eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Affaire Fillon: A qui profite le crime ? (French presidential election: Hope and change now so things can stay as they are tomorrow)

Posté le jeudi 9 février 2017 par jc durbant

http://www.lesechos.fr/medias/2017/02/01/2061866_sondage-macron-le-plus-capable-pour-lelysee-hamon-le-plus-honnete-web-0211758079328.jpg

https://www.thesun.co.uk/wp-content/uploads/2017/02/nintchdbpict000300125351.jpg?strip=all&w=960

‘All further migration from mainly Muslim countries should be stopped’

Vous avez dit déjà vu ?

A l’heure où sur l’immigration, l’Europe vote Trump …

Et où comme pour ledit Trump et à l’aide de violations sytématiques et continues du secret judiciaire, se déchaine la curée médiatique contre le seul véritable espoir d’alternative pour la prochaine présidentielle française …

Coupable certes d’avoir largement profité, avec nombre de ses confrères, de pratiques longtemps légales de maximisation (récupération comprise, jusqu’à 2012, des reliquats non utilisés ?) de ses enveloppes d’assistance parlementaire …

Mais seul, 20 ou 30 ans après la Suède, la Nouvelle-Zélande ou le Canada, à avoir le courage d’affronter enfin au nom d’une plus grande efficacité du modèle social …

La véritable réforme de l’État et des politiques publiques qui pourra enfin sortir notre pays du chômage de masse qui le mine …

Comment ne pas voir avec l’excellent billet de nos confrères des blog Nathalie MP et H16 …

Et face tant à l’irrationnalité mariniste qu’à l’honnêteté hamoniste à 300 milliards …

Le véritable bénéficiaire de tant d’acharnement et dernier avatar en date, après ses versions Obama, Hollande ou Trudeau …

A savoir, selon la formule du célébrissime film de Visconti …

Celui du changement maintenant pour que rien ne change vraiment ?

jc durbant @ 11:44
Catégorie(s): LIBERTÉS etMédias etPendant ce temps-là, en France


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27 réponses à “Affaire Fillon: A qui profite le crime ? (French presidential election: Hope and change now so things can stay as they are tomorrow)”

  • 27
    jc durbant:

    Pour une fois, le Canard ne s’est pas attaqué à Fillon …

    L’assistant d’un sénateur PS postait des images d’égorgements …

    Pour une fois, le Canard ne s’est pas attaqué à François Fillon. Dans son édition du mercredi 22 février, l’hebdomadaire satirique a révélé que la page Facebook tenue par Yacine Chaouat, l’attaché parlementaire d’un sénateur socialiste, était parsemée d’images d’égorgements, d’appels au djihad ou bien de menaces aux koufars (les non-musulmans dans la terminologie islamiste)…

    http://www.valeursactuelles.com/politique/lassistant-dun-senateur-ps-postait-des-images-degorgements-68852 (merci james)

    Affaire Yacine Chaouat : le mythe de la France raciste et islamophobe …

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/22/31003-20150622ARTFIG00180-affaire-yacine-chaouat-le-mythe-de-la-france-raciste-et-islamophobe-reactive.php

  • 26
    jc durbant:

    Enfin !

    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/02/21/35003-20170221ARTFIG00254-presidentielle-fillon-repasse-devant-macron-dans-un-sondage.php (merci james)

  • 25
    jc durbant:

    « Le dossier de François Fillon est tout pourri, et on a les crocs dans la viande, personne ne doit s’imaginer qu’on va la lâcher » …

    http://www.causeur.fr/fillon-parquet-canard-presidentielle-solere-42732.html (merci james)

    https://www.bloomberg.com/politics/articles/2017-02-20/le-pen-advances-in-french-polls-as-security-concerns-sway-voters

  • 24
    jc durbant:

    L’illusion lyrique qui durant un siècle et demi a imposé l’hégémonie intellectuelle et morale de la gauche sur la société tout entière s’est évanouie…

    Entre Condorcet, Hugo, Marx et nous se dressent le sinistre portail d’Auschwitz, le froid mortel du goulag, l’ombre hallucinatoire des Khmers rouges. Notre siècle a payé pour savoir que l’idée d’un progrès moral de l’humanité imposé par l’État n’est pas seulement une utopie, mais que c’est une utopie meurtrière, la plus sanglante et la plus barbare de toutes. Certes, ce n’est pas le progrès qui est mort, nous en sommes témoins chaque jour, mais la philosophie du progrès, celle du moins qu’on a voulu en tirer, le progressisme. Que cette mésaventure en forme de cauchemar qui résume l’histoire du siècle révolu n’ait donné lieu à aucune grande entreprise de réflexion, à l’exception peut-être de Soljenitsyne, en dit long sur l’insignifiance philosophique de notre époque, son caractère le plus souvent clownesque. Ajoutons que si la justice a été dévoyée, la science ne l’a pas été moins. Le développement tumultueux des forces productives, comme on disait naguère, s’est traduit par un divorce sans précédent entre l’homme et la nature, dont le dérèglement climatique et les menaces de détérioration de la planète sont les symptômes. L’illusion lyrique qui durant un siècle et demi a imposé l’hégémonie intellectuelle et morale de la gauche sur la société tout entière s’est évanouie. (…) En face de ce progressisme social, se dresse de plus en plus une sorte de « progressisme moral », entendez de transformation des mœurs par la loi. En vérité, ce qui triomphe, c’est l’individualisme le plus exacerbé que les sociétés modernes aient jamais inventé. Le progressisme social s’appuyait sur des actions de classes et de masses. Le progressisme moral a recours à des actions culturelles, notamment dans les médias, Internet, les réseaux sociaux, visant à imposer la reconnaissance et même la prépondérance des droits des minorités, ethniques et sexuelles, affirmant bien haut leur particularisme au nom de la lutte contre les discriminations… Le chemin parcouru est immense, à la hauteur des désillusions produites par le socialisme classique. Que ce socialisme, cette doctrine communautaire, ait cédé la place à l’individualisme ; l’ère des masses à celle des minorités, l’exigence de l’unité du genre humain à sa diversité, la philosophie de l’histoire à la dénégation de passé, le prolétariat industriel à la bourgeoisie diplômée comme accoucheuse de l’Histoire, en dit long sur la mutation que vient de connaître la gauche : fin de sa gesticulation prolétaroïde et de son verbiage pseudo-marxiste. Voilà pourquoi le peuple ne se reconnaît plus en elle et le fera de moins en moins. D’où la substitution d’une sorte de morale de mouvement, de « bougisme » comme dit Pierre-André Taguieff, à la philosophie du progrès. Lisez une page d’Emmanuel Macron : la « mobilité » est le maître mot, et le remède à tous les maux. Il y a longtemps déjà que Jean-Claude Michéa dénonce le caractère mystificateur pour le peuple de cette philosophie, et encore aujourd’hui dans Notre ennemi le capital (Climats) ; que Michel Houellebecq voit dans l’obsession de la nouveauté chez les « progressistes » « une sorte d’épiphanie permanente, très hégélienne dans sa niaiserie » ; et que tout récemment Régis Debray oppose à « l’histoire progressiste le progrès rétrograde » ( Allons aux faits , Gallimard/France Culture ).

    Jacques Julliard (merci james)

  • 23
    jc durbant:

    Les électeurs de droite réaliseraient-ils, comme ceux de Trump avant eux, qu’à travers le lynchage médiatique de leur ripou de Fillon, ils sont en train de se faire voler leur alternance ?

    Et leur dernière chance, sur fond de menace terroriste, pour libérer enfin la France, comme l’Amérique avant elle, de cette caste de bureaucrates, apprentis sorciers et flagellants qui non seulement n’aiment pas vraiment leur pays mais font tout pour en dégoûter les autres, immigrés récents compris ?

    http://www.valeursactuelles.com/politique/sondage-fillon-saccroche-macron-fait-pschitt-67907

    Voir aussi:

    « Si l’attentat déjoué au Louvre avait tourné au carnage, on aurait beaucoup moins parlé de l’affaire du Penelopegate » …

    Christophe Barbier (merci james)

  • 22
    madimaxi:

    Le problème revêt ici deux aspects :

    – comment faire aimer ce pays alors que ce pays ne s’aime pas et ne se respecte pas lui-même ? Comment demander à un immigré de s’intégrer à cette France xénophobe, raciste, colonisatrice au passé esclavagiste ? Quelle fierté à exiger de cet immigré de faire partie de cette patrie ?

    – une contradiction majeure apparaît. Niée dans le principe mais réelle dans les faits. Une différenciation inégalitaire et antirépublicaine. Si Dupont est cet héritier de tout ce que la France incarne de mauvais alors Momo qui est Français doit l’être aussi. Ou alors on crée, « à l’insu de son plein gré », des catégories des citoyens séparées. Le communautarisme, tellement décrié, apparaît à ses adeptes finalement comme justifié.

    Pour des gens lucides comme nous sur ce site, cette réalité est manifeste. Il existe bien deux catégories des Français. Les Français français, nés ici ou venus d’ailleurs comme madimaxi et les Français de papier. Et il serait marrant de constater que cette réalité manifeste est le fruit des pratiques gôchorigides des gens qui la nient tout en étant à son origine. Sauf que voilà. Vu l’état de délabrement, ce n’est pas marrant du tout. C’est à pleurer.

  • 21
    Marianne:

    Le voilà un peu plus plombé aujourd’hui, ce pourri répugnant. Une fois de plus, on aura pu vérifier que religion ostentatoire et moralité ça fait deux.
    Qu’on l’envoie vite rejoindre ses prédécessurs dans les poubelles de l’histoire. Encore que Sarkozy ait une fâcheuse tendance à sortir de sa poubelle par la fenêtre quand il y est entré par la porte.
    Et que la famille Le Pen tarde un peu à y disparaître.

  • 20
    jc durbant:

    ILS NOUS REFONT LE COUP DE BLACK LIVES MATTER ?

    Lire Libération et ses vieux clichés fait mesurer l’étendue du désastre français. Le numéro de ce mercredi est à conserver, pour ceux qui veulent comprendre les mécanismes de subversion, construits sur la culpabilisation de la nation, la victimisation des minorités, la cécité des belles âmes, le suivisme des médias. « Pour Adama, pour Théo, ils s’engagent », titre le quotidien en alignant une série de signatures venues majoritairement du show-biz. Sur deux pages intérieures, les indignations se déclinent sur la mort « suspecte » d’Adama Traoré lors de son arrestation cet été, et sur le récent « viol » présumé, mais contesté par l’IGPN, du « petit Théo », gaillard de 22 ans. Il n’est pas question ici de minimiser ces deux affaires, mais de relever le deux poids deux mesures. Ce même show-biz, qui s’auto-promeut une fois encore dans l’étalage d’un humanitarisme flexible, n’a jamais eu l’idée de pétitionner pour dénoncer les criminels de Viry-Châtillon qui, en octobre 2016, ont brûlé vifs deux policiers dans leur voiture, ou l’islamiste du Val Fourré (Mantes-la-Jolie) qui a décapité une policière devant son enfant après avoir poignardé son mari, en juin 2016 à Magnanville. Ces moralistes dénoncent « la violence raciste » des policiers mis en cause, sans éléments judiciaires probants pour l’instant. Mais ils restent silencieux face à l’antisémitisme qui se répand dans ces quartiers où, plus généralement, le Blanc occidental est vu comme un intrus. Ce ne sont pas seulement les policiers qui sont les ennemis des « jeunes sensibles » mais les pompiers, les médecins, les enseignants, les journalistes. « Si on se tait, c’est toute notre société qui se salit », titre un des textes, qui dénonce « une culture de l’excuse permanente des excès des forces de l’ordre »…

    Cette inversion des réalités et des valeurs doit tout au dernier carré d’idéologues qui ont trouvé refuge sur le radeau Libération. Ce monde cul par-dessus tête permet de soutenir que ce sont les policiers impliqués dans les violences qui sont les « agents du désordre », et que les voyous sont en réalité en état de légitime défense. Mais le show-biz, prisonnier de réflexes pavloviens, se prête-là à une dangereuse mascarade. Le communiste André Gerin, député-maire honoraire de Vénissieux, l’a admis, après le massacre à Charlie-Hebdo (1) : « La société a produit des enfants devenus des talibans français qui sont en guerre contre leur pays, contre la République, contre les valeurs issues de la Révolution française ». Beaucoup d’enfants des cités vivent, avec une moindre radicalité bien sûr, dans cet état de rupture politique avec la France. Nombreux sont les témoignages qui confirment celui du CRS Camille Claude (un pseudonyme, pris pour des raisons de sécurité) : « Je travaille dans ces lieux où les pompiers refusent désormais d’intervenir et où les médecins ne se déplacent plus. (…) J’y ai été invectivé, sali, agressé, blessé même. Les « nique la police » succèdent aux « sales Blancs » ou « Allah va vous niquer » que l’on peut entendre à longueur de vacation ou lire sur les murs pourtant régulièrement repeints ». La police est laissée seule face à une contre-société qui veut en découdre. Dans Le Figaro de ce jour, un officier s’inquiète : « Bien des policiers des cités vivent dans la peur. Ceux des BAC ont parfois leur nom inscrit sur des murs, certains sont même suivis jusqu’à leur domicile ». Les pétitionnaires ont choisi leur camp : celui d’une République sommée de baisser les bras. Leur lâcheté les déshonore.

