eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Nos ancêtres les Gaulois: Attention, une ignorance peut en cacher une autre ! (Our ancestors the Gauls: With the growing challenges of globalization, mass immigration and terrorism, France rediscovers its own version of the Mayflower story)

Posté le jeudi 22 septembre 2016 par Admini

French fans sporting gauls' helmets sing prior to the men's semifinal handball match France vs Germany for the Rio 2016 Olympics Games at the Future Arena in Rio on August 19, 2016. / AFP / afp / JAVIER SORIANO (Photo credit should read JAVIER SORIANO/AFP/Getty Images)

France supporters watch on giant screen the Euro 2016 final football match between Portugal and France at the Marseille Fan Zone, on July 10, 2016. / AFP PHOTO / BORIS HORVATBORIS HORVAT/AFP/Getty Images ORIG FILE ID: 553893376le président du Front national, candidat pour le deuxième tour de l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen, salue des militants, le 01 mai 2002 place de l'Opéra à Paris, lors de son discours à l'occasion du défilé du FN. AFP PHOTO MAXIMILIEN LAMYZwastiskaRepubliqueBluewhiteredC’est Buisson qui avait raison, imbécile !

A l’heure où sous la double menace de la mondialisation et de l’immigration de masse …

Et dans la foulée de leur lot de violence islamique …

Pendant que pour ce qui est des flux migratoires, l’actualité confirme chaque jour un peu plus les analyses tant du Front national que de l’ancien conseiller honni de Nicolas Sarkozy …

La France semble peu à peu redécouvrir les bienfaits oubliés de l’Etat-nation …

Comme de ses expressions concrètes jusqu’ici abandonnées à la seule extrême-droite ou aux tribunes de nos stades …

Après s’en être si longtemps gaussé chez nos alliés américains avec leurs histoires de Mayflower, Thanksgiving ou serments d’allégence au drapeau …

Tout en continuant à la dénier à nos seuls amis israéliens qualifiés systématiquement de « colons » pour leur volonté de continuer à vivre sur leurs terres ancestrales …

Comment ne pas voir …

Dans la levée de boucliers qui a suivi la reprise par l’ancien chef de l’Etat et actuel candidat à la primaire de la droite pour 2017 …

De la fameuse phrase, après l’avoir quelque peu oubliée lui-même lors de sa première campagne de 2007, des manuels d’histoire de la IIIème République « nos ancêtres les Gaulois » …

Tant l’insuffisance et l’abstraction creuse des mantras politiquement corrects avec lesquels on nous bassine depuis bientôt 50 ans (laïcité, républicain, métissage, culture) …

Que la continuation comme le rappellent avec le politologue Yves Roucaute et le philosophe Eric Deschavane …

De la longue et si coûteuse ignorance …

De la nécessité et de l’importance du récit national dans la construction de l’identité française ?



Laisser un commentaire


2 réponses à “Nos ancêtres les Gaulois: Attention, une ignorance peut en cacher une autre ! (Our ancestors the Gauls: With the growing challenges of globalization, mass immigration and terrorism, France rediscovers its own version of the Mayflower story)”

  • 2
    jc durbant:

    La fraternité, c’est maintenant !

    La fraternité, c’est la politique de la main tendue, du rejet du rejet à l’heure des tentations de repli sur soi, des pulsions identitaires, à l’heure où notre société souffre de fractures sociales avec des inégalités de plus en plus fortes mais également de fractures culturelles se cristallisant autour de l’islam. (…) On n’en a jamais fait un projet politique. Elle devrait en être la première valeur.

    Abdennour Bidar

    Pour la première fois, en novembre, on va fêter la fraternité. Un mot symbole de la République et qu’on connaît tous. Mais une valeur dont on a besoin de rappeler qu’elle est essentielle. C’est un mot qui, au même titre que la liberté et l’égalité, est inscrit en lettres capitales sur les frontons des mairies et des écoles. Partie intégrante de notre devise nationale, la fraternité est un principe républicain qu’un mouvement apolitique baptisé Fraternité générale ! entend promouvoir et surtout « incarner ». Mise à mal ces derniers mois par les attentats, la fraternité va, en effet, s’inviter chaleureusement en novembre prochain dans nombre d’événements culturels et citoyens ouverts à tous lors d’une opération nationale dévoilée ce matin et dont « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » est partenaire. L’initiative, présidée par le philosophe Abdennour Bidar, compte parmi ses ambassadeurs l’écrivain Alexandre Jardin, le sociologue Edgar Morin ou l’astrophysicien Hubert Reeves. L’objectif, c’est de « mettre en acte » une notion parfois abstraite aux yeux du grand public. Unissez vous pour la célébrer Du 2 au 10 novembre, le mouvement Fraternité générale proposera des centaines d’événements culturels, sportifs et citoyens pour lutter contre les peurs et encourager la tolérance. Cafés et restaurants offriront leurs terrasses aux musiciens, slameurs et artistes de rue. Sur les murs, des graffeurs célébreront le vivre-ensemble. Des chaînes de télé, des cinémas et des stades diffuseront, dès le 15 octobre, une série de vidéoclips « Fraternité ». Cet événement national appartient à tout le monde. Sur un site Internet dédié (www.fraternite-generale.fr), particuliers, mairies, écoles… sont invités à annoncer dès maintenant leurs actions et à illustrer l’opération au travers d’ « une image pour la fraternité ».

