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Impostures littéraires: La mise au pavois de Stéphane Hessel en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société (Looking back at the long tradition of literary fakes)

Posté le Lundi 4 mars 2013 par jc durbant

Après Wilkomirski, Holstein, Defonseca …

PPDA, Enderlin, Daniel, Riché, Meyssan, Macé-Scaron, Boniface …

BHL, PPDA, Drucker, Macé-Scaron, Iacub …

Voici… Hessel !

A l’heure où l’actualité nous fournit coup sur coup les impostures d’une célèbre carnivore repentie (et défenseuse acharnée depuis lors du cochon) et de l’auteur adulé du « nouveau petit livre rouge » des bonnes consciences de gauche et prétendu co-rédacteur de la Déclaration des droits de l’homme …

Retour, avec le livre de Philippe Di Folco, sur la longue histoire de ces impostures littéraires (mais aussi, sans parler de nos cryptomnésiques et avec le mélange systématiques des genres, presque inséparablement médiatiques) …

Qui, comme le rappelait tout récemment le président du CRIF, en disent tant « sur le désarroi intellectuel de notre société et le rôle aberrant qu’y joue le marketing des individus qu’on transforme à bas prix en luminaires idéologiques » …

jc durbant @ 04:11
Catégorie(s): Médias etMémé Bookine


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5 réponses à “Impostures littéraires: La mise au pavois de Stéphane Hessel en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société (Looking back at the long tradition of literary fakes)”

  • 5
    jc durbant:

    j’aurais respecté le délai de décence avant d’exercer mon droit d’inventaire sur Stéphane Hessel, sa vie, son oeuvre, s’il n’avait pas fait, dans la presse, l’objet d’un éloge délirant. C’est le «Santo subito!» de Stéphane Hessel qui m’oblige à réagir. Et réagir, c’est relire tranquillement Indignez-vous !, le petit livre beige du nouveau siècle. Stéphane Hessel dit: «Le motif de la résistance, c’est l’indignation.» En d’autres termes: «Indignez-vous et vous serez résistants!» Mais la résistance, ce n’est pas cela. La résistance, c’est le courage. [...] Toute ma génération s’est demandé si elle aurait eu ce courage.

    Stéphane Hessel dispense les jeunes de cette question. L’indignation suffit, dit-il. En même temps, différence essentielle avec le nazisme, il faut chercher pour trouver de quoi nourrir cette émotion fondamentale. «Regardez autour de vous», demande Stéphane Hessel. Il invente ainsi le tourisme de l’indignation. Aux jeunes qui, comme Primo Levi le dit dans Les Naufragés et les Rescapés, n’aiment pas l’ambiguïté car leur expérience du monde est pauvre, Stéphane Hessel parle le langage manichéen qu’ils ont envie d’entendre. Alors que la morale est faite de dilemmes et de conflits de devoirs, il leur enjoint de ne pas se casser la tête. [...] il est resté adolescent jusqu’à sa mort et c’est ce qui explique son succès dans une France désemparée par la crise mais qui aime d’autant moins réfléchir que l’éducation y est devenue, depuis quarante ans, une arme de déculturation massive.

    Qu’est-ce, de surcroît, qu’un kamikaze sinon un homme (ou une femme) qui explose d’indignation? Il faut être aveugle et sourd pour célébrer, en notre époque de fanatismes, l’indignation comme telle, l’indignation sans complément d’objet. C’est peut-être la raison pour laquelle Stéphane Hessel propose in fine un objet à l’indignation générale : Israël.

    Alain Finkielkraut

  • 4
    jc durbant:

    Voir aussi:

    Et pourtant, que la prière est pauvre au regard de la ferveur qu’elle suscite ! La bombe est désespérément artisanale : quelques combats à la mode, les sans-papiers, les retraites, l’insoumission enseignante, amalgamés dans une dénonciation générale de la mondialisation, des banques, d’Israël et des Américains. Le cocktail est pauvre mais explosif dès lors que vous en secouez les ingrédients dans un shaker en acier inoxydable, estampillé Conseil national de la Résistance. Car tout est là, dans le déroulement complaisant d’un horizon régressif. L’art des grands indignés, c’est la conduite au rétroviseur. Ce bricolage idéologique n’aurait guère de sens s’il ne permettait l’érection hâtive d’une statue du commandeur, un gouvernement de la Libération peint en rose, la franche convivialité de l’après-guerre, tendant la main, par-delà les Trente Glorieuses, aux éclopés des Quarante Piteuses que nous sommes devenus. Ce qui soutient le combat des indignés, non de ceux qui luttent hors d’Europe pour la démocratie mais de ceux qui doutent en Europe de celle-ci, c’est la certitude de voir le monde de demain ne pas tenir les promesses de celui d’hier. C’est, derrière la posture tiers-mondiste, la piqûre de rappel d’un entre-soi européen si confortable. L’effort rhétorique, misérable de grossièreté mais remarquable d’efficacité, vise à offrir une causalité diabolique à cette cruelle déconvenue. L’anathème est une garantie contre l’analyse, le déni bloque le débat et paralyse l’action démocratique. (…) L’indignation n’est ici qu’une récusation sublimée de l’avenir. Aussi bien l’impuissance de la démarche n’est-elle pas le problème, mais la solution. L’échec fait partie du programme. Le vieil homme parle mais il se garde de rien dire. C’est la dérobade qui fait la force du mouvement. L’anathème est une garantie contre l’analyse, le déni bloque le débat et paralyse l’action démocratique. Ce qui soutient le combat, c’est le refus de prendre congé d’un monde où la rigueur budgétaire fait figure d’obscénité, la crise, de conspiration ploutocratique, la mondialisation, d’option récusable, et la solidarité européenne, de mystification répressive. L’indignation, c’est ce qui reste du rêve quand on a tout oublié, et de la révolution quand on a perdu les soviets, l’Armée rouge et le Parti fer de lance de la classe ouvrière, c’est un extrémisme qui n’a pas les moyens.

