eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Primaire de la droite: Attention, une campagne dégueulasse peut en cacher une autre ! (In France’s deeply ingrained statist culture, guess who is denounced as an ultra-liberal and medieval reactionary Thatcherite !)

Posté le mercredi 23 novembre 2016 par Admini

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Vous avez dit dégueulasse ?

Alors qu’au lendemain d’un premier tour d’une primaire qui, fidèle au scénario inauguré par le référendum du Brexit et la présidentielle américaine, a bousculé tous les pronostics …

Le lecteur exalté des Mémoires d’Outre-Tombe et héritier chiraquien revendiqué qui peine, entre « Prisunic », « gomme » et « super pêche », à faire oublier ses vénérables 71 ans …

Dénonce, tout en jouant sur tous les tableaux, la « France nostalgique de l’ordre ancien » prétendument personnifiée par son adversaire …

Mais aussi, pour sa notoire complaisance avec l’islam politique, la « campagne dégueulasse » et « ignominieuse » dont il est l’objet de la part de sites d’extrême-droite …

Pendant que l’ancien banquier d’affaires et ministre d’un gouvernement socialiste ne nous propose rien de moins que la « Révolution » …

Comment ne pas voir …

Avec le site Atlantico …

La véritable campagne de désinformation de nos dûment stipendiés médias …

Face au prétendu, Libération et sa couverture de Fillon Thatcherisé dixit, « programme ultraconservateur et ultralibéral » et « Tariq Ramadan des sacristies » …

D’un  candidat ancien séguiniste et anti-TAFTA que l’actuel président n’arrivait même pas à distinguer d’Alain Juppé lui-même ?

Comme les côtés autant surréalistes que révélateurs d’un tel débat …

Dans un pays qui alors qu’après le Canada et la Suède dans les années 90 la plupart des pays occidentaux ont réduit drastiquement leur fonction publique …

Continue à employer quelque 5,5 millions de fonctionnaires soit un Français sur cinq (24 % de la population active contre 15 % en moyenne pour l’OCDE) ?



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28 réponses à “Primaire de la droite: Attention, une campagne dégueulasse peut en cacher une autre ! (In France’s deeply ingrained statist culture, guess who is denounced as an ultra-liberal and medieval reactionary Thatcherite !)”

  • 28
    jc durbant:

    HARO SUR LE FILLON !

    François Fillon fait l’objet d’un lynchage en règle depuis plusieurs semaines. Chaque nouvelle information sur lui, même la plus anodine, est présentée comme un délit potentiel. Quoi qu’il dise, on considère qu’il aggrave son cas. Les circonstances commanderaient pourtant que l’on fasse le tri entre ce qui doit lui être reproché et ce qui est sans conséquence, et que l’on aille jusqu’à faire l’effort de ne pas publier dans la presse les faits et gestes relevant de la seconde catégorie. Comment peut-on accepter que cet homme et sa famille soient scannés avec une telle obsession, un tel niveau de détails, une telle suspicion ? Ce délire donne la nausée. Si François Fillon a octroyé un emploi fictif à sa femme et/ou à ses enfants, il est normal qu’il soit sanctionné. La décision relèvera d’un tribunal et sera prise à la lumière du contexte dans lequel ces contrats ont été conclus, des éléments fournis par les personnes mises en cause et des éclairages apportés par les enquêteurs. Ce n’est pas aux journaux, même les plus prestigieux, d’en décider. En attendant, il conviendrait de ne pas faire preuve d’une mauvaise foi telle qu’elle ne pourrait que révéler une forme d’animosité. Certains ont écrit que la fille de M. Fillon, lorsqu’elle travaillait à ses côtés au Sénat, était sortie de ses fonctions en participant à l’écriture d’un ouvrage publié par son père, comme si François Fillon était le seul responsable politique à se faire aider pour écrire ses livres ! On a pareillement reproché au fils de M. Fillon d’avoir planché sur le programme …

    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/consigny-halte-au-feu-08-02-2017-2103302_1449.php#xtor=CS3-190 (merci letel)

  • 27
    jc durbant:

    L’homme brun au physique avenant par qui le scandale arrive …

    repéré par le célèbre metteur en scène Bob Wilson fut son secrétaire. Une expérience qui permit à ce jeune homme de côtoyer milieux chics et grands chefs d’entreprise… En mai 2010, l’homme brun au physique avenant est finalement nommé à la tête de l’INA. Recommandé auprès de Nicolas Sarkozy par Frédéric Mitterrand, il prend les commandes de l’Institut. S’il était réputé « faire le job » à ce poste, il aurait, selon Canard Enchaîné, demandé la rénovation de ses deux bureaux pour la somme de 125 000 euros. Mais il est fina­le­ment blan­chi par un rapport de l’ins­pec­tion géné­rale des Finances, en 2015…

    http://www.planet.fr/societe-qui-est-mathieu-gallet-lenigmatique-patron-de-radio-france.831230.29336.html?xtor=ES-1-%5BPlanet-a-la-Une%5D-20170209

    Dans son numéro du 18 mars, Le Canard Enchaîné a dévoilé que la rénovation de son bureau avait coûté la modique somme de 100 000 euros, loin des 34 500 euros initialement prévus. Confirmée par Radio France, l’information a fait l’effet d’une bombe. L’hebdomadaire a évoqué la restauration des « boiseries précieuses en palissandre » présentes dans le bureau du patron du groupe. Le tout pour la somme de 70 000 euros, selon les précisions de l’entreprise publique. La présidence de Radio France s’est d’ailleurs justifiée dans un communiqué en évoquant « le patrimoine historique » de la pièce. Toujours selon Le Canard, un changement de moquette ou encore de nouveaux meubles ont augmenté la facture. Celle-ci a du mal à passer, surtout lorsque l’on connaît le contexte actuel de l’entreprise publique. Après avoir annoncé un déficit de 21,3 millions d’euros en début d’année, le groupe a prévu un « plan de retour à l’équilibre ». Des préavis de grève ont d’ailleurs été déposés ce jeudi et plusieurs antennes sont perturbées par un mouvement illimité…

    http://www.planet.fr/societe-gallet-sarkozy-lepaon-ces-bureaux-qui-font-polemique.820579.29336.html

  • 26
    jc durbant:

    Belle formule aussi de Sarko sur le petit magouilleur :

    Que voulez-vous que j’en pense? Il est cynique. Un peu homme, un peu femme, c’est la mode du moment. Androgyne. Ce qui vous plait chez Macron, c’est que vous aimez toujours ceux qui ne vous obligent pas à choisir.

    Sarkozy

    Dans laquelle http://www.lexpress.fr/actualite/politique/emmanuel-macron-vise-par-des-boules-puantes-sur-sa-vie-privee_1832505.html > »>certains voient plus qu’une métaphore …

  • 25
    jc durbant:

    Macron, c’est tout ce que les Français sensibles à la fragilité du pays rejettent. Annoncer vouloir voter pour lui, même en dernier recours, est incompatible avec la défense d’une nation unifiée et assimilatrice. Son usage du mot « hexagone », vocabulaire désincarné qu’il partage avec Hamon, fait comprendre la froide distance qui sépare Macron de l’âme française. Samedi, à Lyon, le faux rebelle d’un Système qui le soutient a défendu le modèle multiculturel, qui est au cœur de la crise identitaire abordée par Fillon, mais aussi Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Il a déclaré : « Il n’y a pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple ». Il a aussi dénoncé l’ »obscurantisme », mais il le voit chez Donald Trump, et non dans l’idéologie islamiste qui nargue la République et a pris le monde occidental pour cible. Macron dit refuser les murs, les quotas, les frontières, les conflits. Un tel homme à l’Elysée signifierait l’abandon de la société d’intégration au profit d’une « inclusion » dans un espace ouvert et bienveillant. Pour le leader d’En Marche!, le FN représente « une France qui n’a jamais existé ». Mais le communautariste qu’il avalise, et qui se consolide dans les cités, est celui qui produit les tensions et annonce les guerres civiles. Lundi soir, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) des policiers encerclés ont dû tirer en l’air à balles réelles. Si la droite ne s’affirme pas, elle poussera nombre d’électeurs dans les bras de Marine.

    Ivan Rioufol (merci james)

  • 24
    jc durbant:

    Contre la danse du ventre électorale et la tactique Terra Nova de la voiture-balai bobo-immigrés (où l’on voit d’ailleurs tout à fait, entre Macron et Hamon, nos propres Justin Trudeau français dans les rôles principaux de ce coté du Quievrain …


    « Il y a un patriarcat typique des sociétés rurales, mais transposé dans une métropole ! On peut remarquer que ceux qui viennent ici, provenant d’un endroit rural, sont de nature à reproduire certains modes de vie : des petits groupes, des clans… Par exemple, il nous a été très difficile de faire comprendre que, pendant la fête du sacrifice, on ne pouvait pas égorger de moutons dans les maisons ».

