Posté le Lundi 29 octobre 2012 par sil
Voilà plus d’un an que des serviteurs de ce pays, et pas des moindres, ceux qui ont accepté l’idée du sacrifice suprême, sont payés au lance pierre, sans que la hiérarchie trouve le moyen de résoudre ce scandale (ce qui en dit long sur ses capacités) et sans que le moindre syndicat ne se saisisse du dossier. Il est vrai que ces derniers préfèrent défendre les petits intérêts de leurs troufions syndicaux du rail…
1) Soldes non payées des militaires : « Quand ça ne rentre pas, ça pose de gros soucis » pour les familles (colonel Duffy)
Il y a toujours des retards dans le règlement des soldes des militaires. Au début de ce mois d’octobre, le ministère de la Défense a annoncé la mise en place d’un numéro vert pour répondre directement à toutes les questions dans le traitement des dossiers après les ratés d’un nouveau logiciel. Témoignage du colonel Jacques Duffy, le chef de corps du 1er Régiment d’artillerie de Bourogne dans le territoire de Belfort à écouter sur France Info...
2) Alès : Bug sur la paye des militaires : un sous-officier de la Légion témoigne dans le Midi Libre.
Il est rare qu’un militaire brise la loi du silence qui gouverne sans faille la “Grande Muette”. Se présentant à visage découvert, qui plus est en tenue militaire. Venant d’un sous-officier de la Légion étrangère, le geste se veut encore plus solennel. L’adjudant Pierre-Henry Tuvignon a conscience « de briser un tabou ». Mais il assume. « Entre sanction et faire manger ma famille, j’ai choisi. »
Depuis un an et demi, ce militaire père de quatre enfants se bat contre un bug informatique qui lui pourrit la vie. Et le terme est faible. Le nouveau logiciel LOUVOIS, mis en place par l’armée, connaît de graves dysfonctionnements à répétition, provoquant des payes tronquées, voire ridicules, des oublis de primes à tour de bras.
Le retard pour l’adjudant Tuvignon est de 10 000 €, soit un tiers de son revenu annuel. Il se retrouve donc dans une grave situation financière. « J’ai calculé que les frais bancaires qui m’ont été imputés depuis un an et demi correspondent à un mois de solde. Mon banquier a failli me placer en interdit bancaire et il me prenait pour un mythomane », explique l’Alésien. Aujourd’hui, sa banque lui a accordé un crédit revolving lui permettant de tenir un peu. Mais à quel prix.
Après avoir tapé en vain à de nombreuses portes, attendu sagement une régularisation qui ne vient toujours pas, l’Alésien ne cache plus son écœurement. « Je me sens complètement broyé par le système administratif », confie Pierre-Henry Tuvignon. « C’est ma famille qui est en péril. » Il avoue même être bien plus stressé aujourd’hui que durant toute sa carrière.
Pourtant, l’homme a de la bouteille, avec 22 ans d’armée, dont 20 ans de Légion étrangère, une spécialité pointue dans une unité d’élite, comme plongeur au Détachement d’intervention nautique opérationnelle. Un engagement sur de nombreux théâtres militaires à l’étranger. Et tout dernièrement une période de six mois en Afghanistan pour l’encadrement des forces locales. Une mission au cours de laquelle Pierre-Henry Tuvignon a été blessé. Ce qui devrait mettre un terme à sa carrière.
L’homme ne manque pas de souligner son attachement à l’institution et le soutien apporté par la Légion étrangère. Soutien financier par un prêt à taux 0, mais aussi moral. « Je reçois des appels tous les jours », explique le militaire. Mais il ne cache pas son amertume. « J’étais volontaire pour faire mon devoir pendant 22 ans. Mais j’aurais aimé qu’aujourd’hui les choses soient faites normalement », explique le Gardois, très critique sur ce bug informatique qui n’en finit plus. Laissant chaque mois le doute sur une paye qui peut-être n’arrivera même pas.
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6 réponses à “Soldats non payés : voilà plus d’un an que ça dure”
31 oct 12 à 02:57
L’informatique de gestion ! ! !
Inépuisable sujet de discussion, et d’empoignes, dans les entreprises et les administrations !
Le « client » bâtit un cahier des charges pour détailler sa demande, et le « fournisseur », qui a en tête Un modèle qu’il souhaite tout au plus adapter, lui explique ensuite, …… de quoi il devrait plutôt avoir besoin !
