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Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)

Posté le vendredi 10 février 2017 par jc durbant

deracinementAprès l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires !

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote largement Trump …

Et qu’après le lynchage médiatique du seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle …

La nouvelle coqueluche des médias pour mai prochain en est à nier l’existence même d’une culture française …

Pendant que pris à son tour entre kippa, burkha et double nationalité dans les fausses équivalences morales dont raffolent nos médias, le parti des bonnes questions s’enferre à nouveau dans les mauvaises réponses …

Et qu »à l’ONU sur fond d’épuration religieuse du Moyen-Orient, c’est la présence même des juifs sur leurs lieux les plus sacrés qu’on dénie …

Devinez qui désormais l’on traine, entre deux attentats islamistes, devant nos tribunaux débordés …

Pour après les « territoires perdus » de nos écoles et les « territoires interdits » de nos services publics …

Avoir osé évoquer le secret de polichinelle de l’origine proprement familiale de l’antisémitisme de nombre de nos chères têtes blondes ?



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24 réponses à “Liberté d’expression: Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires (French historian sued for spilling the beans on Arab antisemitism)”

  • 24
    James:

    Nous sommes sommés de ne pas s’attaquer à la justice car c’est sacré.

    Mais si, on peut critiquer la justice

  • 23
    madimaxi:

    Faut aussi absolument abolir un mythe : « l’indépendance de la justice ». La justice ou « l’Autorité judiciaire » pour faire précis n’ont pas à être indépendants mais d’être soumis à la règle démocratique de la séparation des pouvoirs. Les jugements, arrêts et les verdicts se font au nom du peuple français. Pas au nom des magistrats qui ne sont que des préposés à faire leur métier correctement.

    Nous sommes sommés de ne pas s’attaquer à la justice car c’est sacré. C’est à se demander si cette fameuse « Autorité judiciaire » est à tel point irréprochable qu’il ne lui arrive jamais une couille. L’autre-là, celui de Outreau, le juge Burgaud et l’impuissance crasseuse de se remettre en question par sa hiérarchie en sont une excellente illustration. Un aveu de médiocrité.

    Bref, avant de commander ils doivent apprendre à obéir au pouvoir du législatif et se soumettre aux coups de knouts de l’exécutif. L’actuel déballage judiciaire en pleine campagne électorale tue dans l’œuf le débat sur des vraies questions qui préoccupent les Français. Et il est et restera entaché de soupçons graves portés à l’encontre de « l’Autorité judiciaire » qui , en toute circonstance, doit se montrer exemplaire.

  • 22
    jc durbant:

    « Marine LePen est réclamée par la justice pour répondre du délit de publication d’images des bestialités » …

    Vous rigolez ?

    Demande de levée d’immunité parlementaire européenne par le parquet français pour… trois photos de l’Etat islamique destinées à montrer à quoi ressemblait vraiment des exactions islamiques et clouer le bec à cette ordure de Bourdin qui la comparait audit Etat islamique ?

    Voir:

    En décembre 2015, la cheffe de file du Front national avait diffusé trois images violentes, en réaction à des propos du journaliste de BFMTV Jean-Jacques Bourdin lors d’une interview du spécialiste de l’islam Gilles Kepel. «Je voudrais revenir sur les liens… euh… entre Daech et le Front… enfin les liens, pas les liens directs, entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d’esprit, parce que l’idée pour Daech c’est de pousser la société française au repli identitaire», avait déclaré le journaliste.

    Quelques minutes plus tard, Marine Le Pen avait alors posté sur son compte Twitter trois photos d’exactions commises par Daech, dont celles sur le journaliste américain James Foley et un pilote de l’armée de l’air de Jordanie, sans avertissement et sans masquer certaines zones des images. «Ça suffit. Cela commence à bien faire. Si ces attaques sont désormais la ligne de BFM, puisque Ruth Elkrief a osé le même rapprochement, il est temps que cela cesse», s’était justifiée l’eurodéputée auprès du Figaro. La présidente du FN avait finalement retiré les clichés dans la journée, sous la pression du ministère de l’Intérieur et de familles des victimes.

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/02/01016-20170302ARTFIG00144-diffusion-de-photos-de-daech-le-parlement-europeen-leve-l-immunite-de-marine-le-pen.php

  • 21
    madimaxi:

    Comme quoi, il ne faut jamais désespérer en la justice française. Remarquons que condamner un historien sérieux et reconnu au motif de dénoncer l’antisémitisme, car c’est ici la vraie histoire, aurait été d’une infamie notoire.

    Je suis curieux de lire les attendus motivant ce jugement. S’agit-il d’arguties juridiques portant sur des détails et la forme ou de la véritable reconnaissance de la justesse de la pensée de Mr. Georges Bensoussan ?

    Et puis aussi car ces deux affaires me semblent liées. Marine LePen est réclamée par la justice pour répondre du délit de publication d’images des bestialités. Ces images sont-elles vraies ? Elle les approuve ou bien elle les dénonce ? Que penser donc de la diffusion largement consultable de cela ? La diffusion de ces images « choquantes et bouleversantes » doit-elle aussi être poursuivie ?

