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Ecoutes de l’Elysée: Hollande m’a mis sur écoute (Fillon, quoting new book, says Hollande had him tapped)

Posté le jeudi 23 mars 2017 par jc durbant

 

Nous avions un Obama Big brother à l’Elysée et nous ne le savions pas !

A l’heure où commencent à se confirmer aux Etats-Unis les rumeurs d’écoutes de l’Administration Obama …

Pour tenter d’empêcher l’élection puis de discréditer l’élu du peuple américain …

Au lendemain d’une invitation du candidat de la droite sur la télévision d’Etat France 2 …

Qui, commissaire politique déguisée en « invitée surprise » comprise, avait tout d’un traquenard …

Devinez qui de ce côté-ci de l’Atlantique …

Et 30 ans après les tristement célèbres écoutes du président Mitterrand …

Semble se profiler derrière l’évidente machination …

Qui entre campagnes de presse et divulgations de procédures judiciaires …

Et en dépit des étranges dénégations de dernière minute de ceux par qui le scandale est arrivé …

Vise à éliminer le seul candidat crédible de l’alternance ?



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38 réponses à “Ecoutes de l’Elysée: Hollande m’a mis sur écoute (Fillon, quoting new book, says Hollande had him tapped)”

  • 38
    jc durbant:

    « Je ne sais pas si l’exemple évoqué ici s’appliquerait parfaitement à un pays comme la France qui a des ambitions mondiales  » …

    Oui, mais maintenir hors du marché du travail, depuis des décennies et sans parler des DOMTOM, plus de 10% de sa population et plus du double pour ses jeunes quand on a en plus la plus grande communauté musulmane du continent, est-bien raisonnable ?

  • 37
    madimaxi:

    Oui, Ok Jean-Claude. Merci pour ton effort. Faut de la volonté s’appuyant sur la légitimité dégagée par une forte adhésion populaire afin de briser sec le poids des habitudes.

    Je ne sais pas si l’exemple évoqué ici s’appliquerait parfaitement à un pays comme la France qui a des ambitions mondiales : défense bien sûr mais aussi présence diplomatique et culturelle partout sur la planète. Ce sont des ambitions qui reviennent cher en moyens, coûts, effectifs…

    Selon ma modeste expérience, le souci premier des services de l’Etat est statutaire. Le fonctionnaire est invité à la paresse. Le taux d’absentéisme atteint des records car le système non seulement le permet mais aussi l’encourage. Les seuls, les vrais parmi nos serviteurs-fonctionnaires sont ceux qui ont honte de tirer le profit personnel que le système permet aidé en cela par des syndicats parfaitement obsolètes et déconnectés complètement de la notion de « l’intérêt commun ». Le meilleur des anecdotiques est le portrait d’un responsable syndical qui a besoin absolu d’accompagner sa compagne aux urgences mais voilà, les transports ne fonctionnent pas à cause de blocages provoqués par un conflit social dont il a été instigateur et meneur.

  • 36
    jc durbant:

    C’est à notre économiste de service, letel, qu’il faut demander ça…

    La seule chose que je peux répéter, à mon niveau de non-spécialiste, c’est que ce que propose Fillon, c’est ce que la plupart des pays sérieux ont fait il y a une bonne vingtaine d’années et que crise ou pas il aurait probablement fait ou tenté de faire pendant le calvaire de ses cinq années à Matignon si Sarko ne l’avait pas bridé à chaque pas …

    Voir:

    La France doit-elle en passer par une remise à plat de son modèle social et une redéfinition des contours de l’intervention publique ? (…) La crise actuelle nous amène à nous interroger sur l’opportunité de poursuivre un tel chantier : une réponse est apportée par trois pays qui ont profondément modernisé leur administration dans les vingt dernières années, le Canada, la Suède et la Nouvelle-Zélande. Ces pays ont en commun d’avoir mis en œuvre cette réforme en réponse justement à des situations de crise économique profonde.

    Il est frappant de constater que le contexte dans lequel s’est conduit la réforme de l’État dans ces trois pays est assez similaire et répond directement à notre question. La crise économique de 1990-91 avait déjà, rappelons-le, creusé les déficits des finances publiques et fait bondir le chômage. Obligés de réagir, ces gouvernements ont appliqué une réforme de l’Etat qui s’est imposée comme une solution pragmatique face à la situation économique dégradée, plus que comme un choix politique délibéré. Il est d’ailleurs notable que cette réforme de l’Etat ne figurait pas en tant que telle dans les programmes électoraux.

    – Canada

    Au début des années 1990, la situation économique du Canada s’était fortement détériorée. Les déficits publics atteignaient 8,7% du PIB, dont 6% pour le gouvernement fédéral, et la dette du seul gouvernement fédéral était de 66% du PIB. Quant au service de la dette il absorbait 37% des recettes fiscales ! La crise avait fait grimper le chômage à 11,4%. Comme l’a déclaré Paul Martin, ancien ministre des Finances qui remplaça Jean Chrétien au poste de Premier ministre : « le fait que les charges de la dette menaçaient les dépenses de nos meilleurs programmes sociaux – santé et retraites – était simplement inacceptable ». Aux élections de 1993, le parti conservateur a été battu par le parti libéral de Jean Chrétien, qui s’est fait élire sur le slogan « pour la création d’emplois, pour la relance économique », sans cacher que l’assainissement des finances publiques était « essentiel à la création d’emplois ». La réussite de cette réforme fut de démontrer que l’assainissement des finances publiques était un facteur de préservation des acquis sociaux.

    – Suède

    Le parallèle avec la Suède est intéressant : la réforme a été suscitée par la nécessité de préserver les fondements du généreux modèle social. Parce que de nouveaux besoins sociaux venaient augmenter le poids sur les finances publiques, la volonté de défendre le modèle de l’État-providence, particulièrement dans les secteurs de la santé, de l’éducation ou du logement, a conduit à l’adapter pour en assurer la pérennité.

    La crise financière du début des années 1990 avait provoqué une explosion des dépenses publiques à 67,5% du PIB et du poids de la dette. Le gouvernement se devait de réagir en décidant une politique de plafonnement des dépenses dans différentes administrations, une réforme en profondeur de la protection sociale, et une politique active de privatisations. Cette réforme permit de réduire la dette publique et de redonner des marges de manœuvre au modèle suédois.

    – Nouvelle-Zélande

    Là encore, c’est une forte dégradation de la situation économique, mais cette fois au début des années 1980, qui déclencha la politique de réformes. De toutes les réformes évoquées ici, celle menée en Nouvelle-Zélande fut certainement la plus ambitieuse puisqu’elle toucha toute la politique économique : elle ne se limita pas à la restructuration du secteur public mais procéda aussi à une refonte de la réglementation économique et notamment du système de subventions aux entreprises et à l’agriculture. L’économie néo-zélandaise se définissait avant cela par une structure économique particulièrement interventionniste, interventionnisme qui s’était accru après la première crise pétrolière et la fin de l’accès privilégié au marché britannique, dans ce pays, aussi appelé le paradis des travailleurs. La situation était telle qu’elle provoqua la perte de confiance des marchés et une forte déstabilisation de l’économie. Le gouvernement travailliste arrivé au pouvoir en 1984 réagit immédiatement en menant des réformes qui ont par la suite redéfini le rôle de l’État et profondément transformé la société néo-zélandaise en quelques années.

