eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Présidentielle 2017: Le roi est mort, vive le roi ! (Are France’s presidents turning into African sacred kings and their terms into the extended intermissions of a violent sacrificial ritual ?)

Posté le lundi 8 mai 2017 par jc durbant

https://i1.wp.com/img2.closermag.fr/var/closermag/storage/images/media/images-des-contenus/article/2017-02-09-a-lire-dans-closer-emmanuel-macron-non-il-n-est-pas-gay/closer-609-emmanuel-macron-et-brigitte-macron-en-couverture/5608135-2-fre-FR/CLOSER-609-Emmanuel-Macron-et-Brigitte-Macron-en-couverture_exact1024x768_p.jpghttps://i1.wp.com/media2.woopic.com/api/v1/images/661%2Fafp-news%2F59b%2Fe06%2Feab4072eeb390cf8793c315a60%2F001_NV7HM-highDef.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2012/05/sarkozylepen.jpg?w=316&h=421https://jcdurbant.files.wordpress.com/2017/04/libecc81-tout-sauf.png?w=450&h=563Attention: un sacrifice peut en cacher un autre !

Jet de l’éponge inédit d’un président trop normal en fin de premier mandat, mise à mort juridico-médiatique du seul véritable candidat de l’alternance, mise au pilori national pour cause de malpensance d’une candidate et de son électorat de sans dents, score presque africain – et même avec 90% soviétique ou nord-coréen à Paris ! – au tour final de l’élection présidentielle, abstention, votes nuls et blancs records (pas moins de 16 millions – du jamais vu depuis près de 50 ans ! – face aux 20 millions de voix du vainqueur !) …

Après les 20% transformés magiquement face à un épouvantail créé de toutes pièces en 80% africains puis en dix longues années d’immobilisme de l’escroc Chirac …

Et l’explosion en vol in extremis d’un DSK associé à l’ignoble diabolisation de son prédécesseur transmutant un François Hollande trop « normal » en président par défaut puis, après un chemin de croix de cinq ans jusqu’à, dans un sondage récent, un 4% historique de satisfaits, en recordman de l’impopularité de la Ve république …

Comment ne pas voir …

Derrière le sacre hier soir sur les pavés mêmes de l’ancien palais des rois de France …

Et surtout entre cabinet noir et cabale des juges et des médias …

Le nouveau président que viennent de se faire imposer hier soir les Français …

Comme autre chose, malgré ses couleurs affichées, qu’un nouveau président accidentel dans ce qui commence à devenir une série ?

Et surtout ne pas repenser …

Au moment où le mort saisit le vif …

A cet entretien prophétique, deux semaines à peine avant le lancement de l’affaire par le Canard enchainé …

De cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et auteur d’un livre girardien sur les « parias de la République » dans le Figaro …

Voyant en François Fillon « le profil d’un bouc émissaire, sans aucun doute » …

Et  à l’heure où les mandats présidentiels ressemblent de plus en plus aux entractes prolongés du processus sacrificiel …

Ne pas s’inquiéter …

Pour le sort s’il persiste à oublier les circonstances ô combien particulières de son élection

Comme la montée de la colère des oubliés qu’il a tant stigmatisés pour ce faire …

D’un président que certains n’hésitent pas à accuser déjà …

D’avoir sans compter les soupçons d’homosexualité …

Figurativement tué père et épousé mère ?



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30 réponses à “Présidentielle 2017: Le roi est mort, vive le roi ! (Are France’s presidents turning into African sacred kings and their terms into the extended intermissions of a violent sacrificial ritual ?)”

  • 30
    jc durbant:

    « atlantiste caché et rentré » …

    Ou poutinolâtre comme justement le drôle de paroissien pilleur de troncs …

    Ou peut-être la grosse cantinière blondasse plutôt pétainiste ?

    http://extremecentre.org/2016/04/28/presidentielle-americaine-le-duel-se-precise/comment-page-1/#comment-338909

  • 29
    Letel:

    Mercator est un atlantiste caché, et rentré, let’s celebrate!
    Raison (masochiste) de sa longue présence ici. Mais ça fait rien, on prend tout sur eXc…

  • 28
    jc durbant:

    Ah, enfin quelqu’un qui comprend le « fatras d’interminables textes illisibles en anglais et français, disant tout et son contraire » de « l’inoffensif professeur Nimbus » … !

    Eh oui, quand avec ses habituelles imprécations et excommunications, le Merc se met à défendre le politiquement correct, faut bien que le « doux rêveur » se réveille …

  • 27
    MERCATOR:

    Décidément cela ne s’arrange pas chez certains du blog,je parle de jc D qui montre son véritable visage,on a pu un temps, ses posts, sous un fatras d’interminables textes illisibles en Anglais et Français, disant tout et son contraire, croire que c’était un doux rêveur, sorte d’inoffensif professeur Nimbus , mais l’échec annoncé de son poulain, pilleur de troncs d’églises, puis de la grosse cantinière blondasse plutôt petainiste, sa déclaration d’amour à la nièce, plutôt d’idéologie National-Socialiste, font, sans erreurs possibles, que l’on peut le ranger dans le rang des authentiques réactionnaires d’extrême droite.

  • 26
    jc durbant:

    Eh oui, Paris ne vaut même plus une messe !

    En attendant, sur la photo, cherchez la femme ! (sur fond d’évincement des journalistes politiques fantasme ancestral des politiques une fois parvenus au pouvoir)

    (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ?

    Cet évincement des journalistes politiques est un fantasme ancestral des responsables politiques. Précisons : des politiques une fois parvenus au pouvoir. Autant le journaliste politique est indispensable à l’opposant, ou au challenger, pour « exister » médiatiquement, autant il est alors suralimenté en confidences, en offs, en gossips, en dézingages des rivaux, autant il devient encombrant aux yeux de l’homme de pouvoir, qui n’a plus pour objectif que de faire valoriser son « action », ses projets, ses plans, et ses rataplans.

    En elle-même, l’idée n’est pas absurde. Le poids des journalistes politiques, dans les rédactions, au détriment de tous les autres spécialistes, est une des raisons (la principale ?) de la superficialité de cette presse. 99 fois sur cent, les reportages sur un voyage ou un déplacement politiques se réduisent à une petite phrase sur la péripétie politicienne du jour, au détriment de l’usine pilote, du quartier réhabilité, de la ferme modèle, du service hospitalier innovant, sur lesquels on voulait attirer l’attention, et qui se réduisent à une sorte de vague décor estompé. C’est totalement idiot, abêtissant pour les citoyens, et on comprend que ce soit rageant pour le pouvoir.

    Daniel Schneidermann

    http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/sur-le-radar/20170519.OBS9618/et-maintenant-john-fitzgerald-macron-veut-evincer-les-journalistes-politiques.html

    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/05/17/35003-20170517ARTFIG00244-macron-un-premier-gouvernement-et-deja-des-promesses-non-tenues.php

  • 25
    Letel:

    Vous l’avez voulu, vous l’avez eu…

    https://www.valeursactuelles.com/politique/les-alarmantes-declarations-de-la-secretaire-detat-marlene-schiappa-83464

  • 24
    jc durbant:

    Vous avez dit prophétique ?

    François Hollande allait réparer la France cassée par Sarkozy. Il allait faire en sorte de réconcilier les Français avec eux-mêmes, d’en finir avec les divisions. La France, disait l’un, c’était tout de même mieux sous Hollande; la France, disait l’autre, était enfin libre. Hollande était le nouveau Mitterrand (sic), la force tranquilou.

    Outre-atlantique, Obama allait faire aimer l’Amérique de nouveau. L’anti-américanisme n’allait être qu’un vieux souvenir. Le monde allait enfin aimer ce pays que le diable Bush avait fait détester. Obama, le nouveau Lincoln, FDR, JFK, Reagan.

    Bilan des courses ? Ces deux présidents se trouvent à des niveaux d’impopularité record y compris à l’étranger. Il y a une chose que n’ont pas saisi les thuriféraires d’Obama et d’Hollande. Un élément qui a totalement échappé à ces derniers : le problème n’était ni Bush ou Sarkozy mais, en partie, les temps incroyablement polarisés que nous vivons. Accentués, vraisemblablement, par tout ce que Internet à pu drainer comme déclinaisons (réseaux sociaux, blogs, sites anti ou pro quelque chose). Ils n’ont pas compris, non plus, que le monde qui s’est dramatiquement ouvert un matin du 11 septembre allait réclamer des hommes/femmes d’états et non des doux rêveurs.

    L’erreur d’Hollande, à mon sens, aura été d’entrer dans ce quinquennat avec les schémas du septennat. Avec un tel calcul, son quinquennat s’est, de fait, rapidement achevé par carence de mesures claires et effectives afin qu’elles percolent et montrent ses effets au moins un an avant la fin du mandat. Aussitôt dilapidé les 15 premiers mois, c’est fini, plus de retour en arrière.

    Obama, à peine est-il entré dans son deuxième mandat qu’il vient également de le terminer. Le ressentiment, entre autres, qui va être engendré avec la loi sur la santé et dont les effets vont se sentir plus sérieusement l’année prochaine va laisser une goût amer à tout le monde. Ne parlons même pas de la politique étrangère.

    Je plains les prochains hommes/femmes politiques. Après les espoirs démesurés qu’ont suscité ces deux-là, il sera difficile pour un homme ou une femme politique (US en 2016; France en 2017) de proposer un horizon un peu plus optimiste tant ce qu’on promis leurs prédécesseurs étaient illusoires…

    james

    11 Nov 13 à 20:04

    http://extremecentre.org/2013/11/11/11-novembre-hollande-degage/#comment-292966

  • 23
    jc durbant:

    Vous avez dit trumpien ?

    l’Elysée a en effet fait savoir qu’il lui reviendra de choisir les journalistes qui accompagneront Emmanuel Macron lors de ses déplacements, privant les rédactions de ce choix. Concrètement, seuls les journalistes spécialisés sur le thème de la visite du président (économie, international, culture…) seront autorisés à le suivre.

    Aucun président « ne s’est prêté à ce genre de système »

    Une décision qui n’a pas été appréciée par la presse et qui a conduit à la rédaction d’une lettre ouverte au président, signée par une quinzaine de sociétés de journalistes (dont celle de BFMTV), des directeurs de rédaction et l’organisation Reporters sans Frontières…

    http://www.bfmtv.com/politique/lettre-ouverte-des-journalistes-a-macron-1167116.html

  • 22
    jc durbant:

    Et si on avait enfin notre Schroeder ou… notre Trump ? (Plus basse cote de popularité de début de mandat depuis 20 ans et état de grâce de plus en plus court !)

    Un sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique indiquait ce jeudi qu’Emmanuel Macron affiche une cote de confiance de 45% (46% des sondés ne lui font pas confiance, et 9% sont sans opinion). Un niveau nettement moins élevé que celui atteint par ses prédécesseurs au lendemain de leur investiture. Edouard Philippe, tout juste nommé, bénéficie pour sa part d’une cote de confiance de seulement 36%. Quant à la composition du gouvernement, elle reçoit 43 % d’approbation pour 23 % de mécontents, et 34% qui ne se prononcent pas, selon un sondage OpinionWay pour Tilder-LCI publié jeudi.

