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Boucliers humains: A Alep comme à Gaza, la désinformation vaincra (After Beirut and Gaza, Aleppo: Will the West ever learn ?)

Posté le dimanche 16 octobre 2016 par Admini

beyrouthhumanshieldshamashumanshieldsMen and civil defence members look for survivors from under the rubble after an airstrike on the rebel held village of Taftanaz eastern countryside of Idlib, Syria, August 13, 2016. REUTERS/Ammar AbdullahpallywoodeuropeCachez ces boucliers humains que je ne saurai voir !

Après la pantalonnade que l’on sait de la visite annulée du chef d’Etat français avec son homologue russe …

Pendant que sans la moindre mise en perspective et jusqu’à susciter les vocations les plus fourvoyées …

Nos belles âmes nous matraquent avec les tragiques images des victimes civiles des bombardements syro-russes …

Comment ne pas repenser …

Sans compter l’évidente impression de  deux poids deux mesures (imaginez les manifestations qu’auraient provoquées, venant des forces israéliennes, ne serait-ce que le centième des dégâts collatéraux des actuels bombardements d’Alep !) …

Aux tristement fameuses campagnes de désinformation …

Qui, sur fond d’usage massif de boucliers humains achetés ou forcés, avaient marqué les guerres d’Israël contre les forces terroristes du Liban ou de Gaza ?

Et surtout ne pas voir avec la politologue Caroline Galactéros …

L’incroyable mélange d’aveuglement et d’hypocrisie qui sert actuellement de politique étrangère aux dirigeants occidentaux …

Qui après avoir précipité l’émergence de l’Etat islamique suite à l’abandon criminel de l’Irak et de la Syrie par l’Administaration Obama …

Les voit aujourd’hui soutenir …

Contre une Russie plus que jamais revanchiste et un Iran à qui l’on vient par ailleurs de reconnaitre le droit à l’arme ultime …

Et avec, entre deux bombardements de civils au Yemen ou ailleurs, les habituels fourriers saoudiens et qataris du djiadisme …

Rien de moins que la prochaine génération de djihadistes ?



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94 réponses à “Boucliers humains: A Alep comme à Gaza, la désinformation vaincra (After Beirut and Gaza, Aleppo: Will the West ever learn ?)”

  • 44
    madimaxi:

    Passez votre chemin.

    Ah non, je vote contre !
    MERCO est cynique, volontiers provocateur, obtus et chais’plus quoi encore. Mais il a une énorme qualité. Il a la gueule dans laquelle on peut taper à volonté. C’est notre punching-ball préféré. Il est humain et il le laisse transpirer. C’est un fidèle depuis des années. C’est un poteau.

  • 43
    Letel:

    Quel rapport ? Vous êtes vraiment un idiot. Franco et Assad ça n’a rien à voir, on pouvait être contre Franco dans les années 1960 et contre Assad aujourd’hui. Vous êtes un adorateur servile des dictatures, même les plus sordides et massacreuses, je vous l’ai dit : personne ne peut rien pour vous ici. Passez votre chemin.

  • 42
    MERCATOR:

    Franco c’était il y a un demi siècle,

    J’aime bien la rigueur morale de l’argument à rapprocher de Fillon votre idole,  » oui j’ai fraudé mais c’était il y a 15 ans et puis de toutes façons ils le font tous !

  • 41
    Letel:

    Vous êtes un con, Mercator, personne ne peut rien pour vous ici. Franco c’était il y a un demi siècle, il s’agit d’ici et de maintenant. Soutenir Assad et ses tueries est indigne. Vous ajoutez l’infamie à la bêtise.

  • 40
    MERCATOR:

    Comparaison dépourvue de sens ? mais non, dans les deux cas une guerre civile, la pire des guerres, d’un côté un fascisme islamiste ou un fascisme tout court, contre de l’autre une terreur stalinienne ou une barbarie baasiste, les mêmes causes produisant les mêmes effets, terreur contre terreur, je sais bien que vous ne défendez pas Franco mais Eisenhower et même de gaulle l’ont fait après la guerre, alors inutile de hurler avec les loups sans prendre un minimum de recul, oui il y a eu des atrocités dans les deux camps, les Syriens sont du reste des sauvages; mais au moins à tout prendre une victoire d’Assad est l’hypothèse la moins pire !

  • 39
    Letel:

    Mercator est un imbécile, avec ses comparaisons dépourvues de sens et ses procès d’intention, comme si j’avais jamais été un partisan de Franco ! Complètement idiot le pauvre. Mais il adore tellement les dictatures, comme celle d’Assad, qu’il en arrive à dire n’importe quoi. Tout ce qui passe par hasard dans son cerveau embrumé.
    Sinistre crétin.

  • 38
    Zoubor:

    Guerre d Espagne: 1 000 000 de morts…. 🙁
    Franco d un cote mais les staliniens ne se sont pas gênés…

  • 37
    James:

    Aucun rapport entre le franquisme et le présent sujet mais Mercator se devait d’introduire le facteur U.S. pour bien montrer qu’il en gros sur la patate.

    Vous allez nous dire que les 400 000 morts et les fusillés sont l’oeuvre des Etats-Unis, n’est-ce pas ?

