eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Dylan nobélisé: The day the truth died (Sinatra of history: How smooching Dylan bended the truth about « Hurricane »)

Posté le mercredi 19 octobre 2016 par jc durbant

chappatte_2016-10-17hurricanehurricaneposterlovetheftAprès le « Sinatra de la politique », le Sinatra de l’histoire !

Evidentes erreurs factuelles et fausses déclarations (la serveuse ne pouvait voir les corps en entrant dans le bar et nie avoir prononcé les paroles qui lui sont attribuées, contre-vérités (Rubin Carter ne fut pas innocenté, mais bénéficia d’un non-lieu;  au moment de son incarcération, la carrière du boxeur était en fait sur le déclin; les deux suspects furent arrêtés non dans une autre partie de la ville mais à quelques pâtés de maisons seulement du lieu du crime, l’arrestation eut lieu seulement 30 minutes après le crime et non le lendemain matin),  thèse non prouvée d’une arrestation à caractère raciste, portrait flatteur de Rubin Carter alors que celui-ci avait déjà eu affaire à la justice à de nombreuses reprises avant l’affaire …

Après la si séduisante « cool attitude » qui nous a valu l’élection et la réélection d’un véritable accident industriel à la Maison Blanche …

Comme du plus rapide et immérité prix Nobel de la paix de l’histoire …

Et à nouveau la semaine dernière après la première journaliste l’an dernier, le choix du premier chanteur prix Nobel de littérature …

Pendant qu’à la veille d’une des plus importantes élections américaines après huit longues années de dérives, le candidat du vrai changement voit converger sur lui …

Coup tordu après coup tordu, l’ensemble des forces du politiquement correct et du statu quo …

Comment ne pas voir l’aboutissement de décennies de petits arrangements avec la vérité au nom de la sacro-sainte victime et de la cause du moment ?

Et quelle meilleure illustration que celui qui a si longtemps passé pour la conscience de toute une génération…

Et qui au delà du légendaire mépris affiché pour son public ou ses pairs qui l’avaient fait connaitre et de sa longue réputation d ‘ « éponge » …

Ou de ses règlements de compte personnels par chansons interposées et de sa cession de certaines de ses plus célèbres chansons à la publicité (y compris sa plus emblématique « protest song » «The Times they are a changing» pour la Bank of Montreal, « I want you » pour les yaourts Chobani ou « Love sick » pour la lingerie Victoria’s Secret !)  …

N’hésita pas avec l’affaire Rubin Carter et la fameuse chanson « Hurricane » …

Et entre contre-vérités et inventions pures et simples à l’instar du film à qui la chanson sert de bande sonore …

A littéralement réécrire l’histoire ?

 

jc durbant @ 14:11
Catégorie(s): Mémé Bookine etUn peu d'histoire


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4 réponses à “Dylan nobélisé: The day the truth died (Sinatra of history: How smooching Dylan bended the truth about « Hurricane »)”

  • 4
    jc durbant:

    Excellent, comme toujours: merci !

  • 3
    Letel:

    Sur Dylan, le tour du monde des idées du jeudi 20 octobre :
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees

  • 2
    jc durbant:

    Voir aussi:

    Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations. (…) C’est aussi une conséquence de la non-intégration économique. Aujourd’hui, quand on regarde les chiffres – notamment le dernier rapport sur les inégalités territoriales publié en juillet dernier –, on constate une hyper-concentration de l’emploi dans les grands centres urbains et une désertification de ce même emploi partout ailleurs. Et cette tendance ne cesse de s’accélérer ! Or, face à cette situation, ce même rapport préconise seulement de continuer vers encore plus de métropolisation et de mondialisation pour permettre un peu de redistribution. Aujourd’hui, et c’est une grande nouveauté, il y a une majorité qui, sans être « pauvre » ni faire les poubelles, n’est plus intégrée à la machine économique et ne vit plus là où se crée la richesse. Notre système économique nécessite essentiellement des cadres et n’a donc plus besoin de ces millions d’ouvriers, d’employés et de paysans. La mondialisation aboutit à une division internationale du travail : cadres, ingénieurs et bac+5 dans les pays du Nord, ouvriers, contremaîtres et employés là où le coût du travail est moindre. La mondialisation s’est donc faite sur le dos des anciennes classes moyennes, sans qu’on le leur dise ! Ces catégories sociales sont éjectées du marché du travail et éloignées des poumons économiques. Cependant, cette« France périphérique » représente quand même 60 % de la population. (…) Ce phénomène présent en France, en Europe et aux États-Unis a des répercussions politiques : les scores du FN se gonflent à mesure que la classe moyenne décroît car il est aujourd’hui le parti de ces « superflus invisibles » déclassés de l’ancienne classe moyenne. (…) Face à eux, et sans eux, dans les quinze plus grandes aires urbaines, le système marche parfaitement. Le marché de l’emploi y est désormais polarisé. Dans les grandes métropoles il faut d’une part beaucoup de cadres, de travailleurs très qualifiés, et de l’autre des immigrés pour les emplois subalternes dans le BTP, la restauration ou le ménage. Ainsi les immigrés permettent-ils à la nouvelle bourgeoisie de maintenir son niveau de vie en ayant une nounou et des restaurants pas trop chers. (…) Il n’y a aucun complot mais le fait, logique, que la classe supérieure soutient un système dont elle bénéficie – c’est ça, la « main invisible du marché» ! Et aujourd’hui, elle a un nom plus sympathique : la « société ouverte ». Mais je ne pense pas qu’aux bobos. Globalement, on trouve dans les métropoles tous ceux qui profitent de la mondialisation, qu’ils votent Mélenchon ou Juppé ! D’ailleurs, la gauche votera Juppé. C’est pour cela que je ne parle ni de gauche, ni de droite, ni d’élites, mais de « la France d’en haut », de tous ceux qui bénéficient peu ou prou du système et y sont intégrés, ainsi que des gens aux statuts protégés : les cadres de la fonction publique ou les retraités aisés. Tout ce monde fait un bloc d’environ 30 ou 35 %, qui vit là où la richesse se crée. Et c’est la raison pour laquelle le système tient si bien. (…) La France périphérique connaît une phase de sédentarisation. Aujourd’hui, la majorité des Français vivent dans le département où ils sont nés, dans les territoires de la France périphérique il s’agit de plus de 60 % de la population. C’est pourquoi quand une usine ferme – comme Alstom à Belfort –, une espèce de rage désespérée s’empare des habitants. Les gens deviennent dingues parce qu’ils savent que pour eux « il n’y a pas d’alternative » ! Le discours libéral répond : « Il n’y a qu’à bouger ! » Mais pour aller où ? Vous allez vendre votre baraque et déménager à Paris ou à Bordeaux quand vous êtes licencié par ArcelorMittal ou par les abattoirs Gad ? Avec quel argent ? Des logiques foncières, sociales, culturelles et économiques se superposent pour rendre cette mobilité quasi impossible. Et on le voit : autrefois, les vieux restaient ou revenaient au village pour leur retraite. Aujourd’hui, la pyramide des âges de la France périphérique se normalise. Jeunes, actifs, retraités, tous sont logés à la même enseigne. La mobilité pour tous est un mythe. Les jeunes qui bougent, vont dans les métropoles et à l’étranger sont en majorité issus des couches supérieures. Pour les autres ce sera la sédentarisation. Autrefois, les emplois publics permettaient de maintenir un semblant d’équilibre économique et proposaient quelques débouchés aux populations. Seulement, en plus de la mondialisation et donc de la désindustrialisation, ces territoires ont subi la retraite de l’État. (…) Aujourd’hui, ce parc privé « social de fait » s’est gentrifié et accueille des catégories supérieures. Quant au parc social, il est devenu la piste d’atterrissage des flux migratoires. Si l’on regarde la carte de l’immigration, la dynamique principale se situe dans le Grand Ouest, et ce n’est pas dans les villages que les immigrés s’installent, mais dans les quartiers de logements sociaux de Rennes, de Brest ou de Nantes. (…) In fine, il y a aussi un rejet du multiculturalisme. Les gens n’ont pas envie d’aller vivre dans les derniers territoires des grandes villes ouverts aux catégories populaires : les banlieues et les quartiers à logements sociaux qui accueillent et concentrent les flux migratoires.

    Christophe Guilluy (merci james)

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Now for ten years we’ve been on our own And moss grows fat on a rollin’ stone But that’s not how it used to be When the jester sang for the king and queen In a coat he borrowed from James Dean And a voice that came from you and me Oh, and while the king was looking dow The jester stole his thorny crown Do you recall what was revealed The day the music died?

    Don McLean

    The times they are a-changin’.

    If you were going to sell out to a commercial interest, which one would you choose?
    Ladies garments.

    http://www.rollingstone.com/music/news/bob-dylan-gives-press-conference-in-san-francisco-19671214

    I see, I see lovers in the meadow
    I see, I see silhouettes in the window
    I’m sick of love, I wish I’d never met you
    I’m sick of love, I’m tryin’ to forget you.
    Just don’t know what to do
    I’d give anything to
    Be with you.

    https://www.youtube.com/watch?v=eBq7SyGtG8Y

    Bank of Montreal commercial

    You can’t fake true cool.

    Chrysler commercial

    Si l’on considère qu’aujourd’hui encore tous les grands événements publics se glissent secrètement et comme voilés sur la scène du monde, qu’ils sont cachés par des faits insignifiants, côté desquels ils paraissent petits, que leurs effets profonds, leurs contre-coups ne se manifestent que longtemps après qu’ils se sont produits, — quelle importance peut-on alors accorder à la presse, telle qu’elle existe aujourd’hui, avec sa quotidienne dépense de poumons pour hurler, assourdir, exciter et effrayer ? — la presse est-elle autre chose qu’un bruit aveugle et permanent qui détourne les oreilles et les sens vers une fausse direction ?