    Le Parisien

    Désormais, il ne saurait y avoir de fraternité pour les ennemis de la fête. La Fraternité Générale passe par l’expression culturelle. Elle n’est pas une devise morale mais une injonction artistique. Fraterniser, c’est adhérer à la festivalisation du pays, changé pour une semaine en une gigantesque Fête de l’Huma, Fête de la Musique ou Nuit Debout. (…) Pas une seule fois la patrie n’est citée par les promoteurs du mouvement. La fraternité selon Bidar peut très bien s’en passer car elle n’est pas nationale mais universelle. Sa fraternité à lui n’est pas celle de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais celle de la religion des droits de l’homme. Cette solidarité souriante et antiraciste revendiquée par le milieu culturel semble relever de la pensée magique. Assister à un concert tribal ou à un slam urbain produirait mécaniquement un sentiment fraternel. Pourtant, la fraternité républicaine est autrement plus farouche et plus exigeante. Si la fratrie familiale est une évidence de naissance, la fratrie nationale se construit. On ne nait pas frère de nation, on le devient. Et souvent par la violence – celle des guerres révolutionnaires ou celle de l’assimilation, qui est toujours un renoncement contraignant à l’identité première dans le but de se fondre dans l’identité nationale, qui seule est capable de produire une fraternité publique pérenne. Fustigeant le « repli identitaire », Abdennadour Bidar exalte au contraire la différence et l’ouverture. Elles sont pourtant les deux plus grandes ennemies de l’idéal fraternel de la Nation qui a toujours cherché à définir ses contours identitaires et territoriaux, ayant compris depuis toujours que les différences sont fratricides. Ainsi, au lieu de chercher le dénominateur commun que seule la patrie peut incarner, le mouvement cultive les particularismes, qui sont toujours source de conflit. Rechercher la concorde grâce à nos seules différences est une gageure. Au fond, pour Abdennour Bidar, nous devrions être frères par le simple fait de n’avoir rien en commun. Fraternité générale ressemble davantage à un réflexe antiraciste qu’une réflexion civique sérieuse. Alors que la grande interrogation nationale consiste à savoir si l’Oumma est oui ou non plus forte que la communauté nationale aux yeux des musulmans, une poignée d’intellectuels nous divertissent avec un projet du niveau d’une campagne publicitaire Benetton.

    Thomas Clavel (merci james)

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

    Jésus (Matthieu 3: 9)

    Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.

    Jésus (Matthieu 10 : 34-36)

    I was riding on the Mayflower when I thought I spied some land …

    Robert Zimmerman (alias Bob Dylan)

    Il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants les Gaulois.

    Ernest Lavisse (cours élémentaire, 1, 1884)

    Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons-leur aimer nos ancêtres les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroi de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes car c’est un malheur que nos légendes s’oublient, que nous n’ayons plus de contes du foyer, et que, sur tous les points de la France, on entende pour toute poésie que les refrains orduriers et bêtes, venus de Paris. Un pays comme la France ne peut vivre sans poésie.

    Ernest Lavisse (Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, 1887)

    Par un épais brouillard de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine.

    Augustine Fouillée (alias G. Bruno, Le Tour de France par deux enfants, 1877)

    Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la Préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs.

    Charles De Gaulle (1959)

    Nous sommes français: « Nos ancêtres les Gaulois ». Un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais et …je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes …

    François Mitterrand (1987)

    Nos ancêtres les Gaulois, cheveux blonds et têtes de bois, longues moustaches et gros dadas (…) Nos ancêtres les Gaulois eurent le tort d’être grand papas et c’est pour ça qu’on est là …

    Boris Vian-Henri Salvador (Faut rigoler)

    Vous savez la France, historiquement, a une origine plurielle. Nous revendiquons en permanence nos origines judeo-chrétiennes, latines, le fait que nous descendons des gaulois, ce qui n’a rien à voir. Et nous avons un pays, dont le nom, la France, est emprunté à d’autres tribus, les Francs. Ce qui était très différent. Il y a donc un ensemble partagé qui fait que la France était peut être le pays qui a le mieux ressenti, compris, la nécessité de l’intégration.