  • 36
    MERCATOR:

    Les tueries assimilées à la « terreur blanche » durent encore plusieurs années après la fin de la guerre. Le bilan officiel, qui ne concerne qu’un peu plus de la moitié du territoire espagnol, s’élève à environ 80 000 personnes tuées par les nationalistes. Selon l’historien britannique Antony Beevor, le nombre total des victimes de la répression franquiste pourrait approcher les 200 000, compte tenu du fait que le bilan de la guerre civile dans plusieurs provinces espagnoles n’a pas encore été réalisé.
    Selon l’historien britannique Hugh Thomas, le bilan de la répression nationaliste s’élève à 75 000 morts pendant la guerre dont les deux tiers sont tués lors des six premiers mois du conflit, « y compris les exécutions dans les camps d’internement, sur le front ou ordonnées par les tribunaux après 1936 », les chiffres approchant les 100 000 en tenant compte des représailles auxquelles se livrent les nationalistes dans les territoires conquis.
    Différentes estimations globales présentent des chiffres se montant à environ 150 000 victimes, certaines allant jusqu’à 400 000 morts, en fonction de la période considérée et de l’inclusion ou non des victimes des camps. Guy Hermet ne tranche pas entre les diverses estimations, mais souligne que les massacres « se sont prolongés plus longtemps dans l’État national pourtant moins menacé que son homologue républicain ». Parmi les centaines de milliers de prisonniers des camps franquistes, 192 000 auraient été fusillés, parfois plusieurs années après la guerre civile, avec des pics de plusieurs centaines d’exécutions par jour durant certaines périodes de 1939 et 1940.

    Pour mémoire, pacte de Madrid signé avec les USA en 1953 donnant l’absolution plénière à Franco , pour Letel deux poids deux mesures !

  • 35
    Letel:

    http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/02/07/selon-amnesty-pres-de-13-000-detenus-ont-ete-tues-dans-une-prison-syrienne-en-cinq-ans_5075611_1618247.html

  • 34
    Letel:

    Un gars sympa

  • 33
    Letel:

    http://www.nybooks.com/articles/2017/02/23/how-assad-is-winning/?utm_medium=email&utm_campaign=NYR%20Assad%20Picabia%20Joyce&utm_content=NYR%20Assad%20Picabia%20Joyce+CID_4d37f74bf7baa815832f29663d715aa9&utm_source=Newsletter&utm_term=How%20Assad%20Is%20WinningCharles%20Glass

  • 32
    jc durbant:

    « Désolé, Jean-Claude, mais je me désolidarise entièrement de ta façon d’appréhender la chose »…

    Oui, je sais bien mais ça doit être mon côté « contrarian » comme on dit en anglais, mais je vois toujours pas pourquoi on pourrait pas tenir ensemble les deux bouts de la chaine: Assad et Poutine sont bien sûr des ordures infâmes (et j’ai aucune espèce de confiance particulière ni dans les tambouilles de Calvi ni dans les niaiseries de Guillebaud) mais en face aussi où on a très probablement eu affaire à du Pallywood en bonne et due forme …

    Si j’étais Enderlin, je dirais qu’ « ils font toujours ça » …

  • 31
    Letel:

    Ben oui, Mercator est niais, c’est pas nouveau. Le gogo crédule capable de gober les pires hoax du net et avaler tout cru la propagande grossière de Poutine ou Assad, il est le symbole de tous les échecs de ce pays, quand on rentre dans sa tête embrumée, sa façon de tout comprendre de travers, et qu’on réalise qu’ils sont plein comme ça, plus besoin de se poser de questions. Quant à Guillebaud, c’est un imbécile bien pensant, ça aussi on le savait depuis toujours.

  • 30
    madimaxi:

    Pas besoin de la première ligne ni de la grosse artillerie, Letel&James. Madimaxi suffit.

    Si on n’est plus foutu de comprendre que le premier responsable du merdier est le sale type au pouvoir à Damas c’est qu’on est vraiment niais.

    Juste pour marquer mon désaccord complet avec les propos de ce Mr. Guillebaud, je me retrancherai sur le plus facile : le parallèle. Le Monsieur constate que Mr. Yves Calvi a été mis en difficulté par ses invités. Bon sang ! Une institution a tremblé ! Et en avant une rafale des clichés comme cette improbable citation :

    « ses habitants se félicitent ouvertement de la reconquête annoncée des quartiers Est par l’armée syrienne. »

    Non mais… il n’y a rien de ce qui nous choque ici ? Il n’y aurait donc qu’un petit groupe d’exaltés à secouer le dattier ? N’y existerait-il pas un vivier ? Un terreau fertile ? Vous croyez à cette baliverne ?

    Le parallèle ne peut être que des plus faciles : Assad bombarde pour notre bien. Saddam était le protecteur des minorités et des chrétiens. Khaddaf était un gentil méchant. Le génocide rwandais était un épisode. Staline a éradiqué le chômage et Adolphe a construit des autoroutes. Il y a eu la sécu sous Douce. Non mais franchement, il n’y a rien qui gêne là-dedans ? La matraque a du bon donc ?

    Désolé, Jean-Claude, mais je me désolidarise entièrement de ta façon d’appréhender la chose.

  • 29
    MERCATOR:

    Je vous fiche mon billet que notre bon letel va être aux abonnes absents sur ce coup là , il est vrai que sa rhétorique schizophrèni coparanoïaque tourne un peu à vide en se heurtant sur la dure réalité des faits, une tentative de James peut être ?

  • 28
    jc durbant:

    Dans sa présentation, Calvi reprend la rhétorique en usage sur le martyre de la ville, l’agonie de sa population au milieu des ruines et l’impuissance collective. Ses quatre invités sont les suivants : Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe à « la Croix », le général Vincent Desportes, ancien patron de l’Ecole supérieure de Guerre, Frédéric Pons, journaliste et professeur à Saint-Cyr, et Frédéric Pichon, auteur d’un livre remarqué sur la Syrie (« Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé », éditions du Rocher, 2014).

    Dès les premiers échanges, les remarques de chacun des invités ont tout pour surprendre l’animateur tant elles prennent le contre-pied des « éléments de langage » en usage, à ce moment-là, dans les médias. On explique d’abord que ces bombardements, en effet effroyables, ne concernent pas « la ville d’Alep » mais seulement deux ou trois quartiers de l’est de la cité. Un invité précise même qu’ils correspondent à un ou deux arrondissements de Paris. Le reste de la ville – Alep-Ouest – n’est pas touché, et ses habitants se félicitent ouvertement de la reconquête annoncée des quartiers Est par l’armée syrienne. Isabelle de Gaulmyn, dont le journal a suivi de très près cette actualité, ajoute qu’il fut un temps où la tragédie était dans l’autre sens. L’Ouest – notamment les chrétiens – recevait les obus et les missiles tirés par la rébellion des quartiers Est, dont les djihadistes. A ce moment-là, ajoute-t-elle, l’opinion occidentale ne s’était guère émue. Le général Desportes enfonça le clou en ajoutant qu’aujourd’hui, l’émotion — compréhensible — suscitée par les bombardements des lointains quartiers Est concernait une population civile prise en otage par les djihadistes, ces derniers, pour une bonne part, étaient les mêmes que ceux que la France bombarde avec ses avions Rafale à Mossoul, en Irak. Très vite, on sentit Yves Calvi désarçonné par la convergence de ces témoignages qui, tous, illustraient une faillite de la diplomatie française (et des grands médias hexagonaux). Laquelle diplomatie était aussi confuse et changeante que celle de Vladimir Poutine fut déterminée et constante.

    Au final, répondant à la question d’un téléspectateur, Vincent Desportes rappela que, dans l’Histoire, les sièges des grandes villes furent à la fois très longs et très meurtriers : Leningrad, Stalingrad, Sarajevo, Falloujah, etc. Après avoir argumenté pied à pied avec ses invités, Calvi ne dissimula plus son embarras. Il confessa même sa crainte d’avoir organisé une émission « révisionniste ». Du coup, moins d’une semaine plus tard, le 21 décembre, Yves Calvi choisit de revenir sur le sujet d’Alep avec, cette fois, un seul invité : Eric Denécé, directeur du Centre français de Recherche sur le Renseignement (CF2R). Or, non seulement ce dernier confirma les analyses de l’émission précédente, mais il en rajouta sur les médias, en parlant d’une « énorme falsification de l’information », allant jusqu’à dire crûment : « On s’est fait rouler dans la farine avec Alep.

    Il ajouta bien sûr que quand nos grands médias dénonçaient dix fois par jour les crimes commis en Syrie, ils étaient moins prolixes pour parler de ceux commis au Yémen par nos « amis » saoudiens, lesquels bombardent à l’aveugle la totalité du territoire et des villes yéménites.

    JC Guillebaud

  • 27
    Letel:

    Le type ne sait plus quoi faire pour trahir ses valeurs et sa culture, son pays et sa propre civilisation, aller lécher le cul d’un despote oriental, reprendre la propagande de la pire dictature du monde arabe, responsable de centaines de milliers de morts, à l’origine de l’invasion de l’Europe occidentale par des migrants dont on ne veut pas, et il traite les autres d’alliés objectifs des islamistes. On aura tout vu sur ce blog, dans un sens il est plus con que Dror, qui était tordu, mais pas totalement con.

  • 26
    James:

    FInalement Letel et la je suis sérieux vous semblez devenir ´´objectivement’´ de plus en plus un ´´idiot utile ´ des pires tueurs islamistes infiltré dans ce blog.

    À quoi, exactement, à bien pu vous servir ce récent épanchement sur votre passé si, au final, vous nous traitez d’alliés objectifs des islamistes ?

  • 25
    Letel:

    Pauvre con, Barbereau est un tueur islamiste sans doute, vous êtes un ectoplasme, ce type est accusé par une police totalement corrompue, et vous prenez le parti de la tyrannie, contre votre propre pays. Lamentable merde.
    Quant à Alep, bien sûr, c’est facile pour les propagandistes de bas étage dans votre genre, il n’y avait QUE des tueurs islamistes sous les bombardements. Beurk, allez vous laver la tête.

  • 24
    MERC ATOR:

    FInalement Letel et la je suis sérieux vous semblez devenir ´´objectivement’´ de plus en plus un ´´idiot utile ´ des pires tueurs islamistes infiltré dans ce blog .

  • 23
    Letel:

    Pour les « patriotes » à la mords-moi le nœud comme Mercator, collabos de toutes les tyrannies, qui préfèrent soutenir la police corrompue d’un régime autocratique plutôt qu’un compatriote accusé à tort en Sibérie, des nouvelles de Yoann Barbereau.

  • 22
    Letel:

    C’est cela, oui…
    JC, arrêtez avec la propagande poutiniste, ce n’est pas le lieu ici, Assad est un monstre, point final. Poutine ne vaut guère mieux, un voyou et un assassin, avec son régime tordu et ses bombardements du style WWII.

  • 21
    jc durbant:

    Comme tant d’autres, les sœurs comprennent mal le discours tenu en Occident, même si elles sont les premières à exprimer leur compassion pour les civils de « l’autre côté »

    Quelques chambres plus loin, un jeune homme nous invite à voir son neveu, également hospitalisé. Le petit garçon peine même à sourire tant son corps est brûlé, et son oncle raconte pour lui : la famille vivait à l’Est il y a encore une semaine, et tentait de fuir par l’un des couloirs humanitaires pour rejoindre l’ouest lorsque des « rebelles » ont tiré : son père et sa mère sont blessés mais retournés à la maison, avec sa petite sœur. Lui est bien trop touché pour pouvoir rentrer. Lorsque l’on évoque cette « rébellion » que l’Occident a souvent associée à « la liberté », l’oncle coupe court : « Ce sont des sauvages islamistes et nous n’en voulons pas ».

    Les bombardements russes et syriens ont fait des victimes, et provoqué de nombreuses destructions. Les Aleppins, si légitimement fiers de la beauté de leur ville, sont les premiers à pleurer en retournant dans les quartiers récemment « libérés » selon leurs mots, et méconnaissables. Mais ces bombardements étaient pour eux, aujourd’hui à l’Ouest, une malheureuse nécessité. « Honnêtement, plus le temps passait et plus nous étions effrayés de voir ces terroristes toujours plus nombreux nous bombarder. Bien sûr que les civils sont aussi innocents que nous de l’autre côté mais ces opposants étaient armés, pas nous ! Il fallait quelqu’un pour nous défendre », explique une autre femme présente.

    http://fr.aleteia.org/2016/12/23/le-bouleversant-temoignage-des-soeurs-de-lhopital-saint-louis-dalep/

  • 20
    Letel:

    https://www.facebook.com/eric.allart/posts/10208533924373256

  • 19
    Letel:

    Vous enfoncez des portes ouvertes, cher JC, je crois que vous aurez du mal à trouver ici des défenseurs du marxisme et du communisme.

  • 18
    jc durbant:

    Voir encore:

    Le communisme n’a tué que 100 millions de personnes ; il faut lui donner une autre chance !

    Protest warriors

    Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis.

    Thérèse Delpech

    Sauf à verser dans le nominalisme qui fait du mot la chose, ce n’est pas parce que le régime cambodgien et les régimes « totalitaires » du XXe siècle qu’il dénonce se disaient « communistes » qu’ils l’étaient. A ce compte, les chrétiens de l’Inquisition et des bûchers étaient chrétiens… alors qu’ils ne l’étaient pas ! Dans le cas présent, l’assimilation de ces régimes à l’idée communiste dont ils se réclamaient (cela est exact) tient à un double oubli, politique et théorique. (…) Le renforcement inouï de l’Etat, l’absence de pluralisme idéologique et de liberté politique, le contrôle collectif sur les consciences dans des domaines qui doivent en droit lui échapper comme la religion, l’art ou la science, enfin le recours à la violence meurtrière (même s’ils n’en furent pas les seuls responsables, ce que refuse d’admettre Guy Sorman) n’ont rien à voir avec le communisme marxien (et il n’y en a pas d’autre !), mais ils illustrent sa défiguration et l’illusion dans laquelle étaient ceux qui croyaient être sur la voie de sa réalisation. Tout cela pèse encore d’un poids terrible sur notre situation politique et empêche d’admettre à la fois que l’idée communiste est généreuse, moralement exigible, et qu’elle n’est pas morte puisqu’elle n’a jamais existé dans les faits.

    Yvon Quiniou (philosophe, Le Monde, 14.08.10)

    L’idée communiste est antérieure à Marx et fut partagée par tous le courants socialistes du XIXe siècle ; le communisme n’est ni marxien, ni libertaire, ni autre chose ; il est. C’est au sein de l’Association internationale des travailleurs fondée en 1864 qu’il affirma sa consistance « lutte de classes » par la confrontation de ses deux principaux courants : le courant autoritaire incarné par Marx et le courant anti-autoritaire représenté par Bakounine. Tous deux aspiraient au communisme. Plus qu’un but, un présupposé, une hypothèse à vérifier. Pour Marx, dans le Manifeste du parti communiste (1848), la théorie du communisme peut se résumer « dans cette formule unique : abolition de la propriété privée », ce qui fera disparaître l’exploitation de l’homme par l’homme, le capitalisme et l’Etat, la société se réorganisant sur des bases nouvelles à imaginer (gestion directe, autogestion… dans un vocabulaire contemporain). Ce qui les séparait tenait à la procédure révolutionnaire pour parvenir au communisme. Marx préconisait la constitution d’un parti qui prendrait le pouvoir et qui, progressivement, ferait s’éteindre l’Etat en passant par une phase de « dictature révolutionnaire du prolétariat » (Critique du programme de Gotha, 1875) ; Lénine développa cette théorie du « dépérissement » de l’Etat et d’une nécessaire période transitoire appelée l’Etat socialiste provisoire dans L’Etat et la révolution (1917-1918). Il l’appliqua. Les anti-autoritaires pensaient, au contraire, qu’il fallait immédiatement substituer à l’Etat l’ordre nouveau fondé sur une fédération de conseils de producteurs et de communes autonomes ; l’idée fut développée par les syndicalistes révolutionnaires. (…) Guy Sorman se complaît à décrire ce qu’il appelle « le communisme réel » sans rien dire de l’idéal communiste qu’il déteste tout autaut. (…) L’on sera d’accord avec Yvon Quiniou pour dire que l’idée communiste n’est pas morte et qu’« elle est porteuse d’une universalité morale incontestable » à l’impérative condition de tirer les enseignements de l’histoire : « l’héritage marxien » n’est assurément pas celui qui nous y mènera étant entendu que l’analyse économique marxiste du capitalisme garde une part de pertinence. La solution anti-autoritaire reste la seule issue si l’on tire profit de l’expérience espagnole qui en a montré les risques.