    Un duo exécutif sous les 50%, ça ne s’est vu qu’une fois dans l’histoire de la Cinquième. Et la situation était assez semblable à celle d’aujourd’hui : il s’agit de Valéry Giscard d’Estaing, président centriste élu en 1974, et de son Premier ministre de droite… Jacques Chirac. Selon le baromètre IFOP de l’époque, « VGE » bénéficiait en début de mandat d’une cote de popularité de 44%, et son chef de gouvernement de 34%.

    Ironie du sort, Valéry Giscard d’Estaing, avant Emmanuel Macron, « est le premier à avoir introduit ce mythe des 100 jours et l’idée qu’il fallait aller vite, sur le modèle américain de Roosevelt et Kennedy. Il estimait que le temps de l’audace était court et nécessitait une urgence avant que les conservatismes n’empêchent l’action », analyse dans Les Échos Vincent Martigny, professeur de science politique à l’Ecole polytechnique et auteur du livre « Dire la France. Culture(s) et identités nationales (1981-1995) ».
    En 2002, Jacques Chirac affiche un taux de confiance de 53% après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen

    De nombreux analystes avaient prévu l’absence d’état de grâce d’Emmanuel Macron à cause de son score relativement faible face à Marine Le Pen au deuxième tour. Preuve que son projet n’aurait pas su suffisamment mobiliser, le taux d’abstention record : 25,44% (plus de 12 millions de personnes). Sans oublier le taux de votes blancs de 8,51 % et celui des votes nuls : 2,96%.

    Si on se réfère à l’élection de 2002, qui avait vu Jacques Chirac battre Jean-Marie Le Pen avec plus de 82% des voix et environ 20% d’abstention, le taux de confiance du président au début de son deuxième mandat était de 53%, soit 9 points de plus qu’Emmanuel Macron.

    Le taux de confiance en début de mandat est mesuré depuis plus de 50 ans par l’Ifop, et c’est Charles De Gaulle qui détient le record, avec 67% de confiance en 1959. Il est suivi par Nicolas Sarkozy (65% en 2007), François Hollande (61% en 2012), Jacques Chirac (59% en 1995), François Mitterrand et Georges Pompidou (54% en 1981 et 1969) et « VGE » (44% en 1974). Emmanuel Macron fermera donc La Marche.

    Autre institut de sondage, autre leçon : les cotes de popularité mesurées par TNS Sofres depuis 1978. Ce qu’on y apprend, c’est que l’état de grâce est de plus en plus court au fil de l’histoire. Illustration : pendant le mandat de « VGE », la courbe d’impopularité passe au dessus de la courbe de popularité en janvier 1981, en fin de mandat, alors que chez Mitterrand, les deux courbes se croisent en mai 1983, moins de 2 ans après son élection. Elles se croiseront dès octobre 1995 pour Jacques Chirac, dès décembre 2007 pour Nicolas Sarkozy, et dès septembre 2012 pour François Hollande, soit un « état de grâce » de quelques mois seulement.

    http://www.lci.fr/elections/cote-de-confiance-de-macron-au-plus-bas-pour-un-debut-de-mandat-hollande-sarkozy-chirac-comment-l-etat-de-grace-des-presidents-s-est-reduit-a-peau-de-chagrin-dans-les-sondages-2052520.html

  • 21
    madimaxi:

    D’accord en partie avec MERCO.
    Faut tout de même savoir que Fillon se voulait représenter une France d’honneur et de dignité. Cette France-là existe et elle se situe principalement à droite. Dans cette France régie par le principe d’exemplarité, le candidat Fillon a été rejeté. Car en matière d’exemplarité il a gravement fauté. Les arguties judiciaires n’ont aucun poids ici. Pour un Français d’honneur et de dignité le comportement de François Fillon se situait en bas de son échelle des valeurs.

    Maintenant, savoir si chez les autres c’est pareil n’est d’aucun intérêt. Premièrement car le niveau d’exigence n’est pas le même. Le gaucho qui faute est un « justiciable » et fier de l’être. Pour un type de droite, la justice commence dès la naissance. Secondairement parce que le « premièrement » est important.

    Quant à dire : « …Marine une authentique fasciste… » … je devine ce que tu veux dire mais je ne le partage pas. Jean-Claude nous a orientés vers des travaux de ce chercheur Guilluiy. J’avoue que le concept : « France mondialisée réussie vs France périphérique moisie »… est osé et ne manque pas d’arguments. Et pourtant, il n’est pas convaincant. Qui prend le dessus ici ? Quelle est la tendance ? Est-ce nouveau ? Ce sont les divisions à la française qui ont bâti ce pays. Non ?

  • 20
    MERCATOR:

    L’obstination à poursuivre se manifeste, en outre, de façon significative, par la saisine du juge d’instruction la veille, ou presque, de la publication de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui aurait provoqué la prescription de la plus grande partie des faits incriminés.

    Arrêtez de vous enferrer, vous défendez l’indéfendable, Fillon était un escroc au petit pied, pilleur de subsides et de prébendes, un individu infréquentable, et Marine une authentique fasciste à la mode bonne franquette Française,détestant les bougnoules, les métèques, les rastaquouères et bien sur les youpins, il vous faut un dessin ?

  • 19
    jc durbant:

    Excellent commentaire sur le site du Point !

    Obama blanc

    Qui se souvient de la façon dont a été accueillie, par certains médias français, l’élection du nouveau président américain il y a maintenant plus de huit ans ?
    Que n’a-t-on entendu sur la révolution douce en marche que le premier président noir allait sans aucun doute faire déferler sur une Amérique sclérosée.
    Huit ans plus tard, quel résultat ? Donald TRUMP à la maison blanche !
    Que nos médias bienveillants se souviennent et se méfient de ce qu’ils écrivent sur notre tout jeune et fringant président français. Ils pourraient déchanter. Mais nous avons la mémoire courte, alors…

    aw35 le 17/05/2017 à 09:14

  • 18
    jc durbant:

    « inattaquable pendant cinq ans  » …

    En l’espèce, la retenue judiciaire n’aurait pourtant pas eu d’effet exonérateur et n’aurait pas rompu l’égalité devant la justice, puisque des poursuites sont possibles au lendemain de la défaite du candidat ou, s’il est élu président de la République, à l’expiration de son mandat. Les délais de prescription sont, en effet, suspendus en vertu de l’article 67 de la Constitution dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle du 23 février 2007. Bien sûr, comme le souligne le garde des sceaux, la justice n’a pas à suspendre son cours à la veille d’une élection. Mais il ne s’agit, ici, ni de la justice en général ni de la généralité des instances. Il s’agit d’une affaire singulière, intéressant un événement crucial pour notre vie démocratique. Il était loisible au parquet, en l’absence de toute plainte d’un tiers, d’ouvrir son enquête – ou du moins l’instruction – après le scrutin, s’il estimait que les faits le méritaient et qu’il était compétent pour en connaître. L’obstination à poursuivre se manifeste, en outre, de façon significative, par la saisine du juge d’instruction la veille, ou presque, de la publication de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui aurait provoqué la prescription de la plus grande partie des faits incriminés.

    Jean-Eric Schoettl

  • 17
    jc durbant:

    On lèche, on lâche, on lynche

    les cataractes de compliments, les kilomètres de dithyrambes, les récits hagiographiques qui, depuis quelques jours, se déversent sans pitié et à flots continus sur l’infortuné chef de l’État. Ce dernier, insouciant, n’a pas l’air, pour l’instant, de prendre conscience de l’étendue de la pandémie.

    Il devrait pourtant se méfier, car le mal est sournois. Au début, la douche est délicieusement tiède et chatouille très agréablement l’épiderme. L’intéressé n’est, sans doute, pas tout à fait dupe du traitement flatteur qui lui est infligé. Mais, même s’il cultive une certaine méfiance envers les flagorneurs et les tient en piètre estime, il ne peut probablement pas s’empêcher de penser que ces portraits flatteurs, tout excessifs qu’ils soient, sont, après tout, en partie fondés. Ainsi va la nature humaine…

    Car Emmanuel Macron, n’en doutez pas, est le nouveau Richelieu de la politique, le Mozart de la finance, le Pic de la Mirandole de la culture. Il est aussi Jupiter, Chronos (grand maître des horloges en langage commun), nouveau Bonaparte, réincarnation de Clausewitz. Il marche sur les eaux du renouveau, ouvre la mer Rouge de la recomposition politique. Il met à jour la République d’Aristote en ajoutant aux trois catégories de gouvernement du philosophe grec (royauté, aristocratie, république) un objet politique novateur : le macronisme en marche. Il déroute le pèlerinage de Compostelle vers le Faubourg-Saint-Honoré.

    Il entame un bref service militaire juché sur un command car et les chaînes d’information continue se pâment d’admiration au spectacle de ce moderne Alexandre. L’histoire ne dit pas si, tel le roi de France après le sacre de Reims, il guérit les écrouelles, mais c’est éminemment probable.

    Le président Macron devrait être vigilant : on peut être asphyxié par un excès d’encens. Et après le miel vient le fiel. Il ne faut jamais perdre de vue que la roche Tarpéienne n’est pas bien éloignée du Capitole. Les sept collines de Rome sont pleines d’embûches : il convient de faire très attention où l’on met les pieds. Surtout, la vieille règle médiatique des trois « l » se vérifie souvent : d’abord on lèche, ensuite on lâche, enfin on lynche. Cela s’appelle des « séquences ». François Hollande en sait quelque chose…

    http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/macron-menace-par-les-coups-d-encensoir-16-05-2017-2127642_231.php

  • 16
    MERCATOR:

    Il était loisible au parquet, en l’absence de toute plainte d’un tiers, d’ouvrir son enquête – ou du moins l’instruction – après le scrutin, s’il estimait que les faits le méritaient et qu’il était compétent pour en connaître.

    c’est cela, oui , et le pilleur de tronc d’églises élu, était inattaquable pendant cinq ans !