    Jacques Chirac (14 juillet 1998)

    La ministre de l’Éducation que je suis connaît parfaitement les premières phrases de ce livre, Tour de France par deux enfants, d’Ernest Lavisse, sous la IIIe République : Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et les habitants les Gaulois. Depuis la IIIe République, on sait que ça n’est pas un roman que l’on doit raconter aux enfants, c’est l’histoire véridique telle qu’elle est. Faut-il faire un cours d’histoire à monsieur Sarkozy qui visiblement en a besoin ?

    Najat Vallaud-Belkacem (ministre français de l’Education nationale)

    Quand j’étais écolier, nos maîtres nous parlaient de nos ancêtres les Gaulois. Ni les maîtres, ni les élèves n’étaient dupes. Chacun savait bien qu’à Arles, à Nîmes, à Narbonne ou à Perpignan il n’y avait pas eu beaucoup d’ancêtres gaulois. A Oran, à Tunis ou à Dakar encore moins. Mais c’était un acte de foi.

    Nicolas Sarkozy (Nimes, 9 mai 2006)

    La France, c’est un miracle, auquel chacun d’entre nous a décidé de croire. Un miracle millénaire, qui aurait pu dix fois, cent fois, être brisé par l’histoire. Un miracle qui a fait de la beauté un cadre de vie et de la liberté une raison de vivre. C’est quoi l’identité de la France?» s’est interrogé le patron des Républicains: Ce sont d’abord ses paysages, une langue le français, ciment culturel de notre nation. C’est une histoire épique, glorieuse, tragique, dont le récit a construit la nation, c’est l’accumulation d’un héritage qui va du Mont-Saint Michel à la Sainte Chapelle. Nous ne sommes pas une page blanche. (…) Il n’est pas nécessaire d’avoir son nom sur un monument aux morts pour vibrer au récit de l’identité nationale. Il n’est pas nécessaire d’être baptisé pour aimer Bossuet, Péguy, Bernanos, et Mauriac. Il n’est pas nécessaire d’être gaulliste pour aimer Malraux, ni communiste pour aimer Aragon, c’est ça l’identité nationale. Aucun idéologue ne peut comprendre ça. (…) Tout est à reconstruire. Cette fierté d’habiter la France doit retrouver le chemin de l’école. Les manuels scolaires ne sont pas là pour dénigrer la France. Mais pour la faire connaître et aimer. Dans quel pays pourrait-on accepter que l’école enseigne autre chose que la fierté? Refuser cette civilisation, c’est s’exclure de la communauté nationale. La France, ce n’est pas un self-service. L’assimilation n’est pas une possibilité, c’est une condition à tout séjour de longue durée et à toute naturalisation.

    Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)

    Nous devons relancer une vaste politique d’assimilation des populations récemment issues de l’immigration et cette politique passe par l’Ecole de la République.Entendons-nous, il ne peut pas être question de faire réciter à tous les enfants de France, « nos ancêtres les gaulois », selon l’expression chère à Ernest Lavisse, mais il n’est plus acceptable de laisser effacer l’histoire de la Gaule au profit de l’Histoire des premiers empires éloignés du continent européen car cette histoire, aussi intéressante qu’elle soit, n’est pas l’Histoire de la France.

    Nicolas Sarkozy (colloque France fière, mai 2016)

    Il y a dans le passé le plus lointain une poésie qu’il faut verser dans les jeunes âmes pour y fortifier le sentiment patriotique. Faisons leur aimer les Gaulois et les forêts des druides, Charles Martel à Poitiers, Roland à Roncevaux, Godefroy de Bouillon à Jérusalem, Jeanne d’Arc, Bayard, tous nos héros du passé, même enveloppés de légendes.

    Nicolas Sarkozy

    Pendant des décennies, l’intégration, c’était le devoir pour le nouvel arrivant sur notre territoire de se fondre dans la communauté nationale, d’adopter notre langue, notre culture, nos mœurs. Le minoritaire s’intégrait dans la majorité et devenait à son tour le légataire de la mémoire et de l’histoire collectives. Nous n’étions pas tous les héritiers directs de Clovis, mais tous nous nous reconnaissions dans cet ancêtre commun parce que tous, nous étions Français.