    Ivan Rioufol (merci james)

  • 19
    jc durbant:

    Macron-Tancredi: un coup d’un côté, un coup de l’autre !

    https://francais.rt.com/france/29521-tolle-propos-macron-effets-positifs-colonisation-algerie

    http://www.jeuneafrique.com/403851/politique/algerie-emmanuel-macron-colonisation-crime-contre-lhumanite/

  • 18
    jc durbant:

    Au secours ! La gauche revient !

    Qu’il y ait derrière une instrumentalisation de cette affaire, sur des choses qui peuvent d’ailleurs être réelles, ça m’apparaît évident. Il suffit de voir la célérité avec laquelle sont menées toutes ces enquêtes» pour en être convaincu. On n’est pas complètement naïf, on n’est pas complètement dupes (…) C’est la démonstration qu’il y a peut-être des intérêts derrière (…) On sait très bien que les affaires sont une façon de salir les politiques, de les empêtrer là-dedans, d’empêcher d’aller sur le fond. Il y a un risque que la gauche revienne au pouvoir.Ceux qui pensent qu’il mènerait une politique radicalement différente que ce que la gauche a mené ces dernières années se trompent.(…) On dit qu’Emmanuel Macron n’a pas de programme, mais il a en réalité un programme très clair: c’est plus d’immigration, c’est l’apologie du multiculturalisme, c’est un candidat qui dit qu’il n’y a pas de culture française, c’est quelqu’un qui veut libéraliser totalement les services publics et l’économie en général, qui est a priori plutôt libertaire sur les questions sociétales type GPA, PMA, mariage homosexuel.

    Marion Maréchal-Le Pen (merci james)

  • 17
    jc durbant:

    Il faut que tout change pour que rien ne change

    A la fin d’un quinquennat catastrophique qui discrédite la gauche et après le Penelope Gate qui a récemment affaibli François Fillon, les sondages d’opinion prévoient un affrontement entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. (…) le véritable clivage qu’ils sont en train de façonner, c’est l’opposition entre le peuple et l’élite. (…) Cette opposition a malheureusement déjà pris corps dans notre pays comme le montrent les analyses de Christophe Guilluy. La France des métropoles mondialisées et la France périphérique se sont séparées : des niveaux de vie très éloignés, des moeurs contraires, des territoires cloisonnés, des visions du monde, de la France et de l’avenir contrastées. Marine Le Pen l’a bien compris et a choisi de s’adresser à cette deuxième France, celle des oubliés et des laissés pour compte: ce qu’elle appelle le Peuple. Son objectif est de transformer le FN en « parti du peuple »: ce n’est pas un hasard si son slogan de campagne est « Au Nom du peuple ». Pour réussir son pari, elle a besoin d’avoir comme contradicteurs un « parti de l’élite », du système. Emmanuel Macron, en s’adressant principalement aux vainqueurs de la mondialisation, est en train de lui faire ce cadeau. L’ « UMPS » qu’elle dénonce depuis des années existe désormais: il s’appelle En Marche! La nouveauté qu’est supposé incarner Emmanuel Macron n’est en effet qu’un simulacre. En réalité, il défend l’ordre ancien, celui des libéraux libertaires de 1968. La preuve en est qu’il est soutenu par tous les caciques de cet establishment: Pierre Bergé, Alain Minc, Daniel Cohn-Bendit et Jacques Attali en tête. Il est leur créature, l’ambassadeur dont ils rêvaient au moment où leurs corps ne leur permettent plus d’apparaître comme modernes et séduisants. C’est Tancredi dans Le Guépard de Visconti: « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

    http://www.valeursactuelles.com/politique/emmanuel-macron-le-plus-sur-chemin-vers-marine-le-pen-66922 (merci james)

  • 16
    jc durbant:

    L’actuel lynchage de François Fillon en est la preuve, à mes yeux. Les trois crises successives (2000, 2007 et 2008) ont rompu le lien de confiance entre la base et le sommet de la pyramide sociale. La rage et le désespoir se sont emparés de populations entières. On ne «donne» plus de travail. Les autorités se découvrent impuissantes. Elles ont perdu leur ressort vital. Comment en est-on arrivé là? C’est que chacun s’en remet à d’autres de ses responsabilités… En dépit de tous les discours généreux sur la solidarité, nous attendons trop des autres et n’exigeons pas assez de nous-mêmes. (…) Dans le cas de François Fillon, le feuilleton impose son rythme, ses dates. Les «vérités» qui sont publiées dormaient depuis des lustres dans des mémoires obscurcies. Aujourd’hui, on découvre quelque chose que l’on savait depuis longtemps. On allume les feux du scandale pour focaliser l’attention. Toute cette dramaturgie n’est que pure hypocrisie des uns et des autres et permet d’éviter de traiter les questions de fond. Le chômage, la fiscalité, la sécurité, la pauvreté, l’immigration, il n’en est plus guère question. La politique, conceptuellement détruite, vidée de sa substance, cède la place à une morale agressive. Cette stratégie a été mise à l’épreuve dans le cadre de l’élection américaine de novembre dernier. Prenons garde de ne pas arriver au même résultat. (…) Tocqueville pensait qu’en annihilant l’aristocratie, nous avions nivelé la société. Tous égaux, nous nous sentirions désormais capables de tirer la vérité de nous-mêmes sans avoir recours à une hiérarchie préalablement établie. L’égalité favorise assurément l’esprit critique mais aussi également le scepticisme, voire le pessimisme. Replié sur soi, chacun devient la proie de la jalousie ou de l’envie qu’Aristote définissait comme «la peine causée par la prospérité d’autrui».(…) Chacun d’entre nous est invité à une constante mise en scène de lui-même. Et nous voudrions tout savoir de l’autre. Tout sans réserve. Nous voudrions que l’autre se dévoile. Pas de secret, pas de limite. L’exhibitionnisme et le voyeurisme font partie des perversions majeures de notre temps. La jouissance, la plus largement partagée. De la télé-réalité au compte Instagram de Kim Kardashian, les exemples sont légions. Ce que la société nous offre, ou plutôt nous impose, un djihadiste y verra un vide abyssal que seul vient combler illusoirement un narcissisme exacerbé, sexualisé à outrance et commercialement exploité. L’individu s’épanouit dans le narcissisme. Il semble que les plus récentes générations en Occident soient particulièrement touchées par cet amour excessif porté à l’image de soi, à commencer par celle de son corps propre. Notre société se trouve aujourd’hui submergée par ces images. Nous vivons le temps de l’«intime public» qui bouleverse les cadres de la décence et même de la pudeur. Le selfie ou égo dans sa version française québécoise (simplification d’égoportrait) est venu opérer la jonction entre égoïsme et narcissisme au bénéfice du second. L’adjonction d’un support rétractable pour téléphone portable, le «manche à selfie», aggrave et étend ce mouvement. Désormais, nul n’observe plus les monuments historiques ou les paysages exotiques si ce n’est au service ou à la gloire de sa propre-image. Le monde extérieur n’a plus d’intérêt et de réalité que si j’en constitue la figure centrale. Le monde est mon décor, sans limite.(…) Jugement implacable mais les électeurs se révèlent souvent rebelles. Voyez le Brexit ou la victoire du non au référendum italien. Voyez aussi l’élection de Trump qui s’est refusé à la logique de la transparence malgré les injonctions de l’establishment. Depuis Freud, les psys nous ont apporté des connaissances originales sur la psychologie des hommes politiques. Il me semble toutefois que la question doit être posée en termes différents. On peut partir comme le député François Cornut-Gentille du constat de l’«impuissance publique» généralisée. Voyez! Les réformes, quand il en vient, sont toujours à reprendre parce qu’on les confond avec des modifications administratives ou des changements d’organigramme. Un véritable automatisme de répétition semble ainsi s’être emparé de la représentation Nationale. D’où une «intempérance législative» (une suractivité), et la médiocrité des textes. Même le fameux «choc de simplification» s’est transformé en une tyrannie normative. À peine une loi votée, les ministres se consacrent à formuler normes et règlements administratifs qui paralysent notre pays. Chaque cas se trouve encadré par un texte, décret, règlement ou circulaire. On le voit avec la crise de l’agriculture et la situation des paysans français. Est-ce l’«art de gouverner»? Plutôt une technique pour donner le change une fois perdu tout contrôle sur le destin du peuple. Voyez la pauvreté actuelle de la réflexion législative. Et l’esquive plus ou moins astucieuse que constituent les débats sur les «valeurs» auxquels ont recours la droite comme la gauche ne peut suffire à endiguer la violence qui ronge le lien social. Ne reste plus que le fantôme du «vivre ensemble» comme objectif officiel à la politique. Quel résultat… (…) En soi, la technologie n’est ni bonne ni mauvaise. Qualifier ainsi une technologie en tant que telle serait saugrenue. Vous lui trouverez forcément des effets positifs et négatifs. J’ajoute que cela peut même varier selon l’époque. Pensez au radium découvert par Marie Curie et son mari. Avant d’être interdit en 1937, il était utilisé jusque dans le talc pour bébé! Le patron de Facebook, Marc Zuckerberg, n’y va pas par quatre chemins. Il considère que la norme sociale est l’exhibitionnisme. Il faut tout dire et s’exposer à la face du monde, sauf à être hors norme. Lorsque vous tentez d’expliquer à un gamin qu’il laisse des traces numériques et une multitude d’informations sur ses goûts, ses désirs, ses envies, ce dernier vous répondra qu’il n’a rien à cacher. L’ancien président de Google, Éric Schmidt, considère d’ailleurs que seules les personnes qui ont des choses à se reprocher se soucient de la protection de leurs données personnelles! Cela revient à confondre la notion d’intimité et celle d’innocence. Eric Schmidt soutient qu’il ne peut vous garantir la récupération de vos propres données à partir du moment où vous les entrez. Son modèle économique ne le permet pas et, en conséquence, sa société s’autorise à conserver les informations. Et l’utilisateur l’accepte comme une fatalité. Lors d’une conversation avec Alex Türk, l’ancien président de la CNIL, ce dernier m’expliqua que Google avait travaillé sur une notion de «banqueroute de réputation» dans l’éventualité où un internaute verrait sa réputation détruite sur le Web. L’idée était que l’État permettrait un changement d’identité. Nous pourrions avoir ainsi plusieurs identités durant notre vie. Larry Page, le co-fondateur de Google et son actuel président, espère qu’à terme son empire gérera la totalité des connaissances mondiales accumulées et que les États seront dans l’obligation de se tourner vers lui. Celui-ci disposant de la totalité des informations sur les citoyens du monde, les États, avec leurs fichiers régaliens classiques, seront relativement bien plus ignorants et devront se tourner vers Google qui décidera de leur transmettre (ou non) telles informations sur leurs citoyens. Tout ceci est du domaine public mais qui s’en soucie? Qui s’en alarme véritablement? (…) Paradoxalement, la transparence livre les citoyens à une conception de la société qui favorise un pouvoir sans aucune limite. C’est bien l’idée du régime totalitaire. La différence, c’est qu’il ne s’agit plus d’un régime ouvertement brutal du pouvoir mais d’un pouvoir qui se veut souriant auquel, néanmoins, les individus sont contraints d’adhérer totalement. Edward Bernays, le neveu de Freud, me permettra de conclure notre entretien: «Un automate ne peut pas éveiller l’intérêt du public. Un leader, un lutteur, un dictateur, oui»…

