eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Présidentielle 2017: Pourquoi Fillon va gagner (Rêve de Buisson, cauchemar de Macron: la meilleure analyse de la désormais inéluctable victoire de Fillon)

Posté le vendredi 14 avril 2017 par jc durbant

Et si comme pour Trump c’était Macron qui avait raison ?

En cette Pâque fondatrice de nos racines doublement et indissolublement juives et chrétiennes …

Que de Jérusalem au Caire ou à Paris, l’on tente à nouveau de nier …

Et après l’échec de Sarkozy en 2012 …

Comme face à la machination juridico-médiatique contre le seul candidat de l’alternance …

Ou au piège historique de la neutralisation par diabolisation d’une partie de la droite française par les tenants de l’immobilisme…

Et sans parler des folles chavezeries et robespierrades du néostalinien Mélenchon, ami lui aussi de Buisson  …

Alors que les traitres de classe Sarkozy comme Juppé ou Lemaire continuent à mégoter leur soutien …

Et que fidèles au poste, nos médias veillent à la désinformation de leur lectorat …

Devinez qui derrière l’embarrassante niaiserie de certains de ses soutiens comme, à l’instar de son slogan, de l’affligeante vacuité de son programme …

A finalement la meilleure analyse du succès plus que probable de François Fillon à la présidentielle dans une semaine ?

jc durbant @ 23:38
Catégorie(s): Pendant ce temps-là, en France


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19 réponses à “Présidentielle 2017: Pourquoi Fillon va gagner (Rêve de Buisson, cauchemar de Macron: la meilleure analyse de la désormais inéluctable victoire de Fillon)”

  • 19
    jc durbant:

    La ligne Buisson est un dispositif à deux coups : politique et métapolitique. Le second point est le plus intéressant. Buisson a emprunté la notion de gramscisme de droite à Alain de Benoist et à la Nouvelle Droite, qui l’ont théorisée à la fin des années 1970 : la bataille pour l’hégémonie culturelle comme prélude aux victoires politiques. La guerre des mots et des symboles, les grands mythes mobilisateurs, etc.(…) Buisson a voulu reproduire avec Sarkozy ce que de Gaulle avait fait en 1947, avec le RPF, et en 1958 avec la Ve : désenclaver la droite conservatrice. Cette droite est trop marginale, elle peut gagner une primaire, pas une présidentielle. Il s’agit donc de lui adjoindre les catégories populaires afin de fusionner les électorats conservateurs et populistes, quitte à occulter la question sociale, le grand impensé de la ligne Buisson. Nonobstant ce point, Buisson a saisi l’opportunité du sarkozysme sans nourrir d’illusions sur le personnage. Une fois élu grâce au logiciel Buisson, Sarkozy l’a du reste aussitôt désinstallé pour revenir au « cercle de la raison » : Alain Minc à Bercy, Kouchner au Quai d’Orsay, Frédéric Mitterrand rue de Valois, Bernard-Henry Lévy en Libye… De ce point de vue, la ligne Buisson est un échec, et le bilan désenchanté que dresse La Cause du peuple l’atteste. Je suis quant à moi moins sévère, l’essentiel étant d’avoir contribué à lever les tabous qui tétanisaient les droites et à battre en brèche l’avantage moral de la gauche. (…) L’identité nationale, le refus du front républicain, qui s’est traduit par le « ni-ni » entre un candidat PS et FN au second tour des élections partielles sous le quinquennat Sarkozy, pour ne citer que deux exemples. (…) Il s’est produit un alignement des planètes, du « non » au TCE, en 2005, au Brexit. Le centre de gravité de la demande électorale s’est déplacé à droite, identité, souveraineté, sécurité. Sarkozy s’en est avisé très tôt sous l’influence de son conseiller et a ajusté l’offre politique à la demande du corps électoral. Rien ne le prédisposait idéologiquement à faire ce choix si l’on veut bien admettre qu’il ne se situe pas tant à droite qu’à l’ouest, au sens où Guy Mollet disait des communistes qu’ils n’étaient pas à gauche mais à l’est. Il l’a fait néanmoins, par tempérament et par calcul. C’est sa force, il a plus d’audace que ses rivaux. Assez vierge politiquement, dépourvu de surmoi politique, il s’est prêté aux transgressions buissonnières et abandonné à une parole étonnamment désinhibée. (…) Il n’y a plus d’union des droites dans l’esprit de Buisson. C’est dans les années 1980, quand il dirigeait Minute, qu’il se faisait le chantre d’une union RPR-UDF-Front national. À l’époque, il côtoyait des gens comme Villiers, Séguin ou Mégret et conseillait aussi bien Jean-Claude Gaudin que Jean-Marie Le Pen… Aujourd’hui, alors que leurs électorats se révèlent de plus en plus perméables, la rivalité entre les appareils LR et FN est à son comble. Dès lors, la question qui se pose est celle de l’attractivité électorale, pas de l’union des droites. Depuis plus de vingt-cinq ans, Buisson est convaincu que le Front national ne peut pas gagner la présidentielle. Même si la stratégie mariniste de dédiabolisation a fait gagner cinq à dix points au FN, cette vérité reste d’actualité. Sans stratégie d’alliance, pas d’espérance de conquête du pouvoir. Or ni les LR ni le FN ne veulent d’alliance. (…) Tactiquement, le FN a tout intérêt à dire qu’il n’est ni de droite ni de gauche, d’abord pour se libérer de la prison mentale et du piège rhétorique qu’est l’extrême droite. Mais, de Guaino à Dupont-Aignan, les personnalités qu’il invite à le rejoindre sont… des gens de droite. À certains égards, le Front national a remplacé le RPR. Dans son dernier livre, Le Moment populiste, Alain de Benoist révoque en effet le clivage horizontal droite-gauche à la lumière de la poussée populiste. Le clivage, désormais, est vertical, les élites, en haut, contre le peuple, en bas. Il y a du vrai. C’est néanmoins oublier que, du boulangisme au lepénisme, en passant par le poujadisme, les droites radicales ont toujours recyclé des thèmes que les gauches radicales n’ont pas su porter – notamment la question de l’égalité. C’est ce que Marc Crapez a démontré de manière plus que convaincante dans La Gauche réactionnaire (Berg International, 1996). De fait, Marine Le Pen mène une campagne populiste, mais est-ce suffisant ? Pour gagner, il faut réussir la synthèse buissonnière : fusionner les électorats conservateur et populaire. (…) Depuis, la glaciation mitterrandienne est passée par là. Fondamentalement, la droite française peine à comprendre la nécessité du combat culturel. Le divorce entre la Nouvelle Droite et Le Figaro magazine au début des années 1980 en témoigne. La droite conçoit généralement le combat des idées comme un luxe surnuméraire qui relève en dernière analyse du « jus de crâne ». Jusqu’à il y a peu (les polémiques autour des « néo-réacs »), la possibilité d’être un intellectuel de droite relevait de la gageure. (…) La gauche est devenue la gardienne intransigeante d’un ordre moral d’autant plus intraitable qu’il ne repose plus sur aucune production intellectuelle significative. Comme l’Église en son temps, la gauche pallie son déclin historique par la multiplication d’interdits aussi envahissants qu’intimidants, à telle enseigne que des intellectuels dits de gauche, je pense à Marcel Gauchet ou Jacques Julliard, aujourd’hui en dissidence, n’en continuent pas moins de se présenter comme des hommes de gauche. Quant à Régis Debray, qui avait tout pour être notre Barrès – la langue, l’ampleur du mémorialiste, la profondeur de champ, le recul de l’historien –, il a préféré n’être et demeurer que Régis Debray. Comme disait Bernanos, il faudrait des reins pour pousser tout cela ! (…) « Ideas matter », disent les Américains. Les idées comptent. La droite française serait bien inspirée de s’intéresser à ce qui s’est fait outre-Atlantique il y a un demi-siècle, en amont de la révolution conservatrice reaganienne. Je ne suis pas reaganien, loin de là, mais l’offensive culturelle des Républicains force le respect. Après la défaite de leur candidat en 1964, Barry Goldwater, les Républicains ont pris la mesure de leur défaite idéologique. Ils ont alors mis en place, via un réseau de médias et de think tanks, via la publication d’études et de rapports, les outils d’une reconquête du pouvoir… jusqu’à dicter l’agenda politique des États-Unis pour un demi-siècle ! Trump n’en est jamais qu’un des avatars (…) La gauche conserve une rente de monopole dans les champs médiatique, culturel et universitaire, où elle est institutionnellement hégémonique. Dans le service public, il n’y a pratiquement aucun espace laissé à la droite : il a été privatisé par la gauche. La droite a donc investi les médias alternatifs sur le net et réinvesti la presse d’opinion, libérale ou conservatrice. Je ne sais si Causeur s’y retrouve, mais du Figaro Vox au Postillon du Point, en passant par L’incorrect de Valeurs actuelles, c’est le retour en force du débat d’idées et d’une presse engagée.

    François Bousquet (merci james)

  • 18
    jc durbant:

    DISCONNECTED ELITES

    There is no avoiding the blunt reality at the heart of France’s momentous election, which is the general sense among the population that the nation’s elites—in politics and the French media—have become disconnected from the realities of the nation’s problems…

    https://www.wsj.com/articles/the-attack-in-france-1492730377 (merci letel)

  • 17
    jc durbant:

    DOUCE FRANCE GOES SOUR

    Terrence Peterson, a professor at Florida International University who is writing a book about the French military’s history in Algeria, compared the symbolic value of Algeria in France with the Confederate flag in the United States. Just as the Confederate flag has a double meaning — a symbol of racism to many, but a symbol of a treasured past to others — Algeria stands for French racist oppression, but also a lost society seen as expanding French Republican virtues to the edge of the Sahara. “At its base it’s really a conflict about ‘what is France, and who is French?’” he said. “It’s an important nexus of memory and identity. So whatever you want to say about France’s relationship to its minority populations, Algeria often allows you to make that argument.”

    https://www.nytimes.com/2017/04/20/world/europe/a-small-french-town-infused-with-us-vs-them-politics.html (merci letel)

  • 16
    jc durbant:

    Méluche dans ses oeuvres:

    Vous savez pourquoi le NPA est fichu ? Parce qu’on ne transforme pas un groupuscule d’intellectuels juifs du Quartier latin en parti de masse des banlieues musulmanes.

    Jean-Luc Mélenchon (2012)

  • 15
    jc durbant:

    ON NE RIT PAS !

    Pour une politique économique sérieuse et à la hauteur des enjeux, votons Mélenchon
    Par Un collectif d’universitaires — 18 avril 2017 à 14:37
    Plus d’une centaine d’économistes de dix-sept pays à travers le monde appellent les citoyens à se prononcer, dimanche, pour le candidat de La France insoumise.

    Pour une politique économique sérieuse et à la hauteur des enjeux, votons Mélenchon

    Alors que la France n’est toujours pas sortie de la stagnation économique qui fait suite à la crise de 2007-2008, Emmanuel Macron et François Fillon veulent poursuivre et intensifier les politiques de coupes dans les dépenses publiques, de démantèlement de l’Etat social et du droit du travail, menées sans relâche par les gouvernements précédents. Ces politiques ne servent que les plus riches. Elles ne conduisent qu’à plonger le pays dans le cercle vicieux du chômage et de la précarité, terreau de la montée du FN dont le faux vernis social peine à cacher la nature profondément raciste et xénophobe et l’incohérence des propositions économiques.
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    A l’inverse, les solutions proposées par Jean-Luc Mélenchon sont, à nos yeux, les seules capables de répondre aux cinq urgences majeures de notre temps. Elles forment un cadre cohérent et rigoureusement chiffré qui tient compte des équilibres budgétaires, non pas en se lançant dans une course à l’austérité, mais en proposant un programme économique précis et ambitieux reposant sur une plus grande justice fiscale, une politique d’investissement et une émancipation vis-à-vis des marchés financiers.
    Correctement proportionné

    La première urgence consiste à faire baisser le chômage, qui s’élève aujourd’hui à 10% de la population active et à 25% chez les jeunes actifs. A cet égard, il faut dégager des marges de manœuvre en mettant fin à une dépense inutile et préjudiciable pour la collectivité : la dépense fiscale. Le pacte de responsabilité et le CICE, qui coûteront 41 milliards d’euros aux contribuables en 2017, sont totalement inefficaces en matière d’emploi. En situation d’insuffisance de la demande en France et en Europe, et face au sous-investissement chronique pendant le quinquennat Hollande, l’urgence est à une ambitieuse politique de relance pour stimuler l’activité. Sur ce point, le plan d’investissement de 100 milliards d’euros sur cinq ans proposé par Jean-Luc Mélenchon est correctement proportionné. Il focalise à raison la dépense sur des secteurs essentiels à fort coefficient multiplicateur (transition énergétique, infrastructures scolaires, transports publics, santé, etc.) et qui ne sont pas ou peu soumis à la concurrence internationale ; ces critères garantissent son efficacité comme son financement, conformément aux préconisations d’un récent rapport sur ce thème (Xavier Ragot et Francesco Saraceno dir., «Investissement public, capital public et croissance», 2016, OFCE).

