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Deux visions d’Israel : celle d’Obama versus celle de Romney

Posté le jeudi 2 août 2012 par sil

Voici un très intéressant article de Bret Stephens paru dans le Wall Street Journal (traduit par bibi après une passe magistrale de notre quarterback maison, tonton James), intitulé :

« Mitt Versus Barack sur Israël : Obama est nostalgique du passé socialiste de l’Etat juif. Romney admire son avenir capitaliste. »

Un article dans lequel Bret Stephens nous apprend que Mitt Romney a rendu furieux les Palestiniens lors de sa visite en Israël le week-end dernier en appelant Jérusalem la « capitale d’Israël. » Il a ensuite ajouté l’insulte à l’injure en notant-dans le contexte d’une discussion sur la «culture»- la «différence spectaculaire en matière de vitalité économique » entre Israéliens et Palestiniens. Une remarque qu’un responsable palestinien a qualifié de «raciste».

Puis de poursuivre en expliquant que : nous vivons à une époque où être pro-israélien est devenu un critère essentiel d’habillage présidentiel pour un candidat, et ce à juste titre. George W. Bush avait réussi ce test lors d’un vol en hélicoptère au-dessus d’Israël avec Ariel Sharon en 1999. Barack Obama avait tenté de faire la même chose quand il avait rendu hommage à la ville assiégée israélienne de Sderot en 2008. En revanche, Jimmy Carter pensait et pense qu’Israël est un Etat d’apartheid. Alors certes, être anti-Israël ne fait pas de vous forcément un antisémite. Cependant cela est susceptible de vous situer entre le crétin et une manivelle.

Alors si le président Obama n’a pas encore fait quoi que ce soit envers Israël qui le situerait dans la lignée de Carter, le risque est néanmoins possible en cas de second mandat. Surtout si l’on a en tête son action passée. Sa frilosité personnelle à l’égard du Premier ministre israélien ; la chaleur sans précédent manifestée envers une Turquie anti-Israël ; les efforts sans précédent pour mettre de la distance diplomatique entre les Etats-Unis et Israël ; et, plus récemment, une campagne, toujours sans précédent, de fuites de renseignements militaire conçus pour garder la main dans le bras de fer qui oppose Israël à l’Iran. Comme quoi, le président Obama ne semble se préoccuper du sort d’Israël que lorsqu’il se sent en difficulté politique, lorsque ses efforts de collecte de fonds sont à la traîne, ou quand il a un grand discours à vendre à l’Aipac. Dernier exemple en date, la semaine dernière, Jay Carney, le porte-parole de la Maison Blanche, ne pouvait se résoudre à nommer la capitale d’Israël lorsqu’on lui a demandé lors d’un briefing. Pourquoi?

Beaucoup de théories tentant d’expliquer cela sont centrées sur les amitiés passées de M. Obama avec le professeur Rashid Khalidi, le révérend Jeremiah Wright ou le rabbin Arnold Wolf, et les derniers boutefeux de l’extrême gauche juive. J’ai une théorie plus simple: les positions du président s’inscrivent plus largement dans le débat droite-gauche sur la nature de la réussite.

Lorsque des détracteurs parlent au sujet d’Israël, ils ont tendance à penser que ses réussites sont en grande partie mal acquises : la terre de quelqu’un d’autre ; l’argent de quelqu’un d’autre ; les droits de quelqu’un d’autre. Mais aussi l’idée qu’Israël obtient une part inéquitable de l’aide étrangère des États-Unis, et qu’il prend une part inéquitable du territoire des Palestiniens. C’est aussi le point de vue que, en tant que partie présumée la plus forte dans ses relations avec les Palestiniens, Israël a le fardeau de faire des concessions tout en assumant tous les risques pour la paix. Les Palestiniens n’étant tenus de respecter aucune obligation morale réciproque.

