eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Syrie: Attention, une vassalisation peut en cacher une autre (From lead-from-behind to retroactive retaliation threats: Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world)

Posté le dimanche 18 décembre 2016 par jc durbant

barackobamapresidentobamaholdsyearendbvlruiylf44lpallywoodeuropeAprès le leadership par l’arrière, les menaces de représailles rétroactives !

« Référendum néerlandais sur l’accord d’association avec l’Ukraine, Brexit, élection de Trump, victoire du parti du Centre prorusse en Estonie, élection du prorusse Dodon en Moldavie, du prorusse Rumen Radev en Bulgarie, victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite » …

A l’heure où après huit années de reculades, le plus rapide prix Nobel de l’histoire et prétendu leader du Monde libre nous fait le coup des menaces de représailles rétroactives …

Pendant qu’après lui avoir concédé contre l’avis de son propre Congrès le droit à l’arme nucléaire, ses entreprises comme les nôtres s’apprêtent à fournir à l’Etat voyou et terroriste isranien les avions pour soutenir ses divers affidés de par le monde Syrie comprise …

Qui écoute les avertissements depuis des années de l’historienne Françoise Thom …

Sur la véritable entreprise de vassalisation que mène contre l’Europe l’ex-kégébiste de Moscou depuis son arrivée au pouvoir il y a une quinzaine d’années ?

Mais aussi qui rappelle avec l’essayiste britannique Melanie Philips …

Tant la passivité d’Obama qui, sans parler de la militarisation par la Chine d’ilôts entiers au large de ses côtes, a rendu possible la mise à feu et à sang du Moyen-Orient par Poutine et ses alliés iraniens et turcs …

Qu’entre théâtre de propagande urbaine et appels au califat dans nos rues ou celles d’Alep …

Ou de déni de l’évidence ou désilluminations de Tour Eiffel …

La chariarisation, qui avance, de nos esprits ?



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4 réponses à “Syrie: Attention, une vassalisation peut en cacher une autre (From lead-from-behind to retroactive retaliation threats: Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world)”

  • 4
    jc durbant:

    Voir enfin:

    Nous sommes bouleversés par cet acte et nous constatons que nos avertissements concernant la venue incontrôlée de centaines de milliers de jeunes hommes issus de cultures islamo-patriarcales sont qualifiés de populistes.

    Jörg Meuthen (Alternative pour l’Allemagne)

    Cette victime et beaucoup d’autres auraient pu être évitées, si [leur] pays avait été préparé aux dangers qui vont de pair avec une immigration massive.

    Rainer Wendt (syndicat policier DPolG)

    Nous devons éviter que ces faits épouvantables alimentent la haine. (…) De tels meurtres odieux existaient bien avant que le premier réfugié venu d’Afghanistan ou de Syrie n’arrive » en Allemagne.

    Sigmar Gabriel (ministre de l’économie, vice-chancelier et président du Parti social-démocrate)

    De tels délits sont évidemment dramatiques et doivent faire l’objet de poursuites. (…) Mais, pour autant, il ne faut pas tirer des conclusions sur l’ensemble d’un groupe.

    Angela Merkel

    Les dirigeants français, comme ceux de l’URSS brejnévienne, compensent par un ruineux activisme extérieur leur incapacité à lancer des réformes indispensables à l’intérieur, réformes impossibles car elles remettraient en cause les dogmes socialistes qui fondent l’étatisme français. Dans les deux cas, l’activisme extérieur accélère et accuse la crise interne. On a vu ce qu’il est advenu de l’URSS. En France, les indices d’une déliquescence de l’Etat se multiplient depuis deux ans, et l’affaire irakienne a servi de révélateur. Les dirigeants français ont cherché à justifier leur position sur la question irakienne en faisant valoir que la France refusait le « choc des civilisations » et favorisait, par conséquent, l’intégration des musulmans français. Certes, le président Chirac a été acclamé dans les banlieues. Mais l’antiaméricanisme officiel a favorisé la jonction explosive entre une mouvance trotskiste virulente, une mouvance islamiste, une mouvance anti-mondialiste et une mouvance tiers-mondiste. Ce cocktail vénéneux abreuve non seulement les jeunes des banlieues mais les lycéens et les étudiants, expédiés dans les manifestations pour la paix par leurs enseignants gauchistes, au nom de « l’engagement ». Dans ce sens, les orientations de la diplomatie française ne font que refléter la tiers-mondisation galopante de la France, à commencer par la tiers-mondisation des esprits. Le président Chirac défie Bush, mais capitule devant les banlieues. De manière révélatrice, Dominique de Villepin a déclaré devant le parlement que la mission française était de mettre en échec « le libéralisme anglo-saxon ». Comme la plupart de leurs interlocuteurs arabes, les dirigeants français estiment plus urgent de se dresser contre les Etats-Unis, même quand ils ont raison, que de mettre en chantier les réformes qui permettraient de sauver leur Etat de la faillite. (…) Les observateurs étrangers s’interrogent sur les causes de la folie française. Au moment où la fragilité de l’Etat français devient perceptible pour tous, en l’absence de toute défense européenne crédible, est-il vraiment prudent de rompre avec notre allié américain, au point que celui-ci nous considère maintenant comme un ennemi ? (…) La deuxième explication de la politique chiraquienne tient à l’inquiétude de la classe politique devant l’échec de plus en plus patent de l’ »intégration républicaine ». Au lieu de faire face au péril, on se réfugie dans la dénégation. On déclare que la France ne croit pas au « choc des civilisations », comme s’il suffisait de refuser le mot pour effacer la chose. Pour plus de sécurité on abolit jusqu’au concept de civilisation. C’est pourquoi on cherche à refouler à tout prix que la France partage la même civilisation que les Etats-Unis, en cultivant, à grande fanfare, nos relations avec la francophonie. C’est pourquoi aussi la droite française mène une politique de gauche, s’imaginant que le consensus obligatoire la mettra à l’abri du débordement des zones de non-droit. L’antiaméricanisme joue un rôle central dans ce dispositif. Notre politique étrangère exprime donc une sorte de capitulation préventive. La France prend l’initiative de rompre avec le camp occidental dans l’espoir d’éviter une épreuve de force avec sa jeunesse ensauvagée et fanatisée, après avoir failli au devoir de la civiliser. Cette couardise profonde est dissimulée derrière le panache brandi du petit pays qui s’oppose au grand. Le mythe d’Astérix camoufle une réalité nettement plus sordide. L’anti-américanisme rend possible cette imposture, et la continuation d’une politique qui risque de rendre notre mal sans remède, et d’y faire sombrer toute l’Europe.

