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Israël: Le seul pays dont les voisins font de l’anéantissement un objectif national explicite (And the only nation on earth that inhabits the same land, bears the same name, speaks the same language, and worships the same God that it did 3,000 years ago – on a territory smaller than Vermont)

Posté le jeudi 24 juillet 2014 par Admini

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Mesha_stele.jpg

Je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais. Mesha (roi de Moab, Stèle de Mesha, 850 av. J.-C.)

Mais qui aujourd’hui se souvient encore de Moab ?

Alors que sous la furie combinée des roquettes palestiniennes (gracieusement fournies, via l’Egypte et le Soudan et le financement du Qatar, par l’Iran qui brusquement semblent inquiéter l’Occident) et des critiques occidentales …

En cette drôle de guerre où le plus fort doit s’excuser de trop bien protéger sa population pendant que le plus faible fait la une des médias pour l’avoir sacrifiée …

Un peuple annoncé « détruit à jamais » à trois reprises par un pharaon, un roi moabite et un roi syrien au XIIIe puis au IXe siècles AVANT Jésus-Christ …

Voit à nouveau son droit à défendre son existence contesté …

Comment ne pas repenser à ce magnifique texte que le célèbre éditorialiste américain Charles Krauthmmer avait écrit pour le cinquantenaire …

De la (re)création, à l’instar des autres Etats de la région suite au démembrement de l’Empire ottoman, de l’Etat d »un peuple annoncé, comme nous le rappelions ici même pour son « 60e anniversaire », « détruit à jamais » à trois reprises par un pharaon, un roi moabite et un roi syrien au XIIIe puis au IXe siècles AVANT Jésus-Christ …

Rappelant, à tous nos ignorants donneurs de leçons, que sur un territoire plus petit que l’infinitésimalissime état américain du Vermont (ou de la Lorraine ou la Sicile) …

« Le seul pays au monde dont les voisins font de l’anéantissement un objectif national explicite »  …

Est aussi « la seule nation au monde à habiter la même terre, porter le même nom, parler la même langue et vénérer le même Dieu qu’il y a 3000 ans » !



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6 réponses à “Israël: Le seul pays dont les voisins font de l’anéantissement un objectif national explicite (And the only nation on earth that inhabits the same land, bears the same name, speaks the same language, and worships the same God that it did 3,000 years ago – on a territory smaller than Vermont)”

  • 6
    madimaxi:

    Ravi donc, cher Zoubor.
    Voici de ce que mes arrières grand’mamis/papys ont produit et s’en sont nourris. Voici aussi ce dont mon cœur languit.

  • 5
    Zoubor:

    Tres beau, madi!

  • 4
    madimaxi:

    « Fin de la presence Juive au Yemen qui aura dure pres de 2500 ans…. »

    Le Monde se rétrécit. Tristesse absolue. Mêlée certes avec la joie de ces Juifs yéménites d’embrasser Le Cotel enfin pour la première fois. Et en même temps nostalgique.

    Il y a quelque chose qui se perd actuellement. Un vrai basculement. Le Juif qui était partout honni et, en même temps, partout chez lui. Dans ses petits droits d’exécuter parfaitement ses devoirs de servitude en tant que dhimmi chez les musulmans et ses devoirs de servir de « Bouc Émissaire » le moment venu, chez celui qui de son identité se servait en guise d’une bonne conscience.

    Ce Juif disparu qui habitait ma Pologne natale manque. Et en même temps je sais parfaitement comment ce Juif polonais ait eu à souffrir de ces efforts de constituer dans des pays de ses ancêtres la : « communauté de destin ».

    Meine alter Bobè Soryè mit mein alter Tata Avram hat redten ודברו yiddish. Mes parents n’ont pas suivi et moi encore moins. נתפרדה החבילה. Disloqués certes mais le cœur y est.

  • 3
    Zoubor:

    Cette nuit le dernier groupe de Juifs du Yemen est arrive en Israel, d;une operation secrete menee depuis plusieurs mois par l’Agence Juive en cooperation avec les affaires etrangeres americains entre autres et meme l’aide d’un des membres arabes de la Knesset (Ayoub Kara).
    Il ne reste plus que qlqs familles, une cinquantaine de Juifs au Yemen, qui ont refuse d’emigrer.
    Fin de la presence Juive au Yemen qui aura dure pres de 2500 ans….