    « Beaucoup d’hommes, et même leurs familles, considèrent les femmes du pays d’origine comme plus attractives: leurs attentes sont plus conformes aux valeurs normatives de la tradition. Elles ne cherchent pas à mener une vie en dehors du cadre familial, et du coup, elles sont plus fiables que d’autres femmes. »

    « Une amie proche m’a raconté que souvent les familles encouragent les fils à trouver une épouse au Maroc. De cette façon, ils peuvent exercer une forme de contrôle et une forme de pouvoir sur ces femmes; ce qui n’est pas possible avec les filles qui sont nées et qui ont étudié ici. »

    «L’existence de tant de familles nombreuses peut s’expliquer aussi par notre système d’allocations familiales qui favorise celles-ci. Ce système a eu ses raisons en son temps, mais un débat devrait avoir lieu sur la pertinence de le conserver »

    « Le repli identitaire ? C’est un phénomène que nous avons remarqué au cours des dix dernières années. Il s’est vraiment renforcé en rue et dans les magasins. On se croirait au Maghreb, mais nous n’y sommes pas ! »,

    Comble de la provocation, Annalisa Gadaleta réclame l’imposition de cours de langue obligatoires aux immigrés, une mesure en vigueur depuis belle lurette en Flandre, mais qu’une bonne partie de la gauche francophone juge éminemment « stigmatisante ». Dès qu’il est question de réalités qui dérangent, le champ lexical de la stigmate apparaît comme par magie. On se croirait chez Saint François d’Assise. Ainsi, si Sarah Turine, échevine du parti francophone Ecolo (et islamologue patentée à la ville!) concède que son alliée flamande « pointe des défis intéressants (comme la mixité dans les quartiers, l’émancipation des jeunes et des femmes…) », c’est pour ensuite dénoncer un « livre (…) truffé de contre-vérités et d’amalgames. Notamment par rapport à la communauté marocaine ou la question des musulmans. Des questions qui sont sans nuances et qui stigmatisent toute une population. » Autrement dit, Gadaleta pose quelques bonnes questions, selon le fameux mot de Fabius, mais donne de mauvaises réponses. « On attend désormais d’Annalisa qu’elle se rende compte qu’elle a éventuellement fait des erreurs dans son livre et qu’elle s’excuse auprès des populations concernées. » persifle Sarah Turine, dans un réflexe pacifiste qui tient doublement de la stratégie électorale.

    En vue des élections municipales de 2018, Catherine Moureaux a repris le flambeau paternel, proposant entre autres l’adaptation de l’enseignement de l’histoire en fonction des origines des élèves (ce qui laisse augurer de grands moments de solitude aux profs racontant les Croisades, les origines du conflit israélo-arabe ou la conquête islamique…). Dans ce petit Liban gangrené par les comptes d’apothicaire et les stratégies d’appareil, Sarah Turine et ses séides ne comptent pas injurier l’avenir, qui pourrait bien s’écrire avec le PS.
    Deux gauches belges irréconciliables ?

    Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’opposition socialiste molenbeekoise ne suit pas une ligne franchement courageuse. Son chef Jamal Ikazban, émule quadra de Moureaux, tient à la fois de l’entrepreneur communautaire (pour son engagement passé au sein de l’Association des Jeunes Marocains) et du militant « anti-islamophobe ». Dans un jugement que ne renierait pas notre CCIF national, Ikazban balaie d’un trait de plume le livre « poubelle » de Gadaleta plein de « clichés islamophobes et racistes ». Il est certainement « islamophobe » et clichetonneux de rappeler l’origine molenbeekoise des assassins du commandant Massoud, des exécutants du 13 novembre ou de rappeler la tentative de prise d’assaut du commissariat qui avait suivi l’arrestation d’une femme en burqa au printemps 2012.

    Jamal Ikazban fait pourtant peu de cas de l’incubateur bruxellois. Hier encore défenseur d’un djihadiste maroco-belge criant à la torture, pourfendeur de l’expert sécuritaire Claude Moniquet (« une ordure sioniste », sic), le jeune homme au CV communautaire long comme le bras ne fait pas dans la dentelle lorsque certains intérêts sont en jeu.

    L’essai d’Annalisa Gadaleta tombe donc au plus mal. Comme dans la douce France, la panoplie de la gauche multicu (droit de vote des étrangers, campagnes d’Etat contre les discriminations et « l’islamophobie ») sépare « deux gauches irréconciliables », selon la doctrine Valls. À ceci près que Gadaleta, soutenue par le parti vert flamand, fait la course bien seule à Molenbeek…

    http://www.causeur.fr/molenbeek-islam-gadaleta-bruxelles-42451.html (merci james)

  • 23
    jc durbant:

    Et nos Fouquier-Tinville tout marris à la perspective de perdre leur victime désignée !

    http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-02-07/Et-Elkrief-se-soumit-au-totalitarisme-id9525

    Et la courageuse journaliste britannique par qui le scandale arrive « désolée mais « pas choquée » de la manière dont les faits avaient été sortis de leur contexte par les médias français alors qu’elle confirme que c’était pas du tout, comme l’avait rappelé Fillon, le sujet de l’interview originale et que d’ailleurs elle se souvenait même plus lui avoir posé la question !

    http://www.europe1.fr/politique/penelope-fillon-la-journaliste-britannique-pas-choquee-par-envoye-special-2971190

    According to my interview notes, Fillon said she did “bits and pieces” for her husband, such as handing out leaflets during election campaigns. Then she said: “I have never actually been his assistant or anything like that. I don’t deal with his communication.” (…) There is nothing illegal in that: French parliamentarians are allowed to employ spouses, children, second cousins twice removed, as long as the person actually works (although it is not exactly clear what a parliamentary assistant should do). (…) No, I said, I couldn’t remember asking Fillon if she worked for her husband, and no, I couldn’t remember if she had mentioned it, because it was 10 years ago and it wasn’t the point of the article I was writing then.

    Kim Willsher

    https://www.theguardian.com/world/2017/feb/02/penelopegate-my-part-in-the-francois-fillon-scandal

  • 22
    jc durbant:

    Voir aussi Rioufol:

    Dans l’affaire Fillon, le « plan B » s’appelle Marine Le Pen : voilà à quoi ont conduit les justiciers qui, depuis deux semaines, chargent le dossier contre le candidat de la droite, plébiscité par la primaire. S’il y a un scandale à ce stade c’est celui qui consiste à faire taire, à moins de trois mois de la présidentielle, un homme qui a su désigner le libéralisme comme allié et le totalitarisme islamique comme ennemi. La tentative de kidnapping du favori pour l’Elysée, devenu le symbole d’une classe politique déconnectée de la vie des gens, n’est pas plus respectable que les pratiques dénoncées, sans preuve pour l’instant, par les donneurs de leçons. Le spectacle donné par ceux qui, chez Les Républicains paniqués, pressent Fillon de céder la place, illustrent la pusillanimité qui habite les opportunistes et les carriéristes. Alain Juppé est resté, ce lundi, à la bonne hauteur quand il a une nouvelle fois rejeté les appels du pied pour remplacer Fillon : « Clairement et définitivement, c’est non ! ». Ni lui, ni Nicolas Sarkozy, ne seraient acceptés d’un électorat qui les a clairement éliminés, dans un jeu de massacre qui n’est pas terminé. Pour ces raisons, Fillon a raison de tenir bon. Lui qui refusait le « tribunal médiatique » donnera, ce lundi à 16 heures, une conférence de presse. Il est attendu de lui qu’il dise tout, de ses erreurs de jugement comme de ceux qui veulent l’abattre. Le hold-up électoral peut encore être déjoué, tant les méthodes de chasse à l’homme sont odieuses.

    Ivan Rioufol

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/02/francois-fillon-ou-limpossible.html

    Une constatation se dégage du « Pénélopegate » : le troublant amateurisme de François Fillon. Cette impréparation apparaît d’autant plus que, comme il l’a souligné mardi, il doit faire front à « une opération de calomnies très professionnelles, d’une extrême ampleur, sans précédent sous la Ve République ». Ses fautes de communication et ses imprécisions dans des faits qu’il a tardé à reconnaître s’ajoutent aux maladresses de ses porte-paroles qui, avant même cette affaire, avaient déjà laissé voir un manque de coordination et une impréparation au sommet. Face aux révélations du Canard Enchaîné, qui en remet une louche ce mercredi sur les sommes perçues par l’épouse du candidat Les Républicains (près d’un million d’euros au final) et deux de leurs enfants (84.000 euros), Fillon a fait le choix, erroné selon moi, de se draper dans sa dignité bafouée et sa présomption d’innocence. Or le tribunal médiatique, cette régression démocratique, est pareil aux anciens Comités de salut public : il juge et condamne sur le champ celui qui ne sait se défendre dans l’urgence. Ce qui est en cause ici dépasse le népotisme de Fillon, qui est commun à d’autres hommes politiques, de droite ou de gauche. François Mitterrand faisait travailler ses fils à l’Elysée, et Jacques Chirac sa fille. Le problème se situe dans les largesses annexes que se sont accordés les parlementaires, ces nouveaux fermiers généraux. Rien ne semblait interdire à Fillon de puiser dans les fonds mis à sa disposition pour rémunérer des assistants. Mais cette pratique doit être réformée.

    Sa position de nouveau « paria de la République », que dénonce Maxime Tandonnet, en fait le bouc-émissaire d’un système politique qui a trop longtemps vécu dans l’entre-soi des carriéristes. Cette relative injustice s’ajoute à l’acharnement visant à faire taire un homme ayant choisi de répondre à la crise identitaire qui taraude la société. Ceux qui, derrière Le Canard, veulent méthodiquement abattre Fillon, qui se défend mal pour l’instant, sont à deux doigts de réussir leur dessein. Les dégâts sont déjà considérables dans l’opinion. Cependant, la gauche à la manœuvre suit là une stratégie agressive à courte vue. Rien ne dit qu’elle sera profitable à Macron, cet avatar d’un hollandisme rhabillé de neuf. Seule Marine Le Pen partage avec Fillon, au-delà des divergences économiques, la même inquiétude sur la crise de civilisation et les moyens d’y répondre. Forcer Fillon à renoncer à représenter le courant conservateur, très majoritairement choisi par les électeurs de la primaire, donnerait au FN l’opportunité de se placer en recours pour la droite orpheline. La chasse à l’homme lancée par les Fouquier-Tinville peut amener Le Pen à l’Elysée.

