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Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)

Posté le dimanche 12 février 2017 par jc durbant

decodex
Exemple de fiabilité pour le site de «Valeurs actuelles» et le blog «les Crises»

Vous en aviez rêvé, Le Monde l’a fait !

Au lendemain d’une revanche des bouseux …

Qui a décidément, du côté des mauvais perdants, beaucoup de mal à passer …

Et ce, malgré l’accumulation, entre accusation de piratage russe ou du système électoral, des excuses et des coups bas …

Devinez ce que viennent de nous sortir les décodeurs du Monde ?

Non content de s’écrire désormais avec l’histoire et la sociologie dans les prétoires …

Le journalisme va enfin pouvoir disposer, digne de la Sorbonne ecclésiastique des plus beaux jours, de son propre Index à lui tout seul  !



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2 réponses à “Médias: Le Monde ressuscite l’Index (Who will fact-check the fact-checkers ?)”

  • 2
    jc durbant:

    Et quelle couleur de pastille pour un journal qui annonçait hier que la foule de Phnom-Penh était en liesse pour accueillir les Khmers rouges et aujourd’hui qui présente Marwan Mohamed, le responsable du CCIF proche des Frères Musulmans, comme le “porte-parole des musulmans de France” ? Ayant noté au surplus la bonne place dans la rubrique de l’Humanité et la moins bonne de Valeurs, j’ai pointé que Décodex rimait avec Index. Il est vrai que notre journal est critique et ironique pour la presse convenue et ses déconvenues. Pour aggraver son cas, je rappellerai qu’il a assuré fièrement la semaine dernière la promotion de la pétition pour le pluralisme et la neutralité du service public audiovisuel présentée par le Collectif de ses usagers sur change.org. C’est un honneur parfois d’être estampillé d’une méchante couleur.


    Gilles-William Goldnadel

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique.

    Françoise Chandernagor (février 2007)

    Nous avons recensés 600 sites, majoritairement français mais aussi anglais et américains et quelques allemands, avec cinq niveaux de fiabilité, repérés par cinq couleurs. Nous distinguons en gris les sites collectifs, donc non classés, comme Wikipedia, en bleu les sites parodiques, comme Le Gorafi ou NordPresse, en rouge les sites pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs, comme le portail IVG.net qui, sous couvert d’informations, veut manipuler les femmes pour les décourager d’avorter, en orange les sites peu fiables ou très orientés, type FdeSouche, ou les attrape-clics qui republient des informations non recoupées, et enfin en vert les sites très fiables. C’est n’est pas un jugement sur leur opinion, mais sur leur démarche journalistique. L’idée n’est pas de faire du clic ni de l’argent, c’est une démarche citoyenne.

    Samuel Laurent

    L’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) est un catalogue instauré par le pape Paul IV en 1559 durant le Concile de Trente (1545-1563). Il s’agit d’une liste d’ouvrages que les catholiques romains n’étaient pas autorisés à lire. Le but de cette liste était d’empêcher la lecture de « livres pernicieux » jugés immoraux ou contraires à la foi. La Congrégation de l’Index fut instituée en 1571. L’Index fut régulièrement mis à jour jusqu’en 1961, par ajout de la Congrégation de l’Inquisition ou du pape. La liste n’était pas un simple travail de réaction ; les auteurs étaient invités à défendre leurs travaux, qu’ils pouvaient corriger et rééditer s’ils désiraient éviter l’interdiction, et une censure avant publication était encouragée. (…) Depuis la « Notification de la suppression de l’index des livres interdits », émise par le Vatican en 1966, cet index perd son caractère obligatoire et n’a plus valeur de censure, même s’il reste un guide moral. C’est de cet Index qu’est venue l’expression “Être mis à l’Index“. Ainsi, cette censure a gravement attenté à la Liberté d’expression, et a pourri le débat public pendant plus de 400 ans. Nous en étions débarrassés depuis plus de 50 ans, croyant être enfin entrés définitivement dans une période de liberté de pensée et d’expression. Et puis Le Monde a ressuscité l’Index…

