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Présidentielle 2017: Pour une droite enfin de droite (Au moment où elle quitte momentanément la vie publique, la plus jeune députée de la Ve République livre son manifeste politique et prend date pour l’avenir)

Posté le mercredi 17 mai 2017 par Admini

Le nouveau président de la République Emmauel Macron a paradé sur les Champs-Élysées à bord d'une command car de l'armée, dimanche.

Attention: une jeunesse peut en cacher une autre !

A l’heure où avec le plus jeune président de la Ve république …

A la fois, à 20 ou 25 ans près, Blair ou Clinton français …

Voire Obama blanc et maitre du brouillage des cartes et du mélange des genres …

Nos médias tentent avec les déluges de louanges que l’on sait de nous faire oublier …

La véritable confiscation de vote, entre coup d’Etat légal et fatwa prétendument républicaine, que nous venons de subir …

Comment ne pas voir …

Avec la plus jeune et probablement la plus lucide de nos députés …

Au moment où elle se met momentanément et peut-être bientôt littéralement en retrait de sa famille politique …

Face à ces élites qui refusent à tous les frontières résidentielles, sociales ou scolaires qu’ils ont subtilement rétablies pour eux-mêmes …

Et qui imposent aux Français les problèmes dont leur argent et leurs privilèges leur permettent de se préserver …

Que la seule solution pour redonner espoir à ces 60% de Français que la nouvelle élection laisse de côté …

Ne peut passer comme la candidature Fillon ne l’avait hélas qu’esquissé …

Que par l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires ?

Admini @ 14:19
Catégorie(s): Pendant ce temps-là, en France


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23 réponses à “Présidentielle 2017: Pour une droite enfin de droite (Au moment où elle quitte momentanément la vie publique, la plus jeune députée de la Ve République livre son manifeste politique et prend date pour l’avenir)”

  • 23
    jcdurbant:

    LE MACRONISME, C’EST LE FN ET L’ISLAMISME DU FRANCAIS SURCLASSE

    « L’islamisme, c’est le FN du musulman déclassé. »

    Hakim El Karoui

  • 22
    jcdurbant:

    MARION’S BACK !

    https://www.valeursactuelles.com/monde/marion-marechal-le-pen-prononcera-un-discours-au-cpac-la-conference-de-la-droite-americaine-93023

  • 21
    jc durbant:

    En fait, je parlais de son passage au 2e tour et j’ai arrondi mais à 466 000 voix près, il arrivait 2e devant Marine et derrière Macron, mais en fait ça aurait probablement été des voix prises à Macron qui n’aurait alors probablement pas viré en tête …

  • 20
    MERCATOR:


    Mme Marine LE PEN 7 679 493
    M. Emmanuel MACRON 8 657 326
    M. François FILLON 7 213 797

    Votre délire mon cher Jean Claude vous fait dire n’importe quoi, où avez vous vu 400000 voix de différence? moi j ‘en compte un million quatre cent mille de plus en faveur de Macron !

  • 19
    jc durbant:

    « Il y a des décantations qui sont des clarifications. Il est des divorces qui sont des délivrances pour ceux qui restent »…

    Intéressante analyse de Buisson, même si bien sûr je suis pas entièrement d’accord avec son explication de la défaite de Fillon qui, pour moi, même s’il était effectivement dès le départ plombé par la non-résolution du hiatus entre les deux droites et le refus de la droite-bobo de le soutenir (sans parler du souverainiste Dupont-Aignant), passait, à 400 000 voix près, sans le coup d’Etat juridico-médiatique des prétendues affaires …

    En revanche, il a raison de pointer, pour la droite conservatrice, à la fois la nécessité et la chance de la clarification en cours avec la réunification des deux parties prétendument « progressistes » de la gauche et de la droite (bon débarras, les Juppé, Le Maire, NKM & co !) qui est en train de se réaliser autour du petit marquis poudré …

