eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Journée de Jérusalem/50e: C’est en Israël que l’Europe sera battue ou gardera le droit à durer (It is in Israel that Europe will be beaten or will keep its right to its own survival)

Posté le mercredi 24 mai 2017 par Admini

https://pbs.twimg.com/media/C56JxtmU0AAE4m6.jpghttps://i0.wp.com/jewishjournal.com/wp-content/uploads/2017/05/DSC_5771.jpghttp://s2.legalinsurrection.com/wp-content/uploads/2017/04/IDF-soldiers-reenact-iconic-1967-photo-in-April-2017-e1493562247362.pngAttention: une ironie peut en cacher une autre !

En cette journée où Israël fête le 50e anniversaire de sa réunification …

Au lendemain après la trahison des années Obama …

De la première visite de son lieu le plus sacré par un président américain en exercice …

Et où se confirme chaque jour un peu plus face à la barbarie islamique …

L’israélisation de fait d’une Europe toujours plus aveugle et toujours plus désarmée …

Alors qu’après la véritable farce électorale que l’on sait …

L’on continue à fustiger en France comme si de rien n’était …

Le parti qui avait si obstinément préservé …

Derrière les questions qui fâchent …

Tant les racines que les symboles de la nation …

Comment à nouveau ne pas voir …

La cruelle ironie …

Pointée contre toute attente il y a justement 50 ans par rien de moins qu’un ex-pétainiste …

De la perpétuation par une nation vouée par tous à la disparition …

De toutes les formes de souveraineté et d’identité …

Dont n’avaient jusqu’ici que faire …

Tant la chrétienté que l’Europe ?



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15 réponses à “Journée de Jérusalem/50e: C’est en Israël que l’Europe sera battue ou gardera le droit à durer (It is in Israel that Europe will be beaten or will keep its right to its own survival)”

  • 15
    jc durbant:

    As an Arab, I am embarrassed by the Six-Day War

    I am embarrassed that we started the war in the first place. An unnecessary war that followed 19 years after another unnecessary war that we also lost. I am embarrassed that we let hatred drive our decision to go to war. I am embarrassed that we did not take Israel’s offer right after the war to make peace in exchange for land. I am embarrassed that since then, Egypt’s and Jordan’s realization of the foolishness of war was not matched by the rest of the Arab world, particularly my own country of Lebanon. I am embarrassed that we never made a single credible comprehensive offer of peace to Israel. I am embarrassed that still today, 69 years after our first war against Israel, we still use the Palestinians as pawns in our war of hatred. I am embarrassed that instead of denouncing the hatred, much of the world has joined with us in attacking the Jews’ right to self-determination. I am embarrassed that I, and the few other Arabs who stand up to hatred, cannot do much more than speak up, and that we have not moved to action even our fellow Arabs who live comfortably in the West. I am embarrassed as a citizen of the West because we pay lip service to Israel but we cannot provide substantial support to Israel, for example against the Arab attempts to rewrite the past and erase the Jewish history of Jerusalem. I am embarrassed that we in the West are too beholden to Arab dictators to even take the symbolic step of recognizing that Jerusalem is an indivisible part of Israel. I am embarrassed to ethnically belong to a group that thrives on hatred and to geographically belong to a group that appeases haters. I am embarrassed to belong to a human race that has learned nothing from the lessons of the past and that continues to let antisemitism fester and grow. I am embarrassed that I cannot write these words in an Arab publication or even in a mainstream Western publication because hatred and appeasement are too strong.

    Fred Maroun

    http://blogs.timesofisrael.com/as-an-arab-i-am-embarrassed-by-the-six-day-war/

  • 14
    jc durbant:

    It was annihilation, stupid ! (Let’s stop the ahistoric occupation nonsense !)

    In June 1967 Arab leaders declared their intention to annihilate the Jewish state, and the Jews decided they wouldn’t sit still for it. For the crime of self-preservation, Israel remains a nation unforgiven. Unforgiven, Israel’s milder critics say, because the Six-Day War, even if justified at the time, does not justify 50 years of occupation. They argue, also, that Israel can rely on its own strength as well as international guarantees to take risks for peace. This is ahistoric nonsense. On June 4, 1967, the day before the war, Israel faced the fact that United Nations peacekeepers in Sinai, intended as a buffer with Egypt, had been withdrawn at Cairo’s insistence; that France, hitherto Israel’s ally, had imposed an arms embargo on it; and that Lyndon Johnson had failed to deliver on previous American assurances to break any Egyptian blockade of the Israeli port of Eilat (…) before we fall prey to the lazy trope of “50 years of occupation,” inevitably used to indict Israel, let’s note the following: There would have been no occupation, and no settlements, if Egypt and its allies hadn’t recklessly provoked a war. Or if the “international community” hadn’t fecklessly abandoned Israel in its desperate hours. Or if Jordan hadn’t foolishly ignored Israel’s warnings to stay out of it. Or if the Arab League hadn’t arrogantly rejected the possibility of peace. A Palestinian state would most likely exist if Arafat hadn’t adopted terrorism as the calling card of Palestinian aspirations. Or if he hadn’t rejected the offer of a state 17 years ago. Or if he hadn’t renounced his renunciation of terror. A Palestinian state would also most likely exist if Arafat’s successor, Mahmoud Abbas — now in the 13th year of his elected four-year term — hadn’t rejected it again nine years ago, and if Gazans hadn’t turned their territory into a terrifying model of Palestinian statehood, and if the United Nations didn’t treat Hamas’s attacks on Israel as a nuisance but Israel’s self-defense as a crime against humanity. (…) The Middle East doesn’t need another failed state in its midst. Israel doesn’t need another Hamastan on its border. Palestinians in the West Bank don’t need it over their heads. In 1967 Israel was forced into a war against enemies who then begrudged it the peace. Egypt, at least, found its Sadat. The drama of the Six-Day War will close when Palestinians find theirs.