    François Thom (2003)

    La vérité qui dérange, (…) c’est l’enquête de l’IFOP menée par l’Institut Montaigne sur les musulmans de France. Elle dérange tant que nul n’ose s’indigner. L’enquête est présentée avec une distance embarrassée. Rien à dire a priori sur un sondage réalisé en juin à partir d’un échantillon de 15 459 personnes et qui a isolé 874 personnes de religion musulmane. Et certains résultats laissent pantois. 29 % des musulmans interrogés pensent que la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République, 40 % que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses salariés, 60 % que les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée. 14 % des femmes musulmanes refusent de se faire soigner par un médecin homme, et 44 % de se baigner dans une piscine mixte. L’Institut Montaigne et leurs rédacteurs Hakim El Karoui et Antoine Jardin ressemblent un peu à Alain Juppé, qui rêve d’une identité heureuse, et affirment qu’« un islam français est possible ». Mais le constat est inquiétant sur la sous-catégorie musulmane la plus « autoritaire » : « 40 % de ses membres sont favorables au port du niqab, à la polygamie, contestent la laïcité et considèrent que la loi religieuse passe avant la loi de la République », écrit l’Institut Montaigne. Cette sous-catégorie représenterait 13 % de l’ensemble des musulmans. L’IFOP chiffrant les musulmans à 5,6 % de la population de plus de 15 ans, nous en déduisons que l’effectif concerné atteint plusieurs centaines de milliers de personnes. Le chiffre qui dérange. L’intégration correcte de la très grande majorité des musulmans ne doit pas non plus conduire à nier une réalité qui, si elle est minoritaire, ne semble pas marginale. (…) Les populations sont sages lorsqu’elles sont traitées en adultes. Les Britanniques multiplient à outrance les comptages ethniques. Le gouvernement allemand publie chaque année les statistiques de criminalité par nationalité. On y constate une surcriminalité des étrangers, mais dont les causes sont expliquées, et les Allemands se concentrent sur leur évolution. En France, on est livrés aux diatribes d’un Eric Zemmour, qui séduira tant qu’on sera incapable d’objectiver sereinement les faits. (…) Les élites ont perdu de leur crédibilité, en minimisant les inégalités délirantes aux Etats-Unis, tardivement mises en évidence par Thomas Piketty, et en ne prêtant pas attention aux perdants de la mondialisation. L’essentiel est de prendre à bras-le-corps les batailles de demain, pour que les populistes ne puissent pas dire « Je vous l’avais bien dit ». Ainsi, ne sous-estimons pas Nicolas Sarkozy, qui cherche pour des raisons électoralistes à évacuer le réchauffement climatique par une autre vérité qui dérange, l’explosion démographique de l’Afrique. Ne pas traiter ce sujet sérieusement, c’est redonner la main aux populistes.

    Arnaud Leparmentier (Le Monde)

    L’étude de l’islam en France conduite par l’Institut Montaigne (…) devrait aussi conduire à une révision considérable des politiques publiques. Son résultat fracassant est que l’islam est utilisé pour une large fraction de la population musulmane jeune, 28% ou 12% selon ce qu’on compte, «comme l’outil de rébellion contre la société française et l’occident en général», conclut l’auteur Hakim El Karoui. Je souligne que 28% ou 12% ce n’est pas du tout pareil, il faudrait savoir! Mais dans les deux cas, c’est très grave pour les responsables de l’islam de voir leur religion utilisée comme un outil de révolte. C’est très grave pour les dirigeants politiques de voir que cette rébellion ne régresse pas, tout à l’inverse. Elle s’étend pour beaucoup de raisons fondamentales, économiques et géopolitiques (les conflits du Moyen-Orient), qui dépassent la France de loin. (…) Aujourd’hui, explique l’étude, «environ 60% des 1029 enquêtés considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée». On a lu: 60%. Et il y a pire pour les tolérants: «Contrairement à l’opinion dominante qui voudrait que les hommes soient plus conservateurs que les femmes, le port du voile est rejeté par 26% des hommes mais seulement par 18% des femmes (…) Ces résultats témoignent d’une adhésion idéologique d’une part importante de la population féminine musulmane au port du voile, allant jusqu’à l’acceptation du voile intégral (pour 28 % des femmes)». Le voile est un outil de révolte ou, plus pacifiquement, l’affichage d’une «fierté islamiste». Dans ce cadre, on comprend pourquoi l’interdire renforce la volonté de le porter. (…) Nous allons vers de plus en plus de difficultés d’intégration pas vers de moins en moins. «On peut le déplorer, s’en féliciter, vouloir le combattre ou le respecter, ce fait social est bien réel. Il faut le traiter, dans le contexte qui est le nôtre -celui d’une violence terroriste et sans limite perpétrée au nom de l’islam, qui rend angoissant pour une majorité de Français le mouvement d’affirmation identitaro-religieux voire théologico- politique qui est à l’œuvre».