    Les Crises

    En proposant à ses lecteurs un moteur de recherche permettant de vérifier la fiabilité des sites d’information, «le Monde» se met dans une situation où il est à la fois juge et partie. (…) Jusqu’à présent, les fact-checkeurs se contentaient de fact-checker au détail, article par article, rumeur par rumeur, photo par photo, assertion par assertion, chiffre faux par chiffre faux. C’était (quasi) irréprochable déontologiquement, même si ce travail indispensable n’a pas empêché, aux Etats-Unis, l’élection de l’affabulateur complotiste Trump. Mais sans doute rien ne pouvait-il empêcher l’élection de Donald Trump, face à l’impopularité de Hillary Clinton. Désormais, donc, le Monde décode en gros. Tant de savoir accumulé devait trouver un débouché. Sur le papier, le saut est défendable. Dans la pratique, le diable est dans les détails. Depuis que l’extension est entrée en service, les critiques ont été nombreuses, essentiellement de la part des classés rouges. On pouvait s’y attendre. Encore faut-il distinguer les grandes objections qu’on peut faire au projet. (…) Plus sérieuse est une troisième critique : le Monde a catégorisé à la hache. A ma droite, en vert, tous les médias «professionnels», avec journalistes encartés. A ma gauche, en rouge, tous les autres. Hors carte de presse, point de salut. D’un coup d’un seul, l’apport historique d’Internet à l’enrichissement de l’info traditionnelle est jeté avec l’eau du bain Trump-Brexit. Ainsi, Valeurs actuelles, et sa condamnation à la haine raciale, est en vert, alors que Fakir, le site de François Ruffin, auteur de Merci patron !, est en rouge. Sur le point particulier de Valeurs actuelles, on sent d’ailleurs bien l’embarras de Decodex, qui assure dans le même mouvement que «le site est en principe plutôt fiable», tout en nuançant que «certaines enquêtes sont à prendre avec précaution». Décode qui pourra. Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que ce partage lui-même ne vaut que pour la presse française. Si le Monde n’a pas voulu se fâcher avec les chers confrères (et concurrents) français en les badigeonnant tous de vert, il n’a pas les mêmes scrupules s’agissant de la presse étrangère. Prenons la Grande-Bretagne. Le Daily Mail, pro-Brexit, qui a repris les mensonges du camp du «Leave», est catalogué orange («présente souvent les faits de manière racoleuse et exagérée»). Pourquoi pas ? Mais le Guardian, média phare du Remain anti-Brexit, qui a multiplié les prédictions apocalyptiques pour l’instant nullement confirmées dans les faits, est catalogué fiable. Pourquoi l’un et pas l’autre ? Plus sérieux : de quel droit, une source d’information vient-elle dire que d’autres sources d’informations concurrentes sont fiables ou non ? Quelle est sa fiabilité ? C’est comme si on demandait à la compagnie de taxis G7 de labelliser Uber ou aux agences immobilières de dire si Airbnb est une appli cool. Journal favorable à la mondialisation, le Monde classe en vert les journaux pro-mondialisation et les autres en rouge. Le Monde est purement et simplement en conflit d’intérêts. Juge et partie. Mort (provisoire ?) d’une belle idée.