    Ivan Rioufol

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/02/fillon-lhomme-a-faire-taire.html

    L’éviction de Valls laisse un boulevard aux défenseurs du multiculturalisme, cheval de Troie de la charia. Emmanuel Macron partage avec Hamon la vision irénique d’un « Hexagone » ouvert à tous. À droite, Alain Juppé défendait cette posture, qui récuse l’exigence d’assimilation. La large victoire de François Fillon à la primaire était venue porter un coup d’arrêt à cette défrancisation voulue par les « modernistes ». Mais, depuis, les accusations qu’il subit l’affaiblissent dangereusement. Oui, la droite, majoritaire dans le pays, peut perdre. Il suffit de lire les satisfactions de la twittosphère islamiste après l’élection de Hamon pour constater la proximité entre le candidat du PS et la partie militante de l’électorat musulman. La mouvance fondamentaliste peut se frotter les mains : l’élimination de Valls, coupable d’avoir nommé le djihadisme comme fauteur de guerre, est une aubaine qui s’ajoute à l’avenir incertain de Fillon, pourfendeur du nouveau totalitarisme coranique. L’autre jour, à Paris, l’historien de la Shoah, Georges Bensoussan, a comparu en correctionnelle pour avoir décrit l’antisémitisme culturel qui s’exprime dans des banlieues : à côté du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui milite pour rendre l’islam intouchable, s’étaient joints, comme accusateurs, la Licra, SOS-Racisme, le Mrap, la Ligue des droits de l’homme. Et c’est Bensoussan que la jeune procureur a éreinté. La trahison des mouvements antiracistes, qui trouvent chez des magistrats l’appui pour poursuivre ceux qui dénoncent la nouvelle judéophobie, fait mesurer l’emprise de l’idéologie conquérante sur les esprits…

    Ivan Rioufol

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/02/bloc-notes-lavenir-de-la-franc.html

    Une victoire de Macron en mai viendrait concrétiser la stratégie du trou de souris, cette opportunité que François Hollande se réservait pour lui-même. Macron serait surtout la victoire des minorités militantes qui voient dans la consolidation d’une France multiculturelle l’opportunité d’affirmer encore davantage leur visibilité. Ceux qui, de ce point de vue, soutiennent Hamon sont les mêmes qui espèrent en une victoire de Macron. C’est donc bien un choix de société, capital, qui est en jeu dans la présidentielle. Mais alors que la société civile fait savoir, majoritairement, son attachement à la nation unitaire et assimilatrice, l’option communautariste peut espérer l’emporter en jouant sur les droites divisées.

    Ivan Rioufol

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/01/presidentielle-pourquoi-la-dro.html

  • 21
    jc durbant:

    Macron dans ses oeuvres (suite)

    À force de voir niées leur spécificité nationale, les peuples se rebellent et le nationalisme resurgit sous une forme brutale. Entre la vision protectionniste de ceux qui pensent que la France ne peut survivre que dans la restauration nostalgique d’un pays séparé du monde et la vision mondialiste dont le «néolibéralisme» d’Emmanuel Macron dans sa négation de la singularité culturelle française est l’expression …

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00209-emmanuel-macron-et-le-reniement-de-la-culture-francaise.php

    Il l’a dit, à Lyon, ce 4 février: «Il n’y a pas une culture française». La «culture en France» est, pour Emmanuel Macron, avant tout «diverse et multiple». Nous voici donc dans un projet – si le mot n’est pas trop fort – ou, du moins, dans un discours explicitement multiculturaliste. Pourtant, durant des mois, le candidat avait cultivé l’image d’un «honnête homme» attaché au patrimoine, à la pensée, à l’histoire et même à l’âme de notre pays. À Orléans aux fêtes johanniques, au Puy-du-Fou, dans les colonnes des journaux où il évoquait son amour pour les belles lettres et la pensée françaises, Emmanuel Macron n’a eu de cesse de vouloir se démarquer d’un certain socialisme volontiers méfiant à l’égard de la culture classique et des traditions populaires. Ce faisant, il éveillait une certaine sympathie dans des milieux hâtivement qualifiés de droite où l’on pouvait regretter son libéralisme, son progressisme viscéral, ou encore son admiration béate pour la mondialisation et les bouleversements qu’elle engendre mais où l’on se disait, qu’au moins, il avait une certaine idée de la France…

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00224-quand-emmanuel-macron-avoue-son-multiculturalisme.php

    Macron incarnerait la gauche moderne, européenne, mondialisée, affranchie des traditions politiques françaises : ceux qui rêvent du postnational l’adulent. D’un coup, n’importe quelle occasion semble bonne pour lui tresser des lauriers. La dernière en date, c’est ce discours en anglais, prononcé en Allemagne, qui selon l’expression employée par certains journalistes, aurait « ringardisé » la majorité de la classe politique … il y a dans les élites françaises une agaçante fascination pour l’anglais, et même une délirante anglomanie. À la télévision comme au quotidien, on parlera des « news », de son « smartphone », de la « battle de France », de la « society », du « Coca light », des « mails », des « guests », comme si ces termes ne trouvaient aucune correspondance en français. Qu’on me pardonne cette référence personnelle : on peut comprendre les Québécois d’intégrer plus de mots anglais qu’ils ne le devraient dans leur vocabulaire courant : ils vivent aux marches de l’empire américain, et, dans la mesure du possible, ils y résistent, même si la tentation est forte de s’y laisser dissoudre. Mais la France est moins soumise à l’impérialisme américain qu’elle ne semble hypnotisée par lui. Comment ne pas voir dans l’anglomanie des élites françaises une forme de dévalorisation de soi, comme si le français était la langue d’un monde déclassé ?

    http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2017/01/13/10001-20170113ARTFIG00241-emmanuel-macron-ou-le-delire-de-l-anglomanie-des-elites-francaises.php (merci james)

  • 20
    jc durbant:

    La violence du débat public, en France, enfin de qu’on appelle le « débat public » mais qui est tout simplement une chasse aux sorcières, n’a cessé d’augmenter, et le niveau des insultes n’a cessé d’augmenter. (…) en France, les journaux sont financièrement soutenus par l’État. Au passage, ça me paraît l’une des dépenses publiques les plus injustifiées et scandaleuses dans ce pays. (…) Tous les médias de gauche, c’est-à-dire presque tous les médias français, sont dans une situation difficile faute de lecteurs. » Le règne de François Hollande aura inauguré un degré supplémentaire dans la tension et la censure, Alain Finkielkraut et Michel Onfray se voyant traités « d’abjects » après qu’ils eurent rejoint le camp de la population et abandonné celui des élites. « Il y a deux ans, il s’est passé une chose très surprenante : plusieurs personnalités de gauche de premier plan : un ministre et le président de l’Assemblée Nationale (…) ont déclaré que les idées défendues par Éric Zemmour étaient inacceptables et qu’il devrait être privé de toute tribune publique pour les exprimer. Déjà, c’était surprenant comme déclaration. Mais le plus stupéfiant, c’est que les médias, pourtant des médias privés, ont obéi au pouvoir. I-Télé, la chaîne où il tenait son émission, a bien renvoyé Éric Zemmour.

    Michel Houellebecq

  • 19
    jc durbant:

    Macron dans ses oeuvres:

    Demanderait-on à des catholiques d’être modérés ?

    Emmanuel Macron (merci james)

  • 18
    jc durbant:

    En même temps, Fillon avait un peu donné l’exemple …

    François Fillon a dit à Jouyet : Mais comment ça se fait que vous ne poussiez pas la justice à en faire davantage ? » Et le 29 décembre 2014, le président renchérit : « C’était ça, le message de Fillon, c’était : Si vous ne faites rien, il reviendra. Il faut taper vite » …

    http://www.causeur.fr/fillon-jouyet-davet-lhomme-sarkozy-40522.html

  • 17
    jc durbant:

    Dati dans ses oeuvres

  • 16
    jc durbant:

    le prétendu donneur d’alerte qui avait gracieusement contribué à la formation continue de nos terroristes fait la leçon à Fillon maintenant que c’est trop tard …

  • 15
    jc durbant:

    Le modèle que l’Amérique comme la France viennent de rejeter ! (merci james)

  • 14
    jc durbant:

    la droite qu’incarne François Fillon ne me semble pas dériver mais revenir à ses fondamentaux, qui sont culturellement conservateurs et économiquement libéraux. Ce qui s’est passé, plutôt, c’est une mise entre parenthèses assez longue, par la droite dite «de gouvernement», du conservatisme de conviction. On avait pour habitude de dire que la présidentielle se gagnait au centre: en 2017 le candidat LR doit la gagner à droite. C’est d’ailleurs plus clair ainsi: le centre pourra s’affirmer de manière autonome, la gauche aura face à elle un candidat clivant et le FN, dans sa version nationale-républicaine, fera campagne contre le programme économique et social de François Fillon.

    Pour prendre une comparaison internationale, il est plus proche de David Cameron que de Farage, bien sûr.

    Mais d’abord, intégrons bien le fait que cette «primaire», comme celle de la gauche d’ailleurs, voit voter les «inclus» bien davantage que les «exclus». C’est ces derniers qui ont la clé de la présidentielle entre leurs mains.

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/11/25/31001-20161125ARTFIG00311-jean-yves-camus-fillon-incarne-une-droite-qui-est-tout-sauf-populiste.php

  • 13
    jc durbant:

    Joffrin pouvait pas mieux faire pour faire passer Fillon

    En espérant peut-être, au risque de faire monter au contraire Marine, qu’il fera un meilleur repoussoir l’an prochain contre ses candidats à gauche ?

    En attendant, personne n’a l’air de s’offusquer que Juppé doit probablement son maintien au 2e tour – au détriment du pauvre Sarko qui lui au moins a eu l’élégance de se désister – à la seule grâce des parjures de gauche qui ont voté pour lui au premier …

    Voir:

    Cette prise de position d’un grand média français montre une nouvelle fois, une menace inquiétante qui pèse aujourd’hui sur les esprits en France : une forme de laïcité autoritaire et sectaire qui gagne l’ensemble de l’espace public et, par capillarité, entend s’imposer à toutes les couches de la société. La crainte d’un retour du religieux (ici, en l’occurrence, du retour des valeurs judéo-chrétiennes dont on omet cependant de préciser qu’elles ont façonné notre Occident, à tel point que même notre devise républicaine – liberté, égalité, fraternité – en est un héritage direct) est alors présentée comme une sorte d’épouvantail, comme si la laïcité était synonyme de « neutralisation des religions ». Rappelons que dans son idéal, la laïcité est l’héritage direct du christianisme (n’est-ce pas Jésus qui a le premier distingué « ce qui est à César et ce qui est à Dieu ». N’est-ce pas le protestant puritain Williams qui, le premier a tenté une séparation de l’Eglise et de l’Etat sur Rhode-Island?), la laïcité n’a jamais cherché qu’à rendre possible la coexistence pacifique des religions tout en préservant la liberté de conscience de chacun (et la liberté d’exprimer publiquement ses convictions dans le respect des convictions d’autrui fait partie intégrante de cette liberté de conscience garantie par la saine et authentique laïcité).

