eXc: Nous aimons la liberté, l'état de droit, l'héritage des Lumières, la séparation de l'église et de l'état, l'humour. Nous n'aimons pas le fascisme, le communisme, l'antiaméricanisme, l'antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l'islamofascisme. Lire plus

France: On a trop souvent joué avec le Front national (Déjà vu: French socialists gearing up for reverse vote-for-the-Crook-not-the-Fascist election strategy)

Posté le mercredi 11 mars 2015 par Admini

https://i2.wp.com/s.tf1.fr/mmdia/i/32/7/carpentras-manifestation-place-de-la-bastille-le-14-mai-1990-10808327hsses.jpg

https://i0.wp.com/davidphenry.com/Paris/StudentsProtesting1May2002.jpg

Attention: un fascisme peut en cacher un autre !

Rassemblement républicain, apartheid social, profanations de cimetières juifs, stigmatisation de Marine Le Pen, excommunication de malpensants …

A l’heure où des deux côtés de l’Atlantique la même gauche ne gouverne désormais plus qu’à coup de décrets …

Et où à la veille d’une nouvelle élection (pour des départements appelés à être supprimés ?) annoncée catastrophique pour la gauche au pouvoir …

Mais surtout, pour les présidentielles de 2017, d’une probable réédition du 21 avril 2002 …

Le gouvernement Hollande-Valls en rajoute, entre appels à la « stigmatisation » et au « peuplement », dans la bonne vieille démagogie anti-fasciste …

Comment ne pas repenser avec Eric Zemmour mais aussi avec le demi-aveu du responsable PS Jean-Marie Le Guen …

Aux paroles de Lionel Jospin …

Rappelant lui-même il y a quelques années que l’antifascisme des années mitterrandistes n’étaient en fait « que du théâtre » ?

Et donc comment ne pas voir …

La stratégie miterrandienne de plus en plus évidente, de la part d’un pouvoir à nouveau aux abois, de se bricoler un 21 avril à l’envers …

Où après l’impossible choix de 2002 entre l’escroc Chirac et le facho Le Pen …

Les électeurs français se verraient contraints et forcés de choisir …

Entre la prétendue facho Le Pen fille et le véritable zozo Hollande ?



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10 réponses à “France: On a trop souvent joué avec le Front national (Déjà vu: French socialists gearing up for reverse vote-for-the-Crook-not-the-Fascist election strategy)”

  • 10
    jc durbant:

    Un peu sur le modèle de l’affrontement Trump-Clinton …

    il n’est effectivement pas impossible que confrontée à Emmanuel Macron, la candidate du FN réussisse à l’emporter tant leurs candidatures apparaissent comme le miroir inversé l’une de l’autre. Un peu sur le modèle de l’affrontement Trump-Clinton. L’électorat de droite aux tendances souverainistes et rétif au multiculturalisme pourrait préférer Marine Le Pen. Quant à l’électorat de gauche assumée, il pourrait avoir des difficultés à se prononcer en faveur du libéralisme d’Emmanuel Macron et s’il ne se reporterait sans doute pas majoritairement sur Marine Le Pen, il pourrait préférer s’abstenir. Reste qu’Emmanuel Macron n’est nullement assuré d’être au second tour. Bien qu’étant au même niveau d’intention de vote que François Fillon, la certitude de vote en sa faveur est bien inférieure à celle du candidat LR. Il apparaît donc comme un excellent candidat de second tour, mais son score au premier tour est encore sujet à caution.
    Dans tous les cas, pour l’emporter Marine Le Pen a besoin de creuser l’écart au premier tour avec les autres candidats. Il lui faut créer créer une dynamique telle que son concurrent du second tour ne puisse pas la rattraper. Au final, dans l’état actuel des choses, la victoire de Marine Le Pen n’est pas la plus probable, mais elle est cependant possible.

    Nombre de propositions du FN (autorité de l’État, limitation de l’immigration, politique ferme en matière d’insécurité) sont majoritaires dans l’opinion publique lorsqu’elles sont évoquées en aveugle, c’est-à-dire sans identification partisane ; mais elles font l’objet d’un rejet à partir du moment où elles sont marquées de l’étiquette du parti. Les Français semblent désirer la mise en œuvre de certaines mesures préconisées par le FN mais pas son arrivée au pouvoir…

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/20/31001-20170220ARTFIG00175-guillaume-bernard-la-victoire-de-marine-le-pen-est-improbable-mais-elle-est-possible.php (merci james)

  • 9
    jc durbant:

    FN: vers la normalisation de trop? (Le Front National sans le souffre est-il encore le Front National? – Le vin est coupé et pourtant elle continue à ajouter de l’eau)

    Le Front National sans le souffre est-il encore le Front National? Sans cette image antisystème transgressive ce parti a-t-il encore un sens? A l’heure où les peuples occidentaux semblent avoir soif de radicalité, le FN «normal» n’est-il pas à contre-courant? François Hollande, dernier tenant de la normalité en politique, pourrait témoigner qu’à trop se normaliser un Président se désintègre. Au contraire, Donald Trump, que tout le monde imaginait s’assagir après son élection, continue à mener sa politique extérieure et intérieure à coup de tweets plus ou moins incendiaires.

    C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai écouté les vœux de Marine Le Pen à la presse pour 2017. Je fus surpris qu’elle croit nécessaire de rappeler qu’elle savait où elle allait et comment y aller. L’inverse eu été inquiétant à quatre mois de l’échéance mais passons. En revanche ses propositions vis-à-vis de l’Union européenne attirèrent mon attention. Ainsi la passionaria de la sortie de la France de l’Euro et du retour au franc souhaite en réalité un retour à une monnaie commune comme l’ECU créé en 1979. Un retour également au Serpent Monétaire Européen qui avait pour mission d’encadrer les fluctuations des monnaies nationales des pays européens à partir des années 1970. La mode est au vintage mais là on est plutôt dans le démodé, il ne manque plus qu’une référence à Giscard pour totalement dans le ton.

    Le vin est coupé et pourtant elle continue à ajouter de l’eau: si elle est élue, elle promet, non pas de dénoncer purement et simplement les accords de Schengen mais de les renégocier. La sortie de la France de l’Union européenne? Elle fera campagne pour un Frexit uniquement si elle n’arrive pas à rapatrier les pouvoirs en matière de contrôle de l’immigration et d’économie. David Cameron sort de ce corps! Organiser un référendum ce n’est pas vraiment la même chose que de «libérer notre pays de la tutelle économique, monétaire, législative et territoriale de l’Union européenne» comme l’annonce le dernier tract de la candidate. Est-ce à dire que si un accord est trouvé la France reste dans l’Union européenne? Et si par un pied de nez dont l’histoire a le secret le référendum est un échec pour elle? Démissionne-t-elle aussitôt élue? On s’éloigne de la prise du pont d’Arcole.

    Désormais il y a une feuille de papier à cigarette entre le programme de «Marine» et celui du candidat des Républicains qui lui aussi propose de réformer Schengen et la Commission Européenne. Le FN survivra-t-il à cette normalisation de trop?

    L’avenir dira si le parti de Marine le Pen parvient à maintenir sa capacité d’attraction sans sa capacité de subversion. Un rapide état des lieux avec Emmanuel Macron devant elle dans un sondage, François Fillon en hausse chez les fonctionnaires dans un autre, une opposition interne sur les questions européennes, sans évoquer les sujets de société, rappelant certains débats du RPR des années 80 et le choix d’une ligne pragmatique tout à fait blairiste pour étouffer les divisions donne à penser que le plus dur est à venir.

    Il ne manquerait plus que Florian Philippot et Marion Maréchal Le Pen continue leur duel à fleuret plus ou moins mouchetés pour que de «dédiabolisé», l’ex Front National devienne totalement «bordélisé».