    Emmanuel Macron apparaît comme la figure emblématique de cette nouvelle classe dominante qui aspire à substituer à tous ceux qui proposent un salut hors de l’économie – religion ou politique – la seule vérité de l’économie. Tout ce qui n’est pas de l’ordre de l’avoir, toutes les visions non utilitaristes de la vie en société relèvent pour elle de l’angle mort. Le parti de l’économisme, c ‘est celui de l’interchangeabilité qui cherche à réduire en l’homme tous les particularismes et toutes les appartenances (nation, famille, religion) susceptibles de faire obstacle à son exploitation en tant que producteur ou comme consommateur. C’est le parti des «citoyens du monde», des «forces du flux d’information, de l’échange et de l’immigration» célébrés par Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook lors de son discours aux diplômés d’Harvard le 25 mai dernier. (…) Un système où l’économie commande l’organisation de la société est incapable de produire du sens. Sous couvert d’émancipation des individus, l’économisme a surtout œuvré à leur soumission croissante au règne de la marchandise et de l’ego consacrant, selon la formule d’Emmanuel Mounier, la «dissolution de la personne dans la matière». La crise morale que nous traversons montre que l’homme réduit à l’économie ne souffre pas simplement d’un mal-être mais d’un manque à être. Elle est le fruit amer d’une malsociété, excroissance maligne de l’incomplétude d’une société exclusivement consumériste et marchande. «On ne tombe pas amoureux d’une courbe de croissance», proclamait l’un des rares slogans pertinents de 68. N’en déplaise aux médiagogues, il y a de moins en moins de monde pour croire que l’identité d’un pays se ramène à son PIB et que la croissance peut opérer le réenchantement du monde. (…) [L’élection présidentielle] aura été l’occasion d’une magistrale, et peut-être décisive, leçon de choses. La droite républicaine et le Front national ont fait la démonstration chacun à leur tour – François Fillon au premier et Marine Le Pen au second – qu’ils étaient l’un et l’autre, sur la base de leurs seules forces électorales, dans l’incapacité de reconquérir ou de conquérir le pouvoir. L’élimination de Fillon dès le premier tour fut tout sauf un accident, indépendamment des affaires dont on l’a accablé. Elle s’inscrit dans un lent et inexorable processus de déclin qui a vu la droite de gouvernement passer de 49 % au premier tour de la présidentielle de 1981 à 27 % en 2012 et à 20 % le 23 avril dernier. Faute d’avoir su opérer, comme ce fut le cas en 2007, une nécessaire clarification idéologique, la droite ne peut plus se prévaloir du bénéfice automatique de l’alternance. Elle a perdu l’élection imperdable. On ne voit pas pourquoi ni comment elle ne pourrait pas perdre les élections qui viennent. Faute d’avoir su construire une offre politique crédible, le FN est, lui aussi, dans l’impasse. Il reste ce qu’il a toujours été: un épouvantail, le meilleur allié du système qu’il prétend combattre, son assurance-vie. C’est à partir de ce double constat partagé qu’une refondation est possible. (…) Le conservatisme est l’outil intellectuel qui permet d’échapper à ce processus de décivilisation (…) Je crois, comme Marcel Gauchet, qu’un grand mouvement conservateur est naturellement désigné pour être, selon sa formule, «l’alternative au moment libéral économiste» que nous vivons. Emmanuel Macron a choisi de se faire le champion du camp des progressistes au moment où la promesse fondatrice du progrès-croyance – à savoir l’assurance absolue d’une amélioration inéluctable, générale et universelle – a échoué sur la question du bonheur. L’indicateur de cet échec, on le trouve dans l’explosion de la production, du trafic et de la consommation de drogue comme dans la croissance exponentielle de la consommation de psychotropes qui représente en France, selon une récente étude de la Cnam, 13% des soins remboursés par l’ Assurance-maladie. Ces chiffres expriment le décalage entre le bonheur promis et le bonheur réel dans notre société. Le seul vrai progrès est aujourd’hui de pouvoir douter du progrès. Le conservatisme est l’outil intellectuel qui permet d’échapper à ce processus de décivilisation. Je n’en connais pas de meilleure définition que celle qu’en a donné Ernst – Erich Noth: «Nous avons à concilier la tâche temporaire de la politique qui passe et la mission éternelle de l’intelligence ; mais cela n’est possible que par une subordina tion de la matière à l’esprit, de l’actualité à la continuité.» (…) S’il était encore possible au milieu du siècle dernier d’accoler les deux vocables de libéral et de conservateur, leur accouplement relève aujourd’hui de l’oxymore, tant la fracturation intervenue depuis est d’ordre à la fois métaphysique et anthropologique. La Manif pour tous a fait apparaître, en 2013, une césure radicale entre une droite conservatrice – ce que j’ai appelé un populisme chrétien -, qui proclamait le primat du sacré sur le marché, et une droite libérale-progressiste, acquise au principe d’illimitation et à l’abaissement du politique au niveau de la gouvernance économique. Cette droite-là est en marche vers Emmanuel Macron, qui est en train de réussir à la fois la reconstitution de l’unité philosophique du libéralisme en illustrant à la perfection la complémentarité dialectique du libéralisme économique et du libéralisme culturel, mais aussi la réunification des libéraux des deux rives, comme le fit au XIXe siècle l’orléanisme, déjà soucieux de constituer un bloc central en coupant, selon la recette réactualisée par Alain Juppé, «les deux bouts de l’omelette». Soyons reconnaissants à Macron de son concours bénévole, même s’il n’est pas franchement désintéressé. De grâce, que personne ne retienne les Républicains «constructifs» qui se bousculent déjà pour le rejoindre. Rien ne sera possible sans cette rupture fondatrice. Il y a des décantations qui sont des clarifications. Il est des divorces qui sont des délivrances pour ceux qui restent.

    Patrick Buisson

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/06/09/31001-20170609ARTFIG00074-patrick-buisson-emmanuel-macron-ne-peut-pas-etre-en-meme-temps-jeanne-d-arc-et-steve-jobs.php

  • 18
    jc durbant:

    Le chantage au danger réactionnaire paralyse les perspectives de rénovation

    Emmanuel Macron a réussi un coup de maître en court-circuitant la primaire socialiste où s’est enlisé Valls. Il plaît aux jeunes générations en donnant une impression de parler-vrai, tout en incarnant une promesse de tolérance illimitée (le slogan «en marche» est un écho aux marches pour les droits civiques). Ce souffle de renouveau repose sur l’idée naïve d’un dépassement des faux débats. Le risque d’immobilisme est majeur, car l’absence de fermeté dans les convictions signifie que l’on n’a pas aiguisé sa réflexion. N’y a-t-il pas, chez Macron, une part d’esbroufe qui ressemble à celle de Richard Descoings ou du politicien espagnol Alberto Rivera? (…) Parce que les routines se parent du drapeau du changement. Et que le chantage au danger réactionnaire paralyse les perspectives de rénovation. Le renforcement du pouvoir exécutif qui caractérise la Ve République a été différé de plusieurs décennies à cause du spectre du coup d’État de Napoléon III. Semblablement, nous sommes aujourd’hui en faillite parce que le spectre du FN dissuade, depuis 40 ans, d’affronter les ponctions que le fonctionnarisme et l’immigrationisme font peser sur les finances publiques. (…) Plane effectivement chez nous le spectre d’une guerre civile froide. L’idée de retrancher du corps social des factions qui seraient indignes d’en faire partie. Dans l’entre-deux-guerres, notre pays a connu une éclipse quasi totale de la pensée libérale, conservatrice ou sociale-démocrate, au profit des idéologies totalitaires. Cette puissance d’attraction du communisme et du fascisme a promu des habitudes de malhonnêtetés intellectuelles graves. Le mensonge, la dissimulation et le refus des faits sont, chez l’intellectuel français, comme une seconde nature. (…) l’un dans l’autre, je pense qu’en France les élites sont en roue libre, avec un système de connivence, d’opacité et d’hypocrisie. De Mitterrand à Macron, en passant par DSK, les élites se délectent des questions d’alcôve, mais clouent le bec au bon peuple en lui disant «qu’on s’en fout!». (…) La gauche s’arroge le beau rôle et préempte la bonne place. Elle fait honte à la droite et l’oblige à refuser, non seulement une alliance avec l’extrême droite -ce qui est parfaitement défendable- mais à refuser tout «appoint» circonstanciel de voix d’extrême droite qui «mêlerait» les voix, ce qui, comme l’observe un politologue de la Belle Époque, est absolument contraire à tous les usages parlementaires. En obligeant finalement la droite à protester sans cesse de son éthique et à déclarer qu’elle n’a aucune proximité d’idées avec l’extrême droite, la gauche opère un travail de sape qui désarme son adversaire en grignotant une à une ses positions. (…) Les penseurs libéraux antitotalitaires de l’entre-deux-guerres préconisaient, au contraire, d’adopter, en les adaptant, les bonnes initiatives des régimes qu’ils combattaient: bousculer par exemple les routines des corps établis, accepter l’idée d’un exécutif fort ou de pouvoirs temporairement accrus. Car vouloir prendre le contre-pied systématique d’une idée fausse découle d’un esprit de système qui ne mène nullement à la vérité. Comme l’observe finement un penseur d’alors: «Tout ordre est un équilibre. Les meilleurs sentiments y peuvent créer un désordre réel si licence leur est donnée de se porter à leur paroxysme, et d’en étouffer d’autres qui ne sont ni moins bons ni moins profitables à l’organisme social». (…) Au XIXe siècle, prédomine la coupure entre les blancs, les bleus et les rouges ; au XXe siècle, c’est le clivage gauche-droite. Le clivage de l’avenir sera fonction de l’indice de satisfaction devant ce que j’ai appelé la «démocratie téléchargeable». (…) De façon sous-jacente, perdurent des modes de pensée ou des structures rhétoriques visant à écarter les faits dérangeants. Depuis un siècle, par exemple, les intellectuels sectaires utilisent un argument, greffé sur plusieurs idéologies successives, que j’appelle de «commisération psychanalytique». Cela vise à insinuer que le contradicteur est quelque peu psychorigide, à des manies, regarde les choses par le petit bout de la lorgnette, etc., bref, est en proie à des sortes de phobies. Cette logorrhée «scientifiante» empêche de considérer des hypothèses de toujours de la condition humaine: possibilité de corruption des élites, de décadence des civilisations, de déclin économique, d’abus de pouvoir des oligarchies, de monopolisation de la parole par des coquins, de captations de rentes de situation par des profiteurs… La «controverse du sens commun» est toujours d’actualité. (…) Tocqueville et Raymond Aron ont démontré que l’état social démocratique étouffe toute velléité factieuse ou subversive. En revanche, on observe une tendance à la désobéissance citoyenne, voire à la sécession civique. Beaucoup de gens ressentent plus ou moins confusément l’idée que quelque chose ne tourne pas rond. Lorsque, par exemple, 90 % des parisiens votent pour un même candidat, cela montre qu’une certaine sociabilité ne promeut pas la diversité des opinions, la complexité des questions et l’émancipation des intelligences du qu’en-dira-t-on et de la propagande.