    Nietzsche

    Pour conclure, on se pose la question de savoir si des témoignages tirés de l’histoire soviétique et librement réécrits, coupés, arrangés et placés hors contexte historique et temporel peuvent être livrés et reçus comme tels. Matière première pour la fiction ou document historique ? Certes, Svetlana Alexievitch elle-même n’insiste pas sur le côté documentaire de son œuvre, en la qualifiant de « romans de voix », mais le fait même d’indiquer les noms, l’âge, la fonction de chaque personne interrogée entretient la confusion chez le lecteur par la mise en œuvre d’une esthétique du témoignage. Mais une esthétique du témoignage est-elle possible sans éthique du témoignage ? On est en droit de poser la question suivante : si les livres d’Alexievitch n’avaient pas ces mentions de noms de témoins et si elle les avait présentés comme de la fiction (en somme, la littérature de fiction est le plus souvent inspirée des histoires réelles), quelle aurait été la réception de cette œuvre ? Aurions-nous eu le même engouement que provoque chez le lecteur le sentiment de vérité ? Serions-nous bouleversés par ces histoires dont beaucoup nous seraient parues, du coup, incroyables ? Le récit prend ici son caractère d’authenticité et de vérité qui exerce un travail émotionnel sur celui qui le reçoit. C’est la fonction de la télé-réalité et de l’exposition généralisée du « vrai malheur » de « vrais gens » qui a gagné les médias depuis quelques années et qui substitue à la critique politique des problèmes sociaux un espace intime dominé par les affects et le psychisme. L’exemple de l’œuvre d’Alexievitch et de sa réception nous montrent à la fois les enjeux et les limites d’une littérature de témoignage qui ne serait pas fermement enracinée dans une perspective critique et historique ainsi que les limites d’une « dissidence » ou d’une « discordance » qui ne serait pas restituée avec précision dans son contexte historique. Le témoignage a, à coup sûr, sa place dans l’œuvre littéraire, d’autant plus que depuis la Shoah et la Seconde Guerre mondiale, le rapport entre le témoignage et l’histoire est repensé à grands frais. Mais la responsabilité du témoin face à la mémoire collective engage tout autant l’acteur que le narrateur, surtout lorsqu’il s’agit de deux personnes différentes. François Dosse insiste sur l’articulation nécessaire du témoignage, mémoire irremplaçable mais insuffisante, et du discours de la socio-histoire, travail indispensable d’analyse explicative et compréhensive. Si, pour reprendre la formule chère à Paul Ricœur, le témoignage a d’autant plus sa place dans la littérature que les générations présentes entretiennent une dette envers le passé (et envers le futur avec l’avenir contaminé de Tchernobyl), ce qui conduit à donner la parole aux « sans parole », aux vaincus de l’histoire, il implique en retour de redoubler de précaution face aux usages de la mémoire, mémoire aveugle, prisonnière d’imaginaires sociaux et historiques particuliers que le narrateur ne saurait faire passer pour des universaux. En ce sens, on devrait évaluer l’œuvre de Svetlana Alexievitch, qui appartient à un genre littéraire particulier basé sur une construction avec une très forte charge émotionnelle où les témoins sont transformés en porteurs « types » de messages idéologiques, avec des critères littéraires, plutôt que d’y chercher des vérités documentées comme l’a trop souvent fait la presse française et internationale.

    Galia Ackerman  et Frédérick Lemarchand

    Ce qui est nouveau, c’est d’abord que la bourgeoisie a le visage de l’ouverture et de la bienveillance. Elle a trouvé un truc génial : plutôt que de parler de « loi du marché », elle dit « société ouverte », « ouverture à l’Autre » et liberté de choisir… Les Rougon-Macquart sont déguisés en hipsters. Ils sont tous très cools, ils aiment l’Autre. Mieux : ils ne cessent de critiquer le système, « la finance », les « paradis fiscaux ». On appelle cela la rebellocratie. C’est un discours imparable : on ne peut pas s’opposer à des gens bienveillants et ouverts aux autres ! Mais derrière cette posture, il y a le brouillage de classes, et la fin de la classe moyenne. La classe moyenne telle qu’on l’a connue, celle des Trente Glorieuses, qui a profité de l’intégration économique, d’une ascension sociale conjuguée à une intégration politique et culturelle, n’existe plus même si, pour des raisons politiques, culturelles et anthropologiques, on continue de la faire vivre par le discours et les représentations.

    Christophe Guilluy

    Though Obama, the son of a Kenyan immigrant, lagged in polls as late as mid-February, he surged to the front of the pack in recent weeks after he began airing television commercials and the black community rallied behind him. He also was the beneficiary of the most inglorious campaign implosion in Illinois political history, when multimillionaire Blair Hull plummeted from front-runner status amid revelations that an ex-wife had alleged in divorce papers that he had physically and verbally abused her. After spending more than $29 million of his own money, Hull, a former securities trader, finished third, garnering about 10 percent of the vote. (…) Obama ascended to front-runner status in early March as Hull’s candidacy went up in flames amid the divorce revelations, as well as Hull’s acknowledgment that he had used cocaine in the 1980s and had been evaluated for alcohol abuse.

    The Chicago Tribune (17.03.04)

    Axelrod is known for operating in this gray area, part idealist, part hired muscle. It is difficult to discuss Axelrod in certain circles in Chicago without the matter of the Blair Hull divorce papers coming up. As the 2004 Senate primary neared, it was clear that it was a contest between two people: the millionaire liberal, Hull, who was leading in the polls, and Obama, who had built an impressive grass-roots campaign. About a month before the vote, The Chicago Tribune revealed, near the bottom of a long profile of Hull, that during a divorce proceeding, Hull’s second wife filed for an order of protection. In the following few days, the matter erupted into a full-fledged scandal that ended up destroying the Hull campaign and handing Obama an easy primary victory. The Tribune reporter who wrote the original piece later acknowledged in print that the Obama camp had »worked aggressively behind the scenes » to push the story. But there are those in Chicago who believe that Axelrod had an even more significant role — that he leaked the initial story. They note that before signing on with Obama, Axelrod interviewed with Hull. They also point out that Obama’s TV ad campaign started at almost the same time.

    The NYT (01.04.07)

    One lesson, however, has not fully sunk in and awaits final elucidation in the 2012 election: that of the Chicago style of Barack Obama’s politicking. In 2008 few of the true believers accepted that, in his first political race, in 1996, Barack Obama sued successfully to remove his opponents from the ballot. Or that in his race for the US Senate eight years later, sealed divorced records for both his primary- and general-election opponents were mysteriously leaked by unnamed Chicagoans, leading to the implosions of both candidates’ campaigns. Or that Obama was the first presidential candidate in the history of public campaign financing to reject it, or that he was also the largest recipient of cash from Wall Street in general, and from BP and Goldman Sachs in particular. Or that Obama was the first presidential candidate in recent memory not to disclose either undergraduate records or even partial medical. Or that remarks like “typical white person,” the clingers speech, and the spread-the-wealth quip would soon prove to be characteristic rather than anomalous. Few American presidents have dashed so many popular, deeply embedded illusions as has Barack Obama. And for that, we owe him a strange sort of thanks.