    Ces réformes de grande ampleur furent mises en œuvre non sans contestation. Elles n’ont toutefois pas empêché les équipes au pouvoir de se faire réélire. Au Canada, le parti libéral a ainsi été réélu en 1997, puis en 2000 et en 2004. En Nouvelle-Zélande, malgré la dureté des réformes, le gouvernement travailliste sera réélu en 1987. Quant aux conservateurs qui leur succéderont, ils poursuivront cette même politique. Même si la pratique du dialogue social est différente dans chacun de ces pays, ces éléments montrent que le consensus sur la situation économique du pays avait été suffisamment fort pour emporter la décision des électeurs et appuyer la volonté de réforme des équipes gouvernementales.

    Au travers de ces exemples, la conclusion est claire : oui, la réponse à la crise est compatible avec la modernisation de l’État. Elle a même été dans ces trois cas le déclencheur nécessaire à des transformations profondes de l’organisation administrative et des politiques publiques. Ces réformes ne se sont pas faites sans difficultés mais leurs effets sur les finances publiques a été à la hauteur des attentes qui étaient nées face à des situations de crise. Elles ont de surcroît rencontré la satisfaction des citoyens et des usagers. Cela n’empêche pas ces pays d’être frappés par la crise actuelle mais il est évident que cela leur accorde de meilleures marges de manœuvre. Pendant ce temps, en France, de nombreux rapports et commissions se sont préoccupés de la modernisation de l’Etat, mais le poids de la sphère publique reste toujours aussi élevé. C’est d’ailleurs dans le secteur public que sont cantonnés l’essentiel des effectifs syndicaux, ce qui rend l’exercice encore plus difficile malgré un volontarisme politique de longue date.

    L’expérience de ces trois pays montre que plusieurs éléments doivent se conjuguer pour mener à bien ces transformations : tout d’abord la légitimité sortie des urnes pour une équipe qui place le redressement de l’économie et la défense d’un contrat social comme objectif prioritaire à atteindre, la réforme de l’État n’étant qu’un moyen d’y parvenir.

    Ensuite, la prise de conscience à travers une grave crise économique et budgétaire de la rareté de la ressource publique et de la nécessité d’en « avoir pour son argent ». Désormais, les exigences des citoyens sont renforcées, ce qui rend impossible le maintien de prélèvements obligatoires élevés et le blocage des réformes indispensables.

    Enfin, la réforme implique une attitude pragmatique des parties prenantes : c’est la recherche d’une plus grande efficacité du modèle social qui doit être mise en avant par les pouvoirs publics, plus qu’une simple logique comptable. Pour les syndicats, c’est un changement de stratégie qui passe par la négociation des réformes plutôt qu’une opposition systématique. C’est au prix de ces efforts que l’on pourra, en France, réussir la réforme de l’État et des politiques publiques.

    Sandrine Gorreri (2009)

  • 35
    madimaxi:

    Question comme ça au passage car j’ai actuellement d’autres préoccupations en urgence absolue. La méforme du RCT, le débâcle du Stade Toulousain et la fin de la journée de la ligue de football.

    Jean-Claude, s’il te plaît. Et je sais que t’en es capable. Écris-nous en 36 mille mots grosso-modo le bonheur du retraité maintenu dans l’activité stérile jusqu’à ses 65 ans alors qu’il existe des millions de jeunes formés à le remplacer ? Les 2% de la hausse de prix de mes courgettes et tomates préférées et la mise au placard de 500 mille d’inutiles dans la fonction publique ? Alors que notre armée est engagée en permanence ? Que ses effectifs et les moyens de fonctionnement ont un besoin absolu d’être renforcés en toute urgence ? Que nos forces de police et de gendarmerie craquent ? Que la fonction hospitalière se dégrade ? Que le Bataillon des Marins-Sapeurs de Marseille est au bord de la rupture ? Que les douanes, les autres de me collègues me disent que finalement ils s’en foutent car c’est bientôt la quille ? Que l’usager moyen de l’administration et des services est excédé par des délais d’attente et de prises en charge ?

    François Fillon a été nommé pendant cinq années à prendre ce pays en main afin de le gouverner. Je peux me tromper sur beaucoup de choses comme le score de l’OMvsDijon mais pas à ce point là toutefois ! Une question à tous ici. Quelle a été la mesure phare de ce gouvernement Fillon, pourtant stable et assuré de la continuité qui vous a le plus marquée le ciboulot ? Un volontaire pour répondre ? Je précise aussitôt que toute réponse relative à ses goûts vestimentaires et à la couleur de sa cravate (la distinction est faite à dessein) sera considérée comme invalidante.

  • 34
    jc durbant:

    « Fillon a gravement contrevenu à l’idée que nous nous faisons tous de la politique » ..

    « on ne peut pas à la fois faire appel au vote populaire comme la dernière onction qui disculperait le candidat François Fillon tout en reprochant à Barack Obama et à Justin Trudeau de bénéficier du même traitement » …

    Je vois pas bien pourquoi pointer l’incohérence et le deux poids deux mesures du refus des Obama ou Trudeaulâtres de reconnaitre à un Trump ou à un Fillon la même onction du vote populaire qu’ils ont si généreusement accordée à leurs poulains respectifs reviendrait à disculper les Trump ou Fillon de leurs évidents travers ?

    A moins de vouloir réduire une présidentielle à un concours de beauté morale ?

  • 33
    madimaxi:

    James,
    Sois sûr que je valide toutes les critiques adressées à Emmanuel Macron qui proviennent de ce site. Il n’empêche que François Fillon a gravement contrevenu à l’idée que nous nous faisons tous de la politique. Il ne me reste donc que la dernière charnière à défendre et qui s’appelle ma colonne vertébrale. Et j’ajouterais volontiers qu’entre François Fillon et le soldat Ryan il est l’Océan.

    Jean-Claude,
    Pas de souci, dans la dénonciation de l’hypocrisie je te suis. Cependant on ne peut pas à la fois faire appel au vote populaire comme la dernière onction qui disculperait le candidat François Fillon tout en reprochant à Barack Obama et à Justin Trudeau de bénéficier du même traitement. Etre élu démocratiquement et être félicité publiquement par ceux qui étaient leurs adversaires durant les affrontements.

    C’est tout simplement incohérent.

  • 32
    jc durbant:

    « face à face un atlantiste un peu jeune, inexpérimenté mais ambitieux et porté vers l’avenir. Un américanophile honnête et sincère. Et un notable franchouillard de campagne habitué aux prébendes. Un étatiste socialo-gaullo poutiniste qui demande à son fils de se faire rembourser l’argent de poche et à sa fille les frais de son bonheur » …

    Oui, quelle déception !

    Après notre Obama blanc, on avait la chance d’avoir nous aussi notre Trudeau hexagonal et chantre du terranovisme !