    Ainsi, la vie religieuse des citoyens devrait être réduite au seul périmètre de la sphère privée, ce qui viendrait entraver toute manifestation sociale et publique des religions. A terme, si tant est que cela fût possible, c’est la dissolution du phénomène religieux qui semble bien visée.

    Nous sommes ainsi étonnés que confesser sa foi Chrétienne, défendre des valeurs familiales, la filiation, ou dire son opposition à l’avortement relève d’une posture religieuse assimilable à « l’islam politique » et soit à ce point violemment critiqué. On aime volontiers dire que la laïcité se voudrait accueillante à l’égard des religions, mais dès qu’elles interviennent pour faire entendre leur voix dans l’espace public, notamment quand il s’agit des questions éthiques, on s’insurge aussi en voulant les refouler dans le privé, et ce au mépris de la loi de 1905, qui n’interdit aucunement l’expression publique des convictions religieuses. Le philosophe allemand Jürgen Habermas, dans son article sur « Les religions dans l’espace public » (in Entre Naturalisme et religion), invitait au contraire largement les croyants à participer au débat public, pourvu que ceux-ci puissent se conformer à « l’éthique de la discussion » qui doit inviter chaque croyant à argumenter ses convictions, c’est-à-dire à faire un « usage public de sa raison ». Or en quoi serait-il choquant d’opposer à l’avortement des arguments rationnels visant à dénoncer le prétendu « droit de la femme à disposer de son corps » (puisqu’en l’occurrence, ce n’est pas de son corps qu’elle dispose…) ou de souligner l’arbitraire d’une loi qui prétend autoriser l’interruption volontaire de grossesse jusqu’à une certaine date (et pas après) alors qu’aucun critère rationnel ne vient justifier la fixation de ce seuil ? En l’occurrence, c’est aux défenseurs de l’avortement de prouver rationnellement ce qui justifie leurs choix.

    Lorsque nous lisons l’édito de libération écrit par Laurent Joffrin et lisons son propos que nous vous restituons :

    « Nous avions l’Etat-providence ; nous aurons la providence sans l’Etat. C’est encore plus net dans le domaine sociétal, où ce chrétien enraciné a passé une alliance avec les illuminés de la « manif pour tous ». Il y a désormais en France un catholicisme politique, activiste et agressif, qui fait pendant à l’islam politique. Le révérend père Fillon s’en fait le prêcheur mélancolique. D’ici à ce qu’il devienne une sorte de Tariq Ramadan des sacristies, il n’y a qu’un pas ».

    A lire ces mots, un homme politique ne devrait donc pas être enraciné et habité par des convictions chrétiennes, une telle posture confine au pire des sectarismes proche d’un état totalitaire qui irait jusqu’à épier et sonder votre conscience. De garante qu’elle était de la liberté de conscience, la laïcité (confondue ici avec un laïcisme militant qui n’a rien de neutre, pour le coup !) se renverse ici en son contraire, et devient un instrument d’oppression des consciences dont on suspecte, à tort ou à raison, des intentions hostiles à la seule pensée « politico-médiatico légitime » admissible dans l’espace public !

    Or nous rappelons à Monsieur Laurent Joffrin que la république a aboli la religion d’Etat permettant à toute conscience de croire ou de ne pas croire. Ainsi le socle républicain valorise la liberté d’enseignement, idéalise l’épanouissement de l’individu hors des dogmes, sans lui interdire d’y adhérer. Depuis, sur les frontons de nos mairies a été arboré fièrement le mot liberté, liberté qui fut pour l’homme une véritable émancipation, un affranchissement, le choix de vivre en conscience les convictions intimes qui l’animent sans être menacé lorsqu’il les partage. La liberté devait faire face à l’obscurantisme et à toute tentative d’aliénation de la pensée. L’homme de foi quant à lui pouvait se réjouir de cette situation qui garantissait que les manifestations de cette foi n’étaient plus le fait d’un conformisme légaliste ; cette foi pouvait s’en trouver purifiée et l’incroyant ou le non-croyant protégé.

    Deux siècles après la Révolution, nous voyons poindre l’émergence d’une nouvelle idéologie portée par certains médias qui imposent un LA à la pensée et atteint par là même la liberté de penser, la liberté de religion, si bien que les choses semblent s’inverser : de l’intolérance religieuse passée, de laquelle émergea l’idée d’une laïcité plutôt équilibrée, nous glissons aujourd’hui vers une laïcité intolérante, stigmatisante et, discriminante parce qu’antireligieuse. Faut-il dire alors, un siècle après, que c’est finalement Maurice Allard qui a gagné la partie, lui qui, en 1905, ne voyait dans la liberté religieuse qu’une négation de la liberté de conscience, puisque dans son inculture religieuse (partagée hélas aujourd’hui par beaucoup de nos concitoyens qui n’ont plus la moindre culture religieuse), Allard ne concevait d’autre moyen d’émancipation pour la conscience que de s’affranchir d’un obscurantisme religieux qui, disait-il, « empêcherait de penser » ! Nous laissons chacun juge de savoir de quel côté se trouve l’obscurantisme, mais peut-être faudrait-il lui conseiller de jeter aux bûchers tous les livres de philosophie et de théologie marqués par un héritage religieux, ce qui assurément, ferait un bel et superbe autodafé ! Aristide Briand, un vrai libéral lui, doit aujourd’hui s’en retourner dans sa tombe, quand on voit ce que certains font de sa loi !

    Nous, « chroniqueurs », voulons ici exprimer notre étonnement relatif à la brutalité de cet éditorial qui traite la religion comme si elle était un danger pour les valeurs républicaines. Nous exprimons notre inquiétude, voire notre méfiance envers ce postulat qui semble avoir pour conséquence la volonté d’imposer une nouvelle religion d’Etat, paradoxalement comprise comme « athéisme d’Etat ». Nous y voyons une manœuvre médiatique par laquelle un journal s’arrogerait indûment le droit de former les consciences, voire de les formater pour changer en profondeur les mentalités.

    Cette mainmise d’un média qui se fait l’idole de la pensée juste est absolument inacceptable ! L’allié le plus sûr de cette situation violente et choquante sur le fond, c’est le cynisme doux qu’emploie le ton sarcastique de l’article « au secours Jésus revient : tout cela contribue à anesthésier l’opinion. Cette forme adoucie de totalitarisme qui est une nouvelle forme d’obscurantisme, nous la dénonçons.

    Jean Baubérot, historien et sociologue des religions écrivait il y a peu que la laïcité était censée « permettre de vivre dans la paix sociale des rapports différents à la sécularisation selon qu’on soit proche ou distancié de la religion (…). La laïcité n’a donc pas à imposer aux gens de se séculariser car cela devient une atteinte à leur liberté de conscience ». Que Monsieur Fillon partage ses convictions chrétiennes est dès lors son droit le plus absolu, tant qu’il ne prétend pas les imposer, et le « procès d’intention » fait par certains médias (et par Alain Juppé lui-même) est dès lors déplacé et inqualifiable. Lui défendre d’exprimer sur la place publique ses convictions relève bien de l’imposture (bien que Fillon, à la différence de J-F. Poisson, n’ait nullement déclaré publiquement qu’il était contre l’avortement). Le positionnement de ce débat politique proposé par Laurent Joffrin révèle subrepticement le totalitarisme d’un média qui se donne prétentieusement le droit de décider du bien et du mal, et de l’imposer à ses concitoyens, sans la moindre argumentation rationnelle pour justifier ce droit de « censure ».

    Avec Charles Eric de Saint Germain
    Eric Lemaitre

  • 12
    jc durbant:

    Vous avez dit Ali Juppé ?

    Quand ma maman allait à la messe, elle portait un foulard.

    Alain Juppé

    Il y a beaucoup à dire sur les naïvetés d’Alain Juppé en matière de lutte contre l’intégrisme, catholique ou musulman. On a raison de s’inquiéter de sa complicité, ancienne, avec l’imam de Bordeaux. Tareq Oubrou a beau passer pour un modéré sur toutes les antennes, il n’a jamais renié son appartenance à l’UOIF, ni ses maîtres à penser, et joue les entremetteurs entre les islamistes et l’extrême droite. Pas vraiment un atout contre la radicalisation.

    Caroline Fourest

  • 11
    Letel:

    Classique… On change un mot, on omet de modifier la suite, tout le monde a connu ça depuis les traitements de texte, même les meilleurs livres n’en sont pas exempts.

  • 10
    Gérard Pierre:

    …… la phrase d’origine, mais que j’ai ensuite modifiée, parlait de sympathie PUBLIQUE !

  • 9
    MERCATOR:

    son soutien PUBLIQUE

    Oh vous allez vous faire gronder par le webmaster Letel !

  • 8
    James:

    Fillon a eu raison de rabrouer Charline Vanhoenacker

  • 7
    Gérard Pierre:

    Le débat Juppé/Fillon ! ! ! …… (en était-ce vraiment un ?) …… contrôlé, au sens anglo-saxon du terme, par TF1 et Antenne2 qui avaient verrouillé la règle du jeu, …… me laisse sur une impression de profond malaise !

