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Repentance: C’est la faute à Jésus, imbécile ! (Dr. Teresa and Mr. Wayne : The moral double bind which the West and the world currently face is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded cultures under biblical influence)

Posté le samedi 28 mai 2016 par Admini

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Vous avez dit double contrainte ?

Premier réseau social du monde contraint de s’excuser d’avoir censuré la photo en bikini d’un mannequin clairement obèse, sénateur américain implorant le pardon des musulmans de la planète entière pour la proposition de moratorium migratoire du candidat de son propre parti face à la menace du terrorisme islamiste, président israélien accusé de dérive belliciste face à la folie meurtrière de ses voisins djihadistes par ses propres généraux, policier français astreint à une abnégation quasi-christique face à des militants d’extrême-gauche prêts à l’incinérer vivant, sélectionneur de l’équipe de France de football suspecté de port de nom trop français, superhéros sommés de répondre des conséquences du moindre de leurs  actes…

En ces temps tellement étranges …

Qu’on n’en remarque même plus l’incroyable singularité …

Où le président de la plus grande puissance de la planète se voit à la fois reproché de ne pas s’être excusé pour Hiroshima et Nagasaki …

Et secrètement remercié de n’avoir pas ce faisant impliqué ses hôtes dans  la ronde sans fin des excuses …

Comment ne pas repenser …

A la véritable et hélas méconnue mise à jour de l’Apocalypse qu’avait faite il y a plus de vingt ans le girardien Gil Bailie (La violence révélée : l’humanité à l’heure du choix) …

Et voir …

Derrière l’apparemment irrépressible montée du chaos que nous connaissons actuellement …

L’influence délétère et bimillénaire de « l’immortelle flétrissure de l’humanité » et de cette « rebellion contre la loi naturelle » qu’avaient si bien repéré Nietzsche et son émule Hitler …

A savoir ce maudit christianisme qui avec les conséquences potentiellement apocalyptiques que l’on sait …

Est en train d’imposer bientôt à la planète entière comme l’avait aussi prédit Auden …

Son irresponsable et incontrôlable inversion de toutes les hiérarchies et de toutes les valeurs ?



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36 réponses à “Repentance: C’est la faute à Jésus, imbécile ! (Dr. Teresa and Mr. Wayne : The moral double bind which the West and the world currently face is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded cultures under biblical influence)”

  • 36
    jc durbant:

    Un monde où il n’y aurait plus ni homme ni femme (C’est la faute à Jésus et à Paul !)

    Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ.

    Paul (Galates 3: 28)

    Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.

    G.K. Chesterton

    Ces néo-féministes aspirent à vivre dans un monde où il n’y aurait plus ni homme ni femme, seulement des individus neutres, délestés de toute enveloppe charnelle.(…) l’islamisme et le néo-féminisme inspiré du féminisme américain se rejoignent dans une même hantise du désir que l’homme et la femme s’inspirent respectivement. La croisade des féministes est tournée contre l’hétérosexualité. La rédemption, à leurs yeux, est dans l’homosexualité: le désir du même pour le même mettrait à l’abri du rapport de domination qui sature la relation homme/femme …

    Bérénice Levet

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/09/31001-20160909ARTFIG00147-la-veritable-domination-masculine-se-trouve-dans-les-territoires-perdus-de-la-republique.php (merci james)

  • 35
    JFM:

    Les dagues SS portaient la devise SS qui était « Mon honneur est ma fidélité »

    Mon argentin est limité à celui des films de Ricardo Darin dans lesquels tout le monde parle avec un accent porteño a couper au couteau et dit gio au lieu de yo parce que ils sont tous d’origine italienne. Par contre u jour j’ai discuté avec une femme et à son accent je l’a prise pour un espagnole jusqu’au mot où elle utilisé un mot désuet en Espagne mais courant en Amérique du Sud. En fait elle était de Cordoba.

  • 34
    Mateamargo:

    Oui, mon cher JFM, et comme Hitler etait athée, les SS ont gravé ça sur leurs dagues de préférence a leur dévise à l’insu de leur Fuhrer . 🙂
    Oui, je suis argentin. Et Français depuis 1984… Sans vouloir vous corriger, dans le castillan d’Argentine ce serait plutôt « -Vos SOS argentino?».

  • 33
    MERCATOR:

    Rabat – German Chancellor Angela Merkel signed a decision on June 4, 2016, to exempt owners of Islamic markets and restaurants from taxes during the month of Ramadan.

    According to Arabic Russia Today, the decision was taken to allow these Islamic restaurants to lower food prices for Muslims during the holy month.

    At a reception in Berlin, on Tuesday evening, on the occasion of Ramadan in the presence of representatives of different faiths, the German Chancellor called for mutual appreciation of religions.