    Eric Le Boucher

    Alain Finkielkraut a défini un jour le politiquement correct comme le fait de ne pas voir ce qu’on montre. Le traitement de l’étude sur les musulmans de France réalisée par l’Institut Montaigne sous la direction de Hakim El Karoui et publiée hier par le JDD nous en a fourni un exemple éclatant. On dirait que les médias se sont concertés pour tenter de planquer la réalité sous des titres lénifiants. « Musulmans de France, l’enquête qui surprend », annonçait le JDD à sa « une ». « L’enquête qui terrifie » aurait été un titre plus adapté. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un travail aussi sérieux tente d’établir un portrait idéologique et culturel des musulmans de France (trois quarts de Français, un quart d’étrangers). On se disait bien qu’une partie d’entre eux avait quitté le monde commun – ou n’y avait jamais résidé – mais on pouvait encore espérer qu’il s’agissait d’une infime minorité. Or, on apprend que 28 % des musulmans de France estiment que la charia prévaut sur la loi de la République. Oui, vous avez bien lu : près d’un tiers des musulmans vivant dans notre pays vivent mentalement dans une tout autre contrée. Un tiers sur une population estimée (à la baisse) entre 3 et 4 millions, ça fait un million de personnes, souvent jeunes. Combien seront-ils, dans dix ans, à être passés de la charia au djihad ? Seulement 1 %, soit “seulement” 10 000 ? Voilà qui rassurera certainement les 70 à 80 % de Français que l’islam inquiète. (…) douze ans après le vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, 60 % des personnes interrogées estiment que les filles devraient pouvoir porter le voile à l’école ; 48 % pensent qu’on doit pouvoir affirmer son identité religieuse au travail ; 58 % des hommes et 70 % des femmes sont favorables au port du voile – hijab. Autrement dit, même au sein de la majorité que l’on dit intégrée, on n’entend pas renoncer à ce signe de rupture avec le modèle français qu’est la dissimulation du corps féminin. Les promoteurs de l’étude espéraient sans doute que la réalité scientifiquement établie permettrait de trancher le cou des fantasmes sur l’islam. Or, la réalité se révèle pire que les fantasmes. Comment « déradicalisera-t-on » les 20 % de musulmans et 28 % de musulmanes qui, dans notre pays, approuvent le port de la burqa ? Combien de générations faudra-t-il pour les convaincre qu’une femme libre n’est pas souillée par le regard d’un homme ? Ces questions ne seront évidemment pas posées, comme le montre le titre hilarant du Monde sur le sujet : « Les musulmans de France, une population jeune et diverse ». Les perroquets du tout-info et tous les autres fossoyeurs du réel s’emploient déjà à expliquer qu’on a mal compris : l’intégration progresse. Quant à ceux pour qui elle ne progresse pas, ils sont révoltés plus que musulmans. Fort bien. Et qu’est-ce qu’on fait, avec tous ces révoltés ?

    Elisabeth Lévy

  • 3
    jc durbant:

    Voir également:

    Interventionists (…) should not learn the wrong lesson from Aleppo’s fall. There was never a good plan from the West. The Spectator’s Freddy Gray described the interventionists’ 2013 thinking, and it is not flattering: « Bomb first, think later seemed to be the strategy, just as it was in Libya — and look how well that turned out. » Intervention in Syria was fantastically unpopular in Britain and America. That’s why the House of Commons, and later the U.S. Congress, ended up voting against it. The Obama administration, although it backed away from its half-hearted push for larger intervention, still carried on covert support of the rebels. The CIA and Defense Department armed different groups (who sometimes shot at each other). The Free Syrian Army, the so-called « moderate » rebels on whom so many hopes were pinned, kept disintegrating. Even as the U.S. tried to rebrand it as the « New Syrian Force, » its fighters often defected to al Qaeda, or even ISIS. If they didn’t defect, they would sometimes just lose their new weapons to these more established radical Sunni brands. The United States was allied with the allies of al Qaeda in Syria, and carried out its covert missions under the 2001 AUMF that authorized the U.S. to fight al Qaeda. It’s dizzying. Along the way, the U.S.’s half-hearted intervention possibly created the worst of all worlds. It encouraged people to invest themselves in a doomed fight much longer than was necessary. It caused rebels to place their hopes in a more broad intervention that was never coming. And it lengthened one of the most disastrous civil wars of the modern era, one whose aftershocks and refugee flows have brought terror to Europe and helped empower a resurgent nationalism that is shaking the political and economic foundations of the European Union. Lastly, the U.S. having involved itself just enough to look like a loser, ceded initiative to its chief geopolitical rival, Russia. Not only did Obama help make Syria one of his own « losses, » he paved the way to make it look like a Russian win over the United States and radical Sunni Islam. It’s a disaster. But if the U.S. really wanted to overthrow Assad, the likeliest outcome was the disaster that has afflicted Syria and, to a lesser degree, Iraq: multiple groups claiming the right to govern, and the flourishing of ISIS in the midst of the disorder. That’s the choice Obama backed into, either giving Russia a geopolitical boost, or becoming an agent of chaos again. On top of the horrors in Aleppo’s fall is the dreadful reality that even this may not bring about the end of the war. Positions in Syria that had been recaptured by the government forces and Russia have been abandoned to the control of ISIS. That ISIS recaptured Palmyra was a particularly significant propaganda coup as the Russians had flown in a symphony orchestra to play in its picaresque ruins in celebration of its liberation last year. But taking Aleppo means that the Assad regime has control of the major cities of his nation again, if not the periphery. The horrors in Aleppo are all too real. Honoring the memory of the dead in Syria will require much more serious reflection by our leadership class than what we’ve seen this week. Turning the Eiffel Tower into a memorial for al Qaeda’s dead, and mourning our lost chance at a wider war that had no plausible happy ending, is just another grotesquerie in a long parade of disasters in this region.