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/01/16/31001-20170116ARTFIG00336-front-national-les-limites-de-la-dediabolisation.php (merci james)

  • 8
    jc durbant:

    Quand Marine cite Le Pen …

    Les «élites» françaises, sous l’inspiration et la domination intellectuelle de François Mitterrand, on voulu faire jouer au Front National depuis 30 ans, le rôle, non simplement du diable en politique, mais de l’Apocalypse. Le Front National représentait l’imminence et le danger de la fin des Temps. L’épée de Damoclès que se devait de neutraliser toute politique «républicaine». Cet imaginaire de la fin, incarné dans l’anti-frontisme, arrive lui-même à sa fin. Pourquoi? Parce qu’il est devenu impossible de masquer aux Français que la fin est désormais derrière nous. La fin est consommée, la France en pleine décomposition, et la république agonisante, d’avoir voulu devenir trop bonne fille de l’Empire multiculturel européen. Or tout le monde comprend bien qu’il n’a nullement été besoin du Front national pour cela. Plus rien ou presque n’est à sauver, et c’est pourquoi le Front national fait de moins en moins peur, même si, pour cette fois encore, la manœuvre du «front républicain», orchestrée par Manuel Valls, a été efficace sur les électeurs socialistes. Les Français ont compris que la fin qu’on faisait incarner au Front national ayant déjà eu lieu, il avait joué, comme rôle dans le dispositif du mensonge généralisé, celui du bouc émissaire, vers lequel on détourne la violence sociale, afin qu’elle ne détruise pas tout sur son passage. Remarquons que le Front national s’était volontiers prêté à ce dispositif aussi longtemps que cela lui profitait, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui. Le parti anti-système a besoin du système dans un premier temps pour se légitimer. Nous approchons du point où la fonction de bouc émissaire, théorisée par René Girard va être entièrement dévoilée et où la violence ne pourra plus se déchaîner vers une victime extérieure. Il faut bien mesurer le danger social d’une telle situation, et la haute probabilité de renversement qu’elle secrète: le moment approche pour ceux qui ont désigné la victime émissaire à la vindicte du peuple, de voir refluer sur eux, avec la vitesse et la violence d’un tsunami politique, la frustration sociale qu’ils avaient cherché à détourner. Les élections régionales sont sans doute un des derniers avertissements en ce sens. Les élites devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Y-a-t-il une solution pour échapper à une telle issue? Avouons que cette responsabilité est celle des élites en place, ayant entonné depuis 30 ans le même refrain. A supposer cependant que nous voulions les sauver, nous pourrions leur donner le conseil suivant: leur seule possibilité de survivre serait d’anticiper la violence refluant sur elles en faisant le sacrifice de leur innocence. Elles devraient anticiper la colère d’un peuple qui se découvre de plus en plus floué, et admettre qu’elles ont produit le système de la victime émissaire, afin de détourner la violence et la critique à l’égard de leur propre action. Pour cela, elles devraient cesser d’ostraciser le Front national, et accepter pleinement le débat avec lui, en le réintégrant sans réserve dans la vie politique républicaine française. Pour cela, elles devraient admettre de déconstruire la gigantesque hallucination collective produite autour du Front national, hallucination revenant aujourd’hui sous la forme inversée du Sauveur. Ce faisant, elles auraient tort de se priver au passage de souligner la participation du Front national au dispositif, ce dernier s’étant prêté de bonne grâce, sous la houlette du Père, à l’incarnation de la victime émissaire. Il faut bien avouer que nos élites du PS comme de Les Républicains ne prennent pas ce chemin, démontrant soit qu’elles n’ont strictement rien compris à ce qui se passe dans ce pays depuis 30 ans, soit qu’elles l’ont au contraire trop bien compris, et ne peuvent plus en assumer le dévoilement, soit qu’elles espèrent encore prospérer ainsi. Il n’est pas sûr non plus que le Front national soit prêt à reconnaître sa participation au dispositif. Il y aurait intérêt pourtant pour pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car si un tel aveu pourrait lui faire perdre d’un côté son «aura» anti-système, elle pourrait lui permettre de l’autre, une alliance indispensable pour dépasser au deuxième tour des présidentielles le fameux «plafond de verre». Il semble au contraire après ces régionales que tout changera pour que rien ne change. Deux solutions qui ne modifient en rien le dispositif mais le durcissent au contraire se réaffirment. La première solution, empruntée par le PS et désirée par une partie des Républicains, consiste à maintenir coûte que coûte le discours du front républicain en recherchant un dépassement du clivage gauche/droite. Une telle solution consiste à aller plus loin encore dans la désignation de la victime émissaire, et à s’exposer à un retournement encore plus dévastateur. (…) Car sans même parler des effets dévastateurs que pourrait avoir, a posteriori, un nouvel attentat, sur une telle déclaration, comment ne pas remarquer que les dernières décisions du gouvernement sur la lutte anti-terroriste ont donné rétrospectivement raison à certaines propositions du Front national? On voit mal alors comment on pourrait désormais lui faire porter le chapeau de ce dont il n’est pas responsable, tout en lui ôtant le mérite des solutions qu’il avait proposées, et qu’on n’a pas hésité à lui emprunter! La deuxième solution, défendue par une partie des Républicains suivant en cela Nicolas Sarkozy, consiste à assumer des préoccupations communes avec le Front national, tout en cherchant à se démarquer un peu par les solutions proposées. Mais comment faire comprendre aux électeurs un tel changement de cap et éviter que ceux-ci ne préfèrent l’original à la copie? Comment les électeurs ne remarqueraient-ils pas que le Front national, lui, n’a pas changé de discours, et surtout, qu’il a précédé tout le monde, et a eu le mérite d’avoir raison avant les autres, puisque ceux-ci viennent maintenant sur son propre terrain? Comment d’autre part concilier une telle proximité avec un discours diabolisant le Front national et cherchant l’alliance au centre? Curieuses élites, qui ne comprennent pas que la posture «républicaine», initiée par Mitterrand, menace désormais de revenir comme un boomerang les détruire. Christopher Lasch avait écrit La révolte des élites, pour pointer leur sécession d’avec le peuple, c’est aujourd’hui le suicide de celles-ci qu’il faudrait expliquer, dernière conséquence peut-être de cette sécession.

    Vincent Coussedière

  • 7
    JFM:

    A propos de ce que dit JC Durbant, le problème, c’est que les politiques sont terrifiés par les médiatiques et par leur pouvoir de défaire et de défaire (par exemple en occultant une gaffe ou en n’informant pas sur les actions électoralement bénéfiques). Par eux et par toutes ces associations qui ont une demi-douzaine d’adhérents, mais un nom bien ronflant dont les leaders sont invités sur tous les médias alors que des associations bien plus représentatives ne le sont jamais, par eux et par quelques intellectuaillons et bateleurs à qui on tend le micro et qui pourraient les accuser de faaaaaccchhhhhhiiiiiistes. Et voila comment alors que 70% des électeurs et 90% des maires de base veulent une chose, les états majors décident le contraire. La négation de la démocratie.

    PS: Une clause à rajouter dans la Constitution. Celle de la laïcité politique. « La République ne subventionne, ni ne finance aucun média ou association ». ça fait au moins depuis Giscard et certainement depuis bien avant que l’Etat finance la propagande de la gauche et de l’extrême-gauche à travers une myriade d’associations écran.

