eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Pauvreté: C’est notre tolérance qui diminue, imbécile ! (Contrary to much of the public perception, liberalization and globalization have not led to an increase in poverty rates)

Posté le samedi 3 décembre 2016 par Admini

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Attention: une ignorance peut en cacher une autre !

Au lendemain de la mort du mort du père du RMI Lionel Stoleru …

Et accessoirement homme politique, économiste (polytechnique, Mines et Stanford) et chef d’orchestre français et victime, on s’en souvient du fait de ses origines juives roumaines, de l’antisémite Jean-Marie Le Pen …

Alors qu’après l’accident industriel des années Obama mais aussi, technologie oblige, les risques de déclassement d’une bonne partie des classes moyennes …

Nombre de responsables politiques semblent tentés par un protectionnisme qui pourrait, si appliqué à l’instar de celle des années 30, nous ramener à la pire des grandes dépressions …

Pendant qu’au sein d’une Europe en train elle-même de remettre en question sa propre suppression des fontières internes face à la montée du terrorisme islamique et de l’immigration illégale, le Pays auto-proclamé des droits de l’homme ne ménage pas sa peine …

Pour imposer, au seul Etat israélien et par ailleurs allié revendiqué via la diplomatie et des mesures de marquage économique rappelant selon la formule consacrée « les heures les plus sombres de notre histoire » …

Le retour à des frontières notoirement indéfendables face à des entités appelant explicitement à son annihilation …

Comment ne pas s’émerveiller …

Avec l’historien de l’économie suédois Johan Norberg (merci letel) …

Derrière en fait l’incroyable réduction de la pauvreté que connait notre monde depuis une cinquantaine d’années …

De cette étrange propension qui semble être la nôtre …

A mesure qu’augmentent notre niveau de richesse  …

Comme notre intolérance à la pauvreté …

Mais aussi certes les périls et les risques de régression …

A croire que tout va toujours plus mal dans le pire des mondes ?

Admini @ 23:18
Catégorie(s): Mémé Bookine etMondialisation etPolitiques économiques


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4 réponses à “Pauvreté: C’est notre tolérance qui diminue, imbécile ! (Contrary to much of the public perception, liberalization and globalization have not led to an increase in poverty rates)”

  • 4
    jc durbant:

    Les frontières dites de 1967, que les Palestiniens et les instances internationales revendiquent, ont été créées par des accords d’armistice de 1949 qui n’ont établi que des lignes de démarcation. La Cisjordanie d’abord occupée par la Jordanie, puis par Israël n’a jamais été palestinienne. Une résolution sur les lignes de 1967 serait une violation flagrante des accords conclus, dans le cadre des accords d’Oslo en 1995. Elle contreviendrait aux résolutions de l’ONU : résolution 242 en 1967, 338 en 1973 et celle du 29 novembre 1947 établissant deux Etats, un Juif et un Arabe dans des frontières sûres et reconnues. La série des accords entre l’OLP et Israël réaffirme la volonté des parties à négocier des frontières définitives. On entend souvent l’expression de frontière de 1967 pour affirmer qu’Israël occupe illégalement la Judée et la Samarie. Or cette ligne verte ne date pas de 1967 et n’est pas une frontière. Elle ne correspond à aucune réalité historique, géographique ou politique. Il n’y a jamais eu de Palestine si ce n’est depuis les années 1970 à la suite d’un changement de stratégie palestinienne qui se définissait alors par son appartenance à la nation arabe islamique et non à une nation palestinienne. La création de la Palestine avait pour seul but que de contrer l’existence d’Israël. Il n’existe aucune disposition dans aucun des accords signés entre Israël et la Palestine qui exige le retrait Israélien sur la frontière dite de 1967. En réalité en 1967 les Palestiniens n’avaient aucune revendication territoriale spécifique, ne disposant d’aucun moyen d’expression politique. C’est à cette époque qu’a été inventé un sentiment national exprimé dans l’article 15 de la chartre de l’OLP. C’est la ligne où les Israéliens ont réussi à repousser les envahisseurs Egyptiens, Jordaniens, Syriens, Irakiens, Libanais et Saoudiens pendant la guerre de 1948. L’article V de l’accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 février 1949, précise « la ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale … » L’article Ⅱ de l’accord jordano-israélien d’armistice général du 3 avril 1949 précise de son côté : « aucun avantage militaire ou politique ne devait être acquis pendant la trêve ordonnée par le conseil de sécurité ». Aujourd’hui la guerre extrêmement violente entre Chiites et Sunnites a aggravé sérieusement la situation dans la région. L’Arabie sunnite et l’Iran chiite ont transformé la Syrie en centre de combat sans merci pour l’hégémonie régionale, les frontières du Liban, de la Syrie et de l’Irak fixées par les accords SYKES-PICOT imposées par la France et l’Angleterre sont en voie d’implosion. Les crises irakienne et syrienne, la création par l’E.I.I.L d’un Etat Islamique à cheval sur les deux pays et bientôt sur d’autres pays islamiques a pour ambition d’instaurer un califat sunnite, qui menace l’ensemble des pays de la région.