    Pour sortir de l’austérité budgétaire et salariale, des mesures comme la revalorisation du Smic, des retraites ou des minima sociaux, ainsi qu’une véritable politique d’égalité salariale femmes-hommes, sont également plus que nécessaires. Combinée à un ambitieux plan de réduction du temps de travail (sixième semaine de congés payés, application effective des 35 heures, limitation du temps partiel imposé…), la politique d’employeur en dernier ressort de l’Etat et des collectivités publiques proposera une formation et un emploi de qualité à haute valeur ajoutée sociale (construction d’infrastructures, travail avec les associations à but non lucratif, contribution à la transition écologique…) à toute personne voulant et étant capable de travailler : les chômeurs, les personnes qui ont abandonné la recherche d’emploi, les personnes insatisfaites de leur activité à temps partiel, etc.

    En agitant le chiffon rouge de l’augmentation des dépenses, les détracteurs de Jean-Luc Mélenchon omettent de nous dire que les nouvelles coupes qu’ils entendent effectuer se traduiront par une nouvelle hausse du chômage et une dégradation des services publics. En engageant un plan de relance que la France et l’UE auraient dû initier depuis longtemps, les rentrées fiscales générées feront au contraire baisser l’endettement public, nous permettant ainsi sortir du piège mortifère de la dette engendrée par les politiques d’austérité.
    Révolution fiscale précise et cohérente

    La deuxième urgence à laquelle la France doit répondre consiste à enrayer le creusement des inégalités qui intervient depuis les années 90, à mettre fin à l’augmentation vertigineuse des patrimoines des plus riches et à remédier à l’injustice de notre système fiscal. Les inégalités affectent les ménages aussi bien que les entreprises, dont la taxation effective est beaucoup plus élevée pour les PME que pour les grands groupes. Une société plus égalitaire est plus heureuse et plus démocratique. A ce sujet, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon prévoit une révolution fiscale précise et cohérente, tant pour les ménages (meilleure progressivité de l’impôt sur le revenu grâce à l’augmentation du nombre de tranches, de cinq à quatorze) que pour les entreprises (baisse de l’impôt sur les sociétés à 25% pour toutes les entreprises, couplée à l’abrogation de nombreuses niches fiscales), ainsi qu’un relèvement de l’imposition du capital. Seule une telle refonte du système fiscal corrigera les phénomènes de rente et la captation des richesses par une minorité, toujours plus restreinte, de privilégiés.

    La troisième urgence est industrielle. Il s’agit de combattre la financiarisation de l’économie qui a causé des dommages importants à notre tissu productif et, partant, au secteur tertiaire, souvent dépendant des industries. Pour que nos industries puissent monter en gamme, la dotation et les missions de la Banque publique d’investissement devront être étendues. L’octroi des crédits et les prises de participation doivent sortir de la stricte logique de la rentabilité financière pour privilégier une vision à long terme. Le contrôle du système bancaire français par la Banque de France doit être renforcé et la séparation des banques d’affaires et de dépôt doit être appliquée sans tarder. Les mouvements de capitaux spéculatifs doivent être contrôlés pour que la spéculation cesse de nuire à l’investissement.

    À lire aussi : Jacques Généreux : «Pour sauver le meilleur de l’UE, il faut abolir le pire»

    L’entreprise doit être refondée et doit avoir comme finalité de produire des biens et des services dans l’intérêt commun de l’ensemble des parties prenantes et non des seuls actionnaires et propriétaires. Le fait de donner à l’entreprise un autre objectif que le seul profit permet de remettre en question la notion, non fondée en droit, de «propriété de l’entreprise», et de faire en sorte que le pouvoir d’entreprendre ne provienne plus de la seule propriété des capitaux. Dans un premier temps, cela passera par l’extension des droits des salariés : droit de veto suspensif du comité d’entreprise sur les procédures de réorganisation et de restructuration ; véritable droit de préemption des salariés en cas de fermeture ou de vente de l’entreprise par les actionnaires.
    Convaincante stratégie de désobéissance

    Face à l’urgence environnementale et climatique (voir le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de novembre 2014), notre pays doit se donner les moyens de mener une transition écologique crédible et de grande envergure. Une telle bifurcation de notre modèle de production doit nécessairement être amorcée par l’investissement public et requiert une consommation de meilleure qualité. Elle implique de rompre avec la logique financière court-termiste des trois dernières décennies, qui détruit des emplois, brise des millions de vies et contribue à détériorer l’environnement. A cet égard, la planification écologique proposée par Jean-Luc Mélenchon, adossée à la réorientation du crédit et à la constitution d’un pôle public bancaire, est essentielle. Elle améliorera la santé de l’ensemble de la population en augmentant la qualité des biens nécessaires. Dans cette optique, des mesures comme le 100% bio dans les cantines ou la priorité accordée au local sont emblématiques.

    Enfin, il est urgent de transformer en profondeur l’absurde édifice des traités européens, qui dépossède les Etats de leurs leviers de politique macroéconomique, les accule à une course au moins-disant social et écologique et à une régression sans fin. Le carcan des traités actuels interdit toute politique de relance et toute politique industrielle, pourtant plus indispensables que jamais pour faire face aux urgences économique, sociale et écologique. La monnaie unique, incomplète, impose aux Etats des ajustements de compétitivité très douloureux sur les plans social et économique.

    À lire aussi : Mélenchon : un vote pour provoquer l’avenir

    En Europe, seul l’établissement d’un rapport de force crédible peut permettre d’obtenir une réforme d’ampleur de l’Union économique et monétaire qui garantisse enfin le progrès social et la convergence par le haut pour les peuples européens. Jean-Luc Mélenchon assume sur ce point une convaincante stratégie de désobéissance et de dissuasion. En France, son gouvernement prendra toutes les mesures unilatérales nécessaires à la mise en œuvre de son programme, en s’affranchissant autant que nécessaire de l’application stricte des traités. L’édifice institutionnel européen pourra alors être refondé, et l’euro complété afin de garantir une convergence réelle entre les économies. A défaut, et pour éviter un effondrement à venir, il faudra oser sortir de l’euro pour mieux sauver l’Europe.

    En répondant aux cinq urgences économiques majeures de notre temps, le programme économique de Jean-Luc Mélenchon nous donne aujourd’hui l’occasion historique de prouver qu’il y a des alternatives sérieuses, crédibles et désirables aux politiques absurdes menées avec acharnement lors des dernières décennies. Ce programme se réalisera dans le cadre d’une révolution démocratique, soutenue par la mise en place d’une assemblée constituante. Notre pays a aujourd’hui l’opportunité unique de renverser la logique mortifère qui mène l’Europe à l’implosion et de redonner un sens et du souffle au projet européen. Saisissons-la !

    Parmi les premiers signataires :

    Abecassis Philippe (Université Paris-XIII)

    Alary Pierre (Université Lille-I)

    Aldred Jonathan (University of Cambridge)

    Alonso Gallo Nuria (Universidad Rey-Juan-Carlos, Madrid)

    Altzinger Wilfried (University of Economics and Business, Vienna)

    Amable Bruno (Université Paris-I)

    Appelqvist Orjan (University of Stockholm)

    Assous Michael (Université Paris-I)

    Auvray Tristan (Université Paris-XIII)

    Bachet Daniel (Université d’Evry)

    Baron Olivier (Université de Bordeaux)

    Bastos Pedro Paulo Zahluth (Universidade de Campinas)

    Batifoulier Philippe (Université Paris-XIII)

    Bédu Nicolas (Université d’Artois)

    Bénicourt Emmanuelle (Université de Picardie)

    Berr Eric (Université de Bordeaux)

    Berrou Jean-Philippe (Sciences-Po Bordeaux)

    Bhaduri Amit (Università di Pavia)

    Bousseyrol Marc (Sciences-Po)

    Bruyère Mireille (Université Toulouse-II)

    Carvalho Laura (Université de São Paulo)

    Cayla David (Université d’Angers)

    Chang Ha-Joon (University of Cambridge)

    Clévenot Mickaël (Université de Bourgogne)

    Concialdi Pierre

    Cordonnier Laurent (Université Lille-I)

    Coris Marie (Université de Bordeaux)

    Da Silva Nicolas (Université Paris-XIII)

    Dallery Thomas (Université du Littoral)

    De Conti Bruno (Universidade de Campinas)

    Dellemotte Jean (Université Paris-I)

    Demirovic Alex (Goethe University, Frankfurt am Main)

    Dimsky Gary (Leeds University Business School)

    Diop Amadou Makhourédia (Université de Thiès, Sénégal)

    Domin Jean-Paul (Université de Reims)

    Dörre Klaus (Friedrich Schiller University, Iéna)

    Douai Ali (Université de Nice)

    Durand Cédric (Université Paris-XIII)

    Dutt Amitava (University of Notre Dame, USA et FLACSO, Equateur)

    Ehnts Dirk (Technical University Chemnitz)

    Elsner Wolfram (University of Bremen)

    Etievant Guillaume (expert auprès des CE)

    Evans Trevor (Berlin School of Economics and Law)

    Eydoux Anne (CEET, CNAM)

    Fall François (Université de Toulouse)

    Fine Ben (School of Oriental and African Studies (SOAS) Londres)

    Fontana Giuseppe (University of Leeds)

    Friedman Gerald (University of Massachusetts, Amherst)

    Gadreau Maryse (Université de Bourgogne)

    Généreux Jacques (Sciences-Po Paris)

    Ghirardello Ariane (Université Paris-XIII)

    Gillig Philippe (Université de Strasbourg)

    Guerrien Bernard (Université Paris-I)

    Gun Ozgur (Université de Reims)

    Guy Yann (Université Rennes-II)

    Harari-Kermadec Hugo (ENS Paris-Saclay)

    Harnay Pétronille (Ifsttar)

    Harribey Jean-Marie (Université de Bordeaux)

    Hoang Ngoc Liem (Université Paris-I)

    Husson Michel

    Isla Anne (Université de Toulouse)

    Issehnane Sabina (Université Rennes-II)

    Jäger Johannes (University of Applied Sciences BFI Vienna)

    Jespersen Jesper (Roskilde University)

    Kapeller Jakob (University of Duisburg-Essen)

    Keen Steve (Kingston University)

    Khalfa Pierre (ancien membre du Conseil économique, social et environnemental)

    Kinsella Stephen (University of Limerick)

    Konzelmann Suzanne (London Centre for Corporate Governance and Ethics)

    Lahille Eric (Université Paris-Est)

    Lang Dany (Université Paris-XIII)

    Lapavitsas Costas (London School of Economics)

    Lavoie Marc (Université Paris-XIII)

    Légé Philippe (Université de Picardie)

    Lizé Laurence (Université Paris-I)

    Longuet Stéphane (Université de Picardie)

    Luengo Fernando (Universidad Complutense, Madrid)

    Marie Jonathan (Université Paris-XIII)

    Marques Pereira Jaime (Université de Picardie)

    Mason Paul (Auteur de Postcapitalism, a Guide to Our Future)