    Victor Davis Hanson

    I am sentimental/ So I walk in the rain/ I’ve got some habits/ Even I can’t explain/ I go away week-ends / And leave my keys on the door/ Why try to change me now  ?

    Frank Sinatra

    How can the life of such a man be in the palm of some fool’s hand To see him obviously framed Couldn’t help but make me feel ashamed to live in a land where justice is a game

    Bob Dylan

    In folk and jazz, quotation is a rich and enriching tradition…It has to do with melody and rhythm, and then after that, anything goes. You make everything yours. We all do it.

    Bob Dylan

    Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk. Et je les ai jouées (…) je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs, et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde. Si vous aviez chanté John Henry aussi souvent que moi – John Henry was a steel-driving man/Died with a hammer in his hand/John Henry said a man ain’t nothin but a man/Before I let that stea drill drive me down/I’ll die with my hammer in my hand. Si vous aviez chanté cette chanson aussi souvent que moi, vous aussi, vous auriez écrit “How many roads must a man walk down” » (le premier vers de Blowin’ in the Wind). (…) Les Byrds, les Turtles, Sonny and Cher… ils ont transformé certaines de mes chansons en succès de hit-parade, mais je n’étais pas un auteur de chansons pop, et ce n’est pas vraiment ce que je voulais être. Mais c’est bien que ce soit arrivé. Leurs versions de mes chansons étaient comme des publicités. (…) les critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ? (…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : “c’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité”.

    Bob Dylan

    He’s a great humanitarian, he’s great philanthropist He knows just where to touch you honey, and how you like to be kissed He’ll put both his arms around you You can feel the tender touch of the beast You know that sometimes Satan comes as a man of peace. Standing on the water, casting your bread (…) Fools rush in where angels fear to tread (…) You’re a man of the mountains, you can walk on the clouds Manipulator of crowds, you’re a dream twister You’re going to Sodom and Gomorrah (…) Well, the Book of Leviticus and Deuteronomy The law of the jungle and the sea are your only teachers In the smoke of the twilight on a milk-white steed Michelangelo indeed could’ve carved out your features Resting in the fields, far from the turbulent space Half asleep near the stars with a small dog licking your face. (…) Well, the rifleman’s stalking the sick and the lame Preacherman seeks the same, who’ll get there first is uncertain Nightsticks and water cannons, tear gas, padlocks Molotov cocktails and rocks behind every curtain False-hearted judges dying in the webs that they spin Only a matter of time ’til the night comes stepping in.

    Bob Dylan

    Bob is not authentic at all. He’s a plagiarist, and his name and voice are fake. Everything about Bob is a deception. We are like night and day, he and I.

    Joni Mitchell

    I like a lot of Bob’s songs. Musically he’s not very gifted. He’s borrowed his voice from old hillbillies. He’s got a lot of borrowed things. He’s not a great guitar player. He’s invented a character to deliver his songs. Sometimes I wish that I could have that character — because you can do things with that character. It’s a mask of sorts.

    Joni Mitchell

    The songwriter has borrowed material before. He often makes passing references to the Bible or to works of literature in his songs. On « Love and Theft, » he briefly quotes a passage from « The Great Gatsby. » As an aspiring artist, Mr. Dylan, né Zimmerman, is often said to have taken his name from the late Welsh poet, Dylan Thomas, though Mr. Dylan has sometimes denied that. He’s like « some very imaginative sponge, » says Christopher Ricks, a professor of humanities at Boston University, who has lectured on Mr. Dylan’s works. Usually, says Mr. Ricks, Mr. Dylan’s sponging is a healthy part of the creative process. The songwriter takes a few words, twists them, changes their context, and produces an entirely new work of art. But Mr. Ricks says he was surprised by the extent to which Mr. Dylan seems to have borrowed from « Confessions of a Yakuza » on his latest album. « No one of these instances was very telling, » he says. « But when you put together the whole string of them, it’s quite striking. »

    The WSJ

    I kind of wondered if he had done a lot of that before on other albums. But if he’d been doing this all along, somebody would have caught him a long time ago.

    Chris Johnson.

    L’ironie du sort veut que ce Nobel lui tombe dessus alors que ses derniers albums ne contiennent que des morceaux écrits par d’autres, vieux standards de sa jeunesse ressuscités par une voix de crooner usé. Mais attention, le prochain sera celui d’un Nobel.

