eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Présidentielle 2017: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It’s cultural anxiety, stupid ! – Normalcy only seems revolutionary because it’s undoing a revolution)

Posté le jeudi 11 mai 2017 par jc durbant

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Après les fatwas, on fait quoi, on change le peuple ?

A l’heure où pour ceux qui avaient déjà oublié les espoirs trahis il y a cinq ans du gouvernement précédent …

Commence à pointer, après les faux mamours de la campagne et couacs et trahisons aidant, la plus sordide réalité de la lutte politique qui est en train de se jouer avant même l’investiture du nouveau président au sommet du futur Etat …
Et où dégoûtée par l’erreur fatale – un véritable suicide en direct ! – de la direction toujours plus gauchisante de son parti …
Et du haut de ses douze ans de moins – vraie révélation de ce scrutin ! – que le prétendu génie des Carpates avec lequel nous bassine nos médias …
Une Marion Maréchal-Le Pen fait montre  en refusant la lutte familicide qu’on voulait lui imposer d’une incroyable maturité politique et humaine …
Et au lendemain d’une nouvelle élection volée …
Véritable casse du siècle extorquée à nouveau …
A une population majoritairement à droite …
Entre assassinat politique, coup d’Etat légal et lynchage médiatique du seul véritable candidat de l’alternance …
Et hystérie collective contre la représentante des laissés pour compte de la mondialisation …
Comme des questions qui fâchent que, lorgnant trop sur l’extrême-gauche, elle a finalement si mal portées …
Comment ne pas voir ..
Comme le rappellent, citant un récente étude américaine, Erwan Le Noan dans Atlantico …
Ou, au-delà des divagations que l’on sait, l’identitaire mégrétiste Jean-Yves Le Gallou dans Riposte laïque …
A la fois à l’instar et a contrario de la contre-révolution réussie outre-atlantique par l’autre grand pestiféré de nos progressistes Donald Trump …
La véritable normalité et donc le véritable centrisme …
Qu’avaient tenté, en vain cette fois-ci encore, de ramener dans le jeu politique  …
Plombés tous deux par les affaires ou une désormais bien encombrante famille …
Un Fillon ou une Marion Maréchal ?


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28 réponses à “Présidentielle 2017: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (It’s cultural anxiety, stupid ! – Normalcy only seems revolutionary because it’s undoing a revolution)”

  • 28
    jc durbant:

    De l’islamo-gauchisme à l’islamo-centrisme (le changement, c’est maintenant !)

    Pendant toute la campagne électorale, j’aurais exprimé mes doutes sur les ambiguïtés qu’entretenait délibérément le candidat Macron sur les thèmes régaliens qu’une idéologie de l’occultation aura réussi à dissimuler sous le tapis avec l’assentiment stupide d’une opposition de droite candide. Il n’en demeurait pas moins, qu’en creux, les non-dits et les mal -dits macroniens ne me disaient rien qu’y vaille. Sur les frontières, le multiculturalisme d’un Trudeau était à peine dissimulé. Sur la nation, il n’existait pas de culture française. Sur l’islam conquérant, on prônait un regard « bienveillant », et le soutien affiché de l’ UOIF des Frères musulmans n’était même pas gênant. Dans ce contexte, la culpabilisation du peuple français, responsable d’un crime contre l’humanité dans sa colonisation de l’Algérie apparaissait presque comme cohérent. Et tant pis, si une telle prise de position irresponsable devait alimenter le bacille mortel de la haine anti- française dans les quartiers perdus de la république. J’ajoute, n’avoir jamais entendu évoquer l’existence d’un antisémitisme islamique dans la bouche du candidat aujourd’hui élu plus par défaut que par ses qualités. Pour l’écrire progressivement, mes doutes se transforment peu à peu en certitude. Une manière d’islamo-centrisme, prêt au compromis et aux compromissions, est en train de succéder à l’islamo- gauchisme déclinant. Moins ridicule et caricatural, donc plus insidieux et dangereux. C’est dans ce contexte mortifère et désespérant pour l’auteur de l’article, que le président a donc été élu et a constitué son gouvernement. Au poste stratégique du secrétariat à l’égalité femmes-hommes a été nommée Marlène Schiappa. Celle-ci serait une illustre inconnue si elle ne s’était pas illustrée dans la publication d’un article par le Huffington Post le 22 juillet 2014 dans lequel elle s’en prenait avec véhémence à Manuel Valls. Celui-ci s’était en effet rendu coupable d’un crime impardonnable. À la suite d’émeutes pro- palestiniennes qui avaient dégénéré dans la haine antijuive, le premier ministre avait osé désigné l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme vecteurs principaux de la judéophobie criminelle. C’était plus que l’antiraciste de gauche Madame Schiappa ne pouvait supporter : « comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. » Dans un même ordre d’idées progressistes, on se demande de quelle manière la secrétaire fraîchement nommée va réagir pour défendre le droit des femmes violentées, insultées et chassées par les migrants et autres populations à problèmes dans le quartier Chapelle-Pajol (Le Parisien). Elle qui, en laïque intransigeante, souhaite l’interdiction de la retransmission de la messe catholique sur la deuxième chaîne de service public tout en prônant évidemment la défense du port du voile lors des sorties scolaires.… Indiquera-t-elle qu’elle se sent visée quand on parle de sexisme des quartiers populaires ? La régression intellectuelle et morale est en marche.

    Gilles-William Goldnadel

    http://www.valeursactuelles.com/politique/vous-avez-aime-lislamo-gauchisme-vous-adorerez-lislamo-centrisme-83553

  • 27
    jc durbant:

    Le petit marquis poudré explose les scores de popularité du méchant Trump …

    http://www.lefigaro.fr/elections/legislatives/2017/05/18/38001-20170518ARTFIG00286-sondage-macron-et-edouard-prives-d-etat-de-grace.php

    http://www.lesoir.be/1433260/article/actualite/monde/2017-02-04/trump-affiche-pire-cote-popularite-jamais-enregistree-aux-etats-unis

  • 26
    jc durbant:

    Vous avez dit extrémisme ?

    « L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République ‘ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte’. Ni plus ni moins. Interdire le voile, c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion. Interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905 (…) interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie ».

    Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)

    http://www.huffingtonpost.fr/marlene-schiappa-bruguiere/manuel-valls-quartiers-populaires-antisemites_b_5606114.html

    Voir aussi:

    http://www.valeursactuelles.com/politique/un-proche-de-macron-met-le-feu-aux-poudres-sur-la-pma-83434

    « La diffusion sur France Télévisions – qui est une télévision publique financée en très grande partie par l’argent public -, des messes et différents programmes religieux (…) est une infraction à la laïcité (…). C’est de la théologie et c’est finalement la promotion du fait religieux et de l’oppression des femmes. »

    Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)

    https://www.youtube.com/watch?v=cjLV1gpytYU

  • 25
    jc durbant:

    Le dernier sorti éteint la lumière !

    Jamais l’Europe n’a été dirigée par autant de politiciens sans enfants. Ils sont modernes, ouverts, multiculturels et savent que « tout finira avec eux ». À court terme, être sans enfant est un soulagement car cela implique zéro dépense pour la famille, aucun sacrifice et personne pour se plaindre d’un avenir mal préparé. Comme l’indique un rapport de recherche financé par l’Union européenne : « Pas d’enfants, pas de problème ! ». Etre mère ou père vous oblige à vous projeter dans l’avenir du pays dont vous avez la charge. Mais les dirigeants les plus importants d’Europe ne laisseront aucun enfant derrière eux. La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le président français Emmanuel Macron sont sans enfants. La liste s’allonge avec le Premier ministre suédois Stefan Löfven, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et le Premier ministre écossais Nicola Sturgeon. N’ayant pas d’enfants, les dirigeants d’Europe donnent le sentiment de n’avoir aucune raison de s’inquiéter de l’avenir de leur continent. Le philosophe allemand Rüdiger Safranski a écrit: « Pour les personnes sans enfants, penser en termes de générations futures n’est guère pertinent. Par conséquent, ils se comportent de plus en plus comme s’ils étaient les derniers, le dernier maillon de la chaîne ». « L’Europe se suicide. Ou du moins ses dirigeants ont décidé de se suicider », a écrit Douglas Murray dans The Times. « L’Europe aujourd’hui n’a pas envie de se reproduire, de se défendre, ni même de prendre parti pour elle-même dans un débat ». Murray, dans son nouveau livre, intitulé The Strange Death of Europe, baptise le phénomène : « une fatigue civilisationnelle existentielle ». Angela Merkel a pris la décision fatidique d’ouvrir les portes de l’Allemagne à un million et demi de migrants pour enrayer l’hiver démographique de son pays. Ce n’est pas un hasard si Merkel, qui n’a pas d’enfants, a été appelée « la mère compatissante » des migrants. Merkel se moque de savoir si cet afflux massif de migrants ne risque pas modifier la société allemande en profondeur, et pour toujours. Dennis Sewell a récemment écrit dans le Catholic Herald : Cette idée de « civilisation occidentale » rend plus épineuse la panique démographique. Sans elle, la réponse serait simple : l’Europe n’a aucune inquiétude à avoir sur le nombre de jeunes qu’il faut trouver pour soutenir ses personnes âgées dans leurs années de déclin. Plein de jeunes migrants cognent aux portes, grimpent sur les barbelés ou s’embarquent sur des fragiles esquifs pour atteindre nos rives. La seule chose à faire est les laisser entrer. Le statut de femme sans enfant d’Angela Merkel est le reflet de la société allemande : 30% des femmes allemandes n’auront pas d’enfants indiquent les statistiques de l’Union européenne, et ce ratio passe à 40% chez les diplômées de l’Université. La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a déclaré que, sauf à redresser le taux de natalité, le pays devra « éteindre la lumière ». Selon une nouvelle étude publiée par l’Institut national d’études démographiques, un quart des femmes européennes nées dans les années 1970 n’auront pas enfants. Les leaders européens ne sont pas différents. En 1940, une femme sur neuf née en Angleterre et au Pays de Galles était sans enfant à l’âge de 45 ans, mais en 1967, ce pourcentage est passé à une femme sur cinq. Le nouveau président français Emmanuel Macron a rejeté l’idée exprimée par l’ex-président François Hollande que « la France a un problème avec l’islam ». Il est contre la suppression de la nationalité française pour les djihadistes et affirme avec insistance, et contre toute évidence, que l’Etat islamique n’a rien d’islamique: « Ce qui pose problème n’est pas l’islam, mais certains comportements dits religieux qui sont imposés aux fidèles de cette religion ». Macron prêche une sorte de déjeuner-buffet multiculturel : il évoque le colonialisme comme un « crime contre l’humanité », prône « l’ouverture des frontières », et affirme contre toute évidence qu’il il n’y a pas de « culture française ». Selon le philosophe Mathieu Bock-Coté, Macron, âgé de 39 ans, marié à son ancien professeur de théâtre elle-même âgée de 64 ans, est le symbole d’une « bonne mondialisation libérée de la mémoire de la gloire française perdue». Ce n’est pas un hasard si « Manif Pour Tous », un mouvement qui a lutté contre la légalisation du mariage homosexuel en France, a appelé à voter contre Macron en tant que « candidat antifamille ». Le slogan de Macron, « En Marche ! », incarne les élites mondialisées qui réduisent la politique à un exercice, une performance. C’est pour conquérir l’Europe que le leader turc Erdogan exhorte les musulmans à avoir « cinq enfants » et que les imams musulmans exhortent leurs fidèles à « élever des enfants ». Les suprémacistes islamiques travaillent à produire un conflit de civilisations au cœur de l’Europe ; ils dépeignent les pays qui les accueillent en Occident comme des civilisations sur le point de s’effondrer, sans population, sans valeurs et ne portant plus aucun intérêt à leur propre culture.