    Voir:

    « Oui, sûrement, il y a des petites controverses ici et là comme toujours, des conversations que nous allons continuer d’avoir. Toutefois, au Canada, on devrait être rendu au-delà de la tolérance ». Tolérer quelqu’un, c’est accepter qu’il ait le droit d’exister mais à condition qu’il ne vienne pas nous déranger trop, trop, chez nous. « Au Canada, peut-on parler d’acceptation, d’ouverture, d’amitié, de compréhension ? C’est vers là que nous allons et c’est ce qu’on est en train de vivre tous les jours dans nos communautés diverses et riches, non en dépit, mais à cause de ces différences. »

    Justin Trudeau

    en plus d’être beau, Justin Trudeau aurait nommé un Conseil des ministres paritaire, défendrait l’environnement, serait démocrate et tolérant envers les minorités, entre autres qualités. Il est décevant de constater à quel point certains se laissent obnubiler par l’image projetée par le gouvernement Trudeau, car derrière cette image la réalité est beaucoup moins belle. La photo du Conseil des ministres de Justin Trudeau projetait une belle d’égalité homme-femme. En y regardant de plus près, on constate que seuls des hommes sont responsables des ministères plus importants: finances, trésor, économie, défense, sécurité, affaires étrangères et ressources naturelles. Plusieurs femmes ministres sont même placées sous la tutelle d’un ministre masculin. Un ministère régalien, celui de la justice, a bien été confié à une femme. Mais au Canada, l’essentiel de l’administration de la justice ne relève pas du fédéral, de sorte que ce ministère est loin d’être aussi important que ne peut l’être le ministère de la Justice d’un État unitaire. Sans parler du fait que Justin Trudeau est favorable à un multiculturalisme anti-féministe, comme l’ont illustré sa défense du voile intégral ou sa présence dans des lieux de culte pratiquant la ségrégation homme-femme et obligeant les femmes, y compris les non-pratiquantes, à se voiler. Pour ce qui est de l’environnement, le contraste entre l’image et la réalité est encore plus fort. Malgré sa prétention à combattre les changements climatiques, Justin Trudeau, qui s’est entouré d’un conseiller agissant aussi à titre de lobbyiste pour l’industrie pétrolière, défend l’exploitation du pétrole sale de l’Ouest canadien et vient d’approuver un projet visant l’exportation du gaz de schiste d’une valeur de 36 milliards de dollars. 36 milliards qui contribueront à l’augmentation des gaz à effet de serre, alors qu’ils auraient pu être investis dans l’économie verte. Et bien sûr, Justin Trudeau promeut le traité CETA qui pourrait favoriser l’exportation du pétrole sale canadien vers l’Europe. Côté démocratie, en campagne électorale M. Trudeau a clairement promis une réforme du mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour. Depuis, il recule, sous prétexte que la volonté populaire d’obtenir une telle réforme était liée à l’impopularité du gouvernement précédent. Le Premier ministre canadien explique que cette réforme n’est plus aussi utile aujourd’hui, maintenant que les Canadiens ont un gouvernement qu’ils apprécient… le sien! En ce qui concerne les minorités, le portait est tout aussi intéressant. Les principales minorités, soit les Autochtones et les Québécois, sont laissées pour compte voire méprisées par le gouvernement Trudeau. Un an après l’élection de ce gouvernement, la condition des Autochtones ne s’est pas améliorée. Un jugement rendu en 2016 a rappelé que la pratique consistant à moins financer les services sociaux offerts aux enfants autochtones était toujours en vigueur. Sur la question québécoise, Justin Trudeau refuse d’entamer toute négociation constitutionnelle avec le Québec, à qui son père a imposé une Constitution centralisatrice dans le but de l’empêcher de protéger son caractère français. Et lorsque le Québec a voulu promouvoir ce caractère, avec un projet de loi sur la laïcité qui constituait une version allégée du modèle français, Justin Trudeau a comparé cela à la ségrégation raciale qui avait cours aux États-Unis dans les années 1950! Pourtant, il n’a guère de leçon à donner en ce domaine, car le Premier ministre a parlé du Canada comme d’une seule nation, faisant ainsi écho aux thèses de John A. MacDonald, politicien canadien du XIXe siècle reconnu pour son racisme anti-francophone… même si aujourd’hui le gouvernement Trudeau tente de réécrire l’histoire en le présentant comme un héros de la diversité.

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/10/24/31001-20161024ARTFIG00191-pour-en-finir-avec-le-faux-progressisme-du-premier-ministre-canadien-justin-trudeau.php

    Voir pour mémoire:

    Partout en Europe, en Amérique du Nord, en Australie, la coalition historique de la gauche, centrée sur la classe ouvrière, s’efface. Même dans les pays où existe un lien institutionnel, via les syndicats, entre la classe ouvrière et la gauche politique, le vote ouvrier déserte la gauche : Grande Bretagne, Allemagne, Suède. La social-démocratie perd sa base électorale. Si la coalition historique de la gauche est en déclin, une nouvelle coalition émerge. (…) La nouvelle gauche a le visage de la France de demain : plus jeune, plus féminin, plus divers, plus diplômé, mais aussi plus urbain et moins catholique . Elle est en phase avec la gauche politique sur l’ensemble de ses valeurs. Contrairement à l’électorat historique de la gauche, coalisé par les enjeux socioéconomiques, cette France de demain est avant tout unifiée par ses valeurs culturelles, progressistes : elle veut le changement, elle est tolérante, ouverte, solidaire, optimiste, offensive. C’est tout particulièrement vrai pour les diplômés, les jeunes, les minorités . Elle s’oppose à un électorat qui défend le présent et le passé contre le changement, qui considère que « la France est de moins en moins la France », « c’était mieux avant », un électorat inquiet de l’avenir, plus pessimiste, plus fermé, plus défensif. Le facteur socioéconomique joue aussi. Car la France de demain réunit avant tout les « outsiders » de la société, ceux qui cherchent à y rentrer, notamment sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement : les jeunes, les femmes, les minorités, les chômeurs, les travailleurs précaires. Ils ont du mal car ils sont la principale variable d’ajustement face à la crise d’une société d’« insiders » qui, pour préserver les droits acquis, sacrifie les nouveaux entrants. Ces « outsiders » ont besoin de l’aide de la puissance publique pour surmonter les barrières qui se dressent devant eux : ils ont besoin d’un Etat qui les aide à s’émanciper, à briser le plafond de verre. Ils sont soutenus par les plus intégrés (les diplômés), solidaires de ces « exclus » par conviction culturelle. La nouvelle gauche qui émerge en France est la même que celle qui se dessine partout en Europe. Elle ressemble de près à la coalition qui a porté Barack Obama au pouvoir en 2008.

    Terra Nova (think tank socialiste)

    Aujourd’hui le clivage droite/gauche n’est plus idéologique, mais philosophique et moral. (…) Quoiqu’ils en disent, les programmes respectifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ne sont pas si éloignés que cela. L’époque où la droite et la gauche proposaient deux types de sociétés diamétralement opposées est révolue. Pour des raisons de fond, qu’on analysera pas ici, mais aussi pour des motifs plus conjoncturels: les caisses de l’Etat sont vides, les marges de manœuvre fort étroites, nombre de décisions ne se prennent plus à Paris mais à Bruxelles, et la mondialisation est passée par là. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y a plus de droite ni de gauche? La réponse est clairement non. S’il est vrai que le libéralisme social de la droite (classique) et le socialisme libéral de la gauche (réformiste) se rejoignent aujourd’hui sur l’essentiel, on voit bien, à travers la personnalité et le style de leurs deux candidats, qu’il y a derrière deux visions du monde, de l’homme et de la société. Qui renvoient à des valeurs bien distinctes.