    Télérama

    Le 17 juin 1966, à environ 2 h 30 du matin, deux hommes entrèrent dans le Lafayette Bar and Grill, à Paterson (New Jersey) et tirèrent. Le patron, Jim Oliver, et un client, Fred Cedar Grove Bob Nauyoks, furent tués sur le coup. Hazel Tanis, une cliente grièvement blessée, fut touchée à la gorge, à l’estomac, aux intestins, à la rate et au poumon gauche, ainsi qu’à un bras qui éclata sous l’impact des balles de plomb. Elle mourut près d’un mois plus tard. Un troisième client, Willie Marins, survécut à l’attaque bien qu’il ait été atteint à la tête, perdant l’usage d’un œil. Un petit délinquant, Alfred Bello, qui se trouvait près du Lafayette pour commettre un cambriolage la même nuit, fut témoin oculaire des faits. Bello fut l’une des premières personnes présentes sur le lieu du crime et c’est lui qui appela un opérateur téléphonique pour avertir la police. Une résidente de l’appartement situé au deuxième étage au-dessus du Lafayette, Patricia Graham (qui devint Patricia Valentine), vit quant à elle deux hommes noirs monter dans une voiture blanche et partir vers l’ouest en quittant le bar. Un autre voisin, Ronald Ruggiero, entendit également les coups de feu et lorsqu’il regarda par sa fenêtre, il vit Bello courir de la rue Lafayette vers la 16e rue. Il entendit aussi le crissement des pneus et vit une voiture blanche s’échapper, prendre la direction de l’ouest, avec deux hommes noirs assis à l’avant. La couleur de la voiture de Carter correspondait à la description faite par les témoins. La police l’arrêta et amena Carter et l’autre occupant, John Artis, sur la scène du crime environ trente minutes après l’incident. Il y avait peu de preuves matérielles : la police ne prit pas d’empreintes digitales sur le lieu du crime et n’avait pas l’équipement nécessaire pour effectuer un test à la paraffine sur Carter et Artis. Aucun des témoins oculaires n’identifia Carter ou Artis comme l’un des tireurs, pas plus que Willie Marins lorsque la police amena Carter et Artis à l’hôpital pour qu’il les voie. Cependant, en fouillant la voiture de Carter, la police trouva un pistolet de calibre 32 à proximité et une cartouche de fusil de chasse de diamètre 12 – les mêmes calibres que ceux utilisés lors de la fusillade. Carter et Artis furent amenés au poste par la police et questionnés. Dans l’après-midi, les deux hommes passèrent l’épreuve du détecteur de mensonge. Malgré les doutes, l’examinateur John J. McGuire rapporta plus tard les conclusions suivantes pour chacun des deux suspects : « Après une analyse rigoureuse de l’enregistrement du détecteur de mensonge du sujet, il est de l’avis de l’examinateur que ce sujet a tenté de frauder à toutes les questions pertinentes. Il était impliqué dans ce crime. Après l’interrogatoire et confronté à l’avis des examinateurs, le sujet a nié une quelconque participation au crime »5. Les valeur et fiabilité scientifiques des tests au polygraphe étaient cependant discutées, et ceux-ci étaient généralement considérés comme des preuves irrecevables. Carter et Artis furent libérés plus tard dans la journée. Plusieurs mois plus tard, Bello révéla à la police qu’il avait un complice lors de sa tentative de cambriolage, Arthur Dexter Bradley. Après un interrogatoire supplémentaire, Bello et Bradley identifièrent, chacun séparément, Carter comme l’un des deux Noirs qu’ils avaient vus armés sortir du bar la nuit des meurtres. Bello identifia aussi Artis en tant que deuxième homme. En se fondant sur ces témoignages concordants, Carter et Artis furent arrêtés et inculpés. (…) Ajouté à l’identification de la voiture de Carter par Patricia Valentine, aux munitions trouvées dans la voiture de Carter et aux doutes concernant les versions données par les témoins de l’alibi de Carter, cela convainquit un jury composé uniquement de Blancs que Carter et Artis étaient les tueurs. Les deux hommes furent jugés coupables et condamnés à la prison à perpétuité. Pendant sa peine de prison, Carter écrivit son autobiographie Le 16e Round (The Sixteenth Round: From Number 1 Contender to #45472), publiée en 1974. Il continua à clamer son innocence et gagna un soutien populaire grandissant pour un nouveau procès ou une amnistie. Le chanteur Bob Dylan écrivit et joua une chanson en son honneur, intitulée Hurricane (1975), laquelle exprimait l’avis que Carter était innocent. Les faits tels que chantés par Bob Dylan peuvent être néanmoins remis en cause. Tout au long de son incarcération, il fut soutenu par de nombreuses personnes, anonymes ou célèbres, telles que la chanteuse Joni Mitchell ou encore le boxeur Mohammed Ali. Pendant cette période, des enquêteurs et journalistes pro-Carter persuadèrent Alfred Bello et Arthur Bradley de revenir sur le témoignage qu’ils avaient donné au procès de 1967. En 1974, les deux témoins clés dans la condamnation de Carter se rétractèrent. Ces rétractations servirent comme base d’une motion pour un nouveau procès. Mais le juge Larner, qui présida à la fois au premier procès et à l’audition des rétractations, décida que celles-ci « sonnaient faux », et rejeta la motion. Cependant, les avocats de la défense déposèrent une autre motion, fondée sur de nouvelles preuves apportées pendant le procès de rétractation (dont une qui reposait sur un enregistrement policier d’un entretien avec Bello). Bien que Larner rejetât également cette motion, la Cour suprême du New Jersey accorda à Carter et Artis un nouveau procès en 1976, concédant que la preuve de divers « marchés » passés entre l’accusation et les témoins Bello et Bredley aurait dû être divulguée à la défense avant ou pendant le procès de 1967. (…) L’année suivante, en 1975, Bello changea de nouveau sa version de l’histoire, contrairement à Bradley. Il déclara qu’en réalité, il était à l’intérieur du bar au moment des coups de feu. (…) En mars 1976, la Cour suprême du New Jersey cassa les précédents verdicts, estimant que les condamnés n’avaient pas bénéficié de tous leurs droits pour se défendre. Carter et Artis furent ainsi libérés sous caution (respectivement 20 000 $ et 15 000 $). En décembre 1976, au second procès, Bello changea encore son témoignage, répétant celui donné en 1967 qui le situait en dehors du bar. Le juge Leopizzi indiqua aux jurés que s’ils ne croyaient pas au témoignage de Bello, ils seraient dans l’obligation d’acquitter les accusés. L’État fit objection et demanda à la cour d’informer le jury qu’une condamnation pourrait être fondée sur l’autre preuve que l’État allait introduire, mais sa requête fut rejetée. Néanmoins, Carter et Artis furent encore désignés coupables, cette fois par un jury comprenant deux afro-américains, en moins de 9 heures. Après 6 mois de liberté, Carter et Artis furent renvoyés en prison à perpétuité. (…) En 1982, la Cour suprême du New Jersey admit que l’accusation avait retenu des preuves pouvant servir à la défense, une soi-disant violation de Brady, mais confirma les précédentes condamnations par 4 voix contre 3. (…) Trois ans plus tard, les avocats de Carter déposèrent une demande d’habeas corpus à la cour fédérale, une pétition légale souvent infructueuse demandant la révision fédérale de la constitutionnalité des décisions de la cour d’état. L’effort fut payant : en novembre 1985, le juge Haddon Lee Sarokin de la Cour de District des États-Unis déclara que Carter et Artis n’avaient pas reçu de procès équitable, considérant que l’accusation était « fondée sur le racisme plutôt que sur la raison et sur la dissimulation plutôt que sur la transparence. » Il ordonna la libération immédiate de Carter « au nom de la simple décence ». Il réprimanda l’État du New Jersey pour avoir caché les doutes sur les résultats de Bello au détecteur de mensonge, et mis de côté leur véracité13. Les procureurs du New Jersey firent appel sans succès du verdict de Sarokin devant la cour d’appel des États-Unis pour le troisième circuit qui confirma l’avis de Sarokin sur un des deux points permettant la libération de Carter. Ils s’adressèrent aussi à la cour suprême des États-Unis, qui refusa d’écouter le dossier. Bien qu’ils aient pu tenter de les faire condamner une troisième fois, les procureurs du comté de Passaic choisirent de ne pas le faire. Depuis l’époque des faits, les témoins avaient disparu ou étaient morts, le coût aurait été extrêmement élevé. Même une condamnation n’aurait eu que peu de résultats. Artis, lui, avait déjà été libéré sur parole, et ne serait pas retourné en prison même s’il était recondamné. En 1988, les procureurs du New Jersey enregistrèrent une motion pour effacer les accusations originales intentées contre Carter et Artis en 1966, abandonnant réellement toutes les charges. Le 26 février 1988, Rubin Carter bénéficia d’un non-lieu.