    Giulio Meotti (Il Foglio)

    Voir aussi:

    The western world is going out of business because it’s given up having babies. The 20th century welfare state, with its hitherto unknown concepts such as spending a third of your adult lifetime in « retirement », is premised on the basis that there will be enough new citizens to support the old. But there won’t be. (…) Enter Islam, which sportingly volunteered to be the children we couldn’t be bothered having ourselves, and which kind offer was somewhat carelessly taken up by the post-Christian west. As I wrote a decade ago: The design flaw of the secular social-democratic state is that it requires a religious-society birthrate to sustain it. Post-Christian hyperrationalism is, in the objective sense, a lot less rational than Catholicism or Mormonism. Indeed, in its reliance on immigration to ensure its future, the European Union has adopted a 21st-century variation on the strategy of the Shakers, who were forbidden from reproducing and thus could increase their numbers only by conversion. That didn’t work out too great for the Shakers, but the Europeans figured it would be a piece of cake for them: « westernization » is so seductive, so appealing that, notwithstanding the occasional frothing imam and burka-bagged crone, their young Muslims would fall for the siren song of secular progressivism just like they themselves had. So, as long as you kept the immigrants coming, there would be no problem – as long as you oomphed up the scale of the solution. As I put it: To avoid collapse, European nations will need to take in immigrants at a rate no stable society has ever attempted. Last year, Angela Merkel decided to attempt it. The German Chancellor cut to the chase and imported in twelve months 1.1 million Muslim « refugees ». That doesn’t sound an awful lot out of 80 million Germans, but, in fact, the 1.1 million Muslim are overwhelmingly (80 per cent plus) fit, virile, young men. Germany has fewer than ten million people in the same population cohort, among whom Muslims are already over-represented: the median age of Germans as a whole is 46, the median age of German Muslims is 34. But let’s keep the numbers simple, and assume that of those ten million young Germans half of them are ethnic German males. Frau Merkel is still planning to bring in another million « refugees » this year. So by the end of 2016 she will have imported a population equivalent to 40 per cent of Germany’s existing young male cohort. The future is here now: It’s not about « predictions ». On standard patterns of « family reunification », these two million « refugees » will eventually bring another four or five persons each from their native lands – or another eight-to-ten million. In the meantime, they have the needs of all young lads, and no one around to gratify them except the local womenfolk. Hence, New Year’s Eve in Cologne, and across the southern border the Vienna police chief warning women not to go out unaccompanied, and across the northern border: Danish nightclubs demand guests have to speak Danish, English or German to be allowed in after ‘foreign men in groups’ attack female revellers But don’t worry, it won’t be a problem for long: On the German and Swedish « migrant » numbers, there won’t be a lot of « female revelry » in Europe’s future. The formerly firebreathing feminists at The Guardian and the BBC are already falling as mute as battered wives – saying nothing, looking away, making excuses, clutching at rationalizations… (…) A few weeks before The Wall Street Journal published my piece, I discussed its themes at an event in New York whose speakers included Douglas Murray. Douglas was more optimistic: He suggested that Muslim populations in Europe were still small, and immigration policy could be changed: Easier said than done. My essay and book were so influential that in the decade since, the rate of Islamization in the west has increased – via all three principal methods: Muslim immigration, Muslim birthrates of those already here, Muslim conversion of the infidels. David Goldman thinks aging, childless Germany has embraced civilizational suicide as redemption for their blood-soaked sins. Maybe. But it is less clear why the Continent’s less tainted polities – impeccably « neutral » Sweden, for example – are so eager to join them. (…) Somewhere, deep down, the European political class understands that the Great Migrations have accelerated the future I outlined way back when (…) It’s the biggest story of our time, and, ten years on, Europe’s leaders still can’t talk about it, not to their own peoples, not honestly. For all the « human rights » complaints, and death threats from halfwits, and subtler rejections from old friends who feel I’m no longer quite respectable, I’m glad I brought it up. And it’s well past time for others to speak out.

    Mark Steyn

  • 24
    jc durbant:

    Même Rosanvallon au nom du « camp des progressistes » en a profité pour régler ses comptes… sur le dos de Fillon !

    Outre l’événement judiciaire, les propos de François Fillon marquent un tournant populiste dans la campagne présidentielle. A trois jours de distance, le candidat de la droite traditionnelle a en effet employé les arguments de Marine Le Pen, qui a fustigé le « gouvernement des juges » ou le rôle nocif des médias. François Fillon affirme que le seul juge, c’est le peuple. Nous avions certes aussi vu apparaître chez Jean-Luc Mélenchon le terme douteux de « dégagisme ». Mais entendre dans la bouche d’un candidat central des propos aussi agressifs à l’égard de la justice et de la presse est un événement inédit en France, car ils sont la marque de fabrique de la vision populiste de la démocratie. Ce qui est regrettable, c’est que ses amis politiques ne le critiquent pas sur le fond, ils lui reprochent surtout de ne pas avoir tenu sa promesse de renoncer s’il était mis en examen. (…) On entend ce discours aujourd’hui partout dans le monde, en Turquie, en Russie, aux Etats-Unis, par Poutine ou Orban, Trump ou Erdogan. Ce qui est en jeu, c’est une certaine conception de la démocratie. Bien sûr, celle-ci se définit comme pouvoir du peuple, mais d’un peuple qui reste insaisissable comme totalité. Le peuple électoral est certes la clef de tout. Mais il ne faut jamais oublier que la majorité électorale ne représente pas toute la société. D’où la nécessité de ne pas limiter la démocratie à l’expression électorale d’un « peuple arithmétique ». Une cour constitutionnelle, par exemple, a aussi une fonction représentative : défendre les droits et les valeurs fondatrices de la démocratie. Elle représente en ce sens chaque citoyen, aussi modeste soit-il. Elle donne consistance au « pouvoir de n’importe qui » et au respect de ses droits. La démocratie doit aussi faire vivre des pouvoirs neutres sur lesquels personne ne peut mettre la main, y compris la majorité. C’est la raison d’être des autorités judiciaires et des autorités indépendantes. La démocratie est de cette troisième façon le « pouvoir de personne » qu’aucun parti ne peut s’approprier. L’impartialité joue pour cela un rôle fondamental en démocratie. Le représentant du peuple n’est donc pas seulement l’élu. Les régimes populistes se définissent par le refus de cette pluralité : ils veulent mettre à leurs bottes les cours constitutionnelles, supprimer les organismes indépendants, et considèrent comme ennemis les pouvoirs d’analyse, de jugement et d’investigation qui sont ceux de la presse. (…) Nous vivons un basculement démocratique en France comme au niveau mondial qui se manifeste par la progression de la culture populiste et par l’effondrement de la démocratie des partis. Il est important de noter que trois des principaux candidats, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui représentent environ deux tiers des intentions de vote, n’ont pas de parti derrière eux. Car le Front national, c’est le comité de soutien de Marine Le Pen, non pas un parti politique avec de véritables instances, une représentation sociale et un travail collectif. (…) Il n’y a pas d’intelligence critique du populisme. Toute la critique de la presse qu’on entend aujourd’hui ressemble à celle que menait Napoléon III. La presse, disait-il, c’est l’alliance d’un talent et d’un capital. La presse n’était pas représentative à ses yeux. Moi, je suis élu, disait-il aux journaux, alors que vous n’êtes qu’une puissance qui veut usurper la représentation nationale. Vous exercez un pouvoir sans avoir été élus. Donc vous êtes illégitimes. A l’époque, les républicains n’ont fait qu’une critique libérale de ces attaques anti-médias. Ils ont défendu, à juste titre, la liberté d’expression. Mais il faut mener également une critique démocratique, il faut défendre l’idée que la démocratie, ce n’est pas que le peuple électoral, mais aussi ses contre-pouvoirs. En un mot, il faut davantage avoir l’intelligence de son indignation. (…) Le populisme naît des dysfonctionnements démocratiques. Cela rappelle la période de la fin du XIXe siècle où les mouvements populistes ont été stoppés par une convergence de social-démocratie et de République sociale. Aujourd’hui, aucun candidat, même ceux qui défendent l’idée d’une VIe République, qui prend chez eux la forme d’une sorte de retour à un parlementarisme à l’ancienne, n’a vraiment proposé une refondation démocratique, dans le sens de la formation de ce que j’ai appellé une démocratie d’exercice. (…) Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou Jean-Luc Mélenchon ne se fondent pas sur un principe de représentation – d’une classe sociale, par exemple, ou d’un mouvement politique historique –, ils incarnent un principe d’identification. C’est l’inverse de la représentation. C’est leur personnalité qui crée la base sociale, comme le montre le succès de leurs apparitions publiques ou médiatiques. Le cœur de leur campagne, ce n’est plus le programme, mais leur personne qui, dans une société des individus, permet aux électeurs de s’identifier. (…) La nouvelle droite et les populistes d’extrême droite imposent, eux, leurs idées (défense de la civilisation européenne, critique de Mai 68, focalisation sur l’identité), comme l’illustre le glissement de certains intellectuels de « gauche » vers la droite la plus dure. Leur pouvoir d’attraction est fort car ils sont structurés idéologiquement, et ont une capacité de séduction dans un contexte de profond désarroi. (…) Le camp progressiste, c’est un fait, n’a pas été capable de voir à quel point un basculement démocratique décisif était à l’œuvre. L’heure du retour sur ses aveuglements a sonné ; le temps d’un examen de conscience critique est venu.

    Pierre Rosanvallon

  • 23
    jc durbant:

    Plus hallal que moi, tu meurs !

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/8500-mousses-au-chocolat-jetees-pour-cause-de-gelatine-de-porc-06-12-2012-2385443.php

    http://www.bfmtv.com/societe/8500-desserts-jetes-pour-cause-de-gelatine-animale-326472.html

  • 22
    jc durbant:

    EPARPILLE PAR PETITS BOUTS, FACON PUZZLE (Vous avez dit tonton flingueur ? – là, le petit marquis poudré, il commence à y aller fort – du vrai Audiard !)

    Non, mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix ! Il chante et puis crac, un bourre-pif ! Il est complètement fou ce mec. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance, et une sévère… Je vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !

    https://fr.wikiquote.org/wiki/Les_Tontons_flingueurs

    http://www.valeursactuelles.com/politique/la-gauche-sindigne-de-la-nomination-dedouard-philippe-matignon-83263

  • 21
    jc durbant:

    Vous avez dit bal des cocus ?

    Un souhait de Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, qui s’était juré de le faire battre…

    http://www.lefigaro.fr/elections/legislatives/2017/05/15/38001-20170515ARTFIG00300-lache-par-en-marche-l-ancien-ministre-thierry-braillard-arrete-la-politique.php

    http://www.valeursactuelles.com/politique/legislatives-dupont-aignan-affrontera-un-candidat-fn-83258

  • 20
    jc durbant:

    Qui a dit du petit marquis poudré ??

    « banquier technocrate” qui “n’assume rien mais promet tout”…

    « tribun adepte d’un populisme désinvolte” qui “n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier”…

    « “De quoi restera-t-il le nom ? D’une révolution manquée ou d’une victoire éclair ? D’une trahison misérable ou d’une ambition démesurée ?”

    http://www.valeursactuelles.com/politique/conquerant-juvenile-technocrate-quand-philippe-tancait-macron-83250

    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ce-que-pense-edouard-philippe-d-emmanuel-macron_1908161.html

    https://mobile.twitter.com/BaptDenis/status/864030153311125506

  • 19
    jc durbant:

    A la France qui doute …

    Il m’arrive de douter des Français.

    De leur volonté. De leur détermination. Mais même lorsqu’il m’arrive de douter d’eux, je leur trouve bien des circonstances atténuantes.

    La première, de nature exonératoire, est d’avoir subi médiatiquement et intellectuellement depuis trente ans bien plus qu’un lavage de cerveau, une décérébration mentale qui aura entraîné des conséquences névrotiques durables.

    La dernière quinzaine antifasciste à laquelle nous avons assisté en est le triste reflet. C’est sur la base de cette constatation psycho- politique, que si je suis conduit à douter du dernier choix de mes concitoyens, je ne saurais leur en tenir rigueur, tant je suis persuadé qu’il n’est pas éclairé.

    En revanche, je n’ai aucun doute sur le doute que m’inspire le nouvel élu. D’autant que celui-ci, n’aura rien fait pour tenter de les lever, tant son élection aura été précisément fondée sur la culture de ses ambiguïtés.