    Nicolas Sarkozy

    Si on veut devenir français, bienvenue ! Mais dans ce cas, on aime la France, on parle français, on épouse l’histoire de la France, on vit comme un Français et on n’essaie pas de changer le mode de vie qui est le nôtre depuis tant d’années. Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. (…) Mon père est hongrois, on ne m’a pas appris l’histoire de la Hongrie. Mon grand-père maternel est grec, on ne m’a pas appris l’histoire de la Grèce. Au moment où je suis Français, j’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je parle le français et mes ancêtres sont les ancêtres de la France, c’est ça l’assimilation.

    Nicolas Sarkozy

    Le mépris dans lequel les tient la classe dirigeante a quelque chose de sidérant. Nos élites sont mues par une invraisemblable prolophobie dont elles n’ont parfois même pas conscience. (…) Les impensés de la gauche sur la sécurité et l’immigration témoignent d’un déni persévérant de celle-ci face à l’expression de certaines souffrances sociales. (…) Avant d’être une posture politique, le front républicain est d’abord un réflexe de classe et de caste.

    Patrick Buisson

    Ce concept de “droitisation” est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s’est emparée de certains esprits. Si la “droitisation” consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c’est que les anciennes catégories politiques n’ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l’expression des nouvelles classes dominantes. (…) Est-ce Nicolas Sarkozy qui se “droitise” en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d’un communautarisme multiculturel ? L’impensé du candidat socialiste sur l’immigration est tout sauf accidentel : il témoigne d’une contradiction à ce jour non résolue. L’idéologie du “transfrontiérisme” n’est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d’un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l’immigration légale. Le projet que porte Nicolas Sarkozy s’adresse à tout l’électorat populaire. Il est clairement le candidat d’une Europe des frontières. C’est en cela qu’il est le candidat du peuple qui souffre de l’absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l’emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c’est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c’est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l’Etat pour construire des frontières. Ils n’ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires : ils habitent les beaux quartiers. Frontières scolaires : leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales : leur position les met à l’abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d’en recueillir tous les bénéfices.

    Patrick Buisson

    Si on avait fait une autre campagne, si on avait adopté une autre stratégie, Sarkozy était à 22 %, Marine Le Pen à 23 %, et c’était un 21 avril à l’envers ! Il n’y a pas besoin d’être un expert en politologie pour comprendre cela. Comment voulez-vous que des électeurs qui hésitent entre Le Pen et Sarkozy le choisissent, lui, s’il ne fait pas campagne au peuple ? On a eu la bonne stratégie. On a bien senti ce qui se passait dans le pays. (…) Ce sont les couillons qui ont parlé de nommer Bayrou Premier ministre. Vous savez bien : Juppé, Raffarin et Pécresse…(…) Le président a perdu du terrain quand il s’est mis à parler d’ouverture. Tout ça nous a fait perdre 2 points. (..) On ne peut pas se faire élire sur un programme de droite décomplexée et prétendre gouverner avec des socialistes.

    Patrick Buisson (09.05.12)

    Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession.