    Bret Stephens

    https://www.nytimes.com/2017/06/02/opinion/six-days-and-50-years-of-war.html

  • 13
    jc durbant:

    « Le MO se met semble t il à l’heure de Trump et personne à l’Immonde n’a vu venir….. Lol!!!!! »

    Et oui, comme quoi, les éléphants dans les magasins de porcelaine et surtout après huit ans d’immobilisme d’Hussein, ça peut se révéler utile !

    Voir Rioufol:

    Donald Trump, le zozo de service selon le camp du Bien, mène contre le terrorisme islamique une politique aux effets spectaculaires. Ce lundi, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahrein et les Emirats arabes unis ont, tour à tour, annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce partenaire de la France est accusé de « soutien au terrorisme », dont Al-Qaïda, l’Etat islamique et les Frères musulmans. Lors de son discours du 21 mai à Riyad (Arabie saoudite), tenu devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans, le président américain avait invité à vaincre « l’extrémisme islamiste », alimenté notamment par l’Iran, selon lui. Trump avait incité à la création d’une « coalition de peuples qui se liguent pour éradiquer le terrorisme ». Il avait mis les leaders musulmans devant leur responsabilité. « Chassez (les terroristes) de vos lieux de culte, de vos terres sacrées, de vos communautés et de vos territoires ». L’Arabie saoudite, berceau du salafisme, se serait-elle soudainement convertie à la tolérance ? Le doute reste de mise pour l’instant. Néanmoins, cet engagement de quatre pays musulmans à vaincre la violence djihadiste met fin à la négation du lien entre l’islam et le terrorisme mené au nom d’Allah. Ce mensonge sert de prétexte commode en Europe, et surtout en France, à exonérer l’islam de toute responsabilité et de tout effort de réforme. La bonne nouvelle est d’observer un réveil venu de musulmans eux-mêmes. Parions que la trumpophobie médiatique, cette autre pensée unique, aura du mal à admettre que Trump a marqué un point important dans l’incitation à la lucidité face aux dérives de l’islam politique. Ce matin, sur Europe 1, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré parler « d’assassins et de voyous » pour désigner les trois britanniques islamistes qui ont une nouvelle fois attaqué Londres, samedi soir (7 morts, 50 blessés), au nom de l’Etat islamique. (…) En France, les yeux restent clos devant la contre-société qui se consolide dans les cités, au risque de constituer demain une nation dans la nation, si ne n’est déjà le cas. Cette évolution démographique et identitaire devrait être au cœur des préoccupations politiques. Il n’en est rien avec Emmanuel Macron, qui ne voit la France que comme une addition de communautés bienveillantes. Vendredi, après la décision de Trump de se retirer des accords de Paris sur le climat, le président français a déclaré : « La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’homme tout entier. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique ». La posture consensuelle est facile. En France, les Frères musulmans, jugés terroristes par l’Arabie, l’Egypte, Bahrein et les Emirats, se portent bien, merci.

    Ivan Rioufol

  • 12
    Zoubor:

    Mercator mes parents m’affirmaient que c’etait a Paris! Je demanderai a mon pere a ma prochaine visite: à 90 berges et veuf il a encore le souvenir bien pointu et il court encore les femmes a la recherche du troisieme amour de sa vie – donc je suis sur qu il se souvient de certaines legendes où les fées ne sont pas celles que l’on a l’habitude de croire…

  • 11
    Zoubor:

    Mon 10 est en attente

  • 10
    Zoubor:

    J’ai vu sur Face Book il y a qlqs jours un article du Monde commençant par les mots que Trump n’a pas de politique etrangere determinee et le critiquant immediatement apres sur ses decisions au G7 etc.. En bref une « analyse » a la Le Monde qui dit une chose et son contraire ds la meme phrase… Lol!!!

    En fait qlqs jrs apres le passage du président US ds la région, l’Arabie Saoudite et autres pays du Golfe annoncent hier la rupture de leur relations avec le Quatar!
    Le Quatar quant à lui expulse de son territoires les grosses pointures du Hamas
    Abou Mazen – Abbas- annonce aujourd’hui l’arrêt du payement des salaires des terroristes libérés d’Israel contre Guilad Shalite….
    Le MO se met semble t il à l’heure de Trump et personne à l’Immonde n’a vu venir….. Lol!!!!!

  • 9
    jc durbant:

    BEGIN AT THE BEGINNING, THE KING SAID… (Trump: Recognize Israel first !)

    http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/230165

    https://twitter.com/usegal/status/868878543039721472

  • 8
    MERCATOR:

    Mon cher Zoubor, la pute à la jambe de bois c’était selon mon pauvre père une fille qui tapinait au quai de la Fosse à Nantes dans les années 30 et qui avait un succès énorme auprès de tous les fétichistes de la région .

    En ce qui concerne la Mena et la clique qui va de tsadik à l’ineffable Milliere ils sont devenus complétement branquignols, j’ai souvenance d’un article paru le 9 mai de cette année se référant à la tentative russe de déstabiliser notre president et valant son poids de cacahouètes, ces gens sont fous,je prédis que les israéliens en jouant la carte Trump, vont au devant de graves déconvenues, ce mec est un psychopathe narcissique sans culture historique,disant tout et son contraire au grès de ses pulsions, à fuir d’urgence !

  • 7
    Zoubor:

    Et tous ces médias de droite juifs qui nous serinent à propos de « coopération » des pays du Golfe persique et producteurs de pétrole avec Israel, ts ces Mena et jss à la con….
    Quant à la France, Autriche et autres, le déculottage aux grands bordels internationaux, c’est pathétique – comme la pute à la jambe de bois qui aurait été la plus demandée, parait il, par le petit peuple et les bourgeois parisiens fin des années quarante….

