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Et si les Démocrates se faisaient aplatir ?

Posté le Samedi 27 octobre 2012 par sil

1) Obama impopulaire

Effet possible du scandale de Benghazi. Dans le sondage Rasmussen qui suit la quote de popularité du président parmi les électeurs potentiels, au cours des quatre derniers jours, le sentiment d’approbation du travail du président Obama a chuté de 50 à 47%. Pendant ce temps, son taux de désapprobation a grimpé à 52%.(source)

2) Tendance : Romney creuse l’écart

Romney gagne un point dans le Rasmussen d’aujourd’hui passant de 50-47% à 50-46%. Romney a également augmenté son avance de deux points dans le sondage Rasmussen suivant l’évolution dans les Etats clés. (source)

3) Du nombre d’électeurs républicains

L’institut Gallup a publié discrètement quelques données étonnantes ce matin. Basé sur des enquêtes menées à partir de Octobre, Gallup estime que 36% des électeurs potentiels se disent républicains, contre 35% qui se disent démocrates. En répartissant les indécis, l’avantage du GOP (républicains) est de 49% / 46%.

Petit rappel : En 2008, les démocrates avaient un avantage de dix points, 12 Après répartition des indécis. Cette année, la quasi-totalité de sondages montrent Mitt Romney avec une large avance sur Barack Obama parmi les indépendants. Donc, si les données d’aujourd’hui sont correctes, non seulement l’élection présidentielle ne sera pas sérée, mais les républicains feront mieux que prévu au Sénat et à la Chambre des députés.(source)

4) « La tortue Romney menace le lièvre Obama » par Jean-Marc Gonin

Donné largement battu il y a encore un mois, le candidat républicain a réussi une remontée inespérée. Il pourrait coiffer Barack Obama au poteau.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Ce bon Jean de La Fontaine trouverait quelque satisfaction à suivre la course à la Maison-Blanche de 2012. Comme dans la fable, en vue de la ligne d’arrivée du 6 novembre, la tortue Mitt Romney menace le lièvre Barack Obama, que l’on donnait pourtant largement favori à l’issue des conventions que les deux partis ont tenues l’été dernier. «La campagne est passée de ce que beaucoup considéraient comme une victoire inévitable du président Barack Obama à ce qui semble aujourd’hui un ex æquo», constate sur son blog Gerald F. Seib, analyste politique du Wall Street Journal.

À observer la démarche des deux hommes, on aurait pu prédire le scénario. Tandis que Barack Obama arpente les podiums avec ses grands compas, Mitt Romney les parcourt à petits pas, comme s’il voulait arriver sans bruit. Le candidat républicain est pourtant plus grand que le président démocrate: 1,88 m contre 1,85 m. Mais il a choisi un profil bas pour affronter un rival triomphalement élu quatre ans plus tôt.

Du point de vue des chiffres, la remontée de la «tortue» est spectaculaire. Publiée à deux semaines du scrutin, la dernière livraison du sondage effectué conjointement par le Wall Street Journal et la chaîne de télévision NBC News donne les deux hommes à égalité – 47 % des intentions de vote. Fin septembre, dans cette même enquête, l’écart était encore de 3 points en faveur d’Obama, et même de 7 points il y a un mois. La tendance est identique pour l’ensemble des instituts, à l’exception du vénérable Gallup, qui donne une large avance au républicain (7 %). En revanche, Obama garde la tête dans les enquêtes d’opinion effectuées dans le swing state, l’Etat clé de l’Ohio, où Romney doit absolument l’emporter pour être élu. L’écart moyen y est de 2,2 points au bénéfice du président sortant, c’est-à-dire qu’il se situe dans la marge d’erreur estimée entre 2 et 4 points, selon les méthodes employées par les sondeurs.