    Roger Pinto

    Why in the world did the parliamentary Left insist upon a foreign policy resolution that the governing Left had no intention of implementing? Dogmatism may be at stake: supporting the state of Palestine, whatever that means and even if it might turn into an Islamic State of Palestine, is part of the Left and Far Left mantras worldwide. A further explanation may be that the Left’s last hope to survive in the coming election is to garner as much support as possible from the immigrant Muslim community, which will provide an average of 5 to 10% of the vote. Finally, Hollande and Valls are so unpopular among their own constituency that the entire socialist and left-wing political class needs to distance themselves from them on almost all issues, either domestic or international. Sarkozy, who was elected on November 30 as the new chairman of the conservative UMP party — an important step for being reelected as president in 2017 — campaigned against the Palestine resolution. This point will not be lost on pro-Israel voters in the future, nor on a growing number of voters, both on the Right and the Left, that are concerned with the rise of jihadism in Europe as well as in the Middle East. Sarkozy’s main rivals among the conservatives, Alain Juppé and François Fillon, both of them former prime ministers, did not take part in the ballot. They had previously supported the socialist resolution; this too will not be easily forgotten. The two National Front members of the National Assembly abstained, but one of them, barrister Gilbert Collard, delivered a passionately pro-Israel speech on November 28. While the National Front’s old guard is seen as “anti-Zionist,” its new supporters are generally pro-Israel. In a rare instance of circumstantial convergence, Meyer Habib, the centrist representative for the 8th French expatriates district (Italy, Israel, and other Eastern Mediterranean countries), heartily applauded Collard’s speech. Some Eastern European countries recognized a so-called state of Palestine even before the Oslo accords and the creation of the Palestinian Authority, when they were still under Soviet control, and neglected thereafter to mend that move. Sweden — under a leftwing coalition dependent on the immigrant vote — was the first Western European country last September to grant formal recognition to post-Oslo Palestine. Some national assemblies, in the United Kingdom, in Spain, and now in France, followed and quite frivolously indulged in non-binding resolutions. However, the French vote was passed under such Pyrrhic conditions that the whole exercise may come to an end.

    Michel Gurfinkiel

  • 3
    Zoubor:

    France Diplomatie invente à propos de la légalite des implantations en Cis Jordanie : un tribunal francais l’a demontré.
    C’est un peu comme les BDS qui pretendent qu’Israel est illégal….

  • 2
    Gérard Pierre:

    Avant j’étais jeune.
    Avant toute la vie était devant moi.
    Avant j’avais des rêves plein la tête !

    Aujourd’hui je suis vieux.
    Aujourd’hui la vie est derrière moi.
    Aujourd’hui je ne rêve plus !

    Avant, il m’est arrivé d’avoir faim. J’avais parfois envie de manger autre chose que ce qu’on me mettait dans l’assiette.

    Avant, il m’est arrivé d’avoir froid. J’ai connu les engelures et les draps glacés, l’eau gelée sur la pierre de l’évier dans la cuisine.

    Avant, je jouais pieds nus dans la rivière, tentant d’attraper à la main d’insaisissables poissons. Je cassais avec mon lance pierre les godets des poteaux électriques.

    Aujourd’hui je mange n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand. Mon quintal flamboyant m’a valu une opération récente de la carotide, … bouchée à 80%.

    Aujourd’hui mes radiateurs sont calés sur 21°. Je sors le chien emmitouflé comme un Inuit ; même lui a son petit manteau de laine très élégant.

    Aujourd’hui je m’amuse avec mon ordinateur, avec mon téléphone portable et je fais de la « rando » en suivant des itinéraires ‘’culturels‘’.

    Et pourtant, …… tout était tellement mieux avant ! ! ! …… Allez donc savoir pourquoi !

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite.

    Jésus (Matthieu 6: 3)

    Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire? Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu? Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites.

    Jésus (Matthieu 25: 44-45)

    Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ.

    Paul (Galates 3: 28)

    Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles.

    Pearl Buck

    Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état.

    René Girard

    L’exigence chrétienne a produit une machine qui va fonctionner en dépit des hommes et de leurs désirs. Si aujourd’hui encore, après deux mille ans de christianisme, on reproche toujours, et à juste titre, à certains chrétiens de ne pas vivre selon les principes dont ils se réclament, c’est que le christianisme s’est universellement imposé, même parmi ceux qui se disent athées. Le système qui s’est enclenché il y a deux millénaires ne va pas s’arrêter, car les hommes s’en chargent eux-mêmes en dehors de toute adhésion au christianisme. Le tiers-monde non chrétien reproche aux pays riches d’être leur victime, car les Occidentaux ne suivent pas leurs propres principes. Chacun de par le vaste monde se réclame du système de valeurs chrétien, et, finalement, il n’y en a plus d’autres. Que signifient les droits de l’homme si ce n’est la défense de la victime innocente? Le christianisme, dans sa forme laïcisée, est devenu tellement dominant qu’on ne le voit plus en tant que tel. La vraie mondialisation, c’est le christianisme!

    René Girard

    Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age.

    René Girard

    Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent.

    René Girard

    La carte de juin (1967) est pour nous synonyme d’insécurité et de danger. Je n’exagère pas quand je dis que c’est pour nous comme une mémoire d’Auschwitz.

    Abba Eban (1969)

    L’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue une appropriation illégale de terres qui devraient être l’enjeu de négociations de paix entre les parties sur la base des lignes de 1967.

    France diplomatie

    Le règlement n° 1169/2011 du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires prévoit que les mentions d’étiquetage doivent être loyales. Elles ne doivent pas risquer d’induire le consommateur en erreur, notamment sur l’origine des produits. Aussi, les denrées alimentaires en provenance des territoires occupés par Israël doivent-elles porter un étiquetage reflétant cette origine. En conséquence, la DGCCRF attire l’attention des opérateurs sur la communication interprétative relative à l’indication de l’origine des marchandises issues des territoires occupés par Israël depuis juin 1967, publiée au Journal officiel de l’Union européenne le 12 novembre 2015. Celle-ci précise notamment qu’en vertu du droit international le plateau du Golan et la Cisjordanie, y compris Jérusalem Est, ne font pas partie d’Israël. En conséquence, l’étiquetage des produits alimentaires, afin de ne pas induire en erreur le consommateur, doit indiquer de manière précise l’exacte origine des produits, que leur indication soit obligatoire en vertu de la réglementation communautaire ou qu’elle soit volontairement apposée par l’opérateur. En ce qui concerne les produits issus de Cisjordanie ou du plateau du Golan qui sont originaires de colonies de peuplement, une mention limitée à « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » n’est pas acceptable. Bien que ces expressions désignent effectivement la zone ou le territoire au sens large dont le produit est originaire, l’omission de l’information géographique complémentaire selon laquelle le produit est issu de colonies israéliennes est susceptible d’induire le consommateur en erreur quant à la véritable origine du produit. Dans de tels cas, il est nécessaire d’ajouter, entre parenthèses, l’expression « colonie israélienne » ou des termes équivalents. Ainsi, des expressions telles que « produit originaire du plateau du Golan (colonie israélienne) » ou « produit originaire de Cisjordanie (colonie israélienne) » peuvent être utilisées.