    Marc Crapez

  • 17
    jc durbant:

    Même Rioufol se maréchalise !

    Qui comprend la droite ? Elle oscille entre collaboration et opposition. Devant cette offre aussi mouvante et imprécise, elle va payer cher, aux législatives, son refus de s’interroger sur elle-même. Dans un sondage Kantar Sofres publié ce mercredi par Le Figaro, La République en marche obtiendrait la majorité absolue avec 320 à 350 députés. En intentions de vote, le mouvement présidentiel récolterait 31% des suffrages, contre 18% pour LR, 17% pour le FN et 12 % pour La France insoumise. Mobilisée naguère par ses attaques contre le hollandisme, la droite n’a pas vu que son propre pacte fondateur, conclu il y a 15 ans, ne reposait que sur du sable et des mensonges de convenance. Je ne compte plus les invitations ici lancées pour aller vers un divorce et une refondation. Divorce : celui entre la droite honteuse, fascinée par un progressisme moralisateur à courte vue, et la droite assumée, soucieuse de lier la modernité à des préservations du passé. Refondation : celle d’un large mouvement libéral, conservateur et social qui puisse aborder les problèmes liés à l’endettement de la France et à la compétitivité des entreprises, les protections dues aux plus faibles, mais aussi les sujets interdits posés par une immigration qui refuse de s’intégrer, un islam politique conquérant, un conformisme consensuel émollient. Faute d’avoir été pensé, ce grand parti conservateur reste à construire, pour équilibrer le parti progressiste qui s’apprête à rafler la mise. Ce parti unique qui s’annonce est une anomalie qui ne peut perdurer.

    Hormis le libéralisme, qui peut être partagé par le camp d’en face, la vision présidentielle d’une société communautarisée et inclusive, ouverte aux minorités et à leurs discriminations positives, mérite une opposition structurée et argumentée. D’autant que, sur l’islam, l’intérêt du président semble marginal. « Macron a montré au cours de la campagne présidentielle qu’il ne connaissait pas le problème numéro un de la France », écrit l’écrivain Boualem Sansal à ce propos, dans Le Figaro de mardi. Reste à savoir qui saura prendre l’initiative de ce grand rassemblement, qui devrait s’ouvrir à tous ceux qui refusent la disparition de la nation une et indivisible. Vu la guerre de tranchées entre LR et le FN, la solution devra dépasser ces partis obsolètes. En tout cas il est aisé d’imaginer, sur le papier, faire travailler ensemble des Wauquiez, Guaino, Dati, Morano, Dupont-Aignan, mais aussi des Hortefeux, Copé, Bertrand ? Et pourquoi pas Marion Marechal Le Pen ? Quant à Baroin, qui redoute la « droite scrogneugneu », j’ai comme un doute…Et vous, qu’en pensez-vous ?

    Ivan Rioufol

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/05/comment-reconstruire-une-vraie.html

  • 16
    jc durbant:

    Bertrand lui aussi prend date pour l’extrême-centre ! (un vrai trou de souris!)

    “Il faudra une clarification sur la ligne politique et stratégique après les législatives. Il faut que la droite redevienne elle-même et qu’elle arrête de se positionner par rapport aux résultats du FN ou par rapport à la bien-pensance. »

    Xavier Bertrand

    Une position plutôt centrale qui, après la décision de François Baroin de ne pas briguer la tête du parti au prochain congrès à l’automne, pourrait avoir son importance …

    http://www.valeursactuelles.com/politique/bertrand-le-projet-den-marche-presente-des-vrais-dangers-83902

  • 15
    jc durbant:

    Mais bon sang, c’est bien sûr: la modernité qu’on attendait depuis si longtemps contre… le prurit identitaire, le poison mental et la saleté idéologique !

    Et sans compter, naturellement, l’obsession de l’islam irréductible à la France !

    Nous sommes dans une économie ouverte, où les talents bougent. Ouvrez les yeux. Dans un monde ouvert, il faut être lucide! La France sans le CAC 40, c’est l’Espagne ! Si on vit mieux chez nous, c’est aussi grâce à nos grandes entreprises. Nous ne redresserons pas notre économie sans elles. (…) Je m’en moque de qui m’applaudit ou pas. Je parle du pays où on vit. On peut décider d’avoir un régime soviétique dans un seul pays, ça ne marche pas !»