    Dominique Lecourt (merci james)

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/10/31001-20170210ARTFIG00259-dominique-lecourt-la-transparence-mene-a-une-tyrannie-souriante.php

  • 15
    jc durbant:

    La Taubira dans ses oeuvres !

    http://www.atlantico.fr/decryptage/quand-christiane-taubira-emploie-faire-promo-mot-bamboula-benoit-rayski-2961968.html#tRFl7kH5qgrk6moQ.01

  • 14
    jc durbant:

    Avec plus de 660 affaires recensées depuis son lancement le 9 décembre 2014, la carte publiée par Transparency France dessine le paysage contrasté de la corruption sur le territoire. Au palmarès des régions les plus touchées, l’Ile-de-France et la région PACA arrivent en tête, mais ce sont l’outre-mer et la Corse qui détiennent les records quand on pondère le nombre de condamnations avec le PIB. Le gros des affaires concerne la prise illégale d’intérêts dans le cadre de marchés publics et le détournement de fonds publics. (…) La base de données de Transparency est en accès libre sur le site. Chacun peut s’en emparer pour imaginer de nouveaux calculs, développer ses propres analyses. En septembre dernier, un hackathon a permis de développer de nouvelles visualisations, à partir des montants détournés ou des motifs de condamnations. « On pourrait aussi comparer le délai du jugement en fonction du statut de l’élu », souffle Raymond. Avec cette carte, l’association Transparency s’inscrit dans une démarche ouverte de partage des connaissances et de biens communs, avec la volonté de diffuser dans le grand public une culture de la donnée et du code, des outils devenus incontournables dans la lutte contre la corruption, comme l’a montré le récent sommet de l’OGP à Paris du 7 au 9 décembre 2016. « L’open data est un outil essentiel pour une plus grande transparence », estime Laurène Bounaud, directrice de Transparency France, qui se félicite des « avancées de la loi pour une République numérique dans ce domaine » mais s’inquiète que « les décrets puissent en réduire la portée ».

    http://www.lemonde.fr/chronique-des-communs/article/2017/02/11/une-carte-collaborative-de-la-corruption-en-france_5078252_5049504.html

  • 13
    jc durbant:

    A l’époque des faits, la non-consommation de l’enveloppe collaborateurs revenait de droit au deputé employeur. Dès lors si l’idée était d’augmenter son revenu, nul besoin de passer par sa femme

    Julien Aubert

  • 12
    James:

    L’article Foreign Policy, écrit à la truelle, devrait faire preuve d’un peu plus d’humilité. La fonction d’assistant parlementaire à été créée par Edgar Faure en 1975 précisément après un voyage aux États-Unis où ce dernier, en regardant l’organisation du travail au Congrès, a importé l’idée pensant qu’elle moderniserait l’Assemblée Nationale. Bien entendu, me direz-vous, les politiques français en ont fait ce qu’ils voulaient de cette innovation; ainsi, ils n’étaient pas tenus de la corrompre à ce point. Cela va de soi.

    En outre, présenter la France comme un pays qui serait quasiment aussi corrompu que le Zimbabwe est quand même assez grotesque et savoureux dans la mesure où l’on a pas vu, ces 8 dernières années, la presse américaine se bousculer au portillon lorsque cela concernait les divers scandales de l’administration Obama.

    Au fait, dans ce même rapport (cité dans l’article), les États-Unis sont classés 18ème

  • 11
    jc durbant:

    No one in France disputes Fillon’s right to have paid his wife as an “assistant” over the course of eight years. While nepotism laws in America prohibit such practices — unless you are president — not so in France. More than one-fifth of French parliamentary representatives — 115 of 577 — employ one or more family members as “assistants.” Yet, while it is not illegal for political officeholders in France to hire family members, it is illegal to create so-called emplois fictifs, or make-believe jobs where you pay relatives for work they have not, are not, and never intend to do. Herein lies the rub with the Fillons. Until the Canard’s scoop, there was no reason to believe that the Welsh-born Penelope Fillon devoted her life to anything other than her family of five (unless you count the five horses stabled near the family’s 12th-century chateau). Mme Fillon has previously conceded that she had extra time on her hands. (…) Fillon did not help his cause by revealing in the same interview that, while a senator, he had also paid two of his children to handle specific cases for him because of “their particular competence as lawyers.” (The problem, as several newspapers quickly pointed out, is that neither child was a lawyer yet; the latest Canard story reports that they were paid approximately $90,000 for their work.) Over the weekend, fresh news broke out that between 2005 and 2007, Fillon had written himself seven checks totaling about $28,000 from an account earmarked for paying assistants; then came the new revelations that his wife’s pay had been even more than first thought. The two pillars of Fillon’s candidacy have been the economic imperative of scaling back the state’s social protections, and the political imperative of being untouched by scandal. The two are interconnected; the former relies on the latter. That Penelope Fillon drew an exorbitant salary for reading her husband’s speeches before saddling up for a morning canter will not go down well with an electorate being asked to make financial sacrifices. At the same time, Fillon has always emphasized that his hands, unlike those of his fellow Gaullist contenders, were clean. (…) France is not a particularly corrupt country, in global terms, but in the West it is something of an outlier. According to Transparency International’s 2016 “corruption perception” index, France ranked 23rd among 176 nations, just behind Estonia and just ahead of the Bahamas. It is not, of course, Somalia or Syria. But neither is it Denmark, New Zealand, Canada, or even the United States. In Western Europe, it outranks only Portugal, Italy, and Spain. What may make matters worse is that French corruption is particularly high-profile: It doesn’t come in the form of cops asking for petty bribes, or companies buying off bureaucrats. Rather, thanks to the peculiarly French principle of a republican monarchy, French corruption involves vast sums and takes place at the highest levels of government. Created by De Gaulle in 1958, the Fifth Republic hands vast power and prestige to the presidency. The president, in principle, is not answerable to Parliament; the president, in essence, reigns and his ministers merely rule. While De Gaulle also endowed the office with his personal imperiousness and incorruptibility, his descendants have held tight to the former while mostly trashing the latter. From the late 1970s, when Central African Republic Emperor Jean-Bedel Bokassa showered Valéry Giscard d’Estaing with diamonds, through the 1980s, when Chirac, while mayor of Paris, embezzled public funds for his presidential campaign, to Sarkozy and the kaleidoscope of court cases confronting him, ranging from influence peddling to accepting $54 million in campaign financing from former Libyan dictator Muammar al-Qaddafi, the French presidency has been consistently mired in scandals worthy of the Bourbons. (François Hollande, for all his fecklessness, has — to give credit where it’s due — kept his hands relatively clean during his time in office; his scandals have been of the personal sort.) This relentless drip of scandals both dampens public attitudes toward the mainstream parties — a Transparency International poll taken late last year revealed that three-quarters of the French believe that parliamentary deputies and government ministers are corrupt — and continues to raise the boat of the far-right National Front (FN). Marine Le Pen’s party has its own instances of financial misbehavior: The European Union had determined that the FN defrauded the European Parliament budget of more than $324,000, which it used to illicitly pay FN staffers. Perhaps because the victim was Brussels, however, and because Le Pen was not enriching herself personally, the scandal has had little traction in France; this week, while Fillon was busy battling for his political life, Le Pen was scoffing at the notion that she might return the funds. More to the point, it hasn’t stopped Le Pen from positioning herself as the only candidate able to drain the French swamp. Given the steady 25 to 26 percent support her party attracts in polls, a sizable group, it seems, believes her. The reluctance of French governments to address the problem of corruption is well known. In 2014, a European Union report rapped France’s knuckles for its faulty firewalls in campaign financing, its judiciary’s relative lack of independence, and the absence of political willpower to tackle a culture of corruption. Until recently, moreover, the foot-dragging of politicians over these issues has not unduly bothered French voters. As Jean-Christophe Picard of the watchdog group Anticor notes, through the 1980s and 1990s the public mostly tolerated such wheeling and dealing. “In France, there is the idea that defrauding and wasting public money is not too serious a problem as long as there are no direct victims,” he said in a recent interview with the weekly French magazine L’Obs. There have been some recent attempts to remedy the problem: Last year, the country enacted the Sapin II Law, which, for the first time, creates an anti-corruption agency, requires members of Parliament to render public the names of everyone listed on their official payrolls, and affords fuller legal protection to lanceurs d’alerte, the rather awkward French term for whistleblowers. The law has been hailed as an important step by transparency advocacy groups, but much of the law is aimed at targets lower down than the Élysée. It is still too early to tell if the recent revelations will bar Fillon from the presidency, but it is looking increasingly likely. He has already vowed that he will end his campaign if formal charges are brought against him; on Tuesday, police were spotted at his parliamentary office looking for evidence. Even if the courts do not act before this spring’s election, Fillon’s reputation has already taken a serious hit. In an Odoxa poll taken after the Canard’s scoop, 61 percent of respondents had a bad opinion of Fillon, while just 38 percent thought favorably of him — a 4 percent drop since Jan. 8. An even more recent poll, conducted by Elabe, shows that Fillon is now in danger of not even making it past the first round of France’s two-stage election process. One of the beneficiaries of his decline will be Le Pen, who even before Penelope-gate had overtaken Fillon in a Le Monde poll; another may be Emmanuel Macron, the center-left independent whose campaign continues to gain momentum. French politics is looking more unpredictable than ever, and much can still happen between now and the first round of the election, which is slated for late April. But one thing does seem clear: With Penelope-gate, a long French tradition looks set to continue.

    Foreign Policy

  • 10
    James:

    François Bayrou dans une envolée lyrique et vengeresse a déclaré parlant de François Fillon que “jamais sous la Vème République un candidat à la présidentielle n’avait été ainsi sous l’influence des puissances d’argent”. La dénonciation des “puissances d’argent” est une spécialité française qui, bien que très ancienne, n’a pas encore atteint sa date de péremption.

    Dénoncer l’argent qui corrompt, l’argent-roi a été pendant longtemps une spécificité de l’extrême droite française. Cette dernière, nationale et patriotique se ressourçait dans la pureté de la terre qui ne ment pas, en dénonçant les ploutocrates apatrides et les banques cosmopolites. A l’extrême gauche on tenait un discours voisin avec, néanmoins, quelques arrangements particuliers. On vilipendait le gros capitaliste suceur du sang de l’ouvrier. On traînait dans la boue le banquier rapace et avide qui dépouillait le peuple. Certaines affiches de la CGT portent encore aujourd’hui les traces de cette belle séquence révolutionnaire.

