Posté le Jeudi 25 octobre 2012 par sil
1) « Romney président ? » par Emmanuel Arthault
Ce troisième débat contre Barack Obama était censé être le test final pour Mitt Romney. Tout candidat à la magistrature suprême doit faire montre d’une maîtrise parfaite de la politique étrangère, domaine régalien par excellence. Et Romney était attendu au tournant : businessman et gouverneur, il pouvait bien ne pas convaincre de sa capacité à assurer le commandement de la première armée du monde.
Pour Fred Barnes, il a « passé le test » : « Romney n’a pas été déconcerté ou été sur la défensive sur la moindre question. Il n’a prononcé aucune gaffe. Étant challenger, il n’avait pas besoin de remporter le débat : il lui suffisait de tenir tête à la profonde connaissance, aux vives critiques, et à l’irritation occasionnelle d’Obama. Et il y est parvenu. »
(…) D’après un sondage CNN — de tendance démocrate — Obama aurait été vainqueur de ce débat à 48 contre 40%. Cependant, pour 60% des électeurs, Romney serait capable de tenir le rôle de Commander in Chief — contre 66% pour Obama.
Bill Kristol, rédacteur en chef du Weekly Standard, a observé que seuls deux candidats ont « aussi bien fait » et su tenir tête au Président sortant sur la politique étrangère : Reagan contre Carter en 1980 et Bill Clinton contre Bush père en 1992. Il en déduit que Romney s’est montré capable d’être le prochain président… « et le sera probablement. » (plus)
2) « Obama sort-il indemne des débats ? » par Véronique Saint-Geours
Les trois débats mettant face à face Barack Obama et Mitt Romney ont-ils permis de mieux cerner la personnalité des deux candidats pourtant rompus à l’épreuve du formatage de leurs apparitions publiques?
(…) L’enjeu pour le candidat Républicain était de faire émerger sur la durée des débats une image unique structurée autour de sa personnalité et des contraintes du futur job. Opération réussie puisqu’il fait le break d’entrée de jeu en remportant le premier débat et plaçant Obama dans le rôle du challenger qui doit faire ses preuves.
Il a utilisé sa personnalité « business » et son sourire permanent pour signifier son imperméabilité à toute déstabilisation imaginée par l’adversaire. Rares sont les muscles de son visage qui trahissent un désarroi encore moins une colère. Dans le troisième débat, son sourire affiché ne quitte pas le visage d’Obama, quand celui-ci s’exprime, signifiant à la fois sa bonne volonté de façade et le peu d’effet des propos du président sur lui. Sa compétence en politique étrangère est avérée. Et au lendemain du débat les media en font le constat.
Ses prestations ne sont pas exemptes d’humour et pince sans rire, il lâche des vannes comme celle du vingtième anniversaire de mariage Obama qui font de l’effet. Il ne serait pas ce lourdingue qu’on se plaît à décrire dans les rangs démocrates. Il ne pratique pas l’agression verbale qui laisse des traces surtout celles d’une éventuelle fragilité. Et tranfère vers Obama les négatifs de l’image de l’agression. Bref il le fait.
Face à Romney Obama s’est révélé un président « déconcertant » avant de reprendre les rênes de l’offensive parfois jusqu’à l’arrogance.(plus)
3) « Panique dans le camp Obama » par Guy Millière
Une trentaine d’heures se sont écoulées depuis le troisième débat de l’élection présidentielle américaine, et le verdict semble désormais sans appel. Mitt Romney l’a emporté sur tous les terrains où il devait l’emporter.
Il n’a, sur l’instant, pas semblé marquer davantage de points que Barack Obama, ce qui explique que ce dernier ait été déclaré vainqueur. Mais il a fait beaucoup mieux : il s’est posé en Président et, comme l’ont dit plusieurs commentateurs aux Etats-Unis, un être arrivant d’une autre planète qui aurait regardé le débat aurait pensé que le Président s’appelait d’ores et déjà Mitt Romney, et que le challenger s’appelait Barack Obama.
Mitt Romney n’a pas non plus attaqué Obama et montré à quel point le bilan de celui-ci est accablant sur tous les plans. Et il n’a pas démoli les alibis qu’Obama cherche à se trouver concernant le dossier Benghazi. Il a, là encore, fait beaucoup mieux : il a souligné, touche après touche, toutes les lacunes de la présidence Obama, a pris la position de leader et a tenu un discours à même de redonner confiance en l’Amérique, au peuple américain, et aux alliés de l’Amérique. Et il a laissé les questions telles que le dossier Benghazi à la commission d’enquête du Congrès, qui va continuer à faire son travail.
Ce que le peuple américain a vu lundi soir, cela n’a, en fait, pas été un débat, mais un discours tenu par celui qui s’installera sans doute à la Maison Blanche en janvier prochain, et qui a d’ailleurs parlé plusieurs fois au futur, et non au conditionnel.
Ce que le peuple américain a vu aussi, c’est un homme en train de perdre, et de se révéler davantage encore indigne de la fonction qu’il occupe aujourd’hui et qui ne sera bientôt très vraisemblablement plus la sienne.
Autant Mitt Romney est apparu à même de se situer au dessus de la mêlée, rassurant, porteur d’un élan et d’une vision du futur, autant Barack Obama est apparu arrogant, agressif, vain, mesquin, défensif une bonne part du temps, offensif et hargneux le reste du temps, mais jamais à même d’articuler une vision du futur. (plus)