    Math Antoine

    Mattei Clara Elisabetta (New School for Social Research, New York)

    Maucourant Jérôme (Université Jean-Monnet, Saint-Etienne)

    Mello Guilherme Santos (Université Campinas)

    Montalban Matthieu (Université de Bordeaux)

    Morin François (Sciences-Po Toulouse)

    Olguin Alfredo (Universidad Nacional Autónoma de México)

    Ötsch Walter (Cusanus Hochschule, Institut of Economics)

    Palloix Christian (Université de Picardie)

    Palombarini Stefano (Université Paris-VIII Saint Denis)

    Parel Véronique (Université Paris-I)

    Pessa Gonçalo (Banco de Portugal)

    Pignol Claire (Université Paris-I)

    Piluso Nicolas (Université Toulouse-III)

    Poinsot Philippe (Université Paris-I)

    Pollin Robert (University of Massachusetts, Amherst)

    Ponsot Jean-François (Université de Grenoble)

    Prates Daniela Magalhães (Université Campinas)

    Raghavendran Srinivasan (National University of Ireland Galway)

    Ramaux Christophe (Université Paris-I)

    Rigaudiat Jacques (Ex-conseiller de Rocard et de Jospin)

    Rísquez Ramos Mario (Economistas sin Fronteras Foundation)

    Rocha Marco Antonio M. (Université Campinas, Brésil)

    Rochon Louis-Philippe (Université de Sudbury, Canada)

    Rossi Pedro (Université Campinas, Brésil)

    Rossi Sergio (Université de Fribourg, Suisse)

    Salais Robert (Ecole normale supérieure, Paris-Saclay)

    Saludjian Alexis (Université de Rio de Janeiro)

    Sawyer Malcolm (University of Leeds)

    Scholz-Wäckerle Manuel (University of Economics and Business, Vienna)

    Seppecher Pascal (Université Paris-XIII)

    Setterfield Mark (New School for Social Research, New York)

    Shaikh Anwar (New School for Social Research, New York)

    Skidelsky Robert (Warwick University)

    Solipa Carvalho Izaura (Portuguese Association of Political Economy, Apep)

    Steinhardt Paul (Editor Makroskop, Wiesbaden, Germany)

    Stockhammer Engelbert (Kingston University, Kingston Upon Thames) UK

    Treillet Stéphanie (Université Paris-Est Créteil)

    Tridico Pasquale (University Roma-III)

    Trillo David (Universidad Rey Juan Carlos, Madrid)

    Tymoigne Eric (Lewis and Clark College, Portland)

    Vakulabharanam Vamsi (University of Massachusetts, Amherst)

    Vallageas Bernard (Université Paris-Sud)

    Veronese Passarella Marco (University of Leeds)

    Vicent Valverde Lucía (Universidad Complutense, Madrid)

    Vilariño Ángel (Universidad Complutense, Madrid)

    Villemot Sébastien

    Vivien Franck-Dominique (Université de Reims)

    Zezza Gennaro (University of Cassino)

    Zinn Karl Georg (RWTH Aachen)
    Un collectif d’universitaires

    http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/18/pour-une-politique-economique-serieuse-et-a-la-hauteur-des-enjeux-votons-melenchon_1563456?xtor=rss-450

  • 14
    l'amère Denis:

    Les costards de Fillon

    Le coiffeur de Mollande à 800 euro par mois …

    Du petit jeu de petite bite

    1) Patrick Drahi est un milliardaire patron du groupe Altice (Numéricable/SFR/SFR Médias). Il contrôle un groupe de médias puissant (BFM TV/RMC/L’express/Libération).

    2) Le 28 octobre 2014, le tout nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron autorisait le rachat de SFR par Patrick Drahi contre l’avis de son prédécesseur Arnaud Montebourg. Dans les 6 mois qui ont suivi cette décision, la valeur du groupe de Drahi a plus que doubler et a fait gagner plus de 14 milliards d’euro à ses actionnaires.

    3) Macron a floué l’état français car il a choisi un groupe qui paye très peu d’impôts en France. Montebourg craignait que le rachat de SFR par Altice ne se traduise par une gigantesque évasion fiscale.
    En 2014, Montebourg éreinte Drahi alors qu’il est ministre, des enquêtes fiscales sont alors diligentées par Bercy et ses déclarations ci-dessous sont sans ambiguïté. « Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse !
    Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser ! ». Par ailleurs Drahi fera le plus grand plan social de 2016 en licenciant 5000 personnes chez SFR

    4) Pour remercier Macron, Drahi a mis son groupe de médias à disposition de sa campagne et à organisé un matraquage médiatique sans précédent en faveur de Macron. Ce soutien s’organise d’ailleurs de manière tout à fait évidente.
    Un proche de Patrick Drahi, patron du pôle médias du groupe Altice, Bernard Mourad, rejoint Macron pour organiser son mouvement « En Marche » en Octobre 2016. Bernard Mourad, ancien banquier de Patrick Drahi, s’était plus particulièrement occupé, en 2014, de l’opération de rachat de SFR.

    Depuis février 2015 il est le patron de la branche média du groupe Altice, c’est-à-dire la personne qui dirige l’Express, Libération, BFM TV et RMC.

    5) En autorisant le rachat de SFR, Macron a fait d’une pierre deux coups.

    Cette opération se révèle en effet fort juteuse pour le clan Macron, puisque la banque d’affaires qui se charge de cette vente n’est autre que la banque Lazard. La banque Lazard est dirigée en France par Mathieu Pigasse, propriétaire du journal Le Monde et soutien essentiel de la campagne d’Emmanuel Macron.

    Les banques d’affaires toucheront de l’ordre de 260 millions d’euro de commissions sur ce deal. Si l’on veut moraliser la vie politique et éviter les conflits d’intérêts, est-il normal que le patron d’une banque qui est aussi patron de presse soutienne un candidat dont la décision lui a rapporté autant d’argent ?

    Le 22 février Bayrou se ralliait à Macron sous quatre conditions. Macron acceptait avec un cynisme écœurant la condition suivante « Je demande expressément que le programme du candidat comporte en priorité une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte contre les conflits d’intérêt.

    « Je refuse, comme je l’ai refusé toute ma vie que des intérêts privés, de grands intérêts industriels ou financiers, prennent la vie publique en otage. Je ne cèderai rien sur la séparation nécessaire de la politique et de l’argent. »

    Patrick Drahi
    Le milliardaire Franco-Israelien Patrick Drahi

    Le milliardaire Franco-Israelien Patrick Drahi a acheté toute le presse d’information et d’opinion Française (surtout les journaux les plus « influents ») Libération, la chaîne d’information israélienne i24news et le magazine L’Express,L’Expansion, Mieux vivre votre argent, Lire, Classica, Studio Ciné Live, L’Entreprise, BFM tv,Vivolta, Shorts TV, Kombat Sport et le groupe MCS.sans oublié SFR qui a été racheté avec Macron qui lui permet d’être en première page de ses magazines et d’être celui qui a le plus de temps d’antenne sur BFMTV.

    http://www.medias-presse.info/les-connections-de-macron-drahi-et-bfm-en-un-graphique/70641/

    Et ce pourri de Christier Barbophe…Monsieur « Je Sais tout…touchez ma bosse  »
    Macron le coup d’Etat médiatique d’un faisan – Quand passent les faisans sans Audiard ni Bernard Blier

  • 13
    jc durbant:

    La bande à Ruquier contre l’oligarchie ! (On ne rit pas !)

    Bonne analyse néanmoins de Zemmour à la fin qui, contraint de faire court, oublie quand même toute la dimension sociétale et sécuritaire et surtout qu’avec 40 % d’indécis, il n’y a ou il n’y aura évidemment pas que les vieux chez Fillon …

    https://www.youtube.com/watch?v=2D2zWfAbtvs&feature=youtu.be&t=6m7s

    https://www.youtube.com/watch?v=fM_KmlxRNP0

    Eux qui ont naturellement semaine après semaine hurlé comme tout le monde avec les loups contre Fillon …

    https://www.youtube.com/watch?v=kKyaJ5NA0SI

  • 12
    jc durbant:

    Demandez le programme !

    Emmanuel Macron, avec son équipe, s’est efforcé, sur tous les sujets, d’édifier un système en définitive facile à identifier : une sorte de centrisme et d’équilibre, ne rejetant rien absolument mais compensant ici ce qu’il enlève là, prenant ici ce qu’il va annuler ailleurs. Ce n’est pas une démarche médiocre mais, pour refuser la rectitude trop froide de mesures sans concession, elle donne l’impression parfois d’une synthèse instable entre ce qui est nécessaire et ce qui est proposé.Une conséquence négative de l’immense et contradictoire fourre-tout que paraît constituer aujourd’hui le vivier militant et humain au soutien de la cause d’Emmanuel Macron pourrait être d’infléchir dans un mauvais sens les avancées structurelles ou fortes que sa campagne a promues. Je suis par exemple inquiet que la présence de la gauche judiciaire altère ce qu’il y a de rigueur dans telle ou telle de ses propositions. C’est la rançon probable d’un salmigondis qui, perçu comme une richesse, risque de devenir un frein.Pour l’islam et sa perversion, l’islamisme, et son paroxysme, le terrorisme, le candidat d’En Marche ! donne l’impression, avec sa volonté de calme et de tranquillité, son refus de l’outrance et de la surenchère, son souci de l’apaisement, son désir respectable de ne jamais jeter de l’huile sur le feu social, qu’il serait prêt par accommodement à des faiblesses tactiques, à des compromis douteux. Qui feraient le lit des communautarismes plus qu’ils ne les interdiraient.

    Alors que François Fillon sur ce point capital, comme pour l’immigration et notre quotidienneté menacée, est plus rassurant, plus convaincant. Si son projet globalement emporte davantage l’adhésion, nous allons devoir tout de même oublier une personnalité qui a déçu le peuple de droite, quelles que soient les suites judiciaires des affaires et les péripéties vestimentaires entre autres. Notre problème qui manifestement n’a pas été le sien relève moins de la loi que de la décence. Il y a une forme d’inconscience ou de désinvolture – même si le donateur Bourgi par exemple a inquiété, mais trop tard – qui n’est pas loin d’une indifférence, voire pire, à l’égard du peuple et de son ordinaire. Quelque chose s’est cassé qui va conduire, sans enthousiasme, désabusé par l’homme, à espérer dans le président qu’il pourra être.

    Philippe Bilger

    https://www.contrepoints.org/2017/04/16/286778-fillon-macron-voter-programme-homme

  • 11
    jc durbant:

    Et en même temps …

    https://www.youtube.com/watch?v=drCYl1aWrDI

  • 10
    jc durbant:

    JE VOUS LIS CE QU’ON M’A MIS

    «Ça veut dire que je suis favorable à ce que localement, quand c’est porté, il puisse y avoir une organisation ad hoc qui soit retenue, du type des grands établissements. Une organisation qui permet d’être mobile, d’avoir une activité la plus réaliste possible, de s’adapter à l’écosystème, d’être pragmatique. Je ne suis pas pour un modèle unique en termes d’organisation de nos universités. Je suis pour qu’elle puisse y associer les partenaires à leur gouvernance, toutes celles et ceux qui sont pertinents pour avoir une action efficace. Donc je suis pour plus d’autonomie, je suis pour une gouvernance plus simple portée par des acteurs de terrain et qui ne soit pas imposée dans un modèle unique d’en haut»

    Emmanuel Macron

    http://lelab.europe1.fr/les-petites-vannes-de-macron-sur-des-passages-quil-na-pas-ecrits-et-quil-ne-comprend-pas-bien-3295823

    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/16/35003-20170416ARTFIG00069-et-emmanuel-macron-avoua-ne-pas-tout-comprendre-de-son-propre-discours.php?pagination=2

    https://www.youtube.com/watch?v=Ju1Bh4PCCEk

  • 9
    James:

    Quand Macron avoue ne pas tout comprendre de son propre discours

  • 8
    j'ai venu:

    dit donc susceptible le gar !!