  • 20
    jc durbant:

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/07/97001-20170307FILWWW00156-georges-bensoussan-relaxe-par-le-tribunal-correctionnel-de-paris.php

  • 19
    jc durbant:

    Vous avez dit clause du totalitarisme le plus favorisé ?

    l’islamophobie ne sert pas d’abord à protéger les musulmans des discriminations qu’ils peuvent subir, mais à protéger la religion islamique de toute espèce de critique. On offre ainsi à l’islam un sauf-conduit qui n’est accordé à aucune autre religion, ni au christianisme, ni au judaïsme, ni à l’hindouisme ou au bouddhisme. C’est l’équivalent sur le plan spirituel de la préférence nationale chère à Marine le Pen sur le front de l’emploi. Les barbus en ont rêvé, les Canadiens pourraient le faire prochainement. Qu’une confession ne puisse être soumise à l’analyse de la raison, qu’elle soit ainsi soustraite à l’esprit d’examen comme si elle était hors-sol, hors humanité, est un événement inédit dans l’histoire. C’est aussi un aveu terrible: les tenants du péché d’islamophobie veulent faire de l’islam une religion intouchable, supérieure à toutes. Il faut la prendre en bloc. On peut se moquer de tous les dieux, de tous les textes sacrés mais pas du Coran et de ses fidèles. C’est une régression proprement hallucinante. (…) C’est d’ailleurs une très mauvaise nouvelle pour les musulmans, qui seront les premières victimes de cette motion, si elle était votée. Une telle mesure qui les déresponsabilise, au détriment des chrétiens, des juifs, des sikhs, des hindous, des athées ne peut qu’entraîner un déchaînement de colère et de haine. On installe les fidèles du Coran dans une niche pieuse parce qu’on les estime, au fond, incapables de se réformer eux-mêmes et non comptables de leurs actes. Le musulman est élevé à la fois au rang de tabou et de totem. Il appartient ainsi à une religion fétiche sous vitrine sur laquelle on marque, comme au musée: ne pas toucher. Il s’agit pour l’instant d’une simple motion, mais le fait même que l’idée ait pu germer dans la tête de cette députée libérale, d’origine pakistanaise, et qu’elle n’ait pas été unanimement condamnée en dit long sur la société canadienne. (..) En réalité, nous sommes au-delà du multiculturalisme. Nous atteignons ici le stade du «mono-confessionalisme» puisque l’islam est favorisé, par l’État fédéral, à l’exception de toutes les autres confessions (ce qui était, toutes proportions gardées, la position du catholicisme sous l’Ancien Régime en France, protégé par la monarchie). Le multiculturalisme a au moins pour souci d’établir l’égalité entre les cultures. Je me rappelle qu’en 2005 ou en 2006, l’Ontario avait souhaité instaurer la charia pour les citoyens de confession musulmane. Ce furent des femmes musulmanes qui s’y opposèrent pour rester protégées par le droit commun. Là encore, nous voyons que l’infantilisation de l’islam, son statut dérogatoire, n’est pas un cadeau fait aux musulmans. C’est, sous couleur de préservation, une marque de mépris post-colonial: vous n’êtes pas assez mûrs pour bénéficier de tous les privilèges de la liberté de conscience et de la citoyenneté. Imaginez que l’on ait agi ainsi de la Renaissance au siècle des Lumières avec le catholicisme, pour le soustraire à la discussion, cette religion serait restée confinée dans ses dogmes d’antan. La grandeur d’une foi, c’est sa capacité à se réformer, à s’adapter aux réalités du siècle. (…) Chaque époque dispose de sa victime fétiche. Ce furent les Juifs, à un certain moment, mais les Juifs, «ça commence à bien faire», les Chrétiens, quant à eux sont toujours considérés comme les bourreaux de l’histoire, les bouddhistes, les confucianistes, les hindous n’entrent pas dans le bon casting de l’antiracisme. Reste donc le musulman qui devient la victime absolue. Je pense qu’Ottawa cherche, aussi, par ce projet, à prendre Donald Trump à contre-pied en faisant le contraire de ce qu’il préconise. Mais le «muslim ban» décrété par Trump (la limitation des entrées de ressortissants de sept pays musulmans jugés à risque) n’a pas effacé par miracle le problème du djihadisme et de la radicalisation. Ce n’est pas en disant «blanc» quand Trump dit «noir» qu’on aura raison. (…) Il y a bel et bien un parallèle dérangeant. Quel signal envoyons-nous ainsi aux chrétiens d’Orient? Celui d’une supériorité culturelle, politique et presque ontologique de l’islam. Les chrétiens persécutés du Moyen-Orient n’ont qu’à se convertir, ils pourront ainsi accéder au statut de victime et être protégés par l’étiquette d’islamophobie! Que cela ait pu être l’œuvre d’une députée libérale alors que cette initiative est absolument contraire à toute idée libérale classique est proprement hallucinant. Nous sommes dans une période de grande confusion mentale et d’inversion complète des valeurs. Je crains malheureusement qu’en France, de nombreuses personnes se félicitent de cette initiative canadienne. Je serais curieux de connaître la réaction d’Emmanuel Macron à cet égard.

    Pascal Bruckner (merci james)

  • 18
    jc durbant:

    Très intéressante analyse des contraintes et perversités du dispositif médiatique (raison pour laquelle je supporte pas ces émissions) mais petite déception quand même à la fin où le pauvre petit banlieusard finit au bout du compte en… victime ?