    Vincent Coussedière

    Aujourd’hui, dès que l’on ose parler de récit national cela provoque des polémiques sans fin. En effet je pense avec Nicolas Sarkozy qu’un récit national se proposant d’apprendre à tous à aimer la France, en faisant découvrir la permanence de nos héritages doublement millénaire est possible. Et cet enseignement est indispensable à l’intelligence du temps présent et au fameux «vivre ensemble». Le récit national est une part importante et même décisive de la conscience civique. Un récit se doit d’être objectif et de restituer l’Histoire, avec ses lumières, mais aussi avec ses ombres. Malheureusement, face à nous les tenants d’une Histoire de France en perpétuelle mutation tiennent le haut de pavé que ce soit à l’université (très marquée à gauche) ou bien dans l’entourage du président Hollande. (…) La politique d’assimilation vise à inclure les étrangers dans une République universaliste fondée sur l’émancipation individuelle. À ce terme aujourd’hui dévalorisé, on préfère celui d’intégration qui vise à absorber chaque individu dans la société d’accueil par le brassage de l’école, de l’emploi, du mariage. Comme le sous-entend si bien Nicolas Sarkozy le système d’intégration «à la française» a été une grande réussite pendant 200 ans. C’est avant tout notre culture française qui est la base de notre vivre ensemble et cette culture est fondée sur la connaissance de l’Histoire du pays qui vous accueille, celui où vous vivez et travaillez et dont vous possédez la nationalité quelle que soit votre origine géographique. La bonne connaissance de l’Histoire est donc une garantie d’intégration car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société française. On peut donc véritablement parler d’un creuset français qui a réussi à amalgamer en une création originale les migrations successives avec les populations les plus anciennes. (…) Là ou Sarkozy a raison c’est qu’il faut effectivement créer un grand récit national, fédérateur et équilibré, qui rassemble toutes les composantes de notre nouvelle société et lui redonne confiance. Il faut apprendre à tous la permanence de nos héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part pour pouvoir avoir de nouveau confiance en l’avenir et ressouder au sein d’une communauté de destin. Si l’on veut marcher vers le futur il faut toujours retourner à ses racines… Donnons aux nouveaux venus l’amour et la passion de notre histoire et nous leur ferons aimer la France au lieu de la détester, nous réglerons ainsi bien des problèmes. (…) Ce phénomène date d’une trentaine d’années depuis que la montée du communautarisme et du fondamentalisme ronge de l’intérieur la nation française. Championne de l’autoflagellation, en proie à la déliquescence de son école, à la repentance coloniale et au danger du multiculturalisme, la France s’enfonce dans une perte d’identité totale. L’intelligentsia française très orientée à gauche à l’échiquier politique a imposé obstinément, une idéologie dominante: le paradigme de la repentance coloniale et de la pensée unique. On le voit à cette hargne qu’ont nos élites à déconstruire notre passé pour faire croire à nos enfants que les Français ont tous été d’horribles esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe siècle et uniquement des collabos au XXe siècle… On joue la carte de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. À l’effacement de notre culture classique, du grec et du latin, vient s’ajouter le saccage des derniers pans d’histoire de France à tenir encore debout après les réformes scolaires catastrophiques du dernier quinquennat. (…) Ce que l’on critique aujourd’hui comme étant un enseignement colonialiste qui voulait faire oublier aux peuples colonisés leur passé en cherchant à les assimiler de force n’a tout bonnement pas existé. Cette repentance qualifiant de «génocide culturel» l’œuvre éducative des colonies fait l’impasse sur les dernières recherches historiques qui montrent les efforts d’adaptation systématique réalisés par les instituteurs colons, appelés officiellement à valoriser l’héritage autochtone. Rappelons les travaux poursuivis par l’École française d’Extrême-Orient et par l’École des hautes études berbères de Rabat qui réapprirent leur propre histoire aux Annamites et aux Marocains. L’objectif des dirigeants français de la IIIe République tel qu’Albert Sarraut était de «changer l’homme» par l’éducation, de le faire accéder à une partie du savoir et de l’univers européen…