  • 6
    jc durbant:

    SURPRISE: UNE NOUVELLE RESOLUTION CONDAMNANT ISRAEL ! (Et devinez comment la France de Macron a voté ?)

    https://www.unwatch.org/syria-co-sponsors-resolution-targeting-israel-health-occupied-syrian-golan/

    http://www.lemondejuif.info/2017/05/haine-de-letat-juif-a-lonu-france-de-macron-vote-resolution-designe-israel-lunique-violateur-monde-droits-a-sante/

  • 5
    jc durbant:

    Citation plus complète de l’article de l’ancien pétainiste Boutang sur la Guerre des six jours:

    L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer. (…) En quoi, pourquoi Israël est-il l’Europe ? Certes par l’origine de ceux qui ont bâti son État, imposé les conditions du rassemblement de son peuple. Mais cela ne suffirait pas, si l’Europe historique, d’où étaient revenus ces revenants, n’avait été elle-même modelée sur l’histoire du peuple hébreu, n’avait repris la mission du peuple de Dieu dans une « chrétienté ». La couronne du Saint Empire portait l’effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France – avant Bossuet, de l’aveu même de Machiavel – était « tirée de l’écriture sainte », et les nations, jusque dans l’hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l’obéissance au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. L’échec final de la Chrétienté en Europe, et de sa « mission » sur les autres continents, rendant apparemment vaine la diaspora, la dispersion du peuple juif, permettant à de modernes empires de prétendre que la croix elle-même avait été vaine, restituait nécessairement aux Juifs leur charge originelle, l’idée de cette charge, transformée par l’aventure de vingt siècles. Échec déjà évident autour de la première guerre mondiale qui justifia la première entreprise sioniste, mais combien plus éclatant et terrible avec la seconde et l’entreprise démoniaque du germanisme hitlérien. Toute l’Europe en fut victime, mais nul peuple, nulle communauté comme les Juifs ; s’ils avaient espéré que l’échec du Christ et de la Chrétienté les libérerait, les assimilerait, si les « libéraux » ou « révolutionnaires », parmi eux avaient contribué puissamment à cet échec selon le monde, bref s’ils étaient souvent restés « Juifs charnels » selon Saint Paul, à mesure que les chrétiens le devenaient, l’atroce massacre désabusait à jamais les survivants, autant que les chrétiens antisémites : la croix gammée avait bien élevé sa prétention abominable contre la croix du Christ, et c’est d’un même Dieu, le Dieu judéo-chrétien qu’elle avait proclamé la mort, avec un sérieux pratique supérieur à toutes les mythologies du marxisme ou de l’existentialisme athées. La création de l’État d’Israël fut la seule rançon, la seule création positive répondant à l’horreur infinie de la seconde guerre mondiale. Cette guerre finalement « victorieuse », libérant quelques-unes des nations opprimées, consacrant ou renouvelant la servitude de beaucoup d’autres, n’a symboliquement et directement produit que cette liberté-là. Elle a donné aux « Européens » qui avaient le plus souffert de l’entreprise contre ce qui restait de la Chrétienté (paradoxalement aux Juifs qui, dispersés, étaient, dans la vraie conception du monde ancien, une part significative de cette Chrétienté, même quand ils étaient persécutés par elle), le droit à exister comme État et dans l’histoire. Oui l’Europe qui avait, par la première guerre mondiale, perdu sa primauté réelle, devait, par la seconde, en perdre jusqu’aux restes et aux apparences. Et les perdre au profit de deux images d’elle-même accomplies en cauchemar, des deux puissances issues de deux « diasporaï » de l’ancienne Chrétienté, celle des « pères fondateurs » de l’Amérique, pèlerins du Mayflower, et celle des prophètes de la révolution accomplissant, ou abolissant, leur rêve dans la nouvelle Russie. Quelque puissance limitée, au niveau des nations, et quelque ferment de son ancienne grandeur selon l’esprit, lui restaient ; mais non comme Europe, et nullement comme effet de la « victoire ». L’unique nouveauté qui eût son visage, qui ressemblât à ses douleurs, qui réunît ses espérances, ce fut Israël. L’extraordinaire (hors d’un ordre chrétien qui n’avait pas réussi à modeler l’histoire, mais fidèle à l’origine même de cet ordre) n’était pas demeuré impossible. Et les chrétiens de nos antiques nations ne pouvaient voir en ce retour une contradiction à leur espérance en la conversion finale du dernier Juif, qui doit précéder la « parousie » : d’abord parce que l’État d’Israël ne rassemblerait jamais tous les Juifs ; ensuite parce que la nature fondamentalement théocratique de cet État, son enracinement dans le sacré, en dépit de toutes les grimaces laïques et démocratiques, constituaient par eux-mêmes une sorte de « conversion », et une promesse de retour à la source première, où la naissance et le Christ ne s’opposent pas, mais fondent ensemble la « nation », pour les autres peuples enracinés dans l’histoire chrétienne.

    Pierre Boutang (1er juin 1967)

    A comparer avec la version du grand résistant de Gaulle et sa légendaire myopie qui lui fait refuser si mesquinement de « donner son aval », à « l’installation » du « peuple fier et sûr de lui » dans un « quartier de Jérusalem dont il s’était emparé »:

    L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est.

    Charles De Gaulle (nov. 67)

    Voir aussi la version des nouveaux historiens français se lamentant eux-aussi de la perte de leur colonie franco-algérienne « rasée » par les méchants juifs voulant récupérer leur foutu mur des lamentations:

    La fin des mandats français en Syrie et au Liban ne marque pas pour autant la fin de la politique de protection « impériale » des Lieux saints, chrétiens mais aussi musulmans, au Proche-Orient. Au nom de la souveraineté qu’elle exerce sur l’Algérie, la France revendique ainsi jusqu’en 1962, au pied du mur des Lamentations, l’administration du Quartier maghrébin à Jérusalem. (…) Depuis Alger et Paris en 1962, déplaçons-nous donc vers Jérusalem dans les années 1950 pour comprendre comment s’y est joué un épisode décisif et méconnu de la politique arabe et musulmane de la France, mais aussi de ses rapports avec Israël et les diasporas juives. Vu depuis la Palestine alors jordanienne, il est clair en tout cas que la France possède des droits incontestables sur ce petit quartier de la Ville sainte : « Situation de la colonie maghrébine de Jérusalem, la France délègue sur place un fils d’Algérie pour étudier la situation », titre ainsi le quotidien Falestin le 12 août 1955, en tête d’un long reportage consacré à Hadj Lounis Mahfoud, professeur d’arabe au collège de Sétif, en visite à Jérusalem, « venant d’Arabie saoudite après y avoir effectué son pèlerinage », pour préparer un rapport sur la gestion de cette fondation franco-algérienne destinée à secourir, loger et soigner les ressortissants maghrébins de passage ou résidant dans la Ville sainte. Si la France s’est effectivement retrouvée en position de gérer ce quartier stratégique de la Ville sainte, c’est bien en raison de la souveraineté qu’elle exerce alors sur l’Algérie, puisque la fondation pieuse musulmane propriétaire du quartier a été créée à la fin du XII e siècle par un descendant d’un mystique soufi algérien, Abû Madyan ou Sidi Boumédiène, compagnon d’armes de Saladin lors de la reprise de la ville aux croisés en 1187. C’est précisément en 1949 que le consul de France à Jérusalem a saisi une opportunité géopolitique inattendue : à l’issue de la première guerre israélo-arabe, le waqf Abû Madyan perd la quasi-totalité de ses revenus fonciers suite à la conquête par Israël du village d’Ain Karem, situé à 5 kilomètres à l’ouest des murailles de la Vieille Ville, donc à l’intérieur des frontières d’Israël internationalement reconnues. La France, puissance souveraine en Algérie, peut donc reprendre sous son aile protectrice cette portion des Lieux saints située en territoire jordanien, en espérant pouvoir en retirer des bénéfices diplomatiques dans le cadre de la guerre larvée que se livrent Israël et la Jordanie le long de la ligne de démarcation qui coupe Jérusalem en deux : « Pouvons-nous espérer tirer profit du fait Abou Médiane ? C’est là l’affaire du gouvernement. À mon humble échelon toutefois, il est permis de penser que notre singulière position au mur des Lamentations ne devrait pas nous être inutile », écrit le consul de France à son ministre le 6 juillet 1949, avec « copie à Alger, Tunis, Rabat, Amman »… et au « Professeur Massignon ». Louis Massignon est effectivement la cheville ouvrière de cette brève séquence historique (1949- 1962) pendant laquelle la France administrait ce quartier de Jérusalem qui commandait l’accès au mur des Lamentations. Figure éminente de l’orientalisme français, membre de l’Académie de langue arabe du Caire, professeur au Collège de France, ardent chrétien mais farouche défenseur de « l’amitié francomusulmane», fondateur du « Comité chrétien d’entente France-Islam », et en 1954 en Bretagne du «pèlerinage islamo-chrétien des Sept Dormants d’Éphèse », « honorable correspondant » des services de renseignements français pour le Proche-Orient depuis qu’il est entré dans Jérusalem le 11 décembre 1917 aux côtés du général britannique Allenby, Massignon défend, dans ses courriers adressés à tous les échelons de la diplomatie française, le « mandat sacré de la France » vis-à-vis des Maghrébins de Jérusalem, élément décisif selon lui d’une politique étrangère qui doit s’affirmer non seulement « arabe » mais également « musulmane », pour démontrer aux Algériens tentés par l’indépendance que la France se préoccupe concrètement de leurs intérêts, y compris à l’extérieur de leur territoire. (…) Le sens de l’histoire, pourtant, ne souffle plus du côté de Massignon et de « l’amitié francomusulmane» : en mai 1961, quelques semaines après le putsch des généraux, le gouvernement général de l’Algérie se montre de plus en plus dubitatif sur les effets réels de la position française défendue à Jérusalem pour tenter de « contrebalancer l’influence que le FLN a su s’assurer sur la colonie algérienne en Palestine ». La rupture se confirme à l’automne 1961 : alors que le Quai d’Orsay affirmait encore en juillet que l’abandon du Quartier maghrébin causerait un « préjudice moral irréparable » aux intérêts français « dans le monde arabe et en particulier en Afrique du Nord […] jusqu’à nous soupçonner d’avoir été de connivence avec Israël », le massacre des manifestants algériens dans Paris dans la nuit du 17 octobre 1961 creuse un fossé désormais infranchissable entre les intérêts français et les intérêts algériens, fussent-ils défendus au nom de la « France protectrice des Lieux saints musulmans ». En février 1962, quelques jours après le massacre de Charonne, la France abandonne la défense des intérêts algériens à Jérusalem. Malgré les efforts du premier « haut représentant de la France en Algérie » Jean-Marcel Jeanneney au cours de l’hiver 1962-1963, le nouvel État algérien indépendant ne reprend pas le dossier à son compte et renonce à s’impliquer dans la défense de ses ressortissants à Jérusalem. Le waqf Abû Madyan est désormais privé de toute protection juridique internationale. Quatre ans plus tard, en juin 1967, à l’issue de la guerre des Six Jours et de la conquête de Jérusalem, le Quartier maghrébin est évacué par l’armée israélienne et rasé en quarante-huit heures pour dégager ce qui est aujourd’hui l’esplanade du Mur occidental, considéré comme le lieu le plus sacré du judaïsme. La célèbre formule prononcée par de Gaulle six mois plus tard, lors d’une conférence de presse du 27 novembre 1967, à propos des « juifs […], peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », peut-elle être aussi interprétée à l’aune de cette histoire méconnue ? Peut-être, surtout si on prend la peine d’écouter la totalité de son intervention, dans laquelle il indique « qu’une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde », et, dans une étrange formule à propos des rapports entre la France et Israël, « nous ne donnions pas notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé ». Le verbe gaullien a ceci de prodigieusement puissant et exaspérant : il peut énoncer sans l’exprimer tout à fait, par l’emphase d’une formule alambiquée, une certaine idée de la France et du monde.

    Vincent Lemire (in L’Histoire mondiale de la France, sous la direction de Patrick Boucheron, 2016)

  • 4
    jc durbant:

    « Le jeune soldat au milieu des trois est devenu gynéco: c’est lui qui a assité ma deuxième moitié à accoucher de notre ainé! » …

    C’est bien Yitzhak Yifat ?