En revanche, lorsque des admirateurs d’Israël visitent le pays, ils sont généralement émerveillés par tout ce que ce pays a planté, construit, inventé, réinventé, restauré, sauvé. Les amis d’Israël pensent que le pays a gagné son succès à la dure, et qu’il mérite d’en récolter les fruits. C’est ainsi que Mitt Romney affirmait ce dimanche: « vous exportez de la technologie, et non pas la tyrannie ou le terrorisme …. Ce que vous avez construit ici, avec vos propres mains, est un hommage au peuple d’Israël »

Ce qui anime l’un des côtés de ce fossé est un sentiment d’admiration. Ce qui anime l’autre côté est un sentiment d’envie. M. Obama aurait-il pu dire la même chose que Mitt Romney ? Peut-être. Cependant vous ne pouvez pas vous empêcher de penser que le fond de sa pensée aurait été dominée par les mots: «vous n’avez pas construit ce. »

Cela veut-il dire que M. Obama est « anti-Israël » dans le sens le plus odieux ? M. Obama semble sincère quand il parle de son admiration pour les kibboutzim israéliens, ou de son indignation face à négation de l’Holocauste, ou de sa solidarité avec les victimes israéliennes du terrorisme. Et il semble bien plus sincère encore dans son désir de voir Israël retourner à ses frontières de 1967. Tout cela équivaut à une forme de nostalgie pour l’Israël qui était autrefois l’opprimé-courageux, le digne représentant de l’Internationale socialiste. Tout ce qu’Israel n’est plus.

L’attitude de M. Romney à l’égard d’Israël semble provenir d’un fond différent. Il admire le pays aussi bien pour où il va que pour d’où il vient. Et il n’est pas prêt à faire de l’incapacité palestinienne un laissez-passer automatique. Dans son esprit, le succès israélien est mérité, de même que l’ échec palestinien.

M. Romney a une histoire d’homme politique éminemment pragmatique, et les vues qu’il a offert à Israël ont, jusqu’à présent, été politiquement sans risque. Comment agira-t-il en tant que président? Qui sait. Cela étant on sentait dans le discours de M. Romney au sujet des qualités de Jérusalem, de la conviction et de la sincérité, deux de ses traits de caractère les plus connus.

Et Bret Stephens de conclure : ne changez rien, Monsieur le gouverneur, et vous pourrez gagner cette élection.



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25 réponses à “Deux visions d’Israel : celle d’Obama versus celle de Romney”

  • 25
    Zoubor:

    Sans le socialisme, sans le collectivisme et l’egalite sociale, Israel n’aurai pas ete construit et n’aurai pas existe!!
    Tout cela a ete detruit ces derenier 30 ans aussi bien par les gouvernement « de droite » que par la gauche – qui a abandonne les interets des defavorises et d’ISrael pour se fourvoyer avec le nationalisme arabe et metre en premier lieu le « problem » palestinien » – Meretz le parti d’extreme gauche a reaffirme cette orientation palestiniste il y a qlqs mois: aujourd hui, ce soir grosse manif des mouvements sociaux a Tel Aviv et ailleur pour rappeller aux partis a tous les partis quelles doivent etre les priorites et leur rappeller qui doit servir qui !!

    Comme l’a dit Golda Meir:  » I never did anything alone ! Whatever was accomplished in this countrywas accomplished collectively !! »

  • 24
    Zoubor:

    Mon # 23 est en moderation

  • 23
    Zoubor:

    Tous les journeaux israeliens de fin de semaine (aujourd’hui) sont plein d’articles concernants l’Iran , les USA et ISrael. Chanun donne une opinion differrente – Sur quoi ces « specialistes » se basent ils ? Participent ils aux breifings de la maison balnche? a ceux des « 8 ministres du comite strategique » israelien alors que, affirme un officiel sur Ynet justement, il n’a pas discutte de la question iranienne depuis… un an !!! ???? Quant aux iraniens, ils continuent ds leurs declarations guerrieres la derniere etant de’Ahmedinjad encore une fois sur la necessite de detruire ISrael
    A part cela Assad a avance les batteries de missiles anti aerien sur la frontiere libanaise – crainte d’une intervention israelienne contre les ADM syriens et ceux de Saddam planques en Syrie et sortis de leurs entrepots la semaine derniere? Hier des combats on eu lieu entre l’armee jordanienne et l’armee syrienne de Assad. La Russie aurait envoye plusieurs navire dont trois ont depose des Marines a Tartaus – le port syrien qui sert de base naval russe. Hier 20 palestiniens ont ete tues ds le bombardement d;’un « camp de refugies » pres de Damas
    Aujourd hui la TV 5 francaise parle de 20 000 morts en Syrie et Pepe Hassole se tait tjrs !

  • 22
    James:

    C’est tout de même fou à quel point les antilibéraux en général sont foutrement incapables de se mettre dans le crâne que l’État de droit, protecteur du droit des plus faibles et des minorités, ce sont les libéraux qui l’ont mis en place…

    Parce que le Libéralisme est né à gauche…

  • 21
    Zoubor:

    Mon #18 est en moderation depuis plus d’une heure…

  • 20
    Sil:

    C’est tout de même fou à quel point les antilibéraux en général sont foutrement incapables de se mettre dans le crâne que l’État de droit, protecteur du droit des plus faibles et des minorités, ce sont les libéraux qui l’ont mis en place…

  • 19
    Zoubor:

    Les merdators et autres con-com-communistes – qui nous la ramenent a propos des inegalites en ISrael – aujourd’hui sont les memes qui ds les annees 60-70 etaient anti-israeliens – alors que c’etait le pays le plus egaliste de l’occident (salaire de 1 a 3 ds tous les secteurs, prive, etatique et socialiste) en 1969 dont plus de 30% etait socialiste (kibboutzim, moshavim et le grand syndicat)
    Ils etaient nasseristes et suppots du national socialisme arabes du Baath d\Assad et Saddam puis celui du MOhamar Khadafi – Aujourd’hui ils se taisent, ds le meilleur des cas, face au massacres perpetres par leur petit copains ! Au pir il soutienne le fascisme declarer des FMs
    Je les connais biens : j’en ai qlqs un ds ma famille, membres du PCF qui ont visite la Syrie, l’Egypte, la Lybie, l’Algerie mais ne sont jamais venu me voir au Kibboutz pendant 40 ans que j;y ai passe!!

  • 18
    Letel:

    « The most dramatic example of this is the divide between North and South Korea — a previously cohesive cultural entity driven apart by war and radically different institutions. Since their split six decades ago, the South has prospered under its inclusive system, while the North — with its extractive institutions based on central planning and continuous repression — has been driven to the brink of famine. Bizarrely, Romney cites the case of the Koreas to support his culturalist argument. But the divergence of these two countries obviously cannot be blamed on deeply rooted cultural factors — the only explanation is institutional differences and geopolitical realities. If Romney truly wants to understand the irrelevance of cultural factors to countries’ success or failure, it’s not Jerusalem he should’ve visited — it’s the Demilitarized Zone. »

  • 17
    Letel:

    Mercator a raison sur un point, un Etat fort est indispensable pour les libéraux, de façon à éviter la jungle, la loi du plus fort, le capitalisme et le marché sans règles comme dans la Russie de Poutine, bref le renard dans le poulailler. Le droit, la loi, la justice, l’équité, l’égalité des chances, la sécurité, la protection des agents, etc., doivent régner. Deux piliers sont indispensables pour les libéraux afin d’assurer la prospérité économique : la liberté économique et l’Etat de droit.

  • 16
    Letel:

    Culture et institutions, par un expert.

  • 15
    JFM:

    nt provoqué le fait que plus de 20 % vivent sous le seuil de pauvreté

    Rappelons ce petit fait soigneusement omis par la propagande meractorienne et c’est qu’aux Etats-Unis le seuil de pauvreté est la définition du seuil de pauvreté c’eqt que vous gangez moins que X% du revenu médian. En termes concrets celà veut dire que si tout le monde autour de vous a un yacht de 30 mètres et vous en avez un de 10 et bien vous êtes pauvre.

    ça me rappelle d’ailleurs cette histoire (vraie) de l’Union Soviétique, un état fort comme Mercator les aime: histoire de décourager les candidats à l’émigration (quand ce n’était pas à la fuite) la télévision soviétique avait publié une série de reportages où des Américains sous le seuil de pauvreté racontaient leurs difficultés. Résultat: doublement des candidatures à l’émigration. Parce que pendant que ces pauvres larmoyaient devant le reporter le spectateur soviétique lui ce qu’il voyait c’était la voiture (souvent deux), la télévision couleur plus magnétoscope, le frigo plein.

    Rappelons aussi cette phrase d’un Hindou anonyme: je veux vivre dans ce pays (les USA) où les pauvres sont gros.