  • 9
    jc durbant:

    EVE PLENEL EST AINSI

    Elle gagne 3000 euros par mois (1). Se méfie beaucoup des conflits d’intérêts. Aujourd’hui, Eve a deux enfants, vit avec un spécialiste des sciences politiques, spécialiste de la police et de la justice, qui se situe bien sûr à la gauche de la gauche. Et la petite famille habite à Berlin. N’est-ce pas un brin gênant quand on dirige une association de terrain, et que l’on vient d’être nommée à la tête de Paris sans sida ? «C’est un mi-temps, et, en plus, je suis souvent à Paris», vous répond-elle. Eve Plenel est ainsi…

    (1) Ces 3000 euros net correspondaient au total des deux mi-temps effectués lors de la réalisation de ce portrait.

    http://www.liberation.fr/france/2016/06/23/eve-plenel-virus-militant_1461579

  • 8
    madimaxi:

    « Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, »

    Venant de la Polakie et y revenant régulièrement je sais que l’esprit de Sobieski, Sienkiewicz, Kamieniec Podolski et Pan Wolodyjowski, Varna 1444, Vienne 1683… depuis tout petit on baignait dedans.

  • 7
    jc durbant:

    Après l’histoire, c’est désormais la sociologie qui se dit dans les prétoires …

    Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique.

    Françoise Chandernagor (février 2007)

    La pire insulte qu’un Marocain puisse faire à un autre, c’est de le traiter de juif, c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi.

    Saïd Ghallab (Les Temps modernes, 1965)

    Cet antisémitisme il est déjà déposé dans l’espace domestique. Il est dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juif. Mais ça toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir que cet antisémitisme il est d’abord domestique et bien évidemment il est sans aucun doute renforcé, durci, légitimé, quasi naturalisé au travers d’un certain nombre de distinctions à l’extérieur. Mais il le trouvera chez lui, et puis il n’y aura pas de discontinuité radicale entre chez lui et l’environnement extérieur parce que l’environnement extérieur en réalité était le plus souvent dans ce qu’on appelle les ghettos, il est là, il est dans l’air que l’on respire. Il n’est pas du tout étranger et il est même difficile d’y échapper en particulier quand on se retrouve entre soi, ce sont les mêmes mots qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde qui circulent. Ce sont souvent les mêmes visions du monde, fondées sur les mêmes oppositions et en particulier cette première opposition qui est l’opposition « eux et nous ».

    Smain Laacher

    L’intégration est en panne aujourd’hui effectivement nous sommes en présence d’un autre peuple qui se constitue au sein de la nation française qui fait régresser un certain nombre de valeurs démocratiques qui nous ont portés » (…) Cet antisémitisme viscéral (…) on ne peut pas le laisser sous silence. Il se trouve qu’un sociologue algérien, Smaïn Laacher, d’un très grand courage, vient de dire dans un film qui passera sur France 3 « c’est une honte de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tête avec le lait de la mère ».

    Georges Bensoussan

    L’insulte en arabe « espèce de juif ! » n’est pas antisémite car « on ne pense pas ce qu’on dit ». Il s’agit « d’une expression figée, passée dans le langage courant.

    Nacira Guénif (Paris VIII)

    Les juifs ne tuent pas d’Arabes ? Et en Palestine ?

    Avocat du CCIF

    Si le tribunal cède à cette intimidation, ce sera à la fois une catastrophe intellectuelle et une catastrophe morale… Si on refuse de voir la réalité et si on incrimine ceux qui s’efforcent de la penser, on n’a plus aucune chance d’échapper à la division et à la montée de la haine !

    Alain Finkielkraut

    Bensoussan a rappelé qu’il y avait un antisémitisme de tradition culturelle dans les pays arabo-musulmans. Une tradition qui fait l’objet d’un déni massif, mais qu’avait eue le courage de proclamer par exemple un sociologue comme Smain Laacher, professeur à Strasbourg, dans un documentaire télévisé de France 3. (…) L’autre accusation concerne (…) l’affirmation répétée de son interlocuteur d’une unité sans problème de la population française. Il exprimait au contraire sa crainte que la population musulmane ne finisse par constituer une forme de contre-société, un peuple dans le peuple. Cette crainte, partagée par beaucoup d’observateurs et d’analystes ne relève que de la liberté de jugement qui est le propre d’un homme d’étude. M. Bensoussan ne soulignait d’ailleurs le phénomène que pour le déplorer et insistait sur la nécessité de le regarder en face pour mieux le dominer. Le déni de la réalité n’ayant jamais été le meilleur moyen de la transformer. Il paraît évident que l’accusation du CCIF n’est qu’une manière de tester la résistance de la justice républicaine aux pressions sur la liberté d’opinion et d’expression. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

    Pierre Nora

    Les propos reprochés ne sont en rien un acte d’islamophobie… (…) J’ai moi-même dénoncé cette culture de la haine inculquée dans les familles arabes à leurs enfants, haine contre le juif, le chrétien, l’homosexuel. (…) Dire que l’antisémitisme relève de la culture, c’est simplement répéter ce qui est écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée.

    Boualem Sansal

    Comment aurais-je pu imaginer un jour, en trente années de vie d’avocat à avoir à défendre un chercheur qui a fait de la dénonciation du racisme l’essentiel de sa vie professionnelle, à avoir à le défendre contre une accusation aussi infâme ! (…) Comment ces plaintes ont-elles pu être considérées comme recevables par le ministère public, alors que le CCIF a partie liée avec les idéologues islamistes ? » »Comment accepter ces dénonciations d’un racisme d’Etat alors même que le CCIF a refusé de condamner les attentats, les crimes contre Charlie ?

    M° Michel Laval

    La justice française ne badine pas avec les figures de style. Pour avoir paraphrasé une citation utilisant une métaphore, l’historien Georges Bensoussan comparaissait le 25 janvier devant la 17ème chambre correctionnelle, pour « provocation à la haine raciale ». C’est à la suite du signalement fait auprès du Procureur de la République par le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) que celui-ci a décidé de poursuivre Bensoussan. Plusieurs autres associations antiracistes (Licra, MRAP, LDH, SOS Racisme) se sont jointes au CCIF et se sont donc aussi portées partie civiles. (…) On étudie l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste mais l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman reste un tabou majeur dans notre République des lettres. « Pas d’amalgame », « islamophobie », les injonctions ne manquent pas pour censurer tout regard critique, tout constat raisonné de ce qui ravage la culture commune d’une grande partie de la jeunesse « issue de la diversité » dans les « quartiers difficiles». Les euphémismes sont indispensables pour ne pas oser nommer ces territoires occupés dans la République, ceux qui ont été désertés par les familles juives pour mettre leurs enfants à l’abri des menaces et des insultes antisémites. Ces euphémismes sont la règle obligée du discours pour ne pas nommer les choses et il faudra attendre que Mohamed Merah tue des enfants juifs parce qu’ils sont Juifs pour que enfin on prenne la mesure de cet aboutissement. (…) Bensoussan était jugé pour avoir dit explicitement que la haine antijuive, en France, avait muté, qu’elle n’était plus le fait exclusif de l’extrême droite nazifiante et de ses épigones et qu’elle se manifestait aujourd’hui de manière particulièrement vivace dans les mentalités arabo-musulmanes. Pire, il aurait suggéré que cette haine antijuive était profondément inscrite dans la culture des populations arabo-musulmanes. Pour certains, cet état de choses ne peut être vrai, cette parole ne doit pas être dite. Elle serait une affabulation qui obéirait à une obsession idéologique de Bensoussan, celle d’un projet destructeur du récit enchanté du « vivre-ensemble » judéo-arabe ou judéo-musulman. (…) Les paroles de Bensoussan dans Répliques évoquaient avec lucidité l’antisémitisme de personnes de culture arabo-musulmane ou maghrébine. Il n’était pas le premier à le dire puisque de grands intellectuels, notamment maghrébins, l’avaient déjà souligné en faisant remarquer qu’il était plus facile de se voiler la face que de dire le réel dans sa crudité, sans pour cela tomber dans un racisme nauséabond. Boualem Sansal, Kamel Daoud, Fethi Benslama, Riad Sattouf, pour ne citer que des auteurs reconnus en France, ont largement décrit et dénoncé ces éléments culturels, hélas fréquemment présents dans les mentalités d’une partie de ces populations. L’erreur de Georges Bensoussan, la seule, fut de ne pas reprendre exactement les mots prononcés par Laacher dans le documentaire diffusé par FR3. (…) Des plaidoiries des parties civiles au réquisitoire de la procureure, ce fut un défilé des poncifs idéologiques du politiquement correct, défenseur de l’humanité souffrante sous le joug du colon sioniste, du planteur raciste et esclavagiste en Caroline du sud. Ce Juif-SS-Dupont la joie de Bensoussan en prit pour son grade. (…) Plus grave fut le témoignage de Mohamed Sifaoui cité par la Licra. Comment cet adversaire farouche de l’islamisme pouvait-il se retrouver ainsi sur le même banc que le CCIF ? Comment ce journaliste, menacé de mort par les islamistes, ne se trouvait-il pas au contraire aux côtés de Bensoussan ? Comment la Licra elle-même, peut-elle être partie civile contre Bensoussan ? Comment Sifaoui qui écrivait, le 6 juillet 2015, que cette « prétendue association antiraciste (le CCIF) avait beaucoup de mal à condamner l’antisémitisme » pouvait-il à ce point changer de bord alors qu’en juin 2015, le CCIF traitait Sifaoui de « chantre de la haine » ? En revenant sur la fameuse métaphore de « l’antisémitisme tété au sein », il évoque même « un biberon empli d’un lait fabriqué en Israël ! ». (…) Un procès de même nature a été intenté par l’association des Indigènes de la République, contre Pascal Bruckner qui avait déclaré, début 2015, qu’il fallait « faire le procès des collabos des assassins de Charlie ». Pascal Bruckner fut aussi trainé devant la 17e chambre pour des propos visant deux associations, selon lui, seraient des «complices idéologiques» des terroristes: «Les Indivisibles» de la militante « antiraciste » Rokhaya Diallo (qui n’en est plus membre) et «Les Indigènes de la République» dont Houria Bouteldja est la porte-parole. L’écrivain avait déclaré au cours de l’émission d’Arte 28 minutes qu’il fallait «faire le dossier des collabos, des assassins de Charlie» et accusé ces associations de «justifier idéologiquement la mort des journalistes de Charlie Hebdo». Ces deux associations qui avaient attaqué Pascal Bruckner pour diffamation suite à des propos sur l’islamisme ont été déboutées par la justice. Comment un Etat, la France, qui combat militairement le djihadisme après avoir été attaquée sur son propre sol par le terrorisme islamiste, peut-elle, dans le même temps, faire un procès à ceux qui dévoilent les stratégies de diffusion de son idéologie ? Comment la justice peut-elle accorder un crédit aux accusations de racisme énoncées par ceux-là même qui sont les promoteurs de la haine antijuive et antifrançaise ? Comment peut-elle être à ce point aveugle devant la manipulation des mots, le dévoiement des institutions, celui des règles démocratiques visant justement à les retourner contre la première des libertés qui est celle de penser librement? Lentement mais sûrement, l’islamisme impose son agenda à l’Europe et à la France. Bien sûr, la police marque des points contre les projets terroristes, les déjoue et arrête préventivement des tueurs, mais l’arbre des terroristes ne saurait cacher la forêt de leurs complices, collabos et idiots utiles. Quand quelques jours après le massacre au camion tueur sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier, l’affaire du burkini a occupé le devant de la scène estivale, il fallait bien se rendre compte que la République avait affaire à des ennemis particulièrement retors et intelligents : avoir réussi à faire qualifier la France de pays raciste alors que le sang à Nice n’était pas encore sec, révélait une grande efficacité de la propagande islamiste. Chaque jour qui passe nous révèle cette progression tous azimuts avec un partage des taches bien ordonné : présence dans le paysage, conquête de nouveaux territoires perdus pour la République, menaces contre les femmes, intimidation, action en justice contre des supposés islamophobes, chantage, séduction sur les vertus cachées de la religion de paix et d’amour. Alors que Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République, est l’auteur du livre Les blancs, les juifs et nous explicitement raciste et antisémite, ce sont Bensoussan et Bruckner qui sont convoqués devant le tribunal pour répondre de leur « racisme » ou de leur « islamophobie ». Dans cette affaire, les idiots utiles ne sont pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les terroristes, mais bien plutôt ceux qui les inspirent, les promeuvent, les soutiennent. Ce sont eux qui occupent le terrain conquis, abandonnés par des démocrates soucieux de ne pas apparaître comme « islamophobes ». Ces islamo-fascistes ont lu Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Les monstres nouveaux ont bien compris que la victoire politique avait un préalable : la conquête des esprits. Au bal orchestré par Tariq Ramadan et le CCIF, les faux culs de l’antiracisme, la LICRA, le MRAP, la LDH, SOS Racisme, seront sur la piste.