    Hervé Bentégeat

  • 31
    James:

    François Fillon n’est en aucune mesure le candidat de l’alternance. Il est le candidat de la gouvernance.

    Belle formule, Madi.

    Il faudra juste que l’on m’explique pourquoi Villepin, ce pourfendeur de G. Bush, de l’Irak et de tout ce que peut représenter l’intervention humanitaire (dont nous avons suffisamment déploré l’absence dans l’abominable cas syrien) trouve toutes les qualités à Macron (censément américanophile) et envisage de le soutenir. On ne peut pas dire que Villepin soit particulièrement un avocat du libéralisme. Il faudra aussi que l’on m’explique pourquoi Villepin, qui se gargarise autant de gaullisme, vient à soutenir quelqu’un qui n’en est pas franchement le représentant. Tu le sais, je n’ai aucune sympathie pour De Gaulle et le gaullisme; cependant, tout de même, quelle belle incohérence. En bonne logique, il devrait rejoindre Fillon (dont je n’apprécie pas la politique étrangère non plus). Macron n’a pas de politique étrangère.

    Quand un candidat est soutenu autant par Robert Hue que par Alain Madelin, cela ne me dit rien qui vaille. Tout cela augure, au contraire, d’une belle auberge espagnole. Cette dernière est formidable pour les programmes Erasmus, mais en politique, cela fait des dégâts.

    Une dernière : 39 ans, c’est immature pour prétendre à la magistrature suprême.

  • 30
    madimaxi:

    Chapeau MERCO pour ton #22.
    Je ne pige plus rien de ce site. On a ici face à face un atlantiste un peu jeune, inexpérimenté mais ambitieux et porté vers l’avenir. Un américanophile honnête et sincère. Et un notable franchouillard de campagne habitué aux prébendes. Un étatiste socialo-gaullo poutiniste qui demande à son fils de se faire rembourser l’argent de poche et à sa fille les frais de son bonheur. Juste une question. Cela ne gêne personne par ici ? C’est donc bien celui-ci dont la France a besoin si j’ai bien compris les floods incessants qui essayent de me vendre cette espèce de carriériste :
    Le type se fait payer des costards de luxe par un maitre-chanteur-corrupteur-et-barbouze-en-chef… utilise son carnet d’adresses politique pour se faire du pognon privé en mettant en relation connaissances publiques et intérêts privés louches… Paroles de Sil et de l’eXcentre tel que je le conçois.

    Question subsidiaire. Qui parle de l’avenir et de la force de l’optimisme dans cette élection ? Ne me répondez pas tous François Fillon. François Fillon n’est en aucune mesure le candidat de l’alternance. Il est le candidat de la gouvernance.

  • 29
    jc durbant:

    Bien sûr, je n’ai jamais pensé que la Guyane était une île” (…) même si, entre l’océan et la forêt amazonienne, il y a parfois beaucoup d’une île dans votre réalité”.

    Cancre Macron

  • 28
    James:

    pour les législatives, cela va se bousculer au portillon pour intégrer son nouveau parti, un ancien prof d’économie, vous avez une opportunité, moi, je suis en train de voir pour me présenter à Lyon

    Ce qui attend surtout les Marcheurs, c’est le cocufiage. Le jeunisme de Macron n’aura aucune prise sur ce mastodonte qu’est le système français.

    Carl Meeus a un message pour vous, Mercator.

  • 27
    James:

    Sondage : 45% des Français n’ont pas confiance en la justice

  • 26
    James:

    Macron tente de se justifier après sa bourde

  • 25
    Letel:

    « Ce qu’il se passe en Guyane depuis plusieurs jours est grave. »

    Les analphabètes de service… Ce qui se passe en Guyane, bon sang !

  • 24
    jc durbant:

    « vous mènera en bateau » …

    Mon premier mot est celui d’un appel au calme parce que bloquer les pistes d’un aéroport, bloquer les décollages, et parfois même bloquer le fonctionnement de l’île ne peut être une réponse apportée à la situation »

    Emmanuel Macron

  • 23
    Letel:

    Si vous allez en Guyane, il vous mènera en bateau.

  • 22
    MERCATOR:

    Oui c’est la seule solution à cette équation , de toutes les façons il devrait vous plaire , c’est un libéral,à l’anglo-saxonne, il n’a pas de conviction bien ancrée, c’est un pragmatique, pour les législatives, cela va se bousculer au portillon pour intégrer son nouveau parti, un ancien prof d’économie, vous avez une opportunité, moi, je suis en train de voir pour me présenter à Lyon, mais mon état de santé me l’interdit . Son programme, quel programme ? on ne l’applique jamais,l’essentiel c’est que les fonds de pension continuent à nous prêter à fonds perdus, ils le savent bien, mais n’en ont rien à foutre ,c’est une rente perpétuelle mais à l’envers.

  • 21
    Letel:

    Toujours décidé à voter pour Macron, Mercator ?

  • 20
    MERCATOR:

    Bien entendu, tout cela va aller dans le mur ! C’est tout à la fois réjouissant

    J’aime bien ce genre de mec, qui se réjouit du bordel annoncé , sans donner une solution , vote blanc, abstention,expatriation, voter Marine et sortir de l’euro, voter pour le pilleur de tronc d’église, ? degré zéro de la pensée politique !

  • 19
    jc durbant:

    Intéressante analyse effectivement d’une stratégie que Tonton lui-même avait en son temps initiée avec sa diabolisation du FN, derrière le côté un peu conspirationniste (entre le machiavélisme échevelé, je préfère souvent le simple intérêt immédiat bien compris) …

    En revanche, sur la forme, qui nous délivrera des barbarismes (dernier vestige de l’antiaméricanisme primaire ?) du style: « de Les Républicains » ?

  • 18
    Letel:

    La recomposition du paysage politique envisagée est assez intéressante dans ses diverses composantes, peut-être même crédible, la dernière notamment qui confirmerait le bouquin de Houellebecq, même si l’auteur de ce post croit ça impossible :

    « Que découvre-t-on petit à petit au fil de cette campagne électorale? Que François Hollande tente d’organiser une RECOMPOSITION POLICIERE de la représentation politique. A coups d’affaires régulièrement distillées, semaine après semaine, il torpille le candidat de la droite classique dans le but de ne laisser subsister à droite que le Front National.
    Simultanément, il lance Macron et sa coquille vide « En Marche ». Laquelle se remplit régulièrement de transfuges de la droite du parti socialiste.
    Si Macron est élu, Les Républicains n’auront plus leur place sur l’échiquier politique; la partie « identité heureuse » de Les Républicains (Juppé et consorts) sera fatalement attirée dans l’orbite Macron et la partie droite dure de Les Républicains sera dans l’obligation de tenter quelque chose avec le FN;
    Si Macron est élu, il aura tout le temps de consolider un vaste parti de la gauche libérale, du centre + la droite Juppé. En Marche se fabriquera en plus une image « morale » plaisante pour les bobos des grandes villes qui ne sont pas intéressés par l’extrême droite FN ni par le fourmillement de petits partis de la gauche rance (Front de gauche, NPA, PS-Hamon,) qui n’auront d’autre choix que de s’unir entre eux et avec les islamistes dans le but de former un jour un gouvernement. C’est à dire, compte tenu des conflits de personne et des différends idéologiques, jamais.
    Bien entendu, tout cela va aller dans le mur ! C’est tout à la fois réjouissant et prodigieusement inquiétant compte tenu des problèmes non réglés de ce pays. »

    Yves Mamou

  • 17
    jc durbant:

    C’est clair pourtant !