    Le monde est décidément bien petit ! (d’ailleurs, j’aurais tellement voulu avoir aussi les souvenirs de Michael – qui nous manque terriblement ! – sur ce moment historique si important de l’histoire d’Israël et du monde)

    Voir:

    When the reporter asks whether they realized right away that they were standing at the Kotel, Oshri explains that it was difficult to make sense of where they were because at the time there was only a narrow 4 meter corridor separating the Kotel from the nearby Arab houses and buildings. He notes that as newcomers to the area, it was the “first time we had ever entered there”:

    Karasenti said that it was only when the Israeli flag was raised over the Kotel that they had a “sign” that the IDF had indeed captured the “real thing.”

    He added that after two days of battle, they were all tired and sweaty but “when we walked down the stairs and saw the stones of the Western Wall, a lot of the guys started crying. It was a precious thing. It’s hard to even describe it.”

    Beyond the meaningful recollections of that fateful moment, it’s touching to see that three men have remained good friends over the years.

    As noted in our prior post, despite finding themselves shoulder-to-shoulder on that momentous day in June 1967, Karasenti, Oshri and Yifat came from very different walks of life.

    So there’s little reason to expect that they would’ve remained close.

    In fact, during the interview they appear to have some political disagreements—of the three, Yifat is more left-of-center and a harsh critic of Israeli settlements in Judea and Samaria/the West Bank. Yifat and Karasenti even get into a brief argument over the ‘occupation’

    http://legalinsurrection.com/2017/04/three-israeli-paratroopers-reenact-their-iconic-1967-western-wall-liberation-photo/

    Voir également:

    Karasenti, Oshri, and Yifat described to Channel 2 News how they, as 20-something reserve duty soldiers, inadvertently became the symbol of a nation fulfilling a 2,000 year dream.

    “There were snipers everywhere, especially from overhead. They could have thrown a grenade on us and finished us,” Karasenti recalled of the battle for the Jerusalem holy site.

    Since none of them had ever been to the Western Wall, which had been under Jordanian rule since 1948, they admitted that, at first, nobody was really sure they had even captured the “real thing.”

    “Everyone talked about the Kotel [Western Wall] all the time, but we were new and we had never been there. That day was the first time any of us had ever been there,” Oshri said.

    At the time there was only a narrow corridor separating the Western Wall of the Temple Mount from the nearby houses and buildings of the Old City.

    “When they [our colleagues] raised the flag over the Western Wall, that was our sign,” Karasenti said.

    “After the 48 hours of battle, we were tired and sweaty, our uniforms were dusty and bloodied, but when we walked down the stairs and saw the stones of the Western Wall, a lot of the guys started crying.

    “It was an extraordinary thing, its hard to describe,” Karasenti said.

    It wasn’t until after the war was over that the three men realized the picture of them taken by legendary photographer Rubinger had become famous worldwide.

    “After the war, my neighbor who was a brand new immigrant from Poland, came running out to show me that my photo was in the Polish newspapers. I was shocked,” said Yifat.

    “We did become a symbol of our strength,” Yifat said.

    Karasenti said he too was surprised to see it on the front page of the Haaretz daily the following week.

    “I showed it to my girlfriend at the time, I couldn’t believe it, I told her ‘look, someone took our picture!’”

    To many, the 50th anniversary of Israel’s victory in the Six Day War — in which Israel captured the West Bank, Gaza Strip, Golan Heights and the Sinai Peninsula –is a bittersweet one. It represents half a century since the Old City and other historic Jewish sites returned to Jewish hands, but also half a century of Israeli military rule over the Palestinians.

    Asked about the dual nature of the jubilee, the men appear to be as divided as Israeli society.

    “There is something to be said for that [calling the image the start of the tragedy of the state of Israel] Yifat said. “I don’t believe that we should be ruling over another nation.”

    “How can you say that as an Israeli who fought for something after 2,000 years of longing?” Karasenti shot back. “We returned the heart of the Jewish people to this land.”

    Retorted Yifat: “What am I supposed to tell my grandchildren? That there will be war every year?”

    Despite their political differences, the three men, now in their 70s, say they have remained close friends over the years.

    As Karasenti, Oshri, and Yifat approached the wall to take a picture this week, a passerby stopped the three to thank them.

    “All of the people that are here right now are only here because of you,” this man said. “It’s you, and all of the other soldiers who fought then. This is all thanks to your courage and your faith. So again, thank you so much.”

    http://www.timesofisrael.com/50-years-later-soldiers-remember-iconic-six-day-war-photo/

    http://reshet.tv/item/news/domestic/sixdaywar-258786/

  • 3
    Annika:

    Congratulations Zoubor !!

  • 2
    Zoubor:

    Le jeune soldat au milieu des trois est devenu gynéco: c est lui qui a assité ma deuxième moitié à accoucher de notre ainé!

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous.

    Eric Hoffer

    Israël est détruit, sa semence même n’est plus.

    Amenhotep III (Stèle de Mérenptah, 1209 or 1208 av. JC)

    Je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais.

    Mesha (roi de Moab, Stèle de Mesha, 850 av. J.-C.)

    J’ai tué Jéhoram, fils d’Achab roi d’Israël et j’ai tué Ahziahu, fils de Jéoram roi de la Maison de David. Et j’ai changé leurs villes en ruine et leur terre en désert.

    Hazaël (stèle de Tel Dan, c. 835 av. JC)

    Je les planterai dans leur pays et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, dit L’Éternel, ton Dieu.

    Amos (9: 15)

    Israël est l’incarnation pure et simple de la continuité juive : c’est la seule nation au monde qui habite la même terre, porte le même nom, parle la même langue et vénère le même Dieu qu’il y a 3000 ans. En creusant le sol, on peut trouver des poteries du temps de David, des pièces de l’époque de Bar Kochba, et des parchemins vieux de 2000 ans, écrits de manière étonnamment semblable à celle qui, aujourd’hui, vante les crèmes glacées de la confiserie du coin.