    Michael Brendan Dougherty (merci james)

  • 2
    jc durbant:

    Voir aussi:

    Très pudiquement, alors même que l’OSDH le mentionnait, les médias occidentaux se sont bien gardés de mentionner que l’immense majorité des civils qui ont fui (sans doute déjà plus de 500 00) l’ont fait vers les zones loyalistes de l’Ouest d’Alep ou vers le quartier kurde de Sheikh Maqsoud. Pour les milliers de civils encore bloqués à l’Est, les conditions sont en train de se dégrader, si bien qu’on peut penser qu’il y aura des flux massifs dans les jours qui viennent. De ce point de vue, la stratégie des rebelles qui ont tout fait pour empêcher la fuite des civils semble être un échec. Et c’est bien évidemment le calcul du gouvernement syrien qui fait tout pour leur rendre la vie impossible. (…) Alep aurait pu devenir dès 2012 la capitale de l’opposition islamiste à Bachar al-Assad. Mais la sociologie de la ville a empêché que l’assaut depuis l’extérieur mené par les rebelles puisse déboucher sur un contrôle total de la ville. L’immense majorité des Alépins a continué de vivre sous le contrôle de l’administration de Damas. Avec la reprise d’Alep Est, Damas montrerait sa capacité à tenir un territoire qui est viable économiquement et surtout sans problème de continuité territoriale le long d’un axe longitudinal qui va du Sud de la province de Sweida jusqu’à Alep. Un territoire où vivraient encore plus de 60% de la population totale de la Syrie. Politiquement, Moscou se pose en acteur incontournable de la crise syrienne, sur lequel d’ailleurs Damas s’appuie bien plus que sur Téhéran. Désormais, c’est par Moscou que devront passer les initiatives politiques, tout le monde s’y résout: même les opposants en exil n’écartent pas une triangulation russe pour négocier l’avenir politique de la Syrie. (…) La situation est confuse à Idleb car les groupes djihadistes présents ont la fâcheuse tendance à se déchirer ces dernières semaines. Sans soutien turc, la province d’Idleb n’est absolument pas viable. Lorsque les dernières ressources auront été prélevées par les seigneurs de la guerre, cela va tourner à l’anarchie. Mais ce qui est inquiétant, c’est que ce djihadistan est un problème pour nombre de pays, y compris le nôtre. Pour ne citer que la Chine, Pékin, à la suite de l’attentat qui a frappé son ambassade à Bichkek l’été dernier, a commencé à s’intéresser de plus près à ce territoire où se trouvent près de 2000 combattants du Parti Islamique du Turkestan, des Ouïghours, dotés d’armes performantes et qui tenteront à nouveau de frapper les Chinois depuis ce réduit. La Chine envisagerait ainsi de doter l’armée syrienne de drones armés, comme elle l’a déjà fait auprès de l’armée irakienne. Il faut noter que les Etats-Unis ont effectué plusieurs frappes dans cette province ces dernières semaines pour éliminer les cadres de Jabhat Fatah al Sham, ex Al Nosra. Avec l’aval bien évidemment de la chasse russe. Je crois que notre focalisation sur l’Etat Islamique nous fait perdre un peu de vue cette poche lourde de menaces. (…) La Turquie porte une responsabilité immense dans le chaos qui règne au Nord de la Syrie. Elle a aidé et encouragé les pires éléments islamistes depuis son territoire à seule fin d’empêcher la constitution d’une zone kurde à ses portes. L’objectif de renverser le «tyran Assad» apparaît de moins en moins sérieux avec le recul quand on constate les dérives mégalomaniaques du Président Erdogan. A présent, elle semble avoir reçu un message clair de Moscou et agit dans un cadre apparemment négocié par Poutine. On ne sait toujours pas quels sont les objectifs de la Turquie: constituer une zone tampon pour empêcher la constitution d’un Rojava (Kurdistan syrien autonome, ndlr.) auquels aspirent les Kurdes de Syrie? Eradiquer l’Etat Islamique (c’est plus douteux)? Dernièrement Erdogan a affirmé avoir comme objectif de renverser Assad. Ce n’est pas sérieux tant que les Russes seront là…

    Frédéric Pichon

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    La démocratie incline à méconnaître, voire à nier les menaces dont elle est l’objet, tant elle répugne à prendre les mesures propres à y répliquer. Elle ne se réveille que lorsque le danger devient mortel, imminent, évident. Mais alors soit le temps lui manque pour qu’elle puisse le conjurer, soit le prix à payer pour survivre devient accablant. (…) La civilisation démocratique est la première dans l’histoire qui se donne tort, face à la puissance qui travaille à la détruire.

    Jean-François Revel, Comment les démocraties finissent, 1983)

    C’est toujours la même chose. (…) La Russie se présente comme faible: il faut l’aider, se garder de l’humilier, consolider ses progrès. Elle se présente en même temps comme redoutable par son immensité, son armée, son arsenal atomique, son pétrole. Elle fait planer une vague menace. Elle pourrait être encore pire. Apaisons-la.

    Alain Besançon

    Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis.

    Thérèse Delpech

    La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle.