    Journal officiel de la République française (Avis aux opérateurs économiques relatif à l’indication de l’origine des marchandises issues des territoires occupés par Israël depuis juin 1967, 24 novembre 2016)

    [Cette nouvelle bourgeoisie] se présente comme différente mais sur les fondamentaux, elle fonctionne un peu comme la bourgeoisie d’avant. Elle vit là où ça se passe, c’est-à-dire dans les grandes métropoles, les secteurs économiques les mieux intégrés dans l’économie du monde. Elle est dans la reproduction sociale. On ne compte plus les fils de… Tout ça est renforcé par les dynamiques territoriales qui tendent à concentrer les nouvelles catégories supérieures dans les grands centres urbains avec une technique géniale qui est d’être dans le brouillage de classe absolu. (…) Cette bourgeoisie ne se définit pas comme une bourgeoisie. Elle refuse bien évidemment cette étiquette. C’est une bourgeoisie cool et sympa. D’où la difficulté pour les catégories populaires à se référer à une conscience de classe. Hier, vous aviez une classe ouvrière qui était en bas de l’échelle sociale mais qui pouvait revendiquer, s’affronter, ce qui est beaucoup plus compliqué aujourd’hui. On a des gens apparemment bienveillants, qui tendent la main et qui se servent beaucoup de la diversité et de l’immigration pour se donner une caution sociale. Mais quand on regarde les choses de près, ce sont en fait des milieux très fermés.(…) Ça, c’est dans les discours mais dans les faits, ce que l’on observe, c’est une spécialisation sociale des territoires. Un rouleau compresseur, celui des logiques foncières, tend à concentrer de plus en plus ces catégories supérieures alors même qu’elles nous expliquent que l’on peut être dispersé dans l’espace, que via le réseau numérique on peut vivre n’importe où. (…) Quand on prend sur le temps long, on voit bien qu’il y a une recomposition sociale du territoire qui nous dit exactement ce qu’est le système mondialisé. En gros, nous n’avons plus besoin, pour créer de la richesse, de ce qui était hier le socle de la classe moyenne : ces ouvriers, ces employés, ces petits indépendants, ces petits paysans. Avec le temps, ces catégories se trouvent localisées sur les territoires les moins dynamiques économiquement, qui créent le moins de richesses et d’emplois. C’est cette France périphérique de petites villes, de villes moyennes et de zones rurales. C’est un modèle que l’on retrouve partout en Europe. [Le mouvement des bonnets rouges en Bretagne] (…) Ce qui m’a frappé, c’est que ce mouvement est parti de petites villes, de zones rurales et non pas de Rennes, Brest ou Nantes. Pourquoi ça part de là ? Parce ce que vous avez là des gens qui sont dans une fragilité sociale extrême. Quand ils ont du travail, ils ont peur de le perdre car il y a très peu de création d’activité. Le problème, c’est que tous les spécialistes des territoires pensent toujours à partir de la métropole.(…) C’est vrai que l’on nous parle toujours de la métropolisation comme d’un système très ouvert. On dit que par « ruissellement », les autres territoires vont en profiter. C’est tout l’argumentaire depuis 20 ans mais il faut bien constater qu’il n’y a pas de créations d’emplois sur ces territoires de la France périphérique. Certes, il y a de la redistribution à travers notamment les dotations mais ce n’est pas ça qui fait société. Les gens n’ont pas envie de tendre la main et attendre un revenu social. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la thématique du revenu universel est aussi bien portée par des libéraux de droite que de gauche. Il y a derrière l’idée que les gens ne retrouveront jamais du boulot.(…) On ne peut pas dire que le modèle économique ne marche pas. Il crée même beaucoup de richesses mais il ne fait plus société, il n’intègre pas le plus grand nombre. On est dans un temps particulier aujourd’hui, qui est le temps de la sortie de la classe moyenne. Les ouvriers et les employés, qui étaient le socle de la classe moyenne, sont pourtant majoritaires. Quand vous ajoutez villes moyennes, petites villes et zones rurales, vous arrivez à 60 % de la population. Il y a certes beaucoup de retraités sur ces territoires mais aussi plein de jeunes de milieux populaires qui sont bloqués, qui n’ont pas accès à la grande ville. Pendant un moment, la création d’emplois de fonctionnaires territoriaux a pu compenser ce phénomène mais aujourd’hui c’est fini. (politiquement) On le voit déjà. Trump aux États-Unis, c’est le vote de cette classe moyenne qui est en train de disparaître. Le Brexit, c’est exactement la Grande-Bretagne périphérique des petites villes et des zones rurales où vous avez l’ancienne classe ouvrière, qui paie l’adaptation au modèle économique mondialisé. Tout ça est très rationnel. On analyse toujours ces votes comme un peu irrationnels, protestataires. Il y a de la colère mais il y a surtout un diagnostic. On oublie toujours de dire que les gens des milieux populaires ont joué le jeu de la mondialisation et de l’adaptation mais pour rien. À la fin ils ont toujours de petits salaires avec des perspectives pour leurs enfants qui se réduisent. C’est ça qui se joue électoralement. On a des partis politiques qui ont été inventés pour représenter la classe moyenne qui n’existe plus aujourd’hui. Et le Front national n’a pas grand-chose à faire pour ramasser la mise. Il n’a même pas besoin de faire campagne. (…) Je fais vraiment un distinguo entre les élus d’en bas et ceux d’en haut. Les élus d’en bas comprennent très bien ce qui se passe. Ils connaissent leurs territoires. Mais il y a une classe politique d’en haut qui est complètement hors sol. Le clivage est vraiment à l’intérieur des partis.