  • 7
    j'ai venu:

    hé prophète a 2 baal arrête de t’éxciter les neurones merci !!

  • 6
    jc durbant:

    MACRON, C’EST HELENE ET LES GARCONS !

    Il a pastellisé la campagne. Il y a du rose, du jaune, du bleu ciel. On est revenu à Hélène et les garçons […] c’est la cantine de la fac.

    Stéphane Attal (Les Influenceurs)

    Valéry Giscard d’Estaing serait-il mort sans que personne n’en ait été averti, pour que France Télévisions diff use le 3 avril un documentaire à sa gloire, plus flatteur qu’aucune nécrologie ne saurait être ? Non, bien sûr que non… À moins que Giscard d’Estaing, de vous à moi n’ait été diffusé, à trois semaines du premier tour de la présidentielle, que pour mieux installer l’idée qu’après celui qui fut, à 48 ans, le plus jeune président de la Ve République, un homme plus jeune encore puisse prendre place à l’Élysée. Tout dans les traits de caractère mis en évidence dans le documentaire le suggère, comme pour mieux établir un parallèle sinon une fi liation. Giscard ? Un homme « à l’ascension politique fulgurante », nous dit Patrice Duhamel. Un « séducteur à la recherche obstinée de l’aff ection des Français ». « Ils sont surpris, séduits et parfois agacés par ce personnage atypique qui veut moderniser la France. » La voix off semble avoir été écrite pour Emmanuel Macron. Depuis qu’il a surgi sur la scène politique, avec l’ambition assumée de devenir le prochain président de la République, l’ancien ministre de l’Économie aura bénéficié, plus qu’aucun autre candidat, d’une campagne médiatique tout à son avantage;

    Reste que la presse, qui se targue d’avoir encore beaucoup de pouvoir, ne sait plus que détruire ou aff aiblir. François Fillon, comme d’autres avant lui, en a fait l’expérience douloureuse durant cette campagne. Elle est impuissante à créer ex nihilo un futur président, quand bien même certains, comme le politologue Thomas Guénolé, jugent que les médias ont « suscité artifi ciellement l’intérêt » et que « la bulle Macron est la conséquence d’un matraquage publicitaire massif ». Plus sûrement, la manière d’Emmanuel Macron d’assumer sans complexe son parcours, sa faculté à savoir raconter une histoire, à fabriquer de l’optimisme dans un environnement de plus en plus anxiogène et à se montrer raisonnablement transgressif, autant que sa jeunesse et son intelligence remarquable ont permis à l’ancien ministre de l’Économie d’être propulsé en tête de gondole des produits de communication qui marchent. « Je fais vendre du papier », avoue-t-il à Léa Salamé, avec un petit sourire satisfait…

    http://www.valeursactuelles.com/politique/macron-cest-un-beau-roman-une-belle-histoire-79930 (merci james)

  • 5
    jc durbant:

    Sous les pavés Méluche, la plage Buisson:

    Buisson et Mélenchon se sont rencontrés au début de l’année 1993. Un jeune journaliste de Valeurs actuelles, Eric Branca, a décidé de s’atteler à une biographie de Philippe de Villiers. Patrick Buisson rejoint le projet en cours de route. Il donne au livre du souffle, du lyrisme, de la flamme. Lorsque l’ami Jean-Luc se décide à concourir à la présidentielle, son conseiller occulte le convainc, chiffres à l’appui, qu’il a un espace à conquérir à gauche du PS. Une alliance subliminale se scelle alors entre les deux hommes. Pour clore l’ouvrage, les deux auteurs demandent à quatre « hérétiques » qui « ne supportent ni les carcans ni les contraintes » de donner leur avis sur le vicomte vendéen. Buisson a choisi Raoul Girardet, Marie-France Garaud, Bernard Debré et Jean-Luc Mélenchon. La réflexion de ce philosophe de formation qui, à 41 ans, anime avec Julien Dray l’aile gauche du PS sonne agréablement à ses oreilles. « Mélenchon est l’un des derniers socialistes à se référer à une grille d’interprétation marxiste de l’économie et de la société, écrit Buisson après avoir reçu le texte du socialiste. Paradoxalement, ce n’est ni un brasseur de vulgate ni un adepte de la langue de bois. » Il est conquis. « Il faut absolument que tu me le présentes », demande-t‑il à Branca. Le début d’un long dialogue et d’une amitié. (…) Mélenchon a pris l’habitude de consulter son nouvel ami avant chaque décision stratégique. Buisson met avec plaisir sa science des sondages à son service. Il est de ceux qui l’encouragent à quitter le Parti socialiste en 2008. (…) Les conseils du collaborateur de Nicolas Sarkozy ne sont évidemment pas désintéressés : tout ce qui peut déstabiliser le Parti socialiste est bon à prendre. Lorsque l’ami Jean-Luc se décide à concourir à la présidentielle, son conseiller occulte le convainc, chiffres à l’appui, qu’il a un espace à conquérir à gauche du PS. Une alliance subliminale se scelle alors entre les deux hommes. Le président sortant cite son nom – la meilleure façon de le faire exister – et vante publiquement son tonus et son tempérament. De son côté, Mélenchon réserve ses flèches les plus venimeuses à François Hollande et à Marine Le Pen, qui menace de prendre des voix au candidat UMP. Il critique le quinquennat du sortant, mais sans s’en prendre personnellement à Nicolas Sarkozy, un « chef de guerre », salue-t-il.

    Ariane Chemin et Vanessa Schneider (Le Mauvais génie, 2015)

    Depuis plusieurs années, déjà, la proximité entretenue par Jean-Luc Mélenchon et Patrick Buisson, exposée à plusieurs reprises par la presse, suscite la controverse. Les révélations sur l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy contenues dans la biographie Le Mauvais Génie (Fayard, 306 pages, 19 euros) que lui ont consacrée Ariane Chemin et Vanessa Schneider, journalistes au Monde – dont Le Monde du 17 mars a publié les bonnes feuilles –, ne font qu’ajouter un chapitre au débat. Elles établissent notamment que le député européen et l’ancien journaliste d’extrême droite ont échangé à des périodes-clés de la carrière de M. Mélenchon. M. Buisson, réputé fin connaisseur des sondages, aurait même joué à l’occasion le rôle de conseiller politique. Des faits réfutés dès mardi soir, sur Facebook, par le chef de file du Parti de gauche (PG), qui évoque une « pure invention ». Les deux hommes se connaissent de longue date. Leur première rencontre se déroule en 1993, par l’intermédiaire d’un journaliste de Valeurs actuelles, écrivent Ariane Chemin et Vanessa Schneider dans leur livre. Bien qu’opposés intellectuellement – l’un est issu du trotskisme, l’autre de l’extrême droite –, ils se vouent très vite une estime mutuelle, par amour de l’histoire et du débat politique. MM. Mélenchon et Buisson sont amenés à se revoir à de nombreuses reprises dans le cadre de l’émission « Politiquement show » que le second anime sur LCI. Le maurrassien, décoré de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, invite Jean-Luc Mélenchon à sa cérémonie de remise de médaille. Ce dernier, qui appartient encore à cette époque au Parti socialiste, se rend à l’Elysée pour assister aux agapes, tout comme Jean-Christophe Cambadélis, l’actuel premier secrétaire du PS. Plus que ces années ponctuées de déjeuners et de coups de téléphone, ce sont surtout les échanges de nature politique dans des moments importants de la carrière de M. Mélenchon qui font réagir. « Il est de ceux qui l’encouragent à quitter le Parti socialiste en 2008 » et à fonder le Parti de gauche, écrivent nos consœurs, qui notent qu’une « alliance subliminale se scelle » entre les deux hommes à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012. Pour le conseiller de Nicolas Sarkozy, « tout ce qui peut déstabiliser le Parti socialiste est bon à prendre ».

    Le Monde (merci james)

  • 4
    jc durbant:

    Je suis venu vous parler de l’identité de notre nation, je suis venu vous parler de la France (…) Il y a un bien étrange tabou dans notre pays qui résonne, ainsi que l’écrivait l’historien Marc Bloch, comme une étrange défaite. Oui, on n’ose plus prononcer, aujourd’hui, les mots ‘d’identité’, de ‘France’, de ‘nation’, de ‘patrie’, de ‘racines’ et de ‘culture’. On est sommés de se faire discrets. Eh bien non, ensemble, nous prenons la parole.

    François Fillon

  • 3
    James:

    « Le vrai rapport de force, c’est que je suis au second tour, mais je ne sais pas contre qui. »

  • 2
    James:

    Macron pensait être hors antenne

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Nous allons vers une tripartition inédite du champ politique, avec un camp progressiste central, représenté par l’offre que nous proposons, avec une gauche conservatrice ou plus extrême, celle de Jean-Luc Mélenchon qui mange progressivement celle de Benoît Hamon, et avec une droite dure extrêmement conservatrice qui se rapproche de l’extrême droite. François Fillon est en train de réaliser le rêve de Patrick Buisson de la convergence entre l’extrême droite et une partie de la droite dite républicaine. Il a décidé que la droite française pouvait vivre ou se construire aux franges de la République, en faisant siffler les médias, en attaquant la justice, en invectivant ses compétiteurs, en considérant que nous étions dans un monde de postvérité… C’est-à-dire en revenant sur tous les fondamentaux de la droite républicaine. Cela aura nécessairement pour conséquence une recomposition entre une partie de la droite et l’extrême droite, que François Fillon le veuille ou non.

    Emmanuel Macron

    Oui en marche, ça marche pour moi et toi. Comment ça marche ? Viens prendre le train en marche. Car toi et moi, ensemble, ça marche pour nous… Ensemble, on marche, ça marche, car tous ensemble, on rêve en marche… Travail, liberté, égalité, ouverture, fraternité »…

    Vidéo de soutien de Macron

    Aujourd’hui, l’équilibre pour repousser Marine Le Pen et François Fillon est là. N’oublions pas que la droite ultrathatchérienne, réactionnaire et catholique, est toujours debout. Elle se fout des affaires autant que l’extrême droite qui soutient Le Pen. Aujourd’hui, le candidat pour se sortir de ce marasme, c’est plutôt Emmanuel Macron.

    Daniel Cohn-Bendit

    On assiste à ce que j’appelle, la révolution conservatrice. C’est le mot de Napoléon à ses ministres : ‘N’ayez pas peur du peuple, il est encore plus conservateur que vous’. C’est en cela que Juppé, qui s’est fait le porte-parole de la modernité, tient un discours absolument ringard. Il ne se rend pas compte que cette révolution conservatrice est partout à l’œuvre dans la société occidentale. Fillon a fait une campagne qui, a sa manière – moins triviale, moins brutale que celle de Sarkozy -, était une campagne de transgression des tabous. Maurice Druon avait l’habitude de dire qu’en France, il y a deux partis de gauche dont l’un s’appelle la droite. C’est cette anomalie française qui est en train de prendre fin. Fillon assume une droite conservatrice. Juppé sera très probablement battu dimanche soir. Il représentait cette tradition de cette droite qui ne s’assume pas. Cette hypothèque qui pesait sur la droite est en train de sauter et c’est en cela que, dans l’histoire des idées, c’est un moment historique.

    Patrick Buisson (24.11.2016)

    Le vote Macron est un simple désir d’appartenance sociale. Faire partie des vainqueurs.