Quelle que soit l’issue du scrutin, historiens et politologues retiendront le soir du 3 octobre comme le tournant de cette campagne 2012. Au Colorado, sur le campus de l’University of Denver, la magie Obama s’est envolée. Lors du premier débat télévisé l’opposant à son challenger républicain, le Président s’est magistralement raté. Mal à l’aise, sans éloquence, terne, Barack Obama a soudain fait oublier la «rock star» qui électrisait les foules, et notamment la jeunesse, quand il balaya son rival républicain John McCain à l’automne 2008. Soudain, par contraste, Mitt Romney, 65 ans, avait l’air plus jeune, plus «frais», plus neuf que le Président, qui n’a que 51 ans. Le challenger lançait des idées neuves, le tenant du titre parvenait à peine à défendre son bilan… S’il s’était agi d’un combat de boxe, le républicain aurait été déclaré vainqueur par KO.

Denver a métamorphosé la campagne. Mitt Romney a fait un bond dans les sondages qualitatifs. Son message est passé auprès des électeurs, qui l’ont jugé dans leur majorité plus crédible pour régler les problèmes de l’économie américaine: chômage, déficits, dette. Il est apparu plus sympathique et plus ouvert qu’auparavant. Aux Etats-Unis, un tel succès d’étape a d’énormes répercussions. Dès le lendemain du débat, des milliers de bénévoles se sont présentés dans les sièges locaux de la campagne Romney 2012 pour donner un coup de main, faire du porte-à-porte, appeler des électeurs indécis au téléphone, etc. Et, bien entendu, les caisses se sont remplies grâce aux dons de sympathisants qui se sont mis à croire aux chances d’un champion qu’ils estimaient jusqu’ici assez mal embarqué.

Côté démocrate, en revanche, la médiocre prestation du Président a fait des dégâts. Sa base électorale s’est effritée, et ses équipes de campagne ont été saisies par le doute. Le choeur des commentateurs politiques «libéraux», d’ordinaire bien disposés à l’égard de la Maison-Blanche, s’est mis à s’interroger sur les états d’âme de Barack Obama. Des articles sont sortis dans les journaux qui mettaient en question son désir d’un nouveau mandat de quatre ans. Des témoignages de collaborateurs racontaient un président désabusé, impatient, irrité, un homme qui n’aime pas que les faits lui résistent et encore moins que son entourage le lui rappelle. Bref, un portrait peu flatteur semblant donner raison à ceux, nombreux chez ses adversaires, qui ont vu en Barack Obama un brillant intellectuel, fin théoricien, doué pour le verbe mais rétif au pragmatisme, voire aux compromis, clés de la politique à Washington.

Lors des deux débats suivants, à Hempstead, près de New York, et à Boca Raton, en Floride, le Président s’est donné du mal pour faire oublier le bide de Denver. Agressif, provocateur, ironique, il a régulièrement coupé la parole à son adversaire. Cette posture de battling Barack a requinqué ses troupes et levé l’ambiguïté: l’homme est bien parti à la conquête d’un second mandat. Au passage, ses conseillers lui ont peaufiné une poignée de formules qui ont fait mouche. La «romneysia», pour stigmatiser les positions à géométrie variable de son adversaire, et la désormais célèbre tirade sur le fait que les forces armées disposent de moins de «chevaux et de baïonnettes», pour répliquer au candidat républicain qui regrettait que l’US Navy possède moins de bâtiments aujourd’hui qu’en 1917.

Face au sursaut de Barack Obama, Mitt Romney a gardé son calme. Certes, les analystes ont donné le Président vainqueur des deux débats qui ont suivi celui de Denver. Mais les enquêtes d’opinion, on l’a vu, ont continué, elles, à évoluer vers un équilibre quasi parfait. En choisissant l’attitude du candidat impavide, ignorant les attaques de Barack Obama et affichant un sourire en toute occasion, l’ancien gouverneur du Massachusetts a installé une image de présidentiable. Il en a profité pour se recentrer et s’écarter de l’argumentaire radical de la droite républicaine sur des sujets sensibles comme l’avortement ou le mariage gay. Car ce mormon très pratiquant n’a plus besoin de séduire l’aile religieuse de son parti. Elle lui est acquise: 82 % des «évangéliques blancs» déclarent qu’ils voteront Romney, selon le sondage WSJ/NBC. Contrairement à John McCain, battu par Obama il y a quatre ans, il n’a pas suscité longtemps le scepticisme des ultrareligieux.