    Wikipédia

    Part protest song, part historical document, Dylan’s runaway, eight-minute epic reads like a legal brief, as the singer punches holes in the prosecutor’s Lafayette killings case, spitting out the lyrics with passion and contempt. After attorneys at Dylan’s label, Columbia Records, asked for slight changes in the song to avoid possible lawsuits (Dylan agreed), « Hurricane » was quickly shipped out to radio. In the fall of 1975, Dylan took his Rolling Thunder Revue, starring Joan Baez, Joni Mitchell, Allen Ginsberg and Roberta Flack, out on the road. (…) On Dec. 7, the Revue pulled into Carter’s New Jersey prison for a show of support. (…) The next night the Revue played to a sold-out Madison Square Garden, where more than a $100,000 was collected forCarter’s legal fund. One month later, Hurricane II, another charity concert for Carter, was held, as Dylan’s Revue was joined by Isaac Hayes, Stevie Wonder, Steven Stills, Carlos Santana, Richie Havens and Rick Danko of the Band at Houstons’ Astrodome. Just two months after that show, the New Jersey Supreme Court, prompted by Bello’s recantation in the pages of the New York Times, unanimously overturned the Lafayette convictions, ruling that the prosecution withheld evidence favorable to the defense, and ordered a new trial for Carter and Artis. Incredibly, in 1976 both men were again convicted, this time when prosecutors were allowed to introduce as a motive the notion that Carter and Artis gunned down the three whites in retaliation for a killing earlier that night in Paterson, wherein a black bar owner had been killed by a white. It took eight more years before a federal district court judge in Newark, N.J., finally overturned Carter’s conviction, insisting, « The extensive record clearly demonstrates that the petitioners’ convictions were predicated upon an appeal to racism rather than reason, and concealment rather than disclosure. » Or, as Dylan had sung ten years earlier: « How can the life of such a man Be in the palm of some fool’s hand? To see him obviously framed Couldn’t help but make me feel ashamed to live in a land Where justice is a game. »