  • 2
    jc durbant:

    Jusque sur les terrains de foot à présent …

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Israël est détruit, sa semence même n’est plus.

    Amenhotep III (Stèle de Mérenptah, 1209 or 1208 Av. JC)

    Je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais.

    Mesha (roi de Moab, Stèle de Mesha, 850 av. J.-C.)

    J’ai tué Jéhoram, fils d’Achab roi d’Israël et j’ai tué Ahziahu, fils de Jéoram roi de la Maison de David. Et j’ai changé leurs villes en ruine et leur terre en désert.

    Hazaël (stèle de Tel Dan, c. 835 av. JC)

    Le roi de Moab, voyant qu’il avait le dessous dans le combat, prit avec lui sept cents hommes tirant l’épée pour se frayer un passage jusqu’au roi d’Édom; mais ils ne purent pas. Il prit alors son fils premier-né, qui devait régner à sa place, et il l’offrit en holocauste sur la muraille. Et une grande indignation s’empara d’Israël, qui s’éloigna du roi de Moab et retourna dans son pays.

    2 Rois 3: 26-27

    Je les planterai dans leur pays et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, dit L’Éternel, ton Dieu.

    Amos (9: 15)

    Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu? (…) Je suis Hébreu, et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre.

    Jonas 1-8-9

    La petite nation est celle dont l’existence peut être à n’importe quel moment mise en question, qui peut disparaître, et qui le sait. Un Français, un Russe, un Anglais n’ont pas l’habitude de se poser des questions sur la survie de leur nation. Leurs hymnes ne parlent que de grandeur et d’éternité. Or, l’hymne polonais commence par le vers : La Pologne n’a pas encore péri.

    Milan Kundera

    L’Etat d’Israël est né du même processus légitime qui a créé les autres nouveaux États de la région, la conséquence du démantèlement de l’Empire Ottoman après la Première guerre mondiale. En conformité avec la pratique traditionnelle des États victorieux, les puissances alliées de France et d’Angleterre ont créé le Liban, la Syrie, l’Irak et Jordan et bien sûr Israël, pour consolider et protéger leurs intérêts nationaux. Ce droit légitime de réécrire la carte peut avoir été mal fait et à courte vue – des régions contenant beaucoup de différentes sectes et groupes ethniques étaient de mauvais candidats pour devenir des Etats-nation, comme l’histoire de l’Irak et le Liban le montre, alors que des candidats de premier plan pour l’identité nationale, comme les Kurdes, ont été écartés. Mais le droit de le faire a été accordé par la victoire des alliés et la défaite des puissances centrales, le prix vieux comme le monde de que doivent payer ceux qui déclenchent une guerre et la perdent. De même, en Europe, l’Autriche-Hongrie a été démantelée, et les nouveaux États de l’Autriche, de la Hongrie, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie ont été créés. Et l’agresseur par excellence qu’est l’Allemagne se vit infliger une perte importante de territoire, laissant environ 10 millions d’Allemands bloqués à l’extérieur de la patrie. le droit d’Israël à son pays est aussi légitime que ceux de la Jordanie, de la Syrie et du Liban.

    Bruce Thornton

    Israël est l’incarnation pure et simple de la continuité juive : c’est la seule nation au monde qui habite la même terre, porte le même nom, parle la même langue et vénère le même Dieu qu’il y a 3000 ans. En creusant le sol, on peut trouver des poteries du temps de David, des pièces de l’époque de Bar Kochba, et des parchemins vieux de 2000 ans, écrits de manière étonnamment semblable à celle qui, aujourd’hui, vante les crèmes glacées de la confiserie du coin.

    Charles Krauthammer

    Extraits:

    Israël n’est pas uniquement une petite nation. Israël est la seule petite nation – la seule, point ! – dont les voisins déclarent publiquement que son existence même est un affront au droit, à la morale et à la religion, et qui font de son anéantissement un objectif national explicite. Et cet objectif n’est pas une simple déclaration d’intention. L’Iran, la Libye, et l’Iraq mènent une politique étrangère qui vise au meurtre des Israéliens et à la destruction de leur État. Ils choisissent leurs alliés (Hamas, Hezbollah) et développent leurs armements (bombes-suicide, gaz toxiques, anthrax, missiles nucléaires) conformément à cette politique. Des pays aussi éloignés que la Malaisie n’autorisent pas la présence d’un représentant d’Israël sur leur sol, allant jusqu’à interdire la projection du film « La Liste de Schindler », de peur qu’il n’engendre de la « sympathie pour Sion ».

