eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

Juifs utiles: Plus de juifs, plus d’antisémitisme (Final solution: French essayist comes up with the ultimate solution to antisemitism)

Posté le samedi 20 février 2016 par Admini

Anti-Semitism

Jewish Population in Europe
Jewish Population in Europe

Bon sang, mais c’est bien sûr !

A l’heure où entre assimilation, pression antisémite et lâcheté ou déni de nos élites, la population juive mondiale semble se diriger vers une extinction naturelle …

Et où, de Fabius à Sanders et hormis quelques derniers petits réduits de jeunes Arabes antisionistes, la place des juifs dans les plus hautes sphères ne semble plus faire problème …

Comment ne  pas voir l’évidence avec l’essayiste français et plus pur représentant du juif assimilé Guy Sorman ?

Le vieux rêve de l’extinction de l’antisémitisme est désormais à notre portée …

Puisqu’il ne dépend dorénavant plus que de… l’extinction du sionisme et de l’Etat d’Israël !



Laisser un commentaire


16 réponses à “Juifs utiles: Plus de juifs, plus d’antisémitisme (Final solution: French essayist comes up with the ultimate solution to antisemitism)”

  • 16
    jc durbant:

    Face aux Sorman de France et du monde, Dieu merci pour les Camus !

    On est toujours sûr de tomber, au hasard des journées, sur un Français, souvent intelligent par ailleurs, et qui vous dit que les Juifs exagèrent vraiment. Naturellement, ce Français a un ami juif qui, lui, du moins… Quant aux millions de Juifs qui ont été torturés et brûlés, l’interlocuteur n’approuve pas ces façons, loin de là. Simplement, il trouve que les Juifs exagèrent et qu’ils ont tort de se soutenir les uns les autres, même si cette solidarité leur a été enseignée par le camp de concentration.

    Albert Camus (Combat, 10 mai 1947)

    Si j’ai échappé à certains dangers, c’est à vous que je le dois (…) à mes amis d’Israël, l’exemplaire Israël qu’on veut détruire sous l’alibi de l’anticolonialisme, mais dont nous devons défendre le droit de vivre, nous qui avons été les témoins du massacre de millions de juifs et qui trouvons juste et bon que les survivants créent la patrie que nous n’avons pas su leur donner ou leur garder.

    Albert Camus

  • 15
    jc durbant:

    Rappelons quelques faits :

    1. L’écrasante majorité des agressions à caractère raciste, dans des pays comme la France et la Belgique, sont portées contre des Juifs (par agression, je vise les catégories pénales : meurtre, coups et blessures, etc.). La probabilité pour un Juif, en France, de faire l’objet d’une agression physique à caractère raciste est deux cents fois supérieure à la probabilité qu’un musulman ne soit victime d’un acte comparable. Ces chiffres sont ceux du ministère français de l’Intérieur pour 2012, pondérés des volumes de populations estimés. En données brutes, pour 2012 : 175 agressions racistes contre des Juifs, 9 agressions racistes contre des musulmans (Le Monde, 20.02.2013) ;

    2. Pour juger de la réalité de l’antisémitisme, dans l’Europe de 2016, suggérons à toute personne curieuse de « l’extinction » du phénomène de déambuler tranquillement dans les rues de Paris, Marseille, Bruxelles ou Lille, avec une kippa vissée sur le chef ;

    3. Quant à la « preuve par Fabius », rappelons qu’en 1938 Léon Blum était président du Conseil (Premier ministre) ;

    4. La phrase « Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus » est typique de la négligence qui étreint certains intellectuels dès qu’il s’agit de religion. Rappelons que a) l’islam n’est pas une race, c’est une religion et un projet politique, 2) la majorité des musulmans de par le monde ne sont pas arabes, et c) comme rejet tout intégral d’un héritage religieux particulier, l’islamophobie est un droit constitutionnel, au même titre que l’athéisme ou le rejet de la religion catholique.

    S’il y a bien un sujet que nous, Européens, devons envisager avec sérieux, n’est-ce pas la réalité de l’antisémitisme ?

    Drieu Godefridi

  • 14
    jc durbant:

    Pour Tribune juive, Sorman « conclue sur une note moins optimiste » et nous fait carrément de la théologie de la substitution à la Catherine Nay:

    Pour conclure sur une note moins optimiste, force est d’admettre que les nations semblent ne pas pouvoir se passer d’un bouc émissaire. Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus. Je ne néglige pas le “radicalisme islamique”, mais voila un tout autre sujet.


    Guy Sorman

    La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie.

    Catherine Nay (Europe 1)

  • 13
    JFM:

    En Espagne pendant les premières décennies après l’expulsion les Juifs convertis ne semblaient pas avoir rencontré de problèmes particuliers et Diego Lainez devient le second Général (chef suprême après le Pape) de l’ordre des Jésuites qu’il a cofondé. C’est plus tard que ça se gâte. Dans le Don Quichotte, Sancho fait souvent allusion à ce que lui et son maître sont « chrétiens vieux » (cristianos viejos mais Sancho est ridicule et est-ce par rapport aux Juifs ou aux Morisques?) Plus tard il y aura des décrets dits de « propreté de sang » (limpieza de sangre) qui interdisent l’accès à la fonction publique à ceux qui ne sont pas chrétiens vieux Il faut dire que les Morisques en plus de pratiquer l’Islam en secret ont donné moultes preuves de déloyauté lors des raids des pirates barbaresques ou turcs. Quoi qu’il en soit l’ordre des Jésuites lui aussi va se fermer aux descendants de convertis au grand scandale des plus traditionalistes qui mentionnent Diego Lainez figure la plus respectée dans l’ordre après Ignace de Loyola.

  • 12
    jc durbant:

    Voir aussi du côté musulman:

    MENSONGES, GROS MENSONGES ET STATISTIQUES

    “Il y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.”

    Benjamin Disraeli

    Il faut savoir que le CCIF comptabilisait à l’époque comme «actes islamophobes» des faits aussi divers qu’une question posée à une jeune femme voilée lors d’un entretien à l’ANPE, des règlements de compte crapuleux, des vols relevant du simple droit commun, des propos jugés insultants et, beaucoup plus graves, des expulsions de prédicateurs violemment antisémites et appelant au djihad contre les infidèles et l’Occident, voire en lien avec des entreprises terroristes. (…) Je tiens ici à préciser que parmi les 806 actes antisémites constatés sur à peine 1 % de la population, il y a eu en 2015 quatre victimes juives massacrées à l’HyperCasher parce qu’elles étaient juives – et que la policière Clarissa Jean-Philippe a été abattue parce qu’elle était postée à proximité d’une synagogue et d’une école juive, ainsi que plusieurs agressions au couteau particulièrement graves, destinées à tuer et ayant entraîné des blessures sanglantes, portées dans la rue contre des concitoyens juifs parce que juifs. (…) Je pense d’ailleurs que l’on gagnerait en sérénité si, plutôt que se saisir de faits dont on ignore les causes et de les relayer dans tous les médias, on les considérait non pas en raison du nombre de plaintes déposées, mais après résultat d’enquêtes. Il faudrait analyser dans le détail les dates, les faits, les auteurs et les motivations. Peut-être conviendrait-il aussi d’étudier de près les menaces et les discours que des prédicateurs proches des courants fréristes, salafistes, wahhabites délivrent à leurs fidèles ou lancent contre des personnalités dont le seul tort est de s’exprimer. N’oublions jamais qu’être accusé d’être islamophobe tue.

    Isabelle Kersimon

  • 11
    jc durbant:

    Sorman continue à semer son fiel partout

  • 10
    Ram Zenit:

    « Spéculation intellectuelle »
    Je trouve cela édifiant!
    C est ce genre de spéculations qui ont engendré les Pol Pot etc…
    Ces intellectuels français n’ont jamais été confrontés aux résultats de leur spéculations. Ils vivent ds une réalité virtuelle, un jeu vidéo ou un film hollywoodien.

  • 9
    jc durbant:

    Voir encore:

    D’abord à partir des années 2000, l’intégrisme islamique s’en est pris aux Français juifs qui jouissaient jusqu’alors pleinement de leur appartenance à la nation française et de la protection dont peuvent se prévaloir tous les citoyens. La pression agressive que l’islamisme en France a fait peser sur eux, en toute impunité puisque l’origine du mal n’a jamais été mentionnée par nos dirigeants, a de facto scindée notre nation en deux. Ceux qui bénéficiaient de la protection de notre pays et ceux dont cette protection n’était plus totalement garantie dans les faits. Il s’agit donc d’une première dégradation infligée à notre pays, incapable de trouver en lui-même la volonté de défendre une partie de sa population dont la valeur symbolique est cependant très grande de par le pacte bicentenaire scellé entre la France, sa République et les juifs de notre pays. La France, première nation à leur reconnaître la pleine citoyenneté, tandis que ceux-ci reconnaissaient et acceptaient pleinement leurs devoirs envers elle. Le symbole est d’autant plus fort que cette appartenance pleine et entière a donné à notre République, dès l’origine, un contenu concret au mot « Fraternité » de sa devise, ainsi que l’avait voulu Bonaparte, puis Napoléon. C’est cette Fraternité qui a été attaquée et mise à mal par les islamistes dans une presque totale indifférence générale. Le symbole est également d’autant plus fort trois-quarts de siècle à peine après la trahison de Vichy, et alors que tout le monde avait dit « plus jamais ça ». Ainsi les Français juifs se retrouvèrent en première ligne dans l’affrontement que l’islam radical a déclenché contre notre pays. Tout en assouvissant leur passion hideuse antisémite, il s’agissait de montrer que nous n’avons pas le courage de nos meilleures résolutions, que nous ne sommes pas à la hauteur de notre devise nationale, à la hauteur de notre histoire, que nous n’avons plus aucune valeur à défendre si ce n’est, chacun d’entre nous, sa propre vie, sa propre situation personnelle. Le contraire d’une nation rassemblée. Or, l’intégration du judaïsme à la France peut servir de modèle à l’intégration de l’islam à la France, et c’est ce modèle même que l’islamisme cherche à détruire. Puis, l’islam radical s’en est pris à ceux qui s’expriment, par le dessin avec Charlie, le cinéma avec Theo van Gogh, sans compter tous ceux qui ont été menacés de mort, des écrivains, des philosophes. Michel Houellebecq, avant de publier son dernier livre, l’a fait relire par des experts en radicalisme islamique pour s’assurer que sa vie ne sera pas trop menacée. L’intimidation et la menace se sont ainsi portées sur les voix capables d’exprimer les réalités que nos politiques feignaient de ne pas voir. Le front s’est donc ainsi étendu sur le champ de la parole et de la culture. Les attentats du Bataclan l’ont étendu à la population toute entière. Le déni commence à se dissiper partiellement, les politiques ne pouvant pas passer ces attentats par pertes et profits comme cela a été le cas avec Charlie. Néanmoins, ils peinent à en tirer toutes les conclusions. (…) Le contexte général est la montée mondiale de l’intégrisme islamique dans de nombreux pays à majorité ou à forte population musulmane, dont l’origine tient, au moins en partie, à l’idéologie wahhabite, au salafisme ou encore à celle des Frères musulmans qui se répandent par tout un réseau d’associations culturelles, de mosquées, de publications. L’état d’esprit de rejet de l’autre et de conquête qui en résulte chez les intégristes, n’a pas jusqu’alors rencontré la résistance nécessaire grâce à l’arme de la culpabilisation occidentale, à