    Emmanuel Macron

    La recomposition n’est que politique. Elle existe pour porter un agenda, et existe pour cet agenda: accomplir, en France, la mue sociale-libérale, ou libérale-sociale, ou libérale, ou de flexi-sécurité auquel le système politique s’est toujours dérobé, alors même que cette évidence est devenue hégémonique dans les cercles des pouvoirs. Quand Edouard Philippe nostalgise sur l’occasion manquée de Jacques Chirac, il nous compare, sans le dire, à l’Allemagne; réélu la même année que Chirac, le chancelier social-démocrate Schröeder transforma à la hussarde le système social allemand, dans une séries de lois, «agenda 2010», inspirées par un ancien DRH de Volkswagen, qui rendirent aux allemands une flexi-prospérité, tissée de plein-emploi global et d’incertitudes individuelles. Quand on parle des réformes manquées par la France, on pense à Shröeder. C’est ainsi, en gros. Edouard Philippe ne dit pas tout, mais on saisit le projet. Les ordonnances qui se préparent doivent être l’équivalent, en France, des réformes Schröeder, quinze ans après. En gros. Dans l’esprit. Toutes choses égales par ailleurs. La recomposition est l’outil de cet accomplissement. Il nous fallait ça.

    Chez nous, les réformes libérales (sociales-libérales, libérales-sociales, de flexi-sécurité, whatever, juste name it et n’y revenons plus) se sont opérées jusqu’ici imparfaitement, dans la douleur et le malentendu. Initiées par la droite, elles se polluaient de jactance mauvaise, sentant trop la revanche des classes aisées contre les salopards, et les gauches mécaniquement freinaient le processus, dans le verbe ou dans la rue. Venues de la gauche, elles n’osaient pas dire leur nom, et, sous Hollande ou Valls, se perdaient dans les règlements de comptes internes à la social-démocratie cocufiée (ou accomplie), et la droite, confite en méchant sectarisme, regardait l’ennemi se perdre en se trahissant.

    Ainsi le PS hollandais s’opposait en congrès à la réforme des retraites de 2003, et puis sabotait, par ses jeunes, qui seraient ensuite les gardes roses de Hamon, les tentatives villepinistes d’assouplir le marché du travail en faveur des jeunes générations. Ainsi la droite ne leva pas le petit doigt à l’assemblée pour construire un consensus sur la fameuse Loi macron, et préféra souligner les reculades de la loi El Khomri que ses avancées (on parle de son point de vue).

    Il faut revenir à l’origine du macronisme. C’est dans le blocage de sa loi que Macron a décidé de s’affranchir des codes d’un monde déjà mort. C’est dans le refus de Hollande et de Valls d’aller à marche forcée, ensuite vers une grande loi d’urgence économique, qu’il avait soupesé ce que valaient ses amis d’alors: des vélléitaires, politiciens, conservateurs, qui n’oseraient pas, se gargariseraient de discours pour ne pas accomplir leur tâche. La droite ne valait pas mieux, qui n’avait pas osé être d’accord, publiquement, avec ce qu’elle approuvait. Les hystéries du 49.3, en 2015, témoignaient simplement du blocage manœuvrier du vieux système. On y avait vu des sarko-centristes dissuader leurs parlementaires de concourir à la réforme, pour acculer le pouvoir à la faute. Belle réussite.

    Prendre Edouard Philippe, démontrer publiquement qu’on est de la droite, aussi bien que de la gauche, c’est la réparation qu’offre le Président au ministre qu’il fût. C’est la revanche et l’antidote à l’échec politique de la Loi Macron. Pourquoi s’en étonner? Macron avait tenté en vain, au parlement, sur quelques dizaines d’élus de droite, ce qu’il accomplit désormais avec Philippe. Lors d’une discussion au Sénat, à propos d’un dispositif de «suramortissement des investissements productifs industriels», l’alors ministre s’était un peu fait plaisir, célébrant le capital et titillant les gauches

    Emmanuel Macron prolonge des lignes; il accomplit ce que Giscard ne sut faire, qui aurait tant aimé agréger des socialistes à ses libéraux, et concrétise ce que Mitterrand mima, dans son ouverture cosmétique, sous le gouvernement Rocard, et solidifie ce que le même Rocard, en dépit des ruses de son président, tentait dans les discussions parlementaires. Il aboutit les modernités de la Fondation Saint-Simon, qui naquit en 1982, quand il était enfant. Un projet européen, une démocratie sociale rénovée…

    C’est magnifique, ou pervers, si l’on pense que ces réformes sont le masque d’une simple revanche du capitalisme sur un siècle et plus de régulations. C’est en tous cas attendu. Cela éclaircit les clivages. Depuis le temps que la gauche et la droite étaient fracturées, en interne, sur le modèle social à réinventer et sur l’ouverture au monde, il ne s’agissait que d’entendre la logique. Macron et Philippe se contentent d’être eux-mêmes. La difficulté conceptuelle du Premier ministre à se définir «de droite», évoquant un attachement aux libertés dont chacun peut faire son miel, témoigne du monde enfoui. Ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre. S’en extasier est une habitude politicienne. Ils n’ont rien fait qu’acter une évidence. L’urgence les a aidé. Les fronts du refus du libéralisme et de l’Europe composent une petite moitié de l’électorat. La séparation politicienne entre droite ouverte et gauche réformiste est un luxe artificiel. Macron et Philippe vont accomplir le programme commun de Rocard et Giscard, au moment où celui-ci est menacé comme jamais.

    A cette aune, les absents ont tort. La droite qui n’y va pas est idiote et le parti socialiste absurde. Et l’absurdité comme l’idiotie peuvent devenir deux formes de suicide, si la France sociologiquement acquise ou résignée au social-libéralisme, valide le pouvoir. Le PS chougnant à Edouard Philippe pour se réinventer une nécessité, feint d’ignorer qu’il gouverna cinq ans selon les canons du juppéo-rocardisme, et eut gagné à le revendiquer. La droite rage de voir son utilité politique préemptée par d’autres; elle n’est, dans sa séquence Baroin, qu’un syndicat d’élus gagnés par l’obsolescence, qui s’échine à conserver son existence bureaucratique; disons autrement: ses places, l’assiette au beurre de ses bruyants inutiles. Tout ceci est curieux pour des gaullistes, qui nient le primat de l’élection présidentielle, et absurde pour des libéraux-centristes, dont les idées, au pouvoir depuis si longtemps, sont désormais assumées par un chef d’État. Ils n’y vont pas. C’est dommageable.

