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Tranche de Vivre Ensemble en revenant de Goussainville

Posté le mercredi 24 janvier 2018 par sil

Seine-Saint-Denis, Gare de Goussainville. Il est 18h30 en ce dimanche où je rentre d’exploration urbaine. Il fait nuit et à ma grande surprise il y a pas mal de monde sur le quai direction Paris. Beaucoup d’Africains, des Maghrébins, quelques Européens et un groupe de Tamouls en habits de fête à côté duquel je me trouve.

Le train arrive en gare. Je monte machinalement et rejoins l’étage supérieur de la rame. Je m’installe au hasard, j’allume mon iPod, puis j’observe les passagers autour de moi en me demandant pourquoi autant de monde semble aller sur Paris en ce dimanche soir. On se croirait un lundi matin.

Question qui me taraude d’autant plus qu’à la station suivante, une nouvelle belle fournée de passagers se trouve sur le point d’embarquer. En observant les gens qui rejoignent l’étage supérieur, je remarque que le choix des places semble marqué par des motivations ethniques. Les Européens cherchent d’autres Européens auprès de qui s’assoir. Les Asiatiques évitent les Africains et les Maghrébins, pour se rapprocher des Européens. Les Maghrébins sont entre eux et les Africains aussi sauf les filles Africaines seules qui cherchent si possible la proximité des Européens qui se trouvent eux en minorité flagrante.

De station en station, non seulement le phénomène se reproduit, mais je peux dire que l’ambiance est tout sauf bon enfant. Les gens semblent, non pas seulement fermés les uns aux autres comme dans le métro parisien, mais pire, sur le qui-vive.

Le wagon étant maintenant bondé, je décide de me lever avant notre arrivée à la station « Gare du Nord » afin de faciliter ma descente à la station d’après « Les Halles ». Je parviens à me faufiler tranquillement non loin de la sortie. Notre train arrive en Gare du Nord.

Soudain je tourne la tête. Une petite mamie Gauloise peste contre un grand gaillard Noir parce que celui-ci la bouscule en descendant de l’étage supérieur de la rame. Le type, dans les 1m85, plutôt beau-gosse, très bien fringué, casque audio sur la tête, poursuit son avancée sans même s’excuser auprès de la vieille dame. Visiblement il ne veut pas rater sa sortie alors que la rame arrive à quai.

Rebelote, il bouscule de nouveau quelqu’un, une jeune femme Africaine aux traits physiques épais et simplement vêtue, qui lui rétorque « vous ne voyez donc pas que vous écrasez tout le monde, on va tous descendre de toute façon ».

Et là, scène surréaliste ! Alors que les portes du train s’ouvrent et qu’il poursuit son avancée forcée, le bellâtre Africain rétorque à la jeune femme Africaine « ferme ta gueule macaque ! ». La jeune femme est estomaquée et moi je me demande si j’ai bien entendu ce qu’il vient de lâcher. « Ferme ta gueule macaque ! »

Je n’ai pas halluciné puisqu’un jeune Noir plus frêle que l’autre mufle endimanché, l’attrape par la veste en descendant du wagon pour lui demander des comptes. L’autre se débat pour se dégager et plonge l’une de ses mains dans sa veste.

Observant la scène depuis l’intérieur de la rame, je crains un instant le pire mais au lieu d’une arme blanche, l’autre butor sort de sa veste une bombe lacrymogène avec laquelle il asperge de gaz en plein visage, à bout portant, l’autre jeune Noir, avant de s’enfuir.

Je n’en crois pas mes yeux, qui se mettent d’ailleurs à pleurer puisque des effluves de gaz lacrymogène pénètrent dans le wagon. Les gens du wagon s’éloignent des portes pour les mêmes raisons. Les gamines Tamoules dans leurs jolies robes blanches pleurent de douleur et se réfugient avec leurs parents à l’étage.

Et je reste là, quelques secondes, avant de les suivre, en me demandant ce qui peut pousser un Noir à traiter de « macaque » une jeune Noire avant d’asperger un autre jeune Noir de gaz lacrymogène…

Non mais quelle putain d’époque formidable ! Vivre ensemble, c’est cela oui !



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10 réponses à “Tranche de Vivre Ensemble en revenant de Goussainville”

  • 10
    jcdurbant:

    IN GOD WE TRUST BUT NOT EACH OTHER (Hell is other people: British study confirms Putnam)

    « There has long been an « assumption » increasing ethnic diversity in an area undermines residents’ social cohesion. On one hand our study supports this, for example where people report feeling happier when they move out of diverse areas and into neighbourhoods where they are surrounded by more people like them.(…) Increasing diversity may reduce cohesion as people simply see their neighbours as being more different to them; that they may have different values, different interests and different norms, which can hold up contact. »