    Poutine (2005)

    I don’t think people want a lot of talk about change; I think they want someone with a real record, a doer not a talker. For legislators who don’t want to take a stand, there’s a third way to vote. Not yes, not no, but present, which is kind of like voting maybe. (…) A president can’t vote present; a president can’t pick or choose which challenges he or she will face.

    Hillary Clinton (Dec. 2007)

    Sur la Russie, (…) il sera plus intelligent.

    Hubert Védrine

    J’ai l’impression que nos positions se sont très fortement rapprochées. j’ai senti une convergence. (…) J’ai trouvé un homme qui réfléchit, qui pèse le pour et le contre. un homme direct, courageux, déterminé. Le portrait qu’on a fait de Poutine me semble réducteur par rapport à la personnalité que j’avais devant moi …

    Sarkozy (2007)

    On a eu un bon échange avec les Russes. J’ai dit qu’il nous fallait relancer nos relations.

    Obama (2009)

    C’est ma dernière élection. Après mon élection, j’aurai plus de flexibilité.

    Obama (à Medvedev, 2012)

    J’ai donc dit à la Russie d’arrêter et indiqué qu’autrement il y aurait des conséquences. Notre objectif reste d’envoyer un message clair à la Russie et aux autres, de ne pas nous faire ça car nous pouvons aussi vous faire des choses. (…) La responsabilité de cette brutalité repose en un seul endroit: le régime d’Assad et ses alliés, la Russie et l’Iran. Et le sang versé est sur leurs mains et ils sont responsables des atrocités commises. (…) Je ne peux pas affirmer qu’on a réussi en Syrie et c’est une chose, qui est également vraie avec d’autres problèmes de par le monde, avec laquelle je dois aller me coucher chaque soir. Mais je continue à croire que c’était la bonne approche étant donné ce qu’on pouvait faire de manière réaliste.

    Barack Hussein Obama

    Monsieur le président, vous êtes le premier dirigeant de l’histoire russe qui ait accumulé cette puissance et en même temps ait été désireux de la partager avec d’autres… Ceci prouve que vous êtes un démocrate…

    Thierry de Montbrial (à Poutine, Valdaï, 2007)

    Il y a deux options possibles: ou bien on veut à tout prix recréer la guerre froide, on montre du doigt la Russie, on l’isole, on continue à la piétiner comme ça a été le cas depuis une dizaine d’années – ce n’est pas la voie qu’a choisie la France, ce n’est pas la voie qu’a choisie l’Europe –, ou on choisit l’option du dialogue.

    François Fillon (2008)

    Ce soir, à 20h, la @LaTourEiffel s’éteindra pour rappeler symboliquement le soutien de la Ville de @Paris à #Alep et à tous ses habitants.

    Anne Hidalgo

    The president (…) has an overarching moral theory about American power, expressed in his 2009 contention in Prague that “moral leadership is more powerful than any weapon.” At the time, Mr. Obama was speaking about the end of the Cold War—which, he claimed, came about as a result of “peaceful protest”—and of his desire to see a world without nuclear weapons. It didn’t seem to occur to him that the possession of such weapons by the U.S. also had a hand in winning the Cold War. Nor did he seem to contemplate the idea that moral leadership can never safely be a substitute for weapons unless those leaders are willing to throw themselves at the mercy of their enemies’ capacity for shame. In late-era South Africa and the Soviet Union, where men like F.W. de Klerk and Mikhail Gorbachev had a sense of shame, the Obama theory had a chance to work. In Iran in 2009, or in Syria today, it doesn’t. (…) Mr. Obama believes history is going his way. “What? Me worry?” says the immortal Alfred E. Neuman, and that seems to be the president’s attitude toward Mr. Putin’s interventions in Syria (“doomed to fail”) and Ukraine (“not so smart”), to say nothing of his sang-froid when it comes to the rest of his foreign-policy debacles. In this cheapened Hegelian world view, the U.S. can relax because History is on our side, and the arc of history bends toward justice. Why waste your energies to fulfill a destiny that is already inevitable? And why get in the way of your adversary’s certain doom? It’s easy to accept this view of life if you owe your accelerated good fortune to a superficial charm and understanding of the way the world works. It’s also easier to lecture than to learn, to preach than to act. History will remember Barack Obama as the president who conducted foreign policy less as a principled exercise in the application of American power than as an extended attempt to justify the evasion of it. From Aleppo to Donetsk to Kunduz, people are living with the consequences of that evasion.

    Bret Stephens

    Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre.