    Ainsi, tandis que le nouveau président serrait avec application, sous l’Arc de Triomphe, les mains de tous ces vieux héros français qui auraient donné leur vie pour défendre nos frontières, je ne sais toujours pas si ce jeune homme moderne ne les considère pas comme un pur vestige du passé. Ainsi, moi qui ne demandais qu’à le voir dénoncer l’islamisme de l’UOIF des frères musulmans, loin d’être rassuré, je constate que quelques- uns de leurs compagnons de route sont déjà en Marche vers le parlement.

    Ainsi, moi qui ne me satisfaisais pas d’un hommage public sans coût politique aux victimes du nazisme, j’attends toujours le commencement d’une dénonciation autrement plus polémique de l’antisémitisme islamique.

    Ainsi, moi qui doute que dans cinq ans la France, si rien n’est fait pour la sauver contre le terrorisme et l’immigration invasive massive sera toujours la France, le nouvel arrivant ne semble même pas partager fraternellement avec moi ce doute angoissant…

    Gilles-William Goldnadel

    http://www.valeursactuelles.com/politique/goldnadel-je-doute-donc-je-ne-suis-pas-83226

  • 18
    jc durbant:

    Vous avez dit coup d’Etat ?

    Emmanuel Macron doit en premier lieu son élection à une forme de coup d’État, qui a impliqué la haute fonction publique, les médias et le grand capital. Ensuite, à l’absence de réaction des forces politiques et démocratiques devant cette manipulation qui a pourtant abouti à retirer à l’élection présidentielle 2017 son caractère de sincérité et de légitimité. En troisième lieu, on a assisté à une prise de pouvoir totale de la haute fonction publique d’État et de ses réseaux, qui a porté l’un des siens à la présidence.

    L’offensive médiatico-judiciaire foudroyante lancée contre François Fillon, personnage certes particulièrement vulnérable, au début de la campagne électorale a mobilisé justice et médias, sur la base d’un accord frauduleux qui aurait dû sauter aux yeux de tout observateur de bonne foi. La disqualification méthodique du candidat des Républicains par une juridiction d’exception et l’utilisation de ses matériaux par une presse amie alimentée entache déjà complètement la légalité du scrutin. Le traitement déséquilibré des médias, lancés dans une invraisemblable propagande au profit du candidat choisi par le système, a dévoyé le débat dont chacun s’accorde à considérer qu’il n’a pas abordé les vraies questions.

    Malheureusement, ce déséquilibre a été complètement couvert par les instances de contrôle. Qui ne se sont manifestées que pour venir au secours du candidat officiel dès lors qu’il aurait pu se trouver en difficulté. Ou qui se sont gardés d’intervenir lorsque des accusations précises étaient portées contre lui ou certains de ses soutiens. Déjà illégal, le scrutin est aussi insincère.

    Enfin, le financement opaque de cette campagne, et l’évidence qu’il y aurait à réintégrer tous les débours exposés par l’État et les grands médias en appui direct de la candidature de Macron, devraient rendre impossible la validation de son compte de campagne. La loi de 1990 sur le financement public de la vie politique a considérablement étoffé et durcit le droit électoral. Pour deux raisons : la première est la nécessité d’assurer la transparence et l’équité dans la conquête des suffrages ; la deuxième est que le financement de l’État est proportionnel aux résultats électoraux. Assurant ainsi la légitimité des élus et la justice dans le financement des partis, les scrutins doivent être irréprochables. Ce n’est, semble-t-il, pas le cas de ceux de l’élection présidentielle de 2017. Et c’est une situation dangereuse.

    Les mauvaises habitudes d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, ont amené tous les adversaires de François Fillon et de Marine Le Pen à se réjouir de leurs ennuis. L’évidence de l’acharnement et des manipulations ne les a pas gênés, jusqu’à Jean-Luc Mélenchon qui a trouvé cela très bien, mise en examen ou simple mise en cause des adversaires, valant condamnation lorsque l’on bat les estrades.

    C’est assez lamentable, mais ce n’est pas nouveau. Et plutôt que de voir le danger, les atteintes aux libertés publiques qui ont sous-tendu ces manipulations qu’elles soient judiciaires ou médiatiques, les politiques, les militants et les citoyens ont regardé, rigolards, se débattre leurs concurrents dans la nasse, persuadés que cela ne pouvait pas leur arriver. Jusqu’à Philippe Poutou le faux rebelle venant, en pyjama, sur les plateaux insulter Fillon et Le Pen devant le candidat du CAC 40 qui buvait du petit lait.

    Les couches populaires restent avec le sentiment diffus de s’être fait avoir ce qui annonce peut-être des moments difficiles.

    Le 26 août 2014, sur le perron de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet annonçait, dans un sourire soudainement béat (voir vidéo ci-dessous), la nomination au poste de ministre de l’Economie de son poulain, élevé au meilleur fourrage sous sa direction à l’inspection générale des Finances de Bercy, avant d’aller parfaire son entraînement dans un haras de confiance, la banque Rothschild.

    Jeu de chaises musicales dans les grandes institutions de l’État, dont certaines sont particulièrement rémunératrices. Pantouflage systématique dans les grandes entreprises et les banques où ils se mettent au service de l’argent, grâce à ce capitalisme de connivence à la française, ne négligeant parfois pas les allers-retours.

    L’élection présidentielle vient de les voir à l’œuvre, chacun à des postes stratégiques que ce soit directement à l’Élysée, au Conseil constitutionnel, au CSA, à la Commission des comptes de campagne, au Conseil d’État, dans les grands médias, les grandes entreprises, les banques. La catastrophe politique du mandat de François Hollande, sur lequel beaucoup d’entre eux avaient misé, leur a montré qu’il n’était plus possible de laisser les manettes à des Harlem Désir, des Jean-Vincent Placé, des Cécile Duflot, des Bruno Le Roux, pour ne parler que des pires. Exit l’ancienne classe politique, il a donc fallu mettre les mains dans le cambouis et, avec la promotion d’un jeune inconnu, faire semblant de tout changer pour que surtout rien ne change.

    En ne s’embarrassant guère de scrupules démocratiques. Et c’est là que le bât blesse vraiment, la confiscation de cette élection pourrait avoir des conséquences imprévues…

    http://www.causeur.fr/emmanuel-macron-investiture-president-passation-44321.html

  • 17
    jc durbant:

    Gégé dans le texte:

    Je ne vote pas, je n’ai jamais voté.

    Gérard Depardieu

    J’ai voté Sarkozy, car j’en avais marre d’entendre des choses. Autant je n’aimais pas le Nicolas Sarkozy du début, autant je trouvais qu’il était en train de s’humaniser…

    Gérard Depardieu

    [Hollande] petit bolchévique de l’Élysée en train de tuer les classes moyennes.

    Gérard Depardieu

    La France risque de devenir un Disneyland pour les étrangers, peuplé d’imbéciles qui font du vin et du fromage qui pue pour les touristes. Je ne me sens plus français, mais citoyen du monde.

    Gérard Depardieu

    http://www.lepoint.fr/people/depardieu-refuse-de-voter-pour-la-presidentielle-19-04-2017-2120730_2116.php

  • 16
    jc durbant:

    Y aurait-il quelque chose de pourri au royaume de France ? (Après les fatwas, on fait quoi, on change le peuple ?)

    Il y a du nouveau en France: un nouveau système pour désigner le président de la république. Ni plus réellement une démocratie, ni une dictature, c’est quelque chose qui n’a pas encore de nom. Un acronyme ou un mot-valise construit de «démocratie», «dictature» et «ploutocratie» ferait bien l’affaire. Le mécanisme fonctionne ainsi: des patrons de grands groupes financiers, industriels et commerciaux, ainsi que d’éminents conseillers habitués de l’Elysée, de Matignon et de Bercy ont choisi le futur président de la république — Emmanuel Macron, en l’occurrence — et l’ont instruit de sa mission. Ensuite ces oligarques ont mobilisé l’Etat, le gouvernement, la justice, les médias, les communicants, les artistes, les cachetiers, les sondeurs, les sociétés de Paris et les grands noms de la société civile pour le porter à la magistrature suprême. La machine s’est mise au travail et en un tour de piste a fait de l’impétrant le candidat du peuple, le favori, le héros indépassable. Lui-même en est devenu convaincu. Le reste était une simple formalité: il suffisait juste d’éliminer les autres candidats. On en a mis beaucoup sur la ligne de départ, désespérant le peuple en lui donnant l’image de la déplorable division dans laquelle les partis politiques ont entrainé le pays. Puis on a promis des primaires pour remédier à ça: il y aura un tri impitoyable! En effet: les candidats sérieux — Manuel Valls, Alain Juppé — ont été éliminés. La justice a ensuite lancé des fatwas contre les gros candidats qui restaient, et la presse, bras séculier de l’oligarchie, les a traqués. François Fillon et Marine Le Pen ont été poursuivis pour vol à l’étalage, leurs photos placardées à la une des journaux.(…) L’autre inconnue dans l’affaire aura été le peuple. Il est trop bête, dit-on; c’est un troupeau angoissé, qui peut réagir n’importe comment. D’ailleurs, le moment est peut-être venu d’en changer. Ce peuple-ci a fait son temps. Il parle encore de de Gaulle, Jaurès, Jeanne d’Arc. C’est vrai qu’il rechigne un peu: dimanche, les électeurs se sont abstenus de voter en nombre record. Le résultat de ce méli-mélo c’est Macron. Jamais élu auparavant, tête d’un mouvement vieux de juste un an, le voilà président de la République. On ne faisait semblant de douter de son ultime succès que pour écarter la suspicion de manipulation politique. Alors que Fillon a été mis en examen et que la justice française a demandé la levée de l’immunité parlementaire de Le Pen à l’Union européenne, elle a refusé d’ouvrir une enquête sur le patrimoine de Macron, pourtant demandée par de nombreux candidats. Mais au fond tout ça c’est du frichti, des amusettes, des histoires de carrières personnelles. Valls, Juppé, Le Pen, Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, Tartempion — tout ça c’est pareil, à peu de choses près. En France, on change de président tous les cinq ans, mais rien ne change jamais qui vienne vraiment d’eux. (…) Voilà pourquoi il importait que soient débattus durant la campagne présidentielle tous ces thèmes mondialisés: l’islamisation, le terrorisme, le réchauffement climatique, la migration, l’affaiblissement des institutions multilatérales. Mais ceux-ci ont à peine été évoqués. Peut-être était-ce à cause d’un sentiment d’impuissance face à ces problèmes. Mais le fait de ne pouvoir rien y changer n’est pas une raison de ne pas y regarder. (…) tout du long on a plié sous la tyrannie du court-termisme et du pas-de-vague. A gauche comme à droite, les grands partis d’antan ont été brisés, discrédités. La recomposition politique en France ressemble à un nettoyage par le vide. Entre-temps la fonction présidentielle a aussi été considérablement affaiblie. Merci Nicolas Sarkozy et François Hollande. Macron, héritier d’une fonction qui a été mise au plus bas, va vite découvrir l’étroitesse de sa marge de manœuvre — d’autant plus qu’il sera l’otage de la troupe disparate qui l’a fait arriver là.

    Boualem Sansal (NYT)

  • 15
    madimaxi:

    « 100% d’accord avec mon Zoubor ! »

    C’est tout !? Espèce de pingre, va ! 101% pour moi.

    Plus sérieusement, l’islam dérange. C’est clair. Il dérange à la fois la France (périphérique ou pas) et les fidèles musulmans venus ici afin d’oublier le bled et goûter un peu à la modernité.

    L’islam est tout simplement niais et nocif par endroit. Ceci étant dit, en paraphrasant ce cher tonton GéPi, les muzzs ont été créés à l’image de celui dont il ne faut pas prononcer le nom. En contrepartie, la Démocratie ne veut pas dire « pacte suicidaire ».

    L’islam est à combattre et les musulmans sont à protéger. Mission pas facile avec des troupes dégarnies. Mais une mission entreprise. Pas de name’s dropping ici mais Binar, Sensal, feu Chebel… ont fait et font espérer.

  • 14
    jc durbant:

    Les « branquignols bornés adeptes de fausses nouvelles et d’idées économiquement mal ficelées » mais aussi les médias courtisans du Manu ont effectivement du mouron à se faire si le petit marquis poudré en reste aux imprécations et aux belles paroles pour les 60% de Français qui ne l’ont jamais soutenu sinon contraints et forcés:

    Le débat de l’entre-deux-tours a précipité la décision de Marion Maréchal-Le Pen de prendre du champ. Elle l’a jugé « catastrophique » et ruineux pour l’image présidentiable de Marine Le Pen. Elle se met en réserve du parti, en attente d’une occasion pour prendre sa part dans les recompositions politiques qui toucheront le FN, lui aussi. (…) Selon nos informations, non seulement la jeune femme et bientôt ex-députée se place en réserve de la politique, mais elle se tient de surcroît prête à jouer un rôle dans la grande recomposition politique à l’œuvre aujourd’hui, qui immanquablement touchera le FN. Aucun calendrier n’est fixé et ses intentions de rejoindre le monde de l’entreprise réelles – plusieurs grands groupes l’auraient d’ailleurs approchée. Mais depuis plusieurs mois déjà, des signaux lui sont envoyés par des élus LR qui rêvent de la création d’un grand parti clairement positionné à droite dans lequel la petite-fille de Jean-Marie Le Pen aurait toute sa place. Il semblerait que la jeune femme ne soit pas totalement indifférente à ces sollicitations. D’autant qu’à la différence de bien d’autres personnalités du FN, elle a su se tenir à l’écart des affaires financières du parti, la mettant à l’abri des éclaboussures inévitables consécutives aux poursuites judiciaires. « Elle est la seule à n’avoir pas souscrit aux crédits obligatoires du micro-parti Jeanne lors des élections régionales », rappelle fort à propos une élue de la région PACA. (…) Mais personne n’ignorait ses désaccords stratégiques avec le vice-président Florian Philippot et la direction de campagne emmenée par David Rachline, maire de Fréjus. Pour elle, le dogme de la sortie de l’euro devait être dépassé, et de ce point de vue, l’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan lui était apparue comme une chance historique de rassemblement d’une partie de la droite autour du FN. « Dommage que cette alliance ne soit pas allée plus loin qu’une place de vedette américaine offerte à Dupont-Aignan lors du meeting de Villepinte », aurait-elle confié à ses proches. (…) Personne n’imaginait une position aussi radicale, même si certains la redoutaient. Car chacun connaît l’étendue de la popularité de la plus jeune députée de France. Bien plus qu’un long et épuisant combat d’opposition interne en vue du prochain congrès prévu pour l’hiver prochain, Marion Maréchal a choisi le clash et l’effet de sidération. Ne restait qu’à l’habiller de raisons personnelles, réelles, pour éviter l’affrontement public. Mais le message est clair, son onde de choc n’est pas près de se dissoudre, les échanges que nous avons eus avec quelques élus importants ne laissent place à aucun doute.

    Marianne

  • 13
    MERCATOR:

    Non content d’avoir participé à la suspicion sans preuve contre François Fillon et à l’immature hystérie contre Le Pen,

    J’imagine le papier qu’aurait pu faire Rioufol s’il avait vécu cette époque, en juin 1940, ou pour l’entrevue de Montoire , décidément le ventre de la bête
    est toujours fertile !

  • 12
    sil:

    100% d’accord avec mon Zoubor !

  • 11
    jc durbant:

    Pour sûr, la politique a pris un coup de vieux. L’élection d’Emmanuel Macron, 39 ans, 66,10 % des voix, est aussi la victoire de son mouvement, En marche !, qui ringardise les partis. (…) Toutefois, sa « révolution démocratique » n’est qu’un mot creux ; un trompe-l’œil. L’immuable idéologie conformiste, technicienne et élitiste, reste son soutien. (…) C’est le « casse du siècle » que le cerveau d’En marche ! a commis sous les vivats de la gauche. L’Élysée n’a pu étouffer ses applaudissements, dimanche soir. Lundi, lors de la célébration de la capitulation allemande, François Hollande a affiché son paternalisme avec celui qui l’accompagnait dans ses premiers pas présidentiels. Catherine Barbaroux, membre du PS dès les années 1970, a pris la présidence d’En marche ! Croiser les sourires de la plupart des socialistes de cœur confirme le tour de passe-passe : la gauche éreintée a réussi l’exploit de se maintenir au pouvoir en rajeunissant la façade et en criant à la menace fasciste. Non content d’avoir participé à la suspicion sans preuve contre François Fillon et à l’immature hystérie contre Le Pen, le stratège inspiré espère l’explosion des Républicains en faisant miroiter des places aux gourmands. Faut-il le rappeler aux étourdis et aux dormeurs ? Le 7 mai 2017, la France a confirmé le choix, dissimulé par le flou, d’une rupture dans son modèle de civilisation. Le projet de Macron pour la France, approuvé par 20,4 millions d’électeurs, porte en lui la disparition de la nation assimilatrice, une et indivisible, au profit d’un « Hexagone » vu comme un « open space » où les minorités seront protégées par des discriminations positives et où la quête de visibilité de l’islam politique sera laissée en paix. 92 % des Français musulmans ont voté Macron, contre 62 % des catholiques. Celui qui chante La Marseillaise la main sur le cœur, comme aux États-Unis, a été félicité par Barack Obama et le Canadien Justin Trudeau, symboles de la cause postnationale, c’est-à-dire des sociétés ouvertes à la mondialisation et au multiculturalisme. Or ces deux causes sont au cœur de la crise identitaire, oubliée au profit de diversions sur la moralité de Fillon ou de Le Pen. Il y a de la farce démocratique dans ce hold-up électoral où les enjeux existentiels n’auront jamais été abordés par le vainqueur. Est-ce pour les avoir évoqués que Manuel Valls subit les humiliations des Macron’s boys ? La foule qui a applaudi l’élu, dimanche au pied de la pyramide du Louvre, partage probablement sa lassitude de l’État- nation, appelé à se diluer dans un monde où l’étranger ne se différencie plus du citoyen. Cette vision est celle de la pensée dominante, qui a grimé en affreux ceux qui parlaient de souveraineté et de limites. Cependant, 60 % des électeurs de Macron ont fait un choix par défaut pour s’opposer à Le Pen, qui a tout de même recueilli 10,5 millions de voix. De surcroît, 16,1 millions ont choisi l’abstention et le vote blanc ou nul, tournant le dos aux ordres d’abattre l’ennemi intérieur. Le socle électoral du président est donc fragile. Certes, sa victoire l’autorise à tout. Pour autant, il n’a pas reçu de blanc-seing pour disloquer un peu plus la France malade, au nom d’un optimisme insouciant. Des Français seront là pour le lui rappeler. Reste que Marine Le Pen n’a pas été à la hauteur de sa mission, qui était de représenter les oubliés de la mondialisation et les inquiets du libéralisme libertarien. (..) Sa confrontation télévisée du 3 mai, jugée vulgaire et désastreuse, est une des causes de son effondrement. L’immigration n’y a même pas été abordée. La diabolisation du FN a pu aussi effrayer plus d’un esprit perméable aux prêches du moralisme. Cependant, c’est bien sa stratégie d’ouverture à la gauche extrême qui a été incomprise. (…) La décision de Marion Maréchal-Le Pen, 27 ans, de se retirer du FN, mercredi, pour rejoindre la vie réelle, n’est pas motivée par son seul désir de se consacrer à sa petite fille. C’est un univers borné de branquignols adeptes de « fake news » (fausses nouvelles) et d’idées économiquement mal ficelées que l’élue a aussi choisi de quitter. (…) Si En marche ! a su fédérer la classe privilégiée des mondialistes (diplômés, urbains, riches), mise au service du seul pouvoir personnel de son leader narcissique, il reste à mobiliser ceux qui, en face, pourraient se reconnaître dans un conservatisme libéral et social. L’introuvable union des droites pourrait enfin voir là son issue. Ceux qui espéraient voir les Français en colère rejeter la tyrannie du politiquement correct, qui oblige à marcher les yeux grands fermés, ont perdu en beauté. La victoire de Macron conforte courtisans et médias. Tous ont défendu sa vision du monde, angélique mais fausse, au prix d’une infantilisation des peurs contre un « populisme » forcément nauséabond. Malheur aux vaincus !


    Ivan Rioufol

  • 10
    Zoubor:

    Mon #9….

  • 9
    Zoubor:

    A Sil (#4) et Madimaxi (#5) – c’etait exactement l’intention de ce que j’avais ecrit entre les deux tours – massacrage systematique de Macron qui peut donner à penser qu’ eXc a une approche frontiste…. 👿👿
    Quant à l’interview de Macron sur la philosophie, c’etait il y a qlqs annêes. L’homme Macron n’est plus aujourd’hui l’homme d’il y a deux semaines, deux mois ou deux ans!

    Mon experience, et dommage que Michael ne soit plus là pour confirmer: projeté à 20 ans ds un kibboutz , nouvelle culture, armee dont 6 mois sur le Canal de Suez jusqu’en Juin 1973, puis Guerre de Kippour et tous les combats qui ont suivi, jà 23 ans, rentré en France pour visite de la famille j’étais qlq un d’autre!!!!! Certainement plus l’intellectuel français, revolutionnaire de pacotille de Mai 68, ancien de Math Sup (terminée avec mention « encouragement » et meilleur de la classe en Math) – cela s’appelle « murir » !

    Ce qu’ a passé l’homme Macron ces derniers mois l’auront sans aucun doute changé et mAcron aura muri, vu son jeune age et la plasticité de son cerveau: pas comme la Waffen SS ou le grand mechant con tous deux coincés des idéologies qui ignorent les changements de la réalité!

    Donc maintenant ce sont les actes qu’il va falloir analyser , JC, comme tu sais tres bien le faire – ts ces vieux documents et appreciations seront interessantes pour l’historien ds qlqs années
    Le jugement aujourd’hui et pendant 5 ans se fera sur les decisions et leur mise en en oeuvre!

  • 8
    jc durbant:

    Manu maître ès entre-deux et nostalgique de l’Ancien régime ?

    La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la norma­lisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce ­malentendu. (…) Nous vivons un moment de tâtonnement démocratique. La forme démocratique est tellement pure et procédurale sur le plan théorique qu’elle a besoin d’incarnation momentanée : elle doit accepter des impuretés si elle veut trouver une forme concrète d’existence. C’est la grande difficulté. Nous avons une préférence pour les principes et pour la procédure démocratiques plutôt que pour le leadership. Et une préférence pour la procédure délibérative postmoderne plutôt que pour la confrontation des idées au réel. Or, si l’on veut stabiliser la vie politique et la sortir de la situation névrotique actuelle, il faut, tout en gardant l’équilibre délibératif, accepter un peu plus de verticalité. Pour cela, il faut proposer des idées. Si l’on est en capacité, grâce à des propositions, d’expliquer vers quelle société on veut aller, c’est-à-dire vers une République plus contractuelle et plus européenne, inscrite dans la mondialisation avec des formes de régulation qui correspondent à la fois à notre histoire et à nos souhaits collectifs, alors on peut mobiliser. À l’inverse, si l’on ne propose rien et qu’on se contente de réagir au fil de l’eau, on se retrouve en situation de faiblesse. Si l’on installe l’idée que toutes les paroles se valent, et si l’action politique se construit uniquement dans les équilibres à trouver entre ces paroles, on tue alors la possibilité d’em­mener nos concitoyens vers une destination identifiée. C’est l’immobilisme. (…) Elle aide à construire. Elle donne du sens à ce qui n’est sinon qu’un magma d’actes et de prises de parole. C’est une discipline qui ne vaut rien sans la confrontation au réel. Et le réel ne vaut rien sans la capacité qu’elle offre de remonter au concept. Il faut donc accepter de vivre dans une zone intermédiaire faite d’impuretés, où vous n’êtes jamais un assez bon penseur pour le philosophe, et toujours perçu comme trop abstrait pour affronter le réel. Il faut être dans cet entre-deux. Je crois que c’est là l’espace du politique. (…) toujours conserver de la liberté par rapport à ce qui est dit, écrit ou affirmé. Ricoeur, c’est la discipline. Celle de reprendre tous les matins son crayon, sa page, et de se demander comment on peut réinventer ce qu’on a écrit, le revisiter, le redire autrement. Cette herméneutique permanente m’apporte beaucoup. J’ai également appris de Ricœur en creux, à propos des événements de Mai 68, qu’il avait vécus comme professeur à la faculté de Nanterre. Il était très malheureux de tout ce qu’il n’avait pas dit et des décisions qu’il n’avait pas prises durant cette période. La leçon que j’en ai tirée est qu’il y a un besoin de dire, d’affirmer les choses, et qu’il faut céder à ce besoin. L’erreur de beaucoup a été de se laisser intimider par la brutalité du moment, d’accepter de ne pas dire et de ne pas agir. C’est Ricœur qui m’a poussé à faire de la politique, parce que lui-même n’en avait pas fait. Il m’a fait comprendre que l’exigence du quotidien, qui va avec la politique, est d’accepter le geste imparfait. Qu’il faut dire pour avancer. C’est une forme d’affranchissement par rapport à la philosophie : on bascule dans le temps politique en acceptant l’imperfection du moment.