    Les ‘’journalistes‘’, auxquels la réalité a confisqué dimanche dernier la promotion d’Alain Juppé, ont entrepris dès la fin de l’émission de nous refiler à nouveau un Juppé gagnant dimanche prochain !

    Ils nous ‘’vendent‘’ un débat de bonne tenue, révélant, …… Oh surprise ! …… que pour 80% de leurs contenus, les programmes de l’un et de l’autre ne seraient guère différents !

    Toutefois, tout serait dans la méthode : celle de Fillon serait brutale, …… laissant entendre, qu’à peine élu président, Fillon aurait à faire avec la rue, tandis que Juppé, avec son expérience, nous éviterait les turbulences sociales, …… tout cela pour en arriver pratiquement au même résultat !

    Nous avons eu droit à une séance de vierge effarouchée de la part du maire de Bordeaux : « on me surnomme Ali Juppé ! on me reproche d’avoir subventionné une mosquée qui n’existe pas ! … » destinée à nous faire oublier son soutien PUBLIQUE aux frères musulmans d’Égypte, à nous faire oublier ses positions vis-à-vis d’Israël dont il n’a même pas été question ! …… Bref nous voici avec un Juppé qui, en ce qui concerne sa complaisance envers l’islam, pourtant jusqu’ici affichée, est à présent « ‘’innocent‘’ comme la colombe qui tète encore sa mère » !

    Et, sans tarder, nous avons même déjà pu prendre connaissance d’un sondage facebook donnant Juppé 57% et Fillon 43% ! …… en mettant en évidence que ce serait là un effet de la volatilité de l’électorat !

    Les prédateurs sont déjà à l’œuvre pour ‘’rétablir‘’ l’ordre !

  • 6
    sil:

    Mais JC, dans la tête de ces petits fafounets de merde, tout ce qui n’est pas d’extrême-droite (aka « patriotes »), est au mieux d’extrême-gauche, au pire d’extrême-centre-libéral-cosmopolite-mondialisé…

  • 5
    jc durbant:

    Mais ils parlent de qui ? Pas de nous quand même ?

  • 4
    Sil:

    Comme c’est mignon de voir que les petites fiottes fafounettes d’Assas se mobilisent contre « l’extrême-centre » 🙂

  • 3
    jc durbant:

    Ali Taqira Juppé:

    Il y a un discours privé et un discours public très différents l’un de l’autre. Il n’assume pas et il omet. Il faut qu’il clarifie les choses. Évoquer la Manif pour tous comme si elle était infréquentable, quand il nous a reçus, tout à fait à l’écoute, en acceptant des pistes de travail communes, notamment sur la question de la filiation et de l’adoption, et de l’intérêt supérieur de l’enfant, je trouve ça étonnant. J’ai rencontré tous les candidats à la primaire (de la droite). Le dernier, c’était Juppé. Est-il purement électoraliste ? (…) S’il traite François Fillon de traditionaliste pour sa proximité avec la Manif pour tous, le lien est exactement le même avec lui.

    Ludivine de la Rochère (Manif pour tous)

  • 2
    jc durbant:

    François Fillon est triplement coupable d’être de droite, d’être croyant et, pour parachever le mauvais goût, d’avoir été soutenu par le mouvement catholique Sens commun. (…) Tous les coups bas sont permis, y compris en provenance des alliés politiques. Alain Juppé, chassé de son piédestal de grand favori consensuel, ne se prive pas de patauger dans les mesquineries boueuses de ce terrain glissant, jusqu’à faire passer son rival pour un affreux réac. Il l’accuse même d’avoir bénéficié des voies de la fachosphère, comme s’il y pouvait quelque chose. Que ne ferait-on pour draguer le camp d’en face. De celui qui fut lui-même Premier ministre il y a plus de vingt ans, on attendait une hauteur de vue qu’on n’espérait plus de la part de Nicolas Sarkozy. Erreur. Le second a ravalé la rancœur de la défaite derrière un discours digne, responsable et, osons le mot, élégant, appelant à voter Fillon ; tandis que le premier s’est cramponné à ses avidités électorales et ratisse tous azimuts. Aurait-il dû se retirer de la course? Dans l’absolu, c’eût été l’attitude la plus respectable: faire bloc autour du vainqueur. (…) Ce deuxième tour aura toutefois l’avantage de permettre à François Fillon de clarifier son projet et de court-circuiter les critiques de la gauche et du FN qui ne manqueront pas de pleuvoir durant la campagne de 2017. La tactique usée jusqu’à la corde est déjà perceptible. Le débat sera déplacé vers le registre de l’affect: Fillon deviendra l’émissaire du Malin qui veut anéantir le modèle social français et le service public, en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires. Manuel Valls fourbit ses armes, au cas où. Sait-on jamais. Il dénonce des «solutions ultralibérales et conservatrices» qui déboucheront sur «moins de gendarmes, moins de profs, moins de police». Comme si la fonction publique à la sauce socialiste, totalement désorganisée par les 35 heures, avait gagné en efficacité. Ultralibéral, Fillon? Non, libéral. L’économiste Marc de Scitivaux voit dans ses objectifs une «remise à niveau» consistant à accomplir «avec vingt ans de retard tout ce que les autres pays ont fait». 40 milliards de baisse de charges pour les entreprises, ses 10 milliards d’allègements sociaux et fiscaux pour les ménages et ses 100 milliards de réduction des dépenses publiques sur cinq ans: la méthode Fillon se veut le défibrillateur qui réanimera un Hexagone réduit à l’état végétatif par les Trente Frileuses d’une gouvernance bureaucratique. Sa France sera «celle de l’initiative contre celle des circulaires». Il joue franc-jeu: les deux premières années, à l’issue desquelles s’opérera le retournement, seront difficiles – elles devraient en outre coûter 1,5 % de PIB, prévient Emmanuel Lechypre. Le redressement sera effectif au bout du quinquennat et fera de la France la première nation de l’Europe au terme d’une décennie, annonce le candidat en meeting près de Lyon. Ambitieux, flamboyant. Et irréaliste, tancent ses opposants, conditionnés dans l’idée qu’il est urgent de ne rien faire ou si peu.

    Eloïse Lenesley (merci james)

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Qu’est-ce que c’est, dégueulasse ?

    Patricia

    Il n’y en aura que deux, Juppé et Sarkozy. Fillon n’a aucune chance. Non parce qu’il n’a pas de qualités, il en a sans doute; ni un mauvais programme, il a le programme le plus explicite; non parce qu’il n’a pas de densité personnelle … Mais son rôle est tenu par Juppé. C’est-à-dire pourquoi voter Fillon alors qu’il y a Juppé ? il n’y aurait pas Juppé, je dirais, oui, sans doute que Fillon est le mieux placé pour disputer à Sarkozy l’investiture. Mais il se trouve qu’il y a Juppé.

    François Hollande (merci james)

    Le masque d’Alain Juppé va tomber tôt ou tard quand les Français s’apercevront qu’il est le même qu’en 1986, le même qu’en 1995. À savoir, un homme pas très sympathique qui veut administrer au pays une potion libérale.

    François Hollande

    C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement.

    François Hollande

    Chirac, c’est l’empathie avec les gens, avec le peuple, c’est la capacité d’écoute. C’est un peu l’exemple que je cherche à suivre». (…) Je veux poursuivre l’œuvre de Jacques Chirac.

    Alain Juppé

    Je relis les magnifiques pages des Mémoires d’Outre-Tombe que Chateaubriand consacre à l’épopée napoléonienne.

    Alain Juppé (16/10/2016)

    Nous devons (…) gagner pour sortir la France du marasme où elle stagne aujourd’hui. (…) La première condition sera de rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre autour d’un candidat capable d’affronter le Front national d’un côté et le PS ou ce qui en tiendra lieu de l’autre. Si nous nous divisons, l’issue du premier tour devient incertaine et les conséquences sur le deuxième tour imprévisibles.

    Alain Juppé (20/08/2014)

    Est-ce vraiment un revenu universel ? Est-ce que tout le monde va le toucher, de Madame Bettencourt (…) à la vendeuse de Prisunic.

    Alain Juppé

    Je vais mettre toute la gomme !

    Alain Juppé

    J’ai la pêche et avec vous, j’ai la super pêche !

    Alain Juppé

    Je suis baptisé, je m’appelle Alain Marie, je n’ai pas changé de religion.

    Alain Juppé

    Je suis candidat pour porter un projet de rupture et de progrès autour d’une ambition : faire de la France la première puissance européenne en dix ans.

    François Fillon

    J’aurais aimé qu’un certain nombre de mes compétiteurs condamnent cette campagne ignominieuse, je le répète. Mais lorsque la calomnie se cache derrière l’anonymat, la bonne foi est impuissante et je vous demande de vous battre contre ces messages parce qu’ils ont fait des dégâts. Et j’ai des témoignages précis, dans les queues au moment du bureau de vote la semaine dernière, de personnes qui parfois ont changé leur vote parce qu’elles avaient été impressionnées par cette campagne dégueulasse, je n’hésite pas à le dire !

    Alain Juppé

    Suppression des 35 heures et de l’ISF, coupes dans la fonction publique, détricotage des lois Taubira, rétablissement de la double peine… Le programme ultraconservateur et ultralibéral de François Fillon.

    Libération

    Journée des dupes. Beaucoup d’électeurs ont voulu écarter un ancien président à leurs yeux trop à droite. Impuissants devant la mobilisation de la droite profonde, ils héritent d’un candidat encore plus réac. C’est ainsi que le Schtroumpf grognon du conservatisme se retrouve en impétrant probable. «Avec Carla, c’est du sérieux», disait le premier. Avec Fillon, c’est du lugubre. Bonjour tristesse… La droitisation de la droite a trouvé son chevalier à la triste figure. C’est vrai en matière économique et sociale, tant François Fillon en rajoute dans la rupture libérale, décidé à démolir une bonne part de l’héritage de la Libération et du Conseil national de la Résistance. Etrange apostasie pour cet ancien gaulliste social, émule de Philippe Séguin, qui se pose désormais en homme de fer de la révolution conservatrice à la française. Aligner la France sur l’orthodoxie du laissez-faire : le bon Philippe doit se retourner dans sa tombe. On comprend le rôle tenu par les intellectuels du déclin qui occupent depuis deux décennies les studios pour vouer aux gémonies la «pensée unique» sociale-démocrate et le «droit-de-l’hommisme» candide : ouvrir la voie au meilleur économiste de la Sarthe, émule de Milton Friedman et de Vladimir Poutine. Nous avions l’Etat-providence ; nous aurons la providence sans l’Etat. C’est encore plus net dans le domaine sociétal, où ce chrétien enraciné a passé une alliance avec les illuminés de la «manif pour tous». Il y a désormais en France un catholicisme politique, activiste et agressif, qui fait pendant à l’islam politique. Le révérend père Fillon s’en fait le prêcheur mélancolique. D’ici à ce qu’il devienne une sorte de Tariq Ramadan des sacristies, il n’y a qu’un pas. Avant de retourner à leurs querelles de boutique rose ou rouge, les progressistes doivent y réfléchir à deux fois. Sinon, la messe est dite.

    Libération

    Alors que la France devrait baisser le nombre de fonctionnaires pour diminuer son déficit et ses dépenses publiques, leur nombre augmente. Nous avons le plus grand pourcentage (24 %) de fonctionnaires (avec statut) par rapport à la population active de tous les pays membres de l’OCDE (en moyenne, 15 %). En France, il y a 90 fonctionnaires pour 1000 habitants alors qu’il y en a seulement 50 pour 1000 en Allemagne ! L’explication est simple : nous sommes incapables de créer des emplois et nous continuons à augmenter la taille de l’Etat et des collectivités locales. Et nous avons perdu le contrôle. (…) Il existe des difficultés car dans de nombreux pays les fonctionnaires ne bénéficient plus d’un statut comme en France. Plus d’emploi à vie, ni de privilèges. Prenons un exemple. Dans le tableau de l’OCDE, en Suède, la proportion de fonctionnaires par rapport à la population active serait encore plus élevée qu’en France (27 % contre 24 %). Or, en Suède, il n’y a plus de statut, ni d’emploi à vie. Ces fonctionnaires sont employés comme dans le privé et peuvent être licenciés. (…) La France reste pratiquement le seul pays à ne pas avoir touché au statut ! (…) Partout, le nombre de fonctionnaires baisse et on transfère au privé des missions de l’Etat. Le Canada et la Suède l’ont fait dans les années 1990, l’Allemagne au début des années 2000. En Grande-Bretagne par exemple, depuis 2010 et l’arrivée au gouvernement des conservateurs, le secteur public a vu entre 500 000 et 600 000 emplois publics supprimés. Entre 2009 et décembre 2012, sous Obama, le nombre de fonctionnaires territoriaux a connu une chute spectaculaire aux Etats-Unis : – 560 000 (- 4%). Sur (presque) la même période (2009-déc. 2011), le nombre de fonctionnaires des collectivités locales françaises a augmenté de… 70 000 personnes (+ 4%). Au total, plus de 720 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés aux Etats-Unis depuis 2009. D’autres pays comme l’Irlande, le Portugal, l’Espagne ou même la Grèce ont drastiquement baissé le nombre de fonctionnaires. L’Irlande a réduit leurs salaires jusqu’à 20% tandis que l’Espagne est allé jusqu’à 15% et, comme le Portugal, a choisi de remplacer seulement 1 fonctionnaire sur 10 ! Contrairement à la France, ces Etats qui ont décidé de tailler dans le vif montrent – Grande-Bretagne, Etats-Unis et Irlande en tête – affichent de vrais signes de reprise économique. (…) La sécurité sociale et l’Education sont les secteurs avec la plus grande bureaucratie. C’est là qu’on pourrait économiser plusieurs milliards en coupant dans les effectifs. Mais tout cela ne peut être réalisé que grâce à des réformes structurelles : ouverture à la concurrence du secteur de la santé, privatisation des écoles… C’est ce qui a été fait aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suède ou en Suisse. Mais ce n’est pas la voie empruntée par le gouvernement socialiste… (…) J’ai déjà écrit sur Météo-France qu’il faudrait fermer car depuis Internet, la météo est fournie par de nombreux organismes beaucoup moins chers. Mais on peut s’attaquer à de plus grands organismes qui coûtent encore plus cher : la Banque de France par exemple, où les frais de personnel sont 2 fois plus élevés que ceux de la Bundesbank (4000 employés de plus !), les salaires, 24 % de plus qu’à la Bundesbank et le coût des retraites, 300 Millions d’euros de plus. (…) Dans les années 1990, la Suède, le Canada ou les Pays-Bas ont fait des coupes drastiques dans leurs dépenses et ont diminué le nombre de fonctionnaires. Des ministères ont eu leur budget divisé par deux et les postes de fonctionnaires par trois ou quatre. Le statut des fonctionnaires a même été supprimé, en Suède par exemple, et certaines administrations sont devenues des organismes mi-publics, mi-privé. Il faut noter aussi que ces réformes ont été menées par des gouvernements de centre-gauche ou de gauche comme en Suède ou au Canada, pays terriblement étatisés et au bord de la faillite au début des années 1980. Au Canada, on a adopté à l’époque la règle suivante : 7 dollars d’économies pour 1 dollar d’impôts nouveaux (en France, le chiffre est plus qu’inversé aujourd’hui : 20 euros d’impôts nouveaux pour 1 euro d’économie). Dans ces pays, les fonctionnaires n’ont pas été mis à la porte du jour au lendemain. On a privilégié les retraites anticipées avec des primes au départ. Mais, en même temps, les nouveaux venus perdaient tous les avantages de leurs prédécesseurs : plus de statut, ni de privilèges. C’est un bon exemple pour la France.

    Nicolas Lecaussin

    La France est en effet l’un cinq des pays de l’OCDE où la part des employés publics (ce qui est plus large encore car il faut inclure de nombreux emplois qui ne sont pas fonctionnaires) dans le total des personnes employées est la plus forte. Cela s’explique certainement par une tradition d’interventionnisme public très fort en France depuis la fin de Seconde guerre mondiale. L’augmentation continue de la dépense publique est allée de pair avec des recrutements massifs, qui représentent environ un quart de la dépense publique (c’est à dire de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale). Les rémunérations des seuls fonctionnaires représentent 13% du PIB et un tiers du budget de l’Etat. Or un fonctionnaire représente une dépense rigide de très long terme : le contribuable doit payer son salaire et sa retraite. Le poids de l’emploi public s’explique également, comme le montre la note de l’INSEE, par la multiplication des échelons administratifs : départements, régions, communes, intercommunalités … à chaque niveau cela suppose des agents (pour la sécurité, l’entretien, le secrétariat, le suivi des dossiers). (…) Dans les autres pays de l’Union européenne, la tendance n’est pas vraiment à la hausse de l’emploi public, faute de moyens. En Grande-Bretagne par exemple, le Gouvernement avait annoncé dès 2010 la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires… La question qui se pose réellement est celle de l’efficacité de ce poids des fonctionnaires. D’un point de vue économique, elle n’est pas évidente. Les fonctionnaires ont plus de vacances (INSEE), partent à la retraite plus tôt (DREES) et sont en moyenne mieux payés (INSEE). Est-ce justifié par une efficacité claire pour la collectivité ? Plus largement, le poids des fonctionnaires dans l’économie entretient les connivences et le copinage, ce qui nuit à la performance économique et à l’équité sociale. Au-delà, ce poids des fonctionnaires pose des questions démocratiques. Ils sont surreprésentés à l’Assemblée Nationale et leur engagement dans la vie politique pose clairement des conflits d’intérêts : comment comprendre qu’un magistrat administratif, qui doit juger en toute impartialité, affiche des préférences politiques. (…) L’Etat a eu tendance, ces dernières années, à baisser le nombre de ses fonctionnaires, alors que les collectivités locales ont fait exploser tous les plafonds. En ce sens, la rationalisation du nombre d’échelons administratifs, comme l’a proposé Manuel Valls, est une bonne chose. Pour autant, il faut aller plus loin et se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. Le Président Hollande, jusqu’à maintenant, a fait le choix de partir du principe que la quantité d’agents publics était une réponse pertinente : c’est ce qu’il fait par exemple avec le dogme des « 60 000 postes » dans l’Education nationale. Or, ce n’est absolument pas évident. En Grande-Bretagne, David Cameron a tenu le discours suivant en matière d’éducation : gardons la dépense publique, pour autant qu’elle soit efficace ; pour cela, l’Etat pourra se tourner vers des partenaires privés pour fournir les services scolaires. En l’occurrence, il a fait appel aux parents, qui ont créé leurs propres écoles. La France doit faire une révolution mentale. Même Terra Nova a défendu l’idée qu’on peut très bien avoir un service public rendu par une entreprise privée et des salariés privés. Ce qui importe, c’est la qualité du service rendu à l’usager, pas la nature du contrat de l’agent qui le fournit ni la nature juridique (publique ou privée) du prestataire.