    Jacques Tarnero

  • 6
    jc durbant:

    Surprise du siècle: sur l’immigration, l’Europe vote Trump !

    Poland showed the strongest opposition to migrants arriving from Muslim countries, with 71 per cent supporting the ban. Opposition to further migration was also intense in Austria (65 per cent), Belgium (64 per cent), Hungary (64 perc cent) and France (61 per cent) and Greece (58 per cent). The idea of a Trump-style ban also received support in Germany, with 53 per cent calling for increased curbs and 51 per cent in Italy. But there was not majority support in Britain or Spain, which was most opposed to the idea of a ban with only 41 per cent voicing support. Overall, across all ten of the European countries an average of 55 per cent agreed that all further migration from mainly Muslim countries should be stopped…

    https://www.thesun.co.uk/news/2813635/majority-of-europeans-want-a-donald-trump-style-total-ban-on-migrants-coming-from-muslim-countries-study-finds/ (merci james)

  • 5
    jc durbant:

    Promettre le nirvana à 300 milliards d’euros, ça, c’est de l’honnêteté !

    Sur les « qualités nécessaires » pour être chef de l’Etat, le candidat de la droite est certes à la deuxième place. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est cité en premier ou deuxième par 36% des personnes interrogées. Seul Emmanuel Macron fait mieux, cité en premier ou deuxième par 46%. Benoît Hamon est cité par 34% des Français, devant Marine Le Pen (28%) et Jean-Luc Mélenchon (18%). François Fillon est même celui qui est le plus cité en premier, par 22% des personnes interrogées, contre 21% à l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Sur la question de l’honnêteté, le palmarès est radicalement différent, même si Emmanuel Macron reste bien placé puisqu’il est sur la deuxième marche du podium, cité (en premier ou second) par 30% des Français. Cette-fois, c’est Benoît Hamon qui arrive en tête. Le candidat du PS est cité (toujours en premier ou deuxième) par 33% des personnes interrogées. Suivent Marine Le Pen (25%), Jean-Luc Mélenchon (23%) et François Bayrou (21%). Plombé par la polémique sur les emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, François Fillon est à la peine : 17% seulement le citent en premier ou deuxième parmi les candidats « les plus honnêtes ». Il ne devance que les petits candidat (Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, Nathalie Artaud, Jannick Jadot), qui pâtissent, eux, de leur manque de notoriété dans l’opinion.

    Les Echos (01.02.2017)

  • 4
    jc durbant:

    Vous avez dit déjà vu ?

    Trois pays qui ont profondément modernisé leur administration dans les vingt dernières années, le Canada, la Suède et la Nouvelle-Zélande (…) ont en commun d’avoir mis en œuvre cette réforme en réponse justement à des situations de crise économique profonde. (…) L’expérience de ces trois pays montre que plusieurs éléments doivent se conjuguer pour mener à bien ces transformations : tout d’abord la légitimité sortie des urnes pour une équipe qui place le redressement de l’économie et la défense d’un contrat social comme objectif prioritaire à atteindre, la réforme de l’État n’étant qu’un moyen d’y parvenir. Ensuite, la prise de conscience à travers une grave crise économique et budgétaire de la rareté de la ressource publique et de la nécessité d’en « avoir pour son argent ». Désormais, les exigences des citoyens sont renforcées, ce qui rend impossible le maintien de prélèvements obligatoires élevés et le blocage des réformes indispensables. Enfin, la réforme implique une attitude pragmatique des parties prenantes : c’est la recherche d’une plus grande efficacité du modèle social qui doit être mise en avant par les pouvoirs publics, plus qu’une simple logique comptable. Pour les syndicats, c’est un changement de stratégie qui passe par la négociation des réformes plutôt qu’une opposition systématique. C’est au prix de ces efforts que l’on pourra, en France, réussir la réforme de l’État et des politiques publiques.

    Sandrine Gorreri (2009)

  • 3
    Letel:

    http://www.boursorama.com/forum-politique-fillon-l-auteur-du-piege-identifie-445555059-1

  • 2
    Letel:

    « La Promo de l’ENA de Macron derrière l’affaire Fillon!!!

    Je fais suivre un mail que je viens de recevoir ..
    Une analyse de la situation peu glorieuse pour l’auteur de ce piège…

    Sent: Wednesday, February 01, 2017 1:58 PM
    To: Undisclosed-Recipient:;
    Subject: AFFAIRE FiIlon

    Bonjour,
    Quelques instants de réflexion sur le sujet qui est sous les feux de la rampe et sur lequel je vous fait part de mes réflexions.

    Pour commencer je ne m’arrête pas sur le bien fondé des faits qui sont reprochés aux époux FILLON et laisse le soin à la justice de trancher.
    N’oublions pas que nous sommes dans un pays où la présomption d’innocence prévaut.
    Ceci ne veut pas dire que je sois d’accord avec les pratiques qui ont été utilisées et le sont toujours par un grand nombre de nos responsables politiques.
    Il y a là matière à réforme bien évidemment.

    En revanche, à ce stade, la manœuvre politique qui est à l’origine de l’avalanche de calomnies m’interpelle beaucoup plus.

    Si l’on veut bien prendre le temps du discernement il convient de se demander à qui profite le plus cette affaire ?
    A l’évidence Emmanuel MACRON, candidat à l’élection présidentielle qui n’a toujours pas clarifié son projet, m’apparaît en être le principal bénéficiaire !

    En effet la gauche étant hors jeu, il ne reste que François FILLON comme adversaire pour passer le 1er tour.
    Alors comment faire pour le discréditer : employer les bonnes vieilles méthodes et jeter l’opprobre.

    En l’occurrence il faut noter que le « dossier » émane du Ministère des Finances et a été remis au Canard Enchaîné par Gaspard GANTZER, grand ami d’Emmanuel MACRON (même Promotion à l’ENA) auquel il doit son poste à l’Elysée.
    Entre amis, on se doit des services et des renvois d’ascenseurs.
    Voici le circuit du dossier :
    1) Thomas CAZENAVE (ENA, Promotion République, ex Directeur de Cabinet d’Emmanuel MACRON, et nouveau Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée, en remplacement de Boris VALLAUD, mari de Najat VALLAUD-BELKACEM) a remis les documents à François HOLLANDE en guise d’allégeance au Souverain.

    2) HOLLANDE a transmis ce « dossier » à GANTZER en lui disant simplement « Faites en bon usage »

    3) GANTZER est un grand ami d’Emmanuel MACRON, ils sont de la même Promotion à l’ENA -Promotion SENGHOR. Il est également un proche de Dominique STRAUSS-KAHN.
    4) Le Mardi 9 Janvier, Gaspard GANTZER a rencontré Michel GAILLARD, directeur de la Rédaction du Canard Enchaîné (et ami de longue date de François HOLLANDE) pour lui remettre les éléments.
    ET DEPUIS LA MACHINE EST EN MARCHE.
    Problème, mais de taille : il n’y a rien d’illégal dans le dossier.

    Madame FILLON a été collaboratrice parlementaire de son mari, ce qui est tout à fait légal. De plus, les revenus ont été déclarés aux Impôts.

    Mais il suffit de jeter en pâture à la presse des informations pour salir et que le bon peuple s’en délecte.
    Nul doute que les médias concentrent à leur manière leurs feux sur cette affaire qui (i) vise un candidat de la droite (ennemi juré de plus de 90% des professionnels de la presse, de la télé et de la radio) et (ii) dope l’audimat et les ventes.
    On ne peut que s’étonner de l’ampleur de cet acharnement médiatique très ciblé qui vise en réalité à éliminer un candidat sans passer par le verdict des urnes !
    VOILA UN VRAI ET GRAVE SUJET.
    Qui dénoncera cette néo dictature et les valets de ce microcosme post « soixante-huitard » plus conservateurs que les conservateurs qu’ils dénoncent!

    A ce jour Madame Eliane HOULETTE, Procureur du Parquet National Financier, s’est saisie très rapidement (comme par hasard) du « dossier ».
    Rappelons que Madame HOULETTE, (sympathisante Socialiste avérée) a été nommée par François HOLLANDE lui-même sur les recommandations de Christiane TAUBIRA.
    Le Parquet National Financier étant maître de son agenda, nul doute que le « dossier » va trainer longtemps.

    Pour sa part François FILLON, par les mains d’un Avocat, Maître Antonin LEVY, a remis au Parquet National Financier toutes les preuves de la véracité du travail de Madame FILLON.

    En attendant les vrais sujets sur lesquels les français doivent s’interroger pour choisir quel projet sera le plus à même de redresser notre pays ne sont plus abordés. Cherchez l’erreur.
    A suivre… « 

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Il faut que tout change pour que rien ne change.

