eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Tranche de Vivre Ensemble en revenant de Goussainville

Posted on mercredi 24 janvier 2018

Seine-Saint-Denis, Gare de Goussainville. Il est 18h30 en ce dimanche où je rentre d’exploration urbaine. Il fait nuit et à ma grande surprise il y a pas mal de monde sur le quai direction Paris. Beaucoup d’Africains, des Maghrébins, quelques Européens et un groupe de Tamouls en habits de fête à côté duquel je me trouve.

Le train arrive en gare. Je monte machinalement et rejoins l’étage supérieur de la rame. Je m’installe au hasard, j’allume mon iPod, puis j’observe les passagers autour de moi en me demandant pourquoi autant de monde semble aller sur Paris en ce dimanche soir. On se croirait un lundi matin.

Question qui me taraude d’autant plus qu’à la station suivante, une nouvelle belle fournée de passagers se trouve sur le point d’embarquer. En observant les gens qui rejoignent l’étage supérieur, je remarque que le choix des places semble marqué par des motivations ethniques. Les Européens cherchent d’autres Européens auprès de qui s’assoir. Les Asiatiques évitent les Africains et les Maghrébins, pour se rapprocher des Européens. Les Maghrébins sont entre eux et les Africains aussi sauf les filles Africaines seules qui cherchent si possible la proximité des Européens qui se trouvent eux en minorité flagrante.

De station en station, non seulement le phénomène se reproduit, mais je peux dire que l’ambiance est tout sauf bon enfant. Les gens semblent, non pas seulement fermés les uns aux autres comme dans le métro parisien, mais pire, sur le qui-vive.

Le wagon étant maintenant bondé, je décide de me lever avant notre arrivée à la station « Gare du Nord » afin de faciliter ma descente à la station d’après « Les Halles ». Je parviens à me faufiler tranquillement non loin de la sortie. Notre train arrive en Gare du Nord.

Soudain je tourne la tête. Une petite mamie Gauloise peste contre un grand gaillard Noir parce que celui-ci la bouscule en descendant de l’étage supérieur de la rame. Le type, dans les 1m85, plutôt beau-gosse, très bien fringué, casque audio sur la tête, poursuit son avancée sans même s’excuser auprès de la vieille dame. Visiblement il ne veut pas rater sa sortie alors que la rame arrive à quai.

Rebelote, il bouscule de nouveau quelqu’un, une jeune femme Africaine aux traits physiques épais et simplement vêtue, qui lui rétorque « vous ne voyez donc pas que vous écrasez tout le monde, on va tous descendre de toute façon ».

Et là, scène surréaliste ! Alors que les portes du train s’ouvrent et qu’il poursuit son avancée forcée, le bellâtre Africain rétorque à la jeune femme Africaine « ferme ta gueule macaque ! ». La jeune femme est estomaquée et moi je me demande si j’ai bien entendu ce qu’il vient de lâcher. « Ferme ta gueule macaque ! »

Je n’ai pas halluciné puisqu’un jeune Noir plus frêle que l’autre mufle endimanché, l’attrape par la veste en descendant du wagon pour lui demander des comptes. L’autre se débat pour se dégager et plonge l’une de ses mains dans sa veste.

Observant la scène depuis l’intérieur de la rame, je crains un instant le pire mais au lieu d’une arme blanche, l’autre butor sort de sa veste une bombe lacrymogène avec laquelle il asperge de gaz en plein visage, à bout portant, l’autre jeune Noir, avant de s’enfuir.

Je n’en crois pas mes yeux, qui se mettent d’ailleurs à pleurer puisque des effluves de gaz lacrymogène pénètrent dans le wagon. Les gens du wagon s’éloignent des portes pour les mêmes raisons. Les gamines Tamoules dans leurs jolies robes blanches pleurent de douleur et se réfugient avec leurs parents à l’étage.

Et je reste là, quelques secondes, avant de les suivre, en me demandant ce qui peut pousser un Noir à traiter de « macaque » une jeune Noire avant d’asperger un autre jeune Noir de gaz lacrymogène…

Non mais quelle putain d’époque formidable ! Vivre ensemble, c’est cela oui !


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