    Dimitri Casali

    La question n’est pas de savoir si les Français sont ethniquement d’origine gauloise. Tout le monde sait que pour la plupart des Français ne sont pas d’origine gauloise, et qu’il y a eu dans l’Histoire des mélanges. De même, les Américains en sont pas tous descendants ethniquement des Pères pèlerins, cela ne les empêche pas de fêter Thanksgiving, pour remercier les Indiens de les avoir accueillis. De même, cela n’empêche pas les Italiens d’apprendre l’histoire de Romulus et Remus ou les Mexicains l’histoire des populations indiennes. La, nous créons un grand récit parce que nous en avons besoin. C’est le récit de l’Histoire de France qui correspond à notre nation civique qui justement n’est pas fondée sur le sang mais sur une histoire et des valeurs communes. Ces valeurs doivent être incarnées et intégrées dans cette histoire. Il ne peut y avoir de valeurs abstraites, c’est d’ailleurs un peu le problème de la gauche actuelle qui parle de république, de liberté et d’égalité mais n’accroche pas ces termes à une histoire. La question des Gaulois est absolument fondamentale. Elle signifie qu’on donne à notre nation une racine historique commune. Et une origine orientée, on ne parle pas de nos ancêtres anthropophages par exemple, pourtant c’est aussi la vérité, oui de nos ancêtres qui ont collaboré avec les nazis. Il faut que tout le monde participe à l’apprentissage de ces racines communes qui font sens. Tous ceux qui ne comprennent pas ça ne comprennent rien à la nation civique française, et je dirais même à la politique. Il est assez inquiétant de voir qu’une partie du personnel politique soit à ce point ignorante de la nécessité de construire un récit commun pour maintenir une unité nationale. La nation civique française a même besoin d’avoir un grand récit plus fort, qui remonte loin, justement parce qu’elle n’est pas fondée sur le sang, parce qu’elle n’est pas ethnique. C’est ce que pensait d’ailleurs Napoléon, qui n’hésitait pas à rappeler ces origines gauloises ou le général de Gaulle. En dérogeant à cette tradition qui avait le soutien de gens aussi différents que Clémenceau ou les révolutionnaires de 1789, François Mitterrand montrait seulement qu’il était la victime du politiquement correct laxiste et multi-culturaliste qui dominait en France au début des années 80, et qui a fait tant de mal au pays. Cet imaginaire que nous construisons par l’école, par le grand récit, par la fable, est d’ailleurs loin d’être arbitraire. Il est inscrit sur une réalité historique. Même dans notre langage, même dans les autres symboles, nous avons cette puissance de l’imaginaire gaulois. Par exemple, l’idée-même du coq, ce fameux coq que nous présentons comme le symbole de la France, vient en réalité de la Gaule et des Gaulois. Dans le vocabulaire ancien, les partenaires commerciaux des Gaulois les appelaient « Gau », ce qui signifie « coq ». Le coq se retrouve sur la monnaie, sur des médailles, des statues, des vases, dans la Gaule préromaine. On a donc une sorte de grande tradition. Le coq reste la représentation de la France, jusqu’au Saint-Empire romain germanique qui représente la France par ce « coq ») ce « gau », cette gauloiserie. L’idée donc qu’affirmer « nos ancêtres les Gaulois » serait la preuve d’une inculture est totalement sidérante. Cela prouve au contraire à quel point ceux qui critiquent ont peu de culture. Car ce grand récit est profondément républicain Il faut savoir que lorsque les Francs arrivent, ils inventèrent un autre grand récit pour maintenir l’unité du pays : « nos ancêtres les François ». Évidemment, on savait bien aussi alors qu’il y avait pléthore de Burgondes, de Gallo-Romains, d’Ostrogoths, de basques, de Wisigoths, etc. On savait bien que ce n’était pas vrai au sens ethnique du terme, mais au sens civique Clovis voulait absolument fondre cette nation dans une même unité. Ce récit des François est arrêté au XVIIIe siècle car les aristocrates d’alors inventèrent sous l’influence de l’aristocratie espagnole l’idée d’une « race française », qui aurait le sang bleu. Du coup, il y a eu une sorte d’opposition entre « François » et « Gaulois ». Quand la Révolution Française est arrivée, on a supprimé la référence aux « François et on a commencé à construire ce discours « gaulois », ce qui est devenu la référence de la IIIème République puis de la IVème. L’influence de la Gaule est d’ailleurs très forte dans l’esprit et l’imaginaire. Nous avons hérité d’eux la liberté et l’égalité. Leur esprit de liberté et d’égalité était tellement fort que le père de Vercingétorix, Celtillos, a été mis à mort par sa propre tribu parce qu’ils craignaient qu’ils veuillent devenir roi. Ce sentiment de liberté et d’égalité très puissant a d’ailleurs été noté par Suétone puis Jules César. De même, les banquets, la fabrication du vin, l’organisation de la structure du paysage français en pays sont tous un héritage gaulois. Dans les tribus, qui étaient elles-mêmes des mélanges ethniques, chacun était membre de la tribu à partir du moment où ils partageaient les valeurs de la tribu. Les Tardelli par exemple étaient ainsi un mélange de Basques et de Celtes, et étaient très fiers d’être des Tardelli, sans se préoccuper de l’origine d’untel ou d’untel. Nous avons hérité de ça. Et cet héritage, aucune autre nation du monde ne le possède même si nous trouvons chez les Gallois (le terme vient d’ailleurs de « gau » aussi) et les Ecossais des similitudes. Il est dommage que des politiques ne comprennent pas l’importance de construire un imaginaire, comme toutes les populations du monde le font. Et d’imposer une histoire commune. Nous sommes en crise et nous avons besoin de reconstruire le récit et de remettre du liant à l’intérieur de la société française. Je pense donc que c’est un mauvais procès fait à Nicolas Sarkozy. Et une preuve de l’incompétence de nos politiques à être des politiques.

