eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Présidentielle 2017: Et si les bobos se réjouissaient trop vite ? (Behind Valls’s sacrifice hit or hail Mary pass, the reality of the soon-coming Trumpian revenge of back row France ?)

Posté le mercredi 29 mars 2017 par jc durbant

Attention, une inégalité peut en cacher une autre !

A l’heure où tout à leur machiavélique et jusqu’ici redoutablement efficace machination contre la seule véritable alternance …

Nos médias et nos juges-justiciers nous ont déjà vendu, via leurs supplétifs de sondeurs-ventriloques, le résultat d’une élection qui n’a jamais connu autant d’indécis …

Et où perdu pour perdu, l’ancien premier ministre Manuel valls semble prêt à jouer la banque pour achever de plomber sa némésis et ancien collègue …

Déjà bien chargé avec dans ses fourgons pas moins de onze anciens ministres de Chirac (dixit Mélenchon) et on ne sait pas encore combien de Hollandais ..

En misant sur une (encore improbable) victoire Fillon avec lequel il s’est dit par ailleurs en ce cas prêt à collaborer …

Qui prend encore la peine de rappeler non seulement la traditionnelle malédiction des candidats du centre …

Mais tout simplement le précédent Trump où se décidant la dernière semaine la majeure partie des indécis ont voté pour celui que tout le monde avait depuis longtemps condamné …

Ou même le véritable danger pour la démocratie que pourrait constituer au 2e tour voire après …

La non-prise en compte à nouveau, par un discours politique qui n’a que les mot parité et diversité à la bouche, de la véritable inégalité qui touche toute une population de précaires et de sous-diplômés …

Par un candidat ou un vainqueur qui, fort de ses complicités médiatiques et économiques, n’apparaitrait alors que comme le candidat des élites ?

jc durbant @ 23:19
Catégorie(s): Bobologie et dhimmitude etPendant ce temps-là, en France


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9 réponses à “Présidentielle 2017: Et si les bobos se réjouissaient trop vite ? (Behind Valls’s sacrifice hit or hail Mary pass, the reality of the soon-coming Trumpian revenge of back row France ?)”

  • 9
    jc durbant:

    https://books.google.fr/books?id=sH0KCwAAQBAJ&pg=PT74&lpg=PT74&dq=philippe+meirieu+figaro+magazine+1999&source=bl&ots=OP3bTY_LBZ&sig=vpahpfD7R8W7G80ERzHVthB1NZc&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwjvw6W_uZvTAhWESBQKHQZpBPkQ6AEIRTAJ#v=onepage&q=philippe%20meirieu%20figaro%20magazine%201999&f=false

  • 8
    jc durbant:

    ce n’est pas l’attitude de la juridiction d’exception acharnée à aider Macron à être élu qui lui pose un problème, c’est l’existence de l’immunité parlementaire. Dites donc Monsieur Poutou si vous étiez parlementaire vous en bénéficieriez, et heureusement. L’immunité parlementaire, principe démocratique issue de la séparation des pouvoirs, existe pour que l’élu du peuple puisse exercer librement son mandat. À l’abri des pressions de l’exécutif et du judiciaire. Ce n’est pas un sauf-conduit pour pouvoir commettre des infractions, cette présentation est stupide. C’est l’Assemblée elle même qui peut la lever. Mais avec Poutou, plus besoin d’élections et de mandat populaire, ce sont Eliane Houlette et Serge Tournaire qui doivent décider qui peut siéger. Lorsque les organisations ouvrières faisaient élire des députés, l’immunité parlementaire était un outil précieux qui les mettait à l’abri de l’arbitraire. Cette immunité est une conquête démocratique, qui est bien une « immunité ouvrière » lorsqu’elle protège des « parlementaires ouvriers ». Et pour qui connaît l’histoire du mouvement social, ce qui n’est pas le cas de Philippe Poutou, cette disposition a été précieuse à plusieurs reprises.

    Régis de Castelnau

    http://www.causeur.fr/poutou-debat-immunite-tenue-vestimentaire-43610.html (merci james)

    Voir aussi:

    Schneid se sent plus !

    Gazette d’@rrêt sur images, n°486

    En une seconde, il a dynamité le débat de la présidentielle. En lançant à Marine Le Pen que les ouvriers, eux, ne disposant pas « d’immunité ouvrière », déféraient aux convocations de la police, Philippe Poutou a fait voler en éclats les éléments de langage de la candidate du FN. Elle en est restée scotchée. Ce n’est d’ailleurs pas sa seule transgression de la liturgie télé. En se retournant au cours du débat pour consulter son équipe, en refusant de serrer la main de certains autres candidats, et de poser pour la « photo de famille », Poutou a révélé, en les pulvérisant, toutes les règles invisibles d’un « débat présidentiel » solennel et empesé, à la manière Ve République.

    Jusqu’où un candidat révolutionnaire à la présidentielle doit-il respecter ces règles ? Jusqu’où faut-il rire avec Ruquier, ou poser aux côtés de Le Pen ? Questions bien moins futiles qu’il y parait : à la télé, on le sait, la forme, c’est le fond. Philippe Poutou répond sur notre plateau, avec son habituelle spontanéité qui, je peux en témoigner, n’est pas feinte. Cela valait bien d’avancer d’un jour notre tournage. Retrouvez chez nous le candidat qui vous a fait vibrer cette semaine.

    Daniel Schneidermann

    http://www.arretsurimages.net/emissions/2017-04-06/Poutou-On-ne-fait-pas-partie-de-cette-famille-la-id9743

    http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-04-05/Le-coup-du-doux-Poutou-id9738

  • 7
    jc durbant:

    Si au moins, ils riaient autant des méluchades ou des hamonades ou même des macroneries !