    The Chancellor said that the vast majority of Muslims are righteous and constitutionalist citizens, stressing that “it is obvious that Islam undoubtedly has become one component of Germany.”

    Senior officials and religious leaders of different faiths and prominent figures in politics and society attended the event, including general secretary of the Central Council of Muslims in Germany, Nurhan Soykan; the president of the Central Council of Jews in Germany, Josef Schuster; the chairman of the Council of the Evangelical Church in Germany, Heinrich Bedford-Strohm; and the president of the Central Committee of Catholics in Germany, Alois Glück.

    In her ongoing attempts to bring all Germans together, the German chancellor attended an Iftar meal in Berlin last Ramadan, calling on all Germans and Europeans to respect Muslims and Islam, which is “a part of Germany.”

  • 32
    JFM:

    Raté mon cher Mateamargo Gott mit Uns était la devise des Hohenzollern depuis 1701. Reprise par les Armées prussiennes puis allemandes jusque dans les années 60. La devise .des SS était: « Mon honneur est ma fidélité ». Vous remarquerez qu’elle ne fait pas allusion à Dieu.

    A part ça.

    Es usted argentino? Ou si vos préférez: Vos sois argentino?

  • 31
    Mateamargo:

    JFM, il reste toujours quelque chose de religieux chez un ancien seminariste, comme Djougachvili.
    «Got mit Uns», souvenez-vous.
    Bien volontiers pour la dégustation de whiskys, mais mon black label je le prends moins pour le bon goût que pour rendre hommage au bon vieux Hitchens, qui s’en servait à profusion… J’ai espoir que son esprit clair me soit transmis dans le whisky…

  • 30
    JFM:

    Mateamargo.

    Staline croyant?????????? Quand à Hitler sous son régime, se laisser voir à l’Eglise ou au Temple c’était mauvais pour la carrière.

    Il faudra qu’un de ces jours, on se donne mutuellement nos whiskys à goûter. Moi, c’est plutôt Macallan et Laphroiag.

  • 29
    Gérard Pierre:

    La repentance exige l’existence d’un préalable : la faute, voire le crime …… lesquels doivent être reconnus comme tels !

    Dans le monde actuel où l’erreur est transmutée en vérité par un nombre croissant, … de plus en plus acculturé, aux comportements moutonniers, aux discours ‘’perroquetants‘’, … qui définit la faute ? … qui définit le crime ?

    Même le discours « christianisant » est à présent pollué.

    Les sophistes qui tiennent les postes clés de la propagande, les ciseleurs du discours officiel, les compositeurs de messes laïcogauchistes, les scribes de la doxa, sont là, tous unis dans un même élan, pour définir la pensée convenable et, par contre-pied, dévoiler ce qui constitue faute ou crime.

    Et la repentance, selon eux, ne peut se déterminer que dans le contexte qu’ils ont préalablement déterminé !

    Ainsi convient-il de se repentir de ne se sentir aucune affinité élective envers de l’islam !

    Ainsi convient-il de se repentir de considérer le sionisme avec bienveillance !

    Ainsi convient-il de se repentir de considérer le ‘’peuple palestinien‘’ comme un peuple inventé de toutes pièces après 1967 !

    Ainsi convient-il de se repentir d’être tout simplement de droite !

    Ainsi convient-il de se repentir d’être Patriote !

    Ainsi convient-il de se repentir d’être Chrétien, et à fortiori croyant ou pratiquant !

    Ainsi convient-il de se repentir de détester la CGT, les grèves à répétition, nuit debout, les sociologues marxisants, …… bref, de ne pas aimer le désordre !

    Vu mon âge avancé, mon seul espoir réside en Dieu : pourvu qu’il soit resté apolitique depuis sa création de l’homme et la femme, …… sinon je devrai me résoudre à envisager une bien triste vie éternelle !

  • 28
    Mateamargo:

    JFM, Il n’y a pas de système géométrique qui ferait Borges exterminer 80% d’une population. Les psychopathes n’ont besoin de Dieu ou de son absence pour l commettre leurs crimes.

    Les crimes des croyants sont innombrables aussi. Et ce n’est pas démontré que Staline n’était pas croyant, ni Hitler.

    La définition acceptée d’un athée est quelqu’un qui ne peut pas démontrer que Dieux n’existe pas mais qui ne croit pas à son existence. Rien de mystique là-dedans. S’il n’y avait pas de croyants, il n’y aurait pas d’athées.

    Un agnostique est quelqu’un qui ne peut pas démontrer que Dieu n’existe pas mais considère son existence improbable.

    Et merci, je n’irai pas au site des algériens. Athées ou pas. Je suis algérique à l’Alérgie.

    Sur ça, je vous laisse, j’ai une bouteille de Johnny Walker Black Label à finir à la mémoire de Christopher Hitchens et une vidéo de Pat Condell à mater en attendant de Skyper avec Richard Dawkins qui est encore convalescent.

  • 27
    James:

    Police investigating sexual assault of 26 women at German concert

  • 26
    JFM:

    Allez sur la page Facebook d’Athées d’Algérie et dites moi si leur conception est « Crois et laisse moi ne pas croire » qui est celle des agnostiques. Allez sur toute autre page athée. Quand a Borges il a raison mais Dostoyevski aussi. En Mathématiques on dit que toute géométrie est « juste » si elle respecte les postulats posés au départ. Si on change de postulats on aboutit à une géométrie complètement différente comme dans le cas de la géométrie de Lobachevksi vs la géométrie euclidienne. Or si Dieu n’existe pas il n’y a pas d’axiomes/postulats fixes et on peut les changer pour aboutir aux conclusions voulues. ça peut-être, par exemple, faire périr 80% de la population pour que triomphe la Révolution ce que Lénine se disait disposé à faire.

    Alors je me méfie beaucoup de ceux, les athées, qui ne se contentent pas de ne pas croire en Dieu mais qui ne veulent pas qu’il existe (« Si Dieu existe alors il faut le combattre » Bakounine) cela veut dire qu’ils veulent avoir les mains libres

  • 25
    Mateamargo:

    Mouais, votre définition de l’athéisme est bien personnelle, JFM… Et quid de l’agnosticisme ? Borges disait qu’il n’avait pas besoin de la peur de l’enfer ni des délices du Paradis pour se conduire de façon éthique.

  • 24
    JFM:

    IL faut distinguer l’athéisme de la non croyance.

    L’athéisme c’est ne pas vouloir que Dieu existe et ne pas vouloir que d’autres y croient Ceux qui en Espagne, en 1936, châtraient et tuaient des curés qui refusaient de dire qu’ils ch..t sur Dieu illustrent ce que ça donne quand l’athée est en plus d’athée, militant.

    La non-croyance c’est tout simplement ne pas voir où Dieu pourrait se loger parmi les atomes, les trous noirs et les galaxies, surtout un Dieu qui s’occupe des hommes, s’il ne s’en occupe pas alors son existence ne concerne que les physiciens et les astronomes.. Mais que d’autres y croient ne dérange pas le non-croyant et quand les athées parlent des crimes des religions, le non-croyant se souvient alors du « si Dieu n’existe pas alors tout est permis » de Dostoyevsky et du fait que l’athéisme a produit Robespierre, Lénine, Staline, Hitler, Mao, Kim il Sung, Pol Pot… Bref le non-croyant garde ses distances avec cette forme de religion qu’est l’athéisme.

    A propos de Robespierre. Robespierre était déiste mais un déiste est un athée qui n’ose pas le dire et du point de vue du « alors tout est permis » un déiste est au même niveau qu’un athée.

    A propos de Mao je ne résiste pas à publier cette phrase que j’avais trouvé dans une revue distribuée par l’ambassade chinoise: « En Chine la liberté de religion est complète, chacun est libre de pratiquer et de diffuser l’athéisme »

  • 23
    Frankystein:

    Vous n’avez pas compris ce que signifie « contingence ». D’une part une frequentation reguliere, je connais assez bien les rationalistes autoproclames.
    Le scientisme est a sa facon tout aussi obscurantiste que le créationnisme. Bien que j’accorde a ces derniers un avantage indeniable : ils font rire.

    PS: j’aime beaucoup la photo de Darwin en veillard barbu. Ca ne vous fait penser a rien?

  • 22
    jc durbant:

    Quant à l’athéisme, c’est pas Simone Weil qui disait qu’ « il est un athéisme qui est purification de l’idée de Dieu » ?

  • 21
    jc durbant:

    Oui, il faut toujours garder à l’esprit le grand principe kierkegaardien: « si on vit la vie en regardant en avant, on ne peut la comprendre qu’en regardant en arrière » …

  • 20
    frankystein:

    Le film de Capra traite de la contigence. Selon S.J. Gould le meilleur film qui ait traite ce sujet. Les commentaires de JCD relevent de l’atheisme scientiste.

  • 19
    jc durbant:

    Oui, on a souvent tendance comme des sortes de « passagers clandestins » (« freeriders ») à oublier à quel point on est redevable de tous ces gens qu’on méprise souvent comme on le voit si bien dans l’expérience de pensée de la fin du fameux et merveilleux film de Capra:

    When George wishes he had never been born, Clarence shows him what life would have been like without him: Bedford Falls is now named Pottersville and is filled with cocktail bars, casinos, and gentlemen’s clubs; Mr. Gower has recently been released from prison for manslaughter, having put the poison in the pills because George was not there to catch his mistake; The Building and Loan is defunct, as George never took over after Mr. Bailey’s passing. George’s friends Ernie, a cab driver, Burt, a policeman, and Nick, a bartender, exist in this reality, but are darker individuals than the good friends he knew, suggesting George was a positive force in their lives.

    George runs to see his own mother, who does not recognize him. She reveals that Uncle Billy was institutionalized after the collapse of the Building and Loan. In the cemetery where Bailey Park would have been, George discovers the grave of his brother. Clarence says the soldiers on the transport all died, as Harry was never there to save them, as George had never saved Harry from drowning. Mary never married, and became the local librarian. When George claims he is her husband, she considers him a stalker and screams for the police, causing George to flee and Burt to give chase.

    George runs back to the bridge and begs for his life back. His prayer is answered, as Burt catches up to him, but only to say he was glad he found George as everyone was worried about him …

    https://en.wikipedia.org/wiki/It's_a_Wonderful_Life

  • 18
    JFM:

    Rappelons pour commencer que c’est l’Eglise, l’Eglise, oui, pas l’Islam ou les laïcs, qui a tenu le rôle principal dans la transmission du savoir grec (traduction en latin) et romain (copies, aujourd’hui on dirait faire des sauvegardes) après les invasions barbares. et qui a préservé un peu de civilisation dans ce monde barbarisé.

  • 17
    Letel:

    > Qui sait si ça n’aurait pas été pire ? Ou si nous serions même encore là pour en parler ?

    Remarque de fort bon sens, JCD, je souscris. On parle toujours des catastrophes qui sont ou ont été, en pensant toujours que l’alternative était meilleure si…, jamais pire. Désigner un bouc-émissaire est souvent plus simple, ou faire du yavaika, un peu le même principe que chez les conspirationnistes, trouver une explication simplette qui évite de réfléchir, évite d’étudier, évite l’effort intellectuel, satisfait et justifie l’ignorance.

  • 16
    JFM:

    En fait le nombre de guerres était supérieur du temps des Grecs, des Romains et autres Carthaginois.

  • 15
    jc durbant:

    « Vu le nombre de guerres qu’il y a eu sur le continent européen, on ne peut pas dire que » l’immense travail de sape des prophètes hébreux et de ce que l’on appelle le judéo-christianisme » ait été d’une grande efficacité » …

    Qui sait si ça n’aurait pas été pire ? Ou si nous serions même encore là pour en parler ?

  • 14
    jc durbant:

    Oui, merci, c’est en fait un bouquin qui a plus de 20 ans et qui a été effectivement traduit en français il y a 12 ans mais qui hélas semble encore peu connu …

    Voir:

    Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements » [p. 50]. Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard, cité p. 128]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » [p. 68]. Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste » [p. 75]. Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ » [p. 150]. La Bible, notre « cahier de souvenirs » [p. 214], est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles » [p. 186]. Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons » [p. 131]. L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique » [p. 81]. Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice » [p. 70] : elle a perdu « son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer » [p. 72]. L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre » [p. 104]. De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde » [p. 24], Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui » [p. 24]. Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » [p. 277] qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre » [p. 280]. La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité » [p. 271]. D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile » [p. 282], qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles » [p. 284]. Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance » [p. 284]. Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance » [p. 32]. La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence » [p. 32]. A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer » [p. 84].

    Marie Liénard

  • 13
    Frankystien:

    Le problème avec Rrr’né,c’est sa machine à broyer mimétique

  • 12
    Frankystien:

    Vu le nombre de guerres qu’il y a eu sur le continent européen, on ne peut pas dire que  » l’immense travail de sape des prophètes hébreux et de ce que l’on appelle le judéo-christianisme » ait été d’une grande efficacité.

  • 11
    Polémos:

    Le livre de Gil Bailie a été traduit en français : La violence révélée : l’humanité à l’heure du choix, Éditions Climats, 2004

  • 10
    jc durbant:

    Désolé si c’est pas clair (c’est en fait un peu « a work in progress »), mais, derrière mon goût immodéré des citations, je ne faisais que reprendre comme d’habitude les analyses de Girard que tout le monde connait en m’inspirant notamment, ce que je devrais ajouter quelque part, de l’excellent bouquin de Gil Bailie (Violence unveiled) ou du moins ce que j’en ai compris.

    Pour tenter de saisir ce qui fait, pour reprendre la fameuse phrase de Churchill, que la civilisation occidentale, issue de l’immense travail de sape des prophètes hébreux et de ce que l’on appelle le judéo-christianisme, est, avec plus récemment sa constante oscillation John Wayne-Mother Teresa, la pire des civilisations à l’exception de toutes les autres.

    Mais aussi les raisons de cette interminable crise qui, face tant aux divers totalitarismes qui eux s’embarrassent pas de scrupules qu’à nos avant-gardes et prétendus déconstructionnistes, fait à la fois sa grandeur et sa fragilité …

    Voir aussi:

    La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique.

    Raymund Schwager

    Ce sont les enjeux ! Pour faire un monde où chaque enfant de Dieu puisse vivre, ou entrer dans l’obscurité, nous devons soit nous aimer l’un l’autre, soit mourir.

    Lyndon Johnson (1964)

  • 9
    James:

    l’article sur les séries de Marc Obregon dans Causeur (qu’il met toutes dans le même panier), est d’une pédanterie consommée.

    En effet. Lisez les commentaires, ces derniers sont tous du même avis.

    En parlant de séries, Rome est plutôt pas mal même si je trouve que l’esthétique péplum à la télé, ces dernières années, est désespérément la même.

  • 8
    Polémos:

    Eh bien moi j’ai TOUT compris (enfin presque, soyons modeste). Ces textes proposés par jc durbant sont toujours éclairants, pertinents, souvent rares et d’une grande originalité. Ils m’apprennent toujours quelque chose et je les lis toujours avec plaisir, en anglais et en français. Au lecteur d’en faire la SYNTHÈSE. Encore faut-il en être capable.

    James, l’article sur les séries de Marc Obregon dans Causeur (qu’il met toutes dans le même panier), est d’une pédanterie consommée. Je suis un mordu des séries de qualité. Ma préférée entre toutes : Rome, de HBO, grâce à laquelle j’ai enfin compris, excusez du peu, la véritable mentalité des Romains de l’Antiquité. Je l’ai regardée à nouveau cet hiver, un pur régal. Je reconnais toutefois qu’il faut savoir distinguer ce qui tient de la fiction d’avec l’Histoire réelle. Autres séries incontournables : Les Sopranos (pour l’argot américain et l’Amérique profonde), The Wire (presque un cours de sociologie), Fargo (inspirée du film du même nom des frères Coen).

  • 7
    Frankystein:

    1) La vision de Jésus qu’en ont les juifs et les musulmans est complètement différente de celle des chrétiens pour qui Jésus est un être à mi-chemin entre Dieu et les hommes. De là ce passage du coran qui nie en fait cette part de divin.

    2) Matthieu, combien de division? J’en ai marre de lire ce passage (10 : 34-36) à la con. Mathieu n’est pas la personne qui a écrit le testament qui porte son nom.

    3) On ne peut pas dire que Nietzsche ait été un sympathisant nazi ( il y a la polémique avec sa sœur qui aurait falsifié certains de ses écrits). Par contre les nazis ont trouvé dans ses écrits un terreau fertile. Je chie sur Nietzsche et j’emmerde ce salaud.

    4) Ce sont soixante-dix années de paix qui sont à l’origine de la mode de la repentance dans les pays occidentaux. Elle est surtout très prisée principalement par les socialistes.

  • 6
    James:

    Je vous l’ai déjà dit, avec vos textes, je n’essaye même pas. Vous semblez pourtant savoir plus ou moins écrire, mais le problème est que vous le faites uniquement pour vous-même.

    Vous l’avez tellement dit que cela en devient lassant, Paellota. Vous vous répétez. Vous ne l’avez pas dit deux fois, trois fois ou quatre fois mais quinze ou vingt fois. À quoi bon ?

    Vous ne faites pas l’effort de lire les posts de JC ? Fort bien, mais pourquoi venir le répéter encore et encore ?

    En voilà un qui écrit exclusivement pour lui-même. Attention, c’est du lourd. Quand vous lirez son texte, vous saurez vraiment ce que signifie le mot incompréhensible.

  • 5
    paellota:

    Tiens, je suis pas le seul à dire que ce que vous écrivez est incompréhensible…

    La première règle pour avoir de l’influence en tant que blogueur est, au minimum, d’écrire des choses compréhensibles. Sinon, aussi subtils et profonds soient le raisonnement, l’analyse, la vision, personne ne vous lira, donc pas d’influence.

    CQFD

    Aussi, petit conseil, faites des textes avec un début, une fin, un raisonnement pas trop tortueux voire autiste au milieu, une longueur raisonnable, et les gens liront… Peut-être.

    Je vous l’ai déjà dit, avec vos textes, je n’essaye même pas. Vous semblez pourtant savoir plus ou moins écrire, mais le problème est que vous le faites uniquement pour vous-même.

  • 4
    Marock:

    C’ est pourtant clair ! 😆 😆 😆

  • 3
    jc durbant:

    Tout simplement ce que Caïphe, Hérode, Nietzsche, Hitler ou le Désaxé de Flannery O’Connor ne cessent de répéter: « Jésus a tout fichu par terre » !

    Avant, il y avait rien qu’un bon sacrifice, une bonne exécution ou une bonne guerre ne pouvaient régler, mais aujourd’hui même ça, ça marche plus: on doit même s’excuser pour Hiroshima !

    Même la guerre civile américaine contre l’esclavage serait peut-être plus possible !

    Sans ces insolubles et irresponsables injonctions paradoxales que Rabbi Yeshoua ben Yosef nous a inoculé, le monde serait bien plus simple et on se vautrerait pas comme on le fait aujourd’hui en Occident et bientôt partout sur la planète dans ce fatras de politiquement correct qui ravage les campus américains …

    Voir:

    An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise.

    Lance Morrow (1993)

    It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization.

    Heather Mac Donald (WSJ, 24.09.1992)

    Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World.

    Robert Hughes (24.06.2001)

    Like contestants on ‘Queen for a day, Americans of various persuasions assert competing claims of victimhood, vying for attention and support. (…) Not only may victimization make you famous and the center of some small circle of attention, it offers absolution and no accountability and creates entitlements to sympathy, support and reparations.

    Wendy Haminer

  • 2
    Frankystein:

    Où voulez-vous en venir J-C Durbant? Parce que c’est tout simplement incompréhensible

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    On vit la vie en regardant en avant mais on ne peut la comprendre qu’en regardant en arrière.

    Kierkegaard

    Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. (…) quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.

    Jésus (Matthieu 20:16-27)

    Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

    Jésus (Matthieu 5: 43-45)

    Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.

    Jésus (Matthieu 10 : 34-36)

    Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

    Caïphe (Jean 11: 50)

    Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres.

    Saint-Just

    L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans.

    Jefferson

    Qu’un sang impur abreuve nos sillons!

    Rouget de Lisle

    Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage.

    Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)

    Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer?

    Nietzsche

    « Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié.

    Nietzsche

    Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus.

    Nietzsche

    A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante, en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain.

    Hitler

    Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.

    G.K. Chesterton

    La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire.

    Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden)

    Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World.

    Robert Hughes

    The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence.

    Gil Bailie

    Dans la Bible, c’est la victime qui a le dernier mot et cela nous influence même si nous ne voulons pas rendre à la Bible l’hommage que nous lui devons.

    René Girard

    Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age.

    René Girard

    Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent.

    René Girard

    L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un.

    René Girard

    Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques.

    René Girard

    As often as not in Israel, military leaders and security officials are to the left of the public and their civilian leadership. (…) At a ceremony marking Holocaust Remembrance Day earlier this month, Yair Golan, Israel’s deputy chief of staff, compared trends in Israeli society to Germany in the 1930s. When Mr. Netanyahu rebuked him—correctly—for defaming Israel and cheapening the memory of the Holocaust, Mr. Ya’alon leapt to the general’s defense and told officers that they should feel free to speak their minds in public. Hence his ouster. At stake here is no longer the small question about Sgt. Azariah, where the military establishment is in the right. It’s the greater question of civilian-military relations, where Israel’s military leaders are dead wrong. A security establishment that feels no compunction about publicly telling off its civilian masters is on the road to becoming a law unto itself—the Sparta of Mr. Tyler’s imagination, albeit in the service of leftist goals.(…) It was Israel’s security establishment, led by talented former officers such as Yitzhak Rabin and Ehud Barak, that led Israelis down the bloody cul-de-sac formerly called the peace process. If their views are no longer regarded as sacrosanct, it’s a sign of Israel’s political maturity, not decline. There’s a larger point here, relevant not only to Israel, about the danger those who believe themselves to be virtuous pose to those who merely wish to be free. In the Middle East, the virtuous are often the sheikhs and ayatollahs, exhorting the faithful to murder for the sake of God. In the West, the virtuous are secular elites imposing what Thomas Sowell once called “the vision of the anointed” on the benighted masses. Mr. Lieberman is nobody’s idea of an ideal defense minister. And both he and his boss are wrong when it comes to the shameful case of Sgt. Azariah. But those who believe that Israel must remain a democracy have no choice but to take Mr. Netanyahu’s side.