    Elle peut aussi, cette droite, ne pas s’en remettre, ou s’abandonner à ses penchants les plus laids. Le prurit identitaire, l’obsession du passé, la grande exaltation de Clovis et de nos racines et l’obsession de l’islam irréductible à la France, a envahi le discours politique, parce qu’il fallait distraire salement une opinion à qui on ne disait rien, sur la vérité sociale et ce que les pouvoirs comptaient en faire. Aussi bien le buissonisme de Sarkozy, le républicano-laïcisme de Valls, le conservatisme néo-maurrassien de Fillon –gaulliste libéral égaré par l’ambition– furent des prétextes, des poisons mentaux, que l’on a instillés à l’opinion, aux médias, au débat public, parce qu’il était plus simple de déblatérer sur nos décadences que d’expliquer l’économie, et d’en tirer les conséquences.

    La seule chose qui puisse séparer les Républicains de Macron et Philippe, nonobstant l’envie, c’est cette saleté idéologique qu’une Nadine Morano ou un Laurent Wauquiez agiteront pour se croire exister. Nos racines, et sus au Sarrasins. Cela existera, forcément. La droite, en se ralliant à Macron, qui lui ressemble, peut s’éviter cette disgrâce. Elle est libre, et aussi de parier sur le pire, et d’en disparaître. En se macronisant, la gauche accomplit sa mue libérale. S’il elle se macronisait, la droite mettrait un terme à sa dérive pré-fasciste. Les mots sont parfaitement pesés.

    Il y aura des opposants à Macron, à Philippe. Heureusement. Ils seront indignes, ou de bonnes raisons. Ils seront sans doute syndicalistes, qui n’admettront pas un bouleversement social né d’une simple certitude technocratique, imposé pour son bien à la société. Ils seront politiques, chez les tenants, sincères ou de calcul, d’un keynésianisme de protection. Ils seront simplement démocrates, qui s’étonneront d’un gouvernement, à peine installé, qui décide de mettre entre parenthèses une assemblée qu’il contrôle. Tout cela se mesurera, dans les élections, au Parlement, dans la rue, dans l’assentiment, dans nos pauvretés ou nos confiances retrouvées. La recomposition ne justifie pas l’impérium du nouveau pouvoir, et le mariage idéal n’est pas une preuve en soi. Mais à juger Macron et Philippe, jeunes, minces, convaincus, parlant juste, boxeurs amateurs, que sais-je, on fera désormais l’économie de ceci: ils n’ont réalisé aucun exploit en choisissant de s’unir. La France, depuis lundi, est un peu mieux rangée. C’est déjà ça.

    http://www.slate.fr/story/145644/france-un-peu-mieux-rangee

  • 14
    jc durbant:

    En novembre, Fillon avait vaincu Sarkozy, Juppé et ses autres rivaux car il avait su parler de la France, de notre héritage et de la nécessité d’honorer et de transmettre le monde reçu de nos pères. Les électeurs de droite étaient si sevrés de ce discours qu’ils lui ont exprimé leur gratitude en l’adoubant pour la présidentielle. Lors de la primaire, Fillon a été l’instrument d’une aspiration qui le dépassait. Or, il ne l’a pas vraiment assumée au cours de sa campagne. Aussi, la sensibilité conservatrice n’a pas été rejetée par le pays et demeure un espoir pour la droite. Une majorité de Français de tous milieux sociaux peut adhérer à un projet conservateur, à condition d’expliquer ce qu’on entend par là. Être conservateur, c’est considérer avec reconnaissance l’héritage qu’on a reçu en dépôt, apprécier sa valeur, lui prodiguer ses soins et le remettre, autant que possible, intact à ses successeurs. Ce n’est pas seulement une sensibilité personnelle, mais aussi une boussole pour l’art du gouvernement. (…) La droite française ne sait plus qui elle est. Le ralliement des juppéistes à Macron doit être l’occasion d’un travail intellectuel : que veut-elle vraiment ? En Grande-Bretagne, les différents courants du Parti conservateur sont fédérés par un héritage qui les dépasse et qui discipline leurs affrontements. Considérons la façon remarquable dont ce parti a assumé le résultat inattendu du référendum sur le Brexit. Nous n’avons pas affaire seulement, outre-Manche, à un cartel d’élus professionnels, mais à une véritable famille de pensée qui surplombe ses leaders successifs. Le problème de la droite française, au contraire, est qu’elle s’est définie en grande partie, depuis 1945, non par rapport à des idées, mais pour ou contre de Gaulle. Depuis la disparition de l’intéressé, en 1970, cette sensibilité ne sait plus se nommer et a perdu le souvenir de ses racines. On devrait s’attacher moins aux personnes, si exceptionnelles soient-elles, et davantage aux traditions qui les dépassent et les nourrissent. Redonner ses lettres de noblesse au conservatisme me paraît donc salutaire pour l’avenir de la France.

    Guillaume Perrault

  • 13
    sil:

    C’est ExtremeCentre ici, pas ExtremeDroite !
    Mets ce que tu veux sur ta propre page mais ici il y a une ligne…

  • 12
    jc durbant:

    « égouts de l’histoire » …

    Il existe une différence importante entre le fait d’incarner arithmétiquement la première force d’opposition, ce qui est à ce stade le cas du FN, et incarner, aux yeux des électeurs, l’alternance la plus souhaitée. Sans une stratégie d’union des droites, dont la mise en œuvre ne dépend d’ailleurs pas que de lui, le FN est encore loin du pouvoir. Parce que le mode de scrutin législatif limite le nombre des sièges qu’il peut gagner à un seuil inférieur à son poids réel. Mais aussi parce que, face à une recomposition politique visant a dépasser le clivage droite-gauche, celui qui sera à la tête de l’opposition doit se situer résolument à droite, pas «ailleurs».

    La constitution d’un groupe parlementaire serait déjà une réussite. Ensuite, si c’est pour que ledit groupe se retrouve, comme en 1986-88, totalement isolé dans le travail parlementaire, cela limite forcément le résultat à une visibilité accrue et a la rétribution symbolique de ceux qui sont élus. À moins que certains élus Républicains acceptent de travailler avec les élus frontistes . C’est possible sur les enjeux identitaires, presque impossible sur la sortie de l’UE.

    [la «ligne Philippot» a gagné] À court terme, sans doute, puisque c’est celle des deux campagnes. Mais avec un coût, qui est de crédibilité (un débat télévise absolument manqué) et de contestation interne, avec la mise en retrait de Marion Maréchal-Le Pen. Car il ne fait aucun doute qu’elle n’est pas encore sortie du jeu. Elle a une ligne politique, une popularité et le temps devant elle. Nous pourrons mesurer en juin les effets électoraux de son départ dans la région qu’elle avait choisie, et plus tard si elle et ses proches ont l’intention de se préparer pour 2022 en créant une structure propre. Si c’est son choix au moins, elle n’aura pas dégainé la première, puisque Florian Philippot a lancé la sienne

    Les changements de nom sont monnaie courante en politique! Ce qui compte, c’est la ligne idéologique, qui peut être soit nationale-républicaine avec l’entourage présent de Marine Le Pen, soit libérale-identitaire avec Marion Maréchal-Le Pen. Sur la base de ce qu’on voit ailleurs en Europe, en Autriche en particulier, c’est le second positionnement qui marche le mieux. Or le FPO n’a pas changé de nom. Son passé et celui de ses dirigeants sont assumés. Et les électeurs suivent.

