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Expo Abdessemed/Centre Pompidou: Avec fil de fer barbelé de Guantanamo, s’il vous plait! (20 years of gratuitous provocation and they hang you at the Pompidou!)

Posté le Jeudi 18 octobre 2012 par jc durbant

Christs en fil de fer barbelé certifié de Guantanamo, amoncellement de véritables animaux sauvages naturalisés brûlés au chalumeau (aux proportions, s’il vous plait, du Guernica de Picasso!), vieille barque chargée de boat people africains préemballés, cercles concentriques en barbelé à nouveau certifié de Guantanamo, accumulations d’animaux morts, moulage en terre cuite d’une voiture brulée garantie émeutes françaises de 2005, vraies carcasses d’avions enlacées, auto-transformation en torche vivante, glorification monumentale du geste d’antijeu du siècle,vidéos d’insectes et de reptiles on ne peut plus rassurants, vidéo grand écran de porcelet tétant en dolby stéréo une jeune femme, vidéos d’animaux les plus divers (coqs, serpents, pitbulls, tarantules, iguanes, souris blanches, scorpions, crapauds) se déchirant les uns les autres, photos de villes vidées de leur population et envahies par les animaux sauvages, religieux nu et rasé joue des airs berbères à la flûte, titres provocateurs (Also sprach Allah, God is Design, Tolérance zéro, cocktail), références lettrées à l’histoire de l’art (Géricault, Goya, Grünewald) …

Après les photos volées de cadavres d’une morgue parisienne ou les décoctions de christs dans l’urine et le sang (Andres Serrano), autodafé de rate vivants (Kim Jones), pipe à un poète essayant de lire son oeuvre (Kathy Aker), contemplations assistées de col d’utérus (Annie Sprinkle), abattage de chiens ( Tom Otterness) …

Comment un artiste pressé et immigré de surcroit obtient la consécration d’une rétrospective au Centre Pompidou à 41 ans ?

Facile!

Multiplier les provocations les plus simplistes et les plus explicites …

Ne manquer aucun des sujets qui fâchent du moment avec matériaux certifiés d’origine (terrorisme, religion, immigration, délinquance, sport) …

Saupoudrer de quelques allusions bien appuyées aux rituels sacrificiels primitifs …

Assaisonner de titres les plus ironiques ou les plus provovcateurs possibles …

Ne pas omettre la petit touche de relations zoophiles …

Donner dans la plus extrême démesure …

Jouer sur l’indignation et le malaise physique du spectateur …

Se donner le beau rôle de la victime nécessairement innocente et du dénonciateur …

Prétexter de la violence de la societé pour en rajouter dans la surenchère …

Multiplier tant les déclarations-manifestes à l’emporte pièce que les références lettrées …

Ajouter une pincée de scandale avec si possible fermeture imposée de l’expo …

Et enfin surtout ne pas oublier, après le détour à New York, le mécène milliardaire!

jc durbant @ 07:53
Catégorie(s): Bobologie et dhimmitude etLa banlieue s'exprime


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Une réponse à “Expo Abdessemed/Centre Pompidou: Avec fil de fer barbelé de Guantanamo, s’il vous plait! (20 years of gratuitous provocation and they hang you at the Pompidou!)”

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.

    Chesterton

    I’m having my work made by Indonesian children who work 16 hours a day and get paid $10.00 a month. I’m doing it as an act of controversy to make people think about the unjust nature of the world economy. Thumbs up or down?
    Matthew Weinstein

    Thirty years ago when I was 25 years old, I made a film in which I shot a dog. It was an indefensible act that I am deeply sorry for. Many of us have experienced profound emotional turmoil and despair. Few have made the mistake I made. I hope people can find it in their hearts to forgive me.

    Tom Otterness

    Dans La Crucifixion, de Grünewald – dont cette quadruple sculpture s’inspire –, ce sont les mains qui crient. Je l’ai réalisée avec le fil de fer barbelé de la prison de Guantanamo.

    Adel Abdessemed

    Dans ma sculpture, ce n’est pas le cheval qui reçoit des coups, mais lui qui s’apprête à en donner. C’est comme renverser un pouvoir… Adel Abdessemed
    Pour moi, les animaux ne sont pas des signes, pas des symboles, pas des icônes, pas des métaphores. Ce sont mes frères lointains, de vraies présences, mes compagnons silencieux.

    Adel Abdessemed

    Les sans-nation, les sans-continent, les sans-papiers, les sans-abri, les sans-baluchon… Où vont-ils ? J’ai pensé à cette peinture de naufrage. Un bateau abandonné, un espoir échoué.

    Adel Abdessemed

    On peut dire que l’idéologie crée des moules, moule un peuple. J’ai pensé à une voiture brûlée, piégée. Je l’ai traduite dans mon langage. Ma voiture est en terracotta. Elle est comme un corps qui respire, comme un cœur qui palpite.

    Adel Abdessemed

    Cette pièce est née d’un coup de fil à ma mère pendant la période du ramadan. Je précise : je ne suis pas musulman. Mais je suis spirituel et j’ai le sens du sacré. Je suis un artiste. Mon ascèse, c’est la créativité.

    Adel Abdessemed

    Une apologie de la violence ? C’est ce que dénoncent les détracteurs de l’installation posée sur le parvis du Centre Pompidou : une statue de bronze d’Adel Abdessemed, qui représente l’inoubliable geste de Zinedine Zidane envers Marco Materazzi, lors de la finale France-Italie du Mondial 2006. Intitulée « Coup de tête », haute de plus de cinq mètres, elle fait partie de l’exposition de l’artiste, « Je suis innocent », qui ouvre le 3 octobre. Ce « coup de boule » avait valu un carton rouge à Zizou, et encouragé, selon certains, la défaite de la France. Le commissaire de l’exposition, Philippe Alain Michaud, affirme que « cette statue s’oppose à la tradition qui consiste à faire des statues en l’honneur de certaines victoires. Elle est une ode à la défaite. » Malgré la polémique naissante, l’œuvre est censée rester sur la Piazza Beaubourg jusqu’au 7 janvier, fin de l’exposition.

    Evene

    Don’t Trust Me déroute car l’image est dépouillée de toute mise en spectacle ou dramatisation, il est aussi à l’opposé d’un rituel sacrificiel ou d’une tradition culturelle. La brutalité du pouvoir se concentre sur cette capacité de la main de l’homme à donner la mort, d’où l’impensé du pouvoir. Rappelons aussi que l’histoire visuelle du cinéma au XXe siècle s’est construite à partir de ces images d’abattage : en 1903, Thomas Edison a filmé l’électrocution d’un éléphant au Luna Park de Coney Island (Electrocuting an Elephant). En 1949, Georges Franju réalise « Le sang des bêtes » en filmant les techniques d’abattage et de dépeçage des animaux dans les quartiers Vaugirard et La Villette à Paris. Les films de Pier paolo Pasolini et ceux de Rainer Werner Fassbinder ont aussi visualisé ces scènes d’animaux abattus et sacrifiés. Chez Abdessemed, cette croyance sacrificielle a disparu et il y a dans son art une exigence irascible à pousser au plus loin la représentation de la folie du pouvoir de l’homme.

    Wikipedia




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