    Bret Stephens

    Tu vois, ce que nous appelons Dieu dépend de notre tribu, Clark Joe, parce que Dieu est tribal; Dieu prend parti! Aucun homme dans le ciel n’est intervenu quand j’étais petit pour me délivrer du poing et des abominations de papa. J’ai compris depuis longtemps que si Dieu est tout puissant, il ne peut pas être tout bienveillant. Et s’il est tout bienveillant, il ne peut pas être tout puissant. Et toi non plus !

    Lex Luthor

    Cette sorte de pouvoir est dangereux. (…) Dans une démocratie, le bien est une conversation et non une décision unilatérale.

    Sénatrice Finch (personnage de Batman contre Superman)

    La bonne idée de ce nouveau film des écuries DC Comics, c’est de mettre en opposition deux conceptions de la justice, en leur donnant vie à travers l’affrontement de deux héros mythiques. (…) Superman et Batman ne sont pas des citoyens comme les autres. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui œuvrent pour accomplir le Bien. Néanmoins, leur rapport à la justice n’est pas le même: l’un incarne une loi supérieure, l’autre cherche à échapper à l’intransigeance des règles pour mieux faire corps avec le monde. Le personnage de Superman évoque une justice divine transcendante, ou encore supra-étatique. À plusieurs reprises, le film met en évidence le défaut de cette justice surhumaine, trop parfaite pour notre monde. Superman est un héros kantien, pour qui le devoir ne peut souffrir de compromission. Cette rigidité morale peut alors paradoxalement conduire à une vertu vicieuse, trop sûre d’elle même. On reprochait au philosophe de Königsberg sa morale de cristal, parfaite dans ses intentions mais prête à se briser au contact de la dure réalité. Il en va de même pour Superman et pour sa bonne volonté, qui vient buter sur la brutalité de ses adversaires et sur des dilemmes moraux à la résolution impossible. Le personnage de Batman incarne quant à lui une justice souple, souterraine, infra-étatique et peut-être trop humaine. Le modèle philosophique le plus proche est celui de la morale arétique du philosophe Aristote. Si les règles sont trop rigides, il faut privilégier, à la manière du maçon qui utilise comme règle le fil à plomb qui s’adapte aux contours irréguliers, une vertu plus élastique. Plutôt que d’obéir à des impératifs catégoriques, le justicier est celui qui sait s’adapter et optimiser l’agir au cas particulier. Paradoxalement, cette justice de l’ombre peut aller jusqu’à vouloir braver l‘interdit suprême ; le meurtre; puisque Batman veut en finir avec Superman. (…) De la même façon, le film pose dès le départ, à travers les discours d’une sénatrice, le problème critique du recours au super-héros. Ce dernier déresponsabilise l’homme, court-circuite le débat démocratique et menace par ses super-pouvoirs toute possibilité d’un contre-pouvoir. Les « Watchmen », adaptation plus subtile de l’oeuvre de Alan Moore par le même Zack Snyder posait déjà la question : « Who watches the Watchmen ? »

    Le Nouvel Obs

    Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique.

    Eric Cantona

    La scène est surréaliste. Montrant le contre-champ des images qui ont circulé toute la journée et sur lesquelles ont peut voir un véhicule de police incendié par des casseurs en marge de la manifestation « anti-flic » ce mercredi 18 mai à Paris, la séquence permet de mesurer la violence qui s’est abattue sur ces policiers (…). Avant que le véhicule disparaisse dans les flammes, on peut le voir arriver sur le quai de Valmy, alors que la circulation est perturbée par les manifestants. La patrouille se retrouve donc bloquée, sans issue, constituant une cible de choix pour les casseurs les plus déterminés. Un individu attaque à coups de pieds la vitre côté conducteur, alors que divers projectiles commencent à pleuvoir. Les jeunes encagoulés vont alors ensuite entreprendre de se servir d’objets plus lourds, comme des bornes anti-stationnement, pour attaquer le véhicule. À force de coups répétés, la vitre arrière se brise et l’un d’eux entreprend de jeter un objet enflammé dans l’habitacle, alors toujours occupé par les policiers. Quand le conducteur du véhicule sort, il est pris à partie par un manifestant qui lui assène plusieurs coups de bâtons. L’agent de police garde son calme, esquivant les coups jusqu’à tourner les talons.
    Huffington Post

    Je serais ravi de les rencontrer pour les remercier d’être dans ce pays, et présenter mes excuses auprès d’eux au nom du Parti républicain pour Donald Trump.

