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Polémique Soler: Comment les juifs ont inventé le génocide (Why the Jews were much more vindictive and vitriolic than the pagans)

Posté le Mercredi 4 juillet 2012 par jc durbant

Les Juifs ont même inventé le génocide!

En cette première journée de la  diffusion sur la chaîne publique France 2 des deux premiers épisodes d’une fiction médiévale sur l’Inquisition (“Inquisitio”) qui va, comme d’habitude si l’on en croit le site Hérodote, conforter les pires idées reçues et “valoriser les pires superstitions pour mieux noircir la religion chrétienne” …

Pendant qu’attisé par les Jihad TV et pétrodollars de nos amis qataris et saoudiens, le  bien réel monothéisme ”vengeur, jaloux, guerrier, belliqueux, cruel et misogyne” est lui en train de concocter, sous nos yeux et à nos portes de l’autre côté de la Méditerranée, un véritable “Afghanistan de proximité” …

Retour sur la polémique qui déchire depuis quelques semaines le landerneau littéraire suite à la publication du pamphlet anti-monothéiste de l’historien Jean Soler et au soutien appuyé pat notre athéologue autoproclamé national Michel Onfray …

Qui, tout à leur (re)découverte de la réelle surviolence de l’écriture sainte juive et de son effectivement lente et progressive accession au monothéisme et à l’universalisme mais au prix d’une lecture littéraliste des textes qui ferait le bonheur du plus fondamentaliste des croyants, ne peuvent hélas que retomber dans les pires dérives de l’apologie d’une société grecque primitive qui en aurait prétendument été exempte …

Sans voir, à l’instar d’ailleurs de leurs critiques, que ladite surviolence du texte biblique est justement, comme l’a montré René Girard, ce qui en fait la supériorité et même le caractère unique par rapport à ses contemporains ou ses sources …

A savoir son parti pris, contre la mythologie qui paie précisément son apparente sérénité de la réduction au silence de ses victimes, de donner la voix à ces dernières y compris, dans une sorte de rituel de sanctuaire plus ou moins ordalique et peut-être pas dénué de connotations magiques dont les Psaumes seraient les traces, pour maudire leurs agresseurs …

Rendant ainsi possible, à travers cette première représentation de la victimisation du point de vue de la victime, notre actuelle sensibilité supérieure et souvent étrangement disproportionnée à la violence et donc au génocide

Et ce, sans parler par ses nombreux ennemis contre la nation actuelle d’Israël, y compris dans la Bible elle-même …



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19 réponses à “Polémique Soler: Comment les juifs ont inventé le génocide (Why the Jews were much more vindictive and vitriolic than the pagans)”

  • 19
    sil:

    Sans oublier celle présente dans le Dipavamsa, les chroniques de la conquête du Sri Lanka par les gentils bouddhistes du Nord de l’Inde. Ne parlons pas du sort réservé aux aborigènes qui habitaient l’île avant l’arrivée de nos gentils bouddhistes et dont ne parle pas le Dipavamsa (il n’y en a plus un seul sur l’île). Encore la faute aux Juifs ?

  • 18
    sil:

    Et la violence du grandiose Mahâbhârata des gentils polythéistes Indiens, est d’inspiration juive ?

  • 17
    sil:

    Et le sort réservé à le cité celtibère de Numance, c’est la faute aux Juifs, aussi, ou pas ?

  • 16
    sil:

    Sinon au rayon gentils polythéistes greco-latins : le « delenda est Carthago » est-il d’inspiration juive ou biblique ? juste histoire de savoir…

  • 15
    sil:

    Onfray mieux de se mettre au vert

  • 14
    jc durbant:

    Merci d’avoir complété le dossier, qui outre l’enflure habituelle de notre Onfray national confirme d’ailleurs l’étrange unanimité des deux bords (CS Lewis avait au moins le courage et l’honnêteté de ne pas nier les faits) à ne pas voir l’essentiel révélé par Girard.

    A savoir que c’est précisément la réelle « surviolence » des textes sacrés juifs qui, contre l’apparente sérénité du mensonge mythologique qui n’est en dernière instance que l’effet du point de vue des persécuteurs réduisant au silence la voix des victimes, permet la dénonciation actuelle de toute violence humaine (et donc le concept même de génocide, inventé d’ailleurs par un juriste américain d’origine juive), y compris, dans le plus paradoxal des contresens, celle du texte biblique lui-même!

    En clair, que ce que la mythologie gagne en (apparente) sérénité, elle le paie en fait en plus grand mensonge et violence cachée alors que ce que la pensée biblique perd en plus grande violence (elle aussi apparente), elle le gagne en fait en vérité anthropologique et éthique …

    Relire:

    Dans certains des Psaumes l’esprit de haine nous frappe au visage comme la chaleur d’une fournaise. Dans d’autres cas, le même esprit cesse d’être effrayant mais c’est pour devenir (aux yeux de l’homme moderne) presque comique par sa naïveté. (…) Si nous excusons les poètes des Psaumes sous prétexte qu’ils n’étaient pas chrétiens, nous devrions pouvoir montrer que les auteurs païens expriment le même genre de choses et pire encore (….) Je peux trouver en eux de la lascivité, une bonne dose d’insensibilité brutale, une froide cruauté qui va de soi pour eux, mais certainement pas cette fureur ou cette profusion de haine…. La première impression que l’on en retire est que les Juifs étaient bien plus vindicatifs et acerbes que les païens.

    CS Lewis

    De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. Si on compare les textes judaïques aux textes païens, nous trouvons que le montant de la violence représentée est plus grand dans le premier que dans le second. (…) Il y a d’autres textes de la Bible qui interdisent aux êtres humains de prier Dieu pour la destruction de leurs ennemis, et c’est précisément ce que font ces Psaumes. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que dans la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’a pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. Dans les cultures païennes, les persécuteurs sont en charge. Nous entendons jamais les victimes. Nous n’entendons que les persécuteurs qui ont toujours le dernier mot, et qui ne sont pas au courant de leur propre violence arbitraire. (…) Le livre des Psaumes, à mon avis, raconte la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduits au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. Naturellement ces boucs émissaires spontanés se sentent horriblement trahis par leurs amis, leurs voisins, même les membres de leur famille. Et ceci n’est pas étonnant. Ils sont victimes de tout le monde sans exception à l’intérieur de leur propre communauté. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut-être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible.

    René Girard

  • 13
    sil:

    Toute la mauvaise foi (celle d’un athée) d’Onfray. Ridicule !

  • 12
    Sil:

    :-) C’est pas faux… mais pour des salauds (kidnappeurs de donzelles spartiates peu vertueuses) qui méritent les foudres de Zeus à travers le bras armé d’Achille, ces asiatiques de Troyens exterminés jusqu’au dernier (à l’exception d’une petite poignée qui se sauve de justesse) n’en sont pas moins magnifiques, tellement plus beaux et bons que les Grecs d’alors…

  • 11
    jc durbant:

    L’Iliade donne le beau rôle aux futures victimes, dont on se sent finalement plus proches. Les Troyens sont bien plus humains, plus tendres, plus sentimentaux, et au fond plus moraux. (…) Les Grecs sont quant à eