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Jeannette Guyot

Posté le mercredi 18 mai 2016 par sil

Jeannette Guyot

Le quotidien britannique The Daily Telegraph fut l’un des premiers à annoncer sa mort. Mais en France, une héroïne s’est éteinte dans le plus grand silence. (source)

Personne n’aura prononcé son nom ni honoré sa mémoire durant les commémorations du 8 mai 1945. Et pourtant… Le mois dernier mourrait à 97 ans, dans le silence, une citoyenne tranquille parmi les autres, et surtout grande figure de la Résistance en France. Pourtant, Jeannette Guyot aura été l’une des rares femmes décorées de la Distinguished Service Cross américaine pour son « héroïsme extraordinaire » sous l’occupation allemande. Celle qui est née à Chalon-sur-Saône le 26 février 1919 n’a que 21 ans lorsqu’elle s’enrôle, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans un réseau clandestin. Sa mission : exfiltrer des agents vers la zone sud administrée par le régime de Vichy.

La jeune femme devient ensuite agent de liaison, chargée de transmettre toutes sortes d’informations. Une fonction qui prend fin six mois plus tard, en février 1942, lorsqu’elle est arrêtée puis emprisonnée. Derrière les barreaux, Jeannette Guyot tient tête à tous ses interrogateurs, s’enferme dans le mutisme, se rebiffe. Remise en liberté faute de preuves, elle reprend aussitôt ses activités de passeur sous la houlette du colonel Remy. L’organisation de ce dernier sera, hélas, trahie quelque temps plus tard, en juin 1942. La jeune Bourguignonne n’a d’autre choix que de se réfugier à Lyon.

Dans la nuit du 13 au 14 mai de l’année suivante, la résistante se voit même exfiltrée à Londres à bord d’un avion de l’armée britannique, tant l’étau de la Gestapo se resserre autour d’elle. Jeannette Guyot devient Jeannette Gauthier. Envoyée à l’école de Praewood House, en banlieue londonienne, elle suit une formation d’élite au renseignement militaire aux côtés de 120 volontaires en vue du plan Sussex, dont le but est d’épier les manœuvres militaires allemandes pour mettre sur pied le débarquement des alliés en Normandie.

Réfractaire aux tâches administratives, Jeannette, devenue lieutenant Guyot, se languit du terrain. Le 8 février 1944, elle est parachutée à Loches, dans le Val de Loire, afin de repérer des planques à destination des agents de l’opération Sussex. Plus tard, elle ira jusqu’à cacher l’un d’eux dans le Café de l’Électricité de Montmartre – rebaptisé depuis le Café des Sussex – à deux pas d’un bureau de la Gestapo.

La mission de Jeannette Guyot s’achève le 25 août 1944, avec la libération de Paris. Si elle est restée discrète au sujet de son rôle lors de la guerre, on sait qu’elle y a perdu son père, déporté en Allemagne, et rencontré son époux, un agent nommé Marcel Gauchet. Ses actes de bravoure ont été salués, en France, de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre, mais aussi de la British George Medal, en Grande-Bretagne, où elle a reçu le titre honorifique d’officier de l’ordre du British Empire. On comprend mieux pourquoi, de l’autre côté de la Manche, le quotidien britannique The Daily Telegraph fut l’un des premiers à annoncer sa mort. Mais en France, une héroïne s’est éteinte dans le plus grand silence.

sil @ 15:18
Catégorie(s): Un peu d'histoire etVive les femmes!


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Une réponse à “Jeannette Guyot”

  • 1
    Gérard Pierre:

    Dans un climat où l’idéologie du métissage est promue religion d’État, où le multiculturalisme est devenu une attitude pavlovienne très recommandée, le rappel de l’abnégation discrète et obstinée d’une grande dame comme Jeannette Guyot, et de son patriotisme sans faille, doit sembler toxique à certains promoteurs de ‘’l’homme nouveau‘’.

    Le grand public connaît le nom des maitresses des présidents, le nom des chanteuses éphémères, d’actrices sans grand talent, … voire de femmes politiques désastreuses, …… mais pas le nom de Jeannette Guyot, de Simone Segouin, de sœur Hélène Studler et de tant d’autres auxquelles nous devons tant.

    De la même manière, j’avais été ulcéré de voir à quel point les funérailles de Roland de La Poype, un as du Normandie-Niemen, Compagnon de la Libération, s’étaient déroulée dans une totale indifférence gouvernementale ! …… Les Russes avaient envoyé une délégation, mais aucun membre du gouvernement français n’avait daigné être présent ! http://www.defense.gouv.fr/air/actus-air/une-foule-venue-nombreuse-pour-rendre-hommage-a-roland-de-la-poype

    Quand on ne prend plus la peine d’honorer celles et ceux auxquels nous sommes redevables, les humbles dont nous sommes les héritiers privilégiés, que l’on ne s’étonne plus alors du mépris suprême de la vox populi pour les ingrats.

    Merci Sil pour cette exhumation de l’ombre.
















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