    Jean-Louis Bourlanges

  • 3
    Letel:

    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2013/02/avec-la-mort-de-stephane.html

  • 2
    Malou-Véronique de Saint-Bonnet:

    Stephane faisait des constats, mais ne proposait surtout pas de solution qui eussent pu gêner sa future biographie !

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Je suis une personne honnête et je me suis laissé entraîner d’une manière un peu légère dans un projet te concernant auquel je n’aurais pas dû participer. Les gens avec lesquels j’ai travaillé m’ont un peu dégoûté après coup parce qu’ils se sont servis de moi comme d’un instrument pour te nuire. Et ce n’est pas cela que je cherchais. Je te le jure. Je ne voulais pas te nuire mais essayer de comprendre ce phénomène étrange que tu es. Mon livre sur ton affaire américaine je l’ai écrit parce que ce sont eux qui me l’ont demandé. Le fait de chercher à te rencontrer était partie du même projet.

    Marcela Iacub

    C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. [...] L’autre erreur est de m’accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Stéphane Hessel
    Non, malheureusement pour moi. Mon éditeur ne me refuse rien. Il me faut deviner si le livre est mauvais ou non, parce qu’il ne me le dira pas.

    Frédéric Beigbeder

    Nous pensons que la mise au pavois de Stéphane Hessel, malgré ses accommodements avec la vérité historique et sa faiblesse argumentative, en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société et sur le rôle aberrant qu’y joue le marketing des individus qu’on transforme à bas prix en luminaires idéologiques.

    Richard Pasquier

    C’est une espèce de nouveau Petit Livre rouge. Le libelle dans le vent qu’il était de bon ton d’offrir à Noël. Un cadeau donnant bonne conscience à celui qui l’offre et celui qui le reçoit. Son titre : Indignez-vous !

    Anne Fulda (Le Figaro)

    Quand on pense que ceux qui l’achètent par dizaines pour l’offrir autour d’eux y voient un programme d’action, une philosophie morale, un bréviaire, on est consterné tant le contenu manque de contenu, ce qui ne lui est guère reproché en raison de son statut d’icône. Mais la démonstration est si faible et la plume si incertaine que l’appel n’a pas la puissance d’un pamphlet. Qui pourrait décemment s’opposer à un texte dégoulinant de bons sentiments, aux grands principes, aux grands idéaux et aux grandes idées qui y son énoncées ? (…) Il nous appelle donc à l’indignation permanente en toutes circonstances et en tous lieux, même si cette manière de mettre ainsi sur une même ligne morale la situation des sans-papiers, la dérégulation du capitalisme et les crimes du totalitarisme national-socialiste devraient nous… indigner.

    Pierre Assouline

    Radios et télés se sont saisies de Stéphane Hessel pour le figer dans son statut et sa statue de père Noël des bonnes consciences, en Tirésias des plateaux.

    Pierre Marcelle (Libération)

    A défaut de jouir sous son propre nom, (le mystificateur) aime à jouir, sous le nom d’un autre du succès de son propre talent.

    Charles Nodier (Questions de littérature légale)

    Le problème est d’abord éthique : on ment sur la marchandise. Un livre qui ment sur son label c’est comme une lessive qui affiche “laver blanc” et qui teinterait vos chemises en noir. (…) à mon sens, c’est l’éditeur le seul responsable : il a la charge, comme le rédacteur en chef d’un journal, de vérifier les sources.

    Philippe di Folco

    D’une manière générale, on note que ces histoires d’impostures réunissent trois personnes ou potentialités : l’impostant (l’imposteur en devenir), la future personne dupée, et le témoin qui atteste de l’honnêteté ou de la véracité des propos émis par l’impostant. C’est une règle en général gagnante à condition que l’impostant, comme au poker, ne révèle son jeu ni au futur dupé ni au témoin. Un jeu pervers, donc. Un « double-blind », un double aveugle maîtrisé par celui qui tire les ficelles. Je pense, et cela peut s’expliquer facilement, que celui qui est dupé prend du plaisir à l’être… Nous sommes dans l’ordre de la séduction et du simulacre, mais aussi et surtout dans une forme de musique, celle des mots ronronnant et caressant… « Cette personne me plait bien : elle sait me parler, j’aime écouter ses histoires qui me font rêver…

    Philippe di Folco




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