    Le retour aux affaires des chiraquiens nourrit bien évidemment le soupçon d’un cabinet noir. Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire! Mais l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil ploicier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes et dont le rayon d’action ne serait pas cantonné au seul renseignement territorial. (…) Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui.

    Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé

  • 16
    jc durbant:

    Petit aperçu de la perfidie – qui pourrait bien se retourner contre eux – de nos amis du Canard …

    Comme disait quelqu’un sur Facebook (la meilleure, c’est que c’est exactement ce qui risque d’arriver, ceux par qui le scandale est arrivé devenant au bout du compte, avec cette dernière affaire qui a toutes les chances de remobiliser les électeurs de Fillon et de dégoûter les autres, les sauveurs même de l’objet de leur traque!)

    « Un peu comme si des chasseurs se mettaient à tirer sur leurs chiens, pour protéger le gibier qu’ils sont en train de chasser. Surréaliste. »

  • 15
    jc durbant:

    Vous avez dit « fake news » ?

    Quelquefois ce n’est pas l’information elle-même qui est révélatrice de l’époque dans laquelle nous vivons, mais plutôt les réactions qu’elle suscite, et la manière dont elle nous est présentée. Ou occultée. (…) Hier, au cours d’une conférence de presse, Devin Nunes, actuel président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants a confirmé que des agences de renseignement américaines avaient collecté des informations concernant des citoyens américains participant au processus de transition de l’administration suite à l’élection de Donald Trump. Il a précisé que ces collectes, très probablement légales, avaient été réalisées entre novembre 2016 et janvier de cette année et ne concernaient en aucune manière la Russie. Le problème, selon lui, est qu’un certain nombre de ces documents laissaient clairement deviner l’identité réelle des citoyens américains concernés, et que ces documents avaient largement circulé parmi des responsables (autorisés) de l’administration Obama (…) Il a ajouté que la Commission du renseignement allait procéder à une enquête approfondie concernant ces opérations de surveillance et la dissémination des informations (confidentielles, ndlr) qui en résultèrent. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. (…) C’est étrange, à l’époque où nous vivons, plus connectée que jamais, les nouvelles ont toujours du mal à franchir l’Atlantique, et quand elles le font, quelquefois, le contenu fait penser à ce qui reste d’un message après avoir été transmis par « téléphone arabe ». Alors précisons tout de suite que cette news avait fait l’objet d’une dépêche AFP dont le contenu reste encore accessible aujourd’hui dans le cache de Google. Bon alors évidemment, c’est l’AFP, c’est l’aspect « téléphone arabe » de la chose. Soit ils sont sourds, soit ils sont moins-comprenants, soit [mettez ici ce que vous voulez]. Parce qu’en effet le contenu (…) Ne semble pas refléter (c’est un euphémisme) les propos de l’intéressé, dont la vidéo est disponible un peu partout. Et dans la presse française ça devient… Apparemment, quelques idées se seraient encore perdues en cours de route, d’autres auraient été ajoutées, bref, c’est plus de l’intox, ça confine à l’art abstrait (France24) : Le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants a affirmé mercredi que des communications de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, avaient été interceptées pendant la période de transition. Donald Trump, dans la tourmente pour avoir accusé sur Twitter, sans éléments de preuve, Barack Obama de l’avoir placé sur écoute, s’est dit, mercredi 22 mars, conforté par les déclarations d’un élu républicain sur de possibles opérations de surveillance qui n’avaient pas été révélées à ce jour. Devin Nunes, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, a affirmé, tout en restant avare en détails, que les agences de renseignement américaines avaient intercepté des communications des membres de l’équipe Trump, voire de Donald Trump lui-même, durant la période de transition. «Il y a beaucoup d’informations dans les rapports que j’ai vus qui m’amènent à penser que l’administration précédente et nombre d’agences avaient une très bonne idée de ce que le président élu Trump faisait», a déclaré l’élu républicain, après avoir rencontré le chef de l’État à la Maison Blanche. «J’ai pensé qu’il était important que le président le sache», a-t-il ajouté. Donald Trump, qui s’exprimait au même moment lors d’une table ronde avec des élus afro-américains, a fait part de sa satisfaction. « Êtes-vous conforté par ces déclarations ? », lui a demandé un journaliste. « Oui, d’une certaine manière. Je suis content qu’ils aient trouvé ce qu’ils ont trouvé », a-t-il répondu, sans autres précisions. Soulignant que ces écoutes avaient probablement été récoltées de manière fortuite, c’est-à-dire que les personnes concernées n’étaient pas directement visées par la surveillance, Devin Nunes a jugé troublant que leurs identités aient été «dévoilées» et s’est interrogé sur les raisons de ce choix. Mais le fait que l’élu républicain aille directement voir le locataire de la Maison Blanche sans informer au préalable les autres membres de la Commission du renseignement a provoqué le colère des démocrates qui ont dénoncé un coup politique. Lors d’une audition parlementaire lundi, le directeur du FBI avait affirmé ne disposer d’aucune information permettant d’accréditer la thèse d’écoutes de la Trump Tower mise en avant par Donald Trump. Source France24 avec AFP (…) Exit donc le principal sujet de la conférence, à savoir que le nom des personnes sous écoutes étaient facilement reconnaissables (quand ils n’étaient pas en clair), et bonjour un tout nouveau grief, qui ne figure absolument pas dans la déclaration de l’intéressé : « voire de Donald Trump lui-même ». Or Devin Nunes a déclaré, au contraire, que ces écoutes concernaient des personnes liées à la transition présidentielle, et non le président lui-même ou des membres de l’équipe de campagne (cela se passe après l’élection, ndlr). Une accusation pareille serait gravissime, surtout venant du président de la Commission du Renseignement, et à ce titre, l’invention pure et simple d’un pareil argument devrait valoir au journal qui l’aurait publié un joli macaron DecodexTM rouge, et la qualification de « fake news » sans parler du joli petit article dans Crosscheck qui va bien avec.

    Le Vilain petit canard

  • 14
    jc durbant:

    Et si derrière la prétendue trumpisation de Fillon, c’était en fait – l’histoire étant souvent friande de ces répétitions – à la newyorkisation de nos médias qu’on assistait ?