    Riche d’enseignements est en revanche l’attitude des médias qui l’avaient porté aux nues. Une partie des journalistes en cause savaient qui était Meklat et ont gardé le silence. Certains Français, en effet, jugent notre pays si haïssable qu’ils sont prêts à applaudir toute personne qui affiche son aversion pour lui. Ceux qui frôlent la violence, a fortiori ceux qui s’y livrent, ont toujours eu des admirateurs depuis le XIX e siècle. Le paisible Mallarmé, entre deux poèmes, aimait lire Le Père peinard , l’hebdomadaire anarchiste de la Belle Époque, qui expliquait à ses lecteurs comment fabriquer de la dynamite pour faire sauter les commissariats. La haine de la société bourgeoise est une passion éminemment bourgeoise, a expliqué l’historien François Furet dans Le Passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XX e siècle (1995). Une telle passion « a son socle dans l’imagination politique de l’homme moderne » et représente une des « filles de la démocratie moderne acharnées à dévaster leur terre nourricière » . Certains des promoteurs de Mehdi Meklat ne considéraient en lui que le procureur légitime d’une société détestable et jubilaient de relayer son réquisitoire. D’autres ont plaqué sur Mehdi Meklat leurs propres attentes et leurs préjugés. Sans se rendre compte du caractère paternaliste et condescendant de leurs réactions, ces bobos jugeaient qu’un porte-parole de la banlieue, pour être représentatif, devait nécessairement porter une casquette, afficher une certaine morgue, tenir des propos violents et disposer d’un vocabulaire limité – en somme, se conformer à une caricature. Un jeune homme issu des « quartiers difficiles » qui tiendrait des propos pondérés dans un essai, argumenterait de façon courtoise, ne se présenterait pas comme une victime et reconnaîtrait des mérites à la France ainsi qu’à ses concitoyens n’aurait pas obtenu un dixième de la couverture médiatique dont Mehdi Meklat a bénéficié. Il y a là un fait incontestable et dramatique. Le fonctionnement de l’audiovisuel en général, enfin, n’est pas sans lien indirect avec cette affaire. La responsabilité n’en incombe pas, cette fois-ci, à M. X ou à M me Y, mais aux contraintes techniques intériorisées par les professionnels du secteur jusqu’à devenir souvent inconscientes. Une émission de télévision ou de radio est aussi un spectacle soumis aux lois de l’Audimat. Lorsqu’il compose un plateau, un programmateur est obligé de veiller à la variété des invités, tel un metteur en scène qui arrête la distribution des rôles de la pièce. Or, la tentation existe de considérer que le représentant de la « diversité » doit toujours être un militant associatif aux opinions radicales et au ton vindicatif, afin de garantir que le débat ne sera pas de l’eau tiède. Plus un tel convive se montre virulent et accusateur, plus il est assuré de remplir le contrat moral qui le lie à son hôte. Certains invités, au reste, n’hésitent pas à se présenter en victimes sur les réseaux sociaux après une émission un peu houleuse, ce qui pousse la rédaction à les réinviter régulièrement pour limiter les risques d’accusation malveillante à son encontre. Assurément, des journalistes sérieux essaient d’inviter des représentants de la « diversité » plus modérés pour ne pas diffuser une vision manichéenne et binaire de la société française, et ne pas faire de chaque invité le porte-parole d’une « communauté » alors qu’il n’est mandaté par personne. La bonne volonté des programmateurs se heurte cependant à des contraintes nombreuses. Pour participer à des débats audiovisuels chaque semaine, il faut vivre en région parisienne, être à peu près libre de son emploi du temps et avoir le goût du catch. De sorte que les médias sont presque obligés de convier peu ou prou toujours les mêmes personnes, si peu représentatives qu’elles risquent parfois de se révéler. À cet égard, on pourrait soutenir que Mehdi Meklat a eu pour seul tort de perdre de vue qu’il y avait tout de même des limites implicites à ne pas dépasser.

    Guillaume Perrault

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/02/24/31003-20170224ARTFIG00329-guillaume-perrault-meklat-nous-renseigne-surtout-sur-ceux-qui-l-avaient-encense.php (merci james)

  • 17
    jc durbant:

    Pire que les semeurs de haine, les fabricants d’excuses …

    Vous me direz, si une bombe explose sur les Champs à cause de #laManifPourTous c’est pas moi qui vais pleurer »

    Pierre Bergé (retweet)

    http://www.directmatin.fr/france/2013-03-16/bombe-sur-les-champs-elysees-le-retweet-de-pierre-berge-derange-426011

    Qu’un jeune Français puisse de nos jours diffuser sur les réseaux sociaux des messages tels que : « Je réclame un autodafé pour ces chiens de Charlie Hebdo », « Les blancs vous devez mourir ASAP » ou encore « Faites entrer Hitler pour tuer les Juifs », en dit long sur l’état du pays. Que des médias de premier plan et leurs chiens de garde puissent encore défendre leur auteur et nier l’évidence explique pourquoi le vote Marine Le Pen prospère de façon vertigineuse. Les mêmes « journalistes » viendront sans doute pleurnicher sur les ondes et nous expliquer que notre pays est foutu et qu’il n’a décidément aucune conscience citoyenne…

    Je me souviens de Pascale Clark, détaillant par le menu de la veille son « envie de vomir » sur France Inter, après un certain 21 avril… jusqu’à ce qu’elle avoue ne pas avoir voté ! Je me souviens, plus récemment, de Claude Askolovitch, venu tout miel postuler à Sud Radio et qui, non retenu, s’est répandu dans Slate, nous traitant les uns et les autres de « fachos ». Ces donneurs de leçons (ils sont hélas très nombreux), en dressant une partie de la population contre l’autre, ne font rien d’autre, au fond, qu’inciter la population à la haine : un délit puni jusqu’à un an de prison ferme et 45 000 euros d’amende. No pasaran !