    Pierre Bance (journaliste indépendant, tribune du Monde, 31.08.10)

    Anton Pannekoek (un des philosophes qui a, selon moi, le mieux compris la pensée marxienne) écrivait au sujet de l’URSS qu’il s’agissait d’un « régime capitaliste d’Etat » et que le bolchevisme n’a jamais été marxiste (Lénine Philosophe, 1938). De son côté, Cornelius Castoriadis disait que « présenter le régime russe comme ‘socialiste’ — ou comme ayant un rapport quelconque avec le socialisme — est la plus grande mystification connue de l’histoire » (Devant la Guerre, 1981). Pourquoi ? Parce que là où le communisme en tant que moment terminal de l’histoire – dans le sens où l’humanité s’est débarassée de ses démons et a atteint une désaliénation totale – ne peut s’accomplir que par un dépassement de l’Etat, ce régime n’a fait que renforcer son appareil étatique. Par vanité, mais aussi pour répondre aux menaces internes (nationalismes, oppositions politiques plus ou moins silencieuses) et pour être à même de concurrencer les Etats-Unis de manière efficace. Ainsi, plutôt que d’œuvrer pour le déperissement de l’Etat, l’URSS n’a fait que le maintenir, le transformant en véritable machine de guerre. Ce qui n’est pas très « marxien ».

    Jean-Pierre Bizet (politiste, tribune libre du Monde, 07.09.10)

    En tant que système de pensée, philosophie, organisation politique, le nazisme a été totalement réfuté, démantelé, ridiculisé, anéanti. Aucun intellectuel, à l’issue de la seconde guerre mondiale, ne pouvait prétendre soutenir la moindre théorie en rapport et garder son prestige et sa réputation. Le procès proprement dit vaut moins pour son déroulement que pour son symbolisme. (…) Concernant le communisme, il n’y a jamais eu de procès de Nuremberg et c’est un manquement crucial au démantèlement de cette idéologie criminelle. C’est la thèse que soutient Vladimir Bukovsky sur la fin de l’URSS, et force est de constater que ses arguments sont convaincants. Mis à part la pantalonnade du « putsch des généraux » de l’été 1991, il n’y a pas eu cette réfutation publique et totale du communisme. En ex-URSS, suite à la fin du régime les aparatchiks se sont empressés de se recycler dans le capitalisme d’Etat en se partageant le butin des régies d’Etat qui s’apprêtaient à être privatisées, et c’est désormais Vladimir Poutine, ancien colonel du KGB, qui est à la tête du pays. Faut-il s’en réjouir? Que la victoire sur l’Allemagne nazie aurait été amère si, dans les années 50, un Goebbels « repenti » s’était retrouvé élu à la Chancellerie fédérale!

    Stephane

    Les dirigeants révolutionnaires cambodgiens sont pour la plupart issus de familles de la bourgeoisie. Beaucoup effectuèrent leurs études dans des universités françaises dans les années 1950. Dans une atmosphère parisienne cosmopolite et propice aux échanges d’idées, ils se rallièrent à l’idéologie communiste. Ses principaux dirigeants (Pol Pot, Khieu Samphân, Son Sen…) furent formés à Paris dans les années 1950 au Cercle des Études Marxistes fondé par le Bureau Politique du PCF en 1930.

    Wikipedia

  • 17
    jc durbant:

    Voir aussi:

    Le communisme, c’est le nazisme, le mensonge en plus.

    Jean-François Revel

    Le bolchevisme (…) avait la volonté de détruire tous les autres courants politiques. Par imitation, le national-socialisme voulait de même détruire ses ennemis. On retrouve cela aussi dans le fascisme italien. On devine dans tous ces cas le même tropisme destructeur, appliqué bien entendu avec des méthodes tout à fait différentes. L’Italie exilait ses ennemis sur des îles ; Hitler les tuait. (…) J’ai tenté de définir l’islamisme comme un mouvement réactionnaire symptomatique de l’histoire de la révolution libérale ou capitaliste. Le marxisme fut une première réaction. Il ne voulait pas accepter le mélange du bon et du mauvais inhérent au pragmatisme libéral. Le marxisme visait une perfection, un monde totalement moral et bon.