    Bob Bennett

    Une chose m’effraie. C’est de relever les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe en général et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80 et 90 ans. Et de voir des signes de cela parmi nous en cette année 2016. La Shoah doit inciter à une réflexion fondamentale sur la façon dont on traite ici et maintenant l’étranger, l’orphelin et la veuve. Il n’y a rien de plus simple que de haïr l’étranger, rien de plus simple que de susciter les peurs et d’intimider…

    Yaïr Golan (chef d’état major de l’armée israélienne)

    L’ensemble du musée célèbre une forme d’année « zéro » du Japon, passé soudain, en août 1945, du statut d’agresseur brutal de l’Asie à celui de victime. Non loin de là, dans le mémorial pour les victimes de la bombe atomique, construit au début des années 2000 par le gouvernement, quelques lignes expliquent vaguement « qu’à un moment, au XXe siècle, le Japon a pris le chemin de la guerre » et que « le 8 décembre 1941, il a initié les hostilités contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres ». Nulle évocation de la colonisation brutale de la région par les troupes nippones au début des années trente. Rien sur les massacres de civils et les viols de masse commis en Chine, à Nankin. Pas une ligne sur le sort des milliers de jeunes femmes asiatiques transformées en esclaves sexuelles pour les soldats nippons dans la région. Aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne dès la fin du conflit. Les enfants japonais n’ont pas d’équivalent de Dachau à visiter. Beaucoup ont, un temps, espéré que Barack Obama bouleverserait cette lecture, qui a été confortée par des années d’un enseignement et d’une culture populaire expliquant que le pays et son empereur, Hirohito, avaient été entraînés malgré eux par une poignée de leaders militaires brutaux. Le dirigeant allait, par un discours de vérité, forcer le Japon à se regarder dans le miroir. Mais le président américain a déjà annoncé qu’il ne prononcerait pas à Hiroshima les excuses symboliques qui auraient pu contraindre les élites nippones à entamer une introspection sur leur vision biaisée de l’histoire. Le responsable devrait essentiellement se concentrer sur un discours plaidant pour un monde sans armes nucléaires, au grand soulagement du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, qui estime que son pays a, de toute façon, suffisamment demandé pardon et fait acte de contrition. (…) S’ils craignent que la venue du président américain à Hiroshima n’incite le Japon à se cloîtrer dans cette amnésie et cette victimisation, les partisans d’un réexamen du passé nippon veulent encore croire que la seule présence de Barack Obama alimentera un débat sur la capacité de Tokyo à entamer une démarche similaire auprès de ses grands voisins asiatiques et de son allié américain. Déjà, mercredi soir, des médias ont embarrassé Shinzo Abe en le questionnant publiquement sur son éventuelle visite du site américain de Pearl Harbor, à Hawaii. Le 7 décembre 1941, cette base américaine fut attaquée par surprise par l’aéronavale japonaise et 2.403 Américains furent tués au cours du raid, qui reste vécu comme un traumatisme aux Etats-Unis. Les médias sud-coréens et chinois vont, eux, défier le Premier ministre japonais d’oser venir dans leur pays déposer des fleurs sur des monuments témoins de l’oppression nippone d’autrefois. A quand une visite de Shinzo Abe à Nankin, demanderont-ils. Jamais, répondra le gouvernement conservateur. En déstabilisant Pékin, qui nourrit sa propagande des trous de mémoire de Tokyo, un tel geste symbolique témoignerait pourtant d’une maturité du Japon plus marquée et lui donnerait une aura nouvelle dans l’ensemble de l’Asie-Pacifique.

    Yann Rousseau

    Formuler des excuses pour un chef d’Etat reste très compliqué, Barack Obama ne serait sans doute pas hostile à l’idée d’exprimer des regrets pour les souffrances infligées, mais d’un point de vue diplomatique, s’excuser revient à ouvrir un débat historique qui n’a jamais existé. Lorsque la guerre s’est terminée, une sorte de compromis a été établi entre les Américains et les Japonais, visant à ne plus évoquer le mal fait dans les deux camps.

    Guibourg Delamotte

    I’m not too proud of Hollywood these days with the immorality that is shown in pictures, and the vulgarity. I just have a feeling that maybe Hollywood needs some outsiders to bring back decency and good taste to some of the pictures that are being made.

    Ronald Reagan (1989)

    An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured intoSomalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise.

    Lance Morrow

    It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization.

    Heather Mac Donald

    All the patched clothes seen around town recently were not a result of the present recession, nor yet of nostalgia for the Great Depression of the 1930’s, when patching clothes was a necessity. Today’s patches are all about status and style.Christian Francis Roth’s clothes have intricate patch inserts that are part of Mr. Roth’s designs. Patched jeans have been around since the 1960’s. The newer ones are imitating Mr. Roth’s more expensive designs with appliqued patches that don’t cost as much. And not to be confused with those styles are the rap-style patches with fringed — or frayed — edges on denim clothes.

    New York Times
















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