Posté le Lundi 8 octobre 2012 par sil
(…) Nier les difficultés ou les problèmes, est-ce votre définition de la gauche ?
Disons que les gens de gauche ont pour certitude que «nous avons à faire ensemble». Moi, j’ai un peu de mal avec cette idée, car je pense que c’est à moi et à moi seul de décider si j’ai à faire avec quelqu’un et sous quelle forme et à quelle occasion. Je n’aime pas qu’on m’oblige à la convivialité comme le prétend, par exemple, la Fête des voisins… Ce que je rejette à gauche, c’est cette méfiance ou cette haine de l’individu au nom d’une vision de l’homme forcément intégré à un projet collectif. La gauche pense que seul, l’homme se résume aujourd’hui, dans nos sociétés libérales, à être juste un consommateur incapable de penser. Il faudrait donc l’aider à le faire. Or, comme le dit Philippe Tesson, il me semble que si les turpitudes et les scandales intrinsèques aux sociétés démocratiques libérales sont effectivement abjects, ceux qui veulent laver plus blanc que blanc créent des tyrannies encore plus grandes.
Impossible de vous dire de gauche, donc ?
Je travaille dans un milieu où presque tout le monde vote Hollande ou Mélenchon, et où dire qu’on trouve Fillon pas inintéressant vous fait passer pour un type qui a de l’indulgence pour les fachos. Pour autant, je trouve que ce qu’il manque à la gauche, c’est la méchanceté. Avec Jean-Marc Ayrault, qui me fait irrésistiblement penser au mélancolique Pessoa, on est à l’opposé de Nietzsche et de son «Je suis un belliqueux». Ce qui intéresse avant tout la gauche, c’est d’être gentille, essayer de faire le bien, aider les autres, forcer les gens à s’aimer à tout prix. Pour être de gauche, il faut une santé et une générosité que je ne possède peut-être pas.
Un mot sur Jean-Luc Mélenchon, qui vous piquerait à coup sûr votre maison de l’île de Ré s’il était élu président de la République ?
Je l’avais invité à mon spectacle sur La Fontaine auquel il n’a pas pu venir, mais il m’a envoyé un SMS intrigant pour me dire qu’il admirait Baudelaire (moi aussi!), et que c’est Baudelaire qui lui avait donné l’accès à Robespierre… J’avoue que je n’ai pas bien compris et j’ai hâte qu’il m’explique ce miracle. (plus dans Le Figaro)
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11 réponses à “Fabrice Luchini : vers l’extrême-centrisme ?”
11 oct 12 à 02:16
@ Malou-Véronique de Saint-Bonnet.
Tout d’abord merci pour votre appréciation.
« … l’autodidacte se nourrit de l’individualisme … »
Oui.
Il en va de l’individualisme comme des langues d’Ésope. Ce peut être à la fois la meilleure ou la pire des choses.
L’individualisme constitue le socle sur lequel fut édifiée la culture Judéo Chrétienne. Pour les croyants issus de cette culture l’Homme a été créé LIBRE, …… à l’Image et à la Ressemblance de son Créateur, …… dans un monde à parachever. Chaque individu envisagé à travers cette vision, en tant qu’élément du monde, est donc UNIQUE.
Mais en même temps, « Malheur à l’Homme seul » est-il également dit.
Les individualités doivent par conséquent, pour parachever le monde, associer librement leurs différences et leurs multiples talents au sein de projets communs. C’est là le fameux lieu que nous ne soupçonnons pas toujours à priori, où nous pouvons nous rejoindre en un instant.
L’une des questions essentielles de nos vies doit donc être de savoir au sein de quel projet nous souhaitons nous investir et de repérer celles et ceux avec lesquels la réalisation du dit projet devient envisageable.
On m’a souvent objecté : « Je ne comprends pas qu’avec un caractère comme le tien tu as pu aimer l’armée ! »
Ça peut effectivement surprendre à priori mais en même temps, est-il Homme plus libre que celui qui obéit de plein gré ? L’ordre et la discipline, au sein de cette institution, ont toujours reçu mon adhésion sans réserve car j’avais [et j’ai toujours] une très haute idée du projet commun qui réunit les soldats de tous grades et de toutes spécialités.