    Christophe Guilluy

    Pour moi, le RMI était le retour de l’État à ses devoirs. Autant je pouvais admirer la charité chrétienne de l’abbé Pierre et la solidarité laïque de Coluche, autant j’étais convaincu que, dans un pays riche, c’est du devoir de l’État qu’aucun citoyen ne meure de froid ni de faim. Tel était l’objet du RMI, ouvert à tous sans condition de statut. En outre, fixé à un niveau évidemment inférieur au smic pour respecter la primauté du travail, le RMI ne coûte presque rien : une goutte d’eau dans l’océan des dépenses sociales, même avec un million de bénéficiaires. Cela dit, il ne nous avait pas échappé, dès sa création, que le RMI poserait deux problèmes. Le «I», tout d’abord, ce «I» de «insertion». Mis dans la loi pour rassurer les députés obsédés par le «délit de fainéantise», le dispositif d’insertion n’avait pas les moyens de traiter individuellement tous les RMIstes, ou alors le «I» de l’insertion aurait coûté beaucoup plus cher que le «RM» du revenu minimum. En outre, et surtout, il y avait une sorte de contradiction conceptuelle entre l’idée que tout citoyen a droit de manger et l’obligation d’insertion. Pour quelqu’un qui veut consacrer sa vie à écrire des poèmes ou à peindre des toiles qui ne se vendent pas, et qui se satisfait du RMI, que signifie l’insertion ? Si le RMI avait existé, peut-être que Van Gogh et Verlaine auraient un peu moins souffert ! Le revenu minimum, ensuite. Ma proposition personnelle n’était pas celle-là. C’était celle de l’impôt négatif : plus un citoyen est riche, plus il paie d’impôt positif ; plus un citoyen est pauvre, plus il reçoit d’impôt négatif. Il y a une échelle progressive, sans discontinuité. Le revenu minimum, lui, n’a pas cette qualité : on le donne à celui qui n’a rien et on l’enlève entièrement à celui qui retrouve un travail et un revenu. Dès qu’il gagne 100 € par son activité, il perd 100 € de son RMI. C’est évidemment fort peu motivant pour aller travailler. Une nouvelle étape du RMI est donc nécessaire, c’est le RSA, revenu de solidarité active, et c’est le grand mérite de Martin Hirsch, à partir de quelques expériences menées en région, d’avoir su proposer une réforme d’ensemble du système actuel vers un dispositif proche de l’impôt négatif, c’est-à-dire un dispositif où, comme pour tout impôt, on a toujours intérêt à gagner plus, car, comme on dit, «il en reste toujours quelque chose», ce qui n’était pas le cas du RMI. Mais, voilà le hic, le RSA est coûteux. Jusqu’à présent, on n’accompagne les bénéficiaires que jusqu’au moment où ils gagnent l’équivalent du RMI. Avec le RSA, on les accompagne au-delà du RMI et, compte tenu des besoins des travailleurs pauvres, non seulement jusqu’au smic, mais vraisemblablement un peu au-dessus du smic. Le calcul n’est pas sorcier : si on veut maintenir, par exemple, 50 € d’aide à celui qui gagne 100 € de plus, cela veut dire qu’on l’accompagne jusqu’à ce qu’il gagne deux fois le RMI, ce qui fait plus que le smic. Or il y a beaucoup de Français qui, à temps partiel ou à temps plein, sont à 20 ou 25 % autour du smic, au-dessus ou au-dessous. Même si le RSA ne donne à chacun qu’un petit complément, cela fait quand même un gros montant total, d’où le débat budgétaire actuel. Ce qu’on semble oublier dans ce débat, c’est que la totalité du RSA, je dis bien la totalité, va aux chômeurs ou aux travailleurs pauvres. C’est donc, à partir du RMI, la plus importante action de lutte contre la pauvreté jamais faite en France (et aussi dans l’Union européenne). (…) Il lui restera alors un dernier obstacle à franchir : la complexité. Moins simple par nature que le RMI, il devra, pour être efficace, être compréhensible et être compris. Contrairement à la prime pour l’emploi dont aucun bénéficiaire n’a jamais compris ni pourquoi, ni comment, ni quand il la touche, il faut que le salarié «s’approprie» le RSA en sachant à quels avantages il a droit et ce qu’il en garde chaque fois qu’il parvient à augmenter son revenu. C’est alors, et seulement alors, qu’il saura se bâtir un projet de réinsertion dans la société. Le «I» du RMI était passif, le «A» du RSA est actif, voilà ce qui fait toute la différence.

    Lionel Stoleru (2008)