    La séquence dans son intégralité, ajoutée aux passages la même soirée de Florian Philippot et Jean Lassalle, symbolise parfaitement le malaise qu’est devenu ce rendez-vous politique de France 2. Là où les principaux candidats ont d’abord droit aux honneurs de l’émission politique du jeudi en prime-time, ceux qui bénéficient de sondages moins favorables sont contraints à ce court passage dans une émission de divertissement de deuxième partie de soirée. Et c’est là que la mécanique s’est enrayée. Du côté de Laurent Ruquier et de ses animateurs, on sent le poids de la contrainte, comme bridés de devoir composer avec ses invités parfois peu enclins à jouer le jeu médiatique qui leur est assigné. Car le traitement reservé à chacun est parfaitement révélateur de la place qu’on veut leur assigner. À Florian Philippot, on demande très sérieusement en tout premier lieu comment le parti fêterait une éventuelle victoire de Marine Le Pen et le nom des artistes qui entoureraient la candidate Front national. Lors du passage de Jean Lassalle, on l’interroge d’abord pour savoir s’il veut «perdre du temps» à dénoncer le manque de temps accordé dans les médias «aux petits candidats». Peu de temps après, Laurent Ruquier promet qu’il votera pour lui en cas de deuxième tour face à Marine Le Pen ajouant qu’il «n’a pas l’impression qu’il se mouille beaucoup». Ironique quand quelques minutes plus tôt, les chroniqueurs reprochaient à Florian Philippot de jouer les victimes quand celui-ci pointait les positions ostensiblement anti-Front national du service public. Un peu plus tard, Laurent Ruquier s’amusera de la sortie du livre programme de Jean Lassalle prévue quelques jours avant le premier tour: «Juste le mercredi avant l’élection, c’est pour passer de 1% à 25% dans les trois derniers jours?» Quant à Yann Moix, il ressort deux phrases abscons prononcées les jours précédents par le candidat avant se dire une nouvelle fois vexé des critiques faites dans les médias par Jean Lassalle à l’encontre de son émission. Laurent Ruquier justifie, lui de n’avoir conservé que quarante minutes de l’heure d’enregistrement du candidat lors de son précédent passage en expliquant: «On n’a gardé que ce qui était cohérent». C’est le serpent qui s mord la queue. Plutôt que de détailler les mesures de chacun, ces candidats déjà assignés à une place de second rang se retrouvent systématiquement renvoyés à leur manque de crédibilité. Quand Jean Lassalle explique que sa première mesure en tant que président serait de retirer les troupes françaises du Moyen-Orient, Laurent Ruquier lâche peu après «vous m’avez surpris, comme si c’était vraiment la priorité pour les électeurs». Lors de la venue de Jacques Cheminade, le 25 mars 2017, Laurent Ruquier félicite châleureusement le candidat d’expliquer qu’il n’a pas la prétention de passer le premier tour de la présidentielle sous les applaudissements nourris du public ajoutant comme heberlué: «Donc vous êtes lucide, vous.» Avant de déchanter quand Cheminade explique que c’est à cause des «forces de l’argent». Le candidat développe ensuite en quelques phrases son argumentation sur la faiblesse du minimum vieillesse avant d’être interrompu sans transition par Yann Moix: «Vous avez dit un jour que les réseaux sociaux sont un camp de concentration mental sans larme. Je voudrais que vous m’expliquiez cette expression». Devant Nicolas Dupont-Aignan, le 25 mars, Laurent Ruquier s’amuse: «Quand même, vous espérez gagner quelques électeurs». La première question de Vanessa Burggraf après avoir détaillé le gouvernement fictionnel imaginé par le candidat dans un livre sans l’avis des intéressés est directe: «Franchement, est-ce qu’on peut vous prendre au sérieux? Est-ce que c’est pas un peu simplet? Est-ce que c’est pas méconnaître la complexité du monde?» La lecture de Yann Moix est également sans appel: «De Gaulle avait une certaine idée du monde, vous vous avez une certaine idée de vous-même.» Quand Philippe Poutou évoque l’interdiction des licenciements, Vanessa Burggraf s’exclame: «Donc on réquisitionne Bernard Arnault. On ne rachète même pas son entreprise. […] Donc Bernard Arnault, c’est un voleur? Il donne des emplois à des salariés! Mais c’est presque un modèle soviétique ce que vous proposez. Il y a une sorte de totalitarisme dans votre exubérance.» Déjà, lors du passage de la candidate Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, le 11 mars, lorsque celle-ci évoquait les licenciements qui mettent à mal des régions entières pour réaliser plus de profit, Vanessa Burggraf lui demandait: «Est-ce qu’il n’y a pas une forme de violence finalement dans ce discours, parler d’expropriation de patrons, de Français?» Yann Moix reprochait ensuite à la candidate de ne défendre que l’intérêt des travailleurs et pas de l’ensemble des Français. «C’est très violent», disait-il. Philippe Poutou s’étonnera de ce traitement dans l’émission du 1er avril: «C’est toujours bizarre, quand on discute de combattre les injustices sociales ou les inégalités, on apparaît comme lunaire ou irréaliste alors qu’on vit dans un monde profondément injuste et dégueulasse.» À l’image de Nicolas Dupont-Aignan quittant le plateau de TF1 pour protester contre le double standard d’exposition médiatique, on mesure à quel point il n’est pas aisé pour ses «petits» candidats de trouver une vraie place pour s’exprimer et exister. Peut-être que le débat à 11 candidats du 4 avril permettra pour eux enfin de changer la donne. Au moins seront-ils traités comme les autres.

    http://www.slate.fr/story/142619/on-pas-couche-petits-candidats-malaises

  • 6
    jc durbant:

    Vous avez dit gauchisation ?

    http://www.francetvinfo.fr/politique/marine-le-pen/presidentielle-2017-la-rose-bleue-de-marine-le-pen-ne-plait-pas-a-tout-le-monde_1923771.html

  • 5
    jc durbant:

    ils échangent toujours des SMS …

    le chef de l’Etat développe une véritable affection pour ce surdoué, dans lequel il voit une projection de lui-même. « Emmanuel, c’est le fils qu’on voudrait avoir », confie-t-il à son conseiller Gaspard Gantzer. « Emmanuel, c’est moi », déclare-t-il un autre jour aux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme (« Un président ne devrait pas dire ça… » , Stock). En plus de son intelligence, Hollande apprécie par-dessus tout l’humour de Macron qui « apporte de la joie et de la fantaisie dans le travail ». Un jour, à l’Elysée, où doit se tenir un conseil sur l’attractivité, le jeune homme arrive sans cravate. François Hollande s’en irrite, mais préfère en rire. « Il lui passait tout », se souvient un membre du gouvernement. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, se moque de cet entichement pour celui qu’il surnomme « le petit marquis poudré ».