    Garry Kasparov

    Si le retrait des troupes américaines d’Irak a été à la fois bien intentionné et populaire, et si la Maison Blanche a su présenter à son avantage les concessions octroyées à M. Assad en 2013, les résultats n’en ont pas moins été désastreux. Un simple regard sur la carte de l’Irak et de la Syrie montre que l’essor de l’Etat islamique était une réponse logique à l’abandon américain des Sunnites de la région. Un groupe comme l’Etat islamique ne peut se développer sans le soutien des populations locales, dans ce cas précis les Sunnites qui ne voient d’autre façon de se défendre contre les forces chiites de l’Iran et de la Syrie qui les massacrent par centaines de milliers. En géopolitique comme aux échecs, il faut jouer à partir de la position qui est la vôtre sur l’échiquier au moment où vous commencez à jouer. Reprocher à George W. Bush d’avoir lancé la guerre d’Irak en 2003 ne change rien au fait qu’en 2008 il n’y avait ni crise massive de réfugiés ni armée de l’Etat islamique en ordre de bataille. Les négociations avec les groupes sunnites de la province d’Anbar avaient sapé le soutien à Al Qaeda, une politique qui avait complètement changé la donne et autant contribué à la réduction de la violence que le renforcement des forces américaines. Le départ des troupes américaines et le refus de M. Obama de dissuader M. Assad ont mis fin à toute possibilité de sécurité. La population n’avait d’autre choix que de lutter, fuir ou mourir, alors elle l’a fait, massivement, comme le confirment des chiffres horribles. (…) Aucun accord ne va changer cela. L’Iran et la Russie ont leurs propres ordres du jour dans la région et ceux-ci n’ont rien de pacifique ni pour l’un ni pour l’autre. L’Iran est le principal soutien mondial du terrorisme. La méthode Poutine pour mener la guerre contre le terrorisme en Tchétchénie était le tapis de bombes. Quand cela n’a pas réussi, il a « acheté » le seigneur de la guerre le plus brutal de la région, Ramzan Kadyrov. La poursuite du massacre de Sunnites dans la région y attirera un afflux sans cesse accru d’aides des Saoudiens et de combattants étrangers du Pakistan, d’Afghanistan et de Russie. La situation va se métastaser, ce qui convient parfaitement à M. Poutine. La guerre et le chaos lui fournissent toujours plus d’ennemis et ainsi plus d’occasions de jouer au dur à la télévison publique russe. Le régime iranien a besoin du conflit pour des raisons semblables et ne peut donc jamais renoncer à ses “Mort à l’Amérique ». Une aggravation du conflit fera aussi monter le prix du pétrole, un avantage qui n’échappe ni à Téhéran ni à Moscou. Ces conséquences peuvent être acceptables pour M. Obama, mais il ne peut faire semblant d’en ignorer sa part de responsabilité. Moi aussi, je voudrais vivre dans le monde de diplomatie et de droit où M. Obama pense vivre. Mais hélas ce n’est pas le cas. Le pouvoir et l’action comptent toujours et dans des endroits comme la Syrie et l’Irak, vous ne pouvez pas avoir le pouvoir sans l’action. M. Poutine n’a rien dit de nouveau à l’ONU, parce qu’il n’en avait pas besoin. Il sait qu’il a des atouts concrets autrement plus efficaces que de simples paroles. Il a des chars en Ukraine, des avions de chasse en Syrie et Barack Obama à la Maison Blanche.

    Garry Kasparov

    Les opérations conjointes militaires et policières particulièrement meurtrières menées, depuis deux mois, contre les rebelles kurdes dans le bastion kurde de Cizre, au sud-est de la Turquie, ont pris fin, a annoncé hier le ministre turc de l’Intérieur, Efkan Ala. (…) Cizre, proche de la frontière syrienne et irakienne, qui a été vidée de la quasi-totalité de ses 120 000 habitants, poussés à l’exode, a été un emblème de la reprise des combats l’été dernier entre Ankara et le mouvement kurde armé, après une accalmie de deux ans. La ville a été bouclée et aucun journaliste ni observateur indépendant n’a été autorisé à y pénétrer. Selahattin Demirtas, le chef du parti prokurde HDP (Parti de la démocratie des peuples), troisième force politique au Parlement, a accusé en début de semaine le pouvoir turc d’avoir commis un « massacre » à Cizre, ce qui a été catégoriquement démenti par les autorités. Les combats dans la zone kurde ont fait de nombreux morts de part et d’autre (250 militaires et policiers et plus de 750 rebelles, selon l’armée), et quelque 200 civils auraient perdu la vie depuis l’instauration du couvre-feu, selon les ONG.

    L’Orient le jour

    Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. (…) Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré. Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie. Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (…) L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? (…) Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens. (…) La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

    Caroline Galactéros

    The hand-wringing by western politicians and commentators over the appalling humanitarian catastrophe in Aleppo reveals something far worse even than the nauseating virtue-signalling of pointlessly blaming themselves for having decided not to bomb Syrian President Assad’s forces. It reveals they still don’t understand just how morally culpable they actually are. The current breast-beating is all about how the US and Britain made a terrible mistake in not bombing Assad’s forces years ago in this dreadful war. But the issue that made them back away was valid then and remains valid now: that those who might come to power if Assad were removed would be as bad, if not worse, for both the Syrian people and the rest of the world. People were, however, totally missing the point then just as they are doing now. Assad is the puppet of the Iranian regime whose infernal purposes, in gaining regional power in order to perpetrate genocide against Israel and jihadi terrorism against the west, he dutifully serves. Iran needs Assad in power. Without Iran, Assad would not be committing these atrocities. To stop him, the west needs to stop Iran. (…) The hand-wringing over the involvement by Russia’s President Putin, who is providing Assad with the military might to crush the Syrian people, also totally misses the point. Putin has merely stepped into the vacuum left by the collapse of western power and resolve in the world. The Obama administration ended America’s historic role in defending western interests in the developing world. Instead it empowered the west’s enemies, principally Iran, and infamously promoted a supposed “reset” with Russia – which Putin unsurprisingly took as a green light to stomp all over any territory useful to his imperial ambitions. It was the US, UK and EU which between them empowered Iran and turned Russia into the most powerful kid on the block. The slaughter in Syria is the result.

    Melanie Philips

    En octobre de cette année, des manifestants en Europe ont facilement recréé virtuellement chaque scène de “sauvetage” montrée par les “casques blancs” simplement en se barbouillant de farine et de colorant rouge et en s’allongeant sur le sol de villes européennes. Partie prenante de la campagne “Sauver Alep”, les manifestants cherchèrent à amener la “réalité” du “travail” des “casques blancs” à une audience européenne. Mais ils l’ont peut-être fait de manière trop littérale, révélant par là-même que de nombreuses scènes filmées par les “casques blancs” en Syrie sont en fait arrangées et truquées et font partie d’un théâtre de propagande urbaine. Dans une vraie situation de guerre, des bombardements laissent derrière eux un carnage indescriptible, avec des corps calcinés au delà de toute possibilité de reconnaissance, des membres arrachés, pantelants, des plaies ouvertes et des tas de chair sanguinolente. Les vidéos de ces “casques blancs” (NdT: rappelons-le financés à hauteur de millions d’euros par les Etats-Unis et l’UE…) ne représentent bizarrement aucune de ces dures réalités et au lieu de cela mettent le plus souvent en scène de la farine et des colorants sur des figurants, comme vus dans les scènes de manifestations en Europe le mois dernier. Il est à noter que la seule chose qui manquait des manifestations inspirées des “casques blancs” en Europe, fut un décor de fond de ville en ruines et les piles de gravas pour y “enfouir” les acteurs.

    Réseau international

    The White House response to the Syrian crisis has been worse than inaction. With the nuclear deal—the altar on which Mr. Obama sacrificed Syria and America’s traditional Middle East alliances—Washington is actively lending power and prestige to the butchers of Aleppo. Take the Boeing sale. Under Mr. Obama’s nuclear deal, the U.S. authorized the “transfer to Iran of commercial passenger aircraft for exclusively civil aviation end-use.” Some Iranian airlines, such as Mahan Air, remain sanctioned by the U.S. Treasury even after the deal. But Iran Air was de-sanctioned, notwithstanding Treasury’s determination in 2011 that it provides “material support and services” to the Islamic Revolutionary Guards Corps, or IRGC. Boeing’s deal with the mullahs is perfectly legal, in other words, even though the line between civil aviation and military activity in Iran is blurry. Passenger airlines have for years played a central role in Tehran’s efforts to supply the embattled Assad regime and other terrorist proxies with men and materiel—what Foundation for Defense of Democracies expert Emanuele Ottolenghi calls the regime’s “Syrian airlift.” The typical route runs from various Iranian cities to a suspected IRGC hub in Abadan, Iran, and from there to Damascus. Usually, it has been Mahan that flies this route. But publicly available tracking information suggests that Iran Air aircraft have flown it as recently as October. In many of these cases, the actual routes Iran Air flies differ from those associated with the listed flight numbers. Even if Iran Air never uses its jets for the Syrian airlift, the fresh supply of planes would benefit the Assad regime and other Iranian proxies. New parts, services and seats would reduce the pressure on Iranian aviation and improve overall efficiency. (…) The nuclear deal does bar Iran Air from using the jets for noncivil aviation purposes or transferring them to Treasury-sanctioned entities such as Mahan. Under the relevant provision, Washington can withdraw or deny export licenses down the road if it concludes that the aircraft “have been used for purposes other than exclusively civil aviation end-use.” Text is one thing and real-world enforcement another. The U.S. Treasury last May sanctioned nine aircraft associated with Mahan Air, on the grounds that the airline helps the IRGC “ferry operatives, weapons, and funds in support of the Asad regime.” (…) Many of the jets are still airborne today. (…) Once Boeing transfers the purchased aircraft to Iran Air, there is very little the U.S. government can do to control the end-use. The incoming Trump administration has so far kept mum. In the coming weeks Boeing will appeal to Donald Trump’s commitment to boosting manufacturing employment to win support for the sale, pressure the president-elect will have to weigh against his oft-stated opposition to the nuclear deal.

    Sohari Ahmari

    Obama will go down as the only president in history to spend eight years vociferously criticizing both his predecessor and his successor. According to Obama, nearly every problem facing the nation, even in the eighth year of his presidency, can be ascribed to George W. Bush. The remainder can be blamed on Donald Trump. That is quite the legacy…

    Liz Peek

    La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage.

    Françoise Thom

    L’une des causes de ce désarroi doit être cherchée dans la guerre psychologique que Moscou mène contre les Occidentaux depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. La Russie a su nous instiller une culpabilité corrosive pour avoir gagné la guerre froide. Elle s’est constamment posée en victime, au point que le refrain de la diplomatie française a été pendant des années qu’ »il ne fallait pas humilier la Russie ». Au nom de ce principe, cette dernière a bénéficié d’une indulgence exceptionnelle, dont elle a usé et abusé. Quel autre pays au monde peut en effet se permettre de raser des villes, de spolier les étrangers, d’assassiner les opposants hors de ses frontières, de harceler les diplomates étrangers, de menacer ses voisins, sans provoquer autre chose que de faibles protestations ? La raison en est que la Russie se pose constamment en victime, et elle a réussi à persuader les Occidentaux qu’ils étaient responsables de la débâcle des premières années de l’après-communisme, alors que la cause de ce fiasco tenait à l’héritage du communisme et aux caractéristiques de la nouvelle élite qui a émergé sur les ruines de l’Etat soviétique. De même que Hitler jouait à fond sur la culpabilité suscitée en Europe par le traité de Versailles, de même les Russes paralysent notre volonté en nous faisant endosser la faute de leurs déboires pendant les années Eltsine. (…) Les propagandistes du Kremlin ont parfaitement assimilé la phraséologie occidentale et ils la manipulent en maîtres. Encore une fois, le précédent de Hitler, qui sut jusqu’en 1938 dissimuler ses projets de conquêtes sous le slogan du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » et du « droit du peuple allemand à l’autodétermination », est particulièrement instructif : les régimes autoritaires savent concentrer le mensonge en un rayon laser dévastateur qu’ils braquent sur les centres nerveux des démocraties pétrifiées. Aussi devons-nous avant tout nous débarrasser de cette culpabilité débilitante, à tous les sens du terme. Nous devons nous rappeler comment Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir, par la provocation et une guerre menée contre des citoyens russes. Nous devons nous rappeler ce qu’il a réalisé en quelques années : la mise au pas totale du pays, la redistribution de la propriété au profit de son clan, l’organisation d’une propagande systématique de haine contre les Occidentaux, l’occultation des crimes du communisme, la réhabilitation de Staline, un lavage de cerveau quotidien des citoyens russes visant à leur inculquer la paranoïa, le culte de la force et l’esprit de revanche. (…) Ce qu’elle hait et redoute, c’est la liberté. Elle guette avidement chez nous les signes de faiblesse, d’aveuglement, de corruption et de capitulation préventive – et elle n’a que trop d’occasions de se réjouir. Or chaque démission en appellera d’autres plus grandes. Tant que demeurera une Europe indépendante alliée aux Etats-Unis, la Russie se sentira encerclée. La réalisation des prétendus intérêts de sécurité russes passe par l’asservissement par cercles successifs de tous ses voisins occidentaux et méridionaux. Le plus tôt nous verrons clair dans cette logique paranoïaque de Moscou, le plus tôt nous pourrons imaginer des remèdes. Mais encourager le malade dans sa folie ne sert à rien. Et croire qu’il guérira sans une épreuve de réalité est illusoire.

