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Moment de grâce avec Nancy

Posté le lundi 16 mai 2016 par sil

Monsieur-Madame-Corbin-Victor-Prouve-Gare-de-Nancy

Samedi, 10h. J’arrive à Nancy. Je photographie sur le fronton de la gare la devise de la ville qui souligne son chardon. « Qui s’y frotte s’y pique« . J’ai de la tendresse pour cette devise. Elle est le pendant français du « Gadsden flag » des libéraux américains portant le « ne me marche pas dessus » et signifiant que notre pacifisme cesse là où commence toute atteinte à nos libertés.

Je remarque alors sur la façade de la gare des reproductions art nouveau parmi lesquelles le portrait de Monsieur et Madame Corbin par Victor Prouvé.

Contemplatif, je me trouve soudainement tiré de mes prises de vue par un éclat de voix. Sous la demi-lune que je photographiais, une voix féminine, délicate mais assurée, vient de lancer un « fichez-moi donc la paix ! »

Elle, la quarantaine, un mètre soixante-quinze, élégante, ressemblant étrangement à Madame Corbin, des cheveux détachés qui balaient une tenue d’amazone chic plutôt qu’une robe belle époque.

Lui, le stéréotype du zonard de cité réclamant lourdement aux passants des sous pour son shit.

Il n’a pas apprécié le refus définitif. Il maugrée un truc. Elle rétorque, toujours d’une voix sans failles, « et tu m’insultes en plus ; tire-toi ! » Visiblement piqué de partout, il obtempère, non sans lâcher un très classique « nique ta mère ». « Et tu laisses ma mère tranquille ! » lui assène-t-elle.

La queue entre les jambes, il passe devant moi en croisant l’un de mes plus beaux regards assassins avant d’éructer un peu plus loin un très pitoyable dernier « niq’ta mère ».

Voilà une journée qui commence merveilleusement bien. Je viens de tomber amoureux 🙂

non-inultus-premor-Gare-Nancy



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10 réponses à “Moment de grâce avec Nancy”

  • 10
    sil:

    Merci Malou

  • 9
    Blanc de Saint-Bonnet Malou-Véronique:

    Que c’est beau un brin de poésie dans ce monde de brutes, merci à Silaede,
    PS:Dommage que pépé Corbin soit barbu, il devait être beau sans pilosité…ntm

  • 8
    James:

    Et encore bien avant Monsieur Corbin

  • 7
    Sil:

    Remarque en passant…

    Quand on regarde Monsieur Corbin, on se dit finalement que le look hipster date de la belle époque…

  • 6
    Marock:

    De belles collines nimbées de forêts…

    Des collines inspirées comme l’ écrivait le fort décrié Barrés ?
    Marrant de découvrir Nancy à votre âge Sil.

  • 5
    sil:

    Tonton GéPi, Nancy m’a tout simplement ébloui…

    Ordonnée, élégante, bourgeoise, grandiose, avec ses avenues, rues et places…
    Très Haussmannienne, avant l’heure, finalement…
    Bucolique avec ses jardins, parcs, canal et fleuve…
    Protestante, catholique (j’ai beaucoup aimé la petite église néo-gothique Marie Immaculée), rationnelle et mystique…
    Un tantinet coquine également…
    Éclatante et mystérieuse…
    Beaucoup de visages rayonnants et souriants…

    Et puis la Place Stanislas, grands dieux, quelle place !
    Effectivement, un merveilleux gout de France éternelle…

    Mention spéciale pour la campagne environnante que l’on voit depuis le TGV. De belles collines nimbées de forêts d’où émergent parfois des clochers…

  • 4
    Gérard Pierre:

    Bonsoir Sil.

    A l’issue d’une formation de base de deux cent soixante-dix jours, en milieu amniotique, je pris ma première bouffée d’air sur le territoire lorrain, à Nancy, ville alors occupée par l’envahisseur du moment. Mon père, un Mosellan en délicatesse avec la race des saigneurs, avait absolument tenu à ce que je naisse en France d’alors afin que mon acte de naissance ne portât point le signe infâme du svastika.

    Durant deux années, au milieu des années soixante, je me suis rendu chaque samedi matin dans cette gare afin de rejoindre l’endroit où je suivais des cours durant toute la journée, rue de la Ravinelle.

    Nancy est une ville fleurant bon la ‘’France d’autrefois‘’, une ville d’art et de culture, bourgeoise au sens élégant du terme, à la fois de l’Est et du reste de la France.

    J’espère, Sil, que vous en avez eu l’occasion d’apprécier sur la place Stanislas notre petit Versailles lorrain et d’effectuer une promenade dans le parc de la Pépinière. C’est, assis sur l’un de ses bancs, à l’ombre de ses grands arbres, que l’on y déguste le mieux les écrits d’Erckmann et de Chatrian, ou de Maurice Barrès.

  • 3
    sil:

    🙂

  • 2
    MERCATOR:

    Au fait toujours pour james il y a une faute d’accord participe passé infinitif, appui sur l’image si tu as trouvé .

  • 1
    MERCATOR:

    Zavez pas honte Sil de faire une manche agressive afin de vous payez des voyages en Irlande et puis parler de soi à la troisième personne quelle fatuité ! ( pour james cela veut dire  » avoir les chevilles enflées »).
















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