    Laurent Wauquiez n’a pas lancé de signaux en direction de Marion Maréchal-Le Pen et (…) n’est pas celui qui tire la campagne des Républicains! La grande implosion de ceux-ci est l’espoir du FN. Il ne se réalise pas pour l’instant car les électeurs de droite croient dans leur majorité, que leur parti est réformable de l’intérieur. C’est bien pour cela que Fillon a gagné la primaire.

    Jean-Yves Camus

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/05/18/31001-20170518ARTFIG00272-jean-yves-camus-sans-une-strategie-d-union-des-droites-le-fn-est-loin-du-pouvoir.php

  • 11
    sil:

    JC ! Faut lire tout le billet et pas seulement le titre 🙂

    En gros, ça parle du double standard médiatique (gentils avec les fafs-à-barbe, méchant avec nos fafs-maison), sûrement pas d’une différence de traitement chez moi (fafs d’ici ou d’ailleurs, même merde destinée aux égouts de l’histoire)…

  • 10
    jc durbant:

    « Purée ! ça va tout de même pas tourner au panégyrique permanent pour cette faf de merde ! » …

    http://extremecentre.org/2013/02/17/marine-le-pen-et-si-on-lui-laissait-sa-chance

  • 9
    Zoubor:

    Rocardo, Letel
    Je baisse mon chapeau..
    Ma Becherelle personnelle m’a confirmé vos propos….

  • 8
    Zoubor:

    Rocardo, j’y ai pensé avant d’écrire et je me suis dit que Letel va me faire cette remarque!
    Mais je pense que vous êtes ts les deux ds l’erreur:
    « Il se passe ..des choses »
    Donc  » Que se passe-t-il? » Et « ce qu’il se passe »
    Comme cela peut être « ce qui se passe » ?
    « Il se passe des choses » donc ce devrait être « ce quoi se passe » ..m 😜😜😜

  • 7
    Letel:

    Merci Rocardo. Au fait, ça vient d’où ce nom ?

  • 6
    rocardo:

    ce QUI se passe!!!(pour faire mon Letel).

  • 5
    Zoubor:

    Shabbat Shalom à tout le monde
    Je vais voir ailleur si il ya du nouveau.
    Trumpa arrive Lundi et tout le pays est en transe et l equipe américaine de préparation n arrête pas de faire son bordel…
    Je raconterai donc ce qu il se passe

  • 4
    Zoubor:

    On pourrait dire que ca devient de plus en plus louffoque…
    Mais perso je n’ai pas envie de rire
    JC est en train de noyer eXc ….
    En faisant symétrie avec Merco… 👿👿👿

  • 3
    sil:

    Purée ! ça va tout de même pas tourner au panégyrique permanent pour cette faf de merde !

    PS : il paraitrait que les fameuses « affaires personnelles » seraient des affaires juteuses en cours avec beau-papa dans les anciennes colonies…

  • 2
    madimaxi:

    « …la plus lucide de nos députés … »

    T’es à quoi en ce moment ? Le ridicule ne tue pas. Tu vas encore te louper.

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Quand on me présente quelque chose comme un progrès, je me demande avant tout s’il nous rend plus humains ou moins humains.

    Orwell

    Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite.

    Ghislain de Diesbach

    La droite mourut d’un crime majoritairement commis par la gauche (hormis les communistes, bien sûr, mais à partir de juin 1941).

    Eric Zemmour

    Le nouveau président, après avoir mis KO debout le Parti socialiste, est en train de faire éclater la droite. Nul n’ignore que la nomination d’Edouard Philippe, que l’on présente en un saisissant oxymore comme un «héritier spirituel d’Alain Juppé», vient habilement redonner au camp du centre-droit désavoué par les électeurs des primaires, de nouvelles perspectives. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Louis Borloo ont affiché depuis quelques jours leur volonté de saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, et Bruno Lemaire a franchi le Rubicon en héritant d’un portefeuille-clef avec Bercy, mais qui mouille habilement la droite dans la responsabilité de la lutte contre le chômage. En réalité, ce centre-droit est cohérent: rien, absolument rien, ne le distingue du centre-gauche que Macron a miraculeusement sorti du bourbier dans lequel le désastreux quinquennat de François Hollande l’avait enlisé. Un même libéralisme économique doctrinaire et rigide, soumis aux injonctions de Bruxelles, un même refus de remettre en question le dévoiement d’une construction européenne qui est allée dans le mur, une même volonté de progressisme sociétal, un même manque d’imagination et de volonté pour réduire la fracture sociale. Cette situation serait pain bénit pour le Front national, si le débat du 3 mai n’avait fait éclater la grande supercherie en faisant la démonstration de l’incompétence et de la vulgarité de Marine Le Pen. Si l’on ajoute le retrait de Marion Maréchal Le Pen – dont on peut souhaiter qu’il lui permettra de prendre du champ face à une histoire politique et familiale dont elle semble prisonnière – on assiste peut-être au début du déclin de ce parti qui depuis plus de trente ans a d’abord servi à distiller de l’amertume, à déconsidérer l’amour de la patrie et à stériliser toute tentative de refuser la logique impérialiste de la grande marchandisation. Le FN aura beau revendiquer la justesse de son analyse sur «l’UMPS», il n’est pas certain qu’il soit en état de profiter de cette situation aux prochaines législatives. Paradoxalement, le gouvernement nommé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourrait au contraire permettre à la droite de procéder à une saine clarification. Le scénario optimiste pour celle-ci serait que le traditionnel attelage entre ce qu’on appelait le RPR et l’UDF montre son caractère bancal et oblige à une recomposition en profondeur. A côté de ce centre-droit logiquement rallié (si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain) à la majorité présidentielle, une droite au discours résolument patriote, décidée à refonder l’Europe sur le respect des nations, faisant de la réduction de la fracture sociale une priorité, conservatrice sur les valeurs qui fondent notre société (amour de la France, défense de la famille, refondation de l’école) a un boulevard théorique devant elle: entre, d’un côté, le sentiment des électeurs de droite d’avoir été volés de «leur élection» avec l’explosion en plein vol de la fusée Fillon, d’avoir été trahis par ses élites, et, de l’autre, la décrédibilisation du Front National, la marge de manœuvre est réelle. C’est ce qu’a bien compris par exemple Laurent Wauquiez. Mais c’est là où le bât blesse. A part ce dernier, dont la sincérité politique manque de crédibilité, aucune grande voix à droite ne vient porter un projet de rupture. Celle de François Fillon est devenue inaudible, et, comme je l’avais écrit ici au sortir des primaires, avant les affaires, son discours était trop imprécis par rapport à sa conception de l’Europe, et trop peu volontariste sur la question sociale, pour avoir pu parfaitement incarner cette aspiration à un changement en profondeur. Toujours est-il que celui que les électeurs des primaires avaient plébiscité est aujourd’hui discrédité. Il faut bien le reconnaître: depuis la disparition de Philippe Séguin, plus personne n’incarne cette droite gaulliste, patriote et sociale. Pour se recomposer, la droite doit avoir de vrais leaders. Elle en manque cruellement. Le scénario catastrophe pour elle serait d’être aspirée dans le sillage de la nouvelle donne imposée par Macron. Soit elle échouera avec lui, et elle sera d’autant plus affaiblie qu’elle hérite de la responsabilité de l’économie dans le gouvernement Philippe ; et alors, la route sera réellement ouverte aux extrêmes de droite et de gauche. Soit le président réussira et il se pourrait qu’il en recueille toute la gloire. Dans les deux cas, ce pourrait être une recomposition manquée et une décomposition plus ou moins complète. (…) Réussir pour la France signifierait rien moins que de restaurer le sens du politique, le souci du bien commun, l’amour du pays, la protection des plus fragiles ; reprendre sur de nouvelles bases la construction européenne, au service des nations ; avoir le courage de réformer l’Etat en reconstruisant et en préservant les plus pauvres.