    Charles Krauthammer

    Un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir” et “un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur” qui “en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement dans certains pays et à certaines époques” …

    Charles De Gaulle (nov. 67)

    Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic.

    Raymond Barre (le 3 octobre 1980, TFI, suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic, 4 morts, 20 blessés)

    « c’était des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et y a 3 Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs. Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français.

    Raymond Barre

    Je constate qu’après la formation de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux. Ils ont pris les maisons, les terres des Palestiniens.

    Abbé Pierre (1991)

    Qui eût pu penser à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’après les siècles d’humiliation et de déni, l’affaire Dreyfus, le ghetto de Varsovie, Auschwitz, les descendants et héritiers de cette terrible expérience feraient subir aux palestiniens occupés humiliations et dénis? Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur?

    Edgar Morin (1997)

    Ce n’est pas une politique de tuer des enfants.

    Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)

    Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là?

    Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de « petit pays de merde », Londres, décembre 2001)

    La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers.

    Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)

    Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran.

    Villepin

    Ce que je crois, c’est que cette plaie permanente infecte effectivement notre politique étrangère.

    Barack Obama (2008)

    Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres.

    Jean-Luc Mélenchon

    Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale …

    Michel Rocard (Al Ahram, 2006)

    Il existe une idéologie d’une force, d’une vigueur implacable, parce qu’insidieuse, parce qu’innommée, qui fait que les débats qui gênent le plus et qui tournent tous autour de la question islamiste, autour de l’Islam, autour de l’immigration, sont placés sous le tapis. Il est invraisemblable que quelques mois après les attentats terroristes qui ont eu lieu en France, les questions terroriste et migratoire n’aient pas été évoquées dans la campagne électorale. Le surmoi handicapant est tellement grand que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral et patriotique à évoquer ces sujets régaliens a préféré évoquer des sujets économiques qu’elle maîtrise moins bien et qui passionnent infiniment moins son propre électorat. Je ne l’incrimine pas. J’incrimine la pensée idéologique qui fait que quand vous êtes dans un débat important devant des journalistes, si vous évoquez ce genre de thèmes, c’est considéré un peu comme saugrenu ou malséant. (…) Sans doute que beaucoup ont pensé que c’eût été rendre service à des gens qu’on n’aimait pas que d’évoquer cette question-là, à savoir que, oui, Sarah Halimi a été torturée avant d’avoir été assassinée et défenestrée par un musulman radical antisémite qui l’avait déjà insultée. Sa sœur également avait insulté Sarah Halimi qui craignait beaucoup Traoré. Croyez-moi que s’il c’était agi d’un blond aux yeux bleus, la France entière serait descendue dans la rue. On aurait également eu droit à des rapprochements historiques totalement incongrus. Mais il s’agissait d’un musulman issu de l’immigration. Donc il n’était pas question d’évoquer cette question. (…) Là, nous sommes en plus dans une phase habituelle de psychiatrisation de l’assassin qui n’est pas en prison. Celui dont je vous parle reçoit des visites. C’est forcément un geste insensé de s’en prendre à une vieille dame et de la massacrer pendant une heure. Il n’y a pas de doute que c’est insensé, comme est purement insensé l’assassin islamiste, enfin très probablement islamiste, de Manchester d’aujourd’hui. À ce moment-là, il faut dire que tout terroriste islamiste prêt à sacrifier sa vie ou sa liberté est déclaré d’office irresponsable pénalement. Ça sera encore plus clair ! (…) Totalement désarmé ! Y compris sur le plan moral, y compris même sur le plan de l’instinct de conservation. Mais l’opinion publique française n’est pas responsable de cela. L’opinion publique française est très, très réceptive à ce que je viens de vous dire. Mais comme elle est mise dans le vent, comme on lui montre ce qu’on veut bien lui montrer et qu’on lui cache et qu’on lui dissimile ce qu’il n’est pas question et qu’il n’est pas séant de lui montrer, comment voulez-vous qu’elle y soit sensible ? Il n’y a donc pas de raison que ça ne continue pas, aucune raison!

    Gilles-William Goldnadel

    Le politiquement correct, conforté par l’élection d’Emmanuel Macron, est en pleine forme. Construit dans le but de protéger les nouvelles minorités et plus particulièrement la culture islamique en Europe, ce prêt-à-penser s’interdit toute approche critique. Faire le lien entre l’insécurité dans le quartier parisien La Chapelle-Pajol et l’afflux de migrants depuis 2015 relève du blasphème. Il est également inconcevable, pour les commentateurs comme il faut, de suggérer une relation entre le sexisme dénoncé par ces femmes du XVIIIe arrondissement et le machisme véhiculé par le Coran (voir mon blog de lundi). Quant au terrorisme, qui a tué cette fois des enfants et des adolescents de Manchester (Angleterre) venus assister, lundi soir, à un concert d’Ariana Grande (22 morts, 60 blessés), il n’est pas question, pour le discours dominant, de le rapprocher de l’esprit guerrier qui marque de son empreinte de nombreuses sourates. L’Etat islamique a revendiqué l’attentat, commis par Salman Abedi, 22 ans, britannique d’origine libyenne. Mais le chef de l’Etat français se contente de parler de « nos ennemis terroristes », sans être plus précis. Il dit vouloir accélérer la création d’une « task force » sous son autorité. Il a aussi annoncé, ce mercredi, sa volonté de légiférer pour « renforcer la sécurité face à la menace terroriste ». Toutefois, ces réponses resteront vaines si n’est pas posée la responsabilité de l’idéologie islamiste, conquérante et totalitaire. Se contenter de répéter que le djihadisme serait le produit de sociétés occidentales discriminantes, cette tarte à la crème du conformisme médiatique, invite les démocraties culpabilisées à se soumettre à une contre-culture s’affirmant comme « la meilleure communauté qu’on a fait surgir pour les hommes », et à y perdre leur âme. L’urgence est moins de moraliser la vie politique que de moraliser l’islam politique. Quand Donald Trump, dimanche à Riyad (Arabie saoudite), exhorte ce pays qui a des liens financiers avec Daesch à lutter contre les extrémistes (« Chassez-les, chassez-les de vos lieux de culte, chassez-les de vos communautés (…) chassez-les de cette terre »), il met les musulmans de paix devant leurs responsabilités. Comme le souligne également Pascal Bruckner dans Le Figaro de ce jour, la réponse au terrorisme « repose sur la capacité des musulmans à réformer leur religion ». L’islam doit faire le ménage dans son idéologie. Cette politique impliquerait une dénonciation du wahhabisme, du salafisme, des Frères musulmans, mais aussi de l’islamo-gauchisme et de sa presse collaboratrice (Médiapart, Bondy Blog, Libération, Les Inrockubtibles, etc.) C’est cette voie que le pouvoir devrait soutenir, au lieu de nier les filiations entre l’islam, l’islamisme, le sexisme, l’antisémitisme, le terrorisme.