    Patrick Buisson

    Les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle.Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu’aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu’il faudrait rouvrir le jeu démocratique. (…) Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c’est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l’hégémonie idéologique de la gauche avec l’écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c’est que la droite ne semble pas en mesure pour l’instant d’élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007. C’est une équation très difficile à réaliser. (…) De sortir de sa contradiction qui est l’incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c’est d’être perçu comme le candidat du patronat et des classes dominantes, le candidat de la « mondialisation sauvage ». On voit bien l’espace carcéral symbolique dans lequel le FN et la gauche vont chercher à l’enfermer. Or, son succès s’explique par deux facteurs : il est apparu capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa dignité et sa sobriété. Et il a attiré un électorat davantage préoccupé par l’abrogation de la loi Taubira que par la suppression de l’ISF. Croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort. Le nom de l’ancien patron d’Axa, Henri de Castries, circule pour Bercy…Il circulait déjà du temps de Sarkozy. Je ne veux pas croire que s’il devait être élu, François Fillon enverrait un tel message de déséspérance au peuple français. (…) Il a été porté par un électorat conservateur et catholique qui n’était pas du tout tenté par le vote Le Pen compte tenu de ses positions sociétales. L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des 20 millions d’électeurs de la « France périphérique » qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause : ceux-là ne sont pas déplacés dimanche. (…) Remplir les salles, ce n’est pas remplir les urnes. Il a fait une campagne à contresens, grossièrement populiste, alors que l’électorat populaire n’était pas concerné par la primaire. On a dit que c’était la ligne Buisson, mais je ne me reconnais absolument pas dans cette campagne caricaturale et vulgaire avec la double portion de frites, les Gaulois etc. La seule chose qu’il sait faire, c’est habiller avantageusement ses déroutes. Qu’il se donne à admirer ou à plaindre, c’est toujours Narcisse qui parle. (…) Mon livre n’a fait que cristalliser un long processus antérieur. Avec Sarkozy , ce n’étaient pas les idées qui étaient décrédibilisées mais le médium qui était discrédité. Le Brexit, l’élection de Donald Trump. (…) C’est une protestation du peuple au sens d’un demos qui réclame plus de démocratie. Du Brexit à Trump, le peuple a compris que la démocratie de la classe dirigeante avait pour objet de l’empêcher de se mêler de ce qui le regarde ! Il ne le supporte plus. On réduit cela par confort au racisme des petits blancs. Quelle erreur d’analyse , quel aveuglement. Arrêtons de prendre les gens pour des imbéciles.

    Patrick Buisson

    La campagne Fillon favorise-t-elle l’«union des droites», le vieux «rêve de Patrick Buisson»?

    20 minutes

    Au sein de LR, la défaite de François Fillon est plus que pronostiquée. Actée. Il suffit pour s’en convaincre de constater la faiblesse des soutiens apportés par Sarkozy et Juppé. (…) Hormis quelques derniers acharnés, par exemple le sénateur Bruno Retailleau qui traverse cette campagne électorale tel un illuminé, les principaux responsables de la droite républicaine sont persuadés que, sauf « miracle politique », François Fillon sera éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle. Ils n’excluent pas davantage l’hypothèse selon laquelle leur « champion » pourrait finir au quatrième rang du premier tour, derrière Jean-Luc Mélenchon. La honte! Et le risque que LR, le principal parti de la droite républicaine, se disloque aussitôt après. Certes, ils seront tous présents ce dimanche après-midi Porte de Versailles à Paris lors du dernier grand meeting Fillon entourant « leur »candidat et assurant la claque comme il convient en pareilles circonstances, en particulier le si modéré Gérard Larcher, le président du Sénat, et le très droitier Laurent Wauquiez, François Baroin et Valérie Pécresse, incarnations de la tempérance en politique. Mais à y regarder de près, de plus près, de très près, ces quatre là, en principe les fers de lance de la campagne Fillon, seront restés sur leur quant-à-soi du premier au dernier instant. Service (ultra) minimum- une poignée de meetings, quelques interventions audiovisuelles, une présence discrète sur les réseaux sociaux, pas davantage, surtout pas. François Fillon est à ce point conscient de ce retrait à la fois politique et personnel qu’il n’adresse quasiment plus la parole à Larcher, ami intime depuis plusieurs décennies. Dans ce contexte plus que tourmenté, Nicolas Sarkozy puis Alain Juppé, les deux principales victimes de la primaire, se sont enfin décidés à intervenir. A quelques jours du premier tour, dans un contexte ultra difficile, il était grand temps. Sauf que là encore, les deux « références » et « référents » de la droite républicaine se sont contentés d’un double service minimum avec de multiples…arrière pensées. Utilisant sa page Facebook, l’ex-président exprime un soutien d’une confondante…perversité! Parce qu’il pose d’emblée le postulat selon lequel François Fillon n’est pas, loin de là, le candidat idéal mais que, tant pis, trop tard, il faut faire avec. Lisons et relisons ces premiers mots, apparement emplis de bon sens, mais en réalité d’une infinie cruauté. « Il n’y a pas de place pour les hésitations ou les états d’âme », intime Sarkozy. Fort bien. Mais le rappeler si peu avant l’échéance, c’est une manière à peine détournée de remettre du sel sur les plaies, de signifier à nouveau que François Fillon- et lui seul- a pris la (lourde) décision de se maintenir et, conséquemment, de fracasser la droite, selon toute probabilité… (…) Alain Juppé sera pour sa part plus elliptique encore. Un tweet, quelques signes, pas davantage, expédié : « Le monde est dans la tourmente, la France a besoin d’un président expérimenté. François Fillon a cette expérience. Je lui confirme mon soutien ». Le maire de Bordeaux, claquemuré dans sa ville, ne supporte pas le soupçon de « trahison »: qu’il serait « le Valls de droite », qu’en sous-main il pourrait soutenir Emmanuel Macron, qu’au lendemain du premier tour une partie de son entourage rejoindrait le candidat d’En Marche, que son lieutenant Edouard Philippe, le maire du Havre, ferait un remarquable ministre du nouveau président. Alors un tweet pour couper court et retourner à la discrétion, au silence. Jusque cette « nuit des longs couteaux » qui ne devrait plus guère tarder. A ce jeu du grand massacre, il va de soi que Nicolas Sarkozy se prépare. Non pas tant qu’il veuille reprendre lui même un pouvoir direct sur une droite à la fois disloquée et dans l’opposition; mais l’ex-président entend être le maître d’œuvre d’un nouveau meccano mis en place pour éviter une déroute aux élections législatives. Pour cela, il voudrait confier le parti « Les Républicains » (sa chose, sa création…) et la campagne électorale à un tandem Baroin-Wauquiez qu’il influencerait en permanence. Encore faudrait-il que les deux impétrants le veuillent ou le puissent. Wauquiez, l’ultra-droitier, versus Baroin, le gaulliste-social disciple de Jacques Chirac.

    Maurice Szafran

    Des participants au meeting de François Fillon ont été reconduits vers la sortie. Motif invoqué par le service de sécurité du candidat : « pas assez d’applaudissements ». (…) Contacté par France 3 Occitanie, l’entourage de François Fillon reconnait avoir procéder à l’exfiltration de 3 participants. L’attitude des expulsés et une question de sécurité sont invoquées : Les 3 personnes se trouvaient dans un endroit dangereux pour la sécurité du candidat. Ils avaient effectivement une attitude de neutralité qui pouvaient les rendre suspects.

    France 3

    Suite à l’enfarinage de l’ancien Premier ministre François Fillon jeudi à Strasbourg, deux personnes, dont l’agresseur, sont toujours en garde à vue. (…) L’homme qui s’est fait passer pour un militant, a déversé sur le candidat de la droite un paquet rempli de farine, avant de se faire plaquer au sol par les services de sécurité. Il est fiché « S » mais pas pour des activités liées au terrorisme, précise le service police-justice de franceinfo. Le jeune homme était surveillé après des séjours dans des pays sensibles et un retour d’Afghanistan dans le cadre d’un voyage touristique en 2011 sans aucune preuve qu’il ait combattu dans ce pays, ont indiqué des sources policières et judiciaires. Il n’a d’ailleurs pas été incarcéré à son retour d’Afghanistan et il n’est plus suivi par les services de renseignement. Et n’est pas lié à la mouvance islamiste. Cet homme et un second individu ont été placés en garde à vue jeudi soir, après l’agression du candidat de la droite. les deux gardes à vue sont toujours en cours.

    Francetv info

    Aujourd’hui le clivage droite/gauche n’est plus idéologique, mais philosophique et moral. (…) Quoiqu’ils en disent, les programmes respectifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ne sont pas si éloignés que cela. L’époque où la droite et la gauche proposaient deux types de sociétés diamétralement opposées est révolue. Pour des raisons de fond, qu’on analysera pas ici, mais aussi pour des motifs plus conjoncturels: les caisses de l’Etat sont vides, les marges de manœuvre fort étroites, nombre de décisions ne se prennent plus à Paris mais à Bruxelles, et la mondialisation est passée par là. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y a plus de droite ni de gauche? La réponse est clairement non. S’il est vrai que le libéralisme social de la droite (classique) et le socialisme libéral de la gauche (réformiste) se rejoignent aujourd’hui sur l’essentiel, on voit bien, à travers la personnalité et le style de leurs deux candidats, qu’il y a derrière deux visions du monde, de l’homme et de la société. Qui renvoient à des valeurs bien distinctes.

    Hervé Bentégeat

    Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer.

    Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)

    En se joignant à la manifestation parisienne, le président de la République défendait l’idée que si la France devait « se ressaisir », c’était à l’État de donner l’impulsion. Par ce geste, il montrait également qu’il avait pris note des critiques formulées depuis l’annonce de la profanation, par voie de presse, à l’encontre de son gouvernement. En effet, pour nombre de journalistes, la profanation était symptomatique d’une France en crise. François Mitterrand a été réélu le 8 mai 1988 à la présidence de la République mais son parti est en déroute. « Le bilan des années Mitterrand aurait pu être positif s’il n’était entaché par une grave carence morale et […] un développement considérable de la corruption. » Le gouvernement et les parlementaires socialistes ont souffert d’un discrédit profond dans l’opinion, conséquence de l’enchaînement ininterrompu des « affaires » Parmi celles-ci, citons les procédés illégaux de financement… . La série d’élections en 1988-1989 est un bon indicateur de la crise qu’ils traversent. Aux municipales et cantonales, on relève une augmentation de l’abstention et une réorientation du corps électoral vers le FN ou les Verts. Les élections européennes ne font que confirmer cette tendance. Quant à la droite, elle peine à se positionner sur l’échiquier politique français. Les éditoriaux du Figaro illustrent bien de quelle façon les proportions de l’événement Carpentras, rapportées à la morosité politique ambiante, ont été redimensionnées : « N’insistons pas sur le machiavélisme d’un pouvoir socialiste qui ne songe, depuis des années, qu’à gonfler les voiles de l’extrême droite. Plaignons-le, il aura des comptes à rendre à l’histoire » (Franz-Olivier Giesbert) . Le 14, Xavier Marchetti poursuit dans la même veine : « Il faut aussi faire la part de la pernicieuse dégradation de la vie politique. Elle entraîne moquerie et rejet » (Xavier Marchetti). D’aucuns rétorqueront que Le Figaro, journal de droite, en a profité pour tirer à bout portant sur les socialistes. Mais leurs confrères de Libération ont aussi relié l’événement au climat général. Ils parlent d’« authentique désarroi » et citent Jacques Chirac qui voit dans cette profanation la manifestation d’une « crise dont nous sommes tous responsables » (Marc Kravetz). Au moment où les formations traditionnelles étaient en proie au malaise, sans réponse face aux problèmes de l’immigration À l’automne 1989, l’affaire du foulard islamique relance… et de l’insécurité, le FN récoltait des voix. Qui veut comprendre la facilité avec laquelle s’est mise en place la rhétorique de culpabilisation du FN autour de la profanation de Carpentras doit la mettre en relation avec la visibilité croissante du parti dans le paysage politique français. Que l’acte ait eu lieu en Provence, terre d’élection du Front National, qu’il ait été commis, apparemment, dans la nuit du mercredi au jeudi Les premières conclusions de l’enquête ont débouché… [17] , juste après le passage de Jean-Marie Le Pen à L’Heure de vérité : ces données forment un faisceau d’indices qui désignent le parti d’extrême droite comme coupable pour la classe politique. (…) En septembre 1990, un article du sociologue Paul Yonnet dans la revue Le Débat relance la polémique : l’ancrage historique de l’événement aurait eu pour but d’assurer « la culpabilité récurrente de Le Pen » Paul Yonnet, « La machine Carpentras », Le Débat, septembre-octobre… . Ce rebondissement vient étayer la thèse selon laquelle cette profanation est devenue presque instantanément un « récit médiatique » construit et imposé. Dès son exposition sur la scène publique, l’acte a échappé à ses protagonistes. Les médias et les pouvoirs publics se sont approprié l’information pour la reconstruire selon leurs interprétations, interdisant de la regarder comme une empreinte immédiate du réel. La profanation n’est pas la première du genre mais en mai 1990 à Carpentras le cadavre d’un homme juif a été exhumé et empalé (il s’agissait en fait d’un simulacre, comme le révélera l’enquête par la suite). Ce fait a joué de tout son poids dans la réception de la profanation. Il a constitué le motif sur lequel les instances de médiation ont pu unanimement greffer une trame aux tissages politique, historique et mémoriel. La conjonction de plusieurs éléments contextuels, désarticulation du corps social et climat politique délétère, ascension électorale du Front National, réactivation concomitante de la mémoire de la Shoah et de la mémoire de Vichy, permet seule de dénouer les fils du récit médiatique de la profanation de Carpentras. Émergeant dans une France profondément désorientée, l’acte perpétré a cristallisé les angoisses et les hantises du moment, en libérant les consciences et la parole. La manifestation du 14 mai 1990 a bien montré la valeur curative que l’on a prêtée à l’événement : expurger les maux de la société et la gangrène de la mémoire.