    Erwan Le Noan

    La dépense publique n’a (…) pas reculé en valeur en France depuis 1960, date des premières statistiques de l’Insee dans ce domaine. En revanche, il est possible de réduire le poids relatif de l’Etat dans l’économie. La Suède ou le Canada ont enregistré des succès en la matière au début des années 1990. « Mais ces pays ont dû effectuer des arbitrages. Ils ont choisi que telle ou telle fonction ne dépendrait plus de l’Etat mais relèverait désormais de la sphère privée « , selon Olivier Chemla, économiste à l’Association française des entreprises privées (Afep). En clair, la politique du rabot ne peut suffire à faire maigrir l’Etat. Dans leur ouvrage « Changer de modèle » paru l’an passé, les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen calculaient que, entre 1995 et 2012, les pays rhénans (Allemagne, Belgique et Pays-Bas) avaient réduit la part des dépenses publiques dans le PIB de 7 points, à 48,8 %. Sur la même période, celle des pays scandinaves (Suède, Danemark et Finlande) a reculé de 6 points, à 56 %. En Suède, la part des prestations sociales dans le PIB est passée de 22,2 % en 1994 à 18,5 % en 1997. Le nombre de fonctionnaires est passé de 400.000 à 250.000 entre 1993 et 2000. Les réformes sont donc douloureuses. Elles interviennent à chaque fois après une crise et après qu’un nouveau gouvernement a été mis en place, notent les trois auteurs. Seulement, à chaque fois aussi, les politiques sont coordonnées : la couronne suédoise et le dollar canadien se sont beaucoup dépréciés au moment où les réformes ont été entreprises, afin de relancer l’activité. L’Allemagne aussi, qualifiée d’« homme malade de l’Europe » au début des années 2000, a profité de la bonne santé économique de ses partenaires commerciaux pour entamer ses réformes… pour finir en excédent budgétaire cette année. Toute la difficulté de la politique économique réside entre une rigueur nécessaire pour les finances publiques sans pour autant casser l’activité. Ce qui signifie une coordination entre la politique budgétaire et la politique monétaire, dont l’absence dans la zone euro n’a pas cessé d’être critiquée par Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Comme le disait l’économiste John Maynard Keynes, « les périodes d’expansion, et non pas de récession, sont les bonnes pour l’austérité « . (…) Dans la zone euro, outre l’Allemagne, le seul grand pays à avoir réellement réussi à faire baisser l’importance de ses dépenses publiques est l’Espagne, au prix d’un effort drastique.

    Les Echos

    Notre pays est probablement le seul parmi les membres les plus riches de l’OCDE à ne pas avoir touché au nombre de fonctionnaires et à leurs privilèges. Et pourtant, plus de 23 % de la population active travaille pour l’Etat et les collectivités locales contre 14 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Nous avons 90 fonctionnaires pour 1 000 habitants contre 50 pour 1 000 en Allemagne. Notre Etat dépense en moyenne 135 Mds d’euros de plus par an que l’Etat allemand. Et, d’après les calculs de Jean-Philippe Delsol, 14.5 millions de Français vivent, directement ou indirectement, de l’argent public. Il y a donc urgence à faire de vraies réformes. D’autant plus que tout le monde l’a fait ou est en train de le faire. Un Rapport (Economic Policy Reforms 2014) de l’OCDE qui vient de sortir (février 2014) montre que pratiquement tous les pays membres (à l’exception de plusieurs émergents) ont mis en place depuis le début de la crise de 2008 des réformes structurelles importantes. Parmi ceux qui ont agi le plus figurent aussi les plus touchés par la crise : l’Irlande, l’Espagne, le Portugal ou bien la Grèce. L’Irlande par exemple a été l’un des pays les plus touchés par la crise de 2008. Les dépenses publiques et le chômage ont explosé, par l’effet direct de l’écroulement du secteur immobilier et des faillites bancaires. Fin 2010, l’économie du pays était à l’agonie, dont la dette et les déficits récurrents le prédestinaient à un avenir toujours plus morose. Dès 2011, le Fonds monétaire international et l’Union européenne venaient à son secours et débloquaient 85 Md€ d’aides financières, soit plus de la moitié de son PIB. Dès 2010, l’Irlande décide de réduire sont budget de 10 Md€, soit 7 % du PIB (l’Irlande est d’ailleurs championne d’Europe de la baisse des dépenses publiques). Par comparaison, c’est l’équivalent d’une réduction de la dépense publique de l’ordre de 120 Md€ en France ! Pour y parvenir, l’Irlande sabre dans les services publics, et réduit de 20 % les traitements de ses fonctionnaires, ainsi que les pensions de retraites. De plus, l’Irlande décide de ne pas céder au chantage de l’Union européenne et de garder son taux d’IS (Impôt sur les sociétés) à 12.5 %. Cet entêtement a porté ses fruits : Il y a trois ans, le marché de l’emploi détruisait 7 000 emplois par mois. Aujourd’hui, on assiste à une création nette mensuelle de 5 000 postes. En Espagne, pour économiser 50 Mds d’euros sur trois ans, le Premier ministre de l’époque, Zapatero a annoncé en 2010 une réduction en moyenne de 5 % des salaires des fonctionnaires (le gouvernement s’appliquera une réduction de 15%), le renouvellement d’un seul fonctionnaire sur 10 partant à la retraite et la baisse de l’investissement public de 6 Mds d’euros en 2010 et en 2011. En 2012, le nouveau chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, décide de frapper fort en baissant drastiquement les dépenses publiques. Les budgets des ministères espagnols sont réduits de 17 % en moyenne et les salaires des fonctionnaires restent gelés. On prévoit aussi la suppression de la plupart des niches fiscales et une amnistie fiscale pour lutter contre l’économie au noir qui représenterait environ 20 % du PIB. Les communautés autonomes sont aussi obligées de baisser leurs dépenses afin d’arriver à l’équilibre budgétaire. Le Portugal a baissé le nombre de fonctionnaires et leurs salaires (jusqu’à 20 % de réduction sur la fiche de paye). Même la Grèce l’a fait : 150 000 postes de fonctionnaires supprimés entre 2011 et 2014, soit 20 % du total ! En Grande-Bretagne on ne parle que du chiffre de 700.000. C’est le nombre de fonctionnaires que le gouvernement anglais a programmé de supprimer entre 2011 et 2017 : 100.000 par an. Par comparaison, la France a supprimé, au titre de la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, seulement 31 600 en 2011. Trois fois moins qu’en Grande-Bretagne qui a – déjà – beaucoup moins de fonctionnaires que la France : 4 millions contre 6 millions… Depuis 2010, et l’arrivée au gouvernement des conservateurs, le secteur public a vu entre 500 000 et 600 000 emplois publics supprimés (et cela continue) là où le secteur privé a créé 1,4 millions. La Grande-Bretagne ne fait pas aussi bien que les Etats-Unis (1 emploi public supprimé et 5 emplois créés dans le privé) mais elle se situe nettement au-dessus de la France : 2.8 emplois créés dans le privé pour 1 emploi supprimé dans le public entre 2010 et 2013. Aux Etats-Unis donc, sous Obama, entre 2010 et début 2013, on a supprimé 1.2 millions d’emplois dans le secteur public ! Plus de 400 000 postes de fonctionnaire centraux ont été supprimés et aussi plus de 700 000 postes de fonctionnaires territoriaux. A titre de comparaison, sur la même période (2010-2013), le nombre d’agents publics a augmenté de 13 000 en France (surtout au niveau local) et on a compté 41 000 emplois privés détruits tandis que l’Amérique en créait 5.2 millions ! Toutes ces réformes ont été provoquées par la crise de 2008 mais aussi par les exemples canadien et suédois. Ces pays ont déjà diminué le poids de l’Etat dès le début des années 1990. Et cela s’est vu car les deux pays ont plutôt été épargnés par la crise comme l’Allemagne qui a aussi réformé durant les années Gerhart Schroeder. Une comparaison mérite l’attention. Le Canada a supprimé environ 23 % de sa fonction publique en trois ans (entre 1992 et 1995). Si la France faisait la même réforme et dans les mêmes proportions, 1.3 millions de fonctionnaires français devraient quitter leurs postes ! Mais les réformes ont concerné aussi la fiscalité. (…) Il y a deux ans, la Grande-Bretagne avait annoncé une baisse de l’impôt sur les sociétés de 28 à 24 %. Mais le gouvernement de David Cameron veut aller encore plus loin et annonce une baisse jusqu’à 22 % d’ici 2015. Moins 6 points en 3 ans seulement. En janvier 2013, l’impôt sur les sociétés a baissé de 26.3 à 22 % en Suède. Une baisse sensible, qui suit l’exemple d’autres pays comme l’Allemagne (de 30 à 26 %). La Finlande l’a fait aussi (de 28 à 26 %). Et le Danemark : son taux d’impôt sur les sociétés passera d’ici 2016 de 25 à 22 %. Tous les pays ont d’ailleurs compris qu’il faut soulager les entreprises sauf… la France. Dans le classement des taux d’imposition sur les sociétés, la France est championne européenne avec un taux à plus de 36 %. L’IREF a même montré que parmi les membres de l’OCDE, c’est en Norvège que l’IS génère le plus de rentrées fiscales (11 % du PIB). Et pourtant, le taux de l’IS se situe à 24 %, plus de 10 points de moins que l’IS français (36 %) qui ne fait rentrer que… 2.5 % du PIB. Voici d’autres exemples : au Luxembourg, le taux d’IS est à 17.1 % mais les recettes générées représentent 5 % du PIB, le double de ce qu’elles génèrent en France. En Grande-Bretagne, c’est 3 % du PIB pour un IS à 26,7 %. En Belgique, c’est 3 % du PIB pour un IS à 17 %. Faut-il encore rappeler le 12,5 % de l’Irlande qui avec 2,6 % du PIB rapporte davantage que ce que nous vaut le taux français, trois fois supérieur !

