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Histoire: Plus inconnu que le soldat inconnu… le déserteur ! (Dos Passos was right: Book reveals how gangs of AWOL GIs terrorized WWII Paris with a reign of mob-style violence)

Posté le jeudi 23 février 2017 par jc durbant

Glass's study of the very different stories and men grouped together under the label, DesertershacksawLife_1

C’est Dos Passos qui avait raison !

A la veille d’une cérémonie des Oscars …

Où face à des films nombriliste (La la land) ou très marqués minorités (Hidden figures, Fences) voire minorités/homosexualité (Moonlight) ou étranger (Lion) ou la chronique sociale d’une communauté de marins prolétaires (Manchester by the sea), la science fiction classique (Arrival/Premier contact) ou le néo-western (Hell or high water/Comancheria) …

Emerge notamment du côté des électeurs républicains, avec quand même six nominations, par le réalisateur controversé de la Passion du Christ …

L’étrange ovni (souligné par ailleurs par son titre français tiré tout droit du décalogue) du film de guerre religieux  (Hacksaw ridge/Tu ne tueras point) …

Avec cette histoire vraie mais ô combien christique du seul objecteur de conscience américain à recevoir la médaille d’honneur …

Ce guerrier sans armes qui tout en s’en tenant à sa volonté de ne pas porter d’armes parvint à sauver des dizaines de soldats (ennemis compris !) …

Retour, avec le livre du journaliste-historien Charles Glass d’il y a quatre ans …

Sur ces oubliés des oubliés de notre dernière grande guerre …

A savoir les déserteurs !

jc durbant @ 15:54
Catégorie(s): De la guerre et de la paix etMémé Bookine etUn peu d'histoire


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4 réponses à “Histoire: Plus inconnu que le soldat inconnu… le déserteur ! (Dos Passos was right: Book reveals how gangs of AWOL GIs terrorized WWII Paris with a reign of mob-style violence)”

  • 4
    madimaxi:

    Je connaissais à peine ce Robert Putnam. Il s’inscrit dans l’excellente problématique. Je ne sais pas quoi répondre. Si je me situe dans le monde de l’armée et celui de l’entreprise, la diversité ne cause pas de problème majeur. A condition de bien savoir manier la carotte et le knout. Si j’ai besoin d’un manutentionnaire je préfère un immigré à peine lettré à un Français surdiplômé. Si je bouffe dans un restaurant couscous ou chinois et je vois que le cuistot est un Gaulois, je commence par me méfier sur la qualité de mon mets.

    La diversité est plus que nécessaire. Corses, Basques, Alsaciens, Bretons… sont tous divers. C’est le Coran qui dépareille. Faut de toute urgence lui administrer le même traitement : la soumission à la France ! Ou alors, si ce n’est pas possible, on vit ici mais on se fait discret, SVP. J’ai vécu dans des pays musulmans où on recevait des consignes sur la tenue vestimentaires de nous et de nos compagnes afin de ne pas froisser la susceptibilité locale. Je demande à tous les zyva, les bâchées ou prêtes à l’être de respecter cette réciprocité.

  • 3
    jc durbant:

    Faudrait voir aussi si la diversité peut avoir une influence ?

    Voir:

    Les propres recherches de Kahn et de Costa ont repéré des taux plus élevés d’abandon durant la guerre civile parmi des soldats de l’Union servant dans des compagnies dont les soldats étaient les plus divers du point de vue de l’âge, du métier et du lieu de naissance…

    https://jcdurbant.wordpress.com/2007/08/07/immigration-lautre-face-de-la-diversite-the-downside-of-diversity/

  • 2
    madimaxi:

    « il s’agit souvent de soldats qui se sont avérés des combattants exemplaires et courageux, voir des idéalistes qui ont prouvé leur valeur au front. Ils ont flanché pour les motifs que l’on classe dans la catégorie “SNAFU” (“Situation Normal, All Fucked Up”). »

    Très intéressant. Je pensais que les déserteurs se situaient surtout chez les REMFs (Rear Echelon M***r F***ers). Dépités de se voir toujours réduits à l’exécution des tâches sédentaires car l’ennui tue. A savoir aussi si on distingue ici la désertion et « l’absence irrégulière » causée par le syndrome bien connu de « Coup de cafard ». La première est la volonté d’abandonner définitivement ses compagnons d’armes. La seconde est un coup de gueule. Quelque chose comme : « Ras le bol, je me tire. Parce que le chef est con, la gamelle n’est pas bonne et c’est toujours moi qui fait la corvée chiottes. Puis je cogite et je reviens. Je n’abandonne jamais ceux qui se battent à ma place. »

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Cela met en lumière ce que cela signifie pour un homme de conviction et de foi de se retrouver dans une situation infernale… et, au milieu de ce cauchemar, cet homme est en mesure d’approfondir sa spiritualité et d’accomplir quelque chose de plus grand.