l’aide des complices de l’islamisme qui infusent la haine de soi depuis des décennies et à une grande lâcheté ou un grand désarroi de nos dirigeants. (…) La notion de droits individuels qui tend à supplanter tout autre impératif collectif dans notre société a étendu le champ du droit au détriment du champ politique. C’est une tendance séculaire magistralement décrite par Jean-Claude Michéa dans un texte sur le libéralisme politique, de ses origines, à la fin des guerres de religions, jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, il est de plus en plus difficile d’opposer des valeurs collectives à ce qui est présenté comme des revendications de droits individuels. Il suffit donc de présenter les revendications de l’islam politique comme étant de simples revendications de nouveaux droits individuels, tout en jouant sur toute une palette de sentiments que les intégristes musulmans connaissent parfaitement lorsqu’ils exercent leurs pressions sur nos édiles pour faire reculer le champ républicain, le champ national : la culpabilité du représentant de la « puissance coloniale », la crainte de désordres éventuels que l’interlocuteur prétend pouvoir contrôler et calmer alors qu’il en est l’un des principaux organisateurs, le désir d’être réélu… (…) L’affaiblissement des élus et de tous les acteurs qui sont en première ligne est bien sûr aggravé par le discours général d’une partie des responsables politiques nationaux, de la presse parisienne et des radios et télévisions publiques et privées, ainsi que d’un grand nombre d’associations qu’elles relaient complaisamment. Certaines de ces associations dénigrent, dégradent, rabaissent tout ce que la France représente, toute prétention de sa part à une légitimité historique et politique et donc à représenter l’avenir. C’est le discours sur « la France rance ». Il devient dès lors de plus en plus difficile d’intégrer et d’assimiler à la nation des populations à qui l’on explique que leurs ancêtres ont été maltraités par une France haineuse et dont les représentants d’aujourd’hui seraient les héritiers qui n’ont rien appris ni rien oublié. Les intégristes islamistes remplissent ainsi le champ politique abandonné par la France, et en repoussent progressivement les limites, en jouant donc sur la notion d’extension des droits individuels. Ce mouvement s’appuie sur l’habitude de notre société de toujours céder aux exigences de nouveaux droits individuels et sur la délégitimation de l’exigence du respect de valeurs collectives. Il s’appuie aussi sur le fait que le communautarisme tend, par construction, à amalgamer les individus à leur communauté supposée. Changer la règle pour une communauté donnée, dans l’esprit de certains de nos édiles, revient à donner des droits individuels à chacun de ses membres. Notre pays suit ainsi le chemin inverse qui avait été le sien lors de sa construction. La nation devient le cadre oppressif dont il faut se défaire pour recréer des communautés – des féodalités – émancipatrices de la nation. Pendant longtemps, l’islamisme violent, celui qui commet des attentats, celui qui tue, et l’intégrisme islamique ont évolué dans une relative indépendance l’un de l’autre. D’abord parce que l’islamisme violent, le djihadisme, n’existait pas chez nous. La montée de l’antisémitisme depuis les années 2000, la progression du communautarisme et le recul de la République ne sont ainsi pas la conséquence du djihadisme, mais du travail de sape constant de l’intégrisme islamique, du progrès de son discours et des progrès de la force de son emprise sur un nombre croissant de personnes. L’émergence du djihadisme est beaucoup plus récente, et on peut la faire remonter à Merah, même s’il y a eu de lâches et odieux assassinats aux motivations antisémites auparavant, dont Ilan Halimi. Un objectif commun anime les intégristes musulmans et les djihadistes : l’extension de l’islam comme force politique supplantant la France républicaine, même si les méthodes sont différentes. Les discours des uns fournissent le substrat de la radicalisation des autres. Les djihadistes peuvent compter sur la complicité des intégristes, ou du moins de la partie la plus radicale d’entre eux, pour les cacher, les nourrir, les aider à mener une vie normale jusqu’au passage à l’acte, et leur fournir la logistique pour le faire. Sans cela, Salah Abdeslam aurait été arrêté depuis longtemps, alors que les polices belges et européennes continuent à le chercher. Il y a un continuum entre le simple rejet, la haine et la radicalisation la plus extrémiste. Néanmoins, jusqu’alors, les deux phénomènes ont agi de manière relativement indépendante l’un de l’autre. Les menaces de mort dont une femme politique du Val d’Oise (Laurence Marchand-Taillade est secrétaire nationale du PRG, ndlr) est la cible annonce la convergence de leurs actions. Celle-ci a dénoncé la tenue d’un rassemblement de l’UOIF en présence de Tariq Ramadan. On peut trouver en effet dans ces rassemblements de nombreux intégristes aux discours incompatibles avec nos valeurs nationales et républicaines. Ces menaces djihadistes contre Laurence Marchand-Taillade annoncent ainsi que le djihadisme vient en support direct de l’intégrisme, en intimidant et en menaçant de faire taire ses opposants de manière définitive. Dorénavant, les personnes qui s’opposeront légalement et démocratiquement aux entreprises antidémocratiques, antirépublicaines et antifrançaises des intégristes tels que les Frères musulmans, feront l’objet des mêmes menaces de mort de la part des djihadistes, dont on sait qu’elles peuvent effectivement être mises à l’exécution. Cela rend la lutte contre l’islamisme radical, ainsi que le renforcement de notre détermination à défendre nos valeurs et nos institutions d’autant plus nécessaires et urgents.