    Mr. Trump secured the White House in part by vowing to bring manufacturing jobs back to American shores. The president-elect has fixed on China as a symbol of nefarious trade practices while threatening to slap 45 percent punitive tariffs on Chinese imports. But many existing American manufacturing jobs depend heavily on access to a broad array of goods drawn from a global supply chain — fabrics, chemicals, electronics and other parts. Many of them come from China. (…) In short, Mr. Trump’s signature trade promise, one ostensibly aimed at protecting American jobs, may well deliver the reverse: It risks making successful American manufacturers more vulnerable by raising their costs. It would unleash havoc on the global supply chain, prompting some multinationals to leave the United States and shift manufacturing to countries where they can be assured of buying components at the lowest prices. (…) Trade experts dismiss Mr. Trump’s threat of tariffs as campaign bluster that will soon give way to pragmatic concerns about growth and employment. Between 1998 and 2006, the imported share of components folded into American manufacturing rose to 34 percent from 24 percent, according to one widely cited study. International law also limits the scope of what the Trump administration can do. Under the rules of the World Trade Organization, the United States cannot willy-nilly apply tariffs. It must develop cases industry by industry, proving that China is damaging American rivals through unfair practices. (…) But Mr. Trump has suggested taking the extraordinary step of abandoning the W.T.O. to gain authority to dictate terms. His successful strong-arming of Carrier, the air-conditioner company, which agreed to keep 1,000 jobs at a plant in Indiana rather than move them to Mexico, attests to his priorities in delivering on his trade promises. The people advising Mr. Trump on trade have records of advocating a pugnacious response to what they portray as Chinese predations. (…) But Mr. Navarro also cast the threat of tariffs as an opening gambit in a refashioning of trade positions. (…) Even if factory work does return to the United States, though, that is unlikely to translate into many paychecks. As automation spreads, robots are primed to secure most of the jobs. (…) In threatening tariffs, Mr. Trump is wielding a blunt instrument whose impacts are increasingly easy to evade by sophisticated businesses with operations across multiple borders. The geography of global trade is perpetually being redrawn. In China, factory owners, casting a wary eye on Mr. Trump, are accelerating their exploration of alternative locales with lower-wage workers across Southeast Asia and even as far away as Africa. In Vietnam, entrepreneurs are preparing for a potential surge of incoming investment from China should Mr. Trump take action. In Europe, factories that sell manufacturing equipment to China are watching to see if Mr. Trump will unleash trade hostilities that will damage global growth. (…) Seven years ago, the Obama administration accused China of unfairly subsidizing tires. It imposed tariffs reaching 35 percent. A subsequent analysis by the Peterson Institute for International Economics, a nonpartisan think tank, calculated the effect: Some 1,200 American tire-making jobs were preserved, but American consumers paid $1.1 billion extra for tires. That prompted households to cut spending at retailers, resulting in more than 2,500 net jobs lost. (…) The TAL Group claims to make one of every six dress shirts sold in the United States. It produces finished goods for Brooks Brothers, Banana Republic and J. Crew, operating 11 factories worldwide. If Mr. Trump places tariffs on China, the company will accelerate its shift to Vietnam, said TAL’s chief executive, Roger Lee. If that trade is disrupted, the work would flow to other low-cost countries like Bangladesh, India and Indonesia. Mr. Lee can envision no situation in which the physically taxing, monotonous work of making garments will go to the United States. “Where are you going to find the work force in the U.S. that is willing to work at factories?” Mr. Lee said. (…) The American textile industry is small and increasingly dominated by robots. The rest of the world holds billions of hands willing to work cheaply. (…) But the textile and apparel trades are relatively simple businesses. If the cost of making trousers becomes less appealing in China, a room full of sewing machines in Cambodia can quickly be filled with low-wage seamstresses. Industries involving precision machinery are not so easily reassembled somewhere else. An abrupt change to the economics would devastate factories that could not quickly line up alternative suppliers. American automakers are especially dependent on the global supply chain. Between 2000 and 2011, the percentage of imported components that went into exported American-made vehicles grew to 35 percent, from 24 percent, according to the Organization for Economic Cooperation and Development.

    The NYT (merci letel)