    Ernst Nolte

    Parler de choc des civilisations, c’est dire que c’est la différence qui l’emporte. Alors que je crois, moi, que c’est l’identité des adversaires qui sous-tend leur affrontement. J’ai lu le livre de l’historien allemand Ernst Nolte, La guerre civile européenne, où il explique que, dans le choc des idéologies issues de la Première Guerre mondiale – communisme et nazisme –, l’Allemagne n’est pas la seule responsable. Mais le plus important est ceci : Nolte montre que l’URSS et le IIIe Reich ont été l’un pour l’autre un « modèle repoussoir ». Ce qui illustre la loi selon laquelle ce à quoi nous nous heurtons, c’est ce que nous imitons. Il est frappant qu’un historien pense les rapports d’inimitié en terme d’identité, en terme de copie. Ce que Nolte appelle le modèle repoussoir, c’est ce que la théorie mimétique appelle le modèle obstacle : dans la rivalité, celui qu’on prend pour modèle, on désire ce qu’il désire et par conséquent il devient obstacle. Le rapport mimétique conduit à imiter ses adversaires, tantôt dans les compliments, tantôt dans le conflit. (…) Les islamistes tentent de rallier tout un peuple de victimes et de frustrés dans un rapport mimétique à l’Occident. Les terroristes utilisent d’ailleurs à leurs fins la technologie occidentale : encore du mimétisme. Il y a du ressentiment là-dedans, au sens nietzschéen, réaction que l’Occident a favorisée par ses privilèges. Je pense néanmoins qu’il est très dangereux d’interpréter l’islam seulement par le ressentiment. Mais que faire ? Nous sommes dans une situation inextricable. (…) Benoît XVI respecte suffisamment l’islam pour ne pas lui mentir. Il ne faut pas faire semblant de croire que, dans leur conception de la violence, le christianisme et l’islam sont sur le même plan. Si on regarde le contexte, la volonté du pape était de dépasser le langage diplomatique afin de dire : est-ce qu’on ne pourrait pas essayer de s’entendre pour un refus fondamental de la violence ? (…) La Croix, c’est le retournement qui dévoile la vérité des religions révélées. Les religions archaïques, c’est le bouc émissaire vrai, c’est-à-dire le bouc émissaire caché. Et la religion chrétienne, c’est le bouc émissaire révélé. Une fois que le bouc émissaire a été révélé, il ne peut plus y en avoir, et donc nous sommes privés de violence. Ceux qui attaquent le christianisme ont raison de dire qu’il est indirectement responsable de la violence, mais ils n’oseraient pas dire pourquoi : c’est parce qu’il la rend inefficace et qu’il fait honte à ceux qui l’utilisent et se réconcilient contre une victime commune.

    René Girard

  • 16
    jc durbant:

    Marx, Momo, même combat !

    Petit florilège:

    Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme.

    Hitler (1942)

    Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche.

    Jung (1939)

    Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message.

    Churchill

    L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération.

    Haj Amin al-Husseini

    Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun.

    Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars
    1944)

    Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe.


    Paul Berman

    Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre.

    Les kamikazés étaient certes fous, mais la faute en incombait à leurs ennemis, pas à leurs dirigeants ni à leurs propres doctrines. (…) le nihilisme palestinien ne pouvait signifier qu’une chose: que leur souffrance était encore pire …


    Paul Berman
    (Terror and liberalism, 2001)

  • 15
    jc durbant:

    Ouh la la ! Trump lit même pas le NYT !!

    Mais devinez qui a tenté et qui n’a rien fait pour défendre un pays allié contre une énième résolution anti-Israël ?

    « It felt like we had entered a world in which the media no longer had a job to do, or in which its relevance as a check on power had been entirely neutralized.

    The objective style in American journalism often means that nothing can be asserted unless someone in a position of authority utters it. Take Ukraine again: American newspapers have been reluctant to call a war a war because the US administration was not calling it a war. Words like “military adventurism” and “insurgency” had to stand in for the truth. But unless we are willing to live in a world that is not only post-fact but also post-truth, journalists will have to stand up to the soon-to-be president by exposing not only his lies but also other people’s truths.

    Trump’s mental universe, as it turns out, is dominated by Breitbart. Secondary influences come from a dozen and a half other outlets, including The Washington Post and the Washington Examiner, Politico and Fox News, the Daily Mail and The New York Post, and others in roughly equal measure. Bit parts are played by what appears to be an utterly random selection of other media organizations.

    It appears that Trump receives a view of the world that is vastly different from that not just of the “liberal bubble” but of the majority of Americans: on one hand, The New York Times seems not to figure in his world, but on the other hand, neither does network television and, it would seem, CNN. There is no reason to think that Trump will broaden his world view once he is president. He has shown a notable lack of interest in daily intelligence briefings and in the State Department, whose expertise he has entirely ignored in his initial contacts with foreign leaders. And the utter disdain that he has displayed variously for the FBI (during the campaign) and for the CIA (since the revelations about its findings on Russia and the election) suggests he will insist on seeing only as much of the world as is convenient for him, through a prism that pleases him.

    I believe this was what German Chancellor Angela Merkel meant in 2014 when she said, sounding despondent after a phone call with Putin, that he “lived in a different reality.” Trump is entering office while already watching Trump TV: he is creating for himself the predicament of an isolated dictator even though he is not (or not yet) a dictator. It may not be long before Merkel has occasion to issue sad commentary on the American president’s relationship with reality.

    Taking charge of a boring world. The real-estate magnate and the KGB agent share a peculiar trait: both seem to be lazy and uninterested in the world they want to dominate.

    The best available definition of the kind of state Putin has built is provided by the Hungarian sociologist Bálint Magyar, who calls it a mafia state: it’s run like a family by a patriarch who distributes money, power, and favors. Magyar uses the word “family” to mean a clan of people with longstanding associations; it is important that one cannot enter the family unless invited—“adopted,” in Balint’s terminology—and one cannot leave the family voluntarily. In this model the family is built on loyalty, not blood relations, but Trump is bringing his literal family into the White House. By inviting a few hand-picked people into the areas that interest him personally, he may be creating a mafia state within a state. Like all mafias, this one is driven primarily by greed.

    The complete term Magyar uses is “the post-communist mafia state,” and he argues that it can take root only on the ruins of a totalitarian state. But Trump may introduce the world to the post-democratic mafia state. In this model, he will still be the patriarch who distributes money and power. The patriarch’s immediate circle will comprise his actual family and a few favorites like General Flynn. They will concern themselves with issues of interest to the president, and with enrichment of themselves and their allies. The outer circle will be handed issues in which Trump is less interested. In practical terms, this will mean that the establishment Republicans in the cabinet will be able to pursue a radically conservative program on many areas of policy, without regard to views Trump may or may not hold, and this will keep the Republican Party satisfied with a president it once didn’t want.