    Rolling Stone

    Hurricane est un protest song de Bob Dylan au sujet de l’emprisonnement de Rubin « Hurricane » Carter. Elle résume les prétendus actes de racisme envers Carter, que Dylan décrit comme la principale raison de la condamnation dans ce qu’il considère comme un faux procès. Cette chanson fut l’une des quelques protest songs qu’écrivit Dylan dans les années 1970, et ce fut l’un de ses singles ayant eu le plus de succès de cette décennie, atteignant le 31e rang du Billboard. L’album de Bob Dylan Desire s’ouvre avec le titre Hurricane, dénomination inspirée du surnom de Rubin Carter et dépeignant l’histoire de ce boxeur noir américain, ancien prétendant au titre des poids moyens, accusé du meurtre de trois personnes en 1966. Dylan eut envie d’écrire cette chanson après avoir lu l’autobiographie de Carter Le Seizième Round (The Sixteenth Round), que celui-ci lui avait envoyée « à cause de ses engagements antérieurs dans le combat pour les droits civiques ». Dans son autobiographie, Carter continuait à clamer son innocence et son histoire poussa Dylan à aller lui rendre visite à la prison d’État de Rahway à Woodbridge (New Jersey). (…) Dylan doit ré-enregistrer la chanson en modifiant les paroles relatives à Alfred Bello et Arthur Dexter Bradley qui « ont dépouillé les corps » (« robbed the bodies »). Les avocats de la Columbia l’ont prévenu qu’il risque un procès pour diffamation. Ni Bello, ni Bradley n’ont jamais été accusés de tels actes. (…) Même avec ces paroles révisées, la controverse continue de croître autour de Hurricane. Les critiques de l’époque lui reprochent de ne raconter qu’une version des faits, le passé judiciaire de Carter étant ignoré dans l’histoire que Dylan raconte, et de manquer d’objectivité. Il y a d’autres inexactitudes, comme par exemple la description de Carter comme prétendant n°1 au titre de champion des poids moyens (« Number one contender for the middleweight crown ») alors que le classement de mai 1966 de Ring Magazine ne le situait qu’au neuvième rang à l’époque de son arrestation. Mike Cleveland du Herald-News, Robert Christgau, et de nombreux autres critiques mettent en question l’objectivité de Bob Dylan au moment de la sortie de la chanson. Cal Deal, journaliste au Herald-News qui couvre l’affaire Carter entre 1975 et 1976, interviewant Carter en août et décembre 1975, accuse plus tard Dylan d’avoir un fort parti pris pour Carter tout en utilisant énormément d’effets artistiques. Pendant la tournée précédant la sortie de Desire, Dylan et le Rolling Thunder Revue participent à La Nuit de l’Ouragan I4 en l’honneur de Carter au Madison Square Garden de New York, le 12 août 1975. De nombreuses vedettes, dont Mohamed Ali, sont présentes à ce concert caritatif où un exposé de 20 minutes explique la situation du boxeur emprisonné5. L’année suivante, ils mettent sur pied la Nuit de l’Ouragan II, cette fois-ci à l’Astrodome de Houston. Ce super-concert, organisé le 25 janvier 1976 est néanmoins un fiasco malgré la présence de Stevie Wonder, Stephen Stills, Ringo Starr ou encore Santana. Trente mille personnes assistent au spectacle mais l’organisation prévoyait plus du double6. En fin de compte, Hurricane rapporte assez de fonds et de publicité pour aider Carter à lancer un recours. En novembre 75 d’abord, la Cour Suprême annonce qu’elle compte réviser l’appel. Un mois plus tard, Carter et Artis retirent leur demande de pardon, souhaitant une réhabilitation complète. En mars 1976, ils sont même libérés sous caution et gagnent le droit à un nouveau procès. Mais Carter est de nouveau condamné à deux peines de prison à vie successives en décembre 1976. Ni Dylan, ni aucun autre défenseur célèbre n’assiste au procès7. En 1985 la justice américaine reconnaît que Carter et Artis n’ont pas bénéficié d’un procès juste et équitable. Carter est remis en liberté. Dylan n’a plus interprété cette chanson depuis le 25 janvier 1976 à Houston, Texas.