    D’autres sont plus circonspects dans leurs déclarations. La destruction n’est plus l’objectif unanime de la Ligue Arabe, comme cela a été le cas pendant les trente années qui ont précédé Camp David. La Syrie, par exemple, ne le dit plus de façon explicite. Cependant, la Syrie détruirait Israël demain, si elle en avait les moyens. (Sa retenue actuelle sur le sujet est largement due à son besoin de liens avec les Etats-Unis d’après la guerre froide). Même l’Égypte, première à avoir fait la paix avec Israël et prétendu modèle de « faiseur de paix », s’est dotée d’une grande armée équipée de matériel américain, qui effectue des exercices militaires très clairement conçus pour combattre Israël. Son exercice « géant », Badr 96, par exemple, le plus grand mené depuis la guerre de 1973, simulait des traversées du canal de Suez.

    Et même l’OLP, obligée de reconnaître ostensiblement l’existence d’Israël dans les accords d’Oslo de 1993, est toujours régie par une charte nationale qui, dans au moins quatorze passages, appelle à l’éradication d’Israël. Le fait qu’après cinq ans [rappelons que Krauthammer écrit ceci en 1998] et quatre promesses spécifiques d’amender cette charte, elle reste intacte, est un signe qui montre à quel point le rêve de faire disparaître Israël reste profondément ancré dans l’inconscient collectif arabe.

    Le monde islamique, berceau de la grande tradition juive séfarade et patrie d’un tiers de la population juive mondiale, est aujourd’hui pratiquement Judenrein. Aucun pays du monde islamique ne compte aujourd’hui plus de 20 000 Juifs. Après la Turquie, qui en compte 19 000, et l’Iran, où l’on en dénombre 14 000, le pays ayant la plus grande communauté juive dans le monde islamique est le Maroc, avec 6 100 Juifs – il y en a davantage à Omaha, dans le Nebraska. Ces communautés ne figurent pas dans les projections. Il n’y a d’ailleurs rien à projeter. Il n’est même pas besoin de les comptabiliser, il faut juste s’en souvenir. Leur expression même a disparu. Le yiddish et le ladino, langues respectives et distinctives des diasporas européennes et sépharades, ainsi que les communautés qui les ont inventées, ont quasiment disparu.

    Israël est l’incarnation pure et simple de la continuité juive : c’est la seule nation au monde qui habite la même terre, porte le même nom, parle la même langue et vénère le même Dieu qu’il y a 3000 ans. En creusant le sol, on peut trouver des poteries du temps de David, des pièces de l’époque de Bar Kochba, et des parchemins vieux de 2000 ans, écrits de manière étonnamment semblable à celle qui, aujourd’hui, vante les crèmes glacées de la confiserie du coin.

    Soit, appelez ces gens comme vous le voulez. Après tout, « Juif » est une dénomination plutôt récente de ce peuple. Ils furent d’abord des « Hébreux », puis des « Israélites ». « Juif » (qui vient du royaume de Juda, un des deux États qui ont succédé au royaume de David et de Salomon) est l’appellation post-exilique pour « Israélite ». C’est un nouveau venu dans l’histoire.

    Comment qualifier un Israélien qui ne respecte pas les règles alimentaires, ne va pas à la synagogue, et considère le Shabbat comme le jour où l’on va faire un tour en voiture à la plage – ce qui, soit dit en passant, est une assez bonne description de la plupart des Premiers ministres d’Israël ? Cela n’a aucune importance. Installez un peuple juif dans un pays qui se fige le jour de Kippour, parle le langage de la Bible, vit au rythme (lunaire) du calendrier hébraïque, construit ses villes avec les pierres de ses ancêtres, produit une littérature et une poésie hébraïques, une éducation et un enseignement juifs qui n’ont pas d’égal dans le monde – et vous aurez la continuité. Les Israéliens pourraient s’appeler autrement. Peut-être un jour réserverons-nous le terme de « Juifs » à l’expérience d’exil d’il y a 2000 ans, et les appellerons-nous « Hébreux » [c’est le terme qu’utilise la langue italienne : « ebrei » – Note de Menahem Macina]. Ce terme a une belle connotation historique, c’est le nom que Joseph et Jonas ont donné en réponse a la question : « Qui êtes-vous ? »