  • 15
    jc durbant:

    Un piège qui rappelle les procès staliniens …

    La tradition de « retenue » du juge à la veille d’une élection a toujours été scrupuleusement respectée par le juge administratif. Elle le conduit, à l’approche d’une élection, à reporter certaines décisions – découpage des circonscriptions, affaire mettant en cause un candidat, etc. – et à en suspendre l’instruction – pour éviter de perturber les opérations électorales ou d’altérer la sincérité du scrutin. C’est aussi une question de dignité de la justice qui ne doit ni se laisser instrumentaliser par les joutes politiques ni donner le sentiment qu’elle cède à un biais partisan. C’est enfin une question de déontologie et d’éthique de la responsabilité. Le juge du siège, a fortiori le parquet – dont la mission est d’apprécier l’opportunité des poursuites – ne peuvent se désintéresser des conséquences de leurs actes. Ainsi, la considération de l’impact d’une décision sur l’ordre public ou la prise en compte de l’état d’encombrement carcéral influent fréquemment sur la nature et les modalités d’exécution des mesures d’instruction ou de la peine prononcée. L’anticipation, par le juge, des incidences de ses actes sur l’environnement social se justifie plus encore pour le calendrier de la procédure, dès lors, d’une part, que les poursuites peuvent avoir lieu ultérieurement et que, d’autre part, les faits ne sont pas si graves et avérés que la célérité s’impose nonobstant le contexte. En l’espèce, l’empressement à poursuivre, souligné par la promptitude de la mise en examen – dont les répercussions sur l’opinion publique sont considérables, celle-ci y voyant une confirmation de la culpabilité –, fait fi des réalités du temps électoral. S’il n’y a pas volonté de faire échec à une candidature, ce qui constituerait un cas gravissime de « partialité subjective », il y a du moins froissement de « l’impartialité objective » : un magistrat ne doit pas seulement être impartial, il doit aussi donner à voir qu’il l’est. En la matière, comme nous le répète avec insistance la Cour européenne des droits de l’homme, les apparences comptent. L’indépendance du juge doit s’affirmer « à la cantonade » non seulement à l’égard des autres pouvoirs, mais encore à l’endroit de ses propres inclinations, préjugés et passions. Comment, dans ces conditions, ne pas ressentir un profond malaise devant un feuilleton judiciaire devenu le carburant essentiel du bûcher médiatique, alimentant régulièrement celui-ci, à coups de communiqués et de fuites, aux dépens de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du secret de l’enquête et de l’instruction ? Pourquoi cette mise en examen décidée quelques jours après l’ouverture de l’instruction, en plein recueil des parrainages, alors que, dans les cas ordinaires, sauf évidence accablante ou demande du justiciable, la mise en examen n’intervient qu’après des semaines ou des mois ? L’impression produite est que le contexte est bien, en effet, pris en compte, mais à l’inverse de ce à quoi invite le respect des échéances démocratiques. Le candidat est plus malmené que le justiciable ordinaire. L’électeur devient l’otage de la procédure. Comment ne pas s’inquiéter de la santé de notre vie démocratique en voyant une personnalité politique éminente, porteuse d’un projet qui, quoi qu’on en pense sur le fond, a rallié des millions de suffrages lors d’une primaire impeccablement conduite, déstabilisée en plein compte à rebours de l’élection présidentielle – y compris après que le décret de convocation a été publié au Journal officiel – par des imputations diffusées en boucle, portant sur des faits anciens, non avérés et d’importance subalterne au regard des perspectives collectives ? Comment ne pas se désoler, en tant que citoyen, en voyant les questions programmatiques évincées par un battage que l’intéressé ne peut combattre qu’en se faisant accuser de conspirer contre l’indépendance de la justice et la liberté de la presse, s’enferrant ainsi dans un piège qui rappelle les procès staliniens – peloton d’exécution en moins, mais avec un même enjeu d’élimination d’un acteur politique ? Quels lendemains ce charivari aux conséquences imprévisibles prépare-t-il aux rapports entre élus et justice ? Et, plus généralement, à une collectivité nationale qui, remontée contre les partis de gouvernement, habitée par la petite musique du « tous pourris », troublée par ce qu’elle comprend d’autant moins qu’on le lui ressasse de façon brouillonne, se tourne de plus en plus vers des aventuriers ? (…) En l’espèce, la retenue judiciaire n’aurait pourtant pas eu d’effet exonérateur et n’aurait pas rompu l’égalité devant la justice, puisque des poursuites sont possibles au lendemain de la défaite du candidat ou, s’il est élu président de la République, à l’expiration de son mandat. Les délais de prescription sont, en effet, suspendus en vertu de l’article 67 de la Constitution dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle du 23 février 2007. Bien sûr, comme le souligne le garde des sceaux, la justice n’a pas à suspendre son cours à la veille d’une élection. Mais il ne s’agit, ici, ni de la justice en général ni de la généralité des instances. Il s’agit d’une affaire singulière, intéressant un événement crucial pour notre vie démocratique. Il était loisible au parquet, en l’absence de toute plainte d’un tiers, d’ouvrir son enquête – ou du moins l’instruction – après le scrutin, s’il estimait que les faits le méritaient et qu’il était compétent pour en connaître. L’obstination à poursuivre se manifeste, en outre, de façon significative, par la saisine du juge d’instruction la veille, ou presque, de la publication de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui aurait provoqué la prescription de la plus grande partie des faits incriminés.

    Jean-Eric Schoettl

  • 14
    jc durbant:

    When nature calls (chassez le naturel) …

  • 13
    jc durbant:

    Vous avez dit épique ? (Pour ceux qui comme moi ont raté l’évènement historique de cette journée):

    Il a monté les marches quatre à quatre, à une vitesse incroyable. Ça rappelle Jacques Chaban-Delmas.

    Franck Ferrand (France 2)

    C’est l’investiture la plus romanesque de la Ve République. On est véritablement dans le roman, et même, osons le mot, dans l’épopée.

    France 2

    Ce visage, ce masque d’Emmanuel Macron, cette gravité qui arrive. (… ) c’est le protecteur de la Nation qui se présente à nous.

    Laurent Delahousse

    Des personnes se sont réfugiées dans ses bras. Autrefois, les rois touchaient les écrouelles le lendemain du sacre, il y a un peu de ça.

    Intervenant (France 2)

    Les aciéries font des métaux spéciaux. Il est d’un autre métal.

    Eric Fottorino (ancien patron du Monde)

    L’image de Gérard Collomb bouleversé, ça me fait penser à Mitterrand embrassant Mendès-France.

    Serge Moati

    C’est la marque d’Emmanuel Macron. Tout en rendant hommage à tous les présidents qui l’ont précédé (…) lui, il veut trancher. C’est le personnage Macron qui parle, sa jeunesse, son énergie, sa volonté de rendre les choses différentes.

    Ruth Elkrief

    On voit que l’alignement des planètes continue pour Emmanuel Macron : aujourd’hui il fait beau, et en plus la passation d’Emmanuel Macron tombe un dimanche. C’est génial, ça permet une audience maximale, tous les Français peuvent être devant leur télé et assister aux premiers pas d’Emmanuel Macron. Et puis ça va permettre peut-être à plus de badauds d’être sur les Champs-Élysées.

    Ludovic Vigogne (l’Opinion)

    On est vraiment dans l’invention d’une politique, la redéfinition d’une fonction en direct, c’est très inédit.

    BFMTV

    On retiendra quand même cette image spectaculaire d’Emmanuel Macron sur cet engin militaire.

    BFMTV

    https://www.marianne.net/medias/l-intronisation-d-emmanuel-macron-tourne-l-extase-chez-les-commentateurs-tele

  • 12
    jc durbant:

    Même la NASA !

    Dans l’entreprise, il arrive également que (…) des boucs émissaires volontaires sont dûment rétribués. La Nasa distribue la fonction à certains « techniciens » qui seront systématiquement chargés aux yeux des astronautes de tous les bugs du monde, de façon à éviter que la zizanie ne vienne perturber la solidarité des équipages. « Allô Houston, c’est encore la faute à John? » (…) En plaçant les individus en compétition, on crée des rivalités qui se portent souvent sur un « bleu ». Les dirigeants laissent faire jusqu’à ce que le harcelé craque et démissionne. Ainsi, on le laisse partir en le chargeant de tous les problèmes.


    Marie-France Hirigoyen

  • 11
    jc durbant:

    Vous avez dit oedipien ?

    Il arrive que les victimes d’une foule soient tout à fait aléatoires ; il arrive aussi qu’elles ne le soient pas. Il arrive même que les crimes dont on les accuse soient réels, mais ce ne sont pas eux, même dans ce cas-là, qui joue le premier rôle dans le choix des persécuteurs, c’est l’appartenance des victimes à certaines catégories particulièrement exposées à la persécution. (…) il existe donc des traits universels de sélection victimaire (…) à côté des critères culturels et religieux, il y en a de purement physiques. La maladie, la folie, les difformités génétiques, les mutilations accidentelles et même les infirmités en général tendent à polariser les persécuteurs. (…) l’infirmité s’inscrit dans un ensemble indissociable du signe victimaire et dans certains groupes — à l’internat scolaire par exemple — tout individu qui éprouve des difficultés d’adaptation, l’étranger, le provincial, l’orphelin, le fils de famille, le fauché, ou, tout simplement, le dernier arrivé, et plus ou moins interchangeables avec l’infirme. (…) lorsqu’un groupe humain a pris l’habitude de choisir ses victimes dans une certaine catégorie sociale, ethnique, religieuse, il tend à lui attribuer les infirmités ou les difformités qui renforceraient la polarisation victimaire si elles étaient réelles. (…) à la marginalité des miséreux, ou marginalité du dehors, il faut en ajouter une seconde, la marginalité du dedans, celle des riches et du dedans. Le monarque et sa cour font parfois songer à l’oeil d’un ouragan. Cette double marginalité suggère une organisation tourbillonnante. En temps normal, certes, les riches et les puissants jouissent de toutes sortes de protections et de privilèges qui font défaut aux déshérités. Mais ce ne sont pas les circonstances normales qui nous concernent ici, ce sont les périodes de crise. Le moindre regard sur l’histoire universelle révèle que les risques de mort violente aux mains d’une foule déchaînée sont statistiquement plus élevés pour les privilégiés que pour toute autre catégorie. A la limite ce sont toutes les qualités extrêmes qui attirent, de temps en temps, les foudres collectives, pas seulement les extrêmes de la richesse et de la pauvreté, mais également ceux du succès et de l’échec, de la beauté et de la laideur, du vice de la vertu, du pouvoir de séduire et du pouvoir de déplaire ; c’est la faiblesse des femmes, des enfants et des vieillards, mais c’est aussi la force des plus forts qui devient faiblesse devant le nombre.

    René Girard

    La reine appartient à plusieurs catégories victimaires préférentielles; elle n’est pas seulement reine mais étrangère. Son origine autrichienne revient sans cesse dans les accusations populaires. Le tribunal qui la condamne est très fortement influencé par la foule parisienne. Notre premier stéréotype est également présent: on retrouve dans la révolution tous les traits caractéristiques des grandes crises qui favorisent les persécutions collectives. (…) Je ne prétends pas que cette façon de penser doive se substituer partout à nos idées sur la Révolution française. Elle n’en éclaire pas moins d’un jour intéressant une accusation souvent passée sous silence mais qui figure explicitement au procès de la reine, celui d’avoir commis un inceste avec son fils.

    René Girard

  • 10
    jc durbant:

    LE MORT SAISIT LE VIF (Et si on relisait Proust ?)

    Mais surtout dès que je la vis entrer, dans son manteau de crêpe, je m’aperçus — ce qui m’avait échappé à Paris — que ce n’était plus ma mère que j’avais sous les yeux, mais ma grand’mère. Comme dans les familles royales et ducales, à la mort du chef le fils prend son titre et, de duc d’Orléans, de prince de Tarente ou de prince des Laumes, devient roi de France, duc de la Trémoïlle, duc de Guermantes, ainsi souvent, par un avènement d’un autre ordre et de plus profonde origine, le mort saisit le vif qui devient son successeur ressemblant, le continuateur de sa vie interrompue. Peut-être le grand chagrin qui suit, chez une fille telle qu’était maman, la mort de sa mère, ne fait-il que briser plus tôt la chrysalide, hâter la métamorphose et l’apparition d’un être qu’on porte en soi et qui, sans cette crise qui fait brûler les étapes et sauter d’un seul coup des périodes, ne fût survenu que plus lentement.