    Le Guépard

    Is France on the brink of a political revolution? Already, four established candidates for the presidency — two former presidents and two former prime ministers — have backed out or been rejected by the voters, and another, François Fillon, is on the ropes. The campaign is being taken over by outsiders, principally the Front National’s Marine Le Pen and a youthful former banker, Emmanuel Macron, while the Socialists have chosen an eccentric radical, Benoît Hamon. Should we welcome a shake-up in the cradle of European revolutions? What kind of shake-up might it be — socialist (the least likely), liberal with Macron or nationalist with Le Pen? Or can the outsiders still be beaten by an electoral system designed to keep them out of power? France in its modern history has worn out five monarchies, five republics and 16 constitutions — and two of this year’s presidential hopefuls are demanding a 17th. Its people are still more ready than most to go into the streets. It was, and is, a country in which rhetoric and visions play a prominent part in politics. (…) This is because France fluctuates between short spasms of change and longer periods of immobility. It has developed institutional barriers and tacit compromises to hold things steady. Its current Fifth Republic is a ‘republican monarchy’, with parliament downgraded and a powerful president supposed to unite the nation — a task sadly beyond most politicians. Another, less noticed, institution goes back even further than Enjolras’s fictional death on the barricades: the two-round ballot, designed in the 1820s to prevent hotheads like him from winning elections. It gives voters and politicians a second chance, not so much to reconsider their own choices as to react against the choices of others. In the first round you vote for the person you want; in the second you vote against the person you fear. (…) Consider the long-term consequences of the two-round voting system. Many British commentators — and indeed some in France — call periodically for a ‘French Thatcher’ to sweep away institutional barriers to economic dynamism. Nicolas Sarkozy was one who briefly claimed this mantle. The latest is Emmanuel Macron, a former economics minister of Blairite tinge in François Hollande’s socialist government. But Margaret Thatcher could never have been elected in a French-style second round. The British system not only can but regularly does give power to a united minority over a divided majority. Mrs Thatcher could carry out a peaceful revolution without ever having the clear support of a majority of voters. In a French-style system, she and her parliamentary supporters would inevitably have been defeated in second-round ballots by a combination of Labour and the Liberals: Jim Callaghan would have been triumphantly re-elected. In short, precisely because of its turbulent political history, France has developed a series of barriers against radical change. A leading sociologist, Michel Crozier, described it in 1970 as a ‘société bloquée’ — a ‘stalemate society’. Of course, much in France does change: but the price of political stability is that certain fundamental rights and privileges remain untouched. Advantageous retirement rights and pensions. Certain influential professions. Farmers, sheltered by the Common Agricultural Policy. People in permanent employment, protected by laws penalising redundancy and limiting hours of work. The public sector — in French le service public, significantly in the singular — is the core of this system: schools, public hospitals, railways, universities, local government, the post office. All are arms of the state. Think of le service public as the NHS multiplied by five. The politics of its workforce, combining a real sense of public service with a jealous defence of rights and privileges, explains why France is the most anti-capitalist country in Europe. There are benefits. Many British people have happy memories of French hospitals, schools or trains. But one does not need very right-wing views to see the accumulating disadvantages. The highest taxes in the developed world, especially on businesses. Chronic unemployment, worst among the young and ethnic minorities. Slow growth, including among small companies afraid of the burden of regulation incurred by getting too big. Crumbling infrastructure. Anyone who arrives at the Gare du Nord must see that something is amiss. People in France do too, and have done for years. Even in the 1980s President Mitterrand lamented national ‘moroseness’. Bookshops have long been piled high with works by economists, politicians and academics warning that France was in accelerating decline. Young people emigrate, over 200,000 to London alone. On top of this chronic malaise has come the tension between republican secularism and Islam, sparked off three decades ago by a row about girls wearing headscarves in a provincial secondary school. It is a fraught mixture of cultural difference, social deprivation and historic mistrust, but none can doubt its brooding presence, hugely inflamed by a series of terrorist attacks. (…) None of these observations is unique to France. Characteristic of France, however, is the seeming inability of the political system to do much about them, even over many years. Here we come back to the ‘stalemate society’ problem. Even limited reforms — by British standards minor tinkering — with the education system or the labour market have caused huge and prolonged student demonstrations and sit-ins, and damaging strikes by public-sector unions. They often produce complicated half-measures that create a destabilising sense of unresolved problems and leave continuing tensions. A ‘French Thatcher’ — assuming that there is one, however diluted — faces not only the electoral barrier but a wider ideological polarisation than that of Britain in the 1980s. Then a large minority, even at times a majority, felt that something radical had to be done, and accepted that this included weakening the trade unions and increasing the freedom of the market. There is little sign that any such consensus exists in France, where both left and right are deeply suspicious of economic liberalism. Marine Le Pen thunders against free trade and ‘unfair’ competition. The very word ‘liberal’ has long been a political kiss of death: we shall see whether Macron is immune. So there is widespread dissatisfaction, but no accepted solution.

    Robert Tombs

    If Macron’s unique selling point is unclear, his unique talking point is that he married his former school teacher, a lady 24 years older than him. This startling fact, when first encountered, tends to bring political discussion to a halt, while all pause for a few moments of profound reflection. His latest fan is Ségolène Royal. Ségolène is the current minister of the environment, and, by chance, she too is 24 years older than the dynamic new arrival. She has repeatedly spoken of her affection and admiration for Macron. Ségolène was the defeated Socialist presidential candidate of 2007, but last week she urged the party’s voters to ignore their own candidate, Benoît Hamon — a hardline leftist sacked as education minister by Valls in 2014 — and back Macron instead. Macron has not just divided the Socialists, he has replaced them. So how has this apparently isolated and underfunded individual managed all this in such a short time? It is clear that Macron has powerful supporters behind the scenes, and a clue may lie in the little-discussed fact that some years ago he was identified as a member of ‘les Gracques’ — a discreet centre-left pressure group loosely staffed by influential chief executives and civil service mandarins. They are pro-market socialists who long ago gave up on the Socialist party. Many are fellow ‘énarques’ (graduates of ENA) and every step of Macron’s career could have been directed by them. Spotted as a brilliant and charming student, Macron could first have been launched into the prestigious state Finance Inspectorate, then switched into Rothschild to gain business experience (and wealthy support) and then placed like a time bomb in Hollande’s outer office, where he ticked away until he could be moved into the heart of the Valls government. Last August he finally exploded into action at the perfect moment to cause maximum damage to Hollande, Valls and the entire Socialist presidential election campaign. Macron’s rise bears all the hallmarks of a classic ENA undercover operation, a fundamental part of the énarques’ stock-in-trade and one in which the country’s leading bureaucrats are cynically trained. Now that the Socialists have lumbered themselves with a dinosaur — Hamon — as their candidate, Macron is in an even stronger position. He will be able to tune his campaign to attract moderate Socialist voters as well as the centrists and centre-rightists who flock to his meetings and are having second thoughts about François Fillon. Mr Fillon and his British wife Penelope are currently under investigation for misuse of public funds.

    The Spectator

    Jusqu’en 2012, les députés pouvaient conserver le reliquat du crédit collaborateurs qui leur était attribué.

    Vincent Goyet

    Les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie, ces temps-ci. Les twittos lynchent comme ils respirent. Bienvenue dans le monde de Dark Vador, chez les aigris, les haineux en furie. Dommage qu’on ne puisse pas marcher dessus, ça porterait bonheur. Il paraît que cette meute électronique incarne la modernité. Mille excuses, mais elle n’a pas le pouvoir qu’elle croit. Sous l’Occupation, ses ancêtres parvenaient à leurs fins quand ils envoyaient leurs lettres de dénonciation à la Kommandantur. Aujourd’hui, son hystérie a tendance à se retourner contre elle : l’élection de sa bête noire, Donald Trump l’a hélas confirmé. Nous voilà sommés de condamner sans autre forme de procès François Fillon, qui, de tout évidence,a fauté, comme nous l’avons écrit la semaine dernière. Les bois de justice sont déjà dressés, il est urgent de raccourcir le prévenu. Depuis peu, il règne sur la France un climat qui rappelle, à certaains égards, celui de la terreur de 1793. Sauf que la guillotine est devenue métaphorique. Les médias, ces nouveaux dieux ont soif.

    Franz-Olivier Giesbert

    François Fillon (…) a vigoureusement posé les termes du débat et de l’affrontement. D’un côté le tribunal médiatique – il a affirmé sa confiance pour l’issue judiciaire -, de l’autre le peuple français. François Fillon de retour n’a été animé par rien d’autre que le souci de rendre à une part importante de celui-ci une victoire qu’on croyait déjà lui avoir volée.

    Philippe Bilger

    Le lynchage médiatique de François Fillon et l’écho qu’il semble rencontrer dans l’opinion montrent à quel point le système politico-médiatico-judiciaire tombe en déliquescence. Mise à mal par le gouvernement des juges et des médias la démocratie représentative est en danger. (…) Il est stupéfiant de constater la façon dont certaines des allégations sorties par Le Canard enchaîné et Médiapart sont reprises en boucle par presque tous les médias. Ces affirmations sont totalement à charge et peu de rédactions osent donner des arguments à décharge, alors que ceux-ci existent et sont d’importance. Il est encore plus stupéfiant de constater que la justice s’est emparée de cette affaire alors que rien ne justifie qu’elle le fasse. (…) A tel point que même les plus ardents supporters de François Fillon se sont mis à douter de son honnêteté. Et l’information est devenue un feuilleton quotidien. (…) Pourquoi cette affaire sort-elle précisément en janvier 2017 alors que les faits reprochés remontent à plusieurs années ? Pourquoi la justice s’en empare-t-elle avec une telle diligence ? Quel objectif cherchent à atteindre ceux qui ont manipulé et fabriqué l’opinion, ceux qui l’ont mise sous tutelle ? La réponse est évidente. Dans un premier temps, il s’agit de faire baisser François Fillon dans les sondages et dans les intentions de vote pour arriver au constat que le candidat de la droite et du centre ne sera pas qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. L’objectif suivant étant de l’obliger, sous la pression des mauvais sondages, à renoncer à se présenter à l’élection pour laisser le champ libre au duel rêvé par les médias – entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron (ce dernier est d’ailleurs une pure fabrication du système médiatique). Dès que l’objectif sera atteint, la presse cessera de s’intéresser au cas de François Fillon. Le « PénélopeGate » disparaîtra immédiatement des radars médiatiques. Concernant la justice, notons que c’est le parquet national financier (PNF) qui s’est autosaisi de l’affaire, 24 heures seulement après les révélations du Canard enchaîné. Le PNF, présenté comme « autonome », a été installé par le gouvernement socialiste le 6 décembre 2013, et son procureur, la magistrate Éliane Houlette – une proche de Ségolène Royal – a été choisie et nommée à la discrétion de François Hollande.

    Marc Joncour

    François Fillon fait l’objet d’un lynchage en règle depuis plusieurs semaines. Chaque nouvelle information sur lui, même la plus anodine, est présentée comme un délit potentiel. Quoi qu’il dise, on considère qu’il aggrave son cas. Les circonstances commanderaient pourtant que l’on fasse le tri entre ce qui doit lui être reproché et ce qui est sans conséquence, et que l’on aille jusqu’à faire l’effort de ne pas publier dans la presse les faits et gestes relevant de la seconde catégorie. Comment peut-on accepter que cet homme et sa famille soient scannés avec une telle obsession, un tel niveau de détails, une telle suspicion ? Ce délire donne la nausée. Si François Fillon a octroyé un emploi fictif à sa femme et/ou à ses enfants, il est normal qu’il soit sanctionné. La décision relèvera d’un tribunal et sera prise à la lumière du contexte dans lequel ces contrats ont été conclus, des éléments fournis par les personnes mises en cause et des éclairages apportés par les enquêteurs. Ce n’est pas aux journaux, même les plus prestigieux, d’en décider. En attendant, il conviendrait de ne pas faire preuve d’une mauvaise foi telle qu’elle ne pourrait que révéler une forme d’animosité. Certains ont écrit que la fille de M. Fillon, lorsqu’elle travaillait à ses côtés au Sénat, était sortie de ses fonctions en participant à l’écriture d’un ouvrage publié par son père, comme si François Fillon était le seul responsable politique à se faire aider pour écrire ses livres ! On a pareillement reproché au fils de M. Fillon d’avoir planché sur le programme …

    Charles Consigny

    Que voulez-vous que j’en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c’est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plait chez Macron, c’est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir.

    Nicolas Sarkozy

    Macron, c’est tout ce que les Français sensibles à la fragilité du pays rejettent. Annoncer vouloir voter pour lui, même en dernier recours, est incompatible avec la défense d’une nation unifiée et assimilatrice. Son usage du mot « hexagone », vocabulaire désincarné qu’il partage avec Hamon, fait comprendre la froide distance qui sépare Macron de l’âme française. Samedi, à Lyon, le faux rebelle d’un Système qui le soutient a défendu le modèle multiculturel, qui est au cœur de la crise identitaire abordée par Fillon, mais aussi Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Il a déclaré : « Il n’y a pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple ». Il a aussi dénoncé l’ »obscurantisme », mais il le voit chez Donald Trump, et non dans l’idéologie islamiste qui nargue la République et a pris le monde occidental pour cible. Macron dit refuser les murs, les quotas, les frontières, les conflits. Un tel homme à l’Elysée signifierait l’abandon de la société d’intégration au profit d’une « inclusion » dans un espace ouvert et bienveillant. Pour le leader d’En Marche!, le FN représente « une France qui n’a jamais existé ». Mais le communautariste qu’il avalise, et qui se consolide dans les cités, est celui qui produit les tensions et annonce les guerres civiles. Lundi soir, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) des policiers encerclés ont dû tirer en l’air à balles réelles. Si la droite ne s’affirme pas, elle poussera nombre d’électeurs dans les bras de Marine.