    Hollande et Macron ne se sont pas revus depuis, à part au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France, brièvement, le 22 février dernier. Mais ils échangent toujours des SMS. Le président, qui dissèque la stratégie de son ancien protégé, lui conseille notamment de « rester de gauche ». Malin, jamais Macron n’attaque son ancien mentor. « Je fais attention à être respectueux de lui et des institutions », dit-il. Jacques Chirac avait eu le cœur crevé de laisser son bureau à Nicolas Sarkozy. Hollande, lui, jure qu’il préfère voir Emmanuel Macron lui succéder plutôt que François Fillon ou Marine Le Pen. « Si Emmanuel est élu, ce ne serait pas la plus mauvaise sortie pour toi, l’a conforté Julien Dray. Un pied de nez de l’histoire ! »

    Sauf progression spectaculaire du FN, Hollande ne devrait pas soutenir son ancien conseiller avant le premier tour. Il sait aussi qu’un appel de sa part pourrait être contre-productif. « Je ne veux pas prendre une position qui pourrait lui être défavorable, a-t-il récemment confié à des visiteurs. Déjà que Fillon dit qu’il est mon “porte-serviettes”… » Emmanuel Macron, lui, avec l’aplomb dont il ne s’est jamais départi, ne doute pas un seul instant que le chef de l’Etat saura l’aider au bon moment : « Il regarde ce qu’il y a autour comme offre, le chemin que je trace n’est pas celui qui le rend le plus triste. »

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/31/hollande-macron-le-hold-up-du-siecle_5103736_4854003.html#hjkFcrkKpeqBB4Td.99

  • 4
    jc durbant:

    Vous avez dit abscons ?

    J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais, en même temps, elle doit s’ancrer dans l’immanence complète, de la matérialité.

    Emmanuel Macron

    Le décalage est total entre la façon dont on se représente la société chez les diplômés et la société réelle: d’où notamment une incompréhension d’une partie de la classe politique, dont le discours s’adresse à une poignée de bac+5. Les autres ne comprennent pas son langage abscons.

    Louis Maurin

  • 3
    jc durbant:

    Une statistique plus brutale marque pourtant mieux que les autres la marque de fabrique du vote républicain. C’est le vote du white male, de l’homme blanc. Seuls 37 % d’entre eux ont voté pour Kerry, contre 62 % pour Bush, un écart considérable qui est près du double de celui enregistré pour les femmes blanches. Bill Clinton avait lancé le concept des soccer moms, ces femmes qui emmènent leurs enfants au soccer(football au sens où nous l’entendons, mais qui est plus chic aux Etats-Unis que le football américain) et qui votent démocrate. Bush capture le vote du nascar dad, qu’on pourrait traduire par le « papa-bagnole, qui se passionne pour les courses automobiles d’Indianapolis et de Daytona. Dans le langage des stratèges électoraux, les nascar dads sont les électeurs mâles, sans études supérieures, qui votaient jadis pour les démocrates et votent désormais pour les républicains. Grâce au Watergate et à la diffusion des enregistrements faits à la Maison Blanche, on sait que Nixon avait clairement saisi l’opportunité de rallier à la cause républicaine les cols bleus choqués par Woodstock et autres manifestations du « déclin de la civilisation occidentale ». C’est Reagan qui pousse à son paroxysme cette capture du vote ouvrier, dont Bush junior récolte les fruits bien mieux que son père. Dans un article publié par la New York Review of Book, « The White Man Unburdened », l’homme blanc privé de son fardeau, l’écrivain Norman Mailer faisait la liste de tout ce que l’homme blanc a perdu au cours des trente dernières années : son statut, son salaire, son autorité, ses athlètes (blancs) préférés…, pour expliquer le ralliement à la guerre irakienne de Bush (voir aussi le texte d’Arlie Hochschild « Let them eat war » sur tomdispatch.com). Il n’est pas besoin d’une longue démonstration pour voir apparaître, derrière un langage différent (la religion, le droit au port d’armes…), les mêmes traits qui ont expliqué en France le vote ouvrier en faveur de Le Pen. Loin d’apparaître comme un continent bizarre, si loin désormais de l’Europe, l’Amérique est soumise à un processus identique. Les mots pour le dire ne sont pas les mêmes, mais c’est le même désamour entre la gauche et la classe ouvrière qui s’est joué des deux côtés de l’Atlantique, qui marque dans les deux cas l’aboutissement d’un long processus de déracinement du monde ouvrier.

    Daniel Cohen

    Partout en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, la coalition historique de la gauche, centrée sur la classe ouvrière, s’efface. Même dans les pays où existe un lien institutionnel, via les syndicats, entre la classe ouvrière et la gauche politique, le vote ouvrier déserte la gauche : Grande Bretagne, Allemagne, Suède. La social-démocratie perd sa base électorale. Si la coalition historique de la gauche est en déclin, une nouvelle coalition émerge. (…) La nouvelle gauche a le visage de la France de demain : plus jeune, plus féminin, plus divers, plus diplômé, mais aussi plus urbain et moins catholique . Elle est en phase avec la gauche politique sur l’ensemble de ses valeurs. Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes : elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive. C’est tout particulièrement vrai pour les diplômés, les jeunes, les minorités . Elle s’oppose à un électorat qui défend le présent et le passé contre le changement, qui considère que « la France est de moins en moins la France », « c’était mieux avant », un électorat inquiet de l’avenir, plus pessimiste, plus fermé, plus défensif. Le facteur socioéconomique joue aussi. Car la France de demain réunit avant tout les « outsiders » de la société, ceux qui cherchent à y rentrer, notamment sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires. Ils ont du mal car ils sont la principale variable d’ajustement face à la crise d’une société d’« insiders » qui, pour préserver les droits acquis, sacrifie les nouveaux entrants. Ces « outsiders » ont besoin de l’aide de la puissance publique pour surmonter les barrières qui se dressent devant eux : ils ont besoin d’un Etat qui les aide à s’émanciper, à briser le plafond de verre. Ils sont soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces « exclus » par conviction culturelle. La nouvelle gauche qui émerge en France est la même que celle qui se dessine partout en Europe. Elle ressemble de près à la coalition qui a porté Barack Obama au pouvoir en 2008.

    Terra Nova (think tank socialiste)

  • 2
    Zoubor:

    Les Français se taisent.
    Beaucoup se décideront au dernier moment, derrière, le rideau…
    C est Marine qui passe…

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    La vengeance est un plat qui se mange froid.

    Proverbe bien connu

    Chassez le naturel: il revient au galop !

    Autre proverbe bien connu

    Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil.

    Tocqueville

    Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises.

    Bourdieu

    Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants.

    Barack Obama

    Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ…

    David Brooks

    Well, my joke is that I consider myself a bobo with bad grades. If I’d studied more, I would have gotten into Harvard and I could afford the big kitchen and all that. But I am a bobo in some sense. You know, the essence of bobo life is people who consider themselves sort of artistic or writers or intellectuals but find themselves in the world of making money, in the world of commerce. And so I certainly am in that. You know, I consider myself a writer, and I live for ideas and things like that. But I also want a big house, so I’m caught between money and spirituality.

    David Brooks

    I’ve written of the great divide in America as between the protected and the unprotected—those who more or less govern versus the governed, the facts of whose lives the protected are almost wholly unaware. Mr. Arnade sees the divide as between the front-row kids at school waving their hands to be called on, and the back-row kids, quiet and less advantaged. The front row, he says, needs to learn two things. “One is how much the rest of the country is hurting. It’s not just economic pain, it’s a deep feeling of meaninglessness, of humiliation, of not being wanted.” Their fears and anxieties are justified. “They have been excluded from participating in the great wealth of this country economically, socially and culturally.” Second, “The front-row kids need humility. They need to look in the mirror, ‘We messed this up, we’ve been in charge 30 years and haven’t delivered much.’ ” “They need to take stock of what has happened.” Of those falling behind: “They’re not lazy and weak, they’re dealing with bad stuff. Both conservative and progressive intellectuals say Trump voters are racist, dumb. When a conservative looks at a minority community and says, ‘They’re lazy,’ the left answers, ‘Wait a minute, let’s look at the larger context, the availability of jobs, structural injustice.’ But the left looks at white working-class poverty and feels free to judge and dismiss.”

    Peggy Noonan

    It’s not just visual: In interview after interview in all corners of the state, I’ve found that Trump’s support across the ideological spectrum remains strong. Democrats, Republicans, independents, people who have not voted in presidential elections for years — they have not wavered in their support. Two components of these voters’ answers and profiles remain consistent: They are middle-class, and they do not live in a big city. They are suburban to rural and are not poor — an element I found fascinating, until a Gallup survey last week confirmed that what I’ve gathered in interviews is more than just freakishly anecdotal. The Gallup analysis, based on 87,000 interviews over the past year, shows that while economic anxiety and Trump’s appeal are intertwined, his supporters for the most part do not make less than average Americans (not those in New York City or Washington, perhaps, but their Main Street peers) and are less likely to be unemployed. The study backs up what many of my interviews across the state found — that these people are more concerned about their children and grandchildren. While Trump supporters here are overwhelmingly white, their support has little to do with race (yes, you’ll always find one or two who make race the issue) but has a lot to do with a perceived loss of power. Not power in the way that Washington or Wall Street board rooms view power, but power in the sense that these people see a diminishing respect for them and their ways of life, their work ethic, their tendency to not be mobile (many live in the same eight square miles that their father’s father’s father lived in). Thirty years ago, such people determined the country’s standards in entertainment, music, food, clothing, politics, personal values. Today, they are the people who are accused of creating every social injustice imaginable; when anything in society fails, they get blamed. The places where they live lack economic opportunities for the next generation; they know their children and grandchildren will never experience the comfortable situations they had growing up — surrounded by family who lived next door, able to find a great job without going to college, both common traits among many successful small-business owners in the state. These Trump supporters are not the kind you find on Twitter saying dumb or racist things; many of them don’t have the time or the patience to engage in social media because they are too busy working and living life in real time. These are voters who are intellectually offended watching the Affordable Care Act crumble because they warned six years ago that it was an unworkable government overreach. They are the same people who wonder why President Obama has not taken a break from a week of golfing to address the devastating floods in Louisiana. (As one woman told me, “It appears as if he only makes statements during tragedies if there is political gain attached.”) Voice such a remark, and you risk being labeled a racist in many parts of America. The Joe-Six-Pack stereotype of a Trump supporter was not created in a vacuum; it’s real and it’s out there. Yet, if you dig down deep into the Gallup survey — or, better yet, take a drive 15 minutes outside of most cities in America — you will learn a different story. That is, if you look and listen.

    Salena Zito

    America is coming apart. For most of our nation’s history, whatever the inequality in wealth between the richest and poorest citizens, we maintained a cultural equality known nowhere else in the world—for whites, anyway. (…) But t’s not true anymore, and it has been progressively less true since the 1960s. People are starting to notice the great divide. The tea party sees the aloofness in a political elite that thinks it knows best and orders the rest of America to fall in line. The Occupy movement sees it in an economic elite that lives in mansions and flies on private jets. Each is right about an aspect of the problem, but that problem is more pervasive than either political or economic inequality. What we now face is a problem of cultural inequality. When Americans used to brag about « the American way of life »—a phrase still in common use in 1960—they were talking about a civic culture that swept an extremely large proportion of Americans of all classes into its embrace. It was a culture encompassing shared experiences of daily life and shared assumptions about central American values involving marriage, honesty, hard work and religiosity. Over the past 50 years, that common civic culture has unraveled. We have developed a new upper class with advanced educations, often obtained at elite schools, sharing tastes and preferences that set them apart from mainstream America. At the same time, we have developed a new lower class, characterized not by poverty but by withdrawal from America’s core cultural institutions. (…) Why have these new lower and upper classes emerged? For explaining the formation of the new lower class, the easy explanations from the left don’t withstand scrutiny. It’s not that white working class males can no longer make a « family wage » that enables them to marry. The average male employed in a working-class occupation earned as much in 2010 as he did in 1960. It’s not that a bad job market led discouraged men to drop out of the labor force. Labor-force dropout increased just as fast during the boom years of the 1980s, 1990s and 2000s as it did during bad years. (…) As I’ve argued in much of my previous work, I think that the reforms of the 1960s jump-started the deterioration. Changes in social policy during the 1960s made it economically more feasible to have a child without having a husband if you were a woman or to get along without a job if you were a man; safer to commit crimes without suffering consequences; and easier to let the government deal with problems in your community that you and your neighbors formerly had to take care of. But, for practical purposes, understanding why the new lower class got started isn’t especially important. Once the deterioration was under way, a self-reinforcing loop took hold as traditionally powerful social norms broke down. Because the process has become self-reinforcing, repealing the reforms of the 1960s (something that’s not going to happen) would change the trends slowly at best. Meanwhile, the formation of the new upper class has been driven by forces that are nobody’s fault and resist manipulation. The economic value of brains in the marketplace will continue to increase no matter what, and the most successful of each generation will tend to marry each other no matter what. As a result, the most successful Americans will continue to trend toward consolidation and isolation as a class. Changes in marginal tax rates on the wealthy won’t make a difference. Increasing scholarships for working-class children won’t make a difference. The only thing that can make a difference is the recognition among Americans of all classes that a problem of cultural inequality exists and that something has to be done about it. That « something » has nothing to do with new government programs or regulations. Public policy has certainly affected the culture, unfortunately, but unintended consequences have been as grimly inevitable for conservative social engineering as for liberal social engineering. The « something » that I have in mind has to be defined in terms of individual American families acting in their own interests and the interests of their children. Doing that in Fishtown requires support from outside. There remains a core of civic virtue and involvement in working-class America that could make headway against its problems if the people who are trying to do the right things get the reinforcement they need—not in the form of government assistance, but in validation of the values and standards they continue to uphold. The best thing that the new upper class can do to provide that reinforcement is to drop its condescending « nonjudgmentalism. » Married, educated people who work hard and conscientiously raise their kids shouldn’t hesitate to voice their disapproval of those who defy these norms. When it comes to marriage and the work ethic, the new upper class must start preaching what it practices.