    Marcel Proust

  • 9
    jc durbant:

    Le camp conservateur attend toujours son Trump … ou sa Marion ?

    sur le fond des choses, la crise française ne vient pas de se dissiper d’un coup: la France est travaillée par des courants de fond qui réveillent ce qu’on pourrait appeler la peur de la dissolution de la patrie, et plus largement, de voir une certaine idée de la civilisation se dissoudre. Les questions identitaire et anthropologique sont celles à partir desquelles le conservatisme est appelé à s’inscrire durablement dans la démocratie contemporaine. C’est normal: il surgit lorsque les fondements de la communauté politique sont fragilisés, lorsque la nation doute d’elle-même. Dès lors, la politique redevient existentielle. Qui sommes-nous? Qu’avons-nous en commun? Ces questions essentielles, réveillées à la fois par la mondialisation sauvage, le terrorisme islamiste, l’immigration massive, la crise de la transmission et un individualisme qui se radicalise jusqu’au fantasme de l’autoengendrement ne disparaissent pas. Et quoi qu’on en dise, ces inquiétudes ne relèvent pas du délire réactionnaire de quelques intellectuels ayant convaincu les Français qu’ils étaient malheureux.

    J’ajouterais une chose: la renaissance du conservatisme est aussi un phénomène intellectuel. C’est une philosophie indispensable qui se déploie sous cet étendard. Elle témoigne d’une forme de scepticisme devant la démesure d’une modernité qui s’emballe et néglige le besoin fondamental d’ancrages et d’enracinement. Un courant important de la pensée française a entrepris de critiquer ouvertement l’hégémonie progressiste et de se délivrer des critères de respectabilité qu’elle impose dans la vie publique. Le politiquement correct reste très puissant, naturellement, mais plusieurs ne tolèrent plus son emprise et ont le courage de le confronter. Cette philosophie politique poursuivra son déploiement d’autant qu’une jeune génération s’y reconnaît et affiche à travers elle sa dissidence avec l’esprit de l’époque.

    Emmanuel Macron est parvenu à concrétiser un vieux fantasme politique qui habite une bonne partie des élites françaises depuis quelques décennies: celui de la création du grand parti du «cercle la raison» qui serait presque le parti unique des élites qui se veulent éclairées – ne resteraient plus dans les marges que des oppositions radicales, idéologiquement fanatisées et socialement rétrogrades. Ce parti, c’est celui de la mondialisation heureuse, de l’Europe postnationale et de l’idéologie diversitaire, même si naturellement, diverses sensibilités s’y expriment et cohabitent. Ne faisons pas l’erreur d’y voir un néocentrisme: sur les questions identitaires et sociétales, le progressisme macronien ne s’annonce pas modéré. Il n’est pas animé par un principe de prudence. On peut s’attendre à un grand enthousiasme du nouveau pouvoir dans la promotion d’une forme de multiculturalisme à la française, dans lequel on ne verra pas un calque toutefois du multiculturalisme à la canadienne à la Justin Trudeau.

    Quand on croit qu’il n’y a finalement qu’une seule politique possible, aux finalités indéniables, on relativise l’importance du débat politique. On bascule alors dans le domaine de la gestion et on veut surtout rassembler des administrateurs efficaces. Cette étrange aspiration n’est-elle pas celle d’une dissolution de la politique et des antagonismes philosophiques qui traditionnellement, s’y exprimaient? Le macronisme, pour ce qu’on en sait pour l’instant, est une conception postpolitique du monde. On ajoutera qu’à travers lui, un système qui se sentait fragilisé par les grands vents de la révolte est parvenu à se maintenir et même à reprendre l’offensive. Chose certaine, c’est la victoire des nouvelles élites mondialisées et de ceux qui se veulent à l’avant-garde du progrès.

    Emmanuel Macron a été aidé dans cette entreprise par la décomposition du système partisan, et plus particulièrement, par celle d’un Parti socialiste depuis longtemps en crise, plus que fragilisé par la présidence Hollande et condamné à la désagrégation par la victoire de Benoît Hamon à la primaire: cette dernière marquait le triomphe d’une des tendances les plus sectaires de la gauche qui croit que tenir compte de la réalité dans la gestion d’un pays relève d’une compromission inadmissible avec l’ordre en place. La culture politique du socialisme français a quelque chose de folklorique: Emmanuel Macron vient peut-être d’en dégager le progressisme, et c’est d’ailleurs cette référence qu’il veut brandir. À tout le moins, c’est ce qu’il prétend. On verra maintenant qui à droite voudra se rallier à lui dans l’espoir d’une place, grande ou petite dans son gouvernement. On verra aussi sur quelle base ce qui restera de la droite s’opposera à lui dans les prochains temps.

    Le système médiatique a aussi travaillé fort pour dégager la présidentielle des thèmes de fond qui auraient dû l’habiter et la traverser: c’est un peu comme s’il avait repris le pouvoir sur la définition du réel en neutralisant les questions qu’il assimile au «populisme». On a vidé la présidentielle de sa substance, on l’a dépolitisée. On l’a réduite aux affaires. On l’a réduite au people. C’est un peu comme si l’élection s’était détachée des cinq dernières années, qu’elle ne se tenait pas dans un pays en crise majeure: il y a quelque chose dans tout cela de sidérant. L’alternative offerte au deuxième tour ne mettait pas en scène la grande querelle entre souverainistes et mondialistes, comme on dit: elle déformait les termes du débat politique en le caricaturant grossièrement. Chose certaine, avec Macron, le système médiatique a trouvé son champion. On conviendra sans problème qu’il n’est pas sans talent, même s’il demeure insaisissable pour bien des Français, qui ne savent pas trop à qui ils confient l’Élysée. Ils découvriront leur président une fois élu.

    Il ne faut pas se tromper: le système vient de réussir un coup de maître en dégageant l’élection présidentielle des tendances qui traversent le pays. Mais on notera que ce vote n’a rien d’un vote d’adhésion. C’est un vote de barrage, comme on dit, selon la terminologie du jour. Il ne faudrait pas voir dans le deuxième tour de la présidentielle un référendum consacrant le triomphe de la vision idéologique d’Emmanuel Macron. Sa majorité ira de Daniel Cohn-Bendit à Laurent Wauquiez: aussi bien dire que c’est une majorité qui se dissoudra aussitôt qu’elle sera composée. Emmanuel Macron n’en sera pas moins président et pour peu qu’il remporte sa majorité aux législatives, il aura les conditions nécessaires de légitimité pour appliquer sa vision et son programme.

    Il faut dire que c’était un deuxième tour un peu étrange: chaque réserve à l’endroit de Macron était médiatiquement comprise comme une forme de sympathie inavouée pour Marine Le Pen. Ce fut une petite inquisition un peu ridicule. L’esprit de nuance n’était pas le bienvenu. Il aurait dû être possible de critiquer Emmanuel Macron d’autant que personne ne doutait un seul instant qu’il serait élu. De même, il aurait dû être possible de critiquer Marine Le Pen sans mobiliser encore une fois la mémoire de la deuxième guerre mondiale. On nous répondra peut-être qu’une élection n’est pas un moment idéal pour réfléchir car tout est emporté par la logique partisane. Ce n’est pas faux.

    Mais les Français ne viennent pas de se convertir d’un coup à la mondialisation heureuse, au multiculturalisme: ils ne basculent pas d’un coup dans une société se rêvant hors-sol. Il arrive qu’un système politique, pour différentes raisons, déforme en profondeur les préférences collectives d’un pays et ne parvienne plus à traduire ses aspirations profondes. Cela provoque un sentiment d’aliénation démocratique. Mais revenons à la France d’après ce deuxième tour. D’ici quelques jours, la vie reprendra ses droits et on analysera la situation plus sereinement et on cherchera à dégager les grands antagonismes politiques du quinquennat à venir. À moins que le pays ne plonge dans une forme d’apathie civique après avoir été soumis à un deuxième tour ubuesque, offrant au pays une alternative tronquée et même parodique. Ce n’est pas impossible non plus, même si ce n’est pas le scénario le plus probable.

    François Fillon … aura néanmoins cruellement manqué au débat de l’entre-deux tours. Alors qu’il aurait pu assumer quelque chose comme une politique de civilisation, Fillon s’est souvent contenté de demi-mesures. Mais cela dit, on ne peut ni ne doit oublier que la division structurelle de la droite l’a encore fait perdre.
    cette campagne aura quand même rappelé l’importance des déterminants socio-économiques dans les comportements électoraux.

    Le camp conservateur au sens très large n’est effectivement pas uni sur la question économique, mais il faut dire que cette désunion s’est surtout jouée sur la question de l’euro, qu’on pourrait associer à une monomanie idéologique qui ne survivra peut-être pas à cette présidentielle. C’est une chose de se préparer à un éventuel éclatement de la zone euro, c’en est une autre de faire de sa sortie le pilier d’un programme. Plusieurs ont aussi noté que le programme économique de Marine Le Pen avait quelque parenté avec celui de Jean-Luc Mélenchon et qu’il campait très loin à gauche. C’est une chose de restaurer la fonction protectrice du politique, c’en est une autre de verser dans l’irréalisme économique.

    Faisons un peu de sociologie et distinguons entre la bourgeoisie conservatrice nationale et les classes populaires: naturellement, elles n’ont pas les mêmes intérêts et n’ont pas vocation à se dissoudre l’un dans l’autre, dans une vaste classe moyenne qui accomplirait le fantasme de l’homogénéité sociale et d’une société sans clivages ni intérêts contradictoires. On a vu qu’elles n’ont pas le même comportement électoral. Faut-il pour autant parler de lutte des classes comme le suggèrent certains? Peut-être, mais on évitera quand même de verser dans un néomarxisme rudimentaire qui croit vivre une seconde naissance avec la crise de la mondialisation.

    Si on tient à tout prix à parler ce langage, on dira que cette lutte des classes oppose aujourd’hui à bien des égards les sédentaires et les nomades, ou du moins, ceux qui se perçoivent comme tels. Il y a ceux qui chantent les vertus de la citoyenneté mondiale. Il y a ceux qui ne se croient pas et ne se veulent pas délocalisables. Il y a ceux pour qui le monde doit être un flux perpétuel, qui se vit sous le signe exclusif de l’adaptation, il y a ceux qui aspirent à la durée de leur monde et qui assument qu’une société ne saurait vivre sans le sens de certaines permanences. De quelle manière reconstruire un monde faisant droit aux enracinements?

    Nicolas Sarkozy, en son temps qui n’est pas si ancien, a fait la preuve que la réconciliation entre la droite et les classes populaires était possible: il avait la gouaille, l’énergie, le style, qui leur plaît, et on ne tiendra pas ces facteurs pour secondaires. Mais cela ne vaut qu’un temps: pour parler au peuple, il faut parler le langage de l’identité nationale, du volontarisme politique, s’ancrer dans un bon sens décomplexé, qui tourne en dérision la bêtise de l’époque, et renouer avec la valeur travail, car le commun des mortels croit aux vertus de la société méritocratique. En France, on a peut-être trop souvent tendance à assimiler à l’ultralibéralisme des mesures de bon sens qui faciliteraient la vie de tout le monde. La droite veut-elle porter ce programme?

    Effondrement: c’est le bon mot. On a assisté en direct à la désagrégation d’une candidature, même si Marine Le Pen a cherché à faire croire le lendemain qu’elle avait simplement misé sur une stratégie tribunicienne pour exprimer la colère du peuple. Disons qu’elle a cherché à justifier sa déroute comme elle pouvait.

    Dans ce débat, Marine Le Pen a cherché à conjuguer deux attitudes inconciliables. D’un côté, c’était la posture gueularde du bistro, bêtement démagogique, qui n’avait pas sa place dans un débat aussi essentiel, surtout dans un pays qui demeure accroché à une conception presque sacrée de la fonction présidentielle. De l’autre, c’était la posture techno, celle d’une candidate qui voulait prouver son sérieux avec sa position sur l’euro (d’autant que dans notre monde, l’économie est censée représenter l’expression achevée de la raison et du réel). Mais elle n’était manifestement pas à la hauteur de ses prétentions: elle était brouillonne, confuse, maladroite, incompétente, incompréhensible. Qui s’imagine aujourd’hui que Marine Le Pen est de la trempe des grands hommes d’État, comme elle aimerait le faire croire? Sa performance, comme on dit, était épouvantable. Elle est même parvenue à décevoir sa base

    On a aussi assisté à l’explosion en direct d’une ligne politique – autrement dit, il faut aller plus loin qu’une critique du style de Marine Le Pen pour comprendre sa décomposition lors de ce débat. Plusieurs ont remarqué l’absence de la question de l’immigration, qui est pourtant le moteur historique du Front national. On pourrait dire la même chose de l’identité. S’agissait-il pour elle de sujets secondaires? Marine Le Pen était dans un grand flirt mélenchoniste. Elle voulait rassembler la grande opposition au système. Elle s’est présentée devant le peuple avec un programme économique bancal. Elle n’a pas voulu chercher à ramener chez elle les électeurs de François Fillon. Elle n’a pas su transformer cette élection en choix de civilisation. On devine qu’elle sera sévèrement critiquée, notamment par ceux dans son parti qui croient que l’avenir du FN passe par une stratégie non pas d’union des indignés mais d’union des droites.

    Qu’on le veuille ou non, la politique est humaine, et les grandes synthèses s’incarnent d’abord chez un chef plutôt que dans des constructions doctrinales bancales. On trouve dans le camp souverainiste plusieurs figures de talent mais aucun chef incontesté, capable, par son charisme et son leadership naturel, de fédérer des courants qui laissés à eux-mêmes, sont appelés à s’affronter – le souverainisme français ne parvient en fait à s’unir que de manière insurrectionnelle comme on l’a vu en 2005, par exemple. On cherche le nouveau Philippe Seguin mais même lui en son temps n’était pas incontesté.

    À cause de son histoire, le FN peine à fédérer d’autres courants politiques autour de lui, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas parvenu à élargir incroyablement sa base électorale, en s’emparant de l’espace laissé vacant par les grands partis de gouvernement qui lui ont abandonné trop longtemps de bien nombreuses thématiques comme l’identité, la sécurité, la justice sociale ou l’immigration. À certains égards, sa dédiabolisation est impossible: il sera toujours, dans les périodes de crise, ramené à ses origines. Le FN condamne le souverainisme français à une expression diminuée, rapetissée, rabougrie. Il en donne une expression déformée et limitée. Une bonne partie de l’électorat souverainiste, conservateur, identitaire ne votera pas pour lui

    En fait, ce qu’on appelle plus ou moins justement le populisme est paradoxal: d’un côté, il restaure la fonction tribunicienne et permet au peuple de s’inscrire dans la cité sous le signe de la protestation. Il redonne au peuple une existence politique alors qu’il se sentait exclu de la représentation démocratique. Mais au même moment, il le paralyse et le condamne à l’impuissance, en l’inscrivant dans une dynamique protestataire qui l’empêche de participer au pouvoir. On y revient: le FN est peut-être le meilleur allié du système qu’il prétend combattre.

    Pour le conservatisme français, 2017 est un rendez-vous historique raté. Il pouvait devenir le pôle dominant au sein de la droite, et conséquemment, dans la vie publique dans son ensemble. Ce n’est pas arrivé. Il semble pour l’instant condamné au ballottement politique et on peut deviner qu’ils seront nombreux dans la droite la plus soumise au système médiatique à vouloir lui faire porter la responsabilité de la défaite. Il ne s’agit pas de pleurer jusqu’à la fin des temps mais de constater qu’une telle défaite ne sera pas sans conséquences. Pour ce qui est d’une refondation, elle est nécessaire et va de soi: elle est presque inscrite dans la nouvelle configuration politique qui sortira des législatives. Elle exigera une grande clarté intellectuelle. Il faudra continuer de défier le politiquement correct, c’est peut-être l’essentiel. Mais on ne voit pas trop quelle forme elle peut prendre politiquement dans les circonstances actuelles. L’histoire prend son temps.

    Matthieu Bock-Côté

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/05/07/31001-20170507ARTFIG00206-mathieu-bock-cote-la-renaissance-conservatrice-n-est-pas-terminee.php

  • 8
    jc durbant:

    Vous avez dit seul contre tous ?

    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/05/07/35003-20170507ARTFIG00173-emmanuel-macron-l-ascension-fulgurante-d-un-homme-presse.php

  • 7
    jc durbant:

    Vous avez dit profil de bouc émissaire ? (« Sa parole, conservatrice et libérale, semble avoir été façonnée pour exacerber les haines des idéologues de la table rase » …)

    Un jour, on s’apercevra que le vrai révolutionnaire (tenant en tension les deux bouts de la chaine conservatrice/libérale), c’était lui !

    La violente polémique qui secoue la candidature de François Fillon à l’élection présidentielle n’a rien d’une surprise. Il fallait s’y attendre. La vie politique française n’a jamais supporté les têtes qui dépassent, les personnalités qui prennent l’ascendant. Dans l’histoire, les hommes d’État visionnaires, ceux qui ont eu raison avant tout le monde, ont été descendus en flammes et leur image est restée maudite des décennies ou des siècles après leur mort (…) Dans mon livre les Parias de la République(Perrin, 2017), j’ai raconté la descente aux enfers de ces parias qui furent aussi de grands hommes d’État, et une femme Premier ministre, leur diabolisation qui les poursuit jusqu’aux yeux de la postérité. Cet ouvrage annonce aussi la généralisation et la banalisation de la figure du paria dans la vie politique contemporaine. La médiatisation, Internet et la puissance des réseaux sociaux, les exigences de transparence, la défiance face à l’autorité et surtout, la personnalisation du pouvoir à outrance, transforme tout homme ou femme incarnant de pouvoir en bouc émissaire des frustrations et des angoisses d’une époque. Qui ne se souvient à quel point Nicolas Sarkozy fut traîné dans la boue de 2007 à 2012? Dans un tout autre genre, François Hollande a aussi connu, à la tête de l’État, le vertige de l’humiliation. La diabolisation des hommes politiques s’accélère: non seulement Sarkozy, puis Hollande, mais aussi Alain Juppé et Manuel Valls viennent de chuter. L’hécatombe est désormais inarrêtable… Sans aucun doute, le tour viendra d’Emmanuel Macron, et sa chute sera aussi subite et aussi violente que son ascension fondée sur la sublimation d’une image. (…) Oui, il fallait s’attendre, tôt ou tard, à la lapidation de François Fillon. Le prétexte de l’emploi de son épouse à ses côtés est ambigu. Le recrutement de proches par des responsables politiques est une vieille – et mauvaise – habitude française. Alexandre Millerand , Vincent Auriol, François Mitterrand employaient leur fils à l’Elysée et Jacques Chirac sa fille. Combien de ministres ont recruté un proche dans leurs cabinets? Combien de fils et de fille «de» ont hérité de la position politique de leur père? 20% des parlementaires emploient un membre de leur famille. L’un des plus hauts responsables actuels de la République a l’habitude de salarier sa femme auprès de lui. Tout cela est bien connu. À l’évidence, cette pratique n’est pas à l’honneur de notre République. Mais tout le monde s’en est jusqu’à présent accommodé, hypocritement, sans poser de question. Personne ne s’est interrogé sur la nature et l’effectivité des tâches accomplies par le conjoint ou le parent. Et voici que soudain, le dossier est opportunément rouvert, contre François Fillon. (…) L’homme se prête particulièrement à une diabolisation. Son caractère à la fois discret et volontariste a tout pour exaspérer un microcosme politico-médiatique plus enclin à idolâtrer le clinquant stérile et l’impuissance bavarde. La ligne de défense de François Fillon transparaît dans son discours du 29 janvier. Il s’apprête à endosser le rôle de paria, comptant sur un retournement en sa faveur. En témoigne la présence de Pénélope à ses côtés. Sa parole, conservatrice et libérale, semble avoir été façonnée pour exacerber les haines des idéologues de la table rase: «On me décrit comme le représentant d’une France traditionnelle. Mais celui qui n’a pas de racines marche dans le vide. Je ne renie rien de ce qu’on m’a transmis, rien de ce qui m’a fait, pas plus ma foi personnelle que mes engagements politiques». Peut-il réussir? In fine, le résultat des élections de 2017 dépendra du corps électoral: emprise de l’émotionnel ou choix d’un destin collectif? Mais au-delà, une grande leçon de ces événements devrait s’imposer: l’urgence de refonder la vie politique française, sur une base moins personnalisée et plus collective, tournée vers le débat d’idées et non plus l’émotion – entre haine et idolâtrie – autour de personnages publics.

    Maxime Tandonnet (30.01.2017)

  • 6
    jc durbant:

    Vous avez dit sacrifice ?

    A relire:

    Présidentielle: Fillon sacrifié, Le Pen dépassée, Macron bientôt martyrisé? (…) Leçon numéro 1. Le sacrifice de François Fillon, unique objet du premier tour, est complètement raté. Certes, sa candidature a été tuée, mais les électeurs ne sont pas en phase avec les sacrificateurs. Or, l’immolation est faite pour construire du consensus, pour détendre tout le monde, et le bourreau est supposé être l’artisan de la justice. Dans le cas de Fillon, l’exécution a exaspéré la méfiance à l’égard des gouvernants, de la justice, des médias, et de ses adversaires politiques. Au lieu de les libérer, le sacrifice a exaspéré les tensions. Leçon numéro 2. Le sacrifice de Marine Le Pen, objet unique du second tour, est non moins raté. Certes, elle ne gagnera très probablement pas, car une partie des électeurs est encore en faveur de l’ancienne liturgie dans laquelle un Front Républicain fait barrage au Mal, mais le doute a gagné les partisans du Bien – doute qui s’exprime dans l’abstention ou tout simplement dans le peu de conviction avec laquelle la « diabolisation » s’exprime – et les partisans du Mal deviennent de plus en plus décontractés, de moins en moins concernés par l’injonction morale, l’admonestation solennelle, l’argument d’autorité « antifa ». Leçon numéro 3. Donc, la victoire de Macron apparaîtra comme le résultat d’un double sacrifice raté. On le regardera comme une sorte d’importun, voire d’imposteur, qui n’aura pas réussi à transformer sa victoire sur les autres en victoire pour tout le pays. Il ne sera pas élu, il sera placé premier. Et nul doute que tout le monde réclamera la vidéo car le match a été scandaleusement arbitré. Leçon numéro 4. Nous avions bien compris, et toute la campagne l’a montré : le monde de Macron, c’est le hub France, avec ce raffinement de cruauté qu’il est en plus drogué à la dépense publique. Le hub France, c’est l’aéroport de Roissy. Au premier étage, une entrée réservée et discrète : dans des fauteuils cools, des dirigeants zens s’envoient un whisky japonais pas pingre en discutant avec leur private banker sur Internet. Au rez-de-chaussée, des cadres moyens sirotent de la bière et grignotent des cacahouètes dans un confort relatif, en gérant leur crédit revolving sur leur application bancaire de masse. Au sous-sol, les bagagistes payés au lance-pierre n’ont d’autre choix que le fondamentalisme (anti-immigré ou musulman) ou le vote Mélenchon. Faute de leur avoir enseigné La Fontaine et leur avoir donné des perspectives décentes, difficile de leur en vouloir, même s’il faut les dominer. Personne ne veut de ce monde-là. Nous allons voter pour. Le masochisme est officiellement devenu une catégorie de la pensée citoyenne. Ça faisait longtemps que ça couvait, ont noté les meilleurs observateurs. Leçon numéro 5. Il y a plus : sur le plan de la politique économique, Macron, c’est la double peine : le socialisme en grand et le libéralisme en roue libre. L’Etat local hypertrophié entièrement au service de la mondialisation, c’est-à-dire de la séparation des pauvres et des riches à l’échelle planétaire, comme elle déjà eu lieu à l’échelle urbaine, et entre les villes et les campagnes. Des entraves étatiques partout, obsédantes, au service de la libération des forces du marché, c’est-à-dire de la cupidité décomplexée. Le pire de la bourgeoisie, le pire de la bureaucratie. Le Français contemporain doit s’habituer à avoir deux maîtres : l’inquisition de la cupidité et l’inquisition administrative. Comme tout le monde ne peut pas avoir un parcours d’inspecteur des finances, élite pointue qui peut avoir une carrière de double inquisiteur, très peu gagneront dans ce monde. Gageons que sur les 250 000 marcheurs que revendique le mouvement d’Emmanuel Macron, à peine mille verront leur avenir s’éclaircir. Aux yeux des Français, Macron peut passer en six mois pour un uber gandin au centre d’une cour de gastéropodes liberticides, valets de l’esprit ploutocratique. Leçon numéro 6. Ce n’est pas parce qu’il est devenu à peu près normal que le FN est devenu intelligent. Sa fonction était de transformer la colère et la méchanceté irréfléchies en proposition politique pour lutter contre leurs racines même : l’ignorance, l’oisiveté démunie, le sentiment d’avoir été abandonnés par les dirigeants de la communauté nationale, la fierté blessée, l’humiliation de l’expulsé, l’angoisse du déracinement, la morsure du mépris. Le FN a beau dire qu’avec la bénédiction de Nicolas Dupont-Aignan, il a opéré la jonction des républicains et des patriotes, il y a des trous dans la raquette républicaine et des trous dans la raquette patriotique. Des trous dans la raquette républicaine, car son programme est marqué par une sorte de naïveté restauratrice – c’était mieux avant, retournons-y -, par la préférence pour une pédagogie punitive, et par l’absence de stratégie globale tant sur le plan européen que sur le plan économique, qui sont à pleurer. Sa conception de la République est celle d’un colonel d’infanterie en 1950. Respectable, mais l’expérience du monde réel et l’imagination véritablement constructive sont ailleurs. Et des trous dans la raquette patriotique, car, quand bien même le mot de souverainisme met d’accord les patriotes et les nationalistes, la ligne de fracture en ces deux sensibilités persiste, et reste lourde de malentendus, de querelles, de conflits. J’appelle patriotique le sentiment que la patrie doit être respectée et aimée comme l’espace qui nous vient du temps, si je puis dire, et dans lequel la communauté s’organise solidairement pour continuer son histoire ; j’appelle nationaliste ce sentiment d’exaltation qui nous vient des batailles, de la culture de la guerre, et qui nous porte à préférer la France à tout, y compris à la réflexion et à la sympathie. La difficulté qu’a le FN à se débarrasser des hibernatus maurrassiens qui se nourrissent à sa racine belliqueuse est le signe malheureux de son incapacité à distinguer les deux, et à en tirer les conséquences politiques. Il va falloir choisir entre la psychologie de la guerre et celle de la paix, quand on parle de la France.

    Marin de Viry (05.05.2017)

  • 5
    jc durbant:

    Rioufol confirme duperie, tour de passe passe et casse du siècle (merci james):

    L’élection d’Emmanuel Macron (66,10% des voix) a été saluée, dimanche à 20H, par « une salve d’applaudissements » venant de l’Elysée. (…) Bref, le renouvellement, unanimement salué ce lundi, ressemble fort, dans ses premiers pas en tout cas, à une authentique duperie. Voici en effet le retour flamboyant des figures socialistes, des commentateurs de la victorieuse presse de gauche, des journalistes cireurs de pompes, des hagiographes du « nouveau Bonaparte », des gendarmes de la pensée lisse. Voici le retour en force de la bien-pensance, confortée par les soutiens de Barack Obama (Etats-Unis) et Justin Trudeau (Canada), qui ont porté le conformisme intellectuel à son apex. L’élection de Macron, ce casse du siècle dont il faudra un jour connaître les coulisses, est la victoire du progressisme et de ses leçons de morale. Les médias unanimes auront largement contribué à soutenir ce candidat du Bien, en désignant son adversaire comme le Mal incarné. Si la presse veut être à la hauteur de son rôle de contre-pouvoir, elle va devoir cesser de se pelotonner contre lui. (…) Mais l’écueil pour Macron serait de poursuivre dans ce faux confort qui, au prétexte légitime de « renouer avec l’optimisme », en viendrait à fermer encore plus les oeillières sur les réalités en se chatouillant sous les bras. La France en colère n’est pas prête à chantonner : « Tout va très bien, Madame la marquise …  » derrière la macromania qui se profile, avec sa cour, son show-biz, ses flatteurs. Seuls 40% des 20,4 millions d’électeurs de Macron ont voté pour son projet libéral, multiculturel, européen, mondialiste. 60% ont voté Macron pour faire obstacle à Le Pen, qui a néanmoins encore accru ses soutiens (10,5 millions). 17 millions de Français ont choisi de voter blanc ou nul (4 millions) ou de s’abstenir (13 millions) en dépit des mises en garde des faux résistants à un « fascisme » inexistant. La France en colère pèse plus lourd que le noyau de l’électorat Macron, qui représente en fait un quart des votants. Si Macron se montre incapable d’entendre très vite ces Oubliés, il est à craindre qu’ils ne respectent longtemps ce tour de passe-passe démocratique, qui a fait se réjouir l’Elysée, hier soir à 20h.

    Ivan Rioufol

  • 4
    jc durbant:

    Vous avez dit supercherie ?

    En ce 8 mai 2017, la France (…) s’éveille en pleine supercherie, vaguement honteuse d’avoir dû juguler le Mal. «L’hypocrisie est, chez une nation, le dernier degré du vice. C’est donc faire acte de citoyen que de s’opposer à cette tartuferie sous laquelle on couvre ses débordements» écrivait Balzac. La République est « sauvée ». Vraiment ? Simulacre et coup d’État démocratique. Bienvenue en post-République. Le 25 octobre 2016, Hollande était crédité de 4 % d’opinions favorables, selon une enquête Ipsos pour le CEVIPOF et Le Monde. Jamais un chef d’État n’avait autant été discrédité. Et jamais un parti politique au pouvoir, son leader et la politique menée durant 5 ans n’avaient été à ce point rejetés. Hollande ne pouvait pas se représenter. Une première. (…) Les élections ? Une mitraillette de tartufferies. Du simulacre à répétition. Fort de sa popularité et de ses réussites, Hollande engage tranquillement sa Conquête de Plassans. Comme chez Zola, il dépêche un émissaire sur le terrain. De quoi s’agit-il ? De conserver un pouvoir devenu illégitime. Un nouveau président de la République élu comme « candidat officiel du pouvoir ». (….) En marche vers les larmes. Tartufferie ? Au 1er tour, le candidat Macron a obtenu 8 656 346 voix, soit 24 % des votants. 18,19 % des inscrits. Un peu plus de 8 millions de voix sur les 33 millions de votes exprimés. 8 millions sur les 47 millions d’inscrits. Lors de sa campagne de 2e tour, notre nouveau président a répété que son projet était légitime car « porté en tête par les Français ». Pour adresser une fin de non-recevoir aux demandes des Insoumis. 8 millions d’électeurs, ce n’est pas la France. Tartufferie ? Un scénario électoral trop beau pour être vrai. Pas besoin d’évoquer un « cabinet noir » ou des thèses complotistes pour remarquer que beaucoup, dans cette élection, s’est déroulé dans le meilleur des mondes macronien possible. En la personne de Marine Le Pen, le « danger » nécessaire et voulu pour être élu au 2e tour était au rendez-vous. Et ce « danger » a été massivement monté en épingle par des médias menant aussi campagne En Marche. À de rares exceptions près. Les règles de la déontologie médiatique ont été bafouées entre les deux tours, où nous avons assisté à un remake de la lutte entre les forces de la lumière et des ténèbres. Dans le rôle-titre des ténèbres, la candidate Le Pen ramenée à sa responsabilité présumée dans les drames de la 2e Guerre Mondiale. Macron s’est rendu sur des lieux de mémoire, histoire de nous dire combien un parti politique républicain puisque autorisé est… en fait un parti antirépublicain démoniaque. Que l’on pense au ridicule d’un David Pujadas tentant de transformer Marine Le Pen en héritière de l’antisémitisme français. Vieille supercherie à laquelle plus personne ne croit, pas même ceux qui l’utilisent. (…) Tartufferie de nombre de médias, acquis aux thèses politiques dominantes et aux divers pouvoirs qui appliquent ces thèses depuis le tournant libéral de Mitterrand, à droite comme à gauche. Tartufferie dès l’offensive anti-Fillon. Présumé innocent en théorie, l’homme a été abattu en vol. Il ne cadrait pas dans le scénario. Coupable ou pas ? Pour l’heure, personne ne le sait. Promis pour être élu mais éliminé. Sauf mauvaise foi, personne ne peut décemment soutenir que la machinerie mise en œuvre contre Fillon avait la morale pour finalité… L’avenir dira ce qu’il en a été. Et nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises. Que se passera-t-il si Fillon est innocenté et s’il parvient à démontrer la culpabilité de certains médias dans la propagation de fausses accusations ayant influées sur cette élection ? Les médias contre Fillon, c’était du très grand Tartuffe. (…) Tartuffe au Pays des Français, cela vaut bien Tintin au pays des Soviets. Une campagne électorale indigne. Le sentiment d’un scénario écrit par avance. D’un président élu par une minorité agissante, un relent de copinages à tous les étages. Macron, légitimité zéro malgré le score obtenu dimanche 7 mai, un score qui n’a aucune signification réelle. (…) Ce 8 mai 2017, le peuple de France se réveille victime d’un hold-up au forceps, à nouveau berné par des élites mondialisées minoritaires ayant fait le job comme disent les Américains : faire en sorte que le vote voulu soit le vote obtenu. Le président représente 18 % du corps électoral. Et la démocratie ? Le pouvoir aux sans-dents, ça ne va pas la tête ? Bienvenue en post-République française. Allez Dany, dis-le un peu pour voir : « élections, piège à cons ? ». Dis-moi, Dany, il est comment le bon côté du manche ?

