1) A quoi joue le Hezbollah en Syrie ? le 22.02.2013
La grande nouveauté de l’atroce conflit syrien, c’est que cette fois, il semble bien être en train de déborder chez ses voisins. Le maillon faible, c’est bien sûr, le pauvre Liban. A peine remis lui-même d’une guerre civile interminable, qui a sapé ses forces, dispersé de par le monde une partie importante de sa population, mais laissé dans la conscience de chaque Libanais un même désir : tout faire pour éviter que le feu ne reprenne. Quitte à fermer les yeux sur le fait que, contrairement aux autres milices ayant pris part au conflit, le Hezbollah ait conservé ses armes, tout en participant au jeu politique démocratique…
Le Hezbollah (ou « parti de Dieu ») est, en effet, un acteur complexe : il est en tout ensemble une milice lourdement armée, un parti qui joue le jeu électoral en représentant les chiites, tout en prenant garde de faire figurer sur ses listes des chrétiens et des sunnites, mais aussi une institution sociale disposant de crèches, d’hôpitaux, d’écoles, et distribuant des aides sociales à la communauté chiite.
Or, c’est par ce mouvement, dont on supputait récemment les capacités d’indépendance envers son patron iranien et son protecteur syrien, que passe désormais le risque de contagion. Le général Selim Idriss, chef d’état-major de l’Armée Syrienne Libre avait, en effet, fixé à hier son ultimatum : si le hezbollah ne cesse pas de bombarder les localités tenues par les rebelles syriens à partir de la Bekaa libanaise, l’ASL répliquera, visant par conséquent le territoire libanais. (plus ici…)
2) 20 ans de dérive budgétaire 25.02.2013
(…) Dans son livre qui vient de paraître, « France état d’urgence », Christian Saint-Etienne, dresse un état des lieux alarmant de la situation de la France. Je cite :
« La perte de compétitivité de la France est globale depuis vingt ans – économique, politique et culturelle ». En cause « un Etat hiérarchique et inefficace, un système politique déresponsabilisant, un système social dispendieux et décourageant l’effort et un système éducatif qui se contente trop souvent d’une « bienveillante » médiocrité. Résultat : « le système productif implose et le chômage gangrène la société. L’explosion haineuse est proche ».
Ce tableau vous semble-t-il réaliste ou exagérément pessimiste ? (plus ici…)
3) « L’accord transatlantique global » d’Obama 15.02.2013
S’il y a une information à retenir, cette semaine, une information de portée réellement historique, c’est l’ouverture faite par Barack Obama en direction des Européens, lors de son Discours sur l’état de l’Union. On en comprend mieux la logique, en lisant le papier de Harlan Ullman, sur le site de l’Atlantic Council, intitulé, « Time to pivot back to Europe », le moment de repivoter vers l’Europe.
Les querelles territoriales en mer de Chine, l’importance des dettes accumulées par les Etats-Unis envers la Chine, la montée en puissance commerciale et militaire de Pékin avaient justifié l’annonce, faite par le président américain, l’an dernier, d’un mouvement de « pivot » des Etats-Unis vers l’Asie. Cette année, estime Harlan Ullman, il était temps de se tourner vers l’Europe. D’autant que les Américains, dont le goût pour les engagements militaires lointains a fortement décliné, ont observé avec intérêt l’opération militaire franco-britannique en Libye, puis celle lancée par la France au Mali.
Oui, face au défi commercial qui leur est lancé par les émergents, Européens et Nord-Américains gagneraient à faire front commun dans les négociations commerciales. D’où l’idée d’Obama d’un « accord transatlantique global sur le commerce et l’investissement » entre les Etats-Unis et l’Union européenne. 800 millions de consommateurs auraient à gagner à la création d’une zone de libre-échange, surtout si les négociations qui vont s’engager concernent la libéralisation des services et l’ouverture des marchés publics. La Commission a récemment évalué le bénéfice d’un tel accord à l’ajout d’un demi-point de croissance annuelle.
Mais les négociations entre les deux blocs commerciaux seront difficiles : la France tient à son exception culturelle ; les Européens ne veulent pas de viande nourrie au maïs OGM, les constructeurs automobiles américains, qui ont obtenu toute sorte de protections contre la concurrence européenne, seront mobilisés pour les conserver. Ce ne sont pas les droits de douane, qui gênent le commerce transatlantique – ils sont très faibles – mais les règlementations, les protections, les innombrables barrières non douanières imaginées des deux côtés pour protéger tel ou tel secteur d’activité.(plus ici…)