    Wikipedia

    The struggle of Mr. Carter, whose first name is Rubin, for exoneration is the subject of »The Hurricane, » a film directed by Norman Jewison, with Denzel Washington portraying the boxer whose compelling real-life story touches on thorny issues of race, civil rights and celebrity involvement in criminal trials. »The Hurricane, » which opens tomorrow, is being billed as »the triumphant true story of an innocent man’s 20-year fight for justice. » But the discrepancy between the »true story » and what is seen on screen raises serious questions about how Hollywood presents actual events and the liberties taken with the truth. The film bases its authenticity on »Lazarus and the Hurricane, » by Sam Chaiton and Terry Swinton, published in 1991 (Viking), and on Mr. Carter’s autobiography, »The 16th Round, » published in 1974 (Viking). The film, written by Armyan Bernstein and Dan Gordon, depicts Mr. Carter’s turbulent life as a rebellious youth, a ferocious boxer and a tormented prisoner. But it presents a false vision of the legal battles and personal struggles that led to his freedom and creates spurious heroes in fictionalized episodes that attribute his vindication to members of a Canadian commune who unearth long suppressed evidence. (…) A major fabrication is the creation of a racist Javert-type detective who hounds Mr. Carter from the age of 11 until he finally ensnares him in the triple homicide. The film brands the phantom detective as primarily responsible for framing Mr. Carter. The actual story is more harrowing because it exposes an underlying frailty in a criminal-justice system that convicted Mr. Carter, not once but twice. The convictions were obtained not by a lone, malevolent investigator but by a network of detectives, prosecutors and judges who countenanced the suppression and tainting of evidence and the injection of racial bias into the courtroom. The film also sterilizes Mr. Carter’s history before his arrest for murder. He is characterized as a nearly model citizen who overcame persecution as a juvenile and remade himself as a boxer and civil rights advocate. What is omitted is that Mr. Carter served four years in prison as an adult for three muggings, crimes that later tarnished him as potentially violent and damaged his cause in the murder case. And while the film would have audiences believe that Mr. Carter was a teetotaler, he never denied taking part in an occasional pub crawl and, although married, having a romantic fling. One of those night owl excursions enmeshed him in the murders, a fact obscured in the movie. The forgotten man of the film is Mr. Artis, the other defendant, whose life was almost destroyed. Seen only briefly, Mr. Artis is portrayed as a clueless youth. The only recognition given to him is a brief prison encounter when Mr. Denzel suddenly addresses him as »my hero. » In reality Mr. Artis defiantly rejected an offer to avoid a long prison sentence by falsely incriminating Mr. Carter. Many defense supporters were also drawn to the case because of their faith in Mr. Artis, who had an unblemished reputation and no police record. The true nightmare for both men began after the early-morning shotgun and pistol-fire slayings of two men and a woman in the Lafayette Grill, a Paterson bar. The murders occurred only hours after a black tavern owner had been fatally shot by a white man in Paterson, and the police immediately theorized that racial retaliation was the motive for the Lafayette Grill attack. Shortly after the murders Mr. Carter, then 29, and Mr. Artis, 21, were picked up in Mr. Carter’s white Dodge, which the police said resembled the getaway car. The movie, however, disregards vital elements the police used against Mr. Carter: the finding of a shotgun and a bullet in the Dodge and the murder of the black tavern owner. Except for being black, neither Mr. Carter nor Mr. Artis resembled the original descriptions of the killers, and they were released after passing lie detector tests. Three months later, however, the two men were indicted based on statements by two petty criminals, Alfred P. Bello and Arthur D. Bradley, two white men who admitted that they had been committing a burglary near the Lafayette Grill and said that they had seen Mr. Carter and Mr. Artis emerge with guns in their hands. (…) Mr. Carter, a charismatic figure inside prison as well as outside, enlisted help from Fred W. Hogan, an investigator for the New Jersey public defender’s office, and Richard Solomon, a freelance writer. On his own time Mr. Hogan searched for evidence while Mr. Solomon rekindled interest by establishing a minuscule defense committee and by soliciting journalists to write about Mr. Carter’s plight. In 1973 and 1974 Mr. Hogan and this reporter tracked down Mr. Bello and Mr. Bradley, and both men separately recanted their identifications of Mr. Carter and Mr. Artis. They asserted that Lt. Vincent DeSimone, the lead detective in the case, and other investigators, some of whom made racist slurs, had pressured them into incriminating Mr. Carter and Mr. Artis. The lies were in exchange for lenient sentences in their own crimes and the lure of a $10,000 reward. The New York Times published front-page articles about the recantations and about other questionable evidence used by the prosecution. Overnight Mr. Carter became an international cause celebre, with civil rights leaders, politicians, writers, and entertainment figures joining his defense committee. Bob Dylan supported Mr. Carter in his song »Hurricane » (which is used in the new movie). Based on the recantations and the concealment of promises to the prosecution’s main witnesses, the New Jersey Supreme Court overturned the guilty verdicts. But in 1976 at a second trial prosecutors resuscitated an old theory, charging that Mr. Carter and Mr. Artis had exacted racial revenge for the earlier murder of the black tavern owner. Mr. Bello, in a surprise twist, resurfaced to recant his recantation, testifying as the only prosecution witness who placed Mr. Carter and Mr. Artis at the murder scene. After nine months of freedom Mr. Carter and Mr. Artis were found guilty, cast back into prison and deserted by most of the celebrities and civil rights figures. Still, the principal defense lawyers, Myron Beldock, Lewis Steel and Leon Friedman of New York City, who worked for a decade without payment, persisted in unearthing evidence that the prosecution had concealed at the second trial. Numerous appeals over nine years in New Jersey courts failed. But when the issues were heard for the first time in federal court, a judge in 1985 overturned the convictions on constitutional grounds, saying the prosecution had »fatally infected the trial » by resorting, without proof, to the racial revenge theory and had withheld evidence that disproved the identifications made by Mr. Bello, the star prosecution witness. In 1988 the United States Supreme Court upheld the appeal, and after 22 years all accusations against Mr. Carter and Mr. Artis were dismissed. In the film the two trials are confusingly compressed into a brief courtroom sentencing scene with Mr. Carter protesting that he had been convicted by an all-white jury. (In reality the first jury was all white; the second included two elderly blacks.) Many pivotal scenes revolve around Mr. Carter’s relationship with members of a secretive Canadian commune, especially a young black man, Lesra Martin, who befriended him in the later years of his imprisonment. In the film the young Mr. Martin and the commune revive a supposedly despairing Mr. Carter’s faith in himself and in his quest for freedom. They are depicted as demon sleuths who uncover vital evidence including a secret diary kept by an investigator, a forged police document and incontestable proof that Mr. Carter’s car was not the get-away vehicle. These incidents are fairy tales. All essential evidence concerning constitutional violations, manipulated witnesses and prosecutorial misconduct was found by defense lawyers. And the film concocts suspenseful encounters — unmentioned in the Canadians’ own book, »Lazarus and the Hurricane, » nor reported elsewhere — in which commune members are menaced by the reincarnated Javert and narrowly escape death. Mr. Carter’s lawyers do credit the Canadians with extensive paralegal work that spared them hundreds of hours of research and expenses. In an authorized biography, »Hurricane, » by James S. Hirsch, to be published next month by Houghton Mifflin, Mr. Carter says he instantly bonded with Mr. Martin and was indebted to the Canadians for spending $400,000 — mainly on living expenses for themselves and him — before and after his release. (…) Missing from the film are the recantations by Mr. Bello and Mr. Bradley, the critical disclosures that reopened a dead case and figured prominently in Mr. Carter’s ultimate exoneration. Nor is there an indication of the support Mr. Carter received from relatives and friends long before the affluent Canadians arrived. (…) The film closes with a courtroom scene signifying the judicial defeat of evil, attributed to the indomitable Canadians. It fades out with a stirring (but invented) speech by Mr. Carter about injustice and his embracing of Mr. Martin, and Lisa Peters, the leader of the Canadians. A feel-good screen afterword notes that Mr. Carter lives in Canada and runs an organization that seeks to correct judicial wrongs, and that Mr. Martin has become a lawyer in Canada. Left unsaid is both men’s eventual disenchantment with the commune and its treatment of them. After his release Mr. Carter married Ms. Peters. But he soon ended all relations with her and other commune members, asserting in his biography that they patronized him as a »trophy horse » whose main purpose was to raise money for the group. He further complains that the commune tried to control his life, with members escorting him everywhere and censoring his words.

    The WSJ















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