    Mathieu Baumier

  • 3
    jc durbant:

    Et même un score soviétique ou nord-coréen à Paris !

    http://www.20minutes.fr/elections/2063483-20170507-direct-resultat-presidentielle-second-tour

  • 2
    jc durbant:

    Petite remise des pendules à l’heure par Kerdrel:

    Attention aux effets d’optiques ! Depuis le début de cette longue soirée électorale, tous les experts, présentateurs et politologues vous annoncent les résultats en pourcentages. Et c’est normal puisque la participation est un pourcentage du nombre d’électeurs et les résultats cruciaux de 20 heures donnant les scores du résultat des deux finalistes sont deux pourcentages qui sont scandés pendant des heures. Mais il est bon aussi de revenir à l’essentiel, c’est à dire au nombre de voix et à ces simples bulletins de vote jetés à un à un dans près de 50.000 bureaux de vote partout en France tout au long de cette journée. 46,9 millions de français sont inscrits sur les listes électorales dont 1,3 million à l’étranger. Le taux d’abstention étant de 26 %, cela ramène le nombre de votants à 34,7 millions. Le nombre de bulletins blancs ou nuls s’établit à 4,16 millions selon les décodeurs du Monde (12 % des votants, contre 2 % au premier tour). Ce qui ramène donc à 30,5 millions le nombre de suffrages exprimés. Pour l’heure le score estimé d’Emmanuel Macron est de 65,7 %. Ce qui lui confère en théorie 20 millions de voix. Ce qui représente à peine deux millions de voix de plus que François Hollande en 2012 et quelques centaines de milliers de voix de plus que Nicolas Sarkozy en 2007. On est donc bien loin d’une victoire triomphale telle qu’elle nous est présentée par les médias. Ce n’est pas vrai quand il est dit et répété ce soir que deux tiers des français ont voté Macron, puisque seulement 42 % des français ont déposé dans l’urne un bulletin à son nom alors qu’ils étaient 62 % à avoir réellement voter Chirac en 2002. Mais le plus grave, c’est que selon les estimations d’Ipsos, seulement 40 % des électeurs d’Emmanuel Macron adhèrent à son projet. Voici donc un Président élu avec un score officiel de 65,7 %, mais avec le soutien effectif de seulement 8 millions d’électeurs, soit 17 % des inscrits. Rarement un Président a paru si bien élu, avec le soutien de 90 % des médias. Mais rarement aussi il a disposé de si peu de soutiens pour appliquer sa politique. Cela explique pourquoi 61 % des français sondés aujourd’hui souhaitent une victoire de la droite aux élections législatives des 11 et 18 juin. Le message est clair. A la droite de l’écouter et de faire ce qu’il faut.

    Yves de Kerdrel

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Parfois, la durée du règne [du nouveau roi] est fixée dès le départ: les rois de Djonkon (…) règnaient sept ans à l’origine. Chez les Bambaras, le nouveau roi déterminait traditionnellement lui-même la longueur de son propre règne. « On lui passait au cou une bande de coton, dont deux hommes tiraient les extrémités en sens contraire pendant qu’il extrayait d’une calebasse autant de cailloux qu’il pouvait en tenir. Ces derniers indiquaient le nombre d’années de son règne, à l’expiration desquelles on l’étranglait. (…) Le roi paraissait rarement en public. Son pied nu ne devait jamais toucher le sol, car les les récoltes en eussent été desséchées; il ne devait rien ramasser sur la terre non plus. S’il venait à tomber de cheval, on le mettait autrefois à mort. Personne n’avait le droit de dire qu’il était malade; s’il contractait une maladie grave, on l’étranglait en grand secret. . . . On croyait qu’il contrôlait la pluie et les vents. Une succession de sécheresses et de mauvaises récoltes trahissait une relâchement de sa force et on l’étranglait en secret la nuit.

    Elias Canetti

    Le roi ne règne qu’en vertu de sa mort future; il n’est rien d’autre qu’une victime en instance de sacrifice, un condamné à mort qui attend son éxecution.

    René Girard

    Le roi a une fonction réelle et c’est la fonction de toute victime sacrificielle. Il est une machine à convertir la violence stérile et contagieuse en valeurs culturelles positives.

    René Girard

    Le règne du roi n’est que l’entracte prolongé d’un rituel sacrificiel violent.

    Gil Bailie

    On ne va pas s’allier avec le FN, c’est un parti de primates. Il est hors de question de discuter avec des primates.

    Claude Goasguen (UMP, Paris, 2011)

    Ne laissez pas la grande primate de l’extrême goitre prendre le mouchoir …

    François Morel (France inter)

    J’ai suivi cette campagne avec un sentiment de malaise franchement (…) qui s’est peu à peu transformé en honte. (…) Malaise parce que la deuxième France, dont vous parlez, la France qui est périphérique, qui hésite entre Marine Le Pen et rien, je me suis rendu compte que je ne la comprenais pas, que je ne la voyais pas, que j’avais perdu le contact. Et ça, quand on veut écrire des romans, je trouve que c’est une faute professionnelle assez lourde. (….) Parce que je ne la vois plus, je fais partie de l’élite mondialisée, maintenant. (…) Et pourtant, je viens de cette France. (…) Elle habite pas dans les mêmes quartiers que moi. Elle habite pas à Paris. A Paris, Le Pen n’existe pas. Elle habite dans des zones périphériques décrites par Christophe Guilluy. Des zones mal connues. (…) Mais le fait est que j’ai perdu le contact. (…) Non, je la comprends pas suffisamment, je veux dire, je pourrais pas écrire dessus. C’est ça qui me gêne, c’est pour ça que suis mal à l’aise. (…) Non, je suis pas dans la même situation. Moi, je ne crois pas au vote idéologique, je crois au vote de classe. Bien que le mot est démodé. Il y a une classe qui vote Le Pen, une classe qui vote Macron, une classe qui vote Fillon. Facilement identifiables et on le voit tout de suite. Et que je le veuille ou non, je fais partie de la France qui vote Macron. Parce que je suis trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon. Et parce que je suis pas un hériter, donc je suis pas la classe qui vote Fillon. (…) Ce qui est apparu et qui est très surprenant – alors, ça, c’est vraiment un phénomène imprévu – c’est un véritable parti confessionnel, précisément catholique. Dans tout ce que j’ai suivi – et, je vous dis, j’ai tout suivi – Jean-Frédéric Poisson était quand même le plus étonnant. (…) Une espèce d’impavidité et une défense des valeurs catholiques qui est inhabituelle pour un parti politique. (….) Ca m’a interloqué parce que je croyais le catholicisme mourant. (…) [Macron] L’axe de sa campagne, j’ai l’impression que c’est une espèce de thérapie de groupe pour convertir les Français à l’optimisme. Michel HouellebecqL’élection présidentielle française est loin d’avoir seulement une dimension politique. Comme l’explique Quartz, d’un point de vue symbolique, psychanalytique et psychologique, les deux adversaires du second tour illustrent jusqu’à la caricature le complexe d’Œdipe mis en avant par Sigmund Freud. Freud croyait que tous les hommes ont de façon inconsciente le désir de tuer leur père et d’épouser leur mère. De la même façon, les femmes voudraient inconsciemment tuer leur mère et épouser leur père. Il a baptisé ce complexe du nom d’Œdipe, ce roi de la mythologie grecque qui a, comme l’avait prévu la prophétie, a tué son père et épousé sa mère. Emmanuel Macron et Marine le Pen, au moins sur le plan symbolique, correspondent bien aux schémas psychanalytiques. Concernant Emmanuel Macron, il n’est pas difficile de considérer comme un figure maternelle une professeure plus âgée de 25 ans. Et de la même façon, Marine Le Pen a politiquement détruit et éliminé son père pour prendre sa place.

    Slate

    Seulement 4 % des 17 047 personnes interrogées dans la 7e vague de l’enquête électorale du Cevipof se déclarent satisfaits (3 % « plutôt satisfaits », 1 % « très satisfaits ») de l’action de François Hollande. C’est le taux le plus faible enregistré depuis le lancement de ce vaste sondage, en novembre 2015. Lors de la première vague, 12 % des sondés se disaient satisfaits. Ce taux était tombé à 8 % six semaines plus tard, en janvier, lors de la controverse sur la déchéance de nationalité. Puis, de mars à septembre, il a oscillé entre 5 et 6 %. La proportion d’insatisfaits atteint 70 % (+1 par rapport à septembre), soit deux points en dessous du record d’insatisfaction qui avait été enregistré en mai, au plus fort des crispations sur la loi El Khomri. (…) François Hollande n’a toutefois pas attendu cette nouvelle vague de sondage pour battre le record d’impopularité d’un président français depuis 1958. Dès novembre 2013, l’institut de sondage Ipsos l’avait fait franchir ce cap, avec une côte de popularité à 20 %, avant que tous les instituts de sondages finissent par s’accorder sur ce record, en septembre 2014.

    Le Monde (25.10.16)

    Une enquête électorale du Cevipof pour « Le Monde » ce mardi 25 octobre montre que seuls 4% des Français se disent « satisfaits » de l’action du président de la République. « Un record d’impopularité », soulignent de nombreux observateurs. Mais inutile de tirer sur l’ambulance : si François Hollande cumule bien les records d’impopularité, ce sondage-ci a une particularité qui relativise son résultat… (…) Depuis le mois de novembre 2015, cette enquête mesure régulièrement le taux de satisfaction à l’égard de l’action de François Hollande. Lequel avait démarré très bas, après déjà trois ans de présidence, à seulement 12% de satisfaits. Un taux tombé à 8% dès janvier, avant d’osciller depuis mars entre 5 et 6%. Ce mois-ci, le chef de l’Etat perd donc encore deux points. Sauf que de là à dire que le Président bat son record d’impopularité, il y a un pas qu’on ne peut objectivement pas franchir. Si 4% est effectivement le score le plus bas qu’il ait atteint dans ce baromètre-ci, il n’est pas comparable aux chiffres habituels de popularité. Car à la différence des autres baromètres, celui du Cevipof pour Le Monde propose aux personnes interrogées trois réponses : Satisfait (…)Pas satisfait (…) Ni satisfait ni insatisfait (…) Ce que révèle ce sondage Cevipof par rapport aux autres, c’est donc surtout qu’un quart des Français est incapable de dire ce qu’ils pensent de l’action de François Hollande. Alors que les autres sondages ne leur donnent pas l’opportunité de se dire indécis. Les sondés y ont simplement la possibilité de ne pas répondre à la question, ce qui les classe le cas échéant dans la catégorie « Ne se prononce pas » (NSP). La « popularité » de François Hollande au sens où on l’entend habituellement, c’est-à-dire mesurée sur la base de sondages ne proposant que deux réponses possibles (« oui » ou « non », « satisfait » ou « insatisfait »…) s’établit donc pour le mois d’octobre entre 13 et 18% selon les enquêtes (…) De fait, en termes d’impopularité, François Hollande vole de record en record depuis… 2013. En novembre de cette année-là, sa cote avait baissé à 20% dans le baromètre de l’IFOP pour le JDD, qui est le plus ancien de tous, soit le score le plus bas enregistré par un président français depuis le début de la Ve République, en 1958. En septembre 2014, François Hollande avait encore creusé son propre record à 13%, le plancher le plus bas qu’il ait jamais atteint à ce jour.

    Marianne

    Abstention de 25,3%, et bulletins blancs et nuls de 8,8%, deux chiffres qui relativisent l’ampleur de la victoire de Macron.