    EM (2015) (merci zoubor)

  • 7
    Sittingbull:

    #4#5 Oui, la politique fait parfois derailler les meilleurs. C’est pourquoi j’ai cesse de m’y interesser et d’en parler.

  • 6
    jc durbant:

    La violence disproportionnée de la droite envers un mouvement centriste, victorieux, la disqualifiera aux législatives. Cela montre que Juppé avait raison lorsqu’il a parlé, pour s’en inquiéter, de « radicalisation » de la droite à l’occasion de la campagne présidentielle. A bien des égards, cette droite nouvelle m’apparaît plus extrémiste que le Front national. Je ne l’aurais pas imaginé. C’est inquiétant pour la suite. (…) Je m’inquiète de lire que les élections auraient été « un hold-up démocratique ». Elle sous-entend que la victoire était acquise d’avance à l’opposition. Comme chaque fois : l’essuie-glace. La droite succède à la gauche, comme la gauche a succédé à la droite. Non, la victoire appartient à celui qui l’a méritée. Il n’y a pas de droit divin à la victoire. Elle se mérite. La droite ne l’a pas méritée. Personne ne la lui a « volée' ».

    Brice Couturier

    Oui, même notre Hitchens français s’y met !

    Lui qui avait pourtant brillamment réussi son aggiornamento et tout aussi brillamment ferraillé contre le magistère intellectuel de la gauche et du « parti des médias » !

    Lui qui, braqué par la réalité de l’islamisme, avait finalement « retrouvé la France » et su quitter le camp des conspueurs de drapeau et de Marseillaise comme le confort douillet du privilégié qui prend les pays pour des « hôtels où l’on pose provisoirement ses valises, en prenant pour critère le rapport qualité/prix » et compris, contre les faciles anathèmes de «populisme», que « les simples gens ont parfois une vision plus juste que des dirigeants vivant hors-sol, dans l’ignorance des vrais problèmes de la population » …

    Voir:

    Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ?

    Brice Couturier

    Ce qui m’a frappé dans les débats des dernières années, c’est la difficulté avec lesquels ils sont parvenus à émerger. Car les plus importants d’entre eux portent précisément sur les sujets dont le «Parti des médias» – pour reprendre l’expression créée par Marcel Gauchet – tente d’empêcher l’évocation… Il y a comme ça, à chaque époque, des problèmes vitaux qui forment comme un angle mort du débat public. Ce sont précisément ceux qui vont décider de l’avenir. (…) Aujourd’hui, l’histoire est à nouveau en phase d’accélération brutale et le défi qui nous est lancé par l’islamisme politique, entré en phase de conquête du monde, est redoutable. Mais le Parti des médias, aveuglé par ses bons sentiments, préfère nous abreuver de petites nouvelles insignifiantes, d’une part, de ses grandes indignations, de l’autre. (…) chaque fois que le discours lénifiant sur le «vivre-ensemble» est contredit par des faits, ceux-ci font l’objet d’un remontage. Combien d’attentats islamistes ont été requalifiés en «actes commis par un déséquilibré»? Ou alors, on organise à la hâte une diversion. (…) Sur tous les plans, on se rapproche de la vérité en marchant en crabe. Ça ne facilite pas le règlement des problèmes. (…) Ayant vécu une partie de mon adolescence au Liban, repris des études à Oxford à 42 ans, enseigné trois ans en Pologne, beaucoup bourlingué en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, j’avais fait mienne l’idée d’Attali selon laquelle les nations étaient en train de devenir des hôtels où l’on pose provisoirement ses valises, en prenant pour critère le rapport qualité/prix. En s’attaquant aux Juifs, comme l’ont fait Merah et Coulibaly, à un symbole de l’esprit de ma génération, comme Charlie, les infiltrés du djihad, cette cinquième colonne islamiste, m’ont «rendu la France», comme disait Aragon. Poète communiste, il a tourné patriote lors de l’occupation, après avoir longtemps conspué le drapeau et la Marseillaise. (…) L’hégémonie intellectuelle est toujours détenue par «presse qui pense», même si elle a de moins en moins de lecteurs: Télérama, Les Inrocks, Le Nouvel Obs, Libé, etc. C’est elle qui donne le ton, décerne des brevets et censure ce qu’ils appellent les «dérapages». Ces contestataires professionnels sont étonnés et furieux d’être à leur tour contestés. C’est que l’espèce de bouillie intellectuelle, ce néo-marxisme rudimentaire à base de slogans creux qui leur sert de pensée s’est fracassé sur la réalité sociale. Souvent demeurés intellectuellement dans les années 1960/70 (Derrida, Foucault, etc.), ils s’acharnent à «transgresser», à «renverser des tabous», alors qu’il n’y a plus, en face, que le vide. Ils rejouent éternellement la scène originelle de 68, alors qu’on a radicalement changé d’époque. C’est pourquoi les gens qui pensent juste ont opéré, depuis le début de notre XXI° siècle, ce retour à Camus, à Arendt, à Orwell – qui n’étaient certes pas des penseurs «réactionnaires». «Empêcher que le monde ne se défasse», comme disait Camus. Et ne pas pousser la tolérance à l’absurde, en prétendant tolérer la barbarie. Ne pas justifier l’inacceptable au nom du relativisme des valeurs. (…) lorsque je me retrouve devant mon ordinateur, avec un article à écrire, je pense: comment Christopher Hitchens tournerait-il ça? Orwellien lui aussi, «Hitch» savait comme personne mettre le doigt sur l’hypocrisie, la mauvaise foi, le double standard moral. Et c’était un esprit absolument libre. Un véritable voltairien de la fin du XX° siècle. Il n’a aucun équivalent en français, mais quelques héritiers en Angleterre, comme Nick Cohen. (…) Les dirigeants de l’UE ont refusé à l’Europe toute identité, toute substance, toute limite géographique: ils ont créé une coquille vide, un ensemble flou dans lesquels les citoyens ne reconnaissent pas. Comment s’étonner que ceux-ci se réfugient dans leurs États-nations. Au moins, pensent-ils, on en contrôle les dirigeants en les remplaçant lorsqu’ils prennent de mauvaises décisions. Et on peut en défendre les frontières, ce que l’UE refuse de faire, face à une crise migratoire qui va s’aggraver. (…) il y a aussi quelque chose de positif dans ce que les élites baptisent «populisme»: les simples gens ont parfois une vision plus juste que des dirigeants vivant hors-sol, dans l’ignorance des vrais problèmes de la population.

    Brice Couturier

  • 5
    madimaxi:

    Entièrement d’accord avec Sil.
    Ce blogue est une synthèse assez vague et très libre des esprits orientés vers le motto qui le gouverne.

    Avec des limites. On ne peut guère être atlantiste ultralibéral néoconservateur et son opposé du très clivant et gauchisant Front National. On ne peut pas à la fois condamner Barack (et non pas Hussein) à la mollesse envers les mollards iraniens et en même temps souhaiter l’avènement des progénitures de Jean-Marie qui aux mollards font bises. C’est tout simplement incohérent.

    Et non ! Ce n’est pas une tribune d’abrutis frontistes ici. Tu n’aimes pas Macron Jean-Claude ? Pas de souci. C’est ton droit. En revanche, se servir afin de nuire… !? Bref, je me désolidarise.

  • 4
    sil:

    Du grand n’importe quoi ! Ecoute JC, fais ton coming out frontiste si tu veux, mais évite de m’insulter en reliant notre centrisme à l’autre facho de Maréchal Le Pen…

    « La véritable normalité et donc le véritable centrisme » Mort de rire ! Sérieux tu pars en vrille !

  • 3
    jc durbant:

    15 millions en 13 mois

    Tout commence à Amiens, le 6 avril 2016. C’est sur les terres populaires de son enfance que le futur ex-ministre de l’Economie a choisi de lancer son mouvement politique. L’intention, évidente, est alors de briser l’image d’un homme adoubé par les puissants, qui lui sera maintes fois reprochée durant la campagne. Pourtant, c’est bel et bien grâce aux réseaux bancaires, aux patrons de start-up et aux ténors de la finance qu’a démarré l’épopée d’En marche.

    Ils ne sont qu’une poignée, au tout début, à y croire et à prendre leur ticket d’entrée. Une trentaine de très proches – et leurs familles – prêts à signer tout de suite un chèque de 7 500 euros, soit le plafond légal de don annuel à un parti. Le «love money», comme l’appellent les start-uppers. Entre autres réseaux sollicités pour cette première étape indispensable au décollage de la fusée Macron : celui, très performant, de HEC. Et plus largement des «cibles» proches des cercles de la finance.

    Dîners, déjeuners, cocktails… cette course effrénée à l’argent est pilotée par Christian Dargnat, ex-patron de la filiale de gestion d’actifs de la banque BNP Paribas. En seulement vingt jours, la petite équipe réussit à encaisser près de 230 000 euros, auxquels s’ajoutent 188 000 euros «en cours de récupération», divisés en 25 chèques. Très investi, celui qui est alors toujours ministre de l’Economie s’active pour draguer d’éventuels investisseurs. «Je l’ai croisé un soir dans un restaurant du VIIe arrondissement, peu après le lancement d’En marche, raconte à Libération un gros donateur, sous couvert d’anonymat. Il était avec sa femme, moi avec la mienne. Il m’explique ce qu’il est en train de faire, c’est encore un peu abscons, pas très structuré, pas très construit, mais le plan de financement est très clair. Il ne parle pas de l’Elysée, mais me dit qu’il va démissionner du gouvernement et qu’il y a une place entre la droite et la gauche. Ça a duré dix minutes. Je l’ai suivi à l’intuition.» Quelques jours plus tard, l’entrepreneur reçoit un coup de fil de Christian Dargnat. Fin avril 2016, il signe un premier chèque de 4 000 euros. Quelques mois plus tard, il rajoutera 7 500 euros pour l’année 2017, à l’occasion d’un petit-déjeuner réunissant une dizaine de personnes, au cours duquel le candidat d’En marche restera vingt minutes pour présenter son projet.

    La performance de la levée de fonds de l’entreprise Macron ne doit rien au hasard. La marche à suivre, chirurgicale, est détaillée dans un document interne de trois pages daté du 26 avril 2016. Envoyé par Emmanuel Miquel, capital-risqueur et trésorier de l’association de financement du mouvement, au trésorier, Cédric O, haut cadre d’un groupe industriel français, le document planifie la stratégie pour récolter beaucoup d’argent. Très vite. Une «matrice de couverture des cibles» révèle ainsi les catégories professionnelles que mobilise le candidat.
    «Poissons pilotes»

    Libération a identifié les tout premiers grands donateurs, ceux ayant versé plus de 4 000 euros avant même que Macron ne quitte Bercy. Parmi eux, 78 noms ont été identifiés. Sans grande surprise, on retrouve plusieurs cadres et deux des plus hauts dirigeants de la banque Rothschild, où Emmanuel Macron a travaillé pendant plus de trois ans avant de devenir secrétaire général adjoint de l’Elysée en 2012. Les milieux bancaires, avec plusieurs hauts cadres de banques d’investissement français, sont particulièrement représentés, et plus largement celui de la finance, avec de très nombreux cadres ou dirigeants de sociétés de gestion d’actifs ou de «private equity» (capital-investissement). Des fondateurs ou dirigeants d’entreprises numériques françaises et quelques avocats d’affaires viennent compléter le tableau.

    La «team Macron» cherche aussi à établir une liste d’une vingtaine de «poissons pilotes» sélectionnés pour «leur motivation et leur réseau», et capables d’organiser de juteux dîners «dans un cadre privé». Comme Olivier Duha, ex-président de l’organisation patronale Croissance Plus. Il a rencontré l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée en 2012, lors de la fronde des «pigeons», ces start-uppers qui luttaient à l’époque contre un projet de François Hollande de taxer davantage les plus-values mobilières. Pour Emmanuel Macron, ce cofondateur d’une entreprise de télémarketing a organisé en octobre dernier un petit-déjeuner à Bruxelles, où il réside. «Autour d’Emmanuel Macron, il y avait une quinzaine de personnes, surtout des entrepreneurs français, raconte Olivier Duha à Libération. J’ai proposé certains noms d’invités, que je pensais intéressés. Tout le monde n’est pas ressorti séduit. Mais beaucoup appréciaient la démarche d’entrepreneur d’Emmanuel Macron, qui leur rappelait la leur : sans financement, sans soutien, il montait sur la table, disait n’avoir rien à perdre et vouloir défendre ses convictions. Les jeunes quadras de la finance ou de la tech se sont vite retrouvés dans cette démarche.» Autant d’individus qui deviennent des contacts pour En marche. Olivier Duha confirme : «Cela fonctionne par capillarité. On appelle dix personnes, qui en appellent trois chacune. Ce sont des réseaux de gens qui se connaissent bien. Par ricochet, il s’est monté d’autres réunions. C’est assez facile de tirer sur la bobine…»

    Le dirigeant, dont la société est valorisée plus d’un milliard d’euros, parle de «machine de guerre» pour décrire En marche. «J’ai été sollicité par Les Républicains, mais il y avait la même différence entre eux et l’équipe de Macron qu’entre un groupe du CAC 40 bureaucratique et embourbé dans des réunions sclérosantes et une start-up flexible, agile et performante. Ils ont très vite mis en place un process qui fonctionnait bien, avec une approche marketing : un discours pour décrire le projet, une identification des populations à cibler et des sollicitations efficaces par mail avec le concours des « helpers » [bénévoles, ndlr].»

    Dès avril 2016, des événements destinés à des récoltes de fonds sont programmés jusqu’au début de l’été, la plupart du temps hébergés au domicile privé des donateurs. Au mois de mai, Sophie Ferracci, directrice de cabinet du ministre Macron, s’inquiète de ne pas avoir toutes les dates inscrites «dans [ses] tablettes». Une organisation parfois précipitée, mais cadrée à la minute près.

    Le 1er juin, un événement organisé chez un jeune patron, dans le XVIe arrondissement de Paris, prévoit «le passage d’Emmanuel». Avec un timing très serré : quinze minutes de «salutations», vingt minutes de «speech», vingt minutes de questions-réponses, et enfin cinq minutes de «sortie». La cible : 35 membres de «cercles influents (hors PDG CAC 40)». «Potentiel maximum de dons» : 225 000. «Probabilité de dons» : 60 %. Résultat, «un montant prévisionnel» de 135 000 euros.

    Reste un problème de taille : Emmanuel Macron étant toujours à Bercy, le risque de conflit d’intérêts est patent. La décision est donc prise de ne pas encaisser «quatre ou cinq chèques» de donateurs dont l’activité pourrait être «influencée par les décisions du ministre», comme l’avait expliqué Christian Dargnat à Mediapart. Mais hors de question de s’asseoir définitivement sur les dons pour autant. Les chèques sont mis de côté pour être encaissés dès que Macron quittera ses fonctions. Impossible, en revanche, de savoir quels sont les donateurs concernés : dans des documents internes, les équipes d’En marche évoquent une procédure particulière pour ces profils sensibles, dont les noms doivent transiter uniquement par la messagerie sécurisée Telegram, et non par une boîte mail classique. Mais dès le lendemain de sa démission, le 30 août 2016, les mails font état d’un «amendement des procédures de validation» : en cas d’éventuels soucis avec les gros donateurs, les chèques seront vérifiés après encaissement.
    Passer à la caisse

    Cinq mois après son lancement, En marche est financé à plus de deux tiers par les grands donateurs, selon un document interne daté de septembre 2016. Près de 1,9 million d’euros ont déjà été récoltés, soit près de 400 000 euros par mois. Mais le plus dur reste à faire. Après la démission du ministre, son activité en vue de la présidentielle s’accélère. Les ambitions aussi. Afin de toucher de nouveaux grands donateurs, l’équipe décide d’accroître le nombre des levées de fonds en multipliant les dîners, mais aussi les petits-déjeuners ou les brunchs. Pour draguer, l’équipe d’En marche s’appuie sur un listing de 3 000 contacts au «taux de conversion élevée». Comprendre : largement susceptibles de passer à la caisse. «L’étape 2.0» de la collecte est lancée. Plusieurs freins aux dons sont identifiés. En particulier l’incertitude qui plane encore sur la candidature de Macron à la présidentielle, et la suspicion d’être un «faux nez» de François Hollande. Mais ces limites sont sur le point d’être levées : le 16 novembre 2016, Macron se lance officiellement dans la course à l’Elysée.

    En dehors des événements en France, l’autre piste de financement jugée «incontournable» est l’international. Tous les soutiens de la première heure sont invités à ouvrir leur carnet d’adresses. Parmi eux, Guillaume Rambourg, directeur d’un fonds d’investissement, organisateur de deux dîners parisiens et lui-même grand donateur. «J’ai connu Emmanuel Macron lorsqu’il était conseiller à l’Elysée, raconte-t-il à Libération. Ayant vécu des années à Londres, je l’ai aidé à se connecter aux Français travaillant dans la finance en Angleterre.» Au total, six déplacements seront effectués dans la capitale britannique par le candidat ou le trésorier de l’association de financement d’En marche.

    Autre cible de choix : New York, où Macron effectue son premier déplacement en tant que candidat déclaré, du 4 au 6 décembre 2016. En trois jours, il enchaîne les rencontres. Devant les journalistes, il s’affiche avec le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, tandis qu’il poursuit en coulisse sa levée de fonds avec des événements calibrés sur le même modèle qu’en France. Dans une scène fugace, captée par la caméra du documentariste Yann L’Hénoret et diffusée au lendemain de la victoire de Macron, l’ex-ministre de l’Economie prend la parole au milieu des convives, dont les visages sont floutés : «Je ne vais pas vous faire un très long speech. Sur l’argent, une campagne présidentielle, c’est plafonné. Vous n’avez pas le droit d’être aidé par des entreprises, vous pouvez être aidés par des particuliers. […] J’ai encore besoin de lever en « equity » 5-6 millions d’euros», lance-t-il, pas peu fier de sa blague de banquier, devant un parterre d’invités ravis.

    Pour ce déplacement, Macron peut compter sur Christian Deseglise, l’un des directeurs internationaux de la banque HSBC, chargé des banques centrales et des fonds souverains. Sa présence au côté du candidat était déjà connue à l’époque, mais la lecture de plusieurs mails permet de saisir l’ampleur de son implication. Dans un échange daté du 20 octobre 2016, Deseglise est clairement présenté comme celui qui «organise le déplacement d’EM [Emmanuel Macron, ndlr] à NYC». Le cadre de HSBC demande notamment des précisions «sur les modalités de réception des donations», afin de «fournir des instructions précises».

    Quelques jours plus tard, Deseglise correspond avec le responsable d’une société de «private equity» basée à New York, pour le sensibiliser à la venue du candidat aux Etats-Unis. Les intentions sont limpides. Si Macron vient pour présenter «des grands thèmes de son programme présidentiel», Deseglise précise : «Le second objectif, soyons très clairs, est une levée de fonds». «Un enjeu majeur pour les prochains mois», insiste le haut dirigeant de HSBC, qui s’implique tant pour la réservation d’une salle d’une université new-yorkaise qu’en gérant les modalités de paiement des dons. Il n’a pas répondu aux sollicitations de Libération.Sylvain Fort, l’un des communicants de Macron, insiste sur les «réseaux académiques» de Christian Deseglise pour justifier son rôle.
    Sous-évaluation

    A mesure que la campagne s’accélère, les dons affluent et, début 2017, l’équipe semble dépassée. Comme le montrent les mails internes, les questions des journalistes se font de plus en plus pressantes à ce sujet. En mars, la responsable de la com demande un point financier à Christian Dargnat. Ce dernier annonce une collecte totale de 9,3 millions d’euros. Mais, après réflexion, l’équipe décide de «communiquer» sur 8 millions. Dix jours plus tard, même scénario avec Libération : le montant des dons a déjà atteint 11 millions d’euros mais, après discussion interne, le chiffre n’est pas retenu. «Collecte totale : 11 millions d’euros – on communique sur 10», avance le trésorier. «Mettre 9 millions de dons perçus et pas 10», lui répond Benjamin Griveaux, porte-parole de Macron. C’est bien ce dernier chiffre qui sera repris dans la presse au cours des jours suivants. Une sous-évaluation désormais assumée par l’équipe d’En marche, présentée à Libération comme un décalage d’actualisation des chiffres et la volonté de ne pas décourager les nouveaux dons.

    Soucieuse de démontrer que Macron n’est pas le «candidat des riches», la communication d’En marche s’entête également à minimiser le rôle crucial des grands donateurs dans le financement de la campagne, expliquant début avril à Libération que «seuls 1,7 % des dons dépasseraient 5 000 euros». Pas faux. Sauf que, selon nos estimations, ces 1,7 % de gros donateurs représentent encore, en mars 2017, près de 45 % de la collecte globale. Une proportion qui ne cessera de diminuer avec l’afflux des petits donateurs en fin de campagne. Aujourd’hui, l’équipe d’En marche assure que cette proportion est d’un tiers. «45 000 personnes ont donné moins de 60 euros», préfère retenir Benjamin Griveaux.

    http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/05/11/comment-en-marche-a-resolu-sa-question-de-fonds_1568975

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    jc durbant:

    Hussein enfonce Manuel

    Un discours millimétré, calibré, mais il y a un hic, puisque l’équipe du candidat en charge de la traduction de la vidéo s’est laissée aller à une cruelle erreur. Les «liberal values», évoquées par Barack Obama dans la vidéo, ont été traduites, à tort, en «valeurs libérales», là où il aurait plutôt fallu lire «valeurs progressistes», le terme ne décrivant pas du tout la même philosophie politique des deux côtés de l’Atlantique. Le libéral américain est keynésien, c’est-à-dire interventionniste sur le plan économique et libertaire sur le plan des mœurs. L’erreur est d’autant plus dommageable pour Emmanuel Macron qu’il s’est défendu tout au long de sa campagne que l’on réduise son projet politique et économique à ce simple terme.

    http://www.slate.fr/story/145020/macron-obama-video-soutien

    «[Macron] est libéral, il ne s’en cache pas, au moins celui-là on ne pourra pas dire qu’il nous aura menti sur son programme.»

    Titiou Lecoq

    J’en ai marre d’entendre tous ces perroquets qualifier [Emmanuel Macron] de libéral voire d' »ultra-libéral »! (…)

    Carole Gandon (animatrice du Comité En Marche !)