  • 14
    cynique ultralibéral antireligieux:

    En bref, Obama « aime » les victimes, dès lors qu’il peut se poser en sauveur ( fut ce imaginaire), mais n’aime surtout pas ceux qui se sont donnés les moyens de ne plus se prosterner….classique et lassant à la longue.

  • 13
    MERCATOR:

    « Rien à voir, toujours l’idée fausse du jeu à somme nulle, si les uns sont plus riches, c’est que les autres sont plus pauvres ».

    On vous parle pas de ça Letel, on vous parle des tares du capitalisme,la fraude fiscale, le blanchiment d’argent, qui font que la part qui doit revenir aux personnes les plus fragiles( malades,retraités,mères célibataires),n’est pas attribuée entièrement,seul un état fort et vertueux peut faire respecter des lois qui vont dans ce sens, on peut avoir des doutes sérieux sur romney, compte tenu de son passé, et je pense qu’obama est plus vertueux .

  • 12
    Ildefonse:

    Regretter les origines d’Israël, c’est regretter les pionniers qui ont ouvert ce pays. On peut aussi regretter que ce pays soit en guerre depuis sa création, en grande partie à cause de ses voisins. On peut aussi regretter que ses gouvernements successifs n’aient pas réussi à instaurer la paix. Bref, on peut passer sa vie à regretter.

    Personnellement, entre l’Israël socialiste d’hier et l’Israël d’extrême droite d’aujourd’hui, j’aurai tendance à préférer un Israël apaisé et centriste, mais cela ne semble pas devoir être le cas avant longtemps.

    Après ça, Israël n’est pas mon pays, et son avenir me concerne quand même assez peu.

  • 11
    sil:

    De nouveau !!!!!

  • 10
    sil:

    Dingue, le modérateur modère mes post maintenant….

  • 9
    sil:

    Mon cher Mercator, j’aime moi aussi la justice fiscale, cependant, histoire d’illustrer Friedman, ce n’est pas ça qui a sorti ma famille de la misère, ni la jalousie, ni un jerrican d’essence ou un bidon d’alcool (dans lequel se noyait le moins courageux de mes deux grands-pères) mais le travail, l’épargne, encore du travail et quelques judicieux investissements…

  • 8
    Letel:

    Smic et emploi des plus pauvres.

  • 7
    Letel:

    Où sont les anges ?

  • 6
    Letel:

    > ont provoqué le fait que plus de 20 % vivent sous le seuil de pauvreté.

    Rien à voir, toujours l’idée fausse du jeu à somme nulle, si les uns sont plus riches, c’est que les autres sont plus pauvres. L’absurdité dénoncée par Milton Friedman (cliquer sur ‘cc’ en bas de l’image pour avoir les sous-titres).

  • 5
    MERCATOR:

    En janvier, celui qui était alors le candidat à l’investiture républicaine à la Maison Blanche avait fini, sous la pression de ses adversaires, par publier ses feuilles d’impôts, révélant qu’il payait 15% de ses revenus au fisc, soit largement moins que la moyenne des salariés américains »

    Voila le nœud du problème, mon cher sil,la justice sociale, comment faire confiance à un candidat, mormon de surcroît,(ce qui prouve son hypocrisie) qui se débrouille pour ne pas verser sa quo-te part envers ses compatriotes, on comprend qu’il soit en phase avec ses miroirs qui vivent en israel,et qui en agissant de même, malgré les réussites économiques de ce petit pays ,ont provoqué le fait que plus de 20 % vivent sous le seuil de pauvreté.

    Je ne sais pas si obama regrette les origines kiboutzim de ce pays, moi si.

  • 4
    sil:

    Expliquez-moi quand même, je suis de bonne humeur…

  • 3
    MERCATOR:

    Si vous ne voyez pas le rapport alors la faculté ne peut plus rien pour vous, cela ne m’aurait pas étonné de la part de letel, qui je l’ai déjà constaté à maintes reprises,ne brille pas particulièrement par son esprit déductif, mais pour vous, cela me déçoit

  • 2
    sil:

    Où est le rapport siouplaît ?

  • 1
    MERCATOR:

    Le patrimoine de romney est supérieur au patrimoine cumulé des huit présidents précédents, dans un pays où l’un des protestataires qui s’était immole par le feu pour dénoncer les méfaits de l’injustice sociale en israel vient de mourir, son discours a une saveur particulière.
















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