  • 6
    jc durbant:

    Voir aussi:

    Le vote FN traduit un vrai conflit de classes. Tant que les élites, politiques mais aussi économiques, culturelles, médiatiques et administratives n’auront pas intégré cette donnée socio-politique, rien ne changera. (…) La diabolisation du FN parvient à figer le système. Elle fait office de bouclier idéologique qui arrête toujours le FN même quand celui-ci rassemble plus d’un quart de l’électorat. Mais il faut bien comprendre que le sujet n’est pas le FN : en réalité, comme l’a avoué Lionel Jospin, « la lutte antifasciste n’est que du théâtre » qui vise à ne jamais remettre en cause des choix économiques et sociétaux faits il y a plusieurs décennies. (…) Les classes dominantes, les catégories supérieures, les gagnants de la mondialisation, mais aussi ceux qui en sont protégés (les retraités, une partie de la fonction publique), tout cela dépasse largement les élites et forme un gros bloc. Ceux qui croient avoir des avantages à perdre, ça fait du monde. (…) Une majorité, ce n’est pas sûr, une base électorale, oui. Ce sont les retraités qui sauvent l’UMP, ce sont les fonctionnaires et les classes moyennes urbaines qui sauvent la gauche. Ces deux gros blocs sont arrimés ad vitam aeternam aux deux gros partis. Ils ne bougeront pas. (…) la question identitaire (…) travaille les catégories populaires dans la France périphérique (celle des zones rurales, des petites villes et des villes moyennes) mais aussi en banlieue. À ce titre, il faut souligner l’importance de la question identitaire pour la jeunesse populaire (ce n’est pas le cas pour la jeunesse aisée ou branchée des grandes métropoles) qui se manifeste par le vote FN dans la France périphérique, et par la réislamisation pour la jeunesse de banlieue. C’est pour cette raison que la gauche est tellement mal. L’électorat FN est presque plus prolétarisé que ne l’était l’électorat communiste des années 1960, c’est du jamais vu ! À ceci près que nous ne sommes plus en 1960, à l’époque de la « lutte des classes ». Si ces catégories sociales manifestent une « inconscience de classe », elles partagent néanmoins une même perception de la mondialisation, de l’immigration et de l’islam. Inversement, la posture antifasciste de nos élites n’est qu’un écran de fumée cachant des intérêts de classe bien compris. Se dire antifasciste permet de se déguiser en résistant, tout en souhaitant la perpétuation du système. (…) La classe ouvrière stricto sensu est certes ultra-minoritaire. Mais si vous y ajoutez les employés, les petits paysans et autres mal payés et précaires, vous obtenez la majorité de la population active… Ajoutez à cela les retraités et les jeunes issus de ces catégories, et vous avez la majorité de la population française. Aujourd’hui, la majorité de ces catégories populaires vit à l’écart des métropoles, dans une France périphérique qui crée peu d’emploi et de richesse et qui se caractérise par une grande fragilité économique et sociale. (…) la question sociale nous amène à la question identitaire et il faut les prendre en compte toutes les deux. Pourquoi un habitant de Hénin-Beaumont, avec un revenu de 600 euros par mois, préfère-t-il Marine Le Pen à Mélenchon, qui lui propose un SMIC à 1 600 € ? « Ce type est débile ! », explique, pour se rassurer, l’intelligentsia médiatico-universitaire. En gros, si ces gens avaient fait des études, ils voteraient Mélenchon ! Bizarrement, on n’a jamais reproché à l’électorat ouvrier qui votait PCF son niveau de diplôme ! C’est un raisonnement fallacieux, qui vise à nier l’existence de la« frontière invisible ». (…) À la différence de nos parents dans les années 1960, nous vivons dans une société multiculturelle, c’est-à-dire une société où l’autre ne devient pas soi. Et quand « l’autre » ne devient pas soi, les gens ont besoin de savoir « combien va être l’autre », dans son quartier, son immeuble car personne ne veut devenir minoritaire, a fortiori en milieu populaire. Parce que quand on est riche, on peut s’abriter derrière des frontières privées. (…) Contrairement à ce que laisse entendre le clivage électoral qui oppose d’un côté des classes populaires tentées « par le repli » et des classes supérieures affichant leur ouverture, face à l’émergence de la société multiculturelle, nous pensons tous la même chose. Seules les postures changent. Les catégories supérieures ont les moyens d’ériger une « frontière invisible » entre eux et l’autre (y compris dans des quartiers multiethniques) : elles pratiquent l’évitement résidentiel et scolaire, et un séparatisme « cool et invisible » qui permet de continuer à afficher un discours d’ouverture. À l’inverse, l’anxiété des catégories modestes et populaires sur la question migratoire s’explique par l’impossibilité d’opérer ces choix résidentiels et scolaires. Bien à l’abri, ceux qui érigent des frontières invisibles se disent résistants, antifascistes, tandis que les groupes sociaux qui subissent le multiculturalisme au quotidien, se débrouillent comme ils peuvent. Ils exigent de l’État de les protéger et on les qualifie de fachos, de racistes et de beaufs. Rappelons que cette question du rapport à l’autre ne se pose pas seulement pour les « petits blancs » mais pour tous les « petits » – qu’ils soient blancs, noirs, juifs, musulmans. En région parisienne, l’électorat maghrébin qui est en phase d’ascension sociale est de plus en plus sensible aux problèmes de sécurité et d’immigration. En Seine-Saint-Denis, l’évitement des immeubles à forte population africaine par la petite bourgeoisie maghrébine est un secret de polichinelle. [l’électeur qui dépose un bulletin FN dans l’urne] pense prioritairement à l’immigration parce qu’il est fragile socialement. S’il ne se préoccupait que du social, il voterait Mélenchon. Il ne contrôle ni l’endroit où il va vivre, ni son environnement, ni l’école dans laquelle il va scolariser ses enfants. C’est d’ailleurs ce qui explique une montée d’une critique de l’État-providence par ceux-là mêmes qui en ont besoin. Pourquoi ? La montée du discours critique sur l’État, qui serait trop généreux avec les chômeurs, les RMIstes, vise en fait l’immigration. Les programmes de construction de logements sociaux sont ainsi combattus par ceux-là mêmes qui en ont potentiellement besoin. (…) Depuis les années 1980, les quartiers de logements sociaux des grandes métropoles se sont de facto spécialisés dans l’accueil des populations immigrées. Auparavant, ces groupes étaient minoritaires. Et un phénomène n’arrange rien : depuis vingt ans, les non-immigrés s’auto-excluent de la demande de logements sociaux. En région parisienne, la majorité des demandes de logements sociaux émane de ménages immigrés. On peut se demander pourquoi le vote FN explose dans le grand Ouest, alors que d’après Hervé Le Bras, cette région anciennement catholique resterait hermétique à la vague frontiste. La réponse est simple : les gens ont vu changer la grande ville du coin, le logement social de Nantes, de Rennes et de Brest accueillant de plus en plus de ménages immigrés. (…) Je n’ai jamais sous-estimé la question sociale des banlieues, je dis juste que ce ne sont pas des ghettos mais des sas, où se concentrent les flux migratoires. La mobilité de ces zones explique que le portrait social de la banlieue soit toujours dégradé : les diplômés, les ménages en phase d’ascension sociale quittent ces territoires et sont remplacés par des ménages précaires et immigrés. Cette mobilité montre que l’intégration économique et sociale des immigrés est une réalité. Cela s’explique par le fait que, malgré tout, les trois quarts des ZUS sont situés dans les territoires qui comptent, ceux qui créent de l’emploi, c’est-à-dire les grandes métropoles. J’en conclus qu’il vaut mieux vivre à La Courneuve, située à dix minutes du centre de Paris, qu’au fin fond de la Picardie. Alors que des régions comme la Picardie s’enfoncent dans le chômage, les banlieues créent de la classe moyenne depuis vingt ans. Une petite bourgeoisie musulmane d’origine maghrébine a rapidement émergé en région parisienne, au moment où les classes populaires (qui vivent à 80 % en dehors des grandes métropoles) se cassaient la gueule. Soit dit en passant, cette nouvelle classe moyenne n’a pas lâché ses valeurs : vous pouvez très bien être à la fois un cadre supérieur et rester attaché à votre religion et votre système de valeurs. (…) pour la première fois, la majorité des catégories populaires ne vivent pas là où se créent la richesse et l’emploi. Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. Hier, la classe ouvrière vivait dans les régions ou villes industrielles, là où se créait la richesse. Cela entraîne entre autres conséquences une sédentarisation forcée. La France était plus mobile en 1968 qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, la majorité des gens vivent et meurent dans le département où ils sont nés, car qui dit France périphérique dit France sédentarisée. On y trouve de moins en moins d’emplois et ceux qui existent sont mal payés. C’est la France des revenus médians – autour de 1 000-1 500 euros avec le risque d’un chômage définitif. Certains s’illusionnent sur les possibilités offertes par la révolution numérique. On ne crée par sa boîte high-tech dans son coin. Apple n’est pas né dans le Cantal. Si 70 % des cadres supérieurs vivent dans les grandes métropoles, ce n’est pas par hasard ! Résultat, les habitants de la France périphérique sont exclus des possibilités d’ascension sociale et se tournent vers des options politiques antisystème : les Bonnets rouges en Bretagne et le vote FN ailleurs… (…) Pour le moment, certains votent encore, mais les radicalités vont forcément augmenter car aucun projet économique sérieux n’est proposé pour ces territoires ; cette impasse économique renforçant l’anxiété autour des questions identitaires. J’ai travaillé en province au moment de la crise des migrants, et dans le Cantal on m’a posé des questions sur l’immigration. Le logement social vacant, susceptible d’accueillir des migrants, n’est pas dans les grandes métropoles mais dans les petites villes et villes moyennes de cette France périphérique. (…) Le neg’marron, l’esclave qui a fui la plantation, n’obéit plus à son maître. Les catégories populaires ont lâché les partis de gouvernement, c’est vrai dans la France périphérique mais aussi en banlieue où les minorités ont lâché la gauche. Et la qualité des élus n’y change rien : quand vous vous promenez en France, le député du coin ou le conseiller général du coin, de droite ou de gauche, dresse un assez bon diagnostic de son territoire, il connaît ses administrés, sait quelles sont les entreprises qui marchent, etc. Mais ces petits élus n’ont aucun pouvoir à l’intérieur de leur parti. Tout cela aboutira à une fracture à l’intérieur même des partis, entre les élus de cette France périphérique d’un côté, et les élus des métropoles et les états-majors de l’autre. (…) Qu’il s’agisse de Buisson ou de Terra Nova, du petit blanc ou de l’immigré, les deux grands partis ont intégré depuis longtemps le fait ethnoculturel, sans le dire. Ils constatent que les classes populaires ne se déterminent plus sur des questions d’ordre économique ou social, mais sur des questions identitaires. C’est vrai pour les musulmans comme pour les non-musulmans. En 2012, Sarkozy était le candidat idéal pour la gauche : dépeint comme islamophobe, négrophobe, anti-arabe, anti-immigré et (pire !) sioniste, il a permis au PS de mobiliser la banlieue contre lui. Ça a marché. Cette stratégie est beaucoup plus compliquée à appliquer en face d’une candidate comme Valérie Pécresse. La preuve : les musulmans ne sont pas allés voter Bartolone. L’indigénat, c’est fini ; les banlieues ne sont plus un électorat captif de la gauche. On l’avait déjà vu aux municipales quand Bobigny, Aulnay-sous-Bois ont basculé à droite, y compris dans des quartiers très majoritairement musulmans et/ou maghrébins, qui ont voté à droite parce qu’il y avait des camps de Roms en bas de chez eux. (…) Depuis plusieurs années, à en croire les sondages, environ 70 % des Français considèrent en effet qu’il y a trop d’immigrés en France. Malgré tout, les politiques ne bougent pas car ils restent prisonniers du dogme sans-frontiériste, sur l’immigration comme en économie. À gauche, la gêne est palpable. En tout cas, je ne connais aucun élu qui souhaite accueillir plus d’immigrés. En général, ils expliquent qu’ils veulent lutter contre la concentration et encourager la mixité. Mais, il faudra qu’on m’explique en quoi la « concentration » est mauvaise en soi ! Que je sache, autrefois, il n’y avait aucune mixité sociale : les ouvriers vivaient dans des quartiers ouvriers et personne ne se posait la question de savoir si le fils de l’ouvrier rencontrait le fils de l’avocat ! (…) on ne peut pas imposer le mélange. Quoi qu’il en soit, tous les élus, y compris de gauche, sont d’accord avec l’idée qu’il faut réguler les flux migratoires, mais poser cette question, c’est mettre le doigt dans un engrenage qui pourrait conduire à remettre en cause, non seulement la libre circulation des personnes, mais aussi celle des biens et des capitaux, autant dire la mondialisation elle-même. On comprend que le patronat ne tienne pas à ouvrir cette boîte de Pandore. Voilà pourquoi l’immigration est un sujet tabou, comme l’était le sexe au xixe siècle !