    Charles Murray

    We’re in the midst of a rebellion. The bottom and middle are pushing against the top. It’s a throwing off of old claims and it’s been going on for a while, but we’re seeing it more sharply after New Hampshire. This is not politics as usual, which by its nature is full of surprise. There’s something deep, suggestive, even epochal about what’s happening now. I have thought for some time that there’s a kind of soft French Revolution going on in America, with the angry and blocked beginning to push hard against an oblivious elite. It is not only political. Yes, it is about the Democratic National Committee, that house of hacks, and about a Republican establishment owned by the donor class. But establishment journalism, which for eight months has been simultaneously at Donald Trump’s feet (“Of course you can call us on your cell from the bathtub for your Sunday show interview!”) and at his throat (“Trump supporters, many of whom are nativists and nationalists . . .”) is being rebelled against too. Their old standing as guides and gatekeepers? Gone, and not only because of multiplying platforms. (…) All this goes hand in hand with the general decline of America’s faith in its institutions. We feel less respect for almost all of them—the church, the professions, the presidency, the Supreme Court. The only formal national institution that continues to score high in terms of public respect (72% in the most recent Gallup poll) is the military (…) we are in a precarious position in the U.S. with so many of our institutions going down. Many of those pushing against the system have no idea how precarious it is or what they will be destroying. Those defending it don’t know how precarious its position is or even what they’re defending, or why. But people lose respect for a reason. (…) It’s said this is the year of anger but there’s a kind of grim practicality to Trump and Sanders supporters. They’re thinking: Let’s take a chance. Washington is incapable of reform or progress; it’s time to reach outside. Let’s take a chance on an old Brooklyn socialist. Let’s take a chance on the casino developer who talks on TV. In doing so, they accept a decline in traditional political standards. You don’t have to have a history of political effectiveness anymore; you don’t even have to have run for office! “You’re so weirdly outside the system, you may be what the system needs.” They are pouring their hope into uncertain vessels, and surely know it. Bernie Sanders is an actual radical: He would fundamentally change an economic system that imperfectly but for two centuries made America the wealthiest country in the history of the world. In the young his support is understandable: They have never been taught anything good about capitalism and in their lifetimes have seen it do nothing—nothing—to protect its own reputation. It is middle-aged Sanders supporters who are more interesting. They know what they’re turning their backs on. They know they’re throwing in the towel. My guess is they’re thinking something like: Don’t aim for great now, aim for safe. Terrorism, a world turning upside down, my kids won’t have it better—let’s just try to be safe, more communal. A shrewdness in Sanders and Trump backers: They share one faith in Washington, and that is in its ability to wear anything down. They think it will moderate Bernie, take the edges off Trump. For this reason they don’t see their choices as so radical. (…) The mainstream journalistic mantra is that the GOP is succumbing to nativism, nationalism and the culture of celebrity. That allows them to avoid taking seriously Mr. Trump’s issues: illegal immigration and Washington’s 15-year, bipartisan refusal to stop it; political correctness and how it is strangling a free people; and trade policies that have left the American working class displaced, adrift and denigrated. Mr. Trump’s popularity is propelled by those issues and enabled by his celebrity. (…) Mr. Trump is a clever man with his finger on the pulse, but his political future depends on two big questions. The first is: Is he at all a good man? Underneath the foul mouthed flamboyance is he in it for America? The second: Is he fully stable? He acts like a nut, calling people bimbos, flying off the handle with grievances. Is he mature, reliable? Is he at all a steady hand? Political professionals think these are side questions. “Let’s accuse him of not being conservative!” But they are the issue. Because America doesn’t deliberately elect people it thinks base, not to mention crazy.

    Peggy Noonan

    The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh.

    Victor Davis Hanson

    La mixité sociale, comme le précise Michel Pinçon, c’est le mélange des catégories sociales définies selon le revenu, le niveau de scolarisation, etc. Toutefois, on s’intéresse souvent à la mixité sociale de l’habitat, c’est-à-dire à une vision nocturne de Paris (où est-ce que les différents groupes sociaux dorment la nuit ?). Il faudrait tenir compte du million de banlieusards qui viennent chaque jour travailler dans Paris ; cette image diurne de Paris se fait alors plus mixte. On peut aussi se demander quelle est l’échelle pertinente pour apprécier la mixité sociale : est-ce l’immeuble ? l’îlot urbain ? le quartier ? la ville ? l’agglomération ? Pour les Pinçon – Charlot, Paris est une capitale assez petite en Europe (seulement 87 km2 sans les bois), une ville qu’on peut traverser à pied (aucun point de la ville est à moins d’une heure de marche du centre-ville), et une ville bien identifiée par ses boulevards périphériques : aussi ont-ils choisi l’aire de la ville pour évaluer cette mixité sociale. Alors qu’à la Libération, Paris comptait 65% d’ouvriers et d’employés pour 35% de cadres et de patrons, les proportions se sont aujourd’hui inversées, la mixité a changé. On est passé d’une ville populaire à une ville bourgeoise. Quel changement par rapport à l’après-guerre, où Paris était plus populaire que la moyenne nationale !
    Monique Pinçon-Charlot insiste alors sur le terme de gentrification, à préférer au terme d’embourgeoisement. Les bourgeois bohèmes, ou bobos, sont très différents des bourgeois traditionnels de l’Ouest de Paris. La gentrification est un processus culturel et géographique qui transforme les quartiers populaires du centre et de l’est de Paris au bénéfice de cette nouvelle petite bourgeoisie émergente. Son mode de vie est très différent de celui des petits bourgeois traditionnels. Les bobos vivent de leur travail, non pas de leur patrimoine, ils se disent volontiers écolo et anti-racistes, favorables au PACS et à la parité, ou adeptes de la nourriture bio. Les Pinçon – Charlot ont un passage savoureux dans leur livre sur l’épicerie « Aux produits d’Auvergne », rue de Lappe, échoppe si appréciée par les bobos du Faubourg Saint-Antoine. Puisque le saucisson ou les fromages gras ne convenaient pas à ceux et celles qui veulent garder la ligne, le commerçant a dû s’adapter à la nouvelle clientèle et proposer du saucisson maigre et de la tomme maigre ! Peu représentatif de l’ensemble national à cet égard, Paris concentre énormément de métiers artistiques, de la mode, du cinéma, de la presse. Or, les « bobos » sont justement nés du développement de secteurs économiques comme les nouvelles technologies, la grande distribution, l’enseignement ou les médias, qui ont produit une nouvelle élite, des actifs plus jeunes que la moyenne, des diplômés assez à l’aise dans des familles recomposées avec une idéologie libertaire, menant des modes de vie très différents de la bourgeoisie de l’Ouest. Les bobos Faubourg Saint-Antoine n’ont rien à voir avec les bourgeois de l’Avenue Henri Martin. Parlons donc de gentrification plutôt que d’embourgeoisement, pour éviter les confusions. Les bobos profitent des espaces libérés à la faveur de la désindustrialisation de la capitale. Le parc André-Citroën laisse difficilement imaginer aujourd’hui les 17000 salariés de la marque automobile éponyme qui travaillaient sur les lieux mêmes en 1968. Aujourd’hui la verdure et les grands immeubles modernes ont biffé l’occupation ouvrière des lieux. Ironiquement, Paris a basculé à gauche au moment où elle devenait moins populaire que jamais. (…) Eric Maurin montre justement dans Le ghetto français que le phénomène de ségrégation commence par le haut de l’échelle sociale : les très riches ne veulent pas vivre avec les riches, les riches ne veulent pas vivre avec les moyennement riches, et ainsi de suite jusqu’aux chômeurs qui ne veulent pas vivre à côté des immigrés les plus récents… Tout en bas, les très pauvres n’ont plus que la possibilité de se loger là où il leur reste de la place. Sa recherche révèle donc en chacun de nous un complice plus ou moins actif de la ségrégation urbaine. On peut expliquer la concentration des plus riches par la recherche du contexte social le plus propice pour la réussite scolaire. Le milieu dans lequel on vit est ce qui fait la différence dans la réussite scolaire. En somme, si les enfants de votre voisinage réussissent à l’école, vos enfants réussiront aussi, quelles que soient les ressources de votre famille. Avec la démocratisation de l’enseignement, la compétition scolaire se fait plus importante. Comme les familles ont moins de pouvoir prescriptif aujourd’hui, elles comptent à présent sur le contexte favorable à la réussite scolaire pour assurer l’avenir de leurs enfants. Le contexte dans lequel on vit devient alors absolument crucial. (…) Monique Pinçon-Charlot souligne que les bobos de l’Est parisien ont un rapport assez particulier à l’école. Dans les interviews, ils se déclarent heureux de la mixité sociale, de vivre dans un quartier qui a des apparences populaires, mais quand on demande où ils scolarisent leurs enfants, leurs visages se ferment immédiatement ! Ils ne scolarisent pas les enfants dans leurs quartiers, mais contournent la carte scolaire et cherchent à bénéficier de dérogations. A contrario, les bourgeois traditionnels revendiquent explicitement de ne surtout pas scolariser leurs enfants avec des jeunes de milieux populaires. (…) Michel Sivignon s’étonne que l’on n’ait jamais autant parlé de mixité sociale – tout le monde semble pour ! – au moment où elle est la moins mise en pratique. Monique Pinçon – Charlot souligne que les grands bourgeois ne veulent pas de la mixité sociale. Ils habitent les beaux quartiers de l’Ouest, envoient leurs enfants dans des rallyes, tandis que les parents fréquentent des cercles fondés sur la cooptation sociale. En revanche, quand on a des responsabilités politiques, on ne peut pas se permettre de se proclamer contre la mixité sociale. (…) En fait, comme le précise Michel Pinçon, ceux qui prônent la mixité sociale sont simplement ceux qui ont la parole, notamment les bobos des milieux artistiques ou médiatiques. A cet égard, l’ouvrage des Pinçon – Charlot, Sociologie de Paris, relate les showrooms, magasins de mode et ateliers de la Goutte d’Or qui ont bousculé l’ambiance urbaine. Lors d’une inauguration, « le contraste était violent entre les journalistes (…) minces et légèrement vêtues de tenues estivales, et les femmes maghrébines portant, malgré la chaleur, voiles et djellabas. Dans les vitrines des mannequins présentaient des vêtements tout aussi peu gourmands en tissu, rendant leurs prix encore plus étonnants pour la population locale. Les jeunes créateurs disent apprécier ’’l’environnement pluri-ethnique, très favorable pour l’inspiration’’ » … (…) Les milieux populaires ne veulent pas forcément de la mixité sociale. Beaucoup d’anciens résidents du quartier de l’Horloge ont préféré quitter leur quartier après sa rénovation : il ne correspondait plus du tout à leur milieu de vie, la rénovation a mené à une gentrification fatale à son ambiance populaire. La ségrégation sociale est donc bien plus complexe que ce que l’on imagine. (…) L’idée de mixité sociale est née dans les milieux politiques, mais il y a un danger à mêler dans une même école des enfants d’origine sociale trop différente : les enfants de milieu populaire risquent de prendre en pleine face leur infériorité sociale et d’intérioriser leur situation de dominés et se persuader qu’ils sont mauvais. Monique Pinçon-Charlot rappelle l’expérience d’échanges d’élèves un jour par mois entre le lycée Janson de Sailly et le lycée de Goussainville. Les élèves favorisés de Janson ont beaucoup apprécié l’expérience, tandis que les élèves de Goussainville ont trouvé l’expérience beaucoup trop difficile pour eux. Tout y était question de violence symbolique : ce déplacement dans l’espace social leur faisait prendre conscience de leur infériorité… Le thème de la mixité sociale doit donc être manié avec des pincettes !D’autant que notre langage est remarquablement ambigu : quand un quartier populaire accueille des plus riches, donc quand la mixité sociale augmente, on parle positivement de gentrification ; quand un quartier riche accueille des plus pauvres, donc quand la mixité sociale augmente tout autant, on parle négativement de paupérisation !