    Ivan Rioufol

    Chaque fois qu’une attaque terroriste inqualifiable frappe des victimes innocentes, nous nous plaignons et faisons le vœu de renforcer les mesures de sécurité et de prendre d’autres mesures de prévention. Mais nous ne réalisons pas la responsabilité de nos amis et alliés dans l’encouragement, la motivation et l’instigation au terrorisme. Si nous voulons avoir une chance de contenir le terrorisme, nous devons nous attaquer le problème à la racine. Ni la pauvreté, la privation, le désespoir ou l’une des autres raisons invoquées pour présenter comme un acte de désespoir le terrorisme, n’expliquent et encore moins justifient ce dernier. Tout sauf ça. Beaucoup de terroristes, comme les participants du 11 septembre sont instruits, riches, et ont même réussi. Ils ont réfléchi en prenant leur décision, en pesant les coûts et avantages que représentent pour eux d’assassiner des civils innocents, et ce pour une raison très simple: ils croient que le terrorisme fonctionne. Et malheureusement, ils ont raison. La communauté internationale récompense le terrorisme et punit en même temps ceux qui tentent de le combattre avec des moyens raisonnables. Tout a commencé par la décision de Yasser Arafat et d’autres groupes terroristes palestiniens d’utiliser la tactique du terrorisme comme moyen prioritaire pour mettre la cause palestinienne au centre de l’attention du monde. En ce qui concerne les réalisations et les échecs de la cause palestinienne, ce statut est immérité. Le traitement des Tibétains par la Chine, les Kurdes par une grande partie du monde arabe et le peuple de la Tchétchénie par la Russie était au moins aussi mauvais. Leur réponse aux abus, cependant, a été largement ignorée par la communauté internationale et les médias parce qu’ils étaient à la recherche de solutions dans le cadre législatif, et non sur le terrorisme. La situation des Palestiniens est tout autre. Le détournement d’avions, l’assassinat des athlètes olympiques à Munich, le meurtre d’enfants israéliens dans Ma’alot et les nombreuses autres atrocités terroristes commises par des terroristes palestiniens trouvent leur cause dans des préoccupations toutes autres de celles de la communauté des droits de l’homme. Bien que les Palestiniens ne disposent pas encore d’un Etat – parce qu’ils ont refusé des offres généreuses de deux fois un Etat – leur cause domine encore l’Organisation des Nations Unies et de nombreux groupes de défense des droits de l’homme. D’autres groupes dissidents ont puisé leur inspiration dans le succès du terrorisme palestinien et reprennent l’utilisation de ces tactiques barbares. Ainsi, l’Autorité palestinienne – même si elle prétend rejeter le terrorisme – récompense les familles des kamikazes et autres terroristes avec des rémunérations d’autant plus étendues en fonction du nombre de victimes innocentes. Si l’auteur du massacre de Manchester avait été palestinien, et si l’attentat avait eu lieu dans une salle israélienne, l’Autorité Palestinienne aurait payé la famille du terroriste une petite fortune pour l’assassinat de tant d’enfants. Il y a un nom pour désigner ce phénomène qui pousse les personnes et les organisations à payer d’autres pour le meurtre de civils innocents: donner des subventions pour assassiner. Si la mafia récompense pour le meurtre de ses adversaires, personne n’ose sympathiser avec elle. En revanche, un leadership palestinien qui procède de la même manière est reçu et honoré dans le monde entier. Ainsi, ces terroristes palestiniens sont glorifiés par l’attribution de leur nom à des parcs, des stades, des rues et autres lieux publics après les meurtriers en masse d’enfants. Notre « allié » Qatar a financé le Hamas, que les États-Unis considèrent comme une organisation terroriste. Les Nations Unies glorifient le terrorisme en apportant des pays qui le soutiennent dans les postes de bureau et de la dignité et de recevoir le parrain du terrorisme à bras ouverts. De l’autre côté, il y a Israël, dont les efforts pour lutter contre le terrorisme avec des moyens raisonnables et juridiques en font un leader mondial en ce domaine, et qui est pourtant attaqué par la communauté internationale plus que tout autre pays. Aux Nations Unies, les promoteurs du terrorisme sont mieux traités que leurs adversaires. Ainsi des tactiques du mouvement Boycott et Désinvestissement (BDS) contre Israël, qui illustrent cet état de fait : les actions de boycott sont dirigées uniquement contre Israël et non contre les nombreuses nations qui soutiennent le terrorisme. Tant qu’il porte ses fruits, le terrorisme continuera à sévir. Quand on parle de fruits, il peut s’agir simplement de réussir à obtenir l’attention. Ou alors de réussir à recruter. Ou encore, comme cela est arrivé dans de nombreux pays européens, le terrorisme conduit à des concessions. Certains pays européens souffrant actuellement du terrorisme ont libéré des terroristes palestiniens. Entre autres, l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Allemagne : les terroristes palestiniens ont été libérés dans l’espoir d’être épargnés par les attaques dans leur propre pays. Les tactiques égoïstes et immorales de ces pays n’ont pas échappé aux terroristes, pour lesquels ils deviennent de ce fait des cibles intéressantes.