    A president behind enemy lines. Many of Trump’s cabinet picks have one thing in common: they are opposed to the very mission of the agencies they have been chosen to lead. For secretary for housing and urban development an opponent of public housing; for secretary of education a foe of public schools; for health and human services a Congressman who wants to get rid of the Affordable Care Act and Medicaid; for labor secretary an executive who is opposed to labor rights, for energy secretary a former governor who wants to scrap the department of energy, and for attorney general, a senator who was once denied a judgeship, is an opponent of civil rights laws giving protection to minority groups. These appointments may or may not be broadly consistent with Trump’s vaguely expressed political views, but they are clearly consistent with the core belief he shares with many of his voters and with Putin: the government ruins everything.

    Trump’s unusual path to an Electoral College victory only reinforces this narrative, suggesting there must be a reason he is about to become president. This renders any argument about his lack of a popular mandate meaningless. Not only does he have unprecedented political power, with Republican majorities as far as the eye can see, but he feels endowed with power » …

  • 14
    Letel:

    Ben évidemment que l’offre soviétique était celle d’un progrès universel, lisez Marx et ses épigones, des tas de gens y croyaient, les Partis communistes étaient de véritables armées de militants persuadés d’oeuvrer pour le bonheur et le futur heureux de l’humanité, les lendemains qui chantent, l’horizon glorieux du socialisme, etc. Que ce soit un projet complètement foireux et pervers, meurtrier et incapable, et qui s’est cassé la gueule partout, ne change rien au fait que pendant des décennies ça a été vu comme un espoir indépassable pour une bonne partie de la planète.
    Quant au Djihad, il ne s’agit pas de ce que nous on pense, il s’agit de ce que ces tordus ont dans la tête, ils croient fermement que l’humanité sera heureuse quand elle sera entièrement convertie, et à leur version en plus.

  • 13
    jc durbant:

    « Il dit simplement qu’il y a des éléments communs, le populisme et le leader charismatique, pour Trump et Mussolini ; la volonté d’une politique différente avec la Russie, pour Fillon ou Le Pen » …

    Et pour moi, une raison commune qu’il aurait été intéressant de rappeler, non ?

    Au lieu de rabaisser tout le monde au niveau bas de plafond néandertal …

    Quant à relativiser les choses, j’ai quand même du mal avec l’exemple de l’offre soviétique de « progrès universel » et pendant qu’on y est, pourquoi pas l’islam et le djihad ?

  • 12
    Letel:

    http://www.nybooks.com/daily/2016/12/13/putin-paradigm-how-trump-will-rule/

  • 11
    Letel:

    D’ailleurs cette différence se retrouvait pendant la Première Guerre mondiale, entre ce que les forces centrales avaient à offrir au monde, et ce que les Alliés représentaient. Edmond Vermeil explique ainsi en partie la victoire alliée, par l’absence de projet universel du IIème Reich, alors que les démocraties occidentales présentaient au monde un tel projet :

    « L’Allemagne combat strictement pour sa propre existence et sa propre grandeur. C’est pour cette raison que la propagande occidentale a eu, de 1914 à 1918, assez aisément raison d’elle. L’argument de la simple existence et de la place au soleil n’a aucune valeur aux yeux de l’étranger. Il ne fait qu’exciter la méfiance et la crainte. Question capitale entre toutes. Les Allemands accusent les Anglais et les Français de masquer leur égoïsme et la satisfaction de leurs intérêts sous la phraséologie des grands principes qui s’inspirent de l’humanisme. C’est trop facile. L’humanisme occidental peut se trouver mêlé à de bas intérêts qui compromettent son prestige et son crédit. Le cas s’est produit, certes, assez souvent avant, pendant et après la guerre. Mais l’humanisme existe de par lui-même, en dehors de ces intérêts. Sa force d’attraction reste grande parce qu’il a pour lui de très anciennes traditions et des valeurs qui se savent éternelles. L’Allemagne, au contraire, ne peut faire valoir que l’intérêt de sa cohésion nationale. »

  • 10
    Letel:

    Justement, il n’y a pas de « comparaison délirante avec l’holocauste », il parle de l’holocauste d’une ville, de l’holocauste d’Alep, pas d’un holocauste à Alep, les mots un sens, rien ne sert de déformer.
    Le gars de la vidéo est encore un poutiniste qui relativise les horreurs en Syrie, commises par le régime. Beurk. Pitié, ne tombez pas là-dedans, et surtout pas ici.
    Minimiser les horreurs en Syrie en parlant du Congo est proprement lamentable, idem pour les horreurs au Soudan ou au Yemen. Dire comme il le fait qu’on « n’a pas parlé du Congo » est un simple mensonge, qui a pour but de relativiser.
    Par ailleurs, Sorman ne parle pas d’un universalisme soviétique forcément rédempteur, pourquoi déformer encore, il fait seulement une comparaison entre le régime de Poutine, qui n’a rien d’autre à offrir au monde que le nationalisme russe, et le régime soviétique qui offrait une vision de progrès universel, à laquelle beaucoup ont cru pendant des décennies. C’est parfaitement exact, mais on ne peut soupçonner Sorman de sympathie pour ce régime.
    Sur Obama, vous êtes d’accord avec lui (et la plupart d’entre nous ici), inutile de revenir là-dessus, il a fait un article très clair.
    Enfin, Poutine, Trump, Fillon, Mussolini, Le Pen et consorts ne sont pas du tout assimilables dans son article, c’est un procès d’intention, comment voulez-vous qu’il tombe dans une équivalence absurde par exemple Fillon/Le Pen, ou bien Mussolini/Trump ? Il dit simplement qu’il y a des éléments communs, le populisme et le leader charismatique, pour Trump et Mussolini ; la volonté d’une politique différente avec la Russie, pour Fillon ou Le Pen.