    Christophe Guilluy (merci james)

  • 5
    JFM:

    Samedi je prenais le train Gare de Lyon. L’accès menant du RER à la gare était couvert d’é d’énormes pubs pour une BD la Présidente où l’on voit MArine Le Pen souriante dans le bureau de l’Elysée.

    Et c’est là que je me suis demandé d’où vient l’argent? Parce que je n’ai jamais vu un tel déploiement de pub pour une BD. Même pour les séries à succès telles que XIII voire Astérix la rentabilité n’est pas telle qu’elle justifierait (et permettrait de couvrir les frais) d’un tel déploiement publicitaire. Alors? Les associations? Nos impôts à travers des associations écran? Nos impôts destinés à d’une part faire assurer la présence de Marine Le Pen au premier tour et à nourrir le réflexe « républicain » au second (« répuplicain » voulant dire un arc allant de Sarkozy à cette extrême-gauche amie des islamistes et qui rêve de Solution Finale par arabes interposés) afin de faire réélire Hollande?

  • 4
    jc durbant:

    MENSONGES, GROS MENSONGES ET STATISTIQUES

    “Il y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les gros mensonges et les statistiques.”

    Benjamin Disraeli

    Il faut savoir que le CCIF comptabilisait à l’époque comme «actes islamophobes» des faits aussi divers qu’une question posée à une jeune femme voilée lors d’un entretien à l’ANPE, des règlements de compte crapuleux, des vols relevant du simple droit commun, des propos jugés insultants et, beaucoup plus graves, des expulsions de prédicateurs violemment antisémites et appelant au djihad contre les infidèles et l’Occident, voire en lien avec des entreprises terroristes.

    Les relevés du CCIF ne sont plus disponibles sur leur site. En revanche, il a conservé sa spécificité: délivrer de fausses informations, amplifier des phénomènes, accumuler des faits invérifiables. Agissant sur les réseaux sociaux en véritables commandos groupés, ses membres pratiquent ce que ReputatioLab appelle «cloudsurfing», contraignant ainsi les médias à se tourner vers eux et, de ce fait, à légitimer leur discours. À l’aide de hashtags affolants (#PerquisitionnezMoi, par exemple), ils mobilisent des comptes dont on ignore tout de la tangibilité dans le monde réel. La question se pose vraiment, car nombre de musulmans ne s’y retrouvent absolument pas et refusent cette instrumentalisation victimaire. À propos des perquisitions, le porte-parole du CCIF, Yasser Louati, a ainsi déclaré sur Al-Jazeera qu’elles consistaient en «raids brutaux» et humiliaient des «millions de musulmans»…

    la gravité des actes n’entre pas en considération dans la froideur statistique. Je tiens ici à préciser que parmi les 806 actes antisémites constatés sur à peine 1 % de la population, il y a eu en 2015 quatre victimes juives massacrées à l’HyperCasher parce qu’elles étaient juives – et que la policière Clarissa Jean-Philippe a été abattue parce qu’elle était postée à proximité d’une synagogue et d’une école juive, ainsi que plusieurs agressions au couteau particulièrement graves, destinées à tuer et ayant entraîné des blessures sanglantes, portées dans la rue contre des concitoyens juifs parce que juifs.