    Robert Louis Norrès

  • 8
    jc durbant:

    « L’Histoire du peuple juif montre en effet que ses plus gros foyers vont en grossissant alors que les autres vont en diminuant. Il y a une apogee, ds un endroit tandis que ds les autres la combinaison de l’antismetisme et de l’assimilation font s’eteindre d’autres communautes! »

    Oui, confirmation avec les planches statistiques que je viens d’ajouter ci-dessus, issues d’une étude de Pew de l’an dernier (merci james à nouveau) …

  • 7
    jc durbant:

    « Umberto Eco est mort hier soir. Il valait bien mieux un post sur lui que cet imbecile de Sorman » …

    La meilleure déconstruction du juif utile Sorman, que je viens de découvrir et qui m’a en fait inspiré ce billet suite à son dernier papier que m’a fait passer james, est en fait là:

    Le cas de Guy Sorman est révélateur, parce qu’il montre bien comment le rejet des origines conduit à douter de l’avenir d’Israël, et à remettre en cause le droit à l’existence de l’Etat juif. L’analyse du discours de Sorman et des autres « Alterjuifs » permet de comprendre la maladie qui atteint aujourd’hui une grande partie de l’establishment politique israélien : le refus d’assumer l’héritage national juif et la haine des origines » (…) Son livre Les Enfants de Rifaa 2, comporte un chapitre intitulé « Fin du peuple juif », dans lequel Sorman fait sienne l’idée de la disparition inéluctable de l’Etat d’Israël et du judaïsme tout entier. (…) Le point de départ de Sorman est la constatation de l’omniprésence de la question de la Palestine chez ses interlocuteurs musulmans (…) qui amène Sorman à s’interroger sur les causes du conflit israélo-arabe et sur les solutions à y apporter. Mais curieusement, alors même qu’il constate avec lucidité que le monde arabo-musulman « vit en fait dans l’attente de la disparition de l’Etat d’Israël », et qu’il ne se fait guère d’illusion sur la « solution andalouse », ce prétendu « âge d’or » des Juifs d’Andalousie que certains de ses interlocuteurs musulmans voudraient faire revivre en Palestine, sur les ruines de l’Etat d’Israël, Sorman ne développe pas son analyse par la revendication d’un nécessaire aggiornamento du monde musulman, sur ce point comme sur les autres précédemment abordés dans son livre. Et, loin d’encourager ses interlocuteurs musulmans à accepter le fait israélien, ce qui serait conforme à l’esprit général de son livre, Sorman en vient à faire siennes les conclusions de ceux-ci et à intérioriser le projet génocidaire du monde arabo-musulman envers Israël. (…) C’est au cours d’une visite dans la ville de Hébron, en l’an 2000, que Sorman a acquis la conviction que l’Etat d’Israël était une « erreur historique », et était voué à disparaître. (…) Cette description de l’arrivée au caveau des Patriarches à Hébron est pétrie de préjugés anti-israéliens, auxquels se mêle une hostilité visible au judaïsme. Tout d’abord, Sorman conteste le nom du tombeau d’Abraham, appellation consacrée de ce lieu depuis des générations. En mettant en doute la véracité de l’inhumation d’Abraham en ce lieu (rapportée par la Bible, dans le Livre de la Genèse), Sorman se conduit un peu comme un touriste béotien qui refuserait, en chaque endroit, d’accepter les traditions historiques et religieuses. Mais c’est contre la seule tradition juive qu’il dirige son scepticisme absolu. (…) Le chapitre des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » est, en réalité, antérieur au reste du livre. (…) l’ébauche de ce chapitre avait fait l’objet d’une tribune publiée dans Le Figaro du 24 décembre 2001. Dans cet article, intitulé « La survie d’Israël en question », Sorman envisageait l’hypothèse de la disparition de l’Etat juif, rayé de la carte par une bombe chimique ou nucléaire. « Ce scénario est réaliste » expliquait Sorman. « Il est probable que quelques Ben Laden l’ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel Aviv, fût [sic] une répétition de ce nouvel holocauste possible ». Cette hypothèse l’amenait à s’interroger sur la survie du judaïsme tout entier, menacé de destruction physique en Israël et de disparition lente par assimilation en diaspora. Mais, loin de s’émouvoir de la possible disparition des Juifs, Sorman prétendait « envisageable » un monde sans Juifs, dans lequel subsisteraient, à titre de legs du judaïsme à l’humanité, le christianisme et l’islam, et aussi « l’ironie qui naît de l’exil ». « Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu’ils [les Juifs] nous quittent », concluait Sorman. C’est donc l’hypothèse d’une possible disparition de l’Etat d’Israël et du judaïsme de diaspora, d’abord envisagée dans cet article du Figaro, qui a fourni la trame au chapitre 11 des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » (sans point d’interrogation). (…) Sorman (…) choisit d’accepter froidement et sans le moindre regret la possibilité de la disparition de l’Etat d’Israël et du judaïsme tout entier (…) Dans son livre Les Enfants de Rifaa, Sorman va encore plus loin : il ne se contente pas d’envisager froidement la possibilité de la disparition du judaïsme, mais en fait la solution du « problème juif » : « il n’y a pas de bonne solution au fait d’être juif, hormis celle de cesser de l’être». L’attitude de Sorman rejoint celle d’autres juifs atteints de cette maladie très particulière, analysée par le philosophe Theodor Lessing : la haine de soi juive 11. Le cas le plus célèbre de cette pathologie est celui d’Otto Weininger, philosophe autrichien qui a résolu de manière radicale son « problème juif », d’abord en se faisant baptiser, puis en se suicidant à l’âge de vingt trois ans. Sorman, comme Weininger, considère le judaïsme comme un « problème » qu’il faut résoudre, de manière radicale. Il ne veut certes pas se suicider, étant attaché à sa propre vie, mais envisage avec sérénité la destruction de l’Etat d’Israël, qui ne lui apparaît pas comme un scandale (comme à Raymond Aron) mais comme la fin inéluctable de l’entreprise sioniste, vouée à l’échec dès l’origine. Cette conclusion n’est pas tant le fruit d’une réflexion indépendante sur la question juive (à laquelle Sorman ne s’est jamais, de son propre aveu, intéressé) que l’intériorisation du rejet d’Israël par ses interlocuteurs musulmans, rencontrés au cours de ses nombreux voyages. (…) Sorman justifie donc l’espoir de destruction de l’Etat juif, qu’il partage avec ses interlocuteurs musulmans « modérés ». Le raisonnement de Sorman peut se résumer ainsi : le conflit israélo-arabe est insoluble, puisque les musulmans, même modérés, n’accepteront jamais l’existence de l’Etat juif. Il vaut donc mieux que celui-ci disparaisse… Ce syllogisme ressemble à celui qui sous-tend l’attitude d’un Otto Weininger : puisque les antisémites ne m’accepteront jamais et me haïront toujours, il vaut mieux que je disparaisse. Weininger a choisi le suicide comme solution radicale de son « problème juif ». Sorman prône, quant à lui, la disparition d’Israël comme solution du conflit israélo-arabe. (…) L’idée que les Juifs auraient « achevé » leur œuvre et qu’ils pourraient donc disparaître évoque la conception chrétienne traditionnelle du Nouvel Israël ; mais le christianisme pré-conciliaire acceptait au moins que les Juifs subsistent en tant que témoins… Sorman, qui considère comme inéluctable (et même souhaitable) la disparition totale du judaïsme, est par contre convaincu qu’ « il restera toujours des musulmans ». Ainsi, son plaidoyer pour un islam moderne et éclairé prend un sens tout à fait different, au regard de ses positions radicales concernant Israël. Pour lui, l’émergence d’un islam éclairé n’implique absolument pas l’acceptation du fait israélien. (…) Sorman a beau jeu de prétendre que sa conception de la disparition nécessaire d’Israël relève de la spéculation intellectuelle, en écrivant que « Dieu seul sait si cette vision d’Apocalypse est excessive ou fondée »… Sa responsabilité d’intellectuel n’en est pas moins grande. En envisageant froidement la disparition des Juifs de la surface de la terre, Sorman apporte une caution inestimable à ceux qui œuvrent concrètement pour que cette « vision d’Apocalypse » devienne réalité. La thématique des Enfants de Rifaa est tout à fait significative de l’esprit du temps. Invoquer « l’islam des Lumières », faire preuve de compréhension envers les régimes musulmans les plus rétrogrades comme celui de l’Arabie Saoudite, et rejeter dans le même temps Israël du côté des ténèbres, tout en attendant sa prochaine disparition. Le discours d’un Sorman n’est pas sans conséquence : il sert, en effet, de légitimation aux volontés génocidaires des pires ennemis de l’Etat juif, et aux considérations de realpolitik des diplomates du Quai d’Orsay et des autres chancelleries occidentales, qui sont intimement persuadés, comme la majorité des interlocuteurs musulmans de Sorman, que l’Etat d’Israël est provisoire et qu’il aura bientôt disparu. Chaque époque a les intellectuels qu’elle mérite. En juin 1967, l’ombre d’Auschwitz, qui planait sur Israël, avait conduit de nombreux écrivains français, juifs et non juifs, à prendre la défense du petit Etat hébreu menacé de destruction. Quarante ans plus tard, il est beaucoup plus « tendance », pour un écrivain français, de célébrer « l’Islam des Lumières », de chanter les louanges de la charia, tout en prédisant la prochaine disparition d’Israël et des Juifs.

    P.I. Lurçat

  • 6
    Ram Zenit:

    Rajoutons que Les Sorman, Sartre, Marx et co. peuvent tjrs attendre!

    L’Histoire du peuple juif montre en effet que ses plus gros foyers vont en grossissant alors que les autres vont en diminuant. Il y a une apogee, ds un endroit tandis que ds les autres la combinaison de l’antismetisme et de l’assimilation font s’eteindre d’autres communautes!
    Et cela ne dat pas de la Diaspora mais bien plus de 500 ans avant.
    Ainsi aujourd’hui la communaute juive la plus importante a la premier moitie du XX eme siecle etait en Pologne. Sa disparition a ete accompagnée d’une florescence de la communaute juive aux USA.
    La plus importante communaute juive actuelle est en israel. Elle est accompagnée d’une disparition de l’enorme communeaute juive d’URSS – autrefois plusieurs millions de personnes – et aujourd’hui un probleme d’assimilation acceleree chez les Juifs americains, sud americains et europeens.

    Sorman peut dormir tranquile – son droit au retour lui sauvera peut etre la peau si il comprend a temps. De toute facon, tout comme Marx et d’autre et nous tous il n’est qu’un incident ds l’Histoire

  • 5
    stomp:

    Pas de juifs = dictature ou tiers-monde. Les quelques abrutis qui pronent l’assimilation a outrance feraient bien de regarder l’etat des pays judenrein. Ils ne manquent pas.

  • 4
    sil:

    En effet Ram !

    Au Portugal, pendant des siècles, les juifs qui avaient accepté l’assimilation forcée furent discriminés et traités de « chrétiens nouveaux » jusqu’à ce que le Marquis de Pombal ne s’énerve

  • 3
    Ram Zenit:

    Umberto Eco est mort hier soir. Il vallait bien mieux un post sur lui que cet imbecile de Sorman

  • 2
    Ram Zenit:

    Pas de Juifs = pas d’antisemitisme ?????

    Logique de merde
    Et totalement dénué de réalité: rappellons la Pologne d’ou les derniers juifs ont ete expulses en 1968 qlqs mois apres la guerre des Six jours. Et qui a vu une periode d’antisemitisme totalement debridée ds les annees 70 et 80

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.

    Caïphe (Jean 11: 50)

    Le peuple d’Israël est le premier, le seul peut-être de tous, qui ait cherché en soi-même la coupable origine de ses malheurs dans le monde. Au plus profond de chaque âme juive se cache ce même penchant à concevoir toute infortune comme un châtiment.

    Theodor Lessing

    Les événements de l’histoire humaine, cette chaîne ininterrompue de changements fortuits du pouvoir et d’actions arbitraires, cet océan de sang, de fiel et de sueur serait insupportable si l’homme ne pouvait leur attribuer un sens. Il ne suffit pas pour lui d’assigner à chaque effet une cause, il lui faut donner un sens à chaque événement ; ainsi lorsqu’il dit » à qui la faute ? », il a déjà émis un jugement moral. Même si les destins des peuples étaient fortuits et même si tout avait pu être autrement, l’homme n’en continuerait pas moins de chercher à interpréter l’événement au plan de la signification logique et de la valeur morale. Ce besoin de conférer un sens, même à ce qui n’en a guère (c’est-à-dire une souffrance inexpliquée) intervient de deux manières : soit en faisant retomber la faute sur l’autre, soit en se déclarant soi-même coupable…

    Theodor Lessing

    Tout le monde sait grosso modo ce qu’est un «bouc émissaire»: c’est une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. Le bouc émissaire (synonyme approximatif: souffre-douleur) est un individu innocent sur lequel va s’acharner un groupe social pour s’exonérer de sa propre faute ou masquer son échec. Souvent faible ou dans l’incapacité de se rebeller, la victime endosse sans protester la responsabilité collective qu’on lui impute, acceptant comme on dit de «porter le chapeau». Il y dans l’Histoire des boucs émissaires célèbres. Dreyfus par exemple a joué ce rôle dans l’Affaire à laquelle il a été mêlé de force: on a fait rejaillir sur sa seule personne toute la haine qu’on éprouvait pour le peuple juif: c’était le «coupable idéal»… Ainsi le bouc émissaire est une «victime expiatoire», une personne qui paye pour toutes les autres: l’injustice étant à la base de cette élection/désignation, on ne souhaite à personne d’être pris pour le bouc émissaire d’un groupe social, quel qu’il soit (peuple, ethnie, entreprise, école, équipe, famille, secte).

    René Girard

    Le peuple juif, ballotté d’expulsion en expulsion, est bien placé, certes, pour mettre les mythes en question et repérer plus vite que tant d’autres peuples les phénomènes victimaires dont il est souvent la victime. Il fait preuve d’une perspicacité exceptionnelle au sujet des foules persécutrices et de leur tendance à se polariser contre les étrangers, les isolés, les infirmes, les éclopés de toutes sortes. Cet avantage chèrement payé ne diminue en rien l’universalité de la vérité publique, il ne nous permet pas de tenir cette vérité pour relative.

    René Girard

    « Dionysos contre le ‘crucifié’ » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié.

    Nietzsche

    Anti-SemitismVous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe
    Des « pieux » mensonges de Sartre pour ne pas désespérer Billancourt, couvrant ainsi les crimes communistes dont il devenait complice de fait… aux mensonges et falsifications de la meute anti-israélienne, couvrant ainsi les crimes terroristes arabo-islamistes dont ils se rendent complices, existe-il une différence de nature? (…) De quoi auraient l’air une Sallenave ou un Pascal Boniface ou encore une Leïla Shahid sans l’appoint d’un quelconque supplétif juif?