    Dr James Laurence

    In fact, some studies suggest it’s too late for most Americans alive today to become more trusting. That research says the basis for a person’s lifetime trust levels is set by his or her mid-twenties and unlikely to change, other than in some unifying crucible such as a world war. People do get a little more trusting as they age. But beginning with the baby boomers, each generation has started off adulthood less trusting than those who came before them. The best hope for creating a more trusting nation may be figuring out how to inspire today’s youth, perhaps united by their high-tech gadgets, to trust the way previous generations did in simpler times. Putnam says Americans have abandoned their bowling leagues and Elks lodges to stay home and watch TV. Less socializing and fewer community meetings make people less trustful than the “long civic generation” that came of age during the Depression and World War II…

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-3451505/Britons-neighbourhoods-change-influx-migrants-happy-isolated-major-study-finds.html

  • 9
    Annika:

    Intéressant l’article JC. Personnellement je déteste le soleil et m’en cache… ce qui n’est pas facile à faire en Floride. J’ai même songé à commander un burkini pour éviter les brûlures, sauf que c’est vraiment trop moche ! Beatrice and I must be of the tribe..

  • 8
    jcdurbant:

    Oui, c’est vrai pour toute l’Asie et l’Afrique, mais pour l’Inde, on en avait effectivement eu la confirmation avec la Miss America d’il y a cinq ans:

    Une fille au teint foncé comme Nina ne serait jamais devenue Miss Inde. Au moins, elle est devenue Miss America.

    Varun Agarwal

    Mais même pour les EU, c’est apparemment pas fini comme le montrent les polémiques autour de célébrités aussi établies que Beyoncé et comme ça date pas d’hier, il y a des chances qu’il y en ait pour encore un moment …

    C’est ainsi que chacun entre dans le monde ; il n’y a que moi qui sois brûlée du soleil. Il faut que j’aille m’asseoir dans un coin, pour crier : Holà ! un mari !

    Béatrice (Beaucoup de bruit pour rien, Shakespeare, II, 1, 1600)

  • 7
    Annika:

    Hello JC! Oui j’avais entendu parler du « Brown bag », mais ça date. Depuis il y a eu « black power », « black is beautiful », « I’m black and I’m proud » – pour rendre fierté à ce groupe. J’ai découvert un attrait similaire de nos jours en Inde, où la blancheur de peau est un attribut recherché, et où des produits « whitening » sont en vente un peu partout.
    https://www.bing.com/images/search?q=indian+cream+to+whiten+skin&id=DC2A7D17812B1E5EDF39C6FE6D3A7A3B0C1D5A59&FORM=IQFRBA&PC=MOZB

  • 6
    jcdurbant:

    Quant au racisme intra-ethnique, il suffit d’aller faire un petit tour aux DOMTOM ou, pour les EU et son fameux test du sac en papier brun et sans compter les Claudette Colvin ou les Barack Hussein, relire « The Color Complex » de Kathy Russel, « The Bluest Eye » de Toni Morrison et « Don’t Play in the Sun » de Marita Golden ou revoir « School daze » de Spike Lee …

    Le test du sac en papier brun était un rituel autrefois pratiqué par certaines fraternités et sororités afro-américaines et créoles qui excluait les personnes trop foncées. Autrement dit, ces groupes interdisaient l’accès à la sororité ou à la fraternité à toute personne dont la pigmentation était plus foncée qu’un sac de déjeuner en papier, afin de maintenir une certaine perception des normes.

    Wikipedia

    https://jcdurbant.wordpress.com/2010/01/04/presidence-obama-il-est-difficile-a-un-sac-vide-de-se-tenir-debout-was-obama-victim-of-a-reverse-brown-paper-bag-test/

  • 5
    jcdurbant:

    Eh oui, Girard et Putnam (après Yeshuah ben Yosef lui-même), l’avaient prédit …

    Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.

    Jésus (Matthieu 10: 34-36)

    Ce ne sont pas les différences qui provoquent les conflits mais leur effacement.

    René Girard

    En présence de la diversité, nous nous replions sur nous-mêmes. Nous agissons comme des tortues. L’effet de la diversité est pire que ce qui avait été imaginé. Et ce n’est pas seulement que nous ne faisons plus confiance à ceux qui ne sont pas comme nous. Dans les communautés diverses, nous ne faisons plus confiance à ceux qui nous ressemblent.

    Robert Putnam

  • 4
    Annika:

    J’avais du mal à imaginer une telle insulte d’un noir à l’autre, il faut dire que les noirs américains n’appartiennent à une ethnie autre qu’ afro américaine. L’intégration à ce niveau là (entre noirs) est parfaitement réussie aux E.U. En revanche, j’observe depuis toujours cette même tendance à se séparer entre noirs et blancs, que ce soit dans les cours de récréation et les cafeterias universitaires.
    A croire que le vieux dicton est tou jours valide « Birds of a feather flock together ».

  • 3
    Sil:

    C’était hallucinant !

  • 2
    Polémos:

    Quoique vivre ça sur place, ça ne devait pas être de la rigolade. À chacun sa bombe lacrymogène maintenant et tous contre tous!

  • 1
    jugurta:

    top 🙂
    merci pour la rigolade !
















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