    Ivan Rioufol

    Dans l’affaire Fillon, le « plan B » s’appelle Marine Le Pen : voilà à quoi ont conduit les justiciers qui, depuis deux semaines, chargent le dossier contre le candidat de la droite, plébiscité par la primaire. S’il y a un scandale à ce stade c’est celui qui consiste à faire taire, à moins de trois mois de la présidentielle, un homme qui a su désigner le libéralisme comme allié et le totalitarisme islamique comme ennemi. La tentative de kidnapping du favori pour l’Elysée, devenu le symbole d’une classe politique déconnectée de la vie des gens, n’est pas plus respectable que les pratiques dénoncées, sans preuve pour l’instant, par les donneurs de leçons. Le spectacle donné par ceux qui, chez Les Républicains paniqués, pressent Fillon de céder la place, illustrent la pusillanimité qui habite les opportunistes et les carriéristes. Alain Juppé est resté, ce lundi, à la bonne hauteur quand il a une nouvelle fois rejeté les appels du pied pour remplacer Fillon : « Clairement et définitivement, c’est non ! ». Ni lui, ni Nicolas Sarkozy, ne seraient acceptés d’un électorat qui les a clairement éliminés, dans un jeu de massacre qui n’est pas terminé. Pour ces raisons, Fillon a raison de tenir bon. Lui qui refusait le « tribunal médiatique » donnera, ce lundi à 16 heures, une conférence de presse. Il est attendu de lui qu’il dise tout, de ses erreurs de jugement comme de ceux qui veulent l’abattre. Le hold-up électoral peut encore être déjoué, tant les méthodes de chasse à l’homme sont odieuses. Ivan Rioufol
    Une constatation se dégage du « Pénélopegate » : le troublant amateurisme de François Fillon. Cette impréparation apparaît d’autant plus que, comme il l’a souligné mardi, il doit faire front à « une opération de calomnies très professionnelles, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République ». Ses fautes de communication et ses imprécisions dans des faits qu’il a tardé à reconnaître s’ajoutent aux maladresses de ses porte-paroles qui, avant même cette affaire, avaient déjà laissé voir un manque de coordination et une impréparation au sommet. Face aux révélations du Canard Enchaîné, qui en remet une louche ce mercredi sur les sommes perçues par l’épouse du candidat Les Républicains (près d’un million d’euros au final) et deux de leurs enfants (84.000 euros), Fillon a fait le choix, erroné selon moi, de se draper dans sa dignité bafouée et sa présomption d’innocence. Or le tribunal médiatique, cette régression démocratique, est pareil aux anciens Comités de salut public : il juge et condamne sur le champ celui qui ne sait se défendre dans l’urgence. Ce qui est en cause ici dépasse le népotisme de Fillon, qui est commun à d’autres hommes politiques, de droite ou de gauche. François Mitterrand faisait travailler ses fils à l’Elysée, et Jacques Chirac sa fille. Le problème se situe dans les largesses annexes que se sont accordés les parlementaires, ces nouveaux fermiers généraux. Rien ne semblait interdire à Fillon de puiser dans les fonds mis à sa disposition pour rémunérer des assistants. Mais cette pratique doit être réformée. Sa position de nouveau « paria de la République », que dénonce Maxime Tandonnet, en fait le bouc-émissaire d’un système politique qui a trop longtemps vécu dans l’entre-soi des carriéristes. Cette relative injustice s’ajoute à l’acharnement visant à faire taire un homme ayant choisi de répondre à la crise identitaire qui taraude la société. Ceux qui, derrière Le Canard, veulent méthodiquement abattre Fillon, qui se défend mal pour l’instant, sont à deux doigts de réussir leur dessein. Les dégâts sont déjà considérables dans l’opinion. Cependant, la gauche à la manœuvre suit là une stratégie agressive à courte vue. Rien ne dit qu’elle sera profitable à Macron, cet avatar d’un hollandisme rhabillé de neuf. Seule Marine Le Pen partage avec Fillon, au-delà des divergences économiques, la même inquiétude sur la crise de civilisation et les moyens d’y répondre. Forcer Fillon à renoncer à représenter le courant conservateur, très majoritairement choisi par les électeurs de la primaire, donnerait au FN l’opportunité de se placer en recours pour la droite orpheline. La chasse à l’homme lancée par les Fouquier-Tinville peut amener Le Pen à l’Elysée.

    Ivan Rioufol

    L’éviction de Valls laisse un boulevard aux défenseurs du multiculturalisme, cheval de Troie de la charia. Emmanuel Macron partage avec Hamon la vision irénique d’un « Hexagone » ouvert à tous. À droite, Alain Juppé défendait cette posture, qui récuse l’exigence d’assimilation. La large victoire de François Fillon à la primaire était venue porter un coup d’arrêt à cette défrancisation voulue par les « modernistes ». Mais, depuis, les accusations qu’il subit l’affaiblissent dangereusement. Oui, la droite, majoritaire dans le pays, peut perdre. Il suffit de lire les satisfactions de la twittosphère islamiste après l’élection de Hamon pour constater la proximité entre le candidat du PS et la partie militante de l’électorat musulman. La mouvance fondamentaliste peut se frotter les mains : l’élimination de Valls, coupable d’avoir nommé le djihadisme comme fauteur de guerre, est une aubaine qui s’ajoute à l’avenir incertain de Fillon, pourfendeur du nouveau totalitarisme coranique. L’autre jour, à Paris, l’historien de la Shoah, Georges Bensoussan, a comparu en correctionnelle pour avoir décrit l’antisémitisme culturel qui s’exprime dans des banlieues : à côté du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui milite pour rendre l’islam intouchable, s’étaient joints, comme accusateurs, la Licra, SOS-Racisme, le Mrap, la Ligue des droits de l’homme. Et c’est Bensoussan que la jeune procureur a éreinté. La trahison des mouvements antiracistes, qui trouvent chez des magistrats l’appui pour poursuivre ceux qui dénoncent la nouvelle judéophobie, fait mesurer l’emprise de l’idéologie conquérante sur les esprits…

    Ivan Rioufol

    Une victoire de Macron en mai viendrait concrétiser la stratégie du trou de souris, cette opportunité que François Hollande se réservait pour lui-même. Macron serait surtout la victoire des minorités militantes qui voient dans la consolidation d’une France multiculturelle l’opportunité d’affirmer encore davantage leur visibilité. Ceux qui, de ce point de vue, soutiennent Hamon sont les mêmes qui espèrent en une victoire de Macron. C’est donc bien un choix de société, capital, qui est en jeu dans la présidentielle. Mais alors que la société civile fait savoir, majoritairement, son attachement à la nation unitaire et assimilatrice, l’option communautariste peut espérer l’emporter en jouant sur les droites divisées.

    Ivan Rioufol

    Macron incarnerait la gauche moderne, européenne, mondialisée, affranchie des traditions politiques françaises : ceux qui rêvent du postnational l’adulent. D’un coup, n’importe quelle occasion semble bonne pour lui tresser des lauriers. La dernière en date, c’est ce discours en anglais, prononcé en Allemagne, qui selon l’expression employée par certains journalistes, aurait « ringardisé » la majorité de la classe politique … il y a dans les élites françaises une agaçante fascination pour l’anglais, et même une délirante anglomanie. À la télévision comme au quotidien, on parlera des « news », de son « smartphone », de la « battle de France », de la « society », du « Coca light », des « mails », des « guests », comme si ces termes ne trouvaient aucune correspondance en français. Qu’on me pardonne cette référence personnelle : on peut comprendre les Québécois d’intégrer plus de mots anglais qu’ils ne le devraient dans leur vocabulaire courant : ils vivent aux marches de l’empire américain, et, dans la mesure du possible, ils y résistent, même si la tentation est forte de s’y laisser dissoudre. Mais la France est moins soumise à l’impérialisme américain qu’elle ne semble hypnotisée par lui. Comment ne pas voir dans l’anglomanie des élites françaises une forme de dévalorisation de soi, comme si le français était la langue d’un monde déclassé ?