    Le patrimoine cultuel chrétien est en effet celui qui est le plus touché en nombre par les dégradations. Il est aussi le plus important en nombre, en France. Encore une fois, il faudrait être en mesure de connaître le détail de chaque dégradation ou violence envers les personnes en raison de leur confession pour répondre correctement à une telle question. Je déplore que certains chrétiens versent en effet dans une forme de concurrence victimaire.S’exprime surtout la crainte d’être dépossédé non du nombre d’exactions, mais d’une part de son identité historique.Il est vrai que les médias, quant à eux, ne relaient pas en boucle sur le ton le plus offusqué les exactions antichrétiennes. Dans la logique qui est la mienne, je considère que c’est heureux car ces escalades médiatiques ne présagent rien de bon.

    Il faut cependant distinguer, à mon sens, ce qui relève de «traditions» d’extrême droite en général assez localisées – je n’ai pas encore décrypté les chiffres de 2015, mais entre 2003 et 2012, nombre de profanations de lieux de culte et de sépultures musulmans et juifs avaient eu lieu au même endroit et au même moment, et, pour ce qui concerne les lieux chrétiens, les actes motivés par des groupuscules satanistes. Cela dit, les inscriptions racistes sur les mosquées, les jets de chair porcine, les menaces adressées à des responsables musulmans et les dégradations spécifiquement antimusulmanes se sont en effet multipliées, surtout après les attentats de janvier, comme une réponse abjecte à l’horreur des massacres. La hausse a été moins forte après les attentats de novembre.

    Je pense d’ailleurs que l’on gagnerait en sérénité si, plutôt que se saisir de faits dont on ignore les causes et de les relayer dans tous les médias, on les considérait non pas en raison du nombre de plaintes déposées, mais après résultat d’enquêtes. Il faudrait analyser dans le détail les dates, les faits, les auteurs et les motivations.

    Peut-être conviendrait-il aussi d’étudier de près les menaces et les discours que des prédicateurs proches des courants fréristes, salafistes, wahhabites délivrent à leurs fidèles ou lancent contre des personnalités dont le seul tort est de s’exprimer. N’oublions jamais qu’être accusé d’être islamophobe tue.

    Isabelle Kersimon

  • 3
    Gérard Pierre:

    Le fascisme est consubstantiel à notre système républicain.

    Qui connaît le texte fondateur du système républicain français ? …… Assurément peu de personnes !

    La majorité de nos politiques ignore son existence et le peu qui en a connaissance se garde bien de le porter sur la voie publique.

    Ce texte fondateur date du 07 septembre 1789 ! … Il a donc plus de 225 ans !

    Il a été écrit et proclamé par l’abbé Sieyès !

    L’abbé Sieyès, un ecclésiastique aussi retord que l’évêque Talleyrand, …… l’un et l’autre étant des personnages déterminants de la révolution et du directoire, …… L’abbé Sieyès donc dis-je opposait le gouvernement représentatif, …… qu’il promouvait, …… et le gouvernement démocratique qu’il rejetait.

    Texte intégral de son discours FONDATEUR de la République :

    « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

    Cela peut-il être dit et écrit plus clairement ?

    Depuis la fulgurante 1ère république jusqu’à la Vème, PERSONNE n’a jamais remis ce principe fondateur en cause ! …… et la VIème république réclamée par messieurs Mélenchon, Montebourg et consort, n’envisage pas de changer quoi que ce soit à cela !

    Nous comprenons maintenant pourquoi, après que les Français aient rejeté par 53% des voix le projet de traité constitutionnel européen, le Président Sarkozy [représentant, au sens sieyèsien du terme] s’est empressé d’aller dédire à Bruxelles le résultat de notre suffrage universel ! …… et ce en toute conformité des lois de la république une & indivisible, et de la Constitution !

    Eh bien le fascisme n’est rien d’autre qu’un système autoritaire comme le système républicain, qui confie à des représentants élus des mandats en forme de chèques en blancs délivrés sans contre partie après une série de mensonges sans conséquences !

    Merci l’abbé !

    On comprend dès lors POURQUOI nos élus ne feront jamais rien pour changer ce système et qu’ils continueront aussi longtemps qu’ils le pourront :

    ¤ À réputer ABSTENTIONNISTES, …… par un tour de passe-passe sémantique, …… les électeurs qui sont en réalité ABSENTÉISTES ! …… ce qui n’est pas la même chose mais permet d’occulter la notion de quorum !

    ¤ À ne pas comptabiliser les VOTES BLANCS, …… lesquels sont en réalité ceux des véritables ABSTENTIONNISTE, …… et que, pour brouiller les pistes, on comptabilise avec les votes nuls pour éviter qu’ils ne ressortent trop clairement,

    ¤ À ne pas vouloir entendre parler d’un QUORUM qui rendrait nulle toute élection qui n’aurait pas requis la participation d’un minimum de 50% + 1 (procurations comprises) des électeurs inscrits sur les listes électorales,

    ¤ À ne pas comptabiliser les BULLETINS BLANCS qui, par exemple, …… s’ils avaient été pris en compte lors de l’élection présidentielle de mai 2012, …… n’auraient pas permis que François Hollande devienne le locataire de l’Élysée !

    Démonstration :

    18.004.656 Hollande – [16.865.340 Sarkozy + 2.146.408 Blancs] = 1.007.092 voix manquantes.

    Hollande n’a donc recueilli que 48,64% des voix RÉELLEMENT EXPRIMÉES.

    Il n’a donc pas été élu à la majorité comme le proclament les sophistes de l’idéologie républicaine ! …… C’EST ARITHMÉTIQUEMENT, …… ET DONC DÉMOCRATIQUEMENT …… FAUX ! (mensonge par la statistique, une fois encore !)

    L’élection aurait du être à refaire,

    …… ce qui aurait constitué une bonne leçon pour l’ensemble de la classe politique, trop habituée à traiter un peu trop facilement les choses par-dessus la jambe !

    Alors ? …… après tout cela, …… où en êtes-vous mes Seigneurs et gentes Dames dans vos analyses du fascisme et des ‘’zantifascistes‘’ ?

    Vichy n’était-il pas, … déjà, … consubstantiel à la IIIème république ?

  • 2
    franky:

    Il faut bien que jeunesse se passe…

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes.

    Winston Churchill

    Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer.

    Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)

    On peut avoir une très mauvaise séquence électorale. On peut perdre 35 départements.

    Jean-Christophe Cambadélis (premier secrétaire du PS)

    Il ne faut «pas seulement une politique du logement et de l’habitat» mais une «politique du peuplement». Une «politique du peuplement pour lutter contre la ghettoïsation, la ségrégation.

    Manuel Valls

    Le fascisme, contre lequel pensent lutter toutes ces légions d’anges sans mémoire et sans sexe, est un mythe, non une réalité. S’ils savaient reconnaître le fascisme dans la réalité, ils seraient tous fièrement islamophobes, à l’instar de Wilders, et de Churchill, qui savait de quoi il parlait.

    Radu Stoenescu

    Nous nous demandons si nous n’avons pas fait l’objet d’une récupération politique.

    Jean Hassoun (président de la communauté juive d’Avignon)

    En se joignant à la manifestation parisienne, le président de la République défendait l’idée que si la France devait « se ressaisir », c’était à l’État de donner l’impulsion. Par ce geste, il montrait également qu’il avait pris note des critiques formulées depuis l’annonce de la profanation, par voie de presse, à l’encontre de son gouvernement. En effet, pour nombre de journalistes, la profanation était symptomatique d’une France en crise. François Mitterrand a été réélu le 8 mai 1988 à la présidence de la République mais son parti est en déroute. « Le bilan des années Mitterrand aurait pu être positif s’il n’était entaché par une grave carence morale et […] un développement considérable de la corruption. » Le gouvernement et les parlementaires socialistes ont souffert d’un discrédit profond dans l’opinion, conséquence de l’enchaînement ininterrompu des « affaires » Parmi celles-ci, citons les procédés illégaux de financement… . La série d’élections en 1988-1989 est un bon indicateur de la crise qu’ils traversent. Aux municipales et cantonales, on relève une augmentation de l’abstention et une réorientation du corps électoral vers le FN ou les Verts. Les élections européennes ne font que confirmer cette tendance. Quant à la droite, elle peine à se positionner sur l’échiquier politique français. Les éditoriaux du Figaro illustrent bien de quelle façon les proportions de l’événement Carpentras, rapportées à la morosité politique ambiante, ont été redimensionnées : « N’insistons pas sur le machiavélisme d’un pouvoir socialiste qui ne songe, depuis des années, qu’à gonfler les voiles de l’extrême droite. Plaignons-le, il aura des comptes à rendre à l’histoire » (Franz-Olivier Gisbert) . Le 14, Xavier Marchetti poursuit dans la même veine : « Il faut aussi faire la part de la pernicieuse dégradation de la vie politique. Elle entraîne moquerie et rejet » Xavier Marchetti, « Une société malade », Le Figaro,… . D’aucuns rétorqueront que Le Figaro, journal de droite, en a profité pour tirer à bout portant sur les socialistes. Mais leurs confrères de Libération ont aussi relié l’événement au climat général. Ils parlent d’« authentique désarroi » et citent Jacques Chirac qui voit dans cette profanation la manifestation d’une « crise dont nous sommes tous responsables » . Au moment où les formations traditionnelles étaient en proie au malaise, sans réponse face aux problèmes de l’immigration À l’automne 1989, l’affaire du foulard islamique relance… et de l’insécurité, le FN récoltait des voix. Qui veut comprendre la facilité avec laquelle s’est mise en place la rhétorique de culpabilisation du FN autour de la profanation de Carpentras doit la mettre en relation avec la visibilité croissante du parti dans le paysage politique français. Que l’acte ait eu lieu en Provence, terre d’élection du Front National, qu’il ait été commis, apparemment, dans la nuit du mercredi au jeudi Les premières conclusions de l’enquête ont débouché… [17] , juste après le passage de Jean-Marie Le Pen à L’Heure de vérité : ces données forment un faisceau d’indices qui désignent le parti d’extrême droite comme coupable pour la classe politique. (…) En septembre 1990, un article du sociologue Paul Yonnet dans la revue Le Débat relance la polémique : l’ancrage historique de l’événement aurait eu pour but d’assurer « la culpabilité récurrente de Le Pen » Paul Yonnet, « La machine Carpentras », Le Débat, septembre-octobre… . Ce rebondissement vient étayer la thèse selon laquelle cette profanation est devenue presque instantanément un « récit médiatique » construit et imposé. Dès son exposition sur la scène publique, l’acte a échappé à ses protagonistes. Les médias et les pouvoirs publics se sont approprié l’information pour la reconstruire selon leurs interprétations, interdisant de la regarder comme une empreinte immédiate du réel. La profanation n’est pas la première du genre mais en mai 1990 à Carpentras le cadavre d’un homme juif a été exhumé et empalé (il s’agissait en fait d’un simulacre, comme le révélera l’enquête par la suite). Ce fait a joué de tout son poids dans la réception de la profanation. Il a constitué le motif sur lequel les instances de médiation ont pu unanimement greffer une trame aux tissages politique, historique et mémoriel. La conjonction de plusieurs éléments contextuels, désarticulation du corps social et climat politique délétère, ascension électorale du Front National, réactivation concomitante de la mémoire de la Shoah et de la mémoire de Vichy, permet seule de dénouer les fils du récit médiatique de la profanation de Carpentras. Émergeant dans une France profondément désorientée, l’acte perpétré a cristallisé les angoisses et les hantises du moment, en libérant les consciences et la parole. La manifestation du 14 mai 1990 a bien montré la valeur curative que l’on a prêtée à l’événement : expurger les maux de la société et la gangrène de la mémoire.

    Floriane Schneider

    N’insistons pas sur le machiavélisme d’un pouvoir socialiste qui ne songe, depuis des années, qu’à gonfler les voiles de l’extrême droite. Plaignons-le, il aura des comptes à rendre à l’histoire.

    Franz-Olivier Giesbert

    The Left in France has been using the rhetoric of “anti-racism” to give itself a moral agenda and place the mainstream Right on the defensive. Up to now, moreover, this tactic has been successful. At Carpentras, the Minister of the Interior (who has responsibilities comparable to our Attorney General) virtually accused Le Pen of being responsible for the outrage. Then, as if such blatant politicization of a criminal affair were not sufficient, the Interior Ministry proceeded thoroughly to botch the Carpentras investigation. Not only was evidence lost, but it developed that the desecration, undoubtedly disgusting, was not quite so gross in its physical details as the Minister (and his government colleagues) had at first let on. Whether they themselves had been deceived by misleading reports, or whether they were unable to resist an opportunity to make a public show of moral indignation, will probably never be known. What is known is that there is no extremist group in France, particularly on the far Right, that remains closed to the police, and if any such group had been implicated the fact would have emerged quickly. As Salomon Malka, a radio journalist, was forced to conclude, “We feel we’ve been cuckolded. I hope it’s not worse than that. But the crime certainly was manipulated for political ends. » Beyond the calculations of domestic politics, public displays of “anti-anti-Semitism” in France, as the historian Annie Kriegel has noted, serve another purpose: “covering” a government foreign policy that is not well disposed toward Israel, and indeed has not been well disposed ever since the Six-Day War of 1967. (If anything, Mitterrand has been rather more sympathetic, at least at the level of gestures, than his predecessors.) Thus, just after Carpentras, the French government sent its human-rights man, Bernard Kouchner, to Israel to complain about its treatment of Arabs. Finally, and perhaps most importantly, the intellectuals in France (broadly speaking), despite their ritual “anti-anti-Semitism,” have permitted a public discourse to develop in which anti-Semitism nevertheless is a factor. Today, “certain things” can be said in France about the Jews that could not have been said twenty, let alone thirty or forty, years ago; and though these “certain things” are ritually denounced, they are seldom rebutted. What has happened in the intellectual world is that sentimental indignation often has taken the place of serious combat. The shifting attitudes of the French Left to Israel play an important role here. It was Liberation, the same paper that ran the headline “Outrage” after Carpentras, that in 1976 greeted Israel’s lifesaving raid on Entebbe with the headline, “Israel, Champion Terrorist.” The paper would almost certainly not do this today—after repeated demonstrations of the way Israel’s enemies behave, the French media have acquired a certain respect for that country’s security requirements. Yet the often virulently anti-Israel view which prevailed on the Left between the end of the Six-Day War and the withdrawal from Lebanon did make it easier to raise other “questions” about the Jewish people, past and present, and the poison of that earlier view still lingers in the air. No wonder, then, that French intellectuals, whose delicate consciences only yesterday were hurt by Israel’s insistence on defending itself, today often lack the lucidity needed to mount an effective argument in behalf of Israel in particular, and the Jewish people in general, and instead wander perplexedly about in what the historian François Furet has justly called the “desert of antiracism.” So there is an atmosphere in France—a tone, if you will—which, although hardly responsible for events like Carpentras, is very much part of the explanatory context in which such events take place.