    Mathieu Gaillard (Ipsos)

    La trahison se paie souvent cash en politique. Mais l’élève aura réussi la prouesse de ne pas abîmer son image en prenant peu à peu la place du maître. « Le hold-up du siècle », résume la ministre de la santé, Marisol Touraine. Ou le crime parfait. « Il y aura Clausewitz, Sun Tzu et Emmanuel Macron », dit le patron des députés socialistes, Olivier Faure. Reste une question qui hante le chef de l’Etat et les siens : tout cela était-il prémédité ? Depuis quand le natif d’Amiens regarde-t-il le bureau de François Hollande, au premier étage du palais, en se disant qu’il pourrait être le sien ? (…) C’était en 2008. L’ancien conseiller spécial de François Mitterrand, Jacques Attali, tient à lui présenter un nouveau talent. Sorti de l’ENA en 2004, membre de la prestigieuse inspection des finances, soutien de Jean-Pierre Chevènement en 2002, le jeune loup qui se pique de philosophie et de littérature rêve surtout de politique. (…) Hollande termine alors son mandat de premier secrétaire du Parti socialiste. Le jeune Macron, qui a déjà su s’attirer les bonnes grâces de bon nombre de messieurs importants dans le monde politique ou dans celui des affaires, fait des étincelles comme rapporteur de la « commission Attali pour la libération de la croissance », nommée par Nicolas Sarkozy. Il brigue une implantation dans le Nord-Pas-de-Calais. « Si tu veux cette vie-là, je te présenterai qui il faut », lui promet Hollande, séduit par l’intelligence du prodige. Aujourd’hui, il relativise : « Je n’ai pas été particulièrement ébloui… C’était un jeune haut fonctionnaire qui voulait faire de la politique. » Les caciques du vieux parti d’Epinay s’opposent à l’arrivée d’un énarque jamais passé par le syndicalisme étudiant ou par le Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Emmanuel Macron comprend qu’il devra patienter longtemps avant de décrocher une investiture. Ce sera donc le privé et la banque Rothschild. Mais les retrouvailles avec François Hollande se feront plus vite que prévu, cette fois par l’intermédiaire de Jean-Pierre Jouyet, l’ami intime de l’actuel chef de l’Etat, alors à la tête de l’Inspection générale des finances. Il introduit le banquier dans le cercle des conseillers qui préparent la primaire de la gauche de 2011, puis la présidentielle. Rapide, travailleur, charmeur, toujours de bonne humeur, Macron réunit une fois par semaine un groupe d’économistes à La Rotonde, une brasserie du quartier Montparnasse. « Déjà, pendant la campagne, il n’y avait pas un iota entre ce que pensaient Hollande et Macron, se souvient l’ancien conseiller élyséen Aquilino Morelle. Ils étaient très proches. » Le président élu appelle naturellement son protégé, alors âgé de 34 ans, à l’Elysée. Il est promis au poste de sherpa. Mais, pour le banquier, qui accepte de baisser drastiquement son salaire, ce sera secrétaire général adjoint, sinon rien. Il n’est encore personne, mais il s’impose déjà. Très vite, le conseiller au physique de jeune premier prend la lumière. Le Tout-Paris cherche à le rencontrer. Lui profite de ce prestigieux bureau élyséen pour étoffer son carnet d’adresses. De son côté, le chef de l’Etat développe une véritable affection pour ce surdoué, dans lequel il voit une projection de lui-même. « Emmanuel, c’est le fils qu’on voudrait avoir », confie-t-il à son conseiller Gaspard Gantzer. « Emmanuel, c’est moi », déclare-t-il un autre jour aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme (« Un président ne devrait pas dire ça… », Stock). (…) « Macron n’a pas choisi le couteau mais le poison lent, résume alors un poids lourd de la majorité. Il est dans une stratégie d’empêchement. » (…) Jusqu’au dernier moment, Hollande refuse de voir l’évidence. Devant Gérard Davet et Fabrice Lhomme, il prend systématiquement la défense de son protégé. Confidences édifiantes. « Macron n’est pas quelqu’un qui cherche à se faire une existence politique au détriment du gouvernement, veut-il croire à l’automne 2015. Il peut avoir de la maladresse, mais pas de perversité (…). C’est un garçon gentil. Il n’est pas duplice. » Au début de l’été 2016, alors que les preuves du contraire s’accumulent, même naïveté : « Je pense qu’il est loyal. » « Macron a mieux cerné la psychologie du président que le président a compris la sienne », résume le député PS Richard Ferrand, secrétaire général d’En marche !. Lui continue d’avancer, capitalisant sur l’impopularité et la fragilité du chef de l’Etat. Son premier meeting, le 12 juillet, à la Mutualité, est un coup de tonnerre. A la fin de son discours survolté fusent des premiers « Macron président ! ». A deux jours de l’intervention du chef de l’Etat pour le 14-Juillet, c’est une provocation insensée. (…) « A lui de commettre la faute », conclut le président. « Macron sait qu’il a un “problème Brutus”, analyse Julien Dray. S’il part, ce ne sera plus le gendre idéal. Il préférait se faire virer, pour se libérer. » (…) Hollande est effondré. Revisitant les cinq années qui viennent de s’écouler, il dit le soir même devant ses proches : « Il m’a trahi avec méthode. » (…) Quinze jours plus tard, François Hollande annonce, depuis l’Elysée, qu’il renonce à briguer un second mandat. « Macron a été une des causes objectives de l’empêchement, a analysé le président devant ses proches. Il y en a d’autres, notamment la contestation dans mon propre camp et la division de la gauche… » (…) Hollande, lui, jure qu’il préfère voir Emmanuel Macron lui succéder plutôt que François Fillon ou Marine Le Pen. « Si Emmanuel est élu, ce ne serait pas la plus mauvaise sortie pour toi, l’a conforté Julien Dray. Un pied de nez de l’Histoire ! »

    Le Monde

    La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du «Fillongate», puis face à un adversaire «repoussoir», dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de «choisir»? Tandis que la France «d’en haut» célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir? Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style «jeunesse dorée», son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la «France d’en haut», médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains. Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec «En marche», une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel «hyperprésident» censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de «l’hyperprésidence» qui mène tout droit au statut de «coupable idéal» des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958.

    Maxime Tandonnet

    Un homme d’État doit concilier trois qualités: une vision de l’histoire, le sens du bien commun et le courage personnel. Ils sont très peu nombreux à avoir durablement émergé dans l’histoire politique française. En effet, en raison de leur supériorité, ils sont rapidement pris en chasse par le marais et réduits au silence avant d’être lapidés. Le véritable homme d’État est un paria en puissance. Le Général de Gaulle fut un paria tout à fait particulier, un paria qui a réussi. Il faut se souvenir de la manière dont il fut traité dans les années 1950 et 1960. Il était en permanence insulté, qualifié de réactionnaire et de fasciste. Dans Le Coup d’État permanent, François Mitterrand utilise à son propos les mots de «caudillo, duce, führer…». C’est un comble pour le chef de la résistance française au nazisme… S’il fut un paria qui a réussi, c’est en raison de sa place hors norme dans l’histoire, auteur de l’appel du 18 juin 1940 et de la décolonisation. Mais dès lors, il n’est plus vraiment un paria au sens de la définition que j’en donne, son image à la postérité étant largement positive et consensuelle. (…) la lecture des livres de René Girard, notamment La violence et le sacré et Les choses cachées depuis la fondation du monde m’a inspiré l’idée de cet ouvrage sur les parias de la République. Sa grille de lecture peut s’appliquer à l’histoire politique française: la quête d’un bouc émissaire, victime expiatoire de la violence collective, et son lynchage par lequel la société politique retrouve son unité. Le cas d’Édith Cresson est intéressant à cet égard. Quand on lit la presse de l’époque, quand on replonge dans les actualités du début des années 1990, la violence, la férocité de son lynchage nous apparaissent comme sidérantes. On a beaucoup parlé de ses maladresses, provocations et fautes de communication qui furent réelles. Mais l’acharnement contre elle, les insultes, la caricature, la diffamation contre une femme Premier ministre qui prenait une place convoitée par des hommes, a atteint des proportions vertigineuses. On en a oublié des aspects positifs de sa politique: le rejet des 35 heures, la promotion de l’apprentissage, des privatisations et de la politique industrielle, la volonté de maîtriser les frontières. Elle fut vraiment une femme lynchée. Et sur ce sacrifice, les politiques de son camp ont tenté de se refaire une cohésion. Sans succès. Encore aujourd’hui, je constate à quel point elle fut haïe. Des personnalités de droite ou de gauche m’ont vivement reproché de tenter de la «réhabiliter» parmi mes parias! De fait, je ne cherche pas à la réhabiliter et ne cache rien de ses erreurs, mais je mets le doigt sur un épisode qui n’est pas à l’honneur de la classe politique française. La violence est certes inhérente à la république dès lors que la république suppose une concurrence pour les postes, les mandats, les honneurs. Cette violence devrait être tempérée par la morale, le sens de l’honneur, du respect des autres, par les valeurs au sens du duc de Broglie. Elle ne l’a pas été à l’égard d’Édith Cresson. Elle l’est de moins en moins aujourd’hui, comme en témoigne la multiplication des lynchages politico-médiatiques à tout propos. (…) Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’un lynchage permanent et violent pendant son quinquennat: insultes au jour le jour, calomnies et les aspects positifs du bilan de son action ont été étrangement passés sous silence. Pourtant, il me semble trop tôt pour lui appliquer le qualificatif de paria au sens où je l’entends dans mon ouvrage, supposant un bannissement qui se poursuit dans l’histoire. Comment sera-t-il jugé dans vingt ans? Qui peut le dire? Souvenons-nous de Mitterrand et de Chirac. Leur fin de règne fut pathétique, pitoyable. Qui s’en souvient encore? La mémoire contemporaine est tellement courte… Aujourd’hui, ils sont plutôt encensés et n’ont rien de parias… (…) [François Fillon] a le profil d’un bouc émissaire, sans aucun doute, faute de pouvoir parler de paria à ce stade. D’ici à l’élection présidentielle et par la suite, s’il l’emporte, il sera inévitablement maltraité et son tempérament à la fois réservé et volontaire ne peut qu’exciter la hargne envers lui. Il faut noter que François Hollande, quoi qu’on en pense, n’a pas été épargné par le monde médiatique et la presse qu’il croyait tout acquise à sa cause… C’est une vraie question que je me pose: le président de la République, qui incarnait du temps du général de Gaulle et de Pompidou, le prestige, l’autorité, la grandeur nationale, est-il en train de devenir le bouc émissaire naturel d’un pays en crise de confiance? Ultramédiatisé, il incarne à lui tout seul le pouvoir politique dans la conscience collective. Mais ne disposant pas d’une baguette magique pour régler les difficultés des Français, apaiser leurs inquiétudes, il devient responsable malgré lui de tous les maux de la création. Je pense qu’il faut refonder notre vision du pouvoir politique, lui donner une connotation moins personnelle et individualiste. Le temps est venu de redécouvrir les vertus d’une politique davantage axée sur l’engagement collectif, le partage de la responsabilité, entre le chef de l’État, le Premier ministre, la majorité, la nation, au service du bien commun.

    Maxime Tandonnet
















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