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Urbanisme: L’architecture, ça sert d’abord à faire la guerre (Medieval Manhattan redux: Look what they’ve done to my sky, ma)

Posté le samedi 18 juin 2016 par Admini

MedievalManhattandarkshadowsNYFutureskylineNYLongShadows

Racetothetop

Stand-Against-the-ShadowUmbrellaDemoQuand Manhattan se prend pour San Gimignano …

Hauteurs de 300, 400 et même plus de 500 mètres, surenchère de minceur entrainant la condamnation forcée d’étages entiers pour raisons de sécurité,  appartements à près de 100 millions de dollars qui s’arrachent comme des petits pains, milliardaires russes, chinois ou brésiliens prêts à débourser des fortunes pour ces véritables « coffre-forts du ciel » à salon et fenêtres XXL, salles de bains en marbre blanc et hauteur sous plafond de 4 mètres qu’ils n’occuperont que quelques jours par an, vue imprenable sur Central Park condamnant à l’ombre des dizaines de millions de visiteurs dudit parc chaque année, associations de riverains découvrant quand il est trop tard le système d’avantages fiscaux et de revente de « droits aériens » des immeubles adjacents permettant ces nouvelles folies …

A l’heure où entre l’argent facile de Wall street et, mondialisation oblige, la continuation de la guerre par d’autres moyens qu’est devenue l’économie …

New York semble être repartie pour un tour de folie des hauteurs …

Jusqu’à priver de soleil et faire disparaitre le ciel même pour toujours plus d’usagers de Central Park …

Et où après la prestigieuse Oxford Union, la victime d’un crime d’honneur et les tigres bleus …

C’est un nouveau sujet en or qu’assassine la cuvée du bac d’anglais 2016 …

Comment ne pas être frappé par l’étrange ressemblance …

Avec les fameuses tours-maisons-forteresses du petit Manhattan médiéval …

Qui, sur fond d’interminables vendettas entre familles rivales (les fameux guelfes papistes et les ghibellins impérialistes) …

Avaient défrayé en leur temps la chronique de la Toscane des XIII-XVe siècles ?

Admini @ 06:43
Catégorie(s): De la guerre et de la paix etMondialisation etUn peu d'histoire


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22 réponses à “Urbanisme: L’architecture, ça sert d’abord à faire la guerre (Medieval Manhattan redux: Look what they’ve done to my sky, ma)”

  • 22
    jc durbant:

    « Les questions du texte A nous demandaient des connaissances géographiques et historiques que nous ne possédons pas tous, même si cela paraissait évident … un vocabulaire pointu et complexe, qui n’est pas usuel d’élèves de terminale. »

    Mickael

    « On nous demande des questions de culture générale avec aucun lien avec les notions vues en cours pendant l’année. »

    Marine

    « Le sujet était tout à fait faisable, dans tous les manuels d’anglais on trouve une leçon sur New York et Manhattan : cela fait partie de la culture générale de tout élève de terminale. Je n’ai rien contre le fait que les élèves soient plus revendicateurs, mais là ils vont trop loin. »

    Françoise Du (enseignante d’anglais au lycée Brequigny de Rennes et secrétaire adjointe de l’Association des professeurs de langue vivante)

    Ce phénomène de pétition post-bac est tout à fait nouveau et peut être expliqué par le fonctionnement du Web qui favorise les protestations horizontales. Ces pétitions en ligne sont un moyen pour les lycéens de se faire remarquer. Ils ont alors la sensation d’avoir du pouvoir sur les adultes, qui ont tout intérêt à rester de marbre. »

    Claude Lelièvre (spécialiste de l’histoire de l’éducation)

    Après les récriminations contre le « tigre bleu » de Laurent Gaudé aux épreuves anticipées du bac de français 2015 et une pétition concernant l’épreuve du bac S de physique-chimie dans les centres étrangers cette année, la génération des aspirants bacheliers 2016 fait de nouveau parler d’elle, en publiant une pétition sur le site change.org. Intitulée « Annulation du premier texte du bac anglais », elle récoltait, lundi 20 juin en début d’après-midi, 13 500 soutiens. Son texte se résume à une ligne : « Suite à la difficulté de la compréhension du texte A nous voulons une modification du barème ».

    Des récriminations « injustifiées », pour Françoise Du, enseignante d’anglais au lycée Brequigny de Rennes et secrétaire adjointe de l’Association des professeurs de langue vivante.

    En cause, un texte extrait du roman de l’américaine Alice Hoffman, The Museum of Extraordinary Things, paru en 2014. On y suit la déambulation d’un des protagonistes, Eddie, qui observe la transformation urbaine de Manhattan au début du XXe siècle. Suivent ensuite un texte sur l’urbanisation de Manhattan à partir de 1916 et une illustration futuriste intitulée : « Jusqu’à quel point New York peut-elle être une ville verte ? »

    En justifiant leur réponse à l’aide du premier texte, les lycéens devaient notamment répondre aux questions : « Dans quelle ville se situe la scène du texte A ? » et : « Où se situe la scène ? […] Au début du XXe siècle ? De nos jours ? Dans les années 1980 ? »

    De nombreux lycéens des filières générales (bac S, bac ES et bac L) ignorent de toute évidence que Manhattan se situe à New York et se sont avérés incapables d’estimer la période dont parlait le premier texte. Et ce, malgré les nombreux indices disséminés dans le texte 2 ainsi que dans la légende de la photo, qui mentionne la ville de New York …

    http://www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2016/06/20/bac-2016-petition-contre-l-epreuve-d-anglais-qui-demandait-de-situer-manhattan_4954322_4401499.html#qpMDYR2OEvv2CjUQ.99

  • 21
    jc durbant:

    Il répondit: Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.

    Matthieu 15: 26-27

  • 20
    limone:

    je ne vous comprend pas la torha ou la bible
    pour d autre, concerne uniquement ceux qui lisent
    ce livre. les autres sont bien hors circuit.
    descendant de sem,cham, japhet ou de l arbre ca change rien
    ils sont certe inclus dans le processus mais au final hors piste

  • 19
    madimaxi:

    Franky encore,
    « Alors toute traduction ne peut etre qu’un pale reflet des possibilites que presente le Texte. »

    Oui. Mais paradoxalement grace a la lecture du texte minutieusement codifiee par les massoretes. Le « Texte » et rien que le « Texte » dans toute sa rigueur peut et doit etre commente.

  • 18
    madimaxi:

    Franky,
    « Parce que JC vous auriez remarque qu’il n’y a pas de voyelles. »…
    « En Francais, comme toutes les voyelles doivent etre presentes, c’est la phrase qui fixe le sens des mots. En hebreux l’abscence de voyelles laisse de facto un liberte qui n’existe pas en francais. »

    En general, un texte hebreu ne comporte pas de signes precisant la voyelle associee a la lettre. Sauf dans les oulpanims et manuels destines aux enfants.

    En revanche, le seul texte hebreu ou les points-tirets designants les patah, qamats, segols, tserehs… etc… bref, intimant au lecteur de prononcer bien selon la voyelle associee… est Torah.

  • 17
    Zoubor:

    Il faut aussi bien connaitre la grammaire hebraique: voir Rashi – ses explication dite de premier niveau « simple » (« pechate ») se basent souvent sur des considerations grammaticales

  • 16
    jc durbant:

    Oui, Zoubor m’a expliqué tout ça et c’est effectivement pas une science exacte (deux juifs, trois opinions), ce qui, sans compter la dimension manifestement et largement mythologique ou allégorique de nombreux textes, en fait à la fois l’intérêt et les limites (eg. les dérives de la cabbale) …

    Mais je vois pas bien ce que ça change vu qu’à toutes les époques on peut imaginer des regroupements de population « religio-socio-politiques » correspondant grosso modo à des « nations » en position de rivalité …

    Voir:

    Le rouleau de la Torah est écrit sans voyelles afin de permettre à l’homme de l’interpréter conformément à ses vœux…car lorsque les consonnes sont sans les voyelles, elles supportent plusieurs interprétations et elles peuvent être subdivisées de multiples façons. C’est la raison pour laquelle il nous a été ordonné de ne pas vocaliser le rouleau de la Torah, car la signification de chaque mot est conforme à sa vocalisation et quand il est vocalisé, il n’a qu’une signification ; mais sans les voyelles l’homme peut y déceler de multiples sens merveilleux et sublimes.

    Rabbi Bahya ben Acher).

  • 15
    Zoubor:

    « Le Livre des Égarés » en Français.
    Ce i mis à part très judicieux Franky – j’ai expliqué ce « problème » de lecture de vive voix a JC quand il est venu à Tel Aviv.

  • 14
    frankystein:

    Alors toute traduction ne peut etre qu’un pale reflet des possibilites que presente le Texte. En Francais, comme toutes les voyelles doivent etre presentes, c’est la phrase qui fixe le sens des mots. En hebreux l’abscence de voyelles laisse de facto un liberte qui n’existe pas en francais (et aussi dans beaucoup d’autres langues voir probabalement dans toutes). Donc l’utlisation du mot « nations » est pour le moins limitatif. Pour plus de details voyez Maimonide et « Le livre des perplexes.

  • 13
    jc durbant:

    « pas de voyelles » …

    Oui et alors ?

  • 12
    frankystein:

    Parce que JC vous auriez remarque qu’il n’y a pas de voyelles.

  • 11
    jc durbant:

    Mais s’il est vrai que le concept d’Etat-nation est récent et que l’idée, vieille comme le monde, de nation a reçu toutes sortes de contenus, je dois dire que je vois pas bien la différence entre la conception biblique et celle d’un Renan par exemple qui y voit un « principe spirituel » ?

    Quant aux fameux 14 points de Wilson, je vois pas non plus pourquoi ils seraient pas dans la continuité de ladite conception biblique ?

    Voir:

    X. Aux peuples d’Autriche-Hongrie, dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d’un développement autonome.
    XI. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro devraient être évacués ; les territoires occupés devraient être restitués ; à la Serbie devrait être assuré un accès à la mer libre et sûr; les relations des états Balkans entre eux devraient être déterminés par une entente amicale le long de lignes historiquement établies d’allégeance et de nationalité; des garanties internationales quant à l’indépendance politique et économique, et l’intégrité territoriale des États des Balkans devrait également être introduites.
    XII. Aux régions turques de l’Empire ottoman actuel devraient être assurées la souveraineté et la sécurité ; mais aux autres nations qui sont maintenant sous la domination turque on devrait garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome ; quant aux Dardanelles, elles devraient rester ouvertes en permanence, afin de permettre le libre passage aux vaisseaux et au commerce de toutes les nations, sous garantie internationale.
    XIII. Un État polonais indépendant devrait être créé, qui inclurait les territoires habités par des populations indiscutablement polonaises, auxquelles on devrait assurer un libre accès à la mer, et dont l’indépendance politique et économique ainsi que l’intégrité territoriale devraient être garanties par un accord international.
    XIV. Une association générale des nations doit être constituée sous des alliances spécifiques ayant pour objet d’offrir des garanties mutuelles d’indépendance politique et d’intégrité territoriale aux petits comme aux grands États.

    Woodrow Wilson (8 janvier 1918)

  • 10
    jc durbant:

    Dans la synagogue de mon quartier (rue de la Roquette) de temps en temps et même « lue » (répétée en fait, ne lisant pas l’hébreu) une fois, pourquoi ?

  • 9
    Frankystein:

    J’en ai marre JC de vos copier-coller. Avez vous deja vu , j’ai bien dit VU, une Torah?

  • 8
    jc durbant:

    « le concept de nation n’existait pas à l’époque. Il n’y a que l’empire et des royaumes. Le reste étant les barbares » …

    Voir aussi:

    Tels sont les descendants de Sem selon leurs familles et leurs langues, dans leurs divers pays et leurs nations. Telles sont les familles issues des fils de Noé selon leurs lignées et d’après leur appartenance nationale. C’est d’eux que sont issues toutes les nations qui se sont répandues sur la terre après le déluge.

    Genèse 6: 31

    Voici la postérité des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le déluge. Les fils de Japhet furent: Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Méschec et Tiras. Les fils de Gomer: Aschkenaz, Riphat et Togarma. Les fils de Javan: Élischa, Tarsis, Kittim et Dodanim. C’est par eux qu’ont été peuplées les îles des nations selon leurs terres, selon la langue de chacun, selon leurs familles, selon leurs nations.

    Genèse 10: 1-5

    Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. (…) et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.

    Genèse 12: 2-3

    Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix.

    Genèse 22: 18

    Vous obéirez à toutes mes ordonnances et à toutes mes lois et vous les appliquerez. (…) Vous ne suivrez pas les coutumes des nations que je vais chasser devant vous (…) Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai mis à part des autres peuples. (…) Vous serez saints pour moi, car moi, l’Éternel, je suis saint et je vous ai mis à part des autres peuples pour que vous m’apparteniez.

    Lévitique 20: 22-26

    Heureuse la nation dont l’Éternel est le Dieu! Heureux le peuple qu’il choisit pour son héritage!

    Psaume 33: 12

    Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.

    Jésus (Matthieu 29: 19-20)

    Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.

    Ernest Renan

  • 7
    limone:

    a mon point de vue ce sont des gens qui n ont pas
    recu l amour de la vérité ensuite qu ils
    ramassent des trésors sur la terre ou pas
    ca changera rien pour eux !!

    ciao

  • 6
    Frankystein:

    René et sa machine à broyer mimétique. Quant à l’ Évangile de Matthieu et des autres apôtres (qui n’ont pas été écrits par eux à l’exclusion de Paul de Tarse ) le concept de nation n’existait pas à l’époque. Il n’y a que l’empire et des royaumes. Le reste étant les barbares. Il en va de même pour d’autres incohérences. C’est en s’intéressant au judaïsme qu’on peut mieux comprendre le sens plus véridique des paroles de Jésus.

  • 5
    jc durbant:

    Désolé: je vois que j’en ai oublié, sans compter ma citation fétiche de Girard:

    Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres (….) Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume.

    Jésus (Matthieu 24: 6-7)

    Le soir, vous dites: Il fera beau, car le ciel est rouge; et le matin: Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps.

    Jésus (Matthieu 16: 2-3)

    Dans le monde actuel, beaucoup de choses correspondent au climat des grands textes apocalyptiques du Nouveau Testament, en particulier Matthieu et Marc. Il y est fait mention du phénomène principal du mimétisme, qui est la lutte des doubles : ville contre ville, province contre province… Ce sont toujours les doubles qui se battent et leur bagarre n’a aucun sens puisque c’est la même chose des deux côtés. Aujourd’hui, il ne semble rien de plus urgent à la Chine que de rattraper les Etats-Unis sur tous les plans et en particulier sur le nombre d’autoroutes ou la production de véhicules automobiles. Vous imaginez les conséquences ? Il est bien évident que la production économique et les performances des entreprises mettent en jeu la rivalité. Clausewitz le disait déjà en 1820 : il n’y a rien qui ressemble plus à la guerre que le commerce. Souvent les chrétiens s’arrêtent à une interprétation eschatologique des textes de l’Apocalypse. Il s’agirait d’un événement supranaturel… Rien n’est plus faux ! Au chapitre 16 de Matthieu, les juifs demandent à Jésus un signe. « Mais, vous savez les lire, les signes, leur répond-t-il. Vous regardez la couleur du ciel le soir et vous savez deviner le temps qu’il fera demain. » Autrement dit, l’Apocalypse, c’est naturel. L’Apocalypse n’est pas du tout divine. Ce sont les hommes qui font l’Apocalypse.


    René Girard

  • 4
    jc durbant:

    Mais « s’amasser des trésors dans le ciel », c’est pas ce que sont en train de faire, littéralement, nos milliardaires de la mondialisation avec leurs garçonnières en forme de coffre-forts à 100 millions dans le ciel de Manhattan ?

    Quant à Actes 8, c’est pas le péché sans parler du nicolaïsme, justement reproché à nombre de papes et papistes, de simonie ?

  • 3
    limone:

    actes 8 s adresse a ceux qui le lisent
    vois pas le rapport avec Manhattan !!
    faut arreter la fumette

  • 2
    limone:

    mister durban humm…. n’êtes-vous pas un perroquet evangelique
    en manque de tout ou se trouve donc le don de d.ieu dans
    ces constructions ? faut arreter le sectarisme ou la dependance
    au pipo evangelique j aime pas trop les interpretations qui melangent
    les choses d en haut avec celle d en bas faut faire une distinction merci.
    ensuit ce vous dites n est pas forcément faux
    sacrés evangeliques, les champions du monde des perroquets bibliques

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent!

    Pierre (Actes 8: 20)

    Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.

    Jésus (Matthieu 6: 19-21)

    Few tourists dining in the restaurants of San Gimignano enjoying the wines and cuisine of Tuscany know the dark history behind the many towers that loom over the town. These early Medieval skyscrapers rose above streets that were far meaner than anything we have today. Every north Italian city once bristled with these towers, hundreds of them. Bologna still has a few left. You can find the stumps of these towers in every northern Italian city if you look for them. Florence is filled with the remains of these towers. They are everywhere if you know what to look for. (…) Northern Italy was the only place in Western Europe where urban life survived the collapse of the Roman Empire. It was the most densely populated part of Europe at a time when large areas of Western Europe were becoming depopulated and reverting back to wilderness. (…) These towers were fortresses. They belonged to families that had their own private armies, and frequently waged war on each other. These military noble families made their fortunes through extortion, by shaking down merchants and shopkeepers, by blocking roads and charging tolls, through collecting protection money from the surrounding inhabitants. They constantly fought with each other over turf. When the fighting became fierce, these families and their soldiers would retreat into these towers and pull up the ladders for protection. Families kept their precious possessions in these towers, and used the towers to announce to the rest of the city who ruled in a particular neighborhood. (…) The other inhabitants of the city lived at the mercy of these feuding families. They lived in crowded tenements along very narrow winding alleys. (…) Whereas the noble families lived in towers of stone and had their own wells, everyone else lived in half-timber wattle and daub structures vulnerable to fire and flooding. For water, most of the inhabitants depended on the local river. The dark narrow streets were filthy, full of garbage, raw sewage, and animals, dangerous and crime-ridden. Disputes and criminal offenses were usually settled by vendetta, leading to generations-long pointless warfare between families and clans. Long before the first outbreak of the Plague, diseases such as typhus and cholera cut through these tenements like a scythe every summer. Due to the constant warfare between clans over turf, one day’s safe area would be another day’s no-man’s-land. To find anything similar today, we would have to travel to places like Somalia, southern Yemen, or the eastern Congo.

    Counterlight’s peculiars

    After their initial appearance in Ireland, Scotland, Basque Country and England during the High Middle Ages, tower houses were also built in other parts of western Europe as early as the late 14th century, especially in parts of France and Italy. In Italian medieval communes, tower houses were increasingly built by the local barons as powerhouses during the inner strifes.

    Wikipedia

    In 1199, the city made itself independent from the bishops of Volterra and established a podestà, and set about enriching the commune, with churches and public buildings. However, the peace of the town was disturbed for the next two centuries by conflict between Guelphs and Ghibellines, and family rivalries.This resulted in families building tower houses of increasing height. Towards the end of the Medieval period they were 72 in number and up to 70 metres (230 feet) tall. The rivalry was finally restrained when it was ordained by the council that no tower was to be taller than that adjacent to the Palazzo Comunale.

    Wikipedia

    Eddie avoided the Harlem River—it was overcrowded and overfished, even more so than the Hudson, littered with oystering boats. Several bridges had recently been built across the waters, disturbing the marsh birds. He knew it wouldn’t be long before the countryside disappeared, as it had in Chelsea, where there was pavement everywhere. (…) Past the area of Washington Heights was Hudson Heights, the highest altitude in Manhattan, at 265 feet above sea level. There was the pastoral village of Inwood, and although the subway ran this far, this section of north Manhattan was still dotted with small farms, including a house once owned by the Audubon family. Eddie joined the hermit in his agitation over the constant building in Manhattan. Apartment buildings were rising everywhere.

    Alice Hoffman (The Museum of Extraordinary Things, 2014)

    By 1927, the commanding apartment buildings along Park Avenue were not just tall; they were immensely tall, true towers, the first skyscrapers built for permanent living. The tallest of them was the Ritz Tower, shooting up from the pavement at the corner 1 of Fifty-seventh Street and Park Avenue. Built for blue-bloodsand tycoons by Emery Roth, […] it opened in October 1926 and was one of the first residential buildings in 2 New York constructed in sympathy with the city’s landmark zoning law of 1916. Concerned about diminishing sunlight and fresh air in the canyonlike streets created by the closely massed skyscrapers of lower Manhattan, the city placed a limit on the maximum height and bulk of tall buildings. Height limits were based upon the width of the street a building faced; if a developer proposed to exceed the legal limit, the stories above it had to be set back, roughly one foot for each four feet of additional height. […] Forced to work within the confines of the so-called zoning envelope, architects began constructing “set-back” skyscrapers, with sections of the buildings set back further and further as they rose from their bases into the island’s sky. “Wedding cake” architecture, some New Yorkers called it […]. The Ritz Tower […] was forty-one stories high. The tallest inhabited building in the world, it dominated the skyline of Midtown Manhattan as the Woolworth Building did that of lower Manhattan. Residents of its upper stories had unobstructed views in all directions for a distance of twenty-five miles on clear days, “panorama[s] unexcelled in all New York,” Emery Roth boasted. It was a new way of living for the rich. They became sky dwellers, their “mansions in the clouds” higher than anyone had ever lived. In its architectural aspirations alone, the Ritz Tower expressed the shoot-for-the-moon spirit of the Jazz Age. Sculpted in rusticated limestone , it rose from its base “like a telescope,” up through its set-back terraces to a square tower crowned by a glistening copper roof.

    Donald L. Miller (Supreme City: How Jazz Age Manhattan Gave Birth to Modern America, 2014)

    In this document, nature and the urban city are working as one. The document portrays a city that is thriving because they harness nature. The message is that making NYC greener will allow not only a more harmonious urbanization but it will also be artistic in nature. (…) In document 1, Eddie and Beck view the industrialization period to be negative progress, as New York is losing its farms and wildlife to the new bustling city life. Document 2 is founded on the roaring 20s outlook, where bigger is better. Document two shows that skyscrapers were a progressive movement. In document 3, we see a combination of both document 1 and 2. There is the value of nature and urbanization. Progress in this document is one where urbanization and nature become circular and live harmoniously.

    Corrigé bac anglais 2016

    More than 100 years ago, New York pioneered zoning codes designed to bring light and air (if not Central Park views) to even its most disadvantaged residents. In 1879, the city introduced a “tenement law” that required small apartment buildings for the lower-classes to include airshafts; in 1901, the law was revised to call for large-scale courtyards. Around the same time, titans of industry were building skyscrapers in midtown and the Financial District. (In those days, large commercial enterprises were confined to a few neighbourhoods, a kind of segregation that no longer exists.) Some of the structures, particularly the Equitable Building at 120 Broadway, completed in 1915, with more than one million square-feet of space on a one-acre site, were so overpowering that, in 1916, the city began requiring setbacks at various heights, to make sure light and air reached the street. The setback requirements, generally ensuring large reductions in floor area above the 10th storey, and further reductions higher up, led to one of the most distinctive building types of the 20th century: the wedding-cake tower, with the striations required by law inspiring jazz-age architects to greatness. (The Empire State and Chrysler Buildings are elongated examples of the form; the setback laws allowed for towers of any height so long as they were less than a quarter of the area of the building lot below.) But in 1961 the city revised the zoning laws again, making the wedding-cake towers period pieces. Instead, entranced by Mies van der Rohe’s Seagram Building on Park Avenue, a masterpiece of bronze metal set back in a handsome plaza, officials switched to a zoning code that encourages standalone towers. In exchange for ceding open space to the public, developers could build straight up (the permissible height was governed by a calculation called “floor area ratio”, or FAR). The problem: not every architect is as good as Mies, or every client as generous as Seagram. The city was overtaken by banal, sheer towers set in plazas that offered very little to the public and, given the height of the new buildings, were often in shadow. But that was a time of a rising middle class, when affordable housing was being built all over the city, and residents commuted to jobs in blocky office buildings (increasingly, commercial tenants wanted large floor plates). Only the World Trade Center, 1,368 feet high, overtook the Empire State Building in height. But the 110-storey Twin Towers, anchoring their own downtown skyline and set in a giant plaza (called a “superblock”), were a special case. Otherwise, buildings of 40-60 storeys were the norm. No one, it seems, was anticipating the current wave of pencil-thin, supertall towers. The technology they depend on has been around for decades — “mass dampers”, which prevent thin towers from swaying uncomfortably, are nothing new. So has the structural know-how that allows them to rise safely even from tiny bases. One of the buildings, 432 Park Avenue, has recently topped out at 1,396 feet, from a site of just 90 feet square. The real generator of form now is the winner-take-all economy — and with it, the demand for sky-high condos at sky-high prices. Virtually all of the new buildings are condominiums with just one unit to a floor, which means they can get by with very few elevators. And that, in turns, mean they can be built even on very narrow lots. In other words, the demand for $20m to $100m condos, with views in all directions and no next-door neighbours, has given rise to a new building type – making the revised skyline the physical manifestation of New York’s income disparities. Amazingly, none of the towers required city permission (although they did require clearance from the Federal Aviation Administration, given Manhattan’s proximity to three airports). The city doesn’t limit height, just floor area ratio, and developers, can buy “air rights” from adjacent buildings, letting them go supertall “as of right”. (…) Not only are these new towers casting long shadows on Central Park; they are turning the New York skyline, for most of the 20th century a kind of ziggurat with the Empire State Building as its peak, into a jumble. As for life below? The buildings are making the city less pleasant for anyone who cannot afford one of the condos in the sky. Think of it as the new Upstairs, Downstairs, but on an urban scale.

    The Guardian

    These buildings are transforming the streetscape of Midtown and Lower Manhattan, and they are transforming the skyline even more. Two new luxury apartment towers in the super-tall category are going up in Tribeca, at least so far. But the biggest impact has been in Midtown, in the blocks between 53rd and 60th Streets, where seven of the new condominiums are either under construction or planned. Four of them are on 57th Street alone, which day by day is becoming less of a boulevard defined by elegant shopping and more like a canyon lined by high walls. (And that’s just the buildings that have been announced. There are others rumored to be in the planning stages, including one that would replace the venerable Rizzoli bookstore, also on West 57th Street.) If there is any saving grace to this tsunami of towers, it is in their very slenderness. From a distance they read as needles more than as boxes; what they take away from the street they give back to a skyline that has been robbed of much of its classic romantic form by the bulky, flat-topped office towers that have filled so much of Midtown and Lower Manhattan. These new buildings will not exactly turn Manhattan into a sleek glass version of San Gimignano—“the city of beautiful towers”—but thin buildings at least make for a striking skyline, and they cast thinner shadows as well. Those shadows are no casual matter, since all of the new buildings are relatively close to Central Park, and they are arranged in an arc that extends from the southeast to the southwest corner of the park, not so different from the arc of the daily path of the sun. (…) The even more troubling shadow these buildings cast, however, is a social and economic one. If you seek a symbol of income inequality, look no farther than 57th Street. These new buildings are so expensive, even by New York standards, because they are built mainly for the global super-rich, people who live in the Middle East or China or Latin America and travel between London and Shanghai and São Paulo and Moscow as if they were going from Brooklyn to Manhattan. There have always been some people like that, at least since the dawn of the jet age, but it’s only in the last decade that developers have put up buildings specifically with these buyers in mind. The Time Warner Center, at Columbus Circle, finished in 2004, was New York’s trial run, so to speak, at targeting this new market for condominiums with spectacular views at exceptionally high prices. But it’s a global phenomenon, with buildings such as One Hyde Park, in London, and the Cullinan and the Opus, in Hong Kong. The new 57th Street may be New York’s way of playing with the big boys as far as global cities are concerned, but it comes at the price of making Midtown feel ever more like Shanghai or Hong Kong: a place not for its full-time residents but for the top 1 percent of the 1 percent to touch down in when the mood strikes. (…) Even before the new wave of super-tall buildings, the condominium market in New York had become much more design-sensitive, and putting the names of well-known architects like Richard Meier, Jacques Herzog and Pierre de Meuron, Frank Gehry, Jean Nouvel, or Robert A. M. Stern on buildings has become a marketing advantage. In fact, at these prices it’s now gotten to be something of a necessity, the same way some women will only spend $3,000 or $4,000 on a dress if it has a famous designer’s name on it. Unfortunately, sometimes the result seems more like the architectural equivalent of a fancy label sewn into an ordinary garment. (…) They are places in which to park your cash as well as yourself and maintain your privacy in the bargain. Fueling the market still more is the fact that New York real estate has been seen for a while as both safer and more reasonably priced than real estate in much of the rest of the world. However irrational the prices of the new wave of super-luxury condominiums look to New Yorkers, these properties are cheaper than their counterparts in Hong Kong and London, which have sold for as much as $221 million. Not for nothing did Jonathan J. Miller of the real-estate appraisal firm Miller Samuel call the new condominiums “the equivalent of bank safe deposit boxes in the sky that buyers can put all their valuables in and rarely visit.” (…) If the size of the 432 Park Avenue tower, which replaces the old Drake Hotel, seems out of scale with its surroundings—which it is—it’s worth noting that it’s not the first residential building in the neighborhood to have that problem. Diagonally across the street is the building that might be considered the true first super-tall, super-thin residential tower, the Ritz Tower. It was built in 1925 to the designs of Emery Roth and Carrere & Hastings, and it rose 41 stories to 541 feet, a height that seemed every bit as outrageous in the 1920s as 1,396 feet does now. Ayn Rand was almost surely referring to the ornate Ritz Tower in The Fountainhead when she wrote disdainfully of “a Renaissance palace made of rubber and stretched to the height of forty stories.” These buildings have already given the 21st-century skyline the same kind of shock that the Ritz Tower gave it in the 1920s, when living 40 stories into the sky seemed brazen. Whatever impact all of this has on the cityscape, it will also have an effect on the handful of people who will live in these buildings, many of whom probably see these aeries as a chance to distract themselves from the ordinary woes that mere mortals suffer on the ground. Can height buy happiness? A few years after the Ritz Tower opened, the Waldorf Towers climbed even higher. Cole Porter maintained an apartment there for years. Could that be why he wrote a song that ended with the words “down in the depths of the ninetieth floor”?

    Vanity Fair

    Twenty-six years ago this month, a coalition of New Yorkers led by Jacqueline Kennedy Onassis won a historic victory for Central Park. At issue was a planned building on Columbus Circle by the developer Mortimer B. Zuckerman with 58- and 68-story towers that would cast long shadows on the park. After a lawsuit by opponents of the plan and a rally in Central Park at which over 800 New Yorkers with umbrellas formed a line to simulate the building’s shadow, Mr. Zuckerman relented and agreed to scale down his design, which eventually became known as the Time Warner Center. “One would hope that the city would act as protector of sun and light and clean air and space and parkland,” Mrs. Onassis said at the time. “Those elements are essential to combat the stress of urban life.” Today, as the city becomes denser and green space ever more precious, New Yorkers’ access to sunlight and blue skies above Central Park is under assault in ways that make Mr. Zuckerman’s original plans look benign. Fueled by lax zoning laws, cheap capital and the rise of a global elite with millions to spend on pieds-à-terre, seven towers — two of them nearly as tall as the Empire State Building — have recently been announced or are already under way near the south side of the park. This so-called Billionaires’ Row, with structures rising as high as 1,424 feet, will form a fence of steel and glass that will block significant swaths of the park’s southern exposure, especially in months when the sun stays low in the sky. (…) Despite the likely impact these buildings would have on the park, there has been remarkably little public discussion, let alone dissent, about the plans. Part of this is because few people seem aware of what’s coming. Many of the buildings are so-called as-of-right developments that do not require the public filing of shadow assessments, which can ignite opposition with their eye-popping renderings of the impact shadows will have on surrounding areas. (…) There are few New Yorkers around today with the gravitas and magnetism of Jacqueline Onassis to focus public attention on planning issues the way she did for Grand Central Terminal and Columbus Circle. That means New Yorkers who want to protect Central Park will have to do it on their own, by picking up their umbrellas once again and by contacting community boards, politicians, city agencies and the developers themselves, to demand immediate height restrictions south of the park. And they need to hurry, before the sun sets permanently on a space the park designer Frederick Law Olmsted envisioned as “a democratic development of the highest significance.”

    Warren St. John

    Lorsque la Ville décidera de s’en soucier, il n’y aura déjà plus de soleil sur Central Park. Si personne ne s’est préoccupé de changer les lois concernant l’aménagement du territoire, c’est aussi parce que personne n’avait imaginé que des tours aussi hautes pourraient être bâties sur des terrains aussi petits. (…) Je ne suis pas contre l’érection de tours, et personne ne l’est à New York. Mais est-ce que quelques coffres-forts dans le ciel pour oligarques valent la peine de priver 42 millions de personnes [fréquentation annuelle de Central Park, ndlr] de soleil ?

    Warren St. John

    Business du pénis (…) Il y a de cela. Mais c’est aussi un choix économique et marketing très rationnel. La force de New York, et son objet, est de changer et d’évoluer en permanence. La différence entre elle et les autres villes du monde, c’est que l’on n’a rien eu à demander à personne.

    Rafael Viñoly (architecte uruguayen du « 432 Park »)

    New York est une ville de gratte-ciel. Il n’y a aucune raison qu’ils ne soient pas là.

    Harry Macklowe

    300, 400 et même plus de 500 mètres… La folie des hauteurs sévit plus que jamais chez les milliardaires. Dans le quartier de Midtown, à Manhattan, sept nouveaux gratte-ciel sont en construction. Prouesses technologiques, ils promettent une vue imprenable sur Central Park. Quitte à lui faire de l’ombre. (…) Depuis quelque temps, le quartier de Midtown à Manhattan est le théâtre d’une nouvelle extravagance : pas moins de sept gratte-ciel résidentiels sont en construction, la plupart sur la 57e Rue, désormais surnommée « la rue des milliardaires ». C’est à qui construira le plus haut, le plus mince, le plus luxueux. (…) Personne, à New York, n’avait réalisé que sept nouveaux gratte-ciel allaient changer l’horizon de Manhattan et, du même coup, la vie des riverains. Jusqu’à cet après-midi d’octobre 2013. L’auteur et journaliste Warren St. John est au parc avec sa fille de 3 ans, lorsque, tout à coup, le soleil disparaît. Il lève les yeux à la recherche du nuage fautif, avant de réaliser qu’il s’agit de la tour One57 en construction. Contrarié, il épluche les pages « immobilier » des journaux, et découvre, ébahi, qu’elle ne sera pas la seule à voiler la partie sud du parc. Sans attendre, il écrit un éditorial dans le New York Times, qui met le feu aux poudres. Les associations s’en emparent et les riverains se fâchent. Lors de la réunion d’information organisée en février 2014 à la bibliothèque publique, 500 personnes se bousculent pour faire part de leurs inquiétudes. Trop tard. Les promoteurs n’ont jamais eu à consulter ni à demander la permission à qui que ce soit : dans cette partie de Midtown, il n’existe aucune restriction de hauteur. Ils peuvent construire aussi haut qu’ils le souhaitent, à condition toutefois d’acquérir les « droits aériens » des immeubles adjacents. A chaque parcelle est attribué un nombre maximal de mètres carrés constructibles, par conséquent, si l’on veut construire plus grand, et donc plus haut, il faut racheter les parts non utilisées des voisins. « Cela faisait plus de dix ans que, très discrètement, Gary Barnett amassait les mètres carrés en rachetant les droits aériens des parcelles limitrophes aux siennes », a fini par découvrir Margaret Newman, directrice exécutive du Municipal Art Society de New York. Cet organisme à but non lucratif, qui se bat pour préserver la « vitalité » de la ville, notamment par l’urbanisme, a produit une étude sur l’impact de ces gratte-ciel sur Central Park. Les promoteurs n’ont jamais eu à consulter ni à demander la permission à qui que ce soit : dans cette partie de Midtown, il n’existe aucune restriction de hauteur. « Lorsque la Ville décidera de s’en soucier, il n’y aura déjà plus de soleil sur Central Park, redoute Warren St. John. Avant d’ajouter : Si personne ne s’est préoccupé de changer les lois concernant l’aménagement du territoire, c’est aussi parce que personne n’avait imaginé que des tours aussi hautes pourraient être bâties sur des terrains aussi petits. » Et pour cause. « Il y a dix ans, c’était impossible », explique l’architecte Rafael Viñoly. Testée à maintes reprises dans un laboratoire du Canada (simulation des vents, d’un tremblement de terre, de tornades…), la Tour 432 est une véritable prouesse technique. Tous les 12 étages, il y a une rupture de deux étages vides, sans fenêtres, afin de laisser circuler l’air. Une nécessité. Sans cela, elle se casserait. « Même si les gens n’aiment pas en entendre parler, la vérité c’est que la tour bouge, et beaucoup », raconte Richard Wallgren, de Macklowe Properties. Quant à la tour Steinway, elle sera dotée, sur son toit, d’une boule d’acier de 800 tonnes afin de faire contrepoids. Les promoteurs ne donnent pas seulement dans la surenchère de silhouettes élancées, mais aussi de luxe. Piscine, restaurant et salle de cinéma privés, chef étoilé à disposition, terrasses haut perchées, spas pour chiens (!), salle de fitness suréquipée, espace de jeux pour les enfants, chambres aux étages inférieurs (sans la vue donc) pour loger le petit personnel… Ils redoublent d’imagination pour appâter leur richissime clientèle. Certains vont même jusqu’à installer des systèmes de trottoirs chauffants devant l’entrée afin qu’en hiver ces dames en talons aiguilles ne soient pas incommodées par la neige. Dans un petit film promotionnel kitschissime, Macklowe Properties met en scène « la vie de château dans les nuages » : de jolies femmes en décolleté sirotent leur champagne à 400 mètres de haut aux côtés de messieurs très chics, une danseuse de ballet fait ses pointes devant une baie vitrée dominant Manhattan, une femme est alanguie dans un bain de diamants, une sculpture de Giacometti profite sereinement de la vue… « Ce n’est pas une vidéo typique, convient le vice-président Richard Wallgren. C’est un pitch de vente plus subtil, qui parle d’art de vivre et d’esthétique de l’immeuble. » (…) Un salon et des fenêtres XXL, des salles de bains en marbre blanc, une hauteur sous plafond de 4 mètres… 70 % des appartements du 432 Park Avenue sont déjà vendus, alors même que la tour ne sera entièrement achevée que dans un an. « Et le reste sera vendu d’ici deux mois », Harry Macklowe n’en doute pas. « La demande pour ce type de logement est énorme. Tout le monde veut en faire un investissement. » Les très riches uniquement. Et beaucoup sont russes, chinois, brésiliens, en quête d’une résidence secondaire (qui sera vide la majeure partie de l’année) et, surtout, d’un bon placement. Certains parlent de ces appartements comme des nouveaux comptes en banque suisses. « Sauf que ça paie mieux qu’une banque suisse et c’est plus discret, se félicite Michael Stern, de JDS. Il n’existe pas d’endroit plus sûr où placer son argent. » Et pas seulement pour les riches étrangers. « Deux tiers des acheteurs sont américains », affirme Richard Wallgren, de Macklowe Properties. Côté One57, « 50 % des acheteurs sont américains », assure Jeannie Woodbray, la responsable commerciale, exemples à l’appui : un patron de mode, un vendeur de vitamines de l’Idaho, un concessionnaire automobile du Minnesota, un propriétaire d’une ferme de cochons dans le Midwest… Harvey Sandler, à la tête d’un fonds d’investissement, vient de racheter un appartement du 58e étage à 34 millions de dollars à Enterprise SSO, qui l’avait acquis en mai dernier pour 30,55 millions de dollars. Soit une culbute de plus de 3 millions de dollars en quelques mois. Selon Noble Black, de l’agence immobilière Corcoran, intermédiaire de cette juteuse transaction, « le marché du résidentiel superluxe est devenu tellement dingue, que certains attendent déjà les prochaines tours, plus neuves, plus hautes… ». Et les avantages fiscaux qui vont avec. Consentis aux promoteurs (en principe contre l’obligation de construire des logements à prix modérés) comme aux acquéreurs, ces faveurs n’ont pas été remises en cause par Bill de Blasio, le nouveau maire démocrate de New York, élu en novembre 2013. Pendant sa campagne pourtant, en partie financée par des promoteurs immobiliers comme Gary Barnett ou Michael Stern, il avait fait de la réduction des inégalités son cheval de bataille. Aujourd’hui, la frénésie est telle que même Lower Manhattan s’y met. Livrée en 2011 et s’élevant à 270 mètres, la « 8 Spruce Street », ou « tour Gehry », comme l’appellent les New-Yorkais, avait amorcé la tendance en devenant à l’époque la tour résidentielle la plus haute de New York. Bientôt, la cascade de demeures individuelles de la « Lego Tower » de TriBeCa, sur Leonard Street, atteindra 250 mètres. Quant à JDS Developpement, elle a déjà les plans d’une tour à Brooklyn.

    Louise Couvelaire
















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