    Yves Roucaute

    Il est très frappant de constater que cette question de l’apprentissage du grand récit ne posait aucun problème aux gens qui arrivaient en France avant les années 1960. Sous l’influence du tournant des années 1960-1970, au nom du respect de la différence, c’est devenu soudainement un problème. Et, dans les années 80, les « demi-habiles » se sont emparés du pays avec le politiquement correct. Nous avons alors vu des gens qui ont commencé à dire qu’il fallait accepter les différences de ces gens-là, qu’on ne pouvait pas imposer un modèle unique aux immigrés et qu’il fallait respecter au même titre toutes les civilisations. Je note en passant qu’aucun autre pays d’où venaient ces migrants ne tient ce discours-là ! Dans ces pays, on part du principe qu’il y a des histoires propres, et on demande à ces gens d’apprendre et d’assimiler l’histoire de ces pays pour devenir des citoyens. En France, nous avons eu ce courant déstabilisant depuis les années 1970, où l’on a demandé aux Français un effort pour accepter des cultures qui n’étaient pas assimilables. Qu’un Algérien musulman ne mange pas de porc ou qu’un Hindouiste ne mange pas de viande ne pose aucun problème aux Français. Ce qui pose problème aux Français, c’est qu’on veuille imposer son mode de vie sur le leur et que l’on viole les valeurs sur lesquelles est fondée leur civilisation, telle que l’égale dignité des hommes et des femmes. Les Français considèrent qu’on doit globalement vivre en français. Ils ne veulent pas qu’on leur impose des modes de vie qui ne sont pas les leurs. Et ils comprennent parfaitement que la femme qui porte un burkini, qui met un niqab, est dans une position cde provocation et d‘agression de la France. Aujourd’hui, nous confondons un peu tout. Il faut donc hiérarchiser. Il y a des choses fondamentales où l’on ne peut pas négocier : l’égalité homme-femme, le respect de la dignité humaine, les droits individuels, le mode d’organisation sociale, etc. Le problème du multiculturalisme, c’est qu’il ne différencie rien. il mélange tout, les différences acceptables de celles qui ne le sont pas et le fait qu’il existe un mode de vie français, avec ses obligations et ses sanctions. Nous avons eu ce phénomène pendant 40 ans, surtout à gauche, mais la droite, par peur de la gauche et d’être traitée de raciste ou d’islamophobe, a suivi un peu le mouvement – et on le voit aujourd’hui encore. Il est temps qu’on apprenne à un certain nombre de gens vivant en France qu’il y a des règles à respecter en France. Et, ceux qui n’aiment pas la France doivent soit partir, si c’est possible, soit se plier à nos règles, par la force si possible. Nous manquons d’un Clémenceau.

    Yves Roucaute

    Comme souvent, le buzz masque la teneur exacte du propos, qui est pourtant dans le cas présent assez limpide. Nicolas Sarkozy fait référence à un cliché du « roman national » – lequel a pour vertu de « parler » à tout le monde – afin d’afficher un parti-pris en faveur de l’assimilation. Il s’inscrit dans un débat en effet nécessaire, qui n’est toutefois pas le débat « récit historique ou valeurs communes » mais celui qui oppose multiculturalisme et assimilationnisme. Si on veut donner sens aux termes du débat en circulation, il faut considérer que l’assimilation et le multiculturalisme sont les deux modèles d’intégration entre lesquels il faut nécessairement choisir. Ensuite, se pose évidemment la question des modalités et, dans le cas de l’assimilation, de la conception de l’identité nationale qui fonde le projet d’assimilation. On peut vouloir l’assimilation à une conception ethnique de la nation ou l’assimilation à une conception républicaine, qui associe identité nationale et principes universels. Je suis d’ordinaire plutôt « Sarkophobe », mais je dois avouer que je suis consterné par la malveillance et la bêtise des réactions que suscite un propos dont le seul tort est d’être impeccablement républicain. Nicolas Sarkozy est peut-être inculte, mais tout de même pas au point de penser qu’un néo-Français issue de l’immigration subsaharienne descend en ligne directe des Gaulois ! Son propos est parfaitement républicain et antiraciste puisqu’il signifie qu’être Français n’est pas une question de race, d’ethnie, de racines, de souche ou que sais-je, mais exclusivement une affaire d’engagement personnel par lequel on s’inscrit volontairement dans un nouveau destin collectif. Paradoxalement (mais le paradoxe n’est qu’apparent), ce sont les réactions critiques qui véhiculent une conception raciste ou ethnique de l’identité, en évoquant notamment la notion de « racines » ou en interprétant la formule toute faite « nos ancêtres les Gaulois » dans le sens d’une lignée génétique ou culturelle. Ces réactions témoignent d’une adhésion plus ou moins confuse à un modèle multiculturaliste qui conçoit la France comme une identité informe ou métissée composée de multiples souches, races ou ethnies. Il est intéressant d’observer, à travers les réactions provoquées par un propos pourtant clair et net, à quel point les esprits sont embrouillés sur cette question de l’identité. Que l’histoire de France (comment qu’on la conçoive) soit l’histoire de tous les Français, ou le devienne s’il s’agit de nouveaux arrivants, quoi de plus incontestable ! Bien entendu, les immigrés arrivent avec dans leur bagage une histoire, une culture, des traditions. On est cependant en droit de considérer que la volonté de vivre en France et de devenir Français vaut adhésion à l’identité collective de la France. Ou alors, mais il faut l’assumer clairement, c’est qu’on considère la France comme un territoire neutre, sans identité, une nation sans histoire ni destin, exclusivement destinée à accueillir une multiplicité de traditions, d’identités ethniques et de modes de vie venus d’ailleurs.