    David Dawidowicz

    In 1939, there were 16.6 million Jews worldwide, and a majority of them – 9.5 million, or 57% – lived in Europe, according to DellaPergola’s estimates. By the end of World War II, in 1945, the Jewish population of Europe had shrunk to 3.8 million, or 35% of the world’s 11 million Jews. About 6 million European Jews were killed during the Holocaust, according to common estimates. Since then, the global Jewish population – estimated by Pew Research at 14 million as of 2010 – has risen, but it is still smaller than it was before the Holocaust. And in the decades since 1945, the Jewish population in Europe has continued to decline. In 1960, it was about 3.2 million; by 1991, it fell to 2 million, according to DellaPergola’s estimates. Now, there are about 1.4 million Jews in Europe – just 10% of the world’s Jewish population, and 0.2% of Europe’s total population. Measuring Jewish populations, especially in places like Europe and the United States where Jews are a small minority, is fraught with difficulty. This is due to the complexity both of measuring small populations and of Jewish identity, which can be defined by ethnicity or religion. As a result, estimates vary, but Pew Research’s recent figures are similar to those reported by DellaPergola, one of the world’s leading experts on Jewish demography. In Eastern Europe, a once large and vibrant Jewish population has nearly disappeared. DellaPergola estimates that there were 3.4 million Jews in the European portions of the Soviet Union as of 1939. Many were killed in the Holocaust, and others moved to Israel or elsewhere. Today, a tiny fraction of the former Soviet republics’ population – an estimated 310,000 people – are Jews. Similar trends have occurred in Eastern European countries that were outside the USSR, including Poland, Hungary, Romania and several other nations. Collectively, they were home to about 4.7 million Jews in 1939, but now there are probably fewer than 100,000 Jews in all these countries combined. Much of the postwar decline has been a result of emigration to Israel, which declared its independence as a Jewish state in 1948. The Jewish population of Israel has grown from about half a million in 1945 to 5.6 million in 2010. But there are other possible factors in the decline of European Jewry, including intermarriage and cultural assimilation.

    Pew Research

    « Dionysos contre le ‘crucifié’  » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié.

    Nietzsche

    Dans sa dernière signification, l’émancipation juive consiste à émanciper l’humanité du judaïsme.

    Marx

    Déposséder un peuple de l’homme qu’il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu’on n’accomplit pas d’un cœur léger, surtout quand on appartient soi-même à ce peuple.

    Freud

    C’est la communauté juive qui détruit toujours cet ordre. Elle provoque constamment la révolte du faible contre le fort, de la bestialité contre l’intelligence, de la quantité contre qualité. Il a fallu quatorze siècles au christianisme pour atteindre le sommet de la sauvagerie et de la stupidité. Nous aurions donc tort de pécher par excès de confiance et proclamer notre victoire définitive sur le bolchevisme. Plus nous rendrons les Juifs incapables de nous nuire, plus nous nous protégerons de ce danger. Le Juif joue dans la nature le rôle d’un élément catalyseur. Un peuple débarrassé de ses Juifs retourne spontanément à l’ordre naturel.

    Hitler

    Le coup le plus dur qui ait jamais frappé l’humanité fut l’avènement du christianisme. Le bolchevisme est un enfant illégitime du christianisme. Tous deux sont des inventions du Juif. C’est par le christianisme que le mensonge délibéré en matière de religion a été introduit dans le monde. Le bolchevisme pratique un mensonge de même nature quand il prétend apporter la liberté aux hommes, alors qu’en réalité il ne veut faire d’eux que des esclaves. Dans le monde antique, les relations entre les hommes et les dieux étaient fondées sur un respect instinctif. C’était un monde éclairé par l’idée de tolérance. Le christianisme fut la première croyance dans le monde à exterminer ses adversaires au nom de l’amour. Sa marque est l’intolérance.

    Adolf Hitler (Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, 11-12 juillet 1941)

    Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie.

    Adolf Hitler (Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, , 10-14 octobre 1941)

    J’ai été allemand à un tel point que je ne m’en rends vraiment compte qu’aujourd’hui.

    Fritz Haber

    On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui, et à l’exception d’une admirable minorité en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoîsent les palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité . Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, ‹ bouc-émissarisent › Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher.

    Edgar Morin

    Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes.

    Charles Enderlin

    A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause.

    Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)

    Changez les noms. Mettez ici à la place d’Itzhak Shamir et de Menahem Begin, anciens terroristes promus chefs de gouvernement, quelques noms de Palestiniens emprisonnés ou pourchassés, et vous ne perdrez pas tout espoir de voir un jour la paix.

    Régis Debray

    J’ai trouvé des minorités chrétiennes assaillies par la violence, par l’exode, la dénatalité, le chômage. Entre l’étau israélien et l’hostilité islamique, ils sont suspects pour tout le monde. L’Occident les lâche : trop arabes pour la droite et trop chrétiens pour la gauche. Ce sont pourtant eux qui ont modernisé le monde arabe. Au Xe siècle, ils ont traduit en arabe la culture grecque et au XXe, ils ont été à la pointe de la laïcisation. Ils ont joué un peu le même rôle que les Juifs en Occident au XIXe et subissent un antichristianisme qui rappelle l’antisémitisme d’antan. Et l’invasion américaine en Irak a empiré la donne, en provoquant l’exode massif des chrétiens assimilés à une cinquième colonne. M. Bush a pour ainsi dire islamisé à mort toute la région. (…) Il est grotesque et contre-productif de couper les ponts avec ces forces-là. Nous entretenons leur expansion. Les Américains bien sûr, mais aussi les Européens qui se cachent derrière eux. La religion prend la relève d’une faillite des mouvements laïcs, à laquelle nous avons contribué. (…) Je suis partagé entre mon admiration éthico-intellectuelle pour un formidable exploit de modernité laïque et suis rebuté par la remontée d’un nationalisme théologique qui fait revenir au premier plan l’archaïque et le tribal. Quand je vois des colons, francophones ou américains, arborer devant le mur des Lamentations I am a superjew et faire les fiers-à-bras en tee-shirt devant les Arabes, je suis consterné. (…) L’Europe paie largement l’Autorité palestinienne et ses 150 000 fonctionnaires. Elle finance aussi les infrastructures des Territoires, routes, écoles, hôpitaux. Israël les démolit régulièrement. L’Europe paie et se tait ! Elle aurait pu conditionner son aide à l’Autorité, qui soulage l’occupant, au respect des accords et du calendrier en Cisjordanie, où la colonisation continue de plus belle. L’Europe s’offre une bonne conscience avec de l’humanitaire. Pourtant, sortir de sa passivité serait servir les intérêts à long terme d’Israël. Mais l’Europe ne peut pas se distinguer de l’Amérique pour des raisons historiques : elle craint de se faire taxer d’antisémitisme.