    Comme l’a tweeté ce matin André Bercoff, “il y a pire que les semeurs de haine, il y a les fabricants d’excuses”.

    http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Edito/Marcelin-Deschamps-rat-des-vils (merci james)

  • 16
    jc durbant:

    Mehdi Meklat : La haine tranquille

    Je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes. Que Mehdi Meklat dorme tranquille, l’église politico-médiatique devrait lui accorder l’absolution. Écrivain prodige, égérie des banlieues et, même, journaliste : les attributs ne manquent pas pour désigner celui qu’un passé fort récent — et assumé jusqu’alors — a rattrapé ce 18 février.
    Produit chimiquement pur du pistonnage victimaire, Mehdi Meklat avait pourtant tout pour ravir les bonnes consciences de l’intelligentsia parisienne. Tout commence au BondyBlog, où il fait ses classes à partir de 2008, en compagnie de Badrou. Ce média soi-disant alternatif, né des émeutes de 2005 en banlieue, qui se donnait originellement pour mission de porter un autre regard sur les ghettos français, ne survit que grâce aux subventions publiques et a peu à peu fini par basculer dans l’islamo-gauchisme ordinaire…

    « Pour l’Aïd, je vais égorger Brigitte Bardot dans ma baignoire. » « Les Blancs vous devez mourir asap [ as soon as possible , “ aussitôt que possible ”,NDLR] .» « Je vais ouvrir une fondation pour que les Pakpak [Pakistanais, NDLR] puissent se laver . Et y’ aura des douches. Et du gaz. »

    Sadien à la petite semaine, le plumitif Meklat, auteur de deux romans écrits à quatre mains avec son acolyte Badroudine SaïdAbdallah,dit “ Badrou”, réserve pourtant ses plus belles fulgurances stylistiques aux Noirs ( « négros » ), aux homosexuels, aux juifs ( « Faites entrer Hitler pour tuer les j uifs » ), à Mohamed Merah, dont il fait l’apologie, aux journalistes de Charlie Hebdo ( « Qu’ils crèvent » ) ou à Marine Le Pen.

    À en croire Pascale Clark, en début de semaine, toujours sur Twitter, « à l ’antenne @m eh di _m eklat ne fut que poésie, intelligence et humanité ». Sur Face- book, Christiane Taubira n’en croit toujours pas ses yeux: « Il ne peut résider dans un même esprit la beaut é et la profondeur d’ une telle littérature et la hideur de telles pensées…

    https://www.valeursactuelles.com/societe/mehdi-meklat-la-haine-tranquille-68918 (merci james)

  • 15
    jc durbant:

    L’envers de l’utopie multiculturelle

    À l’antenne, il ne fut que poésie, intelligence, et humanité ! » continue de s’extasier Pascale Clark. Cependant, la Toile servait d’exutoire au « Petit Chose ». Sur Twitter, derrière le pseudo de Marcelin Deschamps, le « poète » Meklat a éructé, à jet continu, pendant cinq ans, sa haine des Blancs, des Juifs et des homosexuels. « Faites entrer Hitler pour tuer les juifs », « Les blancs vous devez mourir asap », ou encore « Caroline Fourest, elle va au camping pour toucher des nénettes dans les toilettes !!!! » Il s’est ait le promoteur de la violence djihadiste : « Je trouve la phrase “J’aime la mort comme vous aimez la vie” de Mohamed Merah troublante de beauté », et aussi : « Marine le Pen je vais l’égorger selon le rite musulman ». Le 17 février dernier, le masque est tombé. Mehdi Meklat a modifié son compte Twitter. Les tweets orduriers ont refait surface. Ses anciens protecteurs hésitent depuis entre réécriture de l’histoire ( « un gamin qui tweetait des blagues », selon Claude Askolovitch) et mea-culpa. Les portes de la gloire se referment devant celui qui était devenu le chouchou des antiracistes de profession et de la bourgeoisie urbaine fascinée par la banlieue. Pour mémoire, Mehdi Meklat émerge au Bondy Blog, un site créé à l’occasion des émeutes de 2005 pour « donner la parole » à « la France des banlieues ». À l’époque, il faut faire oublier les images des voitures calcinées, des écoles incendiées, des policiers et des pompiers caillassés, célébrer le multiculturalisme et faire place au discours victimaire. Le Bondy blog proteste contre les « discriminations », les « dérives racistes et islamophobes » et passe sous silence les réalités plus sordides : pratiques mafieuses, sexisme, montée en puissance de l’islamisme, antisémitisme, francophobie. Une lecture du monde en noir et blanc qui alimente le ressentiment des jeunes de banlieue en offrant une explication simpliste à leurs difficultés d’intégration et en les enfermant dans leur identité particulière. Le site porte en germe la dérive identitaire et communautariste dans laquelle il sombrera quelques années plus tard. Peu importe, le Bondy blog permet à l’intelligentsia d’afficher sa bonne conscience tout en ayant l’air cool et vaguement subversive. Pour une certaine gauche, qui se veut morale et que Laurent Bouvet qualifie de néocoloniale, l’« immigré » ou le « musulman » a remplacé le prolétaire. Pour cette gauche-là, le membre d’une minorité ethnique est forcément victime et le « mâle blanc » forcément coupable. En quelques années, Mehdi Meklat devient « une icône de la diversité ». Avec son complice Badroudine Saïd Abdallah, ils écrivent à quatre mains des chroniques sur la vie en banlieue et forme le duo des Kids . Marie-Françoise Colombani , éditorialiste à Elle , les repère et devient leur « marraine spirituelle ». Pascale Clak leur ouvre les portes de France Inter. Mouloud Achour, le présentateur vedette du « Gros Journal », celles de Canal +. Pierre Bergé finance leur revue Téléramadan. « Nous sommes le grand remplacement », écrivent-ils dans leur édito. Mehdi Meklat touche à tout : art contemporain, littérature, télé, cinéma. L’enfant des HLM de Saint-Ouen passe ses vacances à Hollywood. Mais, en un week-end, une partie de la société médiatique qui l’avait porté au pinacle a pris des distances avec lui. Pourtant, si Mehdi Meklat a été rattrapé par son « double maléfique », il est lui-même l’enfant terrible d’un antiracisme devenu fou et de l’idéologie de la repentance. Chez Stendhal, Julien Sorel est condamné à mort pour avoir fait voler en éclats l’hypocrisie de la société de classe. Mehdi Meklat sera-t-il sacrifié pour avoir dévoilé, malgré lui, l’envers de l’utopie multiculturelle ?

    Alexandre Devecchio

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/02/22/31003-20170222ARTFIG00372-mehdi-meklat-ou-la-barbarie-a-visage-mediatique.php (merci james)

  • 14
    madimaxi:

    Finalement, dame Taubira ne dit pas que des bêtises. Lorsqu’elle déclare que ce Mehdi S’éclate est, je la cite : « porte-voix de la jeunesse des quartiers populaires », « à l’avant-garde d’une nouvelle génération venue de banlieue »… elle est parfaitement dans le vrai. Ce qui n’est pas marrant du tout c’est que Georges Bensoussan est poursuivi devant les tribunaux pour avoir exprimé exactement la même pensée.

  • 13
    jc durbant:

    Evidemment, puisque c’est de gauche , c’est plus subtil…

    Chacun sait que notre époque de fausse liberté a accouché d’une tyrannie de la pensée dont la sage-femme devenue folle était déguisée en antiraciste diplômée. Valeurs Actuelles en a fait les frais en osant voiler Marianne pour défendre la laïcité républicaine contre les menées islamistes et Pascal Bruckner comme Georges Bensoussan payeront peut-être le prix pour des raisons voisines. Silence dans les rangs de la gauche paraît-il démocratique. Mais aujourd’hui vient d’éclater une tout autre affaire dans laquelle, au contraire, le racisme comme l’antisémitisme n’ont rien d’imaginaire. Et je prends le pari, qu’ici , précisément, les organisations prétendument antiracistes resteront aux abris. La vedette s’appelle Mehdi Meklat, hier encore il était la coqueluche de la famille islamo-gauchiste et de tous ses compagnons de chambrée. Dans le numéro du 1er février des Inrockuptibles il partageait la une avec l’icône Taubira. Il collaborait aussi avec le Bondy Blog, très engagé dans le combat actuel contre les policiers considérés uniment comme des tortionnaires racistes. Il était encore récemment chroniqueur de la radio active de service public France Inter.

    Oui mais voilà, patatras, on a retrouvé parmi les milliers de tweets qu’il n’a pas réussi à effacer des gazouillis racistes du dernier cri strident. Échantillons choisis : “je crache des glaires sur la sale gueule de Charb et tous ceux de Charlie hebdo”. “Sarkozy = la synagogue = les juifs = Shalom = oui, mon fils = l’argent”, “Faites entrer Hitler pour tuer les juifs”, “j’ai gagné 20 $ au PMU, je ne les ai pas rejoués parce que je suis un juif”, “les Blancs vous devez mourir asap” etc.

    Avec une touchante spontanéité, à présent qu’ils ont été découverts, voici ce que notre Mehdi a tweeté samedi dernier : “je m’excuse si ces tweets ont pu choquer certains d’entre vous : ils sont obsolètes”.

    Bah voyons, certains datent de 2012, autant dire le déluge. J’en connais qui vont fouiller les poubelles du père Le Pen, d’autres qui reprochent à un ancien conseiller de Sarkozy d’avoir dirigé Minute il y a 30 ans, mais dans notre cas, certains plaident déjà l’Antiquité…

    https://www.valeursactuelles.com/politique/goldnadel-lorque-medhi-seclate-68420 (merci james)

  • 12
    Letel:

    N’en jetez plus, la cour est pleine !

  • 11
    madimaxi:

    D’accord, Zoubor;
    M’suis trompé. C’est tout.
    Ceci dit vu de la Polakie c’est étrange. Il y a une chose très claire ? (le point d’interrogatif est ici introduit à dessein à l’attention du scrutateur Letel). On n’aime pas les Juifs et en même temps, depuis qu’ils sont partis ils nous manquent. Et tu sais pourquoi, Zoubor ? Une chose très simple qui s’appelle LA COMMUNAUTE DE DESTIN. Et c’est important que tu le saches car saches-le aussi que je suis de tout mon corps avec toi pôto ! C’est un indéniable plaisir.

    (Ptaing’, si ça continue cela me fera encore des amis ici alors que j’en ai déjà huit milliards et demi sur cette horrible planète).

  • 10
    Zoubor:

    Mon #9 a été kidnappé – seraient ce les censeurs et suceuses de l’ImMonde, ou l’equipe d’Edwi et du CCIF?

  • 9
    Zoubor:

    Madi, je ne vois guère de Juifs en Israël qui apprécient la France! Vue d’ici elle est tellement pathétique avec son tuyau de pétrole arabe enfoncé ds le fion….
    Seuls ceux qui se souviennent des années 50 ont un petit sourire indulgent et les pépés et mémés de l’ex URSS et de Roumanie on qlqs nostalgies, celui de la langue et de la littérature surtout

  • 8
    madimaxi:

    Ah, et j’ai oublié l’essentiel, MERCO.
    Si tu ne saisis pas que les Polaks et les Juifs sont les premiers admirateurs de notre pays c’est que t’es foutu.

  • 7
    madimaxi:

    T’es drôle MERCO.
    On n’avait rien à laisser ou ne pas laisser aux Polaks car ce n’étaient pas nos oignons. Ils ont le cuir dur dans leur plaine. En outre, venant de ta part, représentant de la vieille France fière, c’est assez surprenant. Les Polaks n’ont jamais trahi notre pays. Kozietulski, Maréchal Poniatowski, deux divisions entières+escadrilles de pilotes d’exception participant à la bataille de France. La division blindée du général Maczek fermant la porte de Falaise… Les mineurs du Nord et de Saint-Etienne et environs.