    Certains ne sont pas d’accord avec l’idée qu’Israël est porteur de la continuité du peuple juif, à cause de la multitude de désaccords et de fractures entre Israéliens : Orthodoxes contre Laïcs, Ashkénazes contre Sépharades, Russes contre Sabras, etc. Israël est aujourd’hui engagé dans d’amers débats à propos de la légitimité du judaïsme conservateur et réformiste, ainsi que de l’empiétement de l’orthodoxie sur la vie sociale et civique du pays.

    Et alors, qu’y a-t-il là de nouveau ? Israël est tout simplement en train de revenir à la norme juive. Il existe des divisions tout aussi sérieuses au sein de la Diaspora, tout comme il en existait au sein du dernier État juif : « Avant la suprématie des Pharisiens et l’émergence d’une orthodoxie rabbinique, après la chute du second Temple», écrit l’universitaire Frank Cross, «le judaïsme était plus complexe et varié que nous le supposions ». Les Manuscrits de la Mer Morte, explique Hershel Shanks, «attestent de la variété – mal perçue jusqu’à ce jour – du judaïsme de la fin de la période du Second Temple, à tel point que les universitaires évoquent souvent, non pas le judaïsme, mais les judaïsmes. »

    Le second État juif était caractérisé par des rixes entre sectaires juifs : Pharisiens, Sadducéens, Esséniens, apocalypticiens de tous bords, sectes aujourd’hui oubliées par l’histoire, sans parler des premiers chrétiens. Ceux qui s’inquiètent des tensions entre laïcs et religieux en Israël devraient méditer sur la lutte, qui dura plusieurs siècles, entre les Hellénistes et les Traditionalistes, durant la période du deuxième État juif. La révolte des Macchabées, entre 167 et 164 avant J.-C., célébrée aujourd’hui à Hanoukka, était, entre autres, une guerre civile entre Juifs.

    Certes, il est peu probable qu’Israël produise une identité juive unique. Mais ce n’est pas nécessaire. Le monolithisme relatif du judaïsme rabbinique au Moyen-Âge est l’exception. Fracture et division sont les réalités du quotidien, à l’ère moderne, tout comme elles l’étaient dans le premier et le second États juifs. Ainsi, durant la période du premier Temple, le peuple d’Israël était divisé en deux États [le royaume de Juda, au sud, et celui d’Israël, au nord – note du réviseur de la version française], qui étaient en conflit quasi permanent. Les divisions actuelles au sein d’Israël ne supportent pas la comparaison.

    La position centrale d’Israël est plus qu’une question de démographie. Elle représente une nouvelle stratégie, hardie et dangereuse pour la survie du peuple juif. Pendant deux millénaires, le peuple juif a survécu grâce à la dispersion et à l’isolement. Après le premier exil, en 586 avant J.-C., et le second, en 70, puis en 132, les Juifs se sont d’abord installés en Mésopotamie et autour du bassin Méditerranéen, puis en Europe de l’Est et du Nord, et, finalement, au Nouveau Monde, à l’Ouest, avec des communautés situées presque aux quatre coins du monde, jusqu’en Inde et en Chine.

    Tout au long de cette période, le peuple juif a survécu à l’énorme pression de la persécution, des massacres et des conversions forcées, non seulement par sa foi et son courage, mais aussi grâce à sa dispersion géographique. Décimés ici, ils survivaient ailleurs. Les milliers de villes et de villages juifs répartis dans toute l’Europe, le monde islamique et le Nouveau Monde, constituaient une sorte d’assurance démographique. Même si de nombreux Juifs ont été massacrés lors de la première Croisade, le long du Rhin, même si de nombreux villages ont été détruits au cours des pogroms de 1648-1649, en Ukraine, il y en avait encore des milliers d’autres répartis sur toute la planète pour continuer. Cette dispersion a contribué à la faiblesse et la vulnérabilité des communautés juives prises séparément. Paradoxalement, pourtant, elle a constitué un facteur d’endurance et de force pour le peuple juif dans son ensemble. Aucun tyran ne pouvait réunir une force suffisante pour menacer la survie du peuple juif partout dans le monde.