    «L’un de ses arguments est le suivant: qualifier Macron de libéral (sur le plan économique) va détourner des urnes des électeurs de gauche»

    Titiou Lecoq

    « Le libéralisme est un système qui place l’individu au coeur du système politique, et qui cherche à faire primer la liberté sur l’égalit. (…) Emmanuel Macron est un mélange des deux. Même s’il veut tempérer par une certaine intervention de l’Etat, pas totale, il est partisan pour une certaine dérégulation. (…) « Emmanuel Macron est un peu coincé, son image dynamique, celle de l’entreprenariat, de la finance est connotée d’un certain libéralisme et aussi d’un mondialisme. Sauf que cette image n’est pas celle d’une part important des électeurs de gauche. Il est plus dans une stratégie de l’entre deux tours que dans de réels choix et convictions politiques. »

    Christophe Boutin (université de Caen)

    http://ateliers.cfjlab.fr/2017/04/25/macron-liberal-le-mot-qui-fache/

    Ce qui m’énerve, ce sont ceux qui l’associe à l’ultra libéralisme. Si ça veut dire dérégulation du marché, que tout soit défini par le marché, ce n’est pas vrai. Emmanuel Macron est libéral si cela implique la liberté d’entreprendre, le fait que tout soit facilité pour que les gens puissent être actifs dans l’économie, qu’ils puissent créer des entreprises, participer à construire notre société.

    Gabrielle Pollet

    http://ateliers.cfjlab.fr/2017/04/25/macron-liberal-le-mot-qui-fache/

    https://jcdurbant.wordpress.com/2007/04/29/antiliberalisme-pourquoi-tant-de-haine-frances-right-turn/

    https://jcdurbant.wordpress.com/2007/01/04/lacordaire-retour-sur-un-malentendu-looking-back-at-french-catholicisms-most-misunderstood-unrepentant-liberal/

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    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    George Orwell disait, je crois dans 1984, que dans les temps de tromperie généralisée, dire la vérité est un acte révolutionnaire.

    David Hoffmann

    Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.

    George Orwell

    Ce n’est pas en refusant de mentir que nous abolirons le mensonge : c’est en usant de tous les moyens pour supprimer les classes. (…) Tous les moyens sont bons lorsqu’ils sont efficaces.

    Jean-Paul Sartre (Les mains sales, II, 5, 1948)

    Ce que nous voulons, c’est la liberté par tous les moyens, la justice par tous les moyens et l’égalité par tous les moyens.

    Malcom X (1964)

    Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants.

    Barack Hussein Obama (2008)

    Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir.

    Hillary Clinton

    J’admire la campagne qu’Emmanuel Macron a menée. Il a défendu les valeurs libérales. (…) Il s’adresse aux espoirs des gens et non à leurs peurs.

    Barack Hussein Obama

    On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit.

    Emmanuel Macron

    Notre culture, ça ne peut plus être une assignation à résidence. Il n’y aurait pas la culture des uns et la culture des autres, il n’y aurait pas cette formidable richesse française, qui est là, dont on devrait nier une partie, il n’y a d’ailleurs pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple. Et je ne veux pas sortir du champ de cette culture, certains auteurs ou certains musiciens ou certains artistes, sous prétexte qu’ils viendraient d’ailleurs.

    Emmanuel Macron

    La colonisation est un crime contre l’humanité. C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes.

    Emmanuel Macron

    ]e suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

    Emmanuel Macron

    Monsieur Macron a dit qu’il n’y avait pas de culture française, montrant qu’il n’a rien compris à ce qui fait la France. Qu’est ce qui nous réunit s’il n’y a pas une culture française ? Qu’est ce qui fait que nous sommes des Français ? La France c’est pas un hôtel international sans âme où cohabitent des individus anonymes et des communautés étrangères les unes aux autres. Nous ne sommes pas une aire d’autoroute où les citoyens du monde se croisent par hasard avant de reprendre leur route. Oui il y a une culture française, oui il y a un art français, oui il y a une manière de penser française. Nous les recevons en héritage, de tous ceux qui nous ont précédés. Et nous les conservons ! Comme une part essentielle de nous-même, à transmettre aux générations qui nous suivront. Nous sommes les héritiers d’une lignée de Français, qui ont su au fil des siècles, par leur bravoure, par leur génie, hisser notre pays parmi les plus grandes nations du monde.

    François Fillon

    La religion musulmane doit accepter sans condition tout ce que les autres religions ont accepté par le passé. (…) Je veux un strict contrôle administratif du culte musulman, tant que son ancrage dans la République n’est pas achevé. Je veux la dissolution immédiate de tous les mouvements qui se réclament du salafisme ou des frères musulmans. (…) La France unie n’est pas une addition de communautés. Nous avons une identité, nous avons des coutumes, nous avons une culture, nous avons un drapeau. Le repli communautariste est un danger (…) je serais le défenseur intransigeant de la liberté d’expression même quand il s‘agit d’exprimer leur attachement à leur culture, à leur origine, à leur nation, à la France. (…) L’immigration, sans intégration doit être stoppée. En France, les étrangers ont des devoirs, avant de réclamer des droits. C’est une question d’unité nationale. (…) On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide (…) je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis (…) pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques (…) je sais aussi que nous aurons besoin de tout le monde (…) n’opposons pas les riches aux pauvres, les patrons et les ouvriers, les croyants et les agnostiques. (…) C’est la même France (…) c’est la France des rois et des sans culottes (…) la France de Châteaubriand et de Kessel (…) Quand on a des valeurs, on les défend !

    François Fillon

    Si le candidat d’En marche! ne prend pas en charge les réalités populaires et les aspirations que dévoile cette élection, sa victoire sera une victoire à la Pyrrhus. La dynamique populiste est enclenchée et ne cessera de monter si on ne traite pas toutes les questions économiques, sociales et culturelles qui sont en jeu. La présidentielle de 2017 et la victoire d’Emmanuel Macron n’offrent qu’un sursis à ce monde d’en haut, mais, si le chef de l’État n’apporte aucune réponse aux catégories populaires, à cette France d’en bas qui se sent exclue de la mondialisation, il est probable que la bascule s’opère alors en 2022 avec le parti le plus à même de repré senter cette dynamique-là. Le modèle actuel n’est pas socialement durable. Si la France d’en haut ne parvient toujours pas à être exemplaire et à parler à celle d’en bas, ses jours sont comptés. (…) À l’issue de mes travaux, j’ai distingué une fracture française qui se situe entre les grandes métropoles mondialisées et le reste, la « France périphérique ». Celle- ci n’est donc pas exclusivement rurale et englobe également des petites et moyennes villes. Elle concerne ainsi tous les territoires qui se trouvent à l’écart des grands pôles urbains, pôles qui créent le plus d’emplois et se trouvent insérés dans la mondialisation. Cette fracture s’observe d’ailleurs aussi bien en France que dans les autres pays européens ou aux États Unis: la logique est partout la même et provient d’une disparition des classes moyennes « le plus grand plan social de l’histoire. Ces classes sont devenues de nouvelles classes populaires, qui ont le sentiment d’être invisibles et de ne pas être économiquement intégrées. Comme partout dans les pays développés, les ressorts de la dynamique populiste reposent d’une part sur la destruction de la classe moyenne traditionnelle et sa mise à l’écart des métropoles mondialisées,et d’autre part sur l’émergence d’une société multiculturelle. Si une partie de la France populaire est réceptive au discours de Marine Le Pen, celle-ci ne rallie qu’une partie du monde d’en bas. Il est toutefois effectivement frappant de constater que son vote est surreprésenté dans cette France périphérique et sous-représenté dans la France des grandes métropoles. Le constat est inverse pour Emmanuel Macron, incarnation de la nouvelle bourgeoisie. Par ses propos sur la « société ouverte » , le néolibéralisme, le libre-échangisme, le candidat d’En marche! a été le candidat des grandes métropoles.. Partout en France, comme aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, les richesses et la création se concentrent dans les métropoles. Et partout dans le monde, ce modèle crée sa contestation populiste. Celle-ci émane des catégories qui constituaient hier le socle de la classe moyenne – ouvriers, employés, paysans – , et des mêmes territoires. Catégories qui ont été les grandes perdantes du processus d’adaptation des économies occidentales aux normes de l’économie-monde. La mondialisation repose, en effet, sur une division internationale du travail qui condamne sur le temps long la classe moyenne occidentale. L’émergence d’une classe moyenne chinoise ou indienne s’est ainsi réalisée au détriment des ouvriers ou employés américains, français ou britanniques. Ce terrible constat explique que nous vivons depuis trente ans un processus de la sortie de la classe moyenne” qui vit désormais sur des territoires éloignés des zones d’emploi dynamiques. Et le vote Trump est porté par l’Amérique périphérique, le Brexit par la Grande-Bretagne périphérique, le vote Le Pen par la France périphérique (…) On observe déjà une division entre l’Est, qui a principalement voté pour Marine Le Pen, et l’Ouest, qui a davantage voté Macron. Mais cette géographie sociale provient de l’héritage industriel, où les industries étaient présentes essentiellement dans l’Est, et le rural et le tertiaire dans l’Ouest. Il est plus instructif de zoomer sur chaque territoire. Que ce soit dans des régions où Marine Le Pen est en tête ou d’autres dans lesquelles Macron l’emporte, une même logique s’opère. Ainsi, à l’issue du premier tour, en Bretagne, où Macron a obtenu plus de voix, celles-ci ont été gagnées dans les grandes villes bretonnes, comme Rennes. Dans cette dernière, Marine Le Pen a fait moins de 6%, mais a dépassé les 20% dans certaines zones rurales bretonnes. De la même manière, à l’Est, la candidate du FN fait un score moins bon dans des grandes villes comme Nancy, alors qu’elle triomphe dans les petites villes de la région. On le constate, la dynamique France périphérique-métropole marche à l’intérieur de chaque région. Il y a donc une sociologie assez similaire. Le premier tour révèle donc l’ »implosion des partis traditionnels. (…) Si les affaires ont évidemment joué, la difficulté de la droite a été ,dès le départ, d’arriver à convaincre cet électorat de la France périphérique, désormais arrimé au Front national. Il ne se sent pas représenté par la droite traditionnelle, perçue comme trop libérale. L’entrée en campagne de François Fillon sur le mode de réduction des dépenses publiques et d’adaptation aux normes de l’ économie mondialisée a eu un effet destructeur. Son échec réside dans son incapacité à se connecter avec cet électorat populaire et dans le fait que son discours s’est en partie adressé à une classe moyenne en voie de disparition. (…) ]Pour le vote Fillon] Une minorité, à la marge, parce qu’elle est totalement dans une logique anti- système, a voté FN. Mais le reste des électeurs de cette France insoumise s’est plus largement reporté sur Emmanuel Macron ou réfugié dans l’abstention, pour une raison simple : les voix de Jean-Luc Mélenchon proviennent davantage de l’ électorat populaire des banlieues des grandes villes que des véritables périphéries. Cela reste un vote plutôt des grandes métropoles, avec beaucoup d’ électeurs de la fonction publique et de la gauche classique.

    Christophe Guilluy

    The enduring narrative of the American dream is that if you study and get a college education and work hard, you can get ahead. The survey shows that many white working-class Americans, especially men, no longer see that path available to them. … It is this sense of economic fatalism, more than just economic hardship, that was the decisive factor in support for Trump among white working-class voters.