    La vague réactionnaire qui submerge les démocraties occidentales est construite sur un mythe, celui d’un âge d’or… qui n’a jamais existé. Et sur un faux postulat selon lequel l’humanité serait en perdition. Ce qui semblait impossible s’est finalement produit. Donald Trump a gagné l’élection présidentielle américaine la plus détestable et la plus inquiétante de l’ère moderne. Elle a marqué l’irruption du populisme à une échelle sans précédent dans l’histoire de la démocratie américaine. Cette dernière n’est plus immunisée contre une maladie qui a ravagé l’Europe il y a quatre-vingt ans et a fait son retour dans l’ensemble du monde occidental et bien au-delà. Cette vague, apparemment irrésistible, a deux ressorts, la désignation d’un bouc émissaire et la négation de la réalité. Tous nos maux proviennent de l’étranger et des élites qui sont vendues à ces intérêts. Retrouver la grandeur passée, reprendre le contrôle de notre destin, renouer avec une société qui nous ressemble sont les slogans politiques de notre temps. On les retrouve aussi bien avec Donald Trump que parmi les partisans du Brexit, dans les partis d’extrême-droite européens, avec Vladimir Poutine en Russie, avec Recep Tayyip Erdogan en Turquie, avec Narenda Modi en Inde et même, à une autre échelle, avec Daech. L’islamisme politique n’a-t-il pas pour ambition de retrouver la prétendue pureté religieuse originelle et la puissance militaire qui lui est associée? Donald Trump promet de rendre «l’Amérique grande à nouveau». Vladimir Poutine entend renouer avec les ambitions impériales de la Russie tsariste et de l’URSS et Erdogan avec le destin de l’empire ottoman. Narenda Modi s’appuie sur un nationalisme hindou construit sur un affrontement avec l’Islam. Et les partisans du Brexit comme ceux de Marine Le Pen voient dans la fermeture des frontières et le rejet de l’immigration le moyen de revenir à un âge d’or de prospérité et d’entre soi. Un âge d’or qui n’a jamais existé. La pensée réactionnaire est toujours construite selon le même schéma, explique Mark Lilla, professeur à l’Université de Columbia et auteur d’un livre récent intitulé The Shipwrecked Mind: on Political Reaction («Naufrage intellectuel: la réaction politique»), dans le New York Times. Elle part de la description d’une période idéale, «un Etat où règne l’ordre et où les personnes partagent un même destin… Puis des idées étrangères promues par des intellectuels et des forces extérieures –écrivains, journalistes, professeurs, étrangers– détruisent cette harmonie. La trahison des élites est centrale dans tout mythe réactionnaire…». Désigner à la vindicte populaire le ou les responsables de nos malheurs, au hasard l’immigration, l’Europe, la finance cosmopolite, la mondialisation, le capitalisme, les Etats-Unis, la Chine, le sionisme, l’islam… est d’une redoutable efficacité politique. Sans doute plus encore à l’époque des réseaux sociaux et de l’omniprésence de l’information instantanée qui n’a pour seul horizon que la polémique artificielle du jour, rapidement effacée par celle du lendemain. Face à un monde compliqué et vide de sens, le «C’était mieux avant» apporte une réponse simpliste et réconfortante au sentiment de déclassement, d’abandon, d’aliénation et d’humiliation d’une partie grandissante de nos sociétés. Mais si la souffrance économique comme identitaire est bien réelle, la réponse qui consiste à désigner des responsables, les chasser… et revenir ainsi par magie à la grandeur et à l’harmonie passée est une dangereuse illusion. (…) La réponse à ces marchands d’illusion et de malheur existe, même si elle tarde à venir. Elle se trouve dans les enseignements de l’histoire et l’affirmation des faits. La réaction est construite sur un mythe, celui d’un passé fantasmé, et sur un faux postulat, l’humanité est en perdition. Les réactionnaires promettent d’effacer ce que la modernité aurait détruit d’une société harmonieuse à taille humaine. Ils affirment que leur pays et leur société ont fait fausse route, guidés par des élites apatrides, des ploutocrates, et qu’il faut revenir en arrière. Donald Trump ou Eric Zemmour s’insurgent contre un effondrement moral, politique et économique. Il n’existe pas. Les sociétés du siècle passé avaient leurs guerres, leurs mouvements sociaux, leur terrorisme, leur misère, leur violence, leurs discriminations, leurs laissés-pour-compte, leurs corrompus… La réalité objective de l’humanité ne correspond en rien au catastrophisme ambiant. Il n’y a tout simplement jamais eu sur terre de meilleure période pour être vivant, explique l’historien suédois Johan Norberg dans son livre Progress: Ten Reasons to Look Forward to the Future («Progrès: dix raisons d’attendre avec impatience l’avenir»). «L’humanité n’a jamais été plus riche, en bonne santé, libre, tolérante et éduquée», résume-t-il (…) L’espérance de vie moyenne dans le monde était de 31 ans en 1900. Elle est aujourd’hui de 71 ans. La Banque mondiale a défini le seuil de la misère extrême à un revenu équivalent à 2 dollars par jour. En 1800, 94% de nos ancêtres vivaient dans une pauvreté extrême. En 1990, 37% de la population mondiale se trouvait encore dans cette situation. Ce chiffre est revenu aujourd’hui à moins de 10%. Nous vivons dans l’ère la plus pacifique de l’histoire humaine. Le taux annuel d’homicide dans l’Europe médiévale était de 32 pour 100.000. A la fin du XXe siècle, ce chiffre est tombé à 1 pour 100.000. Le taux de mortalité de personnes ayant péri lors de conflits armés est passé de 195 par million en 1950 à 8 par million en 2013. En 1800, seuls 12% des adultes étaient capables de lire. En 1950, le niveau mondial d’alphabétisme était de 40%. Il est aujourd’hui de 86% et la différence entre les hommes et les femmes ne cesse de reculer. En 1990, il y avait 76 démocraties électorales. Il y en avait 125 en 2015. L’air de Londres est aujourd’hui aussi propre qu’au début de la révolution industrielle et les forêts s’étendent à nouveau en Europe. (…) Cela ne veut pas dire que notre planète soit un paradis. Que les sociétés ne sont pas fracturées par des transformations brutales qu’elles n’arrivent pas à surmonter. Mais personne ne veut voir la réalité des progrès spectaculaires de l’humanité. Nous préférons nous complaire dans les peurs, les fantasmes et l’annonce de catastrophes. (…) Les réactionnaires exploitent l’appauvrissement relatif de la classe moyenne et l’angoisse irrationnelle de l’avenir. Ils apportent une réponse absurde et dangereuse à de vrais problèmes nés de la mondialisation et de l’évolution technologique: l’angoisse culturelle et identitaire et la bipolarisation du marché du travail. Rendre moins douloureux le sentiment d’un déclin identitaire et culturel prend du temps. Cela se fait dans l’éducation, le respect et plus encore la connaissance de l’autre. Le paradoxe, c’est que la tolérance progresse en fait rapidement dans le monde, mais qu’il est difficile de le voir. La bipolarisation du marché du travail pose un problème encore plus grave aux sociétés, notamment occidentales. C’est ce qu’explique l’économiste Patrick Artus dans Le Point. «Les créations d’emplois se concentrent aux deux extrêmes, emplois qualifiés à rémunération élevée, emplois peu qualifiés à rémunération faible; entre ces deux extrêmes, les emplois intermédiaires (la classe moyenne) disparaissent progressivement…». La plupart des études montrent que cette division du marché du travail est plus liée à la technologie qu’à la mondialisation et aux délocalisations. C’est la technologie qui a chassé la main d’œuvre des campagnes puis des usines et aujourd’hui de bon nombre d’emplois intermédiaires dans les services. Ce phénomène va s’accélérer, avec par exemple le développement des véhicules autonomes et des robots. Un processus de destruction/création brutal. De nouveaux emplois apparaissent et apparaîtront –les besoins sont sans limites–, mais là encore il faudra du temps. Les États ont un rôle indispensable à jouer dans la formation et dans la protection, avec, pourquoi pas, l’instauration d’un revenu universel. S’ils ne le font pas, les marchands d’illusion ne sont pas prêts de disparaître.