    Alan Dershowitz

    Celebrating my birthday in Manchester as news of the Manchester Arena bomb broke. The anger is monumental. For what reason will this ever stop? Theresa May says such attacks « will not break us », but her own life is lived in a bullet-proof bubble, and she evidently does not need to identify any young people today in Manchester morgues. Also, « will not break us » means that the tragedy will not break her, or her policies on immigration. The young people of Manchester are already broken – thanks all the same, Theresa. Sadiq Khan says « London is united with Manchester », but he does not condemn Islamic State – who have claimed responsibility for the bomb. The Queen receives absurd praise for her ‘strong words’ against the attack, yet she does not cancel today’s garden party at Buckingham Palace – for which no criticism is allowed in the Britain of free press. Manchester mayor Andy Burnham says the attack is the work of an « extremist ». An extreme what? An extreme rabbit? In modern Britain everyone seems petrified to officially say what we all say in private. Politicians tell us they are unafraid, but they are never the victims. How easy to be unafraid when one is protected from the line of fire. The people have no such protections.

    Morrissey (23 May 2017)

    In the months before weeping little girls with nails in their faces were carried out of the Manchester Arena, the authorities of that city were hard at work fighting the dreaded threat of Islamophobia. While Salman Abedi, the second-generation Muslim refugee terrorist who maimed and killed dozens in a brutal terrorist attack, stalked the streets wailing, “There is no god but Allah and Mohammed is the messenger of Allah”, Manchester police were busy with more important things. The Greater Manchester Police are one of only two police forces to list Islamophobia as a hate crime category. (…) This is what led to the Manchester Arena bombing. Mayor Burnham sold out the police. The police sold out the people. The authorities were chasing Islamophobia when they should have been fighting Islamic terror. Mayor Burnham and Chief Constable Hopkins pandered to Islamists, prioritized Islamophobia and dutifully opposed the government’s fight against Islamic terror. The Islamophobia lie killed 22 people in Manchester. It happened on the watch of the GMP. No one takes Islamophobia more seriously than the Greater Manchester Police. When Muslim sex grooming gangs were abusing little girls in Rochdale, the GMP dutifully covered it up. On one of the recorded interviews, a police officer can be heard yawning as a girl describes her abuse. An MP who had pursued these cases said that the authorities “were afraid of being called racist. »

    Daniel Greenfield

    L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer.

    Pierre Boutang (1er juin 1967)

    Le lien de Boutang avec Israël, c’est le lien non seulement avec l’origine du christianisme, mais aussi avec l’origine comme telle, qu’il faut sans cesse reconquérir. Quand on prétend faire face au terrorisme islamiste, on ne peut pas se contenter d’invoquer la République, il faut remonter aux sources de la civilisation occidentale, à ses sources juives et chrétiennes, qui fondent l’idée d’une société. Pour Boutang, cela impliquait de désobéir à Maurras, qui défendait l’héritage catholique sans prendre au sérieux la spiritualité.

    Olivier Véron

    Antisémite de ­culture, auteur de textes et de gestes où suintait la haine des juifs, Boutang a fini par considérer que le nouvel esprit du sionisme prenait le relais d’une chrétienté défaillante. Alors que l’Europe politique devenait une construction supranationale, Boutang regardait Israël avec tendresse, car à ses yeux cette nation perpétuait les formes que l’Europe abandonnait : un État souverain, un peuple en armes, une identité millénaire. (…) Cinquante ans plus tard, alors que des figures de droite, comme l’ancien ­ministre de la défense Hervé Morin, appellent à « israéliser » la France en termes sécuritaires, les textes de Boutang nourrissent les arguments de [ceux qui prônent une nouvelle alliance judéo-chrétienne (…) Et de fait, qu’il ait pensé la filiation, le pouvoir ou la civilisation, à chaque fois Boutang a relancé l’héritage de Maurras dans une forme d’infidélité fidèle qui ne pouvait le laisser en paix (…) Aujourd’hui, alors que les idées de cette famille politique ont à nouveau le vent en poupe, certains de ses enfants sont tentés de ­renouer avec Maurras. Mais son nom est définitivement ­associé à l’aventurisme impuissant et à la collaboration sanglante. Désireux de se rebrancher sur cette tradition sans avoir à en assumer les erreurs et les compromissions, les nouveaux réactionnaires se tournent parfois vers Boutang, ce fils qui a mis à mort un père aimé et défaillant… pour mieux maintenir en vie sa famille.

    Jean Birnbaum

    Dégrisés une bonne fois, après cette douloureuse session électorale déboulant sur l’inconséquent plébiscite d’un programme et d’un homme contraires à tout ce qu’ils jurent vital, nécessaire et bénéfique, les partisans de Pierre Boutang, catholiques nationalistes sionistes, se sentent à nouveau pris au dépourvu, comme la cigale du conte : après cinq ans de vaillants et assez joyeux combats idéologiques, étant donné le choix politique engendré par éliminations successives et réduit par tous les moyens même légaux, ils se demandent eux aussi : vers qui irions-nous ? (…) face à la montée de l’islamo-progressisme (…) L’évidence de la forme nationale bâtie par les nations chrétiennes d’Europe (gréco-hébraïques) ayant été abusivement mise en cause par deux guerres mondiales suicidaires et par les productions idéologiques concomitantes, c’est en Israël, et avec Israël que l’homme européen des nations sera sauvé, ou vaincu (…) La désuétude trompeuse de la nation a plus que jamais trouvé dans l’expérience singulière de la nation juive, depuis les siècles de la Bible, sa justification, son modèle et son avenir immédiat, sa pierre de touche. C’est pourquoi cinquante ans après La guerre de six jours et la réunification de Jérusalem, les livres de Boutang n’invitent pas à replonger dans le sommeil, mais à La (vraie) Politique, la politique considérée comme souci, puis à Reprendre le pouvoir.

    Olivier Véron
















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