Posté le Lundi 4 mars 2013 par jc durbant
Suite à notre dernier billlet des impostures littéraires …
Retour sur le cas particulier, de nos Beyala à nos Ba ou à nos Smaïl ou à nos Rhaïs, des histoires pour toubabs …
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Une réponse à “Impostures littéraires: Ces sornettes qui n’attendrissent que les toubabs (Looking back at France’s fake minority misery lit: Have a lie, will travel)”
4 mar 13 à 11:06
Morceaux choisis:
J’ai arrangé ma biographie parce que je pensais que cela aurait plus d’impact. Mon témoignage ne repose pas uniquement sur des événements que j’ai vécus personnellement mais aussi sur des drames vécus par d’autres, des anonymes dont la voix est trop souvent tue.
Omar Ba
Pourquoi ne dit-il pas que c’est un roman qu’il imaginé en s’inspirant des récits des aventuriers au lieu de vouloir nous faire gober ces sornettes qui n’attendrissent que les Tubaab (Occidentaux) à qui il peut raconter qu’il dormait dans les arbres, avec tous les membres de sa famille, pendant que des lions affamés rôdaient autour ? En tout cas, il ne manque pas d’imagination. J’aime bien le passage où il écrit que sa mère lui avait donné un grigri qu’il avait attaché autour de sa taille avec un fil en peau de léopard. Ça fait très exotique en effet. Signalons qu’il avait auparavant publié deux livres sans succès. Cette fois-ci, il a mis le paquet. Bravo ! La littérature sénégalaise a de beaux jours devant elle.
Bathie Ngoye Thiam
Nous restons cependant solidaires de la cause et de l’analyse qu’Omar Ba défend dans son essai, parce qu’il n’y a pas de doute possible sur la tragédie de l’immigration clandestine. Son histoire personnelle est un canevas complexe, comme celle de beaucoup d’immigrés venus d’Afrique portés par l’espoir violent d’atteindre l’eldorado. Ils vivent dans la peur et sont probablement obligés de mentir pour survivre en Europe.
Max Milo (éditeur)
Pendant près de vingt ans, Elissa Rhaïs ne cessera de publier avec un succès grandissant. Kerkeb, danseuse berbère, La Fille des pachas, L’Andalouse, Les Juifs ou la Fille d’Eléazar.. Truffés d’épices, d’eau de rose et de proverbes locaux, sa douzaine de romans, ses nouvelles et ses pièces de théâtre ressuscitaient les coutumes, les couleurs, les saveurs d’un Proche-Orient de légende. Traversés par la passion, muselés par les tabous, ensanglantés par la fatalité, ce n’était que contes merveilleux et tragiques; mirages situés à mi-chemin des Mille et une Nuits et des ouvrages de Pierre Loti ou des frères Tharaud. Conférences, chroniques dans les journaux, voyages, réceptions : Elissa Rhaïs, qui jamais ne se déplaçait sans celui qu’elle présentait comme son fils aîné, Raoul, de dix-huit ans son cadet, fut reçue partout et partout honorée. Dans son appartement luxueux du boulevard Saint-Jacques, les admirateurs qui lui faisaient fête s’appelaient Gide, Mauriac, Colette, Morand ou Sarah Bernhardt. Sa gloire était telle, et son talent – que seul le critique Billy, à l’époque, osa mettre en doute -, et ses mérites, que plus d’une personnalité la soutint lorsqu’elle s’avisa d’aspirer à la Légion d’honneur. Barthou et Poincaré furent de ceux-là , qui en 1938 lui accordaient leur appui. En vue de lui décerner la rosette, on procède donc à l’enquête d’usage… En 1939, le scandale éclate : Leila Bou Mendil (également connue. sous le nom de Rosine Boumendil), alias Elissa Rhaïs, est illettrée, presque analphabète! Elle n’a fait que signer les livres écrits par son prétendu fils, en fait un parent pauvre, Raoul Dahan, qu’elle tient sous sa coupe financière et amoureuse depuis plus de vingt ans. (…) Le scandale est étouffé. Le monde de l’édition, victime de la géniale imposture, opte pour la conspiration du silence. La France en guerre a d’autres. drames à pleurer. Toute trace s’apprête à disparaître de la naguère célèbre Elissa Rhaïs… Toute trace? Pas forcément. Car Raoul Dahan, plus anonyme que jamais, mais marié et père de famille, va, sur son lit de mort, confier à son fils son secret et tous ses manuscrits précieusement conservés. Quatorze ans plus tard, en 1982, ce fils prendra la plume. Sous le nom de Paul Tabet, il clamera à la face du monde la fabuleuse histoire d’un jeune homme pauvre, juif d’Alger pétri de culture française, qui, tombé sous la coupe d’une énergique cousine, la laissera signer les milliers de pages qu’il écrira au fil de vingt années.
Le Figaro