Le sillon que Mitt Romney n’a cessé de creuser, celui qu’il a ensemencé tout au long de sa campagne, et celui qu’il moissonne à présent, n’est autre que l’économie. Dans ce domaine, le candidat républicain a réussi un délicat numéro d’équilibriste: il concilie le discours classique de son parti sur la dépense publique et les arguments jusqu’au-boutistes des turbulentes Tea Parties. Quand il déclare que «la main invisible du marché est toujours plus rapide et meilleure que la main lourde de l’Etat», son discours ne dévie pas de ses devanciers. En revanche, quand il affirme qu’il «est temps d’arrêter l’expansion de la dépendance de l’Etat et de la combattre comme un poison», on reconnaît dans son discours toute la défiance que les «Tea Partiers» manifestent envers Washington et le gouvernement fédéral.

Arrivé au pouvoir avec une étiquette de social-démocrate à l’américaine, qu’il a renforcée en faisant voter l’assurance-maladie obligatoire pour tous, Barack Obama a fait gonfler la dette de 5300 milliards de dollars (son prédécesseur républicain George W. Bush l’avait augmentée de 4800 milliards en huit ans…). Mitt Romney en a fait son miel en répétant devant ses auditoires que les Etats-Unis étaient désormais sur la voie de la Grèce. Au-delà des contradictions de son programme, que Barack Obama a soulignées à l’envi – comment réduire l’endettement en promettant des baisses d’impôts? -, le candidat républicain surfe sur une puissante vague d’opinion qui n’a cessé d’enfler aux USA: moins d’Etat et moins de dépenses publiques. Infiniment plus virulente qu’en Europe, cette obsession américaine pourrait bien porter la tortue Romney jusqu’à la Maison-Blanche. (source)

sil @ 16:47
Catégorie(s): Présidentielle américaine 2012


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5 réponses à “Et si les Démocrates se faisaient aplatir ?”

  • 5
    Michael:

    Je me ruine en encens et je crois que le scandale de Benghazi ( soigneusement evite par une grande partie des medias nationaux fait son chemin dans l’esprit des patriotes US democrates ou republicains et les commentaires sans tact de Obama , Biden et Hillary ne vont pas arranger les choses . Il semble que la hierarchie militaire ( et la CIA) ont ete outrees du « ass covering  » des politiques . La demande pour une commission d’enquete du Congres fait son chemin ( apres les elections) et il est possible que quelqu’un mette la main sur la cassette video en live de l’attaque .Cette histoire est un veritable killer , pire que le flop de Carter en Iran mais a part Fox et les reseaux sociaux , silendce radio…

  • 4
    JFM:

    @Sittingbull:

    Erreur. Les sondages ont bougé mais c’est en faveur de Romany. Ce qui conforme la théorie que qund les sondés ont dit qu’Obama avait gagné le débat ils se référaient a Romney manquant des ocacasions de porter des coups mais pas à ce que Obama aie réussi à les convaincre et qu’ehn fait il les aplutot éloignés de lui.

    @Gallegher

    Autant les journaux ont une ligne sur les sujets natioanaux que les jour,nalistes doivent respecter autant en matière ionternationale les journalistes peuvent écrire ce qu’ils veulment. Je pense que c’est à celà que se réfarit un dirigeant d’un pârti trotskiste endisant qu’ils avient lmeurs entrées au Figaro.

  • 3
    Galahad:

    La pique sur les baïonnettes, c’est ce qui passe pour une manifestation d’esprit chez ceux qui en France se croient éclairés. En fait, ça n’était pas du niveau d’un débat présidentiel, plutôt d’un échange entre collègues autour de la machine à café. J’ai trouvé ça pathétique. Même Hollande, qui use et abuse de l’ironie (et passe ainsi pour avoir de l’humour, ce qui est pourtant différent) n’aurait pas été jusqu’à parler des porte-avions et des sous-marins comme s’il s’adressait à un enfant de 3 ans.