    Olivier Milhaud

    Un ancien conseiller d’Hillary Clinton était à Paris la semaine dernière, John Podesta. Il racontait que la plupart, une grande partie, des électeurs américains se sont décidés dans la dernière semaine de campagne. Ce qui peut aussi se produire en France parce que (…) il y a beaucoup de gens qui sont indécis. Et sur la majeure partie de ces gens qui se sont décidés la dernière semaine, une grande partie d’entre eux ont voté pour Donald Trump. Que vont faire aujourd’hui les Français dont on dit aujourd’hui qu’ils vont s’abstenir? L’enquête Ipsos qui avait été publiée dans Le Monde début mars disait qu’il y avait à peu près (…) 32% d’abstentions. Et sur ces 32%, vous en avez 45% de gens qui s’autopositionnent à droite. C’est énorme ! Si ces gens-là décident, la dernière semaine, après le dernier débat le 20 avril de se dire: ‘Finalement, Fillon, oui, c’est mon candidat.» Ca change tout. Ca peut faire basculer.

    Carl Meeus (Figaro magazine)

    Ce qu’on voit en tout cas dans les reportages – Le Monde a plein de reporters qui suivent tous les candidats ou ne suivent pas les candidats mais qui vont voir les Français. On voit deux, trois choses qui sont nouvelles quand même. Effectivement, un électorat de droite qui normalement avait toutes les chances de voir son candidat arriver au pouvoir, qui est en partie tétanisé. Vraiment, et ça, c’est très frappant ! J’étais il y a une dizaine de jours dans la Sarthe, si vous voulez, personne ne parlait de l’élection présidentielle tellement c’était un sujet tabou (…) Et on voit ça dans beaucoup de régions qui normalement votent à droite où là vous avez une partie des électeurs fillonistes qui restent fillonistes mais qui sont très radicalisés. Et puis une partie d’électeurs qui sont complètement perdus et qui ne savent pas du tout où aller et qui vous demandent même: « Qu’est-ce qui peut se passer ? Qu’est-ce que je dois voter ? » Ca, c’est tout à fait nouveau, vraiment ! (…) Là, aujourd’hui, on voit vraiment de vraies difficultés sur l’électorat de droite. Et pour l’électorat d’Emmanuel Macron, il y a une partie des gens qui ne sont pas encore tout à fait sûrs. Et un paradoxe qui joue. Des gens qui aiment le renouvellement qu’incarne Emmanuel Macron et qui ont peur de ce renouvellement parce qu’ils ne savent pas très bien où ils vont. Donc, ça, c’est vraiment les deux, je trouve, phénomènes nouveaux de cette campagne.

    Raphaelle Bacqué

    Emmanuel Macron est le nom d’une bulle médiatico-sondagière qui éclatera dans le feu de la campagne électorale. Le candidat «En marche», novice en politique, finira bien par trébucher. Ces anticipations d’un affaissement inéluctable du champion d’un parler «et droite et gauche», qui résiste généralement mal à l’épreuve de vérité d’une campagne présidentielle, ont pour elles les leçons de l’histoire. Le candidat occupant la position la plus centrale dans le spectre politique part habituellement auréolé d’excellents sondages d’intentions de vote qui fondent au fur et à mesure que la bataille politique s’intensifie. (…) La malédiction du centre pèsera peut-être moins aujourd’hui en raison d’une configuration électorale très particulière. Une candidature centriste comme celle de Macron ne peut prospérer qu’en présence de candidats de droite et de gauche structurellement affaiblis. (…) La faiblesse personnelle du candidat de la droite républicaine et la faiblesse politique du candidat de la gauche socialiste se conjuguent pour offrir une exceptionnelle fenêtre de tir à une candidature authentiquement centriste. Tel est bien le positionnement du libéral de gauche Macron, adoubé par Bayrou, et qui aimante désormais les personnalités modérées de divers horizons. Un duel de second tour entre Le Pen et Macron exprimerait sans doute une certaine vérité de la période. Le clivage droite-gauche céderait la place à l’opposition ouverture-fermeture (version Macron) ou mondialistes-patriotes (version Le Pen). Qu’il s’agisse du libéralisme économique, du libre-échange, de l’Europe, de la mondialisation ou de l’immigration, l’affrontement se ferait presque terme à terme. Encore cette nouvelle polarité centre-extrême présenterait-elle sans doute un risque non négligeable pour la démocratie. Bénéficiaire de nombreuses complicités médiatiques et d’appuis importants dans les milieux économiques, Macron pourrait facilement faire alors figure de candidat des «élites». Les sondages qui le créditent d’une large victoire contre Le Pen au second tour n’ont, au stade actuel, guère de signification. Atypique, cette présidentielle pourrait bien l’être jusqu’au bout.