    Régis Debray (2009)

    Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…) Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France.

    Karim

    Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés.

    Ali

    It’s often claimed that there’s… no causal nexus between Israeli actions and anti-Semitism, that you can’t blame it on Israel, that there’s no connection between the… spikes in Israeli violence against Palestinians and the upticks in anti-Semitic violence. When in fact if you go through the evidence collected over many years, that’s exactly what the evidence does show: each time Israel launches another of its murderous assaults, anti-semitic incidents peak in Europe. And they’re often perpetrated by disaffected angry Muslim youth. If in recent times, a larger fraction of these incidents are violent, it’s the blowback from the brutish fanaticism currently plaguing the Arab Muslim world. Now if you’re really concerned about these spurts of anti-Semitism, and you want to contain them, then there are obvious things you can do. Israel can simply stop calling itself a Jewish state, so Jews wouldn’t have to bear the burden for its criminal actions. And … official Jewish organizations in the diaspora, they could cease defending Israel’s criminal actions so it won’t appear as if Israel when it carries out these actions is acting in the name of the Jewish people.

    Norman Finkelstein

    Deborah E. Lipstadt makes far too little of the relationship between Israel’s policies in the West Bank and Gaza and growing anti-Semitism in Europe and beyond. The trend to which she alludes parallels the carnage in Gaza over the last five years, not to mention the perpetually stalled peace talks and the continuing occupation of the West Bank. As hope for a two-state solution fades and Palestinian casualties continue to mount, the best antidote to anti-Semitism would be for Israel’s patrons abroad to press the government of Prime Minister Benjamin Netanyahu for final-status resolution to the Palestinian question.

    Rev. Bruce M. Shipman (Yale, Groton, Conn., Aug. 21, 2014)

    Que le Président Nasser veuille ouvertement détruire un Etat membre des Nations Unies ne trouble pas la conscience délicate de Mme Nehru. Etacide, biensûr, n’est pas génocide. Et les Juifs français qui ont donné leur âme à tous les révolutionnaires noirs, bruns ou jaunes hurlent maintenant de douleur pendant que leurs amis hurlent à la mort. Je souffre comme eux, avec eux, quoi qu’ils aient dit ou fait, non parce que nous sommes devenus sionistes ou israéliens, mais parce que monte en nous un mouvement irrésistible de solidarité. Peu importe d’où il vient. Si les grandes puissances, selon le calcul froid de leurs intérêts, laissaient détruire le petit Etat qui n’est pas le mien, ce crime, modeste à l’échelle du nombre, m’enlèverait la force de vivre et je crois que des milliers et des milliers d’hommes auraient honte de l’humanité.

    Raymond Aron (Le Figaro littéraire, 4 juin 1967)

    Parmi ce peuple, qui va se restreignant et se dissolvant, les citoyens de l’Etat d’Israël ne représentent à leur tour que la minorité d’une minorité. Si bien que ce qui est en jeu au Proche-Orient n’est pas tant le sort des Palestiniens que la disparition programmée d’Israël, comme Etat, comme peuple, comme porteur d’un message si message il y a. Au rebours des images, des violences, du bruit des armes et des commentaires dominants, à la mesure de l’histoire, le fort n’est donc pas celui que l’on croit et le faible n’est pas celui que l’on dit. Qu’est-ce en effet qu’une riposte israélienne aussi brutale soit-elle contre des Palestiniens que l’on qualifiera au choix de résistants ou terroristes? Au mieux du temps gagné. Mais à la mesure de l’histoire, pas même de l’histoire longue mais d’une génération, que pèsent trois millions d’Israéliens face à deux cents millions d’Arabes dont les Palestiniens ne constituent qu’une phalange avancée et militante. Les Palestiniens le savent et le monde arabe plus encore; à terme, le nombre l’emporte et la démographie sera probablement victorieuse sur toutes les stratégies et tous les pieux espoirs («processus») de paix. Quelle paix d’ailleurs?Imagine-t-on vraiment les Palestiniens et le monde arabe se satisfaisant d’un Etat-croupion, enclavé et non viable? L’Etat palestinien peut incarner l’espoir d’une élite locale en quête de reconnaissance internationale et de postes, mais en quoi le peuple palestinien y trouverait-il son compte, économique ou politique? L’aspiration ultime du monde arabo-musulman est de constituer la communauté des croyants sinon de l’islam tout entier mais au moins celle du monde arabe, une aspiration parfaitement légitime. Mais Israël n’y a pas sa place, la colonie juive est comme une encoche dans ce rêve; nulle surprise que ce songe arabe, légitime, répétons-le, ne conçoive pas Israël comme autre chose qu’un avatar de la colonisation franque; le royaume de Jérusalem dura un siècle, les Arabes se le rappellent. L’Israël moderne aurait-il déjà accompli la moitié de son parcours historique? Ou plus peut-être? Car il suffirait d’une bombe, une seule, chimique, nucléaire ou sale comme l’appellent aujourd’hui les stratèges pour qu’Israël soit rayé de la carte. Imaginons un instant l’équivalent de l’attentat du 11 septembre perpétré contre Tel-Aviv? Rien n’est moins simple désormais que de le concevoir puisque le précédent existe; les combustibles sont en libre circulation et le nombre des candidats au suicide à l’évidence plus que suffisant. Une bombe suffirait donc pour que disparaisse la plus grande part de la population d’Israël et que le reste fuit sans attendre son extermination finale. Ce scénario est réaliste; il est probable que quelques Ben Laden l’ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel-Aviv, fut une répétition de ce nouvel holocauste possible. Que dirait alors le monde, ou «la communauté internationale?» Comme pour l’holocauste précédent, ils s’en repentiraient. Pourrait-on empêcher cela, le prévenir? On n’en prend pas le chemin puisque tout se passe, au niveau diplomatique et de l’opinion alimentée par les médias comme si une paix de type immobilier suffirait à mettre un terme à un conflit que l’on voudrait croire géographique mais qui est au moins métaphysique. La survie d’Israël et non pas celle des Palestiniens n’est pas véritablement prise en considération; elle supposerait d’ailleurs un accord non pas avec les seuls Palestiniens mais avec tous les Etats arabes environnants dont on ne voit pas qu’ils sont même sollicités pour respecter la survie d’Israël; au surplus, conclura-t-on jamais un traité respecté entre les arrière-pensées?. Juifs sans Israël?Si Israël disparaissait, il n’y aurait plus d’Israéliens. Resterait-il des juifs?La diaspora, avons-nous observé, est la condition historique quasi normale du peuple juif; n’a-t-il pas survécu deux mille ans en diaspora? Mais le monde a changé et les juifs aussi; aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, en Argentine, les ultimes grandes communautés en exil, le taux des mariages mixtes évolue entre 50 et 70%; si les enfants de mères juives restent techniquement juifs si l’on peut dire, les enfants des hommes qui ne le sont pas cessent d’appartenir au peuple juif. (…) Imaginera-t-on un monde sans juifs? Pourquoi pas? Claude Lévi-Strauss interrogé sur cette perspective fit observer que les peuples disparus jonchent l’Histoire de l’humanité et qu’il s’en fallut de peu pour que les nazis ne réussissent leur pari d’extermination. Si les juifs disparaissaient, hors quelques sectes intégristes subsidiaires, qu’auraient-ils légué au monde? Le christianisme tout d’abord et aussi paradoxalement l’islam; sans les juifs, sans la Bible, pas de Christ, pas de Mahomet. Le judaïsme survivrait donc pour l’éternité prévisible chez ceux-là mêmes qui voudraient s’en défaire. Un autre legs aussi: l’ironie qui naît de l’exil. Parce que les juifs sont en exil, quel que soit le lieu où ils habitent, ils ont toujours porté sur le monde un regard distancié, qui éclaire leur humour insupportable et les théories qui en sont nées. Si tant de juifs ont interprété le monde autrement que du premier regard, de Freud à Marx, de Schomberg à Kandinsky, ce n’est pas du fait d’un génie particulier, mais parce qu’ils ont toujours occupé par rapport à ce monde une situation oblique. Ce décalage conduit à voir autrement ou à apercevoir une vérité qui porte au-delà de la réalité. Un monde sans juifs est-il envisageable? Il resterait alors le souvenir des juifs et une interprétation du monde qui n’eut pas été la même sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur oeuvre est-elle achevée et les temps sont mûrs pour qu’ils nous quittent. Telle est du moins l’interrogation fondamentale que devrait susciter la fin possible d’Israël comme nation et celle de la diaspora qui va se dissolvant dans les étreintes conjugales. Cette jérémiade est-elle infondée? Dieu seul le sait.