    Robert P. Jones (PRRI)

    White Americans carried Donald Trump to the White House. He won college-educated white voters by a four-point margin over Hillary Clinton, according to exit polls. But his real victory was among members of the white working class: Twice as many of these voters cast their ballots for the president as for Clinton. In the wake of Trump’s surprise win, some journalists, scholars, and political strategists argued that economic anxiety drove these Americans to Trump. But new analysis of post-election survey data conducted by the Public Religion Research Institute and The Atlantic found something different: Evidence suggests financially troubled voters in the white working class were more likely to prefer Clinton over Trump. Besides partisan affiliation, it was cultural anxiety—feeling like a stranger in America, supporting the deportation of immigrants, and hesitating about educational investment—that best predicted support for Trump. This data adds to the public’s mosaic-like understanding of the 2016 election. It suggests Trump’s most powerful message, at least among some Americans, was about defending the country’s putative culture. Because this message seems to have resonated so deeply with voters, Trump’s policies, speeches, and eventual reelection may depend on their perception of how well he fulfills it. In September and October 2016, PRRI and The Atlantic surveyed American voters about how they were feeling about politics. Researchers specifically focused on white, working-class voters—people without college degrees or salaried jobs. This group accounts for one-third of American adults. They make up a bigger share of the population in the Midwest than they do in any other region, and more than half of rural Americans are part of the white working class.As it turned out, this would become one of the most decisive groups of voters in the election. In November, researchers returned to this group to see how its members had voted and get a sense of why. They found that 64 percent of these voters had chosen Trump, while only 32 percent chose Clinton. While white, non-college-educated voters tend to prefer Republicans, Trump won them by a larger margin than any presidential candidate since 1980, according to the Pew Research Center. Controlling for other demographic variables, three factors stood out as strong independent predictors of how white working-class people would vote. The first was anxiety about cultural change. Sixty-eight percent of white working-class voters said the American way of life needs to be protected from foreign influence. And nearly half agreed with the statement, “things have changed so much that I often feel like a stranger in my own country.” Together, these variables were strong indictors of support for Trump: 79 percent of white working-class voters who had these anxieties chose Trump, while only 43 percent of white working-class voters who did not share one or both of these fears cast their vote the same way.The second factor was immigration. Contrary to popular narratives, only a small portion—just 27 percent—of white working-class voters said they favor a policy of identifying and deporting immigrants who are in the country illegally. Among the people who did share this belief, Trump was wildly popular: 87 percent of them supported the president in the 2016 election. Finally, 54 percent of white working-class Americans said investing in college education is a risky gamble, including 61 percent of white working-class men. White working-class voters who held this belief were almost twice as likely as their peers to support Trump. While the analysis pointed to some interesting patterns around economic status, more research is needed to confirm them. The findings contrast with much of the coverage of the election: People who said their finances are only in fair or poor shape were nearly twice as likely to support Clinton compared to those who feel more economically secure. (…) Nearly two-thirds of the white working class say American culture has gotten worse since the 1950s. Sixty-eight percent say the U.S. is in danger of losing its identity, and 62 percent say America’s growing number of immigrants threaten the country’s culture. More than half say discrimination against whites has become just as problematic as discrimination against minorities.

    The Atlantic

    Securing national borders seems pretty orthodox. In an age of anti-Western terrorism, placing temporary holds on would-be immigrants from war-torn zones until they can be vetted is hardly radical. Expecting “sanctuary cities” to follow federal laws rather than embrace the nullification strategies of the secessionist Old Confederacy is a return to the laws of the Constitution. Using the term “radical Islamic terror” in place of “workplace violence” or “man-caused disasters” is sensible, not subversive. Insisting that NATO members meet their long-ignored defense-spending obligations is not provocative but overdue. Assuming that both the European Union and the United Nations are imploding is empirical, not unhinged. Questioning the secret side agreements of the Iran deal or failed Russian reset is facing reality. Making the Environmental Protection Agency follow laws rather than make laws is the way it always was supposed to be. Unapologetically siding with Israel, the only free and democratic country in the Middle East, used to be standard U.S. policy until Obama was elected. (…) Expecting the media to report the news rather than massage it to fit progressive agendas makes sense. In the past, proclaiming Obama a “sort of god” or the smartest man ever to enter the presidency was not normal journalistic practice. (…) Half the country is having a hard time adjusting to Trumpism, confusing Trump’s often unorthodox and grating style with his otherwise practical and mostly centrist agenda. In sum, Trump seems a revolutionary, but that is only because he is loudly undoing a revolution.

    Victor Davis Hanson

    C’est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça.

    François Bayrou

    Il y a un temps pour la langue de bois. Un temps pour le parler franc. Difficile d’annoncer que l’élection présidentielle est un référendum pour ou contre la France puis de se satisfaire de… 34% de oui. Je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. D’autant que Marine Le Pen a bénéficié d’une exceptionnelle conjonction de planètes : président sortant discrédité, adversaire de droite détruit, diabolisation en berne (jusqu’au débat du 3 mai), Brexit, élection de Trump, invasion migratoire, attentats. Difficile d’imaginer un enchaînement de faits plus favorables pour engranger des suffrages. Et pourtant l’or d’une situation s’est transformé en plomb électoral. Une campagne plus équilibrée sur l’immigration et l’identité, une campagne plus positive, plus enthousiaste, moins récriminatoire, aurait donné un meilleur résultat. C’est sûr ! Victorieuse ? Peut-être pas : la marche était encore trop haute. Mais virer en tête au premier tour et tangenter les 45%, le 7 mai, sans doute. N’oublions pas que Marine Le Pen qui a démarré à 28% dans les sondages (et dans les élections régionales qui ont précédé) est tombé à 21% au soir du premier tour (à peine plus que le total Le Pen+ Mégret de… 2002). Au deuxième tour, elle partait avec un potentiel de 40% à 42 % qu’elle a fait chuter à 34 % : beaucoup mieux que son père en 2002, c’est vrai, mais lui affrontait un candidat étiqueté de « droite ». En dehors de quelques oligarques sectaires ou serviles, chacun sait bien au FN que le débat du 3 mai a été catastrophique (y compris pour l’avenir) et que la ligne souveraino–jacobino- monétariste est un bâton merdeux. (…) il y a évidemment place pour une sensibilité de gauche et pour une sensibilité souverainiste au FN, mais à sa juste place, pas en position de quasi-monopole pour les places, bien sûr, mais aussi pour la structuration du discours. Vous connaissez le coucou : c’est un oiseau qui pond son œuf dans le nid d’autrui. Comme le petit coucou crie plus fort que les autres oisillons, les parents adoptifs le nourrissent mieux que leurs propres oisillons. Et quand le petit coucou est assez fort, il jette hors du nid ses frères de nichée.Vous avez là la stratégie de Philippot : il est entré dans un parti identitaire pour en faire un parti souverainiste. Au lieu de défendre la France, on défend le franc. Au lieu de défendre son identité civilisationnelle, on verse dans l’économisme. C’est le recyclage du gaullisme de pacotille de Seguin et du souverainisme désincarné de Chevènement à coups d’accents bolcheviks. La campagne de deuxième tour, c’est quinze jours de drague éhontée des électeurs de Mélenchon pour n’en récupérer que… 7%. Comme c’est ballot, les réserves étaient à droite : 20% des électeurs de Fillon et 35% de ceux de Dupont-Aignan votant pour la candidate nationale. Des électeurs qui ont eu bien du mérite car tout a été fait pour les dégoûter ! Qui peut sérieusement penser que Marine Le Pen sur la ligne Philippot – qui est aussi la sienne – pourrait avoir des chances sérieuses en 2022 ? Il faut éviter de se raconter des histoires. Alors qui ? Quitte à avoir une ligne philippotiste pourquoi pas Philippot ? A tout prendre ! Quitte à avoir une ligne souverainiste pourquoi pas Dupont-Aignan, d’autant qu’il a pris, lui, conscience des enjeux du Grand Remplacement ? Sur une ligne plus identitaire et plus conservatrice, Marion Maréchal Le Pen, bien sûr. Et puis les événements à venir permettront peut-être à une nouvelle personnalité d’émerger. (…) [Le départ de Marion] Quelle tristesse ! Quel gâchis ! Au-delà des raisons personnelles – respectables – qui ne voit les raisons politiques ? Son choix était le suivant : se soumettre à une ligne et des pratiques de management politique qu’elle désapprouvait. Ou entrer en guerre civile. Elle a voulu éviter cela. L’histoire connaît des infanticides, des parricides mais pas de « tanticide » et ce ne sera pas pour cette fois …

    Jean-Yves Le Gallou

    A Denain, le taux de pauvreté et le taux de recours aux minima sociaux est le plus important de France. Dans cet ensemble, certains critères structurants sont forts. Il y a, par exemple, en France, une distinction forte entre la France installée sur une ligne TGV et la France installée sur une ligne classique, voire la France des gares qui ferment. Ce critère-là est symbolique mais puissant. (…) Les Républicains américains se sont rangés finalement derrière Donald Trump parce qu’ils n’avaient pas le choix : ils se sont faits dépasser par lui et parce qu’ils n’ont pas su maitriser le mouvement du Tea Party qui a pris une influence grandissante au sein du GOP. La comparaison ne peut cependant pas être parfaite : il y a des différences importantes entre Donald Trump (et le Tea Party) et le Front national de Madame Le Pen, à commencer par l’économie : le premier défend un programme plutôt « poujadiste » (si le qualificatif peut s’employer pour les Etats-Unis) alors que le second a adopté des positions très ancrées à gauche. En France, le sujet de l’insécurité culturelle semble avoir été au cœur des débats politiques des dernières années et il n’a pas été porté de manière unique par le Front national : on peut considérer que les débats sur l’ « identité nationale », à l’époque du président Sarkozy, était une manière d’aborder le sujet ; ou que Manuel Valls avait aussi essayé d’en parler. La campagne présidentielle n’en a pas réellement parlé, mais cela est vrai de tous les autres sujets : ce sont les affaires qui ont dominé. (…) le soutien du Parti Républicain aux Etats-Unis apporté à Trump fut très fluctuant et parfois même très limite. Si l’on fait le compte des dirigeants républicains qui ont attaqué Trump, y compris dans la dernière ligne droite de l’élection, on peut fortement tempérer votre propos. Pour des raisons historiques, les Etats-Unis ont vraiment du mal à sortir du bipartisme, de telle sorte que l’aile équivalente au Front National est de fait intégrée au parti républicain. Mais cette intégration ne signifie pas que la coexistence est tous les jours pacifique. Bien au contraire. Sur ce point, le Front National pourrait aussi considérer que la vie politique française lui offre la possibilité de mieux valoriser son approche et ses propositions, en concourant aux présidentielles sans frein, ou sans passe obligatoire par une primaire. Avec un peu d’efforts, il est d’ailleurs très probable que le Front National serait capable de récupérer une part substantielle des forces de droite.

    Éric Verhaegh

    Lorsqu’on en reviendra à dire que MLP est centre-droit (…) on comprendra sans doute mieux la pensée de la multitude déstabilisée face à celle de l’élite déracinée.

    Erwan Le Noan

    Ce n’est pas seulement en revenant à un chômage minimum qu’on résoudra le malaise français. Il y a aussi des questions culturelles (« d’identité », de « vivre-ensemble », de « collectif », appelons-les comme on veut) qui se posent avec acuité. Malheureusement, elles sont souvent écartées d’un revers de la main dans le débat public, ce qui interdit à la fois d’y réfléchir et d’y répondre. (…) L’une des clés d’analyse, mais surement pas la seule, est qu’une partie de la population occidentale – pas seulement française ! – a l’impression que sa vie lui échappe, qu’elle ne contrôle plus rien, qu’elle subit ; et qu’à l’inverse, une autre partie profite pleinement et de manière injuste du monde et de ses opportunités. D’une certaine manière, la colère contre les inégalités (d’un Occupy Wall Street, Podemos et France Insoumise) rejoint le malaise identitaire (exprimé par Donald Trump ou le Front national) : l’un et l’autre expriment une demande d’unité, de cohésion identitaire et/ou sociale. Le test de l’ »insécurité sociale » est simple: voir si on appelle extrême la tradition. Sans jugement de valeur. Dire que la société doit s’ordonner librement autour/pour des personnes françaises, nées d’un père et d’une mère également considérés et mariés, et justement rémunérées pour le travail que doit leur ménager fraternellement la société est en général la définition du centrisme. C’est aujourd’hui ce qui est qualifié d’extrême, laissant au « nouveau centre » la source de l’insécurité sociale. Lorsqu’on en reviendra à dire que MLP est centre-droit et Mélanchon centre-gauche on comprendra sans doute mieux la pensée de la multitude déstabilisée face à celle de l’élite déracinée.. Cette impression d’abandon est cruciale et motive une demande de reconnaissance multiple : les citoyens concernés veulent « simplement » qu’on admette que leur mode de vie est aussi valable que les autres, que leur attachement à certaines traditions n’est pas méprisable, que leur vision du travail, notamment industriel, n’est pas une ineptie. Or, tout un discours politique décrit un sens unique du progrès intellectuel et moral, et désigne comme des arriérés voire des coupables ceux qui, pour une raison ou une autre, y résistent.

    Erwan Le Noan
















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