    Eric Leser

    In 1981, the year Ronald Reagan became America’s 40th President, 44.3 percent of the world lived in extreme poverty (i.e., less than $1.90 per person per day). Last year, it was 9.6 percent. That’s a decline of 78 percent. In East Asia, a region of the world that includes China, 80.6 percent of people lived in extreme poverty. Today, 4.1 percent do—a 95 percent reduction. Even in sub-Saharan Africa, a relatively under-performing region, the share of the population living on less than $1.9 per day dropped by 38 percent. When talking about U.S. poverty rates, it is important to keep in mind that extreme poverty in America is vanishingly rare. According to both the Nobel Prize-winning economist Angus Deaton and Cato’s Michael Tanner (who relied on U.S. Census Bureau data), the American poverty rate has moved between 15.2 and 11.3 percent over the last four decades. On three occasions (1983, 1993 and 2010) it reached over 15 percent of the population. Those were post-recession peaks that disappeared as soon as the economy recovered. In fact, America experienced her lowest poverty rate since 1974 in 2000, when openness of the American economy, as measured by the Fraser Institute’s Economic Freedom of the World index, was at its highest.

    Marian Tupy

    More Americans believe in astrology and reincarnation than in progress. But poverty, malnutrition, illiteracy, child labour and infant mortality are falling faster than at any other time in human history. The risk of being caught up in a war, subjected to a dictatorship or of dying in a natural disaster is smaller than ever. Part of our problem is one of success. As we get richer, our tolerance for global poverty diminishes. So we get angrier about injustices. Charities quite rightly wish to raise funds, so they draw our attention to the plight of the world’s poorest. But since the Cold War ended, extreme poverty has decreased from 37 per cent to 9.6 per cent — in single digits for the first time in history. (…) The idea of the environment as a clean canvas being steadily spoilt by humanity is simplistic and wrong. As we become richer, we have become cleaner and greener. The quantity of oil spilt in our oceans has decreased by 99 per cent since 1970. Forests are reappearing, even in emerging countries like India and China. And technology is helping to mitigate the effects of global warming. (…) Conflicts always make the headlines, so we assume that our age is plagued by violence. We obsess over new or ongoing fights, such as the horrifying civil war in Syria — but we forget the conflicts that have ended in countries such as Colombia, Sri Lanka, Angola and Chad. We remember recent wars in Afghanistan and Iraq, which have killed around 650,000. But we struggle to recall that two million died in conflicts in those countries in the 1980s. The jihadi terrorist threat is new and frightening — but Islamists kill comparatively few. Europeans run a 30 times bigger risk of being killed by a ‘normal’ murderer — and the European murder rate has halved in just two decades. (…) In almost every way human beings today lead more prosperous, safer and longer lives — and we have all the data we need to prove it. So why does everybody remain convinced that the world is going to the dogs? Because that is what we pay attention to, as the thoroughbred fretters we are. The psychologists Daniel Kahneman and Amos Tversky have shown that people do not base their assumptions on how frequently something happens, but on how easy it is to recall examples. This ‘availability heuristic’ means that the more memorable an incident is, the more probable we think it is. And what is more memorable than horror? What do you remember best — your neighbour’s story about a decent restaurant which serves excellent lamb stew, or his warning about the place where he was poisoned and threw up all over his boss’s wife? (…) Bad news now travels a lot faster. Just a few decades ago, you would read that an Asian city with 100,000 people was wiped out in a cyclone on a small notice on page 17. We would never have heard about Burmese serial killers. Now we live in an era with global media and iPhone cameras everywhere. Since there is always a natural disaster or a serial murderer somewhere in the world, it will always top the news cycle — giving us the mistaken impression that it is more common than before. (…) Nostalgia, too, is biological: as we get older, we take on more responsibility and can be prone to looking back on an imagined carefree youth. It is easy to mistake changes in ourselves for changes in the world. Quite often when I ask people about their ideal era, the moment in world history when they think it was the most harmonious and happy, they say it was the era they grew up in. They describe a time before everything became confusing and dangerous, the young became rude, or listened to awful music, or stopped reading books in order to just play Pokémon Go. (…) The cultural historian Arthur Freeman observed that ‘virtually every culture, past or present, has believed that men and women are not up to the standards of their parents and forebears’. Is it a coincidence that the western world is experiencing this great wave of pessimism at the moment that the baby-boom generation is retiring?

    Johan Norberg

    Le cercle des personnes que nous respectons et de qui nous nous soucions ne cesse de s’étendre. Traditionnellement, seule la tribu octroyait une dignité face aux autres. Puis ce sentiment s’est étendu aux villes et à la nation. Aujourd’hui, il nous arrive même, dans nos bons jours, de penser à l’humanité [rires]. Dans les années 1980, les hommes répondaient encore à ces questions comme si hommes et femmes étaient une tout autre espèce. Mais, plus les femmes ont fait la même chose que les hommes dans le monde du travail, plus il est devenu difficile de penser qu’ils leur sont supérieurs. (…) Il y a deux cents ans, il y avait plus d’égalité dans le monde, mais c’est parce que l’immense majorité d’entre nous était pauvre. L’indice de Gini était donc très bas. Puis, dans une minorité de pays, les gens ont commencé à avoir plus de libertés, ils sont devenus beaucoup plus riches : leur PIB par habitant a été multiplié par 20. Evidemment, vous introduisez ainsi une énorme inégalité dans le monde. Mais serait-il préférable que tout le monde soit resté pauvre ? Prenez la Chine. Il y a trente ans, c’était un pays très égalitaire, mais 90% de la population vivait dans l’extrême pauvreté, contre 10% aujourd’hui. Si vous ne vous concentrez que sur les inégalités, vous aurez l’impression que ça a empiré. Le progrès n’est jamais égalitaire. Il se concentre plus sur les régions côtières, dans les grandes villes. Cela dit, l’inégalité peut devenir un problème, surtout quand certains groupes commencent à se garantir des privilèges et prennent le contrôle du pouvoir. C’est ce qui s’est passé en Russie, où un petit groupe a pris en otage le gouvernement, faute de transparence. (…) Cette augmentation des inégalités est en partie le résultat de la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Ce fut facile, car toute la technologie était à notre disposition. Mais cette croissance s’est essoufflée dans les années 1970 et il a fallu de nouvelles ressources de productivité, car il ne s’agissait plus simplement de mettre des briques au bon endroit, mais de développer des technologies de l’information et de ressources humaines. Cela a favorisé ceux qui étaient bons dans ces domaines par rapport aux travailleurs manuels. En même temps, il est utile de rappeler que, plus que votre salaire, l’important est ce que vous pouvez acheter. Même si vous n’avez pas augmenté vos revenus de manière importante depuis les armées 1980, vous avez eu accès à des technologies et à des services qui n’existaient pas dans le passé. Avant, seuls les riches pouvaient s’acheter une encyclopédie. Maintenant, on y a tous accès pour rien ! Comment chiffrer ça ? Ça n’apparaît pas dans les statistiques. Sans parler de la médecine, qui nous a donné près de dix années supplémentaires de vie. Les taux de criminalité se sont réduits, l’accès à la technologie a augmenté pour tout le monde. Bill Gates voyage de manière luxueuse et boit sans doute du meilleur vin que moi. Mais il utilise le même téléphone, il n’a pas un meilleur accès au savoir, ce qui est une première dans l’histoire de l’humanité. Et son espérance de vie n’est pas supérieure à la mienne. Dans notre vie de tous les jours, nous sommes en fait de plus en plus égaux. (…) [l’dentité] C’est effectivement un facteur plus important que les données économiques. Si vous regardez les supporteurs de Donald Trump, ils ne sont pas au chômage, mais ils appartiennent à une classe blanche qui pense que son identité est en déclin car menacée par les minorités. Cela explique en grande partie l’essor des populismes en Europe et aux Etats-Unis. Les psychologues parlent d’un réflexe d’autorité. C’est un besoin de protection qui touche aussi l’éducation, la liberté sexuelle, les droits des minorités. C’est l’idée qu’on doit se reprendre en main. Je comprends ce sentiment, mais les conséquences en seraient terrifiantes, car tout le progrès dont nous parlons est dépendant de notre ouverture au monde. (…) Si nous construisons des murs, nous n’empêcherons pas le reste du monde d’innover et d’avoir de nouvelles idées. Ce serait se tirer une balle dans le pied. On a vu ça dans l’Histoire. Les civilisations qui, se sentant menacées, ont commencé à mettre des barrières sont celles qui ont entamé leur déclin. Les Arabes étaient très en avance sur l’Europe en matière de science et technologie, la Chine avait les caractères, de la poudre à canon et la boussole. Mais la dynastie Ming, qui a pris le pouvoir au XIVe siècle, était hostile à la technologie et aux étrangers, tandis que le monde islamique s’est refermé après les invasions mongoles, différant l’utilisation de l’imprimerie de trois cents ans. (…) Selon les sondages, dans les pays occidentaux, plus de personnes croient aux fantômes ou à l’astrologie qu’au progrès. Cette idée que l’âge d’or est dans le passé est une forme de nostalgie qui nous a toujours accompagnés. Quand je demande aux gens quelle était la meilleure période à leurs yeux, la plupart évoquent les années au cours desquelles ils ont grandi. A l’époque, ils n’avaient ni enfants ni responsabilités et ne se préoccupaient pas de toutes les choses qui peuvent mal tourner. Le monde, quand on est jeune, semble plus sûr. En grandissant, on appréhende le danger. Et il y a le déclin physique. Comme l’explique l’historien culturel Arthur Herman, il existe une fréquente confusion entre la détérioration à l’intérieur de votre corps et celle qui se produit à l’extérieur. Ce n’est sans doute pas une coïncidence si nous sommes précisément au moment où la génération du baby-boom prend sa retraite. Aux Etats-Unis, beaucoup de gens sont persuadés que les années 1960 étaient une période d’harmonie. Mais n’y a-t-il pas eu la crise des missiles à Cuba, les assassinats des Kennedy et de Martin Luther King, ainsi que des conflits raciaux dans chaque grande ville américaine ? Pourtant, aujourd’hui, la période fait figure de paradis perdu. (…) Il y a toujours un danger contre la raison. Cette explosion de peur contre le vaccin, l’un des plus grands sauveurs de vies de l’Histoire, montre qu’un recul peut arriver n’importe où. Quand les personnes ont l’impression que leur monde est chaotique et complexe, elles ne savent plus à qui faire confiance, donc il devient plus facile pour les complotistes et les religions de prospérer. (…) Quelle que soit leur cause, les critiques du progrès demandent à l’Etat plus de contrôle pour figer la situation. A gauche, il faut garder l’économie comme elle était ; à droite, c’est la culture qu’il faut préserver et, pour les écologistes, c’est l’environnement. Ils veulent tout stopper. Mais même le plus convaincu des réactionnaires ne voudrait pas revenir aux famines d’il y a deux cents ans. Quant aux écologistes, ils devraient être d’accord sur le fait que les plus grands problèmes environnementaux sont ceux qui ont tué des millions de personnes, parce qu’on n’avait pas d’électricité, qu’on était empoisonné par un mauvais air intérieur, qu’on polluait de façon traditionnelle l’eau et qu’on en mourait. Tous ces gens pensent qu’à ce moment précis de notre évolution on ne peut plus aller plus loin et qu’il faut tout préserver. (…) Les risques sont là et ils sont bien plus dangereux quand les gens ne comprennent pas ce que l’espèce humaine peut réaliser quand elle est libre. Je suis très effrayé par cette demande d’autorité, à droite comme à gauche, pour s’opposer à la mondialisation. Un grand pays européen peut élire un populiste, ce qui signifierait la fin de l’Union européenne telle qu’on l’a connue. Je suis donc un optimiste soucieux. Cela dit, je reste optimiste, car l’humanité a traversé dans l’Histoire des choses bien pires et est arrivée à les surmonter. L’humanité est résiliente et a beaucoup de pouvoirs.

    Johan Norberg
















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