    Eric Dupin

    En se focalisant sur les «ultras-riches» on loupe toujours le coche dans les débats sur la répartition des revenus: on montre du doigt certaines catégories étroites pour éviter une redistribution bien plus globale. Certes, l’enrichissement des très riches est indécent, mais se concentrer sur ce point est une façon pour les catégories aisées de se défausser, de repasser le mistrigri de la solidarité. Aujourd’hui, en France avec 3.000 euros nets par mois pour une personne seule (après impôts et prestations sociales), vous faites partie du club des 10% des plus favorisés. Vous êtes quoi? «Moyen»? Tout une partie des catégories aisées, qui peuvent se réclamer de la gauche, se déguisent en «classes moyennes», parfois «supérieures». Si tout le monde est moyen alors tout va bien, et il n’y a plus de domination sociale! (…) Une situation où les inégalités se creusent parce que les plus riches ont des revenus fous mais où les plus pauvres continuent à s’élever est très différente d’une situation où les écarts se creusent des deux côtés. Plus encore qu’au sein des classes moyennes, une partie des couches populaires sont exclues du progrès et le vivent très concrètement avec la baisse de leur niveau de vie. (…) L’école est génératrice d’inégalités sociales très structurantes. Avec le statut stable d’emploi, qui assure qu’on aura encore du travail demain, le diplôme est devenu l’une des protections majeures. Il sépare très souvent le monde des «stables» et celui des «flexibles». Les serviteurs des autres classes sont massivement des jeunes (parfois pas tant que cela) peu diplômés qui travaillent en horaires décalés, le dimanche, le soir pour des faibles salaires, ceux qui ont les emplois les plus difficiles et les tâches les plus épuisantes, sont massivement des gens qui n’ont pas réussi à obtenir le bon diplôme dans le système scolaire. Les stables ont besoin de toujours plus de flexibilité des flexibles, pour mieux les servir. Un diplômé peut aussi connaître une période de chômage, et son niveau de vie va peut-être baisser. Mais sa probabilité de retrouver un emploi n’a rien à voir avec celle des non diplômés, qui eux resteront sur le bord de la route. Au-delà de l’emploi, le formalisme du titre scolaire et son poids dans les parcours professionnels structure très fortement notre société. Un peu comme l’étiquette sociale dans l’Angleterre du XIXe siècle, le diplôme français joue cette forme d’étiquette beaucoup plus puissante que dans d’autres pays. (…) Comme pour les revenus, il faut remettre certaines pendules à l’heure. En France, 16% de la population française de plus de 25 ans a un diplôme supérieur au niveau Bac +2. Les classes moyennes du diplôme, c’est le CAP our le BEP, les pauvres, le certificat d’études. N’oublions pas que plus de la moitié des 25-29 ans ne sont pas diplômés de l’enseignement supérieur. Arrêtons de faire comme si c’était la règle. Le décalage est total entre la façon dont on se représente la société chez les diplômés et la société réelle: d’où notamment une incompréhension d’une partie de la classe politique, dont le discours s’adresse à une poignée de bac+5. Les autres ne comprennent pas son langage abscons. (…) Le discours sur la soi-disant précarisation en masse, les «intellos précaires», est un discours de réassurance des diplômés. Refuser de voir que les non diplômés sont bien plus souvent concernés est une manière de s’approprier la crise, de se placer parmi ses victimes et d’occulter la valeur du diplôme. (…) On confond donc des parcours de vie qui n’ont rien à voir en terme de statut et de position sociale, entre des Bac +5 dont une partie va effectivement avoir des difficultés quelques années avant de se stabiliser, et des sans diplôme qui vont galérer une grande partie de leur vie professionnelle et la terminer au niveau du Smic. S’apitoyer sur le déclassement des diplômés de l’enseignement supérieur est aussi une façon de ne pas parler de la vie des jeunes de milieux populaires, de les rendre invisibles. (…) Tout est une question d’accès à la parole publique: les Bac +5 peuvent se faire entendre, les autres beaucoup moins. La bourgeoisie culturelle –horrifiée si on la qualifie de «bobo»– refuse absolument de se voir bourgeoise, et tente de nier le rôle essentiel du titre scolaire qui forme son capital. Elle manifeste bruyamment contre le Grand Capital économique, mais pour elle ses titres ne sont pas du capital. Il y a aujourd’hui un discours de classe des diplômés ­–elle a toute une presse pour cela– qui occulte totalement la situation des couches populaires pour se concentrer sur sa prétendue misère. Arrêtons de nous cacher derrière notre petit doigt, on reste dans un système de domination de groupes sociaux par d’autres. Curieusement, on ne se demande pas qui est propriétaire du capital culturel, comment ses membres le conservent, avec quelles stratégies scolaires notamment. On le voit dès qu’on soulève la question de la démocratisation de l’école: essayez d’assouplir un tout petit peu la compétition scolaire ou de toucher à un cheveu de leur emblème, les «grandes écoles», et la réaction est immédiate. Ces classes diplômées ressortent leurs pancartes sur la complainte du niveau scolaire, en se servant de pseudo-intérêts des classes populaires pour justifier leur conservatisme. Le tour est joué. Notons que les porteurs de pancartes sont autant de gauche que droite, qu’ils sont très organisés, et d’une violence à la hauteur des enjeux pour eux: imaginez si leurs enfants n’étaient plus certains de prendre leur place! C’est tout l’ordre social qui serait alors bouleversé. C’est pour cela qu’aucun candidat à l’élection présidentielle n’a de projet de refonte sérieuse de notre système scolaire mais ne propose que des replâtrages. Il existe une forme de consensus des conservateurs de tous bords pour ne rien toucher au fond, pour ne pas transformer le système, se contenter d’empiler quelques dispositifs comme le nombre d’élèves par classe, de donner un peu plus dans quelques quartiers, mais ne pas toucher à la façon dont l’enseignement français est construit, à son élitisme, à son côté extrêmement académique, où tout est dans l’implicite pour les élèves, au système de notation sanction, etc. (…) Un système éducatif ne vise pas uniquement à produire l’excellence, il forme tout le monde. Il faut renverser notre mode de fonctionnement. L’école ne doit pas chercher à produire une élite soi-disant issue de tous les milieux (l’élitisme républicain, un mythe depuis le début) mais à faire progresser tout le monde, à ne laisser personne en chemin. Ce qui n’a rien d’incompatible avec des filières plus poussées. Mais il faut accepter d’en donner un peu moins à ceux qui ont déjà beaucoup et un peu plus à ceux qui ont peu. Regardez comment se lamentent les parents ultras diplômés dès qu’un de leur enfants soi-disant «s’ennuie» à l’école, et vous avez tout compris. Ou les tonnes de littérature sur nos pauvres «surdoués». C’est vrai que ceux qui dorment au fond de la classe, tout est de leur faute. Comme en plus une partie est d’origine immigrée… (…) Il y a également une lutte politique entre les formes d’inégalités, on pourrait parler d’une inégalité entre les inégalités. Pour ne pas voir les écarts de classe, on met en avant les «nouvelles inégalités» de la France dite «post-moderne». Très souvent, on s’inquiète de la parité entre femmes et hommes en oubliant la précarité. Vive les femmes au conseil d’administration du CAC 40, peu importe le temps partiel contraint, massivement féminin. Les femmes touchent 10% de moins que les hommes à poste équivalent, tout le monde connaît ce chiffre. Mais les femmes ouvrières gagnent trois fois moins que les femmes cadres, cela ne pose aucun problème. De la même façon, la mise en avant de la «diversité» sert souvent à faire diversion par rapport aux inégalités sociales. Plus de femmes ou de personnes de couleur dans les entreprises, cela ne remet pas en cause leur mode de fonctionnement, ni la répartition des revenus dans la société. On s’inquiète de l’égalité des «chances» pour mieux oublier à quoi mènent ces «chances», comment sont construites nos sociétés, leurs hiérarchies, les rapports de force qui s’y jouent. Tant que le système n’est pas bousculé, il a tout intérêt à mettre en avant quelques leurres. (…) Mais une forme d’inégalité ne doit pas en cacher une autre. Les tensions importantes de notre société naissent dans le refus de voir la situation de domination des catégories aisées, tant sur le plan des revenus que du diplôme, sur le reste de la population.

    Louis Maurin
















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