    Mathieu Bock-Côté

    La droite française, déstabilisée à la première bourrasque alors qu’elle se veut, à juste titre, majoritaire dans le pays, devrait réfléchir à sa fragilité. Elle semble ne pas comprendre le moment historique, ni même savoir ce qu’elle est dans ce moment, au point que, incapable de faire bloc, elle se laisse manœuvrer par toutes les opérations de l’adversaire. Pourtant, la théorie gramscienne du «bloc historique», qu’on cite sans cesse mais en ne l’effleurant que du bout de l’aile, et sous son acception la plus lapidaire (l’idée que la pensée précède le combat politique – «Au fond des victoires d’Alexandre, on trouve toujours Aristote» comme disait de Gaulle) donnerait de fameuses clefs, si du moins on se donnait la peine de l’étudier de plus près. Le théoricien italien observait que les générations constituaient à tour de rôle des «blocs historiques» soudant l’ensemble d’une société autour de paradigmes communs – subversifs d’abord, puis peu à peu dominants, avant de se faner et décliner. Ces ensembles idéologiques sont d’abord élaborés par les «intellectuels centraux» (écrivains, universitaires, autorités morales qui, par des livres ou des revues, «donnent les mots») avant de faire peu à peu système et «d’infuser» par degrés l’ensemble de la population: les intellectuels de seconde ligne (professeurs, instituteurs, journalistes…), puis les dirigeants politiques, les hauts-fonctionnaires et les magistrats, les chefs d’entreprise, les professions libérales, et, par degrés, l’ensemble d’un peuple ainsi soudé autour de «points de communion». S’est de la sorte constitué, dans les années 70 (en France, les dates majeures sont 1968, 1974 et 1981), un bloc historique progressiste, fait de cette gauche particulière que Chevènement nomma «gauche américaine», celle qui tient que la «modernité» a toujours raison et le passé toujours tort, et qui croit même que l’on peut tout changer, peuples, hommes, femmes, institutions etc. -voir son slogan de 1974, «Tout est possible». En quelques années, une jeune escouade de «déconstructeurs» (de la langue, des codes et, surtout, du socle politique classique – Etat, nation, civilisation), donna mots et paradigmes à la vaste ruche des professions intellectuelles ; ils finirent par devenir omniprésents à l’université, dans l’édition, puis dans les médias, parmi les cléricatures et les magistratures, et même chez les grands patrons, lesquels trouvèrent grand intérêt au fameux «jouir sans entrave» qui fut le passeport du consumérisme à outrance, comme le «sans frontiérisme» festif fut celui du libre-échange généralisé. La doxa moderniste conquit finalement l’immense majorité des politiques, y compris de la dite «droite» – celle-ci finit même par accepter de se lire dans une typologie extérieure, et très contestable, celle de René Rémond dont deux des trois branches l’orléanisme et le bonapartisme sont en fait des centrismes… La droite perdit ainsi jusqu’à son nom, ce légitimisme ou, pour mieux dire, ce classicisme politique qui ne sut jamais actualiser ses paradigmes et mots de passe, ni conséquemment se rassembler, et qui, divisée, se laissa exclure du débat public. Une génération intellectuelle domine en général une trentaine d’années -telle la génération précédente, que l’on peut dire «de la reconstruction», qui fut dominante entre 1944 et 1970, déclinante ensuite. Celle qui prit tous les pouvoirs dans les années 70 et 80 devrait donc disparaître depuis quelques années. Certes, elle s’épuise: le Non de 2005 prit à angle droit la pensée unique – les oligarques se revanchant vite à Lisbonne. Plusieurs de ses bastions se lézardent: il n’est un secret pour personne que la presse de gauche vit sous perfusion d’argent public, tandis que celle de droite progresse. L’éclatante réussite de la Manif Pour Tous, celle du Puy du Fou exhumant l’archaïque national (est archaïque non ce qui est vieux et passé, mais au contraire ce qui fonde et ne passe pas), les succès de librairie de Patrick Buisson, Philippe de Villiers ou Eric Zemmour sont autant de signes ; par dessus tout, on voit peu à peu ressurgir une droite classique (Patrick Buisson parla de «révolution conservatrice») dont la manifestation fut la victoire aux «primaires» de François Fillon, le catholique qui refuse Babel, ne croit pas que les arbres montent au ciel ni que l’on puisse dépenser sans limite, qui entend restaurer les frontières, l’Europe des nations, les enseignements classiques -on pourrait dire un «identitaire», comme le fut de Gaulle. Hélas, si le grand reversement idéologique est différé, et si la victoire politique est conséquemment si difficile, c’est que la droite française, qui n’a soutenu nul écrivain, nulle revue, nul grand média capable de jouer le rôle décisif que joua par exemple, dans la génération précédente le Nouvel Observateur, a négligé un travail intellectuel qu’elle ne regarde encore qu’avec un profond mépris -ou non moins profonde paresse. (…) On comprend la violence des jours que nous vivons, qui sont peut-être ceux de la crise maximale: le bloc UMPS disparaît (qui peut encore assimiler Hamon et Fillon?), la droite, en son cœur légitimiste, menace directement, et au moment crucial des présidentielles, un bloc soixante-huitard attardé qui jette ses dernières forces de ses derniers bastions et cela sans préparation idéologique sérieuse, de sorte que, comme on voit hélas, elle se débande assez vite – à commencer par les parlementaires «républicains» qui révèlent à cette occasion combien la presse de gauche a prise sur eux, et si profondément qu’ils utilisent le vocabulaire même de leur adversaire. Pendant ce temps, la complicité entre puissances d’argent, médias et magistrature joue encore à fond: un article le mercredi, une audition le vendredi, un mauvais sondage le dimanche, une perquisition le lundi puis vient le pilonnage médiatique, certes disproportionné (les problèmes qui font sous nos yeux disparaître la France comme nation, comme Etat et comme civilisation sont sans rapport de gravité avec la façon dont le candidat a utilisé son enveloppe parlementaire) mais capable de faire vaciller le favori, issu pour la première fois depuis longtemps d’une droite assumée – mais si mal préparée au combat idéologico-judiciaro-médiatique qu’elle n’a pour arme qu’internet, ou des manifestations de rue. Bref: les mains nues. C’est pour cela que M. Fillon doit tenir coûte que coûte ; et qu’il faut toutes affaires cessantes reconstruire une droite idéologique, à commencer par ses paradigmes, qui réunira ses composantes et permettra de conquérir les places décisives, à l’université, dans l’édition, dans les médias et la haute fonction publique sans lesquelles il n’est pas de légitimité forte, donc par de puissance de gouvernement. (Au passage, souhaitons que la droite étourdie, du coup la plus bête du monde, sache enfin sortir du piège de Mitterrand qui la coupant depuis trente ans en deux camps, en commençant par jouer des porosités avec le FN. Si, alors que la relève est pourtant là, et que les jeunes plumes ne manquent pas, nous échouons à opérer ce grand renversement qui est dans els rythmes mêmes de l’Histoire, il est possible qu’une nouvelle relève, un modernisme plus violent encore (tel le trans-humanisme) prenne sa place, et nous partons alors vers une «civilisation» qui n’aura plus rien à voir avec ce que nous appelons encore la France. Pendant ce temps la gauche perdure alors que toute sa matrice est disqualifiée, tirant encore de fameuses salves sur une droite sans leviers ni relais et plongée dans l’hébétude. Il est donc temps de lire Gramsci, puis, comme disait Boutang, de «reprendre le Pouvoir» -de le reprendre réellement, et de l’exercer. Paul-Marie Coûteaux Les masques tombent : l’affaire François Fillon se révèle être un véritable assassinat politique, mené tambour battant et avec une efficacité redoutable. (…) Ce matin, sur France Info, un journaliste s’indignait de la réaction de ceux qui critiquent la charge médiatique sur François Fillon en vociférant (enfin presque) « mais on fait notre travail de journaliste ! ». Cette proclamation « On fait notre travail de journaliste » m’a laissé rêveur quand on songe à ce que nous dit, en creux, cette affaire Fillon sur le mode de fonctionnement de notre démocratie. (…) La plupart des élus, si ce n’est la totalité, emploient des proches sur des postes directement rattachés à l’exercice de leur mandat électif : la femme, l’époux, les enfants, la maitresse ou l’amant et parfois d’autres parents, sont rémunérés sur des postes d’attaché parlementaire. La pratique est courante, non interdite par la loi et connue de la presse depuis des lustres. C’est légal, mais évidemment moralement douteux dans un pays où tant de gens sont au chômage et où on invoque à tout bout de champ la nécessité de faire ses preuves. Certains, dans notre République, bénéficient de piston, de rente de situation en étant les parents ou ami(e)s intimes d’un élu. C’est triste mais ce n’est affreusement pas nouveau. Ce que l’on peut reprocher à François Fillon sur ce point, c’est d’avoir été comme les autres élus, ni plus, ni moins vertueux. Or, on attend d’un candidat à la présidence de la République une droiture certaine et une exemplarité de fait. Bon, ça c’est dans un monde idéal. Dans nos démocraties du 21ème siècle, la droiture et la moralité sont en dose limitée dans le sang du politique. En somme, sur la question du principe de la rémunération de Pénélope Fillon par François Fillon, il est difficile de faire les vierges effarouchées qui découvrent comment on fait des enfants sauf à avoir une sacré dose d’hypocrisie. (…) Les parlementaires rémunèrent leurs collaborateurs en puisant dans une enveloppe mise à leur disposition par les institutions. Le montant mensuel de cette enveloppe est de 9 561 euros (si l’Assemblée Nationale est en charge de la gestion du contrat de travail et paye les charges sociales) ou de 14 341 euros (dans ce cas c’est l’élu qui gère le contrat de travail et qui verse lui-même les charges patronales à prélever dans cette enveloppe). Mme Fillon a été rémunérée de 1989 à 2013 pour un montant de 830 000 euros…..bruts ! Et oui, la presse brandit ce montant proche du million d’euros en omettant de préciser que la somme est en euros bruts. En net, Mme Fillon a perçu 639 000 euros et l’Etat a récupéré 191 000 euros ! En salaire mensuel net, sur la période considérée, Mme Fillon a donc perçu 2 218,75 euros. C’est une jolie somme, mais le travail d’un attaché parlementaire correspond à un travail d’agent de catégorie A de la fonction publique et le montant du salaire net n’est pas manifestement choquant ni déraisonnable. (…) François Fillon, à la différence de M. Macron, n’est pas un jeune nouveau dans le paysage politique. Il a détenu différents portefeuilles ministériels et il a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy pendant cinq années… Cinq années au cours desquelles son épouse a perçu une rémunération d’attaché parlementaire. Etrange que la presse qui fait son travail ne se soit pas emparée de cette question à l’époque. Curieusement, ce sujet qui est un vrai sujet légitime, n’est évoqué qu’au lendemain de la primaire de la droite et à quelques mois de l’élection présidentielle. Les Français et les électeurs ne sont pas des gens dénués de sens critique. Il est clair que tout ce remue ménage à un but : tuer politiquement François Fillon. Pourquoi le tuer ? Assurément pour l’empêcher d’accéder au poste de Président de la République. Pour comprendre les vrais motifs du lynchage médiatique de François Fillon, il convient de voir en quoi François Fillon se distingue des autres candidats et quel(s) autre(s) candidat(s) à l’élection présidentielle est susceptible de tirer les marrons du feu. Sans se lancer dans une analyse approfondie du programme de François Fillon, ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en parallèle ce programme avec celui du (des) candidat(s) avantagé(s) par cette affaire, on peut déjà identifier quelques lignes de force qui distingue François Fillon des autres : sa volonté de réforme, sa vision d’un monde multipolaire, son catholicisme affiché, sa volonté de renouer les liens avec Moscou et la Syrie, sortir le pays d’une situation d’endettement, l’idée de redonner à la France une place forte au sein de l’Union européenne. En clair, François Fillon est une « horreur » pour le système qui depuis des décennies est aux commandes. (…) Dans cette affaire, François Fillon a eu le tort de ne pas être le candidat du système en place. Les électeurs de la primaire ont placé en tête de leur choix un candidat qui ne satisfaisait pas aux critères du système. (…) La désignation inattendue de Fillon par les électeurs de la primaire a coupé l’herbe sous le pied de ceux qui attendaient la désignation d’Alain Juppé, un candidat en tout point conforme aux désirs du système. Il était donc nécessaire de virer Fillon et nous assistons aujourd’hui à son assassinat politique pour que ce dernier n’accède pas à la fonction présidentielle. Cette mise à l’écart de Fillon est d’autant plus nécessaire qu’un autre beau et jeune candidat, sorti de presque nulle part, est en vogue et correspond en tout point au profil du candidat du système : Emmanuel Macron. Méditons sur le beau travail des journalistes qui laissent dans l’ombre cette fameuse histoire des 120 000 euros (80% de l’enveloppe budgétaire de représentation du ministère de l’économie) consommée par Macron avant son départ de Bercy pour financer des prestations sans lien avec le ministère de l’économie mais en très fort lien avec la préparation de sa candidature présidentielle. Sur ce sujet, mutisme de la presse. On objectera que si 120 000 euros c’est une somme, elle est toujours inférieure aux 639 000 euros de Mme Fillon, heu pardon, reprenons la méthode de désinformation des médias… les 830 000 euros de Mme Fillon. C’est moins important mais cela s’est produit sur une échelle de temps bien plus courte. Mais vu l’efficacité de la dépense de M. Macron, je vous laisse calculer ce que cela aurait représenté sur 24 ans d’activités politiques…cela donne des frissons.. (…) Enfin la chronologie des évènements parle de façon assez claire : le 25 janvier 2017, le Canard enchaîné publie son article sur l’affaire « Pénélope Fillon », le 26 janvier 2017, le Parquet national financier ouvre une enquête judiciaire et le lendemain plusieurs témoins sont auditionnés….il faut vite virer Fillon. En conclusion, vous l’avez compris : la démocratie a « dérapé » en plaçant François Fillon candidat de la droite française. Le système a vite réagi pour sortir ce candidat gênant de la scène politique et tracer un boulevard à un autre candidat construit, façonné et adulé par le système. Si ce dernier candidat ne devait pas percer, alors ce n’est pas un problème car le nouveau candidat de la droite fera l’affaire car, quel qu’il soit, il sera forcement le candidat désigné de force par le système. Sauf erreur d’analyse de ma part, François Fillon va être sommé de renoncer à l’élection présidentielle pour être remplacé par un candidat cautionné par le système. Les millions d’électeurs qui se sont prononcés lors de la primaire sont donc désavoués et rappelés à l’ordre : vous deviez désigner celui qui était le favori des sondages !

    Regis Desmarais

    Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme. Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules (…) De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison. Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud). (…) Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tout ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement. Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide. Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle ! (…) Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur (…) C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu ! Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui. (…) À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas ♥ « une banque à la place du cœur » ♥ ! À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF. (…) Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

    Nathalie MP et H16















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