    L’émission de France 2, c’est du jamais vu! Du début à la fin, ce sont des interlocuteurs à charge. On a atteint un sommet de la caricature». «Ça me profite. Ça provoque chez les Français un réflexe démocratique. Plus on m’attaque, plus je suis en forme! Madame Angot m’a fait du bien. Je vais gagner cette élection en partie grâce à vous. Une partie de la presse a décidé d’une scénarisation et ne veut pas en sortir. Mais une grande partie des Français veut l’alternance, qui ne peut pas être Emmanuel Macron. Je ne crois pas un instant à ces sondages. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas de sens. Mais la situation politique est tellement instable, la campagne est tellement perturbée que vous ne pouvez pas vous fier à un moment donné. J’ai l’expérience des campagnes. Je sais que quand il y a du monde, je sais quand les gens ne viennent pas. Il n’y a jamais eu autant de monde. Il y avait 4000 personnes (vendredi soir à Biarritz), ce sont des signes qui ne trompent pas.»(…) «Qu’est-ce que vous voulez que je leur dise. Ce sont des militants politiques. Pourquoi j’irai leur parler? Ils viennent pour empêcher ma campagne. Vous croyez vraiment que ce sont des gens sincères? La plupart du temps, ce sont des gens d’extrême gauche. Les gens qui tapent dans des casseroles, ce n’est pas de la démocratie.» (…) «Vous avez un candidat à la présidentielle qui a gagné 3,5 millions et qui a déclaré 350.000 euros de patrimoine. Et ça ne vous pose aucun problème. (…) il y a un mouvement de fond pour Emmanuel Macron comme il y avait un mouvement de fond pour Alain Juppé, parce que c’était rassembleur», expose-t-il sans laisser apparaître une quelconque inquiétude. «Mais la France ne correspond pas à ça et l’élection sera différente. «Son programme se socialise au fur et à mesure que le temps passe! On aurait pu penser qu’Emmanuel Macron avait une vraie politique à proposer, maintenant c’est fini. Sur tous les sujets c’est une stratégie qui consiste à faire plaisir à tout le monde». De plus en plus sévère à l’égard de l’ancien conseiller de François Hollande, François Fillon poursuit: «Il y a deux ans, Emmanuel Macron était sur les mêmes positions que moi», en détaillant plus particulièrement les 35 heures et l’ISF. «Il nous est même arrivé d’en parler tous les deux. Et à mesure que la campagne avance, il s’adapte aux discours de gauche. Mais le désir d’alternance (des Français) il va le prendre en pleine face!» (…) «Il va finir par être le candidat des socialistes» (…) ‘il y a un certain opportunisme. Les gens pas sélectionnés pour les législatives veulent tenter leur chance chez Macron» (…) «Dutreil, c’était le meilleur ami de Bourgi. C’est lui qui lui a obtenu la légion d’honneur!» (…) «Personne n’a envie de continuer avec François Hollande et ses amis» (…) «La gauche a fait une erreur magistrale en réclamant mon départ! Demander à trente jours de l’élection présidentielle du seul candidat qui représente la droite, c’est un déni de démocratie incroyable».(…) «le président a une responsabilité considérable». «Sa première responsabilité, c’est de faire en sorte que le débat démocratique se déroule dans des conditions normales», insiste le candidat. «Deuxième chose, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur le rôle de Français Hollande dans cette affaire»(…) ««Nous en sommes en train d’identifier toutes les infractions mentionnées dans le livre Bienvenue Place Beauvau et dans les jours qui viennent un certain nombre de mes amis rendront publiques ces infractions et demanderont qu’une enquête soit ouverte» (…) «On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée». «Cela veut dire que le président de la République peut potentiellement écouter un candidat à l’élection présidentielle. Mais attendez, on est dans quelle démocratie là?» (…) «Pour la petite histoire je ne reçois pas de SMS pendant le débat. D’ailleurs, je n’en ai pas besoin. Je regardais l’heure parce qu’il y a des moments où c’était un peu long. Et je regardais un compte WhatsApp». (…) «Je regardais les commentaires des députés sur le débat, ça m’amusait de voir comment ils réagissaient

    François Fillon (merci james)

  • 13
    jc durbant:

    « On est dans une situation où il est probable que compte tenu des procédures judiciaires je sois sur écoute quand j’apprends que le Président se fait remonter les résultats des écoutes judiciaires à l’Elysée ».

    François Fillon

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/25/97001-20170325FILWWW00139-francois-fillon-juge-probable-d-etre-sur-ecoute.php

    «C’est un comportement anti-démocratique, je les encourage à continuer. Plus ils continuent, plus ils radicaliseront les Français qui sont contre la confiscation de la vie démocratique » … «les casseroles viennent avec les journalistes. C’est la démonstration (ce matin sans la presse dans les rues de Biarritz) que je peux me déplacer facilement ». «Plus vous (la presse) vous raconterez les manifestations, plus je monterai dans les sondages. On a atteint un seuil d’exaspération dont certains journalistes ne se rendent pas compte».

    François Fillon

    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/03/25/35003-20170325ARTFIG00082-malgre-un-accueil-chahute-au-pays-basque-fillon-se-dit-en-pleine-forme.php (merci james)

  • 12
    Gérard Pierre:

    Cette campagne pestilentielle, …… où toute une classe politique est relayée par un corpus médiatique assez homogène dans la curée, …… fait un peu penser à la campagne de dénigrement sauvage qui concerna en son temps, dans un autre domaine, Roger Salengro.

    Qu’en pense celui qui ne voulait pas être mis dans …… « le même sac » ?

    http://www.capital.fr/a-la-une/politique-economique/nepotisme-voiture-de-fonction-jean-luc-melenchon-attaque-sur-son-passe-d-elu-local-1215807

  • 11
    jc durbant:

    Voir aussi pour mémoire:

    L’Élysée n’écoute rien. Il n’y a pas de système d’écoutes ici (…). Moi, personnellement, je n’en ai jamais lu une seule.

    François Mitterrand (2 avril 1993)

    Les écoutes de l’Élysée, c’est l’un des premiers scandales de la présidence Mitterrand. En 1982, le chef de l’État souhaite la création d’une cellule antiterroriste à l’Élysée. Plusieurs gendarmes, dont Christian Prouteau, la composent. Il s’agit alors d’assurer la protection du président, ébranlée après l’attentat de la rue des Rosiers, et pour les gendarmes de dénicher de vraies informations afin de gommer l’affaire des Irlandais de Vincennes. Mais l’objet de la cellule déborde vite de ce cadre, qu’on pourrait qualifier d’intérêt général. Les gendarmes ouvrent de plus en plus grandes leurs oreilles. Les vingt lignes téléphoniques mises à leur disposition tournent à plein régime, hors des circuits officiels, au service quasi personnel de François Mitterrand. Avec des mobiles souvent fallacieux, on épie Jean-Edern Hallier – décidé à révéler l’existence de Mazarine Pingeot -, Carole Bouquet – peut-être parce que son mari d’alors était proche de la présidence algérienne -, Charles Pasqua, l’académicien Michel Droit… Et, dans cette liste assez extravagante, le journaliste du Monde Edwy Plenel, dont la mise sur écoute fut demandée expressément par François Mitterrand. L’affaire est jugée en 2004. Sur le banc des accusés, douze prévenus, douze maillons de la chaîne, du supergendarme Christian Prouteau à l’ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, Gilles Ménage, en passant par celui du Premier ministre Laurent Fabius, Louis Schweitzer. François Mitterrand, décédé huit ans plus tôt, n’en est pas moins au coeur des débats. C’est le tribunal qui l’affirme : « Un grand nombre des écoutes reprochées aux différents prévenus ont pour origine une décision ou un choix émis par la plus haute autorité de l’État, à savoir le président de la République. » Sept des onze prévenus, dont Prouteau et Ménage, sont condamnés, ce que confirmera la Cour de cassation. Au tribunal, il manque un prévenu : le capitaine Guézou, le gendarme qui transcrivait les conversations et les apportait à l’Élysée. Le 12 décembre 1994, quelques jours après sa mise en examen, il s’est pendu.