    François Huguenin

    Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie. Le philosophe François-Xavier Bellamy dit que l’avantage de la culture, c’est que c’est le seul bien qui se partage indéfiniment sans jamais léser personne. Si on s’attache à la transmission et à la vivification de la France, nation littéraire, nation philosophique, nation historique, à partir de là, on peut défendre ce ciment social et sauver le pays des fractures qui l’attendent. (…) La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.(…) Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. (…) je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. (…) Je pense que les courants de droite et de gauche continuent d’exister et de structurer la vie politique, car il y a des héritages philosophiques, culturels, des références et des logiciels qui continuent d’irriguer la vie politique française. C’est un clivage qui continue d’exister mais qui est inexact dans la structuration actuelle des partis. Pour caricaturer un peu, je reprendrais la phrase de l’historien Ghislain de Diesbach : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite. » Pour être plus exacte, je dirais que les deux grands partis, Les Républicains et le PS, se retrouvent aujourd’hui dans un grand bloc centre droit, centre gauche en accord sur tous les sujets fondamentaux. (…) Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cette union patriotique que j’appelle de mes vœux n’a pas de sens en prenant en compte les partis actuels : je ne vois pas comment le FN pourrait faire une alliance nationale avec Les Républicains au regard de la façon dont ils gouvernent et du logiciel qui est le leur. (…) Ce qui reste possible, c’est l’union des hommes. Il existe aujourd’hui une zone blanche, entre certains courants chez Les Républicains, que je qualifierais de droite nationale conservatrice, Nicolas Dupont-Aignan, ceux qui sortent du champ politique, comme Philippe de Villiers, certains élus et cadres de la droite, et le FN. Dans cette zone blanche, il y a une recomposition à opérer, qui s’apparenterait à l’union de certaines droites. Mais sans doute pas avec cette droite des Républicains, qui est une droite reniée. (…) un profil comme Laurent Wauquiez change la donne. Mais il faut voir ce qu’il fera de ce pouvoir ! Si c’est pour avoir un nouveau Sarkozy, ce n’est pas utile… Laurent Wauquiez est-il sincère ? Je ne sonde pas les cœurs et les reins. Est-il capable de mettre en place des alliances intéressantes ? Seul l’avenir le dira. Ce qui est sûr, c’est que, dans le paysage politique actuel à droite, il fait partie de ceux dont les déclarations laissent penser qu’on aurait des choses à se dire et à faire ensemble, je ne vais pas dire le contraire. Néanmoins, pour être honnête, je ne suis pas certaine que Laurent Wauquiez mènerait spontanément cette politique au conseil régional s’il n’y avait pas un groupe FN aussi fort, devenu incontournable électoralement. La présence du FN contraint la droite à mener une certaine politique et à se remettre en question. La réalité, c’est que la droite a été sous la coupe psychologique de la gauche pendant des années et que le poids du FN la force aujourd’hui à se repositionner. [la tentative de structurer une droite “hors les murs”, à mi-chemin entre Les Républicains et le FN] ne pouvait marcher que dans l’optique d’être une passerelle entre la droite et le FN, or Les Républicains ne sont pas suffisamment en difficulté électorale pour accepter de bouger. La droite a une clientèle électorale, notamment chez les personnes âgées, qui lui reste très fidèle, lui permettant de survivre, en l’empêchant d’envisager cette recomposition. Les choses seront peut-être différentes dans dix ans. La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues… [Les figures de cette droite “hors les murs”, Buisson, Villiers, Zemmour] J’écoute ce qu’ils disent, je les lis. Ils sont assez complémentaires. Philippe de Villiers mène un combat culturel, Éric Zemmour un combat journalistique et Patrick Buisson un combat idéologique. Chacun à sa manière, ils ont fait bouger des lignes et réussissent à s’adresser à un lectorat transversal qui va du FN aux Républicains en passant par Dupont-Aignan. Ils incarnent cette droite intellectuelle à laquelle la gauche au pouvoir a permis de réémerger, mais c’est trop peu, ils sont trop peu nombreux, et il reste encore beaucoup à faire. Notamment par le biais d’Internet : l’enjeu de la génération patriote qui vient va être de mettre ses compétences au service d’une cause. (…) Lorsqu’on me demande à quelle droite j’appartiens, je réponds, en reprenant la classification de René Rémond, que je suis à la confluence de la droite légitimiste et de la droite bonapartiste. Mais, pour prendre une catégorie plus récente, j’appartiens à la “droite Buisson”. J’ai été très marquée, récemment, par son livre la Cause du peuple, dans lequel j’ai vu, exposés de manière claire, les fondements de cette droite nationale, identitaire, sociale, qui est la mienne. (…) [François Fillon] J’ai lu l’intégralité de son projet. On m’avait dit qu’il était formidable et je l’ai trouvé très décevant sur le fond. Je reconnais un certain talent à François Fillon parce qu’il a réussi, notamment à l’issue de la primaire, à se fabriquer de manière totalement artificielle la réputation d’un homme souverainiste, de droite, conservateur, alerte sur la question identitaire, alors que, quand on regardait dans le détail, c’était extrêmement léger, très peu ambitieux. De toute façon, sa campagne était impossible, il a été inaudible à cause des affaires… [Et sa posture de rebelle, de survivant, antisystème et anti-médias] Il l’a adoptée extrêmement tardivement… Si le but était de jouer comme Trump, c’était un peu petit bras. Je l’ai trouvé bon dans l’Émission politique, sur France 2. Il n’est pas un mauvais orateur. Mais j’ai senti qu’il avait des réserves, qu’il n’osait pas y aller. Il a par exemple supprimé la référence au Qatar et à l’Arabie saoudite dans