    Guy Sorman

    Où que l’on se trouve dans le monde musulman, quelle que soit la distance géographique qui sépare de la Palestine, la question surgit, même quand on voudrait l’éviter. Certes, plus on s’éloigne du monde arabe, vers le Bangladesh, Djakarta ou l’Afrique au sud du Sahara, les musulmans passent de l’engagement à l’inquiétude, de la posture à la rhétorique… Mais ne nions pas que, outre le Coran, les musulmans estiment avoir la Palestine en commun. (…) Certains événements minuscules ou cocasses modifient radicalement le regard que l’on porte sur le monde. Avant Hébron, je ne m’étais jamais trop interrogé sur l’Etat d’Israël : on ne peut penser à tout. Depuis Hébron j’ai une conviction bien ancrée : l’Etat d’Israël est une erreur historique, les Juifs n’avaient pas vocation à créer un Etat. (…) « Etes-vous juif ? » Au cours de ma déjà longue existence protégée d’intellectuel français né après l’Holocauste, cette question ne me fut jamais posée qu’une seule fois, sur un mode agressif. C’était en Palestine, en l’an 2000, à l’entrée de la ville d’Hébron… Le soldat était un Israélien d’origine éthiopienne : un Falacha, reconnu comme Juif en un temps où Israël manquait d’immigrés nouveaux pour meubler les bas échelons de la nation. Les Russes n’étaient pas encore arrivés ! (…) A l’entrée du tombeau dit d’Abraham, il me fallut à nouveau arbitrer entre les trois confessions issues de cet ancêtre… Je fus un instant tenté par l’islam chiite ; mon compagnon palestinien m’en dissuada. Je m’en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race. A l’intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens . (…) il n’y a pas de bonne solution au fait d’être juif, hormis celle de cesser de l’être. (…) Pour ceux qui veulent bien écouter les Arabes, l’attente de la fin d’Israël, active ou contemplative, reflète une conviction profonde. Peu le disent, de crainte de passer pour des extrémistes ; tous le pensent plus ou moins confusément. Dans l’Egypte en paix avec Israël depuis plus de 20 ans, les plus tolérants font preuve de patience, tout en nourrissant l’espoir que leur pays ne sera pas impliqué dans la disparition d’Israël. (…) Les modérés à la manière de Hassan Hanafi se demandent pour quelle obscure raison les Juifs s’accrochent à ce lambeau de terre si inhospitalier, alors que le monde est si vaste et qu’un grand nombre d’Israéliens, en sus de leur passeport israélien, ont une nationalité en réserve : française, américaine, argentine, etc. On se le demande aussi. (…) Un monde sans Juifs est envisageable ; il y subsisterait le souvenir des Juifs, une interprétation du monde qui n’eût pas été possible sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu’ils se dissolvent dans l’Occident ? (…) En revanche, il restera toujours des musulmans, Que cette vision d’Apocalypse sur la fin des Juifs soit excessive ou fondée, Dieu seul le sait. (…) La charia s’y applique : il arrive que l’on coupe en public la main d’un voleur ; certaines femmes adultères auraient été liquidées, sans témoins. Il faut s’en émouvoir, tout en sachant qu’en pratique ces châtiments publics sont rares, car les voleurs peu nombreux.

    Guy Sorman (Les enfants de Rifaa)

    On m’objectera, en France surtout, où la communauté juive est en majorité issue d’Afrique du Nord, que des Juifs sont victimes d’actes criminels. Rarissimes, ils sont commis par de jeunes Arabes qui reconstituent, dans leurs quartiers de Paris ou Marseille, le conflit israélo-palestinien. Or, on ne saurait confondre antisionisme et antisémitisme. L’antisionisme est fondé sur une situation réelle : les Palestiniens ne sont pas mythiques, leurs revendications non plus bien que difficiles à satisfaire.

    Guy Sorman
















  • Notice: Undefined property: wpdb::$is_admin in /home3/baraka/public_html/wp-includes/wp-db.php on line 684