    Le Point

    Il n’y a pas de cabinet noir à l’Elysée. Il y a un cabinet qui travaille mais nous n’avons pas à nous mêler des affaires et ma position a toujours été l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence, et ne jamais interférer. C’est très différent de mes prédécesseurs.

    François Hollande (24/03/2017)

  • 10
    jc durbant:

    Par rapport à l’évidente gêne du torchoniste du Canard, ce serait quand même marrant – ironie de l’histoire, s’il en est ! – que ceux par qui le scandale est arrivé finissent par être ceux qui sauvent celui qu’ils avaient mis tant d’énergie à dégommer !

    Voir aussi:

    N’oubliez pas : quand je dis écoutes téléphoniques, ces mots étaient entre guillemets […] parce que les écoutes téléphoniques, c’est quelque chose de plutôt vieux jeu. Mais cela recouvre vraiment la surveillance et beaucoup d’autres choses.

    Donald Trump

    J’ai simplement dit qu’il y a un livre qui sort, dont j’ai découvert le contenu ces derniers jours. Il décrit un mécanisme incroyable d’intervention du pouvoir dans les affaires judiciaires. J’ai simplement dit que ce livre fait des révélations qui, si elles s’avèrent exactes, sont un scandale d’État. Il dit que les écoutes remontent directement à l’Elysée, que le président de la République a connaissance de toutes les procédures, etc. Je ne sais pas si c’est vrai ! Donc, il doit y avoir une enquête.

    François Fillon

  • 9
    jc durbant:

    Quel cabinet noir ?

    Très clairement, un système a été mis en place, des hommes de confiance ont été placés à des postes stratégiques de façon à faire remonter les informations utiles. Ce qu’on appelle informations utiles, évidemment à l’Elysée, ce sont les informations qui concernent les affaires judiciaires qui visent Nicolas Sarkozy. (…) C’est simplement une organisation en fait. On appelle ça un cabinet noir mais c’est la mise en place d’une organisation, c’est-à-dire d’un système de relais au Ministère de la Justice, donc au cabinet du ministre, de la ministre à l’époque où on écrivait encore. Et puis aussi au Ministère de l’Intérieur et en tout cas, dans tous les endroits où des informations susceptibles d’être utilisées peuvent remonter.

    Stéphanie Marteau (20/04/2016)

    Pour nous, l’affaire la plus symptomatique, c’est celle des écoutes contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire incidente Bettencourt lorsque le parquet national financier lance une enquête sur le financement de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy. (…) En fait, on choisit en général les gens qui sont amenés à enquêter sur ces affaires. (…) Très concrètement, les policiers sont choisis en fonction de leurs états de service en général proches du pouvoir. Et notamment, l’enquête qui a été menée sur cette affaire par l’Office anticorruption de la Direction centrale de la Police judiciaire était dirigée et l’équipe d’enquête est clairement proche du pouvoir et proche du parti socialiste. (….) On choisit les gens mais ce ne sont pas que des magistrats. (…) Vous avez aussi des magistrats qui résistent. Par exemple, le procureur-général François Faletti (…) qu’on a mis à la retraite d’office, qui est quelqu’un qui a longtemps résisté à cette tendance à divulguer des informations sorties du dossier de l’instruction afin qu’elles soient médiatisées et portent préjudice évidemment à Nicolas Sarkozy.

    Aziz Zemouri (20/04/2016)

  • 8
    James:

    Le livre choc Bienvenue Place Beauvau ne manque pas de révélations. Comme la fois où l’on apprend que Claude Bartolone instrumentalise la famille de Valérie Pécresse pour l’atteindre politiquement…

  • 7
    James:

    Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. »

  • 6
    James:

    FIGAROVOX.-François Fillon était l’invité de L’Emission politique ce jeudi. Que faut-il retenir de cette émission?

    David DESGOUILLES.- Cela fait quelques temps que cette émission suscitait de la consternation. Avec ses «invités-mystères», ses «Français anonymes» dont on découvrait quelques heures plus tard qu’il s’agissait en fait de personnes ultra-militantes, sans qu’on en soit informé. Avec sa revue de tweets. Avec son humoriste pas drôle, enfin.

    Non seulement l’édition d’hier soir n’a pas dérogé à la règle, mais on a pu, à certains moments ressentir davantage que de la consternation. Nous sommes passés au stade de la honte. La honte pour nous qui regardions. La honte pour les journalistes qui ont conçu l’émission. La honte pour le service public de télévision. La honte pour la vie politique française.

  • 5
    jc durbant:

    Oui, le Canard bien enchainé ou comment jouer sur tous les tableaux et manger à tous les ratleliers:

    Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit.

    Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé

    Les auteurs ne valident pas à proprement parler cette thèse du cabinet noir. « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire! » Mais ils pointent tout de même « l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants. (…) Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes ». En fait, sans apporter la démonstration d’une orchestration des affaires judiciaires, ils éreintent la thèse selon laquelle l’Elysée aurait découvert la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy dans la presse. Et les auteurs d’affirmer que François Hollande, comme d’autres avant lui, a utilisé les administrations régaliennes pour recueillir des informations sur ses adversaires politiques. « L’impréparation, la méconnaissance de l’appareil policier et judiciaire ainsi que les circonstances ont très vite amené François Hollande à renier ses principes et adopter des méthodes qui n’ont rien à envier à celles de ses prédécesseurs ». Le livre décrit surtout comment l’Elysée a tenté de faire pièce aux réseaux sarkozystes, qui avaient noyauté l’appareil policier et judiciaire depuis une décennie. François Hollande a ainsi placé soit des proches soit des anciens chiraquiens à la plupart des postes clefs: à Tracfin, la cellule de renseignement de Bercy, à la Direction des affaires criminelles et des grâces, place Vendôme, et bien sûr au sein des renseignements et de la police. Un chapitre est notamment consacré à Bernard Bajolet, patron de la DGSE, le service extérieur. Surnommé « l’autre espion du président », il reste tout de même relativement épargné par les auteurs. « Il est à Hollande ce que Squarcini était à Sarkozy, la faconde en moins, la rigueur et le courage en plus. L’un était flic de renseignement, amateur de coups tordus. L’autre est un diplomate, expert en rapport de force ». Le livre s’attarde aussi longuement sur l’affrontement, plus surprenant, entre François Hollande et Manuel Valls pour le contrôle de l’appareil d’Etat. Car il n’y a pas que les sarkozystes qui accusent l’Elysée d’avoir fomenté des coups bas contre leur champion, les vallsistes aussi. L’enquête sur le financement de l’orchestre de son épouse Anne Gravoin, qui a fuité dans l’Obs, aurait ainsi été conduite par « une société d’intelligence économique proche de l’Élysée, qui travaille en sous-main avec la DGSE… » Ils notent aussi qu’un proche de Hollande, Pierre-René Lemas, à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), est à l’origine de l’enquête judiciaire sur les contrats noués entre la CDC et le criminologue Alain Bauer, ami intime de Valls.

    Challenges

  • 4
    Letel:

    http://french.stackexchange.com/questions/13048/comment-traduire-lexpression-anglaise-when-if-shit-hits-the-fan-cons%C3%A9quences

  • 3
    Polémos:

    Comment dit-on? The shit has just hit the fan?

  • 2
    James:

    «La seule personne qui croit qu’il y a un cabinet noir à l’Élysée, c’est François Fillon », s’aventure même notre volatile, très vite devenu bien tatillon. Comparons.

    «Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande», écrit celui qui dénonce (dénonçait ?) dans son livre « les secrets inavouables d’un quinquennat ». On pourrait s’arrêter là. Mais, bon public, continuons. « Pour orchestrer les affaires judiciaires il existe une mécanique complexe aussi efficace que redoutable. Hollande a su en tirer profit. D’abord il y a Tracfin, le service de renseignement de Bercy, le ministère piloté durant tout le quinquennat par Michel Sapin, un ami de quarante ans du Président[sic]. La plupart des affaires judiciaires qui ont empoisonné Sarko et les siens ont trouvé leurs racines ici, dans cet immeuble ultra-sécurisé du 9e arrondissement de Paris, entièrement classé secret-défense. Là, cent vingt fonctionnaires sont habilités à fourrer leur nez dans les comptes en banque de n’importe qui. » Encore ? « Depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir, c’est comme si une malédiction judicaire s’était abattue sur son prédécesseur. » Une dernière : un « cabinet noir » ? « Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! » Mais il existe une « addition d’indices troubles et de témoignages étonnants ».

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Le président Obama est tombé bien bas pour mettre mes téléphones sur écoute durant une période d’élections sacrée. C’est Nixon/Watergate. Une personne malfaisante (ou malade)!

    Donald Trump

    Vous savez pourquoi ils m’ont invitée ? Parce que, ce que je viens de vous dire, eux [les journalistes] ne peuvent pas le dire.

    Christine Angot

    Je vais mettre en cause le président de la République. Il y a un livre sur le ministère de l’Intérieur et la place Beauvau dont j’ai pu lire les bonnes feuilles et qui explique comment Hollande fait remonter les écoutes judiciaires à son bureau, comment il est au courant des moindres faits et des filatures. On cherchait un cabinet noir, on l’a trouvé. Je demande qu’une enquête soit ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c’est un scandale d’Etat. Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l’histoire récente de la Ve République, un chef d’Etat n’est jamais allé aussi loin dans l’illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité.

    François Fillon

    Les bonnes feuilles de Bienvenue Place Beauvau, Police : les secrets inavouables d’un quinquennat, que nous publions, éclaboussent comme jamais auparavant la présidence de François Hollande. L’affaire est grave. Elle met en lumière les dérives de la présidence de la République, qui a cherché à s’informer et à déstabiliser, par (presque) tous les moyens, ses opposants. Trois journalistes d’investigation lèvent ainsi le voile sur la manière dont François Hollande a tenté d’utiliser le ministère de l’Intérieur et ses outils de surveillance et de collecte d’informations pour servir sans succès un intérêt politique : sa réélection. Mais aussi la presse, en n’hésitant pas à faire fuiter opportunément des informations compromettantes sur ses opposants, jusque dans son propre camp, comme ce fut le cas manifestement contre Manuel Valls et son équipe rapprochée — son chef de cabinet sera photographié au téléobjectif. L’espionnage politique au sommet de l’État semble être devenu une manie, tout comme les nominations au sein de l’appareil judiciaire, pour pouvoir “être branché” en permanence avec les affaires politico-financières du moment. À lire les trois auteurs, les écoutes téléphoniques et la diffusion de leurs transcriptions sur des “blancs” se sont presque généralisées. Plus accablant : la production de ces notes blanches sur la vie privée de concurrents et sur les affaires judiciaires touchant à la politique a même explosé depuis 2012. Méthodiquement, chaque adversaire politique fait l’objet d’un traitement individuel avec une utilisation systématique de leviers variés : campagnes de presse, divulgations de procédures judiciaires, révélations et menaces sur la vie privée de candidats potentiels à la présidentielle. Les auteurs du livre ne l’affirment-ils pas ? « Derrière ces ennuis à répétition qui ciblent les principaux rivaux du président sortant, difficile de ne pas voir la patte de Hollande. » Pas vraiment classés à droite, Didier Hassoux, journaliste au Canard enchaîné, Christophe Labbé, qui a rejoint le “palmipède” il y a quelques mois après avoir été au Point pendant de longues années, tout comme Olivia Recasens, qui a quitté l’hebdomadaire il y a quelques semaines, publient cette enquête implacable nourrie aux meilleures sources. S’ils révèlent que le chef de l’État ne s’était pas préparé à prendre en main l’appareil policier, ils racontent comment toutefois il se serait servi d’un cabinet noir pour discréditer ses concurrents à la présidentielle de 2017. Élection à laquelle il s’était préparé à concourir en duel face à Nicolas Sarkozy, avant de se prendre les pieds dans le tapis et de finalement disparaître du jeu. En octobre 2013, lorsque Valeurs actuelles révèle l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée, personne n’imagine ce qui va être écrit moins de quatre ans plus tard dans ce livre, qui prouve et même aggrave — si les informations sont confirmées — les charges pesant contre l’Élysée. Une cellule aux ramifications profondes, dans les plus hautes sphères de l’appareil de l’État, a été mise en place par François Hollande. Objectif : empêcher par tous les moyens que Nicolas Sarkozy puisse se présenter à l’élection présidentielle. Écoutes abusives, fuites de dossiers judiciaires (en théorie protégés par le secret de l’instruction), publication des comptes rendus de ses auditions devant les juges et de ses conversations téléphoniques. Les policiers et les magistrats qui nourrissent la presse, en violation de la loi, ne seront jamais inquiétés. Sous la pression, Nicolas Sarkozy sera même obligé d’ouvrir une ligne sous un faux nom — Paul Bismuth — afin d’échanger avec son avocat — un comble ! — pour échapper aux écoutes. Même ce téléphone finira par être identifié par la justice et finalement placé, lui aussi, sur écoute. Le système médiatique, aidé par une partie de l’appareil judiciaire et de certains fonctionnaires de police, participe ainsi au petit jeu de massacre. Alors qu’arrive la fin du quinquennat, les langues se délient. Et les acteurs de la présidence Hollande livrent les secrets les plus inavouables. Déjà, dans l’Élysée off , Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, en 2016, confirmaient : « Oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. » Selon eux, les informations collectées transitent par Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l’Élysée, qui les « distille ensuite au président de la République ». Sans surprise, François Fillon est depuis le début de sa campagne sous le feu nourri du même système qui ne veut pas de candidat de droite à la présidentielle. Qu’il s’appelle Sarkozy ou Fillon. Le candidat aura mis du temps à établir les liens. Il a affaire aux mêmes juges que Nicolas Sarkozy : Serge Tournaire, Aude Buresi ; au même service d’enquête, l’OCLCIFF ; au même parquet, le PNF ; les journalistes qui bénéficient de la violation du secret de l’instruction pour publier leurs scoops sont aussi précisément les mêmes. La technique des “poupées russes” ou des “filets dérivants” se révèle d’une efficacité redoutable : une affaire permet d’en ouvrir une autre, et ainsi de suite. Diaboliquement efficace pour convaincre l’opinion publique de la culpabilité d’un homme politique. Mais aussi, de moins en moins discrète, c’est l’objet de cette enquête : montrer comment, depuis le sommet de l’État, sont orchestrées les cabales politiques, judiciaires et médiatiques.

    Valeurs actuelles
















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