    Richard Kaplan

    Il y a d’abord l’immense frisson qui secoue la France. Frisson d’horreur, tant la profanation de Carpentras est odieuse, frisson de révolte face à l’antisémitisme. Le 14 mai, à Paris, une foule innombrable s’écoule de la République à la Bastille, et c’est la nation qu’elle incarne. Ce jour-là, pour la première fois depuis la Libération, un président de la République participe à une manifestation de rue: François Mitterrand accompagne le cortège quelques minutes. Tout l’éventail politique est au premier rang, en une ribambelle d’écharpes tricolores, et Jean-Marie Le Pen est rendu « responsable non pas des actes de Carpentras, mais de tout ce qui a été inspiré par la haine raciste depuis des années », comme le formule alors Pierre Joxe. Les piétinements de l’enquête ouvrent après l’été le chapitre du doute. Le sociologue Paul Yonnet le détaille, en septembre 1990, dans un article de la revue Le Débat intitulé « La machine Carpentras, histoire et sociologie d’un syndrome d’épuration ». Débordés par les progrès du lepénisme, les politiques auraient érigé Carpentras en drame national pour terrasser le Front national par un discrédit définitif. Et rétablir auprès de l’opinion une estime ruinée par la récente loi d’amnistie du financement politique. Dès la mi-juillet, Jean Hassoun, président de la communauté juive d’Avignon, avait confié cet état d’âme: « Nous nous demandons si nous n’avons pas fait l’objet d’une récupération politique. » Le malaise s’aggrave quand les pistes locales semblent emporter l’adhésion des enquêteurs. Messes noires qui auraient dégénéré, délinquance morbide de la jeunesse dorée de Carpentras, elles composent le troisième chapitre. Il va traîner en longueur, sans apporter aucun dénouement. (…) En s’enlisant, l’affaire Carpentras est en effet devenue une arme pour le Front National, un boomerang qu’il veut voir revenir à la face de l’ « establishment » politique. Dès le 10 mai 1991, un an après la profanation, Jean-Marie Le Pen porte une lettre à François Mitterrand, lui demandant de « réparer publiquement l’injustice dont le FN a été victime ». Et, le 11 novembre 1995, 7 000 militants d’extrême droite viennent à Carpentras réclamer des « excuses nationales ». « Carpentras, mensonge d’Etat », est alors en passe de devenir un argument majeur et récurrent de la rhétorique lepéniste. Les aveux brusques et tardifs du skinhead avignonnais, Yannick Garnier, imposent un épilogue qui est aussi un retour à la case départ. Politiquement, l’affaire, après avoir servi les intérêts du FN, se retourne contre lui. Les lepénistes hurlent déjà à la manipulation en affirmant que « les coupables sont presque parfaits », mais les faits, cette fois-ci, sont bien établis. (…) Trois types de profanations peuvent être distingués. Le premier est le vandalisme banal: en juin dernier, trois cimetières militaires de la Première Guerre mondiale ont été dévastés dans le Nord-Pas-de-Calais, et, le 26 juillet, cinq enfants âgés de dix à douze ans ont abîmé une centaine de tombes à Mulhouse. Le second type est la cérémonie satanique, comme, au début de juin, à Toulon, où les coupables ont été arrêtés. D’effroyables mises en scène accompagnent souvent ces actes, qui visent surtout les cimetières chrétiens, au nom de l’Antéchrist. A Toulon, un crucifix fut planté à l’envers dans le coeur du cadavre exhumé. Il y a enfin les profanations antisémites. Nombreuses, elles sont souvent gardées le plus secrètes possible par les autorités juives, pour éviter les « épidémies ». Dans le mois qui suivit Carpentras, 101 actes antisémites furent recensés, contre six par mois d’habitude.

    Christophe Barbier

    Carpentras, c’était une manipulation.

    Hubert Védrine

    [Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années.

    Eric Zemmour

    L’affaire avait provoqué une vive émotion au sein de la classe politique. Jacques Chirac avait condamné « avec force cet acte inqualifiable » et exprimé sa solidarité avec la communauté juive de France. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’était aussitôt rendu sur les lieux et avait rappelé que l’auteur de ce genre de fait encourait vingt ans de prison. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait même parlé de « barbares » . Quant au ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, il avait exhorté les autorités françaises à se montrer « plus dures » face aux actes antisémites. On sait désormais que l’incendie qui, dans la nuit du 21 au 22 août, a ravagé le centre social juif de la rue Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris, n’est pas un acte antisémite. Son auteur, Raphaël Ben Moha, est un juif séfarade de 52 ans, originaire de Casablanca, au Maroc, qui aurait agi par vengeance. Comme dans l’affaire de la fausse agression antisémite du RER D, il y a deux mois, les policiers ont tout de suite eu la puce à l’oreille au vu des indices retrouvés dans les décombres : les croix gammées dessinées à l’envers et la quarantaine d’inscriptions incohérentes taguées au feutre rouge. (…). Fait troublant : un feuilleton de la série « PJ » a été tourné pendant un week-end dans le centre de la rue Popincourt. L’épisode mettait en scène un incendie criminel perpétré par un juif dans une école israélite. Sauf que cela se passait il y a un an et demi et qu’à l’époque Raphaël Ben Moha ne fréquentait pas encore le centre. Apparemment, Ben Moha en voulait à sa communauté, à laquelle il reprochait de ne pas l’avoir suffisamment aidé. (…) Une fois encore, la classe politique a fait preuve de précipitation pour dénoncer un acte antisémite, alors que les premiers éléments d’enquête incitaient à la prudence. Si nul ne peut mettre en doute la montée des actes antisémites en France – déjà 298 enregistrés depuis début 2004, contre 108 en 2003 -, qualifier d’antisémites des affaires qui ne le sont pas contribue à semer la confusion dans les esprits. D’où la réaction, lundi 30 août, du président du consistoire de Paris, Moïse Cohen, qui a appelé les juifs et les politiques « à un peu plus de raison » . Et d’insister : « C’est une erreur de réagir à un fait divers sans appliquer le principe de précaution. »

    Le Point

    Tout dépend de quelle gauche on parle… La gauche mondaine, parisienne, celle de Saint-Germain-Des-Prés ? La gauche caviar de BHL ? (…) La gauche qui préfère avoir tort avec Robespierre, Marx, Lénine, Staline, Mao, Khomeiny que raison avec Camus ? La gauche qui rend responsables Houellebecq, Finkielkraut et Zemmour des attentats du 7 janvier qu’elle ne veut pas nommer islamistes ? (…) La gauche qui traque la misogynie et la phallocratie partout dans la langue française et veut qu’on dise professeure et auteure mais qui ne voit pas que la polygamie, le voile, la répudiation, les mariages arrangés, l’excision, le chômage des mères seules au foyer, les ex-maris qui ne paient pas les pensions alimentaires, font des ravages plus profonds en matière de phallocratie ? La gauche qui vote comme Sarkozy sur l’Europe et l’euro, le raccourcissement des retraites et l’augmentation du temps de travail, les restrictions de remboursements maladie, et croit que le danger fasciste est partout sauf là où il est ? La gauche qui se croit antifasciste comme Jean Moulin quand elle appelle à interdire le parti de Marine Le Pen ? (…) Que cette gauche là ne m’aime pas, ça m’honore… (…) je préfère les girondins fédéralistes et provinciaux aux jacobins centralisateurs et coupeurs de têtes , et avec ça je suis de gauche – si Eléments est d’accord avec ça, devrai-je cesser de croire ce que je crois ? (…) Une certaine intelligentsia de gauche, comme vous dites, n’a jamais aimé que je ne sois pas du sérail et que je ne doive mon statut qu’à mon travail et non au copinage tribal qui fait l’essentiel de son quotidien. J’ai construit ma vie pour n’avoir rien à demander à personne. Que cette tribu grosse comme un village papou fasse sa loi et fonctionne comme une mafia, c’est son affaire, pas la mienne. (…) Depuis que je juge la gauche sur ce qu’elle fait plus que sur ce qu’elle dit d’elle, je ne me fais plus avoir par les étiquettes. Il n’y a pas la gauche et la droite, mais des gens de gauche et des gens de droite. Et je n’estime pas une personne sur ces critères. Pas plus que l’athée que je suis ne juge autrui sur le fait qu’il croie ou non en Dieu, mais sur ce qu’il fait de son athéisme ou de sa foi dans sa vie quotidienne. Là aussi, là encore, je préfère un croyant intelligent à un athée imbécile. Je trouve même sidérant qu’on ait besoin de le dire, ce qui supposerait qu’un homme de gauche devrait préférer un crétin de gauche à un homme de droite intelligent…(…) Je ne me sens pas proche de BHL ou d’Alain Minc, ni de Jacques Attali qui, me dit-on, sont de gauche. Faudrait-il que je me sente proche pour cela d’intellectuels de droite ? Qui sont-ils d’ailleurs ? Concluez si vous voulez que je préfère une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL et que je préférais une analyse qui me paraisse juste de BHL à une analyse que je trouverais injuste d’Alain de Benoist … Les Papous vont hurler ! Mais ils ne me feront pas dire que je préfère une analyse injuste de BHL sous prétexte qu’il dit qu’il est de gauche et que Pierre Bergé, Libération, Le Monde et le Nouvel Observateur, pardon, L’Obs affirment aussi qu’il le serait …