    Eric Deschavanne

    Comme beaucoup de Français je pense, la question de l’intégration ne me paraît pas insoluble pour peu qu’on fasse preuve d’un peu de bon sens. En effet, l’intégration n’est possible que par un effort conjoint de la population qui intègre et de celle qui s’intègre. Le débat porte aujourd’hui principalement sur l’islam. Il est évident que si l’on s’arqueboute sur une conception ethnique de la nation en considérant l’islam comme une religion par essence incompatible avec les valeurs de la République ou définitivement étrangère, l’intégration des musulmans devient impensable et impossible. Il est également évident que les musulmans qui choisissent une interprétation de l’islam et un mode de vie en rupture avec les valeurs et les moeurs françaises peuvent difficilement espérer s’intégrer sans heurts. Être équitable consiste à mes yeux à refuser aussi bien la xénophobie des identitaires que la xénophilie débile de ceux qui vous expliquent que le burkini est un vêtement comme un autre. L’argument multiculturaliste le plus dangereux, fort bien exploité par les islamistes, est celui qui consiste, en récusant la problématique de l’intégration, à affirmer que c’est la carte d’identité qui fait le Français, de sorte que si on peut montrer que les salafistes sont des Français de troisième génération (parfois, on le sait, ce sont même des convertis), cela implique de considérer désormais le salafisme comme une tradition française ou une partie de la culture française. C’est là qu’on mesure l’importance et l’intérêt de défendre l’idée qu’il existe une identité culturelle de la France. Ce qui n’a rien à voir avec le racisme, lequel consiste à estimer que seuls les Français de souche sont aptes à assimiler cette identité.

    Eric Deschavanne

    Le mythe des Gaulois est en effet inventé par « la gauche », si on veut, ou, plus exactement, il est d’origine révolutionnaire : les aristocrates descendant des Francs, il fallait que le peuple eût une autre origine, ancrée dans un passé plus ancien, et donc une légitimité historique plus grande. La question n’est cependant pas là. On se trompe si on imagine que l’on réussira l’intégration en réactivant le roman national du 19e siècle ou en ressuscitant le service militaire. Ces billevesées polluent de débat. On peut être assimilationniste sans être bêtement réactionnaire. L’histoire de France doit être enseignée à tous, sous la forme d’un récit, certes, mais pas d’un « roman » – ni roman national, ni roman anti-national du reste. On peut et on doit faire – comme le suggère Mara Goyet dans la lignée des « Lieux de mémoire » de Pierre Nora – la pédagogie du « roman national » (lequel fait partie de l’histoire de France), afin par exemple de comprendre la place des « Gaulois » dans l’imaginaire national. Mais l’enseignement doit absolument faire prévaloir la vérité historique sur les considérations morales, idéologiques et politiques. Najat Vallaud-Belkacem, qui vient dire aujourd’hui à la télévision que l’histoire doit être véridique, avait au début du quinquennat co-signé avec Vincent Peillon un appel à rectifier les manuels d’histoire pour y faire figurer davantage de femmes – non pas par souci de vérité historique, mais pour faire progresser la cause de l’égalité hommes/femmes, pour donner aux petites filles davantage de supports d’identification. L’enseignement de l’histoire n’a pas à être progressiste ou réactionnaire, il doit se garder d’être édifiant, de prétendre cultiver l’amour de la patrie ou celui de l’égalité. Le culte de la science et de son idéal de vérité est un des marqueurs de l’identité française, héritage des Lumières, de Condorcet et du positivisme. Il faut y tenir car la vérité, par définition universelle, est une valeur commune, un Bien commun qui rassemble les hommes, tandis que l’idéologie divise. Où l’on voit que l’identité française est inséparable du culte de l’universel. Le gouvernement algérien vient de faire retirer des écoles un manuel de géographie au motif qu’il contenait non pas une erreur factuelle, mais au contraire un fait indéniable, une carte où figurait l’État d’Israël. Une telle conception idéologique du savoir scolaire s’inscrit dans un roman national, mais elle est en rupture avec l’idée d’humanité. Un tel modèle ne peut être ni multiculturaliste ni assimilationniste : il rend purement et simplement l’intégration de l’étranger impossible. L’assimilation, il ne faut pas l’oublier, est l’assimilation de l’autre, ce qui suppose l’ouverture et la reconnaissance du commun. On ne peut assimiler en opposant le particulier au particulier, en se coupant de l’universel. Nous assimilerons d’autant mieux si nous récusons la tentation du particularisme ethnique et de la partialité idéologique.

    Eric Deschavanne
















  • Notice: Undefined property: wpdb::$is_admin in /home3/baraka/public_html/wp-includes/wp-db.php on line 684