    Floriane Schneider

    N’insistons pas sur le machiavélisme d’un pouvoir socialiste qui ne songe, depuis des années, qu’à gonfler les voiles de l’extrême droite. Plaignons-le, il aura des comptes à rendre à l’histoire.

    Franz-Olivier Giesbert

    The Left in France has been using the rhetoric of “anti-racism” to give itself a moral agenda and place the mainstream Right on the defensive. Up to now, moreover, this tactic has been successful. At Carpentras, the Minister of the Interior (who has responsibilities comparable to our Attorney General) virtually accused Le Pen of being responsible for the outrage. Then, as if such blatant politicization of a criminal affair were not sufficient, the Interior Ministry proceeded thoroughly to botch the Carpentras investigation. Not only was evidence lost, but it developed that the desecration, undoubtedly disgusting, was not quite so gross in its physical details as the Minister (and his government colleagues) had at first let on. Whether they themselves had been deceived by misleading reports, or whether they were unable to resist an opportunity to make a public show of moral indignation, will probably never be known. What is known is that there is no extremist group in France, particularly on the far Right, that remains closed to the police, and if any such group had been implicated the fact would have emerged quickly. As Salomon Malka, a radio journalist, was forced to conclude, “We feel we’ve been cuckolded. I hope it’s not worse than that. But the crime certainly was manipulated for political ends. » Beyond the calculations of domestic politics, public displays of “anti-anti-Semitism” in France, as the historian Annie Kriegel has noted, serve another purpose: “covering” a government foreign policy that is not well disposed toward Israel, and indeed has not been well disposed ever since the Six-Day War of 1967. (If anything, Mitterrand has been rather more sympathetic, at least at the level of gestures, than his predecessors.) Thus, just after Carpentras, the French government sent its human-rights man, Bernard Kouchner, to Israel to complain about its treatment of Arabs. Finally, and perhaps most importantly, the intellectuals in France (broadly speaking), despite their ritual “anti-anti-Semitism,” have permitted a public discourse to develop in which anti-Semitism nevertheless is a factor. Today, “certain things” can be said in France about the Jews that could not have been said twenty, let alone thirty or forty, years ago; and though these “certain things” are ritually denounced, they are seldom rebutted. What has happened in the intellectual world is that sentimental indignation often has taken the place of serious combat. The shifting attitudes of the French Left to Israel play an important role here. It was Liberation, the same paper that ran the headline “Outrage” after Carpentras, that in 1976 greeted Israel’s lifesaving raid on Entebbe with the headline, “Israel, Champion Terrorist.” The paper would almost certainly not do this today—after repeated demonstrations of the way Israel’s enemies behave, the French media have acquired a certain respect for that country’s security requirements. Yet the often virulently anti-Israel view which prevailed on the Left between the end of the Six-Day War and the withdrawal from Lebanon did make it easier to raise other “questions” about the Jewish people, past and present, and the poison of that earlier view still lingers in the air. No wonder, then, that French intellectuals, whose delicate consciences only yesterday were hurt by Israel’s insistence on defending itself, today often lack the lucidity needed to mount an effective argument in behalf of Israel in particular, and the Jewish people in general, and instead wander perplexedly about in what the historian François Furet has justly called the “desert of antiracism.” So there is an atmosphere in France—a tone, if you will—which, although hardly responsible for events like Carpentras, is very much part of the explanatory context in which such events take place.

    Richard Kaplan

    Il y a d’abord l’immense frisson qui secoue la France. Frisson d’horreur, tant la profanation de Carpentras est odieuse, frisson de révolte face à l’antisémitisme. Le 14 mai, à Paris, une foule innombrable s’écoule de la République à la Bastille, et c’est la nation qu’elle incarne. Ce jour-là, pour la première fois depuis la Libération, un président de la République participe à une manifestation de rue: François Mitterrand accompagne le cortège quelques minutes. Tout l’éventail politique est au premier rang, en une ribambelle d’écharpes tricolores, et Jean-Marie Le Pen est rendu « responsable non pas des actes de Carpentras, mais de tout ce qui a été inspiré par la haine raciste depuis des années », comme le formule alors Pierre Joxe. Les piétinements de l’enquête ouvrent après l’été le chapitre du doute. Le sociologue Paul Yonnet le détaille, en septembre 1990, dans un article de la revue Le Débat intitulé « La machine Carpentras, histoire et sociologie d’un syndrome d’épuration ». Débordés par les progrès du lepénisme, les politiques auraient érigé Carpentras en drame national pour terrasser le Front national par un discrédit définitif. Et rétablir auprès de l’opinion une estime ruinée par la récente loi d’amnistie du financement politique. Dès la mi-juillet, Jean Hassoun, président de la communauté juive d’Avignon, avait confié cet état d’âme: « Nous nous demandons si nous n’avons pas fait l’objet d’une récupération politique. » Le malaise s’aggrave quand les pistes locales semblent emporter l’adhésion des enquêteurs. Messes noires qui auraient dégénéré, délinquance morbide de la jeunesse dorée de Carpentras, elles composent le troisième chapitre. Il va traîner en longueur, sans apporter aucun dénouement. (…) En s’enlisant, l’affaire Carpentras est en effet devenue une arme pour le Front National, un boomerang qu’il veut voir revenir à la face de l’ « establishment » politique. Dès le 10 mai 1991, un an après la profanation, Jean-Marie Le Pen porte une lettre à François Mitterrand, lui demandant de « réparer publiquement l’injustice dont le FN a été victime ». Et, le 11 novembre 1995, 7 000 militants d’extrême droite viennent à Carpentras réclamer des « excuses nationales ». « Carpentras, mensonge d’Etat », est alors en passe de devenir un argument majeur et récurrent de la rhétorique lepéniste. Les aveux brusques et tardifs du skinhead avignonnais, Yannick Garnier, imposent un épilogue qui est aussi un retour à la case départ. Politiquement, l’affaire, après avoir servi les intérêts du FN, se retourne contre lui. Les lepénistes hurlent déjà à la manipulation en affirmant que « les coupables sont presque parfaits », mais les faits, cette fois-ci, sont bien établis. (…) Trois types de profanations peuvent être distingués. Le premier est le vandalisme banal: en juin dernier, trois cimetières militaires de la Première Guerre mondiale ont été dévastés dans le Nord-Pas-de-Calais, et, le 26 juillet, cinq enfants âgés de dix à douze ans ont abîmé une centaine de tombes à Mulhouse. Le second type est la cérémonie satanique, comme, au début de juin, à Toulon, où les coupables ont été arrêtés. D’effroyables mises en scène accompagnent souvent ces actes, qui visent surtout les cimetières chrétiens, au nom de l’Antéchrist. A Toulon, un crucifix fut planté à l’envers dans le coeur du cadavre exhumé. Il y a enfin les profanations antisémites. Nombreuses, elles sont souvent gardées le plus secrètes possible par les autorités juives, pour éviter les « épidémies ». Dans le mois qui suivit Carpentras, 101 actes antisémites furent recensés, contre six par mois d’habitude.

    Christophe Barbier

    Carpentras, c’était une manipulation.

    Hubert Védrine

    [Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années.

    Eric Zemmour

    L’affaire avait provoqué une vive émotion au sein de la classe politique. Jacques Chirac avait condamné « avec force cet acte inqualifiable » et exprimé sa solidarité avec la communauté juive de France. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’était aussitôt rendu sur les lieux et avait rappelé que l’auteur de ce genre de fait encourait vingt ans de prison. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait même parlé de « barbares » . Quant au ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, il avait exhorté les autorités françaises à se montrer « plus dures » face aux actes antisémites. On sait désormais que l’incendie qui, dans la nuit du 21 au 22 août, a ravagé le centre social juif de la rue Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris, n’est pas un acte antisémite. Son auteur, Raphaël Ben Moha, est un juif séfarade de 52 ans, originaire de Casablanca, au Maroc, qui aurait agi par vengeance. Comme dans l’affaire de la fausse agression antisémite du RER D, il y a deux mois, les policiers ont tout de suite eu la puce à l’oreille au vu des indices retrouvés dans les décombres : les croix gammées dessinées à l’envers et la quarantaine d’inscriptions incohérentes taguées au feutre rouge. (…). Fait troublant : un feuilleton de la série « PJ » a été tourné pendant un week-end dans le centre de la rue Popincourt. L’épisode mettait en scène un incendie criminel perpétré par un juif dans une école israélite. Sauf que cela se passait il y a un an et demi et qu’à l’époque Raphaël Ben Moha ne fréquentait pas encore le centre. Apparemment, Ben Moha en voulait à sa communauté, à laquelle il reprochait de ne pas l’avoir suffisamment aidé. (…) Une fois encore, la classe politique a fait preuve de précipitation pour dénoncer un acte antisémite, alors que les premiers éléments d’enquête incitaient à la prudence. Si nul ne peut mettre en doute la montée des actes antisémites en France – déjà 298 enregistrés depuis début 2004, contre 108 en 2003 -, qualifier d’antisémites des affaires qui ne le sont pas contribue à semer la confusion dans les esprits. D’où la réaction, lundi 30 août, du président du consistoire de Paris, Moïse Cohen, qui a appelé les juifs et les politiques « à un peu plus de raison » . Et d’insister : « C’est une erreur de réagir à un fait divers sans appliquer le principe de précaution. »

    Le Point

    Force est de constater qu’on a trop souvent dans le passé joué avec le Front national. À gauche, en l’instrumentalisant. À droite, en pratiquant le déni. Passez-moi le mot : il faut « reprioriser » les choses. Il y a aura toujours une droite et une gauche, des différences entre elles et aussi, bien sûr, des confrontations. Mais aujourd’hui, la priorité commune, c’est le combat contre le FN. La droite doit en finir avec les facilités qui ont été trop longtemps les siennes et ce degré de porosité avec le FN imputable aux « buissonneries » d’hier. La gauche, elle, doit cesser d’être naïve ou idéaliste. Quant à la gauche de la gauche, se rend-elle compte que ses outrances anti-économiques, sa haine de l’Europe et du capitalisme ont comme seul résultat de saper les fondements de la République? Je suis effrayé quand je lis dans Le Point sous la plume de Michel Onfray que mieux vaut Alain de Benoist plutôt que Bernard-Henri Lévy. Mais où va-t-on? Toutes ces dérives creusent le sillon de Marine Le Pen. Je dis à tous : ne soyez ni naïfs, ni opportunistes, ni sectaires. Reprenez-vous! Et je pourrais dire la même chose au patronat, aux syndicats, aux autorités religieuses et à beaucoup d’intellectuels.