    Michel Onfray

    J’ai dit que je préférais une idée juste d’Alain de Benoist à une idée fausse de Bernard-Henri Lévy, et que si l’idée était juste chez Bernard-Henri Lévy et fausse chez Alain de Benoist, je préférerais l’idée juste de Bernard-Henri Lévy. Donc, je n’ai jamais dit que je préférais Alain de Benoist à Bernard-Henri Lévy. (…) Je fais juste mon travail de philosophe en disant que je préfère une idée juste, et mon problème n’est pas de savoir si cette idée juste est de droite ou de gauche. J’ai l’impression que Manuel Valls pense le contraire, c’est à dire qu’il préfère une idée fausse, pourvu qu’elle soit de gauche, à une idée juste si elle de droite.

    Michel Onfray

    Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist, qui était le philosophe de la Nouvelle droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’Horloge, le Grèce, (…) au fond vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères. (…) dans ce moment-là, mon rôle, le rôle des formations politiques, c’est de faire en sorte qu’on comprenne quels sont les enjeux.

    Manuel Valls

    Force est de constater qu’on a trop souvent dans le passé joué avec le Front national. À gauche, en l’instrumentalisant. À droite, en pratiquant le déni. Passez-moi le mot : il faut « reprioriser » les choses. Il y a aura toujours une droite et une gauche, des différences entre elles et aussi, bien sûr, des confrontations. Mais aujourd’hui, la priorité commune, c’est le combat contre le FN. La droite doit en finir avec les facilités qui ont été trop longtemps les siennes et ce degré de porosité avec le FN imputable aux « buissonneries » d’hier. La gauche, elle, doit cesser d’être naïve ou idéaliste. Quant à la gauche de la gauche, se rend-elle compte que ses outrances anti-économiques, sa haine de l’Europe et du capitalisme ont comme seul résultat de saper les fondements de la République? Je suis effrayé quand je lis dans Le Point sous la plume de Michel Onfray que mieux vaut Alain de Benoist plutôt que Bernard-Henri Lévy. Mais où va-t-on? Toutes ces dérives creusent le sillon de Marine Le Pen. Je dis à tous : ne soyez ni naïfs, ni opportunistes, ni sectaires. Reprenez-vous! Et je pourrais dire la même chose au patronat, aux syndicats, aux autorités religieuses et à beaucoup d’intellectuels.

    Jean-Marie Le Guen

    Quand Manuel Valls, dimanche, « revendique la stigmatisation de Marine Le Pen », il érige en martyr du Système celle qui ne cesse de se présenter comme telle avec un succès croissant. Alors que la diabolisation du FN est une stratégie d’appareil qui perd de plus en plus ses effets d’intimidation auprès d’électeurs excédés, c’est pourtant vers cette solution contre-productive que se précipite à nouveau le premier ministre. Il explique : « Mon angoisse (…) : j’ai peur pour mon pays qu’il se fracasse sur le Front national ». Mais la France n’a pas eu besoin du FN pour s’être déjà fracassée sur le chômage, l’endettement, le matraquage fiscal, la paupérisation, l’insécurité, la déculturation, l’immigration de peuplement, etc. C’est parce que ces sujets ne cessent de s’amplifier, faute de réformes adéquates, que Marine Le Pen est passée en tête dans les sondages. Quand Valls s’alarme de la voir « gagner l’élection présidentielle de 2017″, il ferait mieux de se demander pourquoi, au lieu de sortir les gourdins. Un chef du gouvernement qui, en s’attaquant au FN, prend une conséquence pour une cause tient un raisonnement bancal qui annonce l’échec. (…) Illustration avec le diagnostic du premier ministre, établi le 20 janvier, sur « l’apartheid territorial, social, ethnique qui s’est imposé à notre pays ». Rien n’est plus faux que ce constat d’une politique voulue de séparation raciale, même si le communautarisme ethnique est bien une réalité. Or c’est sur cette assise idéologique, irréaliste dès le départ, que le gouvernement entend construire sa « politique de peuplement », dont les termes laissent poindre l’autoritarisme déplacé. Cette politique vise à imposer partout la « mixité sociale » (entendre : mixité ethnique) dans le cadre, explique Valls, d’un « projet de société répondant aux exigences des Français exprimées le 11 janvier », c’est-à-dire lors de la grande manifestation en solidarité aux victimes des attentats. Or non seulement cette instrumentalisation partisane du 11 janvier est choquante, mais il est irresponsable de déplorer les ghettos et de ne rien faire pour interrompre l’immigration du tiers-monde qui ne cesse de les consolider.

    Ivan Rioufol

    C’est l’histoire d’une pièce de théâtre qui connut jadis un immense succès, mais dont le texte a vieilli. Les ficelles dramatiques paraissent convenues et désormais surjouées par un acteur grandiloquent devant une salle aux trois-quarts vides. C’est la République en danger, le fachisme ne passera pas ou, pour faire plaisir à l’acteur, « no pasaran ». Manuel Valls peut tout jouer, mal mais tout. Alors qu’il est en campagne pour des élections locales, il a déjà déclenché le programme spécial 21 avril 2002. Les loups sont entrés dans Paris. C’est trop tôt ou trop tard. A l’époque, le candidat vaincu Lionel Jospin n’avait pas tardé à reconnaître que tout cela était du théâtre, qu’aucun danger fasciste ne menaçait la République. En 2002, Manuel Valls était conseiller en communication du Premier ministre, et François Hollande, premier secrétaire du PS. Ah, ce n’est pas que les deux hommes ne désirent pas revivre un pareil séisme, mais ils veulent seulement que ce soit à leur profit. Car la seule chance de réélection de Hollande est de se retrouver au second tour face à Marine Le Pen. Le Président fait donc tout pour en faire la seule opposition, à la fois en majesté et diabolisée. Valls met son énergie et son sens de la démesure au service de cette tactique exclusive. Les deux hommes achèvent ainsi le travail commencé il y a trente ans par François Mitterrand: l’ancien président avait alors réussi à casser la droite en trois morceaux irréconciliables. (…) La manoeuvre est limpide et poursuit trois objectifs successifs. 1) « réveiller et rameuter un peuple de gauche chauffé artificiellement au feu antifasciste ». 2) culpabiliser la gauche de la gauche, de Mélenchon à Duflot ». 3) préparer le troisième tour des départementales lors de l’élection des présidents des conseils généraux pour casser l’UMP entre ceux qui pactiseraient avec le diable.

    Eric Zemmour
















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