    Mel Gibson

    Après les vives polémiques provoquées par La Passion du Christ (2004) puis Apocalypto (2006) (…) Mel Gibson a choisi de mettre en scène Desmond Doss, objecteur de conscience américain, qui tint à aller au front comme infirmier pendant la Seconde Guerre mondiale, sans jamais porter d’arme. Les images sanglantes, christiques, cruelles de son film font écho à celles de ses réalisations précédentes. (…) Dans chacun de ses films, Mel Gibson, fervent catholique, explore une figure isolée, prête à soulever les foules, mais aussi à subir les exactions de ses pourfendeurs. Le paroxysme de ce postulat – la cruauté humaine envers ses semblables – est atteint avec La passion du Christ, où la foule déchaînée s’acharne sans relâche pour faire crucifier Jésus. Le film suscitera une immense controverse autour du réalisateur, accusé de véhiculer un message profondément antisémite, les Juifs étant représentés comme un peuple cruel et déicide. Cette foule haineuse, on la retrouve aussi dans Braveheart (1995) avant le sacrifice de William Wallace, torturé puis tué dans d’atroces souffrances. Dans Tu ne tueras point, le choix de Desmond Doss de ne pas porter d’armes déplaît fortement aux autres soldats qui le prennent pour un lâche, le torturent psychologiquement puis le passent lâchement à tabac en pleine nuit. (…) Tu ne tueras point, met en scène la figure ô combien christique de Desmond Doss, adventiste du septième jour, objecteur de conscience qui sauva 75 de ses camarades pendant la bataille d’Okinawa. Le tout, renforcé par des plans sans ambiguïté : Wallace les bras en croix avant la torture, ou Desmond, filmé allongé sur son brancard, en contre-plongée, les bras ouverts, comme appelé par les cieux.

    Télérama

    “Don’t think I’m sticking up for the Germans,” puts in the lanky young captain in the upper berth, “but…” “To hell with the Germans,” says the broad-shouldered dark lieutenant. “It’s what our boys have been doing that worries me.” The lieutenant has been talking about the traffic in Army property, the leaking of gasoline into the black market in France and Belgium even while the fighting was going on, the way the Army kicks the civilians around, the looting. “Lust, liquor and loot are the soldier’s pay,” interrupts a red-faced major. (…) A tour of the beaten-up cities of Europe six months after victory is a mighty sobering experience for anyone. Europeans. Friend and foe alike, look you accusingly in the face and tell you how bitterly they are disappointed in you as an American. They cite the evolution of the word “liberation.” Before the Normandy landings it meant to be freed from the tyranny of the Nazis. Now it stands in the minds of the civilians for one thing, looting. (…) Never has American prestige in Europe been lower. People never tire of telling you of the ignorance and rowdy-ism of American troops, of out misunderstanding of European conditions. They say that the theft and sale of Army supplies by our troops is the basis of their black market. They blame us for the corruption and disorganization of UNRRA. (…) The Russians came first. The Viennese tell you of the savagery of the Russian armies. They came like the ancient Mongol hordes out of the steppes, with the flimsiest supply. The people in the working-class districts had felt that when the Russians came that they at least would be spared. But not at all. In the working-class districts the tropes were allowed to rape and murder and loot at will. When victims complained, the Russians answered, “You are too well off to be workers. You are bourgeoisie.” When Americans looted they took cameras and valuables but when the Russians looted they took everything. And they raped and killed. From the eastern frontiers a tide of refugees is seeping across Europe bringing a nightmare tale of helpless populations trampled underfoot. When the British and American came the Viennese felt that at last they were in the hands of civilized people. (…) We have swept away Hitlerism, but a great many Europeans feel that the cure has been worse than the disease.

    John Dos Passos (Life, le 7 janvier 1946)

    Oscars Poll: 60 percent of Americans can’t name one best picture nominee (…) For most of the best picture nominees, Clinton voters were more likely to have seen the various films when compared to Trump voters. The big exception was Hacksaw Ridge, which Trump voters were considerately more likely (27%) than Clinton voters (18%).

    The Hollywood Reporter

    Soviet and German treatment of deserters, a story of pitiless savagery, is not mentioned here. Glass is concerned only with the British and Americans in the second world war, whose official attitudes to the problem were tortuous. In the first world war, the British shot 304 men for desertion or cowardice, only gradually accepting the notion of « shell-shock ». In the United States, by contrast, President Woodrow Wilson commuted all such death sentences. In the second world war, the British government stood up to generals who wanted to bring back the firing squad (the Labour government in 1930 had abolished the death penalty for desertion). Cunningly, the War Office suggested that restoration might suggest to the enemy that morale in the armed forces was failing. President Roosevelt, on the other hand, was persuaded in 1943 to suspend « limitations of punishment ». In the event, the Americans shot only one deserter, the luckless Private Eddie Slovik, executed in France in January 1945. He was an ex-con who had never even been near the front. Slovik quit when his unit was ordered into action, calculating that a familiar penitentiary cell would be more comfortable than being shot at in a rainy foxhole. His fate was truly unfair, set against the bigger picture. According to Glass, « nearly 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted from the armed forces » during the war. Some 80% of these were front-line troops. Almost all « took a powder » (as they said then) in the European theatres of war; there were practically no desertions from US forces in the Pacific, perhaps because there was nowhere to go. By the end of the conflict, London, Paris and Naples, to name only a few European cities, swarmed with heavily-armed Awol servicemen, many of them recruited into gangs robbing and selling army supplies. Units were diverted from combat to guard supply trains, which were being hijacked all over liberated Europe. Paris, where the police fought nightly gun battles with American bandits, seemed to be a new Chicago. The Guardian
    Thousands of American soldiers were convicted of desertion during the war, and 49 were sentenced to death. (Most were given years of hard labor.) Only one soldier was actually executed, an unlucky private from Detroit named Eddie Slovik. This was early 1945, at the moment of the Battle of the Bulge. Mr. Glass observes: “It was not the moment for the supreme Allied commander, Gen. Dwight Eisenhower, to be seen to condone desertion.” There were far more desertions in Europe than in the Pacific theater. In the Pacific, there was nowhere to disappear to. “In Europe, the total that fled from the front rarely exceeded 1 percent of manpower,” Mr. Glass writes. “However, it reached alarming proportions among the 10 percent of the men in uniform who actually saw combat.” (…) Too few men did too much of the fighting during World War II, the author writes. Many of them simply cracked at the seams. Poor leadership was often a factor. “High desertion rates in any company, battalion or division pointed to failures of command and logistics for which blame pointed to leaders as much as to the men who deserted,” he says. Mr. Glass adds, “Some soldiers deserted when all the other members of their units had been killed and their own deaths appeared inevitable.” The essential unfairness of so few men seeing the bulk of the combat was undergirded by other facts. Many men never shipped out. Mr. Glass cites a statistic that psychiatrists allowed about 1.75 million men to avoid service for “reasons other than physical.”This special treatment led to bitterness. Mr. Glass quotes a general who wrote, “When, in 1943, it was found that 14 members of the Rice University football team had been rejected for military service, the public was somewhat surprised.”Mr. Glass provides information about desertions in other American wars. During the Civil War, more than 300,000 troops went AWOL from the Union and Confederate armies. He writes, “Mark Twain famously deserted from both sides.”

    The NYT

    In the weeks following liberation from the Nazis, Paris was hit by wave of crime and violence that saw the city compared to Prohibition New York or Chicago. And the cause was the same: American Gangsters. While the Allies fought against Hitler’s forces in Europe, law enforcers fought against the criminals who threatened that victory. Men who had abandoned the ‘greater good’ in favour of self-interest, black-market profits and the lure of the cafes and brothels of Paris: deserters. Highly organised, armed to the teeth and merciless, these deserters used their US uniforms as another tool of their trade along with the vast arrays of stolen weapons, forged passes and hijacked vehicles they had at their disposal. Between June 1944 and April 1945 the US army’s Criminal Investigation Branch (CBI) handled a total of 7,912 cases. Forty per cent involved misappropriation of US supplies. Greater yet was the proportion of crimes of violence – rape, murder, manslaughter and assault which accounted for 44 per cent of the force’s workload. The remaining 12 per cent were crimes such as robbery, housebreaking and riot.Many were afraid. They had reached a point beyond which they could not endure and chosen disgrace over the grave. Some recounted waking, as if from a dream, to find their bodies had led them away from the battelfield. (…) Others, like Weiss, fought until their faith in their immediate commanders disappeared. Was it a form of madness or a dawning lucidity that led them to desert? Glass does not claim to be able to answer that question to which Weiss himself had devoted his latter years to addressing to no avail. Others still deserted to make money, stealing and selling the military supplies that their comrades at the front needed to survive. Opportunists and crooks, certainly, but not cowards – the life they chose was every bit as violent and bloody as battle. 50,000 American and 100,000 British soldiers deserted during World War II. Yet according to Glass the astounding fact is not that so many men deserted, but that so few did. Only one was executed for it, Eddie Slovik. He was, until that point, by his own assessment the unluckiest man alive.He never fought a battle. He never went on the run as most deserters did. He simply made it clear that he preferred prison to battle. Of the 49 Americans sentenced to death for desertion during the Second World War he was the only one whose appeal for commutation was rejected. His greatest sin, as Glass tells it, was his timing. His appeal came in January 1945 just as the German counter-offensive, the Battle of the Bulge, was at its peak. Allied forces were near breaking point. It was not, Supreme Allied Commander, General Dwight Eisenhower decided, time to risk seeming to condone desertion. (…) Led by an ex-paratrooper sergeant, raids were planned like military operations. Whitehead himself admitted, ‘we stole trucks, sold whatever they carried, and used the trucks to rob warehouses of the goods in them.’ They used combat tactics, hijacked goods destined for front-line troops. Their crimes even spread into Belgium. They attacked civilians and military targets indiscriminately. His gangland activities gave Whitehead ‘a bigger thrill than battle.’ Quoting from the former soldier’s memoir Glass recounts his boasts: ‘We robbed every café in Paris, in all sectors except our own, while the gendarmes went crazy.’ They robbed crates of cognac and champagne, hijacked jeeps and raided private houses whose bed sheets and radios were ‘easy to fence.’ They stole petrol, cigarettes, liquor and weapons. Within six months Whitehead reckoned his share of the plunder at $100,000. Little wonder that when Victory in Europe was announced on 7 May 1945, Whitehead admitted, ‘That day and night everyone in Paris and the rest of Europe was celebrating, but I just stayed in my apartment thinking about it all.’ (…) Ultimately Whitehead was captured and court martialled. He was dishonourably discharged and spent time in the Delta Disciplinary Training Barracks in the south of France and in federal penitentiaries in New Jersey. Many years later he had that ‘dishonourable discharge,’ turned into a General one on rather disingenuous legal grounds.

    The Daily Mail

    En Allemagne, on dresse depuis 1986 des monuments aux déserteurs allemands de la seconde guerre mondiale. En Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, personne, jusqu’il y a peu, ne voulait aborder cette thématique historique des déserteurs des armées de la coalition anti-hitlérienne. Charles Glass, ancien correspondant d’ABC pour le Moyen Orient, otage de milices chiites au Liban pendant 67 jours en 1987, vient d’innover en la matière: il a brisé ce tabou de l’histoire contemporaine, en racontant par le menu l’histoire des 50.000 militaires américains et des 100.000 militaires britanniques qui ont déserté leurs unités sur les théâtres d’opération d’Europe et d’Afrique du Nord. Le chiffre de 150.000 hommes est énorme: cela signifie qu’un soldat sur cent a abandonné illégalement son unité. Chez les Américains, constate Glass, les déserteurs ne peuvent pas être considérés comme des lâches ou des tire-au-flanc; il s’agit souvent de soldats qui se sont avérés des combattants exemplaires et courageux, voir des idéalistes qui ont prouvé leur valeur au front. Ils ont flanché pour les motifs que l’on classe dans la catégorie “SNAFU” (“Situation Normal, All Fucked Up”). Il peut s’agir de beaucoup de choses: ces soldats déserteurs avaient été traités bestialement par leurs supérieurs hiérarchiques incompétents, leur ravitaillement n’arrivait pas à temps, les conditions hygiéniques étaient déplorables; aussi le fait que c’était toujours les mêmes unités qui devaient verser leur sang, alors que personne, dans la hiérarchie militaire, n’estimait nécessaire de les relever et d’envoyer des unités fraîches en première ligne. Dans une telle situation, on peut comprendre la lassitude des déserteurs surtout que certaines divisions d’infanterie en France et en Italie ont perdu jusqu’à 75% de leurs effectifs. Pour beaucoup de GI’s appartenant à ces unités lourdement éprouvées, il apparaissait normal de déserter ou de refuser d’obéir aux ordres, même face à l’ennemi. (…) Au cours de l’automne 1944, dans l’US Army en Europe, il y avait chaque mois près de 8500 déserteurs ou de cas d’absentéisme de longue durée, également passibles de lourdes sanctions. La situation était similaire chez les Britanniques: depuis l’offensive de Rommel en Afrique du Nord, le nombre de déserteurs dans les unités envoyées dans cette région a augmenté dans des proportions telles que toutes les prisons militaires du Proche Orient étaient pleines à craquer et que le commandant-en-chef Claude Auchinleck envisageait de rétablir la peine de mort pour désertion, ce qui n’a toutefois pas été accepté pour des motifs de politique intérieure (ndt: ou parce que les Chypriotes grecs et turcs ou les Juifs de Palestine avaient été enrôlés de force et en masse dans la 8ème Armée, contre leur volonté?). Les autorités britanniques ont dès lors été forcées d’entourer tous les camps militaires britanniques d’une triple rangée de barbelés pour réduire le nombre de “fuites”. Le cauchemar du commandement allié et des décideurs politiques de la coalition anti-hitlérienne n’était pas tellement les déserteurs proprement dits, qui plongeaient tout simplement dans la clandestinité et attendaient la fin de la guerre, mais plutôt ceux d’entre eux qui se liguaient en bandes et se donnaient pour activité principale de piller la logistique des alliés et de vendre leur butin au marché noir. La constitution de pareilles bandes a commencé dès le débarquement des troupes anglo-saxonnes en Italie, où les gangs de déserteurs amorcèrent une coopération fructueuse avec la mafia locale. Parmi elles, le “Lane Gang”, dirigé par un simple soldat de 23 ans, Werner Schmeidel, s’est taillé une solide réputation. Ce “gang” a réussi à s’emparer d’une cassette militaire contenant 133.000 dollars en argent liquide. A l’automne 1944, ces attaques perpétrées par les “gangs” a enrayé l’offensive du Général Patton en direction de l’Allemagne: des déserteurs américains et des bandes criminelles françaises avaient attaqué et pillé les véhicules de la logistique amenant vivres et carburants. La situation la plus dramatique s’observait alors dans le Paris “libéré”, où régnait l’anarchie la plus totale: entre août 1944 et avril 1945, la “Criminal Investigation Branch” de l’armée américaine a ouvert 7912 dossiers concernant des délits importants, dont 3098 cas de pillage de biens militaires américains et 3481 cas de viol ou de meurtre (ou d’assassinat). La plupart de ces dossiers concernaient des soldats américains déserteurs. La situation était analogue en Grande-Bretagne où 40.000 soldats britanniques étaient entrés dans la clandestinité et étaient responsables de 90% des délits commis dans le pays. Pour combattre ce fléau, la justice militaire américaine s’est montrée beaucoup plus sévère que son homologue britannique: de juin 1944 à l’automne 1945, 70 soldats américains ont été exécutés pour avoir commis des délits très graves pendant leur période de désertion. La masse énorme des déserteurs “normaux” était internée dans d’immenses camps comme le “Loire Disciplinary Training Center” où séjournait 4500 condamnés. Ceux-ci y étaient systématiquement humiliés et maltraités. Des cas de décès ont été signalés et attestés car des gardiens ont à leur tour été traduits devant des juridictions militaires. En Angleterre, la chasse aux déserteurs s’est terminée en pantalonnade: ainsi, la police militaire britannique a organisé une gigantesque razzia le 14 décembre 1945, baptisée “Operation Dragnet”. Résultat? Quatre arrestations! Alors qu’à Londres seulement, quelque 20.000 déserteurs devaient se cacher. Au début de l’année 1945, l’armée américaine se rend compte que la plupart des déserteurs condamnés avaient été de bons soldats qui, vu le stress auquel ils avaient été soumis pendant de trop longues périodes en zones de combat, auraient dû être envoyés en clinique plutôt qu’en détention. Les psychologues entrent alors en scène, ce qui conduit à une révision de la plupart des jugements qui avaient condamné les soldats à des peines entre 15 ans et la perpétuité. En Grande-Bretagne, il a fallu attendre plus longtemps la réhabilitation des déserteurs malgré la pression de l’opinion publique. Finalement, Churchill a cédé et annoncé une amnistie officielle en février 1953.

    Wolfgang Kaufmann















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