    Françoise Thom

    Ces derniers mois, les dominos tombent les uns après les autres : presque tous les scrutins tenus dans le monde occidental et l’espace postsoviétique donnent le résultat voulu par le Kremlin. Référendum néerlandais sur l’accord d’association avec l’Ukraine, Brexit, élection de Trump, victoire du parti du Centre prorusse en Estonie, élection du prorusse Dodon en Moldavie, du prorusse Rumen Radev en Bulgarie, victoire de Fillon au premier tour de la primaire de la droite : la liste s’allonge quotidiennement. La patiente stratégie de prise de contrôle des élites et des opinions étrangères par le Kremlin, lancée depuis l’arrivée aux commandes en 2000 de l’équipe du KGB autour de Poutine, commence à porter ses fruits. Les méthodes sont simples et calquées sur celles qui ont fait leurs preuves en Russie pour obtenir la mise au pas du pays : compilation de dossiers compromettants sur les personnalités qui comptent, corruption, chantage, promesses d’avancement voire de propulsion au pouvoir, contrôle des médias (par les mêmes procédés), contrôle des thèmes de propagande. Les méthodes de mise sous influence de l’opinion ont été affinées à partir de 2014 avec une utilisation massive des réseaux sociaux, et là encore l’application des techniques éprouvées qui permettent au régime poutinien de manipuler l’opinion russe : excitation constante des émotions, à commencer par la haine et la peur ; bombardement radioactif de faits divers, souvent falsifiés ; développement de ce qu’on peut appeler une « conscience apocalyptique » autour du mythe de la « fin de l’Occident », qui conditionne les populations à consentir à l’abandon des libertés et leur fait souhaiter l’avènement d’une forte poigne. Tout cela débranche l’esprit critique et engendre l’indifférence à la vérité. La France est travaillée en profondeur par la propagande du Kremlin depuis des années. Au point que le danger que représente la Russie est totalement absent du débat électoral. Surtout pas de retour à la guerre froide, nous dit la Russie, nous faisant oublier que la guerre froide a commencé quand les Occidentaux ont cessé de céder à Staline et que nous lui devons notre liberté. (…) l’Etat russe, tout entier adonné à un projet de puissance (…) consacre l’essentiel de son budget à l’armée et aux services spéciaux, qui teste quotidiennement les défenses des pays de l’Alliance Atlantique (OTAN), qui entretient chez lui une psychose de guerre chronique, qui, à l’étranger, a déployé un prodigieux réseau d’agents, bien supérieur en nombre à celui existant pendant la guerre froide. Un Etat qui a déjà dépecé deux de ses voisins et qui ne dissimule même plus sa prétention à dicter l’issue des scrutins tenus sur le continent européen. Un Etat qui, à l’évidence, nourrit un projet de vassalisation du Vieux Continent : car le déclin continu de l’économie russe rend indispensable à Moscou la mainmise sur les ressources financières et technologiques de l’Europe. Un précédent gouvernement français de droite a déjà donné la preuve de son aveuglement en secondant l’entreprise de modernisation de l’armée russe à partir de 2009, au moment où le démembrement de l’Etat géorgien aurait dû lui ouvrir les yeux sur les ambitions du Kremlin. L’encouragement alors donné à Moscou est la cause directe de la guerre russo-ukrainienne, quand Poutine s’imagine que l’Occident ne réagira pas à l’annexion de la Crimée et des provinces orientales de l’Ukraine. (…) Nos souverainistes, si sourcilleux de notre indépendance quand il s’agit des Etats-Unis, s’alignent sans états d’âme sur les positions du Kremlin, même les plus scandaleuses, comme on l’a vu à droite et à gauche au moment de la guerre hybride contre l’Ukraine. (…) Alors qu’en Europe ils présentent la Russie comme le rempart de la chrétienté contre l’islam, les mêmes hommes tiennent à leurs interlocuteurs musulmans un discours opposé, les exhortant à une solidarité entre traditionalistes contre les « valeurs occidentales ». Si notre droite souhaite réellement revenir aux vertus qui ont fait le rayonnement de l’Occident, elle doit se souvenir que parmi elles on trouve en bonne place le respect de la vérité, la recherche du bien commun, le sentiment du droit et de l’honneur. La Russie poutinienne, avec son culte de la force brutale, sa passion du mensonge, travaille depuis des années à nous faire oublier ces vertus après les avoir effacées chez elle.

    Françoise Thom
















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