux.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Si le scrutin vient confirmer les sondages, la concentration des pouvoirs sera unique dans l’Histoire de la Cinquième République. La gauche aura l’exécutif, le Parlement, et gérera la quasi totalité des collectivités territoriales. Mais il ne se trouvera aucun journaliste pour s’en indigner.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les effets de traîne des années fastes, l’argent facile, les avantages acquis, les conventions collectives, la protection sociale éclateront comme autant de bulles sans que personne ne puisse rien y faire sinon à compter les corps.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;"><strong>La gestion de la dette s’imposera à tous</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Les plus faibles paieront cher, comme jamais ils n’ont payé depuis la fin du 19° siècle. Ruinés, aux abois, affamés, ils confieront le pouvoir aux démagogues, d’extrême droite ou gauche.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Le populisme deviendra l’unique méthode de gouvernance, comme il a été le principal moteur de la campagne.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Avec ses effets induits, à savoir une violence intergénérationnelle de plus en plus sauvage, le repli sur soi et la recherche effrénée et hystérique de boucs émissaires.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La bulle principale, celle qui nous enserre depuis cette trop longue campagne du fait des Primaires PS, est sur le point d’éclater.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">La France insouciante va devoir absorber de plein fouet un choc autrement plus violent que ceux de ces cinq dernières années.</span></p>
<p><span style="font-family: Verdana;">Mais Sarkozy ne sera plus là pour servir de repoussoir.</span></p>
</div>
<p><strong><span style="font-family: Verdana;">Pierre Lefebvre &amp; Liliane Messika</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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