Situation moult fois vécue !
Le rapport de force étant celui de l’ignorant face au sachant, du professionnel face à l’amateur, …… il est facile de prédire qui « gagne » la plupart du temps !
30 oct 12 à 09:35
OK, OK ! N’empêche… Si vous aviez dû tripatouiller vos heures de service sur « Wave », vous auriez eu des moments d’angoisse.
(Je ne suis PLUS informaticiens (sans doute parce que j’étais un mauvais informaticien), étant devenu psychiatre, mais j’ai en mon temps écrit deux bouquins, l’un « Éléments de calcul numérique » et l’autre « Architecture des machines programmables », publiés par le défunte société ELINF.)
30 oct 12 à 08:16
Vautrin. Je vous dirais que vous n’^tes pas informaticien.
1) Le prix d’un logiciel n’est pas lié à sa qualité. Outre le cas très particulier des logiciels libres il y a le fait qu’un logiciel est un bien à cout de conception très élevé et à coût de production zéro. Donc un logiciel qui a couté 100 millions d’euros à développer mais vendu à 1 million d’exemplaires peut être vendu à 100 euros tandis qu’un logiciel qui n’a couté que 10 millions mais qui, par exemple parce qu’il est destiné à une plateforme minoritaire, ne sera vendu qu’a 10 mille exemplaires ne put être vendu en dessous de mille. Pourtant s’ils adressent le même besoin le premier a toutes chances d’avoir bien plus de fonctionnalités. Moins bugué celà reste à voir.
2) Toutes les organisations, entreprises comprises, faisaient de la programmation in house au début de l’informatique. Et de nos jours même quand vous vous basez sur des produits standards (exemple une base de données) il arrive un moment où vous devez programmer vous-même la « glu » pour l’adapter à votre organisation. J’ajoute que les fournisseurs de l’administration ont encore en mémoire un raté magistral suite à l’utilisation d’un logiciel (fort couteux) du commerce. Une des raisons c’est que les volumes à traiter étaient très supérieurs à ceux pour lesquels il avait été conçu: ceux des entreprises.
3) Il y a longtemps que l’administration a cessé de prendre les agents qu’lle avait sous la main fussent-ils gardes-forestiers, de leur faire suivre un vague cursus de quelques mois et de les lâcher dans la nature. Aujourd’hui elle a des concours spécifiques et si vous regardez dans les revues qui vont bien vous trouverez par exemple des offres d’emploi pour des spécialistes pointus en cryptographie et sécurité.
4) En ce qui concerne les logiciels libres ils bénéficient du fait que le logiciel est un domaine qui ne requiert pour ainsi dire rien à part de la matière grise (dans l’aéronautique vous avez beson de souffleries, d’usines). Et dans certains domaines le logiciel libre réussit à trouver autant de matière grise que les éditeurs. J’ai encore sur l’estomac qu’un type qui ne songeait qu’à se couvrir m’aie refusé une solution libre meilleure en tout point et plus simple à mettre en oeuvre que la solution (commerciale) à l’étude. Par contre il y a un problème quand un premier ministre qui n’y connait rien impose/recommande l’adoption de logiciels libres pour des raisons budgétaires. et que des apparatchiks qui veulent se faire mousser auprès de lui imposent le passage dans des domaines où il n’est pas performant (ceux qui n’intéressent pas vraiment les informaticiens et où il ne peut aligner que de petites équipes). Cela dit avant de leur attribuer les problèmes de ces soldats sachez qu’il n’y a pas de logiciel libre de paye…
Quand aux arrondis c’est un tout autre problème lié à la représentation des nombres sur un ordinateur et à l’utilisation de certains langages (très à la mode) qui ne permettent pas de choisir la représentation qui convient aux problèmes de gestion mais seulement celle pour les problèmes scientifiques qui n’est pas une représentation exacte. Mais la mode de ces langages est venue du privé.
30 oct 12 à 07:54
Un communiqué est tombé :
» Les armées sont à la recherche de réservistes opérationnels, spécialité xxxx, ayant de bonnes connaissances en matière de soldes, pour assurer une permanence à la cellule SMODI de Rambouillet pendant une période de 1 mois. »
» ….. réglé pour Noël » …… a dit le ministre ? …… ! ! ! ……
30 oct 12 à 02:25
C’est vrai, « dans le temps » (comme on dit chez nous), les comptables de l’Intendance ne se trompaient pas et n’avaient pas intérêt à se tromper, sinon : au trou !
L’ordinateur fait des arrondis, cela n’est pas très grave, sauf qu’à la longue la somme des millimes additionnelles finit par devenir coquette. Son utilisation dans la comptabilité, en réalité n’est pas en cause. D’ailleurs, qui donc, ayant à réclamer à la suite d’une erreur, ne s’est jamais entendu répondre par l’administration : « c’est la faute à l’ordinateur » ? Voilà un bouc-émissaire tout trouvé.
Mais il faut bien un opérateur, qui n’est pas infaillible, pour nourrir la machine. De plus, la machine ne fait rien sans programme, Et donc le concepteur et le programmeur peuvent introduire des bugs.
Or… l’Administration préfère généralement faire appel à des concepteurs-maison pour fabriquer ses programmes. Ces fonctionnaires particuliers ont choisi la sécurité d’emploi plutôt que l’aventure industrielle. Ce ne sont pas des génies de l’informatique à qui l’on offrirait des salaires confortables dans le privé. Le résultat est que les logiciels de l’Administration sont ce que naguère on appelait des « kludges » (traduction en Dac : « biglotrons ») dont le maniement est peu ergonomique, les interfaces calamiteuses les données en sortie parfois entachées d’erreur même si les données entrées sont correctes. Quiconque a eu à manier de tels logiciels aura fait ce constat.
L’Administration croit faire des économies, en procédant de deux manières : en choisissant des logiciels peu coûteux, mais peu performants, et en entretenant des équipes d’informaticiens pour concevoir et fabriquer ses propres logiciels. Au bout du compte, elle dépense davantage que si elle s’adressait à des entreprises qui, elles, doivent exécuter des clauses de garantie en cas de dysfonctionnement. (Enfin, en théorie, car on sait bien que chaque nouvelle version de Windows est débugée par les premiers utilisateurs qui essuient les plâtres…)
Bref : il y a au scandale dont il est ici question – le non-paiement des soldes à nos soldats – des causes objectives, qui montrent, entre autres, que l’État ne s’embarrasse pas de rigueur dans sa gestion. C’est honteux… Mais ce n’est pas un scoop.
29 oct 12 à 15:32
Il fut un temps, …… pas si lointain, …… où l’informatique dite de gestion n’avait pas encore envahi tous les rouages de la société. Un temps pas si lointain où l’armée comptait plus « d’amateurs » … [on nommait alors ça des appelés du contingent] … que de professionnels hyper formés. Un temps pas si lointain où les soldes étaient versées au jour dit, au centime prêt.
A cette époque, …… pas si lointaine, …… les ‘’pailleux‘’ remplissaient au crayon des colonnes dont ils comptaient et recomptaient les totaux. Je sais, c’était archaïque, paperassier, voire courtelinesque, …… MAIS ÇA FONCTIONNAIT !
Depuis, on a jeté les crayons en proclamant que l’armée allait résolument entrer dans l’ère moderne, celle du ZÉRO PAPIER ! … Les « amateurs » ont, de leur côté, été invités à rester dans leurs foyers au nom de la ‘’suspension‘’ de leurs services désormais sans nécessité ! …… ET ÇA NE FONCTIONNE PLUS !
Mais « on » appelle quand même ça le progrès !
Hééééééé oui ! …… c’est le progrès ! …… car le progrès ne s’évalue pas à l’aune des résultats produits, mais à la combinaison du niveau d’instruction des opérateurs et de la complexité des techniques mises en œuvre !
Ainsi, le progrès, dans la tête de certains produits des fermes modèles de la pensée technocratique, ça consiste à utiliser des gens « hautement qualifiés » recourant à des techniques très sophistiquées, …… POUR FAIRE PIRE QU’AVANT !
Quand la solde était encore versée dans des enveloppes contenant les billets de banque et les pièces de monnaies, singulièrement les erreurs étaient fort rares ! …… MAIS C’ÉTAIT RINGARD !
Quand, du temps de Louis Armand, au début des années soixante, tous les trains partaient à l’heure et arrivaient à l’heure, …… C’ÉTAIT RINGARD ! …… la régulation se faisant avec une règle, du papier quadrillé et un vieux téléphone !
Aujourd’hui, …… c’est mieux ! … ET Y’A PAS INTÉRÊT A DIRE LE CONTRAIRE !
N.B. : petit clin d’œil de remerciement à Sil au passage.