  • 9
    jc durbant:

    Si faire remarquer qu’au-delà des horreurs assadiennes (bien connues depuis le père comme à Hama) et des méthodes de rasage urbain russes (bien connues elles aussi depuis Grozny), il y a probablement, sans parler « sous le radar » des autres massacres en cours entre Yemen, Congo ou Soudan) pas mal de théâtre urbain et de manipulation des civils du type « boucliers humains » derrière les images que nous balancent les « rebelles » d’Alep et leurs amis djihadistes (qui n’auraient probablement guère à envier si on leur en donnait les moyens à ceux de Rakka) est « poutinien et assadien, alors, soit, soyons « poutinien et assadien » …

    Quant à Sorman, s’il est parfaitement d’accord sur la part de la « catastrophe de la présidence Obama en politique étrangère » dans l’affaire, pourquoi il le rappelle pas au lieu de tout réduire et tout mettre (cerise du gâteau, sans parler de la comparaison délirante avec l’holocauste, de l’universalisme soviétique – censément rédempteur ? – comprise) sur le dos de Poutine et assimilés pour cause de culte commun « de l’homme fort, mâle blanc et viril », les amalgamant tous dans la foulée comme si une bonne part du « populisme » des électeurs de Trump ou Fillon en question n’était pas justement et à nouveau réaction audit fiasco de l’approche progessiste « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » de l’équipe Obama qui l’a précédée et dont on est, il faut espérer, en train de sortir …

  • 8
    Letel:

    Ensuite et surtout, il est injuste de sortir certains passages de leur contexte et les présenter ainsi :
    « holocauste d’Alep », « fascisme, nazisme et Trumpisme et Mussolini », « Trump et Fillon et Front national », « Union soviétique perverse mais à vocation universelle » …

    D’abord, le dernier point est incontestable, l’URSS avec le bolchevisme et le communisme, le marxisme-léninisme, avait une vocation universelle, elle a essayé de la répandre, même si Staline un temps a tenté « le socialisme dans un seul pays », on l’a vu à l’évidence après lui, en Afrique, en Amérique latine, en Asie. Et qu’elle ait été perverse, on tombera d’accord aisément là-dessus.
    Ensuite, l’holocauste d’Alep, c’est évidemment l’holocauste d’une ville, pas un génocide comme l’holocauste de la guerre mondiale. Le mot est mal choisi, mais lui imputer une quelconque comparaison entre les deux est injustifié.
    Ensuite, il ne fait pas d’amalgame entre « fascisme, nazisme et Trumpisme et Mussolini », mais simplement il soulève un point différent, c’est « le culte de l’homme fort, du mâle blanc et viril », ce qui est incontestable pour Trump, mais sans évidemment signifier que Trump est l’équivalent de Mussolini. De même pour « Fillon, Trump et le FN », il n’y a pas d’équivalence non plus dans son texte entre les trois, mais une simple constatation, ils sont partisans d’une sorte de Realpolitik favorable à un rapprochement avec la Russie. Ce qui est peut-être une bonne idée, on verra sur quoi ça débouche. Mais Sorman est bien trop fin politique pour assimiler Fillon au Front national, évitons les amalgames, évitons de déformer son texte et ses idées.

  • 7
    Letel:

    « Sorman s’arrange décidément pas … avec l’âge ? »

    Il est encore vert, rassurez-vous, j’ai plutôt l’impression d’une divergence d’idées. Et aussi que ce sont les vôtres, d’idées, qui ne s’arrangent pas, avec ce tropisme poutinien et assadien au fil des posts. Quant à Sorman, rien à dire sur son article. Je suis en désaccord avec lui quand il parle de l’islamisme, sa tolérance au burkini par exemple, mais là non.
    D’abord l’honnêteté oblige à reconnaître, sur votre dernier paragraphe :

    « Oubliant au passage que si aujourd’hui semble s’imposer partout l’idée que « la force paye plus que la diplomatie et que la guerre vaut mieux que la négociation », c’est peut-être au moins en partie aussi parce que ces huit dernières années… »

    L’honnêteté oblige donc à reconnaître que Sorman est parfaitement d’accord avec ça, et non « oublie » comme vous le dites, il a fait un article au vitriol sur la catastrophe de la présidence Obama en politique étrangère. Donc là, vous êtes d’accord, il n’oublie rien.
    Ensuite…

  • 6
    Letel:

    Ah, merci !

  • 5
    James:

    Voici.

  • 4
    Letel:

    Vous avez le lien vers toutes ces conneries ?

  • 3
    James:

    Mercator :

    Cela commence mal, pourtant Sorman devrait savoir, étant donné ses origines la signification moderne du mot,à travestir la réalité à des fins idéologiques son discours pert toute pertinence , on croirait du sous BHL, ce qui en soit n’est pa un mince exploit.

  • 2
    jc durbant:

    https://www.facebook.com/marocains.avec.lasyrie/videos/479914052193765/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

  • 1
    James:

    Del Valle se poutinise lui aussi…

    En fait, il est pro-Poutine/russe depuis 17 ans.

    Guy Sorman (comme beaucoup ici à l’eXc) le dit bien :

    le peuple russe, bâillonné et appauvri, le sait déjà, les Poutiniens d’Occident ne le savent pas encore. Aux soviétophiles aussi, il fallut quelques années avant de comprendre qu’ils avaient été floués.
















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