    IREF

    La Suède a supprimé le statut de fonctionnaire. Il y en a encore, mais sans la garantie de l’emploi. Elle a licencié 20% des effectifs. Une cure deux fois plus sévère que celle proposée par François Fillon dans son programme. Elle l’a fait en dix ans dans les années 90. Au Royaume-Uni, ce sont 15% des effectifs des fonctionnaires qui ont été supprimés par David Cameron de 2010 à 2014, notamment dans la police, la défense et les transports. Au Canada, ce sont plus de 20% des fonctionnaires qui ont été licenciés en seulement trois ans dans les années 2000. Chaque ministère a dû couper dans ses budgets et là encore privatisation des chemins de fer et des aéroports. Conséquences, des dysfonctionnements dans les urgences à cause des fermetures d’hôpitaux au Canada. Au Royaume-Uni, le nombre d’élèves par classe a augmenté. La dette a néanmoins été divisée par deux en dix ans au Canada. Jean-Paul Chapel
    Le refrain de « l’ultra-libéralisme » est en effet entonné dans tous les médias de gauche et par Manuel Valls lui-même à l’encontre de François Fillon. Notons d’abord la connotation doublement polémique de ce terme dans notre culture politique : « ultra » renvoie aux aristocrates réactionnaires de la Restauration qui, selon le mot de Talleyrand, n’avaient « rien appris, ni rien oublié ». Quant à « libéral », on sait qu’il est chez nous l’équivalent de « loi de la jungle » de « droit du plus fort » et d’ »anti-social ». François Hollande vient ainsi de tweeter que le « libéralisme, c’est la liberté des uns contre celle des autres ». Notre tradition étatiste et égalitariste nous a fait largement oublié que le libéralisme est d’abord une philosophie de la liberté qui a inspiré notamment la Déclaration des droits de l’homme, l’instruction publique et l’émancipation féminine. Autrement dit, personne n’est plus « anti-ultra » que les libéraux ! La dénonciation de « l’ultra-libéralisme » est donc, en même temps qu’une double charge polémique, un double contre-sens historique et idéologique. A quoi s’ajoute que, de Montesquieu à Revel en passant par Tocqueville, Bastiat, Alain et Aron, la France est très riche de cette pensée libérale. Mais nos lycéens et même nos étudiants n’ont pas le droit de le savoir… Dans votre question, il y a le mot « remise en ordre » : de fait la volonté d’ordre est plus typique de l’horizon politique de la droite conservatrice que de celle du libéralisme qui croit davantage à l’ordre spontané du marché, sous réserve d’une régulation juridique de l’Etat, ce que l’on oublie toujours. Quant au sérieux budgétaire, il n’a rien de libéral en soi : tout dépend des circonstances. Poincaré, Rueff, Barre ou Bérégovoy y croyaient parce qu’ils constataient l’impasse de la gabegie budgétaire. Il est vrai que la chose s’est un peu perdue depuis les années 2000. Allons plus loin : en bon libéral, je m’interroge sur les motivations de tant commentateurs qui hurlent au loup (c’est-à-dire à « l’ultra-libéralisme ») devant le programme de F. Fillon. Et je constate que ces hurlements viennent des innombrables rentiers de l’Etat qui s’inquiètent naturellement de la perspective d’une baisse des dépenses publiques et défendent non moins naturellement leurs intérêts : fonctionnaires, syndicats, classe politique, audiovisuel public et une bonne partie de la presse…Pour certains, comme Libération, c’est une question de survie : on comprend leur violence anti-Fillon. Cette hostilité de « l’establishment d’Etat » va rendre la tâche très difficile à ce dernier, dès cette semaine et plus encore lors de la campagne présidentielle, s’il franchit les primaires. (…) François Fillon l’a dit lui-même : son libéralisme n’est pas un « choix idéologique » mais un « constat » : l’excès des charges pesant sur les entreprises et sur le travail est l’une des causes majeures du déclin français. Le taux de prélèvements obligatoires est passé de 30 à 45% du PIB depuis 1960. Il n’y nulle contradiction dans son nouveau positionnement qui est simplement lié à l’évolution des choses et notamment du niveau de la dépense publique. J’observe que les commentaires de la plupart des médias présentent ce programme comme « dur », « violent ». Mais pour qui ? Certainement pas pour les entreprises qui vont connaître une baisse sans précédent de leurs charges sociales et fiscales (40 milliards), ni pour les familles des classe moyennes ; ni pour les millions de chômeurs qui sont évincés d’un marché du travail hyper-rigide ; ni pour les commerçants et indépendants dont le régime fiscal et social sera aligné sur le statut d’autoentrepreneur . Demandez-leur s’ils redoutent davantage « l’ultralibéralisme » supposé de Fillon ou la spoliation actuelle du RSI ? Curieusement, on ne parle jamais de ces catégories fort nombreuses lorsqu’on aborde l’impact des « mesures Fillon » sur les uns ou les autres… Pour le reste, le parcours de F. Fillon est celui d’un gaulliste social. Son programme vise à mettre en place des coopérations renforcées en Europe, nullement un Etat supranational. De plus, son indulgence pour Poutine ne traduit pas, c’est le moins qu’on puisse dire, un penchant libéral. Pas plus que ces positions dans le domaine sociétal. François Fillon est donc non pas un libéral mais un PRAGMATIQUE en matière économique, un conservateur en matière sociétale (mais non un réactionnaire puisqu’il ne reviendra ni sur le mariage pour tous ni sur l’avortement) et un champion de « l’intérêt national » sur le plan extérieur. En somme, la parfaite définition d’un gaulliste qui raisonne et agit, comme disait le Général, « les choses étant ce qu’elles sont ». Avec un léger penchant russophile, comme de Gaulle lui-même au demeurant. (…) On mesure ici le non-libéralisme de Fillon qui ne croit pas aux vertus du libre-échange. Celui-ci n’est pas un « dogme » mais une démonstration économique que l’on doit à Ricardo et un constat des résultats positifs de l’intégration économique européenne sur notre pouvoir d’achat ou de la mondialisation en matière de baisse spectaculaire de la pauvreté (ce que les Français ignorent). F. Fillon se méfie de la mondialisation, même s’il ne propose pas -pragmatisme là encore oblige- de « démondialisation ». Il s’oppose au TAFTA, comme… Trump, qui n’est pas non plus un libéral. La bonne position aurait été de défendre bec et ongles les intérêts français et européens – ce que l’on n’a pas assez fait avec la Chine – mais non de renoncer dès à présent au TAFTA. Le risque de surenchère protectionniste est réel et devrait nous alerter quand on connaît les précédents, tant au XIXème siècle que dans les années 30. L’un dans l’autre, Génération libre n’avait mis que 12/20 à Fillon en matière de libéralisme. Il est vrai qu’avec cette note il arrivait quand même en deuxième position derrière NKM. Ce qui en dit long sur le libéralisme de nos hommes politiques, droite comprise…

    Christophe de Voogd

    La droite française depuis plus de 20 ans est beaucoup plus à gauche et antilibérale que les droites classiques européennes, et même que certaines gauches sociales-démocrates (Blair et même Schroeder plus libéraux que Chirac, etc.). Et dans ce contexte franchouillard, oui, Fillon est libéral. Mais le fait que Gorbatchev était plus libéral que Brejnev et beaucoup plus libéral que Staline n’en faisait pas pour autant un authentique libéral. C’est l’histoire du borgne aux pays des aveugles : Fillon est un poil plus libéral que l’archétype des énarques (Juppé), que l’idéal-type des énarques (Le Maire) et que le prince des interventionnistes (Sarkozy). Mais il ne faut pas avoir peur du ridicule pour le comparer à Margareth Thatcher. Cette dernière avait un programme, des troupes, du courage. On est aussi assez loin de Jacques Rueff. A moins que Fillon nous étonne sur le tard, c’est plus un « budgétariste » et éventuellement un réformateur qu’un libéral. Il est plus proche de Juppé que de Madelin (regardez sur son site internet le chapitre « créer des géants européens du numérique », par exemple, on est bien loin de la Sillicon Valley, idem sur la culture, le logement, l’agriculture, etc.). Ce sera un bon administrateur, il a un track record de cinq ans en la matière, pas un libéral, là il n’y a guère que la privatisation de France Telecom à son actif. Mais dans l’opinion cela suffira peut-être : après cinq années de hollandisme, n’importe quelle présidence même centriste apparaîtra comme très libérale. (…) Séguiniste à 18 ans (mais pas après, faut pas déconner…), je suis sans doute mal placé pour critiquer le sombre passé politique du futur président. Il y a tout de même des passés plus troubles que celui là (Chirac ancien communiste pas vraiment repenti, Jospin ancien trotsko pas vraiment repenti, Mitterrand ancien pétainiste pas vraiment repenti, etc.). Ce n’est certes pas le parcours d’un pur libéral, mais c’est logique puisqu’un libéral intransigeant ne rassemblerait pas 44% des voix dans une primaire de la droite en France. Il faudra juger sur les actes, et ce n’est certainement pas en promettant de monter la TVA que Fillon deviendra le grand président libéral de notre pays socialiste. (…) En déclarant qu’il ne considère pas « le libre-échange comme l’alpha et l’oméga de la pensée économique », Fillon joue un jeu dangereux. Cela s’accompagne comme toujours de la petite musique traditionnelle selon laquelle « les USA, eux, savent défendre leurs intérêts », musique idiote dans la mesure où : a) ce n’est pas parce que les autres se tirent une balle dans le pied qu’il faut impérativement en faire autant, b) on fait mine ainsi de penser que nous avons les marges de manœuvre d’un pays cinq fois plus peuplé, six fois plus riche et cinquante fois plus libre monétairement, c) ce sont souvent les mêmes qui dénoncent le néoprotectionnisme américain et qui soulignent dans le même temps leur activisme dans les instances libre-échangistes globales et/ou l’amplitude de leurs déficits commerciaux ; comprenne qui pourra. (…) Toujours, bien entendu, pour protéger les plus démunis, alors que ce sont les rentiers qui demandent et qui obtiennent des protections. Mais Fillon, comme Hollande ou Merkel, sait surfer sur ce qui marche et éviter les combats impopulaires, et il se trouve que le TAFTA n’est pas en odeur de sainteté par les temps qui courent. Pas sûr qu’il ait lu Bastiat, comme Ronald Reagan. Pas sûr par conséquent qu’il reste très « libéral » entre 2017 et 2022 si les vents de l’opinion deviennent (comme c’est probable) trop défavorables à cette orientation, a fortiori s’il veut rassembler sa famille puis donner quelques gages à la gauche après une victoire au 2e tour contre Le Pen.

    Mathieu Mucherie
















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