    Jean-Marie Le Guen

    Quand Manuel Valls, dimanche, « revendique la stigmatisation de Marine Le Pen », il érige en martyr du Système celle qui ne cesse de se présenter comme telle avec un succès croissant. Alors que la diabolisation du FN est une stratégie d’appareil qui perd de plus en plus ses effets d’intimidation auprès d’électeurs excédés, c’est pourtant vers cette solution contre-productive que se précipite à nouveau le premier ministre. Il explique : « Mon angoisse (…) : j’ai peur pour mon pays qu’il se fracasse sur le Front national ». Mais la France n’a pas eu besoin du FN pour s’être déjà fracassée sur le chômage, l’endettement, le matraquage fiscal, la paupérisation, l’insécurité, la déculturation, l’immigration de peuplement, etc. C’est parce que ces sujets ne cessent de s’amplifier, faute de réformes adéquates, que Marine Le Pen est passée en tête dans les sondages. Quand Valls s’alarme de la voir « gagner l’élection présidentielle de 2017 », il ferait mieux de se demander pourquoi, au lieu de sortir les gourdins. Un chef du gouvernement qui, en s’attaquant au FN, prend une conséquence pour une cause tient un raisonnement bancal qui annonce l’échec. (…) Illustration avec le diagnostic du premier ministre, établi le 20 janvier, sur « l’apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays ». Rien n’est plus faux que ce constat d’une politique voulue de séparation raciale, même si le communautarisme ethnique est bien une réalité. Or c’est sur cette assise idéologique, irréaliste dès le départ, que le gouvernement entend construire sa « politique de peuplement », dont les termes laissent poindre l’autoritarisme déplacé. Cette politique vise à imposer partout la « mixité sociale » (entendre : mixité ethnique) dans le cadre, explique Valls, d’un « projet de société répondant aux exigences des Français exprimées le 11 janvier », c’est-à-dire lors de la grande manifestation en solidarité aux victimes des attentats. Or non seulement cette instrumentalisation partisane du 11 janvier est choquante, mais il est irresponsable de déplorer les ghettos et de ne rien faire pour interrompre l’immigration du tiers-monde qui ne cesse de les consolider.

    Ivan Rioufol

    C’est l’histoire d’une pièce de théâtre qui connut jadis un immense succès, mais dont le texte a vieilli. Les ficelles dramatiques paraissent convenues et désormais surjouées par un acteur grandiloquent devant une salle aux trois-quarts vides. C’est la République en danger, le fachisme ne passera pas ou, pour faire plaisir à l’acteur, « no pasaran ». Manuel Valls peut tout jouer, mal mais tout. Alors qu’il est en campagne pour des élections locales, il a déjà déclenché le programme spécial 21 avril 2002. Les loups sont entrés dans Paris. C’est trop tôt ou trop tard. A l’époque, le candidat vaincu Lionel Jospin n’avait pas tardé à reconnaître que tout cela était du théâtre, qu’aucun danger fasciste ne menaçait la République. En 2002, Manuel Valls était conseiller en communication du Premier ministre, et François Hollande, premier secrétaire du PS. Ah, ce n’est pas que les deux hommes ne désirent pas revivre un pareil séisme, mais ils veulent seulement que ce soit à leur profit. Car la seule chance de réélection de Hollande est de se retrouver au second tour face à Marine Le Pen. Le Président fait donc tout pour en faire la seule opposition, à la fois en majesté et diabolisée. Valls met son énergie et son sens de la démesure au service de cette tactique exclusive. Les deux hommes achèvent ainsi le travail commencé il y a trente ans par François Mitterrand: l’ancien président avait alors réussi à casser la droite en trois morceaux irréconciliables. (…) La manoeuvre est limpide et poursuit trois objectifs successifs. 1) « réveiller et rameuter un peuple de gauche chauffé artificiellement au feu antifasciste ». 2) culpabiliser la gauche de la gauche, de Mélenchon à Duflot ». 3) préparer le troisième tour des départementales lors de l’élection des présidents des conseils généraux pour casser l’UMP entre ceux qui pactiseraient avec le diable.

    Eric Zemmour

    Les électeurs du FN, en s’abstenant ou votant blanc, ont fait perdre la droite qui est redevenue la plus bête du monde : alors que le pays est culturellement et sociologiquement à droite, la majorité vient de payer son incapacité à s’adresser au peuple perdu. Les principaux leaders de l’UMP, qui ont cru malin de faire la fine bouche devant l’électorat de Marine Le Pen et ses inquiétudes, sont coresponsables de l’échec de Nicolas Sarkozy (48,38% contre 51,62% à François Hollande), le candidat vaincu payant lui-même ses promesses non tenues en 2007. Il est de bon ton dans les médias de critiquer la « ligne Buisson », du nom du conseiller présidentiel qui avait convaincu le candidat de faire, à côté de ses discours peu mobilisateurs sur le désendettement et le rapprochement franco-allemand, une campagne sur la défense de l’identité française. Je pense, pour ma part, que cette ligne était la bonne et qu’elle a permis à Sarkozy de faire une belle remontée jusqu’à espérer gagner au second tour. Mais cette stratégie à été décidée trop tard, laissant deviner un manque de conviction du candidat. Les réticences de nombreux ténors de la majorité à parler immigration ou communautarisme ont pu convaincre aussi de l’insincérité de la posture de Sarkozy.(…) En tout cas, l’élection de Hollande a eu pour premier mérite d’illustrer la réalité du communautarisme en France, ce sujet que le candidat a dit vouloir combattre tout en promettant de faire respecter la laïcité. Je ne pense pas avoir été le seul à avoir été choqué de voir, dimanche soir sur les télévisions, les multiples drapeaux étrangers brandis aux alentours de la colonne de la Bastille : algériens, marocains, palestiniens, etc. Ces manifestations d’appartenance sont à mettre en parallèle avec les excellents scores qu’Hollande enregistre dans les « quartiers populaires » (comprendre : quartiers musulmans). En Seine-Saint-Denis, il l’emporte massivement avec 65,32% des suffrages contre 34,68% pour Sarkozy. A Clichy-sous-Bois, d’où sont parties les émeutes de 2005, il enregistre 72,07%, et même 89,04% dans le quartier « sensible » du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie. De semblables résultats se retrouvent jusque dans certains arrondissements de Paris, comme le XX e, le XVIII e ou le XIX e. Hollande s’est donné deux priorités : la justice et la jeunesse. Il n’a pas dit : le désendettement et le communautarisme…

    Ivan Rioufol

    La majorité des Français sont à droite et pourtant la gauche aura bientôt tous les pouvoirs dans notre pays – faute d’un accord bien improbable passé entre les droites avant les élections législatives. (…) Les responsabilités de ce qui n’est pas une victoire de la gauche, mais une défaite des droites provoquée par leur désunion, est donc partagée entre la droite parlementaire et le Front national. Tant que la droite ne se sera pas débarrassée à la fois de la pusillanimité héritée du chiraquisme, et des rancœurs lepénistes, la gauche aura de beaux jours devant elle.

    Pierre Menou

    Souvenons-nous qu’il y a un an Sarkozy était donné battu au premier tour et qu’il s’est finalement maintenu à un niveau élevé au premier tour, compte tenu de la performance de Marine Le Pen. Dès lors, et compte tenu de son bilan social, mais aussi en matière d’immigration et de sécurité, ainsi que de la puissance de l’anti-sarkozysme, le résultat est inespéré pour lui. Sociologiquement, Nicolas Sarkozy perd car contrairement à 2007, il n’a pas su capter le vote populaire. Ces catégories lui font notamment payer son échec sur la question sociale mais aussi sur les thématiques immigration/sécurité. D’ailleurs, si au premier tour les catégories populaires, notamment les ouvriers, avaient plutôt choisi Marine Le Pen, dimanche dernier elles se sont plutôt portées vers Hollande (par anti-sarkozysme plus que par adhésion), l’abstention et/ou le vote blanc. (..) Les résultats illustrent la déception des milieux ouvriers et employés qui estiment ne pas avoir été entendus ni sur la question sociale, ni sur les thématiques identitaires. En fait, contrairement à ce que l’on dit, Sarkozy a pris en compte bien trop tard l’importance du ressentiment et la place des thématiques identitaires en milieu populaire. (…) Le résultat du premier tour a validé cette stratégie. Sans cette stratégie, Nicolas Sarkozy aurait fait 20% au premier tour et 42-43% au second. Et puis que pouvait-il faire ? Compte tenu de la situation sociale, il n’allait quand même pas faire une campagne sur son bilan ou le pouvoir d’achat ! Il n’allait pas non plus faire la même campagne que François Hollande ! On peut d’ailleurs noter que, malgré cette « droitisation », Sarkozy a capté tranquillement les voix de François Bayrou… En fait, la « drôle de campagne » du 2e tour s’explique par le fait que les deux qualifiés étaient des représentants de la « France du Oui » une France encore plus minoritaire aujourd’hui qu’en 2005. Les deux candidats étaient aussi les représentants de partis qui ont accompagné l’adaptation de la société française au libre-échange et à la mondialisation, que les classes populaires rejettent depuis des années. Dans ce contexte, les deux candidats, qui ne proposent aucune véritable alternative économique et sociale à une France populaire fragilisée n’avaient d’autre solution que de cliver sur des thématiques d’ordre « socio-culturelles ». Or, s’il est évident que le camp sarkozyste est allé dans cette direction, on ne voit pas qu’en réalité la gauche a aussi fait ce choix, plus discrètement. On ne voit pas à ce titre à quel point la stratégie « Buisson » fait écho, et a contrario, à celle du think-tank Terra-Nova. Dans les deux cas, il s’agit d’opter pour le « socio-culturel ». A gauche, la stratégie Terra Nova centrée sur les bobos-minorités-grandes agglomérations a été très critiquée dans son propre camp. Même chose à droite avec Buisson. Mais si l’on fait l’analyse sociologique du vote, ces deux stratégies très contestées sont celles qui ont le mieux fonctionné dans les deux camps ! François Hollande fait le plein en banlieue, dans les dom-toms, dans les grandes villes, chez les catégories diplômées, etc. Inversement, Sarkozy réalise ses meilleurs résultats dans les espaces ruraux. (…) il existe désormais un clivage socio-culturel gigantesque au sein de la France : 48,38% des électeurs se sont tout de même positionnés sur une thématique qu’on a dit « fasciste » et identitaire. C’est une nouveauté. L’évolution socio-culturelle du pays évolue vers un clivage de plus en plus marqué. Surtout, il apparaît que cette dimension est désormais intégrée au discours politique. Si la droite a « cogné » très fort (je pense notamment aux sorties de Claude Guéant..), la gauche a aussi participé à cette ethnicisation du discours en fascisant Sarkozy. Les attaques d’Axel Kahn qui a déclaré dans l’entre-deux tours que la mobilisation autour de Nicolas Sarkozy au Trocadero c’était Nuremberg ou de Mélenchon qui traite Sarkozy de « petit blanc raciste » en sont une illustration. Si la droite a ciblé l’immigration musulmane, la gauche a fascisé Sarkozy et indirectement son électorat en sous entendant qu’il était xénophobe, blanc, etc. (…) Quelque chose est toutefois en place qui dépasse très largement les simples dynamiques de gauche ou de droite. C’est pourquoi l’évocation de mai 1981 à l’occasion de ce mois de mai 2012 me semble particulièrement hors sujet.

    Christophe Guilluy

    Nicolas Sarkozy joue son va-tout sur la nation, les frontières, le travail – le vrai ou le faux, la famille – la vraie ou la fausse. Il lance contre la gauche la bataille qu’il n’a jamais menée en cinq ans. L’homme qui ne regrette pas d’avoir fait l’ouverture se rend compte, mais un peu tard, que la guerre politique est d’abord culturelle. Le président, qui se vantait d’avoir détruit le Front national, juge désormais anormal que les socialistes puissent traiter affectueusement l’extrême-gauche tandis que la droite est vouée aux gémonies si elle n’insulte pas l’extrême-droite. Sarkozy semble découvrir ingénument cette vieille exception française…

    Zemmour

    La mobilisation du peuple de droite voulue par Buisson, Guaino et Sarkozy a incontestablement payé. Longtemps scotché à 45% dans les sondages, Sarkozy finit à 48. Il pourra longtemps regretter de ne pas être parti plus tôt en campagne. Il pourra surtout regretter de ne pas avoir tenu les promesses faites en 2007, à l’électorat populaire qui avait misé sur lui. À l’époque aussi, il avait beaucoup parlé d’immigration, de laïcité, de patriotisme, de protection et de frontières. Il avait ainsi siphonné les voix du Front national en donnant à cet électorat populaire une porte de sortie gouvernementale, en leur apparaissant comme un Le Pen raisonnable, sans outrance verbale mais aussi sans faiblesse. Sarkozy n’a pas tenu ses promesses à cet électorat populaire, c’est la clef de sa défaite. La campagne Buisson ne pouvait pas rattraper complètement cinq ans de renoncements, d’incohérences, voire de trahisons. Pourtant, son discours de 2012 sur la frontière en a séduit plus d’un, si on en croit le résultat final.