10 oct 12 à 08:00
A Gérard Pierre
« et curieusement nous risquons de nous rejoindre en un instant et en un lieu que nous ne soupçonnions pas » sic.
Ce serait chouette mais de quelle geôle s’agit-il au Capitole?
Luchini et tous les autodidactes ensemble pour un monde moins con ?
Difficile à croire car par définition l’autodidacte se nourrit de l’individualisme, il est donc difficile de l’imaginer « en groupe en ligue en procession » !!!
10 oct 12 à 07:50
En tout cas un GRAND BRAVO pour l’analyse pertinente de MOnsieur GERARD PIERRE sur les auto-didactes non formatés , j’ai adoré !
10 oct 12 à 07:46
C’est le caviar que j’aime chez la gauche, pour le reste ce sont de dangereux utopistes décidés à voter des règlements sur tout, et en corrolaire à nous infantiliser sur tout.
Leur enfer nous gave de bonnes intentions irréalistes, tend à supprimer notre libre arbitre, ils sont donc de véritables dictateurs de la soi disant bienséante pensée unique.
Hunger Games ne peut être qu’une invention de gauche, méchants pour les individus.
Propulsés à la nomenklatura par l’inconscience de la droite la plus bête du monde…la nature n’a t’elle pas toujours eu horreur du vide?
On est arrivé au point ou le vide de la pensée est devenu la pensée uniforme.
Quand à Mélanchon le ronchon,il surfe sur la méchanceté inhérente aux jaloux inculturés, diplômés sans job ou sous-jobbés, et se prend pour le nouveau Robespierre, (tête qui roule n’amasse pas mousse), même pas à Hainain- Beaumont, c’est tout dire !
9 oct 12 à 06:48
Letel
Le style se meurt sous les coups de boutoir de l’uniformisation des consciences et des convenances aseptisées.
Silence dans l’errant ! « On » ne veut voir qu’un seul esprit ! …… se distinguer c’est déjà faire œuvre d’insoumission intellectuelle ! …… que dis-je, c’est du racisme anti establishment, c’est chantourner la pensée melliflue du bobo atrabilaire, c’est introduire l’artefact dans l’éristique, c’est dévoyer la maïeutique à des fins ‘’indignes‘’.
J’aime les gens qui règlent leurs problèmes de miction face au vent et qui, comme le grand Jacques, se mouchent dans les étoiles.
Ils sont le sel de la Vie !
9 oct 12 à 03:39
Moi j’aime bien Luchini aussi, c’est le seul qui est amusant à regarder quand il passe à la télé. J’aime bien aussi son amour des mots, son amour pour le style, La Fontaine par exemple. C’est rare, aujourd’hui tout le monde s’en fout, du style.
9 oct 12 à 02:16
@ 4-Mateamargo
Pensez-vous sincèrement que Émil Cioran ne se réduit qu’à être « un collègue du premier mal lavé de philo-nazisme roumain » ?
Sa vie et son oeuvre ne sont-elles pas bien plus complexes ?
8 oct 12 à 16:34
Moi je ne l’aime pas du tout. Une sulfateuse à paroles nombriliste; Il nous fout des lectures publiques de… Céline… Et là ça va être Cioran. Encore un collègue du premier mal lavé de philo-nazisme roumain.
8 oct 12 à 13:31
Moi aussi meme s’il « m’hallucine » parfois ( dans ses roles ) Il etait tres en forme et tres « sans masques » chez Drucker . Il n’est certainement pas un membre de la Goche en tant que masse informe qui a souvent le chic pour tout ecraser ( de preferences les individus )sur son passage . Un humour qui laisse apparaitre une intelligence intuitive avec finalement beaucoup de coeur . Pour la mechancete , m’est avis qu’il va pas tarder a changer d’avis ( ou de lieu de residence …..)
8 oct 12 à 13:21
J’aime bien Fabrice Luchini !
J’aime par-dessus tout son amour des mots, … quoi qu’ils disent ! …… et quel que soit le lieu où ces dits mots le portent ! …… Je l’aime bien parce qu’il ne se soucie jamais de savoir si ses mots le rendent fréquentables par la multitude, …… son seul souci étant la musicalité et le rythme du verbe ! …… Il semble facétieux ? …… c’est un artisan de la belle parole qu’il aime ciselée.
Cet Homme est un autodidacte, et à travers lui c’est toute l’Humanité qui est promue !
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un autodidacte ? … A en croire la définition communément admise, ce serait quelqu’un qui s’est instruit par lui-même, …… sans professeur.
L’autodidacte est simplement un personnage qui n’a pas jugé nécessaire de faire labelliser par un jury agréé les connaissances assimilées en catimini, à son rythme, à son choix, et au fil du temps.
Dans le contexte d’un réflexe marketing généralisé, il inquiète car il ne répond à aucune norme répertoriée. Pas d’étiquette d’école réputée sur son front, pas de label universitaire sur son tee-shirt, il ne s’identifie à aucun formatage intellectuel connu, à aucune marque déposée. C’est un électron libre, un produit local du terroir. Il est sans doute bon, voire excellent, mais pour en être sûr il faudrait le décortiquer, l’analyser, le mettre en situation ; tout cela prendrait du temps. A quoi bon lorsqu’on dispose de cargaisons de diplômés divers et variés dont on sait déjà qu’on ne consommera pas la totalité ?
Dans une société où la qualité d’un professionnel se fonde essentiellement sur le critère de son efficacité, la difficulté que peut rencontrer un autodidacte est celle de son admission sur la ligne de départ. Il sait qu’ensuite il sera jugé sur sa course. En revanche, dans un monde qui ne sait pas où il va, et encore moins pourquoi il y va, l’autodidacte se verra refuser l’inscription au démarrage sur un critère banalement administratif :…… la case ‘’diplômes‘’ n’était pas renseignée !
Que les esprits puissants, gavés en batterie dans les fermes modèles que sont nos grandes écoles, perpétuent l’exercice de leur dictature sur les esprits suivistes tant que ceux-ci l’acceptent encore ! Mais qu’ils ne s’étonnent pas si leur route est de plus en plus jalonnée par ces trublions de l’habitude de penser en rond que sont à présent les autodidactes.
Est-ce par hasard si « J’ACCUSE » fut rédigé par Emile ZOLA, un type qui avait échoué au baccalauréat, et non par un de ces plumitifs titrés au style léché comme l’institution aime tant à en produire ?
L’autodidacte, tel Fabrice Luchini, est un routard de la culture, un piéton de la pensée, qui considère d’un œil …… distancié, …… tous les « touristes » du voyage intellectuel organisé que proposent les institutions officielles et les fermes modèles de l’esprit ! …… Il prend le temps de regarder, de humer, de noter, d’écouter, …… et de savourer, car il n’est de connaissances qui ne passent par les cinq sens !
Sur le chemin qu’il emprunte, il côtoie tout ce que la vie peut produire. Il marche à côté des humbles et des orgueilleux, des ignorants et des savants, des faibles et des forts, des méchants et des bons, des laids et des beaux, de ceux qui ne croient pas et de ceux qui croient ! …… et de chacun il tire un enseignement.
L’autodidactie est une voie vers la Sagesse ! …… Que personne ne se laisse dicter un parcours ! …… Que chacune et chacun compose le sien ! …… et, curieusement, nous risquons de nous rejoindre en un instant et en un lieu que nous ne soupçonnions pas !
Fabrice Luchini, merci d’exister de façon si munificente !
8 oct 12 à 12:28
Pour autant, je trouve que ce qu’il manque à la gauche, c’est la méchanceté.
Quand on voit la hargne, le ressentiment baveux, l’envie, l’intolérance du militant de gauche alpha, on se pose des questions sur cette phrase.