    Daniel Schneidermann

    Verificator arrive. Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir. Orwell aurait pu l’inventer : un outil qui prétend distinguer le vrai du faux, ça aurait fait rêver Big Brother. C’est Le Monde qui l’offre aujourd’hui au lecteur-citoyen supposé égaré dans le maquis de l’information. Grâce à une panoplie informatique appelée Decodex (dont fait partie Verificator), il pourra se repérer et distinguer le bon grain journalistique de l’ivraie propagandiste. Dès ce matin, 600 sites, français en majorité, seront notés par un moteur de recherches à l’aide d’un système de pastilles de couleurs notant leur fiabilité: gris pour les sites collectifs, comme Wikipedia, bleu pour les sites parodiques, comme Le Gorafi, rouge pour les sites « pas du tout fiables, complotistes ou trompeurs », orange pour les sites « peu fiables ou très orientés », vert pour les sites « très fiables ». Ce système rappelle furieusement celui qui classe les voitures en fonction de leur nocivité pour l’environnement. Faut-il comprendre que Le Monde fait la chasse aux pollueurs du web ? (…) C’est tout de même curieux. En général, les journalistes du Monde n’aiment pas du tout qu’on les accuse d’être des donneurs de leçon. Or, voilà qu’ils se proclament eux-mêmes arbitres des élégances morales de la profession. Au nom de quoi le service « Décodeurs » du Monde serait-il habilité à décerner des brevets de fiabilité ? N’y aurait-il pas un petit conflit d’intérêt dans le fait que Le Monde, qui est producteur d’information, soit aussi celui qui délivre l’AOC ? Bien sûr, Jérôme Fenoglio, interrogé sur France Inter par une Sonia Devillers en pamoison devant tant de génie, se défend de toute volonté de censure idéologique : il s’agit simplement d’offrir à ceux qui le veulent (il insiste sur le fait qu’on n’est pas obligés, ouf) un moyen de savoir s’ils sont chez des charlatans ou chez des gens sérieux, si ce qu’ils consomment est de l’information ou une contrefaçon. Intention fort louable bien sûr. Reste à savoir comment on distingue les uns des autres. Et, à entendre les rares exemples donnés par les initiateurs de cette usine à gaz, on peut déjà redouter un filtre idéologique. Ainsi sait-on déjà que FDesouche sera classé « orange », en raison, suppose-t-on, de son caractère « très orienté ». Comme FDesouche ne publie que des informations puisées ailleurs, dans des médias certainement labellisés « verts » par Decodex, cela signifie qu’une information cachère dans Le Parisien devient immangeable chez FDesouche. En réalité, FDesouche publie des informations avérées et orientées. Tout comme Le Monde qui a, des années durant, dénoncé à grand bruit la menace populiste, et informé à très bas bruit sur la menace islamiste. La conclusion, c’est qu’une sélection particulière d’informations parfaitement exactes peut se révéler « très orientée ». En attendant, on aimerait savoir si l’Humanité et les Inrocks auront droit à leur pastille orange. Mais peut-être Verificator considèrera-t-il que ces titres, certes « très orientés », le sont aussi très bien. Qu’on ne se méprenne pas, quand Jérôme Fenoglio affirme qu’on peut être en désaccord à condition d’être d’accord sur les faits, il soulève un problème grave. Les complotistes de tout poil, qui pullulent sur internet, menacent le monde commun. Mais ce n’est pas un label décerné par Le Monde qui y changera quelque chose. Nos vaillants décodeurs oublient que ne s’informent sur les sites complotistes que ceux qui veulent croire aux complots. Et pour ceux-là, la pastille orange décernée par Le Monde fonctionnera comme un signe de ralliement plutôt que comme une marque d’infamie. En réalité, Decodex repose sur une définition pour le moins problématique de l’information. Celle-ci serait faite de faits dont le journaliste, nous disent Fenoglio et ses camarades, n’est que l’humble interprète. Interprète est le mot juste. Car si on a besoin d’interpréter les faits c’est qu’il n’est pas si facile de les définir. On peut sans doute savoir assez facilement combien de gens ont assisté à l’intronisation de Donald Trump (ou en tout cas avoir la certitude que le président américain ment). Mais la plupart des faits sont étroitement dépendants de celui qui les observe : s’il existait des faits autonomes, il serait facile de savoir si, oui ou non, le niveau baisse à l’école (sujet sur lequel les journalistes de Causeur et ceux du Monde n’ont pas la même vérité). Ou si l’intégration progresse. Ou si les Français sont de plus en plus racistes. Et il ne suffit pas de brandir des chiffres. Le problème, presque insoluble, c’est que, souvent, les mots n’ont pas le même sens pour tout le monde. On peut dire, chiffres à l’appui, que les capacités de lecture des élèves s’améliorent. Mais le mot « lecture » ne désigne plus la même réalité. Croire qu’on réinventera le monde commun à coups d’algorithme relève au mieux de la naïveté technologique, au pire de l’arrogance politique. Aucun robot ne résoudra pour nous la difficile question de la vérité. Alors chers confrères, arrêtez de décoder !

    Elisabeth Lévy
















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