  • 2
    Sittingbull:

    Ajoutons à cette excellente analyse un point noir de plus: le bide total des baïonnettes (hé oui, les marines ont des baïonnettes) et celui de la Navy: bide total, les sondages n’ont point bougé. Faire mouche? pas vraiment.

  • 1
    Galahad:

    Sous ses dehors factuels, l’article du Figaro est quand même bien de chez nous. Et instructif, parce qu’il s’agit du Figaro, justement. Ce serait Libé ou lLe Monde, évidemment, ce serait trop facile.

    Sous couvert d’une description élogieuse (mais distanciée) du come-back du challenger républicain (qu’il serait difficile d’ignorer, il faut dire), il trouve quand même le moyen de nous refourguer ni vu ni connu ses préjugés à 2 balles de journaleux franchouille en les faisant passer pour des évidences incontestables.

    Je relève, entre autres indices de bullshit millésimé :

    - « l’argumentaire radical de la droite républicaine sur des sujets sensibles comme l’avortement ou le mariage gay » : est-ce que ça veut dire qu’être contre le mariage homo, c’est être « radical »? Est-ce qu’il est permis d’être contre l’avortement sans être un ultrareligieux (sic)?

    - « le candidat républicain a réussi un délicat numéro d’équilibriste  » : là, je m’attendais à ce que suive l’énoncé de 2 thèses contradictoires. En fait les voici : Romney veut diminuer la dépense publique (« classique ») et il veut – tenez-vous bien, ça va branler dans le manche – « arrêter l’expansion de la dépendance de l’État ». C’est vrai que ça exige des talents de funambule de soutenir simultanément ces deux thèses tellement la seconde est hallucinante et étrangère à la première.

    - « nombreux [sont ceux] chez ses adversaires, qui ont vu en Barack Obama un brillant intellectuel, fin théoricien, doué pour le verbe mais rétif au pragmatisme, voire aux compromis, clés de la politique à Washington. »
    Alors, à mon avis, sur ces quatre caractéristiques généreusement prêtées au Messie, les deux premières ne peuvent provoquer chez l’homme honnête et un minimum informé que la saine réaction suivante : MOUAAHAHAHAHA !
    La troisième me laisse dubitatif, mais ça n’engage que moi, tous les goûts sont dans la nature.
    Mais à vrai dire, seule la rétivité au pragmatisme me semble échapper sans équivoque à la catégorie des âneries journalistiques carabinées. Non que ce soit un trait d’analyse particulièrement subtil, d’ailleurs : Obama est un démagogue de classe internationale, ce qui fait qu’il peut passer à la rigueur pour parlant bien, mais c’est aussi un idéologue borné ; il est donc bien naturel qu’il soit « rétif au pragmatisme ». C’est le contraire qui serait un scoop.

    Enfin, ceci, parfaitement syntthétique de la nullité journalistique franchouille : « contradictions de son programme, que Barack Obama a soulignées à l’envi – comment réduire l’endettement en promettant des baisses d’impôts? - »
    Il faut vraiment soit être un partisan obtus d’Obama (ce que je ne pense pas que ce journaliste soit), soit ne rien comprendre aux bases du raisonnement économique pour écrire cela. On peut juger (à mon avis, on aurait tort, mais au moins on montrerait qu’on a essayé de s’informer) que le pari d’une réduction du déficit par une augmentation des incitations à produire est un pari risqué, mais on ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas une théorie et des expériences à l’appui de ce pari (Mellon, Kennedy, Reagan). Et bien sûr on ignore au passage le fait que les baisses des taux marginaux envisagées sont supposées être accompagnées de la suppression de niches fiscales. Bref, on récite le discours de campagne d’Obama, ce qui serait admissible, à l’extrême rigueur, dans un article d’opinion, mais on le fait dans un article d’information.

    Mais qu’attendre d’autre de la part d’un journaliste du Figaro aujourd’hui ?




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