    Zemmour

    Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste.

    Patrick Buisson

    François Hollande (…) est à peu près au niveau de premier tour où les instituts situaient Ségolène Royal en 2007 à pareille époque et tout indique qu’il rassemblera le 22 avril moins de suffrages que celle-ci. Il n’y a aucune dynamique en faveur du candidat PS. A la différence de la campagne de Mme Royal, celle de François Hollande ne suscite ni élan ni adhésion. On arrive même à une situation tout à fait paradoxale et inédite : c’est la première fois qu’un candidat recueille dans certaines enquêtes moins de souhaits de victoire que d’intentions de vote au premier tour. Les motivations du vote Hollande sont pour les deux tiers de battre le candidat sortant. Toute la stratégie du candidat socialiste a été bâtie sur l’idée que l’élection serait un référendum anti-Sarkozy et qu’il n’y avait pas besoin d’un moteur de secours. Rien n’a été prévu au cas où le moteur aurait des ratés et où le pseudo-référendum tournerait au duel. Avec le croisement des courbes du premier tour, François Hollande ne peut plus se comporter en gestionnaire pusillanime d’une rente virtuelle. Il va devoir prendre des risques. Ce n’est peut-être pas l’exercice où il est le meilleur. (…) Ce concept de « droitisation » est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la « droitisation » consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se « droitise » en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du « transfrontiérisme » n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices.

    Patrick Buisson

    Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se “droitise” en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du “transfrontiérisme” n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices.

    Patrick Buisson

    On brode beaucoup sur la non intégration des jeunes de banlieue. En réalité, ils sont totalement intégrés culturellement. Leur culture, comme le rap, sert de référence à toute la jeunesse. Ils sont bien sûr confrontés à de nombreux problèmes mais sont dans une logique d’intégration culturelle à la société monde. Les jeunes ruraux, dont les loisirs se résument souvent à la bagnole, le foot et l’alcool, vivent dans une marginalité culturelle. En feignant de croire que l’immigration ne participe pas à la déstructuration des plus modestes (Français ou immigrés), la gauche accentue la fracture qui la sépare des catégories populaires. Fracture d’autant plus forte qu’une partie de la gauche continue d’associer cette France précarisée qui demande à être protégée de la mondialisation et de l’immigration à la « France raciste ». Dans le même temps, presque malgré elle, la gauche est de plus en plus plébiscitée par une « autre France », celle des grands centres urbains les plus actifs, les plus riches et les mieux intégrés à l’économie-monde ; sur ces territoires où se retrouvent les extrêmes de l’éventail social (du bobo à l’immigré), la mondialisation est une bénédiction.

    Christophe Guilluy

    J’avais l’impression qu’il [Nicolas Sarkozy] avait déjà cette géographie sociale bien en tête. Comme s’il savait que cette France populaire, qui l’avait élu en 2007, allait être une nouvelle fois l’enjeu de cette présidentielle. (…) Je ne pense pas que le qualificatif de droitisation soit pertinent. Pour cette France-là, on est arrivé à la fin de la bipolarisation droite-gauche. Par exemple, en matière d’immigration, tout le monde pense grosso modo la même chose, à gauche comme à droite. Quand on regarde comment se comportent les Français – là où ils vont vivre, là où ils souhaitent scolariser leurs enfants -, on s’aperçoit que tout le monde évolue dans une même logique. Ce qui change, c’est le discours de justification de ses actes… Par ailleurs, cette France populaire reste très attachée à l’Etat providence, aux services publics, à la laïcité, aux thématiques traditionnelles de la gauche. (…) Ce qui définit cette classe qui se sent menacée de déclassement, c’est son incapacité à ériger des frontières symboliques avec un monde qu’elle juge menaçant. Le bobo de Belleville, qui habite en plein cœur d’un quartier très métissé, peut résider dans un immeuble de lofts, socialement homogène, et contourner la carte scolaire. Les prolétaires de la Picardie, eux, n’ont pas les moyens d’ériger ce type de frontière invisible. C’est pour ça que cette classe populaire exprime aujourd’hui une demande d’Etat fort et de protectionnisme. La question sociale est centrale pour elle, à la condition qu’elle se combine avec une question d’ordre culturel. (…) Sur ces questions culturelles et identitaires, la gauche tient un discours peu clair. Car elle a la trouille de dire les choses. Je pense qu’on vit désormais dans une société multiculturelle sans oser le dire. Pour la première fois dans notre histoire, dans certains espaces, se pose la question d’appartenir à une majorité ou à une minorité relative. C’est ce que révèle l’épisode sur la viande halal : au-delà la question de l’étiquetage, le sentiment diffus de pouvoir devenir, sans le savoir, minoritaire, est très présent. (…) C’est compliqué pour [François Hollande] car il ne faut pas désespérer «Boboland», c’est-à-dire ces classes intellectuelles et supérieures qui vivent en centre-ville, profitent des bienfaits de la mondialisation et votent en majorité pour la gauche. Je dis cela sans mépris. C’est une réalité sociologique importante pour la gauche. Il est difficile de tenir un discours pour cette France des centres-ville et celle rejetée à la périphérie. Un exemple : le protectionnisme européen. François Hollande avait la possibilité de reprendre à son compte les thèses qu’Arnaud Montebourg avait développées pendant la primaire. Mais aujourd’hui depuis le discours de Villepinte de Nicolas Sarkozy, je pense que c’est trop tard.

    Christophe Guilluy

    Hollande est intéressé par nos analyses, mais ce n’est pas son logiciel de formation. Il y a encore chez lui beaucoup de tabous, notamment sur les questions identitaires. Or, il n’y a pas 36 solutions : on gagnera avec les ouvriers et employés ou alors on perdra cette élection.

    Laurent Bouvet (université de Versailles)

    En 2007, Sarkozy, c’était Bonaparte au pont d’Arcole ! Il s’est emparé de thèmes, comme l’identité nationale, que Chirac avait totalement abandonnés. Il a désenclavé la droite en agrégeant un vote populaire au vote de droite traditionnel. Comme de Gaulle en 1958 ! Le problème, c’est qu’il manquait d’hommes pour appliquer la révolution culturelle qu’il incarnait, car la droite chiraquisée s’est soumise à l’hégémonie intellectuelle de la gauche depuis des décennies, au point de perdre ses repères. Alors que l’extrême gauche infiltrait le PS et le PCF tout en maintenant une expression politique autonome grâce à ses partis et ses associations, la droite n’a pas formé ses cadres ! On ne peut pas exiger d’un homme qu’il fasse en cinq ans ce que deux ou trois générations n’ont pas pu ou n’ont pas su faire avant lui ! Patrick Buisson
    Le problème, c’est que cette droite, bien que majoritaire, continue d’être paralysée par la malédiction politico-morale pesant sur la prétendue « extrême droite ». Le fait que le programme de cette dernière ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du RPR des années 80, que ses valeurs et ses références soient empruntées pour l’essentiel au général De Gaulle, que son leader, née 24 ans après la Libération, soit peu suspecte d’avoir collaboré avec les nazis, le fait enfin que bon nombre de ses cadres soient issus de la mouvance chevènementiste, n’y change rien. On ne dîne pas avec le diable, même avec une grande cuillère, et même quand ce n’est pas le diable : ce qui fait qu’en définitive, on ne mange pas très souvent. Le coup de génie de Mitterrand, plus machiavélique que jamais, qui permit au Front National de prendre son essor tout en prononçant un anathème perpétuel contre toute tentative d’alliance avec lui, a fragilisé la position de la droite depuis un quart de siècle- et ouvert régulièrement les portes du pouvoir à une gauche minoritaire. Mitterrand, qui croyait aux forces de l’esprit, en rigole encore. Le piège a fonctionné bien au-delà de ses espérances – avec la complicité résignée d’une droite dite républicaine qui n’a pas voulu prendre le risque de l’alliance et n’a en outre jamais osé retourner l’argument moral contre la gauche socialiste. En n’ayant pas eu l’audace de dénoncer l’alliance du PS avec le parti qui déclarait jadis que « Staline est l’homme que nous aimons le plus », la droite perdait automatiquement le droit de juger les autres.

    Frédéric Rouvillois

    Il serait temps de comprendre que les millions de Français qui votent pour le FN ne veulent pas moins mais plus de République. Ils ont tort ? Admettons. Mais était-ce républicain de construire une Europe dans laquelle les décisions échappent largement aux élus du peuple ? Était-ce républicain d’inventer, au nom d’une conception mécanique de l’égalité, le collège unique dont la grande œuvre aura été de tirer les bons élèves vers le bas plutôt que les mauvais vers le haut ? Était-ce républicain de tergiverser pendant vingt ans avant d’interdire les signes religieux à l’école ? Était-ce républicain d’encourager l’idéologie de la repentance qui légitime la détestation de la France ? Était-ce républicain de prôner l’ouverture à tous les vents de la mondialisation, qu’elle fût économique ou culturelle ? Était-ce républicain de décréter que dans les écoles de Strasbourg on servirait “de la viande halal par respect pour la diversité, mais pas de poisson le vendredi par respect pour la laïcité” — impayable logique du maire socialiste de la ville ? Était-ce républicain de minimiser l’antisémitisme et le sexisme qui sévissaient et sévissent encore dans les “territoires perdus de la République” au motif que ceux qui les propageaient étaient victimes de l’exclusion sociale ? Était-ce républicain de traiter de salauds, de cons ou de fachos les électeurs qui, lassés d’être les cocus de la mondialisation, se sont tournés vers le FN ? Ou étaient-ils, durant toutes ces années, tous ces Républicains sourcilleux qui affichent aujourd’hui leurs âmes pures et leurs mains blanches ? Peut-être serait-il naïf ou imprudent de décerner à Marine Le Pen un brevet de vertu républicaine. En attendant, si la République semble aujourd’hui si mal en point, elle n’en est pas, loin s’en faut, la première responsable.

    Elisabeth Lévy

    En 2012, la participation frôle les 80 %, ce qui est important. Si elle est de 4 points inférieure à celle de 2007, elle est très supérieure à ce que les instituts de sondage prévoyaient : un effondrement proche de 10 points ! A mon sens, on doit y voir la très forte mobilisation de la gauche dans son rejet du sarkozysme. L’autre manifestation de cette colère à l’égard du président sortant s’est traduite par une plus faible participation des villes où Nicolas Sarkozy avait fait le plein en 2007. Typiquement, le retraité qui a voté pour le candidat UMP, il y a cinq ans, s’est abstenu au premier tour cette fois-ci. Ce qui laisse une certaine marge de progression pour le convaincre de se déplacer au second tour. En revanche, François Hollande semble ne disposer que de peu de réserve parmi les abstentionnistes du premier tour. (…) Si l’on met l’accent sur sa deuxième place, on pourrait conclure à un échec par rapport aux présidents sortants tous arrivés en tête. Seulement, en 2002, Jacques Chirac, dont le bilan est jugé comme inexistant, a certes respecté la règle en s’offrant la première marche du podium, mais en ne captant que moins de 20% des voix. Aussi dire que la stratégie Buisson, ou plutôt Buisson-Guaino a échoué, est-il, à mon sens une erreur d’analyse.

    Christophe Guilluy
















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