un discours sur l’islamisme. Cet homme a manqué de courage dans sa campagne. [clivage entre “mondialistes” et “patriotes”] Je crois que nous sommes confrontés aujourd’hui à une élite d’émigrés spirituels, au sens où, spirituellement, ceux qui nous dirigent ne sont plus nos compatriotes. Leur vie est à l’échelle mondiale, ils passent leur temps dans les business class entre New York, Doha et Singapour, la France est étriquée à leurs yeux, ils ne raisonnent plus à l’échelle nationale. Leur cynisme est d’autant plus fort que ces gens se sont évertués à briser les frontières des Français pour fabriquer de nouvelles frontières à leur profit grâce à l’argent. Ils ont, eux, des frontières géographiques, vivent dans les meilleurs quartiers en se préservant des problèmes liés à l’immigration et aux tensions culturelles qu’ils imposent aux Français. Ils ont, eux, des frontières sociales, se cooptent aux meilleurs postes, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de fils d’ouvriers dans les grandes écoles. Ils ont, eux, des frontières scolaires, mettent leurs enfants dans les écoles privées quand les enfants des Français doivent subir les lamentables programmes et méthodes qu’ils ont mis en place. Et je trouve cela profondément injuste. En face, les patriotes sont tout simplement les partisans de l’enracinement, ce qui n’empêche pas d’être lucide sur les défis de la mondialisation. (…) Macron en est une belle incarnation. J’aime la formule de Finkielkraut : pour Macron, « la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace ». À ses yeux, la France est une start-up multiculturelle, un business, qui doit être le plus rentable possible. S’il faut faire rentrer un million d’immigrés dans le pays parce que c’est rentable, quelles que soient les conséquences sociales, il le fera. Pour lui, la France est un territoire, pas une patrie ; c’est une population, pas un peuple ; ce sont des individus, pas des personnes. (…) Macron accomplit Mai 68. Avec lui, c’est l’idéologie du progrès, le culte du renouveau, qui implique nécessairement de faire table rase du passé. C’est l’idée soixante-huitarde selon laquelle l’homme ne peut s’émanciper que s’il se délie de tout héritage, de toute autorité, de tout cadre culturel. Je pense que c’est une erreur fondamentale. (…) Macron considère que la société apaisée, qui fonctionne, est celle dans laquelle les liens sociaux sont uniquement régis par les liens économiques, les liens égoïstes, le contrat. L’État est réduit au minimum, c’est le libéralisme intégral, une idéologie née à gauche, où l’individu prime sur toute autre considération. Macron ne voulait d’ailleurs pas avoir de programme, mais proposait un « contrat avec la nation ». Cela a des conséquences politiques très claires : quand vous avez une distension brutale du lien social, avec le terrorisme par exemple, que répond M. Macron ? Qu’il faut deux points de PIB en plus, qu’il faut réduire le chômage et investir dans les banlieues françaises. Il apporte une réponse strictement économique, alors qu’en fait, cette distension du lien social ne relève pas principalement de l’économie, mais du domaine moral et culturel. Ces gens-là n’arriveront pas à répondre à ces défis, ils sont à côté de la plaque, ils sont dans la négation anthropologique. Ce qui fait un peuple, ce n’est pas le contrat, c’est la pure gratuité. C’est, selon la formule de Renan, « d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est ce sentiment commun qui permet naturellement le civisme, la politesse et la solidarité sans y avoir nécessairement un intérêt égoïste. (…) … C’est un bon communicant… Je suis frappée par sa capacité à mettre à profit la formule du cardinal de Retz, « on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ». Il l’a théorisée, intellectualisée, et surfe sur une ambiguïté générale. Macron est l’incarnation de ce concept, c’est assez fort. Il est progressiste, mais j’ai envie de lui répondre par Orwell : « Quand on me présente quelque chose comme un progrès, je me demande avant tout s’il nous rend plus humains ou moins humains. » Moi, je ne trouve pas plus humain de mettre en place un modèle économique qui fait fabriquer nos produits par des esclaves à l’autre bout du monde, d’avoir un Whirlpool en Pologne plutôt qu’en France, de créer des mouvements de population qui rendent tout le monde malheureux et génèrent des situations tendues et conflictuelles, que les droits de l’enfant d’avoir un référent père et mère soient niés, que les femmes louent leur ventre et vendent leur bébé. Cette vision de la société me fait peur. (…) je pense que Marine a bien perçu que la génération qui va subir tous les manquements et toutes les lâchetés de la classe politique, a de quoi être raide… C’est ma génération qui va payer les fractures territoriale et sociale ; qui va subir à grande échelle les cassures entraînées par le multiculturalisme ; qui va devoir combattre le fléau de l’islam politique et radical qui gangrène les banlieues ; qui va encore probablement connaître des dizaines de morts lors d’attentats ; qui va subir la casse sociale, le chômage de masse ; qui va payer les abus de la génération 68, qui a joué la cigale tout l’été et nous laisse des déficits incommensurables, des privilèges de classe intenables et irréformables… Quand on sait cela, il y a de quoi avoir une certaine raideur et une certaine exigence, car c’est ma génération qui va devoir se retrousser les manches et relever ces défis immenses. J’appartiens peut-être à une génération un peu dure, mais la vie est dure. Le chômage nous touche particulièrement, les jeunes sont les plus confrontés à l’insécurité du quotidien, à la cohabitation multiculturelle, aux difficultés de logement. Ma génération est désenchantée, elle sait que les lendemains ne chanteront pas et a compris qu’elle vivra moins bien que celle de ses parents. Nous sommes raides, mais l’angoisse est importante.

    Marion Maréchal-Le Pen
















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