    Jusqu’à Hitler. Les nazis sont parvenus à détruire presque tout ce qu’il y avait de juif, des Pyrénées aux portes de Stalingrad, une civilisation entière, vieille de mille ans. Il y avait neuf millions de Juifs en Europe lorsque Hitler accéda au pouvoir. Il a exterminé les deux tiers d’entre eux. Cinquante ans plus tard, les Juifs ne s’en sont pas encore remis. Il y avait seize millions de Juifs dans le monde, en 1939. Aujourd’hui, ils sont treize millions.

    Toutefois, les conséquences de l’Holocauste n’ont pas été que démographiques. Elles ont été psychologiques, bien sûr, et aussi idéologiques. La preuve avait été faite, une fois pour toutes, du danger catastrophique de l’impuissance. La solution était l’autodéfense, ce qui supposait une re-centration démographique dans un lieu doté de souveraineté, d’armement, et constituant un véritable État.

    Avant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait un véritable débat, au sein du monde juif, à propos du sionisme. Les juifs réformistes, par exemple, avaient été antisionistes durant des décennies. L’Holocauste a permis de clore ce débat. A part certains extrêmes – la droite ultra-orthodoxe et l’extrême gauche – le sionisme est devenu la solution reconnue à l’impuissance et à la vulnérabilité juives. Au milieu des ruines, les Juifs ont pris la décision collective de dire que leur futur reposait sur l’autodéfense et la territorialité, le rassemblement des exilés en un endroit où ils pourraient enfin acquérir les moyens de se défendre eux-mêmes.

    C’était la bonne décision, la seule décision possible. Mais ô combien périlleuse ! Quel curieux choix que celui de ce lieu pour l’ultime bataille : un point sur la carte, un petit morceau de quasi-désert, une fine bande d’habitat juif, à l’abri de barrières naturelles on ne peut plus fragiles (et auxquelles le monde exige qu’Israël renonce). Une attaque de tanks suffisamment déterminée peut la couper en deux. Un petit arsenal de Scuds à tête nucléaire peut la détruire intégralement.

    Pour détruire le peuple juif, Hitler devait conquérir le monde. Tout ce qu’il faudrait aujourd’hui, c’est conquérir un territoire plus petit que le Vermont [aux Etats-Unis]. La terrible ironie est qu’en résolvant leur problème d’impuissance, les Juifs ont mis tous leurs oeufs dans le même panier, un petit panier au bord de la Méditerranée. Et, de son sort, dépend le sort de tous les Juifs.

    Nous présumons que l’histoire juive est cyclique : exil babylonien en 586 av. J.-C., suivi par le retour, en 538 av. J.-C., exil romain en 135, suivi par le retour, légèrement différé en 1948. C’est oublier la part linéaire de l’histoire juive : il y a eu une autre destruction, un siècle et demi avant la chute du premier Temple. Elle restera irréparable. En 722 av. J.-C., les Assyriens firent la conquête de l’autre État juif, le plus grand, le royaume du nord d’Israël (la Judée, dont descendent les juifs modernes, constituait le royaume du Sud). Il s’agit de l’Israël des Dix Tribus, exilées et perdues pour toujours.

    Leur mystère est si tenace que, lorsque les explorateurs Lewis et Clark partirent pour leur expédition [vers les vastes Plaines de l’Ouest américain], une des nombreuses questions préparées à leur intention par le Dr Benjamin Rush, à la demande du président Jefferson lui-même, fut la suivante : Quel lien existe-t-il entre leurs cérémonies [celles des Indiens] et celles des Juifs ? – « Jefferson et Lewis avaient longuement parlé de ces tribus », explique Stephen Ambrose. «Ils conjecturaient que les tribus perdues d’Israël pouvaient être quelque part dans les Plaines. »

    Hélas, ce n’était pas le cas. Les Dix Tribus se sont dissoutes dans l’histoire. En cela, elles sont représentatives de la norme historique. Tout peuple conquis de cette façon et exilé disparaît avec le temps. Seuls les Juifs ont défié cette norme, à deux reprises.

    Mais je crains que ce ne soit plus jamais le cas.

    Charles Krauthammer
















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