  • 6
    MERCATOR:

    Tiens hors sujet mais terriblement préoccupant, j’ai toujours dit que l’on aurait mieux fait de laisser les polaks sous occupation Russkof !

    GERMANY should become a nuclear superpower and spearhead European efforts to acquire weapons, according to leading politicians.

    Berlin is under pressure to obtain nuclear weapons for the EU over fears the United States will leave NATO.
    Head of Poland’s ruling party Jaroslaw Kaczynski told German newspaper Frankfurter Allgemeine Zeitung, he would « welcome an EU nuclear superpower » shortly before meeting Angela Merkel in Warsaw.

    It is thought he may have pressed the German Chancellor on the issue during the visit.

    Mr Kaczynski said Europe should become a superpower with a nuclear arsenal to rival Russia.

    Roderich Kiesewetter, a senior MP from Angela Merkel’s CDU party and foreign policy spokesman, has also called for Germany to take a leading role in the EU becoming a nuclear superpower.

    Mr Kiesewetter said he wants Germany to fund efforts for a « nuclear shield » for the bloc by helping Europe’s only nuclear powers, the UK and France, to boost their arsenals.

  • 5
    jc durbant:

    Eh oui, un territoire occupé peut en cacher un autre et eux, ils se découvrent palestiniens alors que nous, on continue à refuser de nous voir israéliens …

  • 4
    Zoubor:

    JC – ce TATP c est ce qu’utiisaient les palestiniens pendant la premiere intifada…. Les jihadiste francais ont donc 30 de retard mais voila un élément de plus a mettre sur ton dossier « Israelisation de la France » …. 😀

  • 3
    jc durbant:

    Vous avez dit identité heureuse ?

    Mais qui sait ?

    C’est peut-être des doubles passeports franco-israéliens ?

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/02/10/01016-20170210ARTFIG00119-quatre-personnes-soupconnees-de-preparer-un-attentat-arretees-a-montpellier.php

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    jc durbant:

    Double-nationalité : pour Salamé, on ne peut être Juif et Français en même temps… Ou… libanaise et française ?

    https://jforum.fr/double-nationalite-pour-salame-on-ne-peut-etre-juif-et-francais-en-meme-temps.html

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    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique.

    Françoise Chandernagor (février 2007)

    Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse.

    Emmanuel Macron

    Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped.

    The Sun

    Selon une étude menée par l’institut de recherche britannique Chatham House, les Européens seraient majoritairement favorables à la fermeture de leurs frontières aux individus originaires de pays musulmans. 55% des personnes interrogées ont ainsi déclaré être d’accord avec cette affirmation : “Toute immigration supplémentaire venant de pays à majorité musulmane doit cesser”. Un chiffre impressionnant. Dans le commentaire de l’étude, l’institut livre ses conclusions : “Nos résultats sont frappants et donnent à réfléchir. Ils suggèrent que l’opposition à l’immigration venant de pays à majorité musulmane n’est pas confinée à l’électorat de Donald Trump aux Etats-Unis mais est largement répandue”. Largement, mais plus spécialement dans les pays qui “ont été au centre de la crise migratoire ou ont vécu des attaques terroristes ces dernières années”. La Pologne (71%), l’Autriche (65%), la Hongrie et la Belgique (64%), ainsi que la France (61%), sont ainsi parmi les plus favorables à l’assertion de départ.

    Valeurs actuelles

    Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…) Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France.

    Karim

    Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés.

    Ali

    En fait, tout est écrit dans le Coran. Le châtiment des juifs, c’est l’enfer. L’histoire de Moïse est belle. Dieu lui a fait faire des miracles. Il a coupé la mer en deux pour qu’il puisse la traverser. Mais après tous ces miracles, les juifs ont préféré adorer un veau d’or. C’est à cause de cela que ce peuple est maudit par Dieu. Je parle avec mon père de ces choses-là. Parce que parmi les autres musulmans, il y a des sectes, des barbus qui peuvent t’envoyer te faire exploser je ne sais où. Alors je mets des remparts avec eux. Je suis fragile d’esprit, je préfère parler de ça avec ma famille, elle m’apporte l’islam qui me fait du bien.

    Djamal

    À en croire, par ordre d’entrée en scène, Enzo Traverso, Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, Edwy Plenel, Philippe Corcuff, Renaud Dély, Pascal Blanchard, Claude Askolovitch et Yvan Gastaut: les années 1930 sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Tous les auteurs que j’ai cités observent, comme l’écrit Luc Boltanski: «la présence de thèmes traditionalistes et nationalistes issus de la rhétorique de l’Action française et la réorientation contre les musulmans d’une hostilité qui fut dans la première moitié du XXe siècle principalement dirigé contre les juifs». Cette analogie historique prétend nous éclairer: elle nous aveugle. Au lieu de lire le présent à la lumière du passé, elle en occulte la nouveauté inquiétante. Il n’y avait pas dans les années 1930 d’équivalent juif des brigades de la charia qui patrouillent aujourd’hui dans les rues de Wuppertal, la ville de Pina Bausch et du métro suspendu. Il n’y avait pas d’équivalent du noyautage islamiste de plusieurs écoles publiques à Birmingham. Il n’y avait pas d’équivalent de la contestation des cours d’histoire, de littérature ou de philosophie dans les lycées ou les collèges dits sensibles. Aucun élève alors n’aurait songé à opposer au professeur, qui faisait cours sur Flaubert, cette fin de non-recevoir: «Madame Bovary est contraire à ma religion.» Il n’y avait pas, d’autre part, de charte de la diversité. On ne pratiquait pas la discrimination positive. Ne régnait pas non plus à l’université, dans les médias, dans les prétoires, cet antiracisme vigilant qui traque les mauvaises pensées des grands auteurs du patrimoine et qui sanctionne sous le nom de «dérapage» le moindre manquement au dogme du jour: l’égalité de tout avec tout. Quant à parler de retour de l’ordre moral alors que les œuvres du marquis de Sade ont les honneurs de la Pléiade, que La Vie d’Adèle a obtenu la palme d’or à Cannes et que les Femen s’exhibent en toute impunité dans les églises et les cathédrales de leur choix, c’est non seulement se payer de mots, mais réclamer pour l’ordre idéologique de plus en plus étouffant sous lequel nous vivons les lauriers de la dissidence. (…) Pour dire avec Plenel et les autres que ce sont les musulmans désormais qui portent l’étoile jaune, il faut faire bon marché de la situation actuelle des juifs de France. S’il n’y a pratiquement plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, c’est parce que, comme le répète dans l’indifférence générale Georges Bensoussan, le coordinateur du livre Les Territoires perdus de la République (Mille et Une Nuits), l’antisémitisme y est devenu un code culturel. Tous les musulmans ne sont pas antisémites, loin s’en faut, mais si l’imam de Bordeaux et le recteur de la grande mosquée de Lyon combattent ce phénomène avec une telle vigueur, c’est parce que la majorité des antisémites de nos jours sont musulmans. Cette réalité, les antiracistes officiels la nient ou la noient dans ses causes sociales pour mieux incriminer au bout du compte «la France aux relents coloniaux». Ce n’est pas aux dominés, expliquent-ils en substance, qu’il faut reprocher leurs raccourcis détestables ou leur passage à l’acte violent, c’est à la férocité quotidienne du système de domination. (…) Au début de l’affaire Dreyfus, Zola écrivait Pour les juifs. Après m’avoir écouté sur France Inter, Edwy Plenel indigné écrit Pour les musulmans. Fou amoureux de cette image si gratifiante de lui-même et imbu d’une empathie tout abstraite pour une population dont il ne veut rien savoir de peur de «l’essentialiser», il signifie aux juifs que ceux qui les traitent aujourd’hui de «sales feujs» sont les juifs de notre temps. Le racisme se meurt, tant mieux. Mais si c’est cela l’antiracisme, on n’a pas vraiment gagné au change. Et il y a pire peut-être: l’analogie entre les années 1930 et notre époque, tout entière dressée pour ne pas voir le choc culturel dont l’Europe est aujourd’hui le théâtre, efface sans vergogne le travail critique que mènent, avec un courage et une ténacité admirables, les meilleurs intellectuels musulmans. (…) Pendant ce temps, tout à la fierté jubilatoire de dénoncer notre recherche effrénée d’un bouc émissaire, les intellectuels progressistes fournissent avec le thème de «la France islamophobe» un bouc émissaire inespéré au salafisme en expansion. En même temps qu’il fait de nouveaux adeptes, l’Islam littéral gagne sans cesse de nouveaux Rantanplan. Ce ne sont pas les années 1930 qui reviennent, ce sont, dans un contexte totalement inédit, les idiots utiles. (…) Autrefois, on m’aurait peut-être traité de «sale race», me voici devenu «raciste» et «maurrassien» parce que je veux acquitter ma dette envers l’école républicaine et que j’appelle un chat, un chat. Entre ces deux injures, mon cœur balance. Mais pas longtemps. Mon père et mes grands-parents ayant été déportés par l’État dont Maurras se faisait l’apôtre, c’est la seconde qui me semble, excusez-moi du terme mais il n’y en a pas d’autres, la plus dégueulasse. (…) J’attends d’avoir fini le livre d’Eric Zemmour pour réagir. Mais d’ores et déjà, force m’est de constater que ceux qui dénoncent jour et nuit les amalgames et les stigmatisations se jettent sur l’analyse irrecevable que Zemmour fait du régime de Vichy pour pratiquer les amalgames stigmatisants avec tous ceux qu’ils appellent les néoréactionnaires et les néomaurrassiens. Ils ont besoin que le fascisme soit fort et même hégémonique pour valider leur thèse. Le succès de Zemmour pour eux vient à point nommé. Mais je le répète, ce n’est pas être fasciste que de déplorer l’incapacité grandissante de la France à assumer sa culture. Et ce n’est surement pas être antifasciste que de se féliciter de son effondrement.

    Alain Finkielkraut

    L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles] ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours?

    Georges Bensoussan

    En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…) la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme?

    Georges Bensoussan

    Nous sommes dans le déni. Peut-être parce qu’étant donnée l’horreur des exactions subies par les juifs dans le monde chrétien, et particulièrement sous les nazis, on a voulu croire à un islam tolérant. Or la légende d’Al Andalus, cette Espagne musulmane où les trois monothéismes auraient cohabité harmonieusement sous des gouvernements musulmans, a été forgée de toute pièce par le judaïsme européen au XIXe siècle, en particulier par les Juifs allemands, afin de promouvoir leur propre émancipation. Elle a ensuite été reprise par le monde arabe dans le but de montrer que les responsables de l’antagonisme entre juifs et Arabes étaient le sionisme et la naissance de l’État d’Israël. Coupables du départ massif des communautés juives d’Irak, d’Égypte, de Syrie, de Libye, du Maroc, etc., soit près d’un million de personnes entre 1945 et 1970. Mais, s’ils étaient si heureux dans leur pays d’origine, pourquoi ces gens sont-ils partis de leur plein gré ? En Irak, par exemple, les juifs comptaient parmi les plus arabisés d’Orient, et n’étaient guère tentés par le sionisme. Or ils ont été plus de 90 % en 1951-1952 à quitter le pays, après avoir subi le pogrom de Bagdad en juin 1941 – plus de 180 morts –, après avoir été victimes de meurtres, d’enlèvements, d’arrestations, de séquestrations, de vols et de torture dans les commissariats. C’est cette réalité-là qui a poussé ces juifs à l’exil. Un véritable processus d’épuration ethnique, d’autant plus sournois qu’à l’exception de l’Égypte, il n’a pas pris la forme d’une expulsion. (…) à eux seuls, des agents sionistes peuvent difficilement déraciner une communauté qui ne veut pas partir. Si les Juifs du Maroc ont quitté en masse leur pays – un tiers déjà avant l’indépendance –, c’est parce qu’ils avaient peur. D’expérience, ils craignaient le retour de la souveraineté arabe sur leurs terres. Ils ne se voyaient pas d’avenir dans leur pays, où la législation leur rendait la vie de plus en plus difficile. (…) Le Sultan, dit-on, se serait opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs. À ceci près qu’il n’y eut jamais d’étoile jaune au Maroc (et pas même en zone sud en France). Le sultan a fait appliquer à la lettre les statuts des juifs d’octobre 1940 et de juin 1941. (…) L’administration de Vichy était si gangrenée par l’antisémitisme (à commencer par le Résident général Charles Noguès) que l’attitude du sultan, par contraste, en apparaissait presque bienveillante ! En second lieu, les Juifs marocains partis en masse s’installer en Israël constituaient la partie la plus pauvre de la judéité marocaine, celle qui, de faible niveau social et professionnel, essuiera de front le racisme des élites ashkénazes. Être « marocain » en Israël était (et demeure) un « marqueur » péjoratif. Cette immigration s’est mise à idéaliser son passé marocain, sa culture, le temps de sa jeunesse, parfois tissé, au niveau individuel, de relations d’amitié entre juifs et Arabes. Ajoutons que la mémoire collective est socialement stratifiée. Il faut donc compter avec celle, moins douloureuse, des classes plus aisées qui ont émigré, elles, davantage, en France ou au Canada. Il justifie l’infériorisation du juif par le musulman : il autorise en effet les membres des religions dites du Livre à pratiquer leur foi, à la condition de payer un impôt spécial et d’accepter de se comporter en « soumis ». Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des musulmans, ils doivent pratiquer discrètement leur foi, et leur voix ne vaut rien devant un tribunal musulman. Tout cela a fait du juif un être de second ordre. Les témoignages abondent, de non-juifs en particulier – des militaires, des commerçants, des médecins –, sur la misère et la manière infamante dont les juifs pouvaient être traités. Mais ce statut avait été intégré par des communautés profondément religieuses, marquées par l’attente messianique et considérant que ce qu’elles vivaient était le prix de l’Exil. Les choses ont changé avec l’arrivée des Européens et la possibilité d’avoir accès à une éducation marquée par les valeurs issues des Lumières. Pour autant, le regard arabo-musulman sur « le Juif » ne changera pas de sitôt : un sujet toléré tant qu’il accepte son infériorité statutaire. Même les juifs qui rejoindront le combat des indépendances arabes comprendront peu à peu qu’ils ne seront jamais acceptés. De fait, tous ont été écartés ou sont partis d’eux-mêmes, et la création de l’État d’Israël ne fera qu’accroître le rejet. (…) il faut distinguer le monde turc, plus tolérant que le monde arabe, même si la situation est loin d’y avoir été idyllique. Le statut de dhimmi a été aboli dans l’Empire ottoman par deux fois, en 1839 et 1856, et l’on constate que les contrées où les juifs connurent la condition la plus dure – le Yémen, la Perse et le Maroc – ne furent que peu ou pas du tout colonisées par les Turcs. (…) Dans la France d’aujourd’hui, les problèmes d’intégration d’une fraction des jeunes Français d’origine arabo-musulmane font rejouer les préjugés ancestraux et donnent prise à la culture du complot qui cristallise sur « le Juif », cette cible déjà désignée dans l’imaginaire culturel maghrébin, et aggravée par la réussite de la communauté juive de France. Mais qu’y a-t-il de « raciste » à faire ce constat, à moins d’invalider toute tentative de décrire le réel ? Ce qui est inquiétant dans mon affaire, au-delà de ma personne, est que la justice donne suite à la dénonciation du CCIF, dont l’objectif est de nous imputer le raisonnement débile du racisme pour mieux, moi et d’autres avec moi, nous réduire au silence. (…) Quand les faits leur donnent tort, ils invoquent l’« objectivité » alors que le seul souci de l’historien face aux sources, a fortiori quand elles contreviennent à sa vision du monde, demeure l’honnêteté. Comme au temps où il était impossible de critiquer l’Union soviétique au risque, sinon, de « faire le jeu de l’impérialisme », la doxa progressiste s’enferme dans cette paresse de l’esprit. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de dire que le monde arabe, quoique colonisé hier, fut tout autant raciste, antisémite et esclavagiste. Quand la sociologue franco-algérienne Fanny Colonna a montré dès les années cinquante le poids de l’islamisme dans le nationalisme algérien, elle s’est heurtée aux « pieds rouges », ces intellectuels qui soutenaient le FLN et qui ne voulaient pas faire le jeu des opposants à la décolonisation. Orwell le soulignait jadis, certains intellectuels ont du mal à accepter une réalité dérangeante.

    Georges Bensoussan

    La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi.

    Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)

    Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

    Smain Laacher

    L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

    Georges Bensoussan

    L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant.

    Nacira Guénif (Paris VIII)

    Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ?

    Avocat du CCIF

    Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine !

    Alain Finkielkraut

    Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

    Pierre Nora

    Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…) Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée.

    Boualem Sansal

    Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ?

    M° Michel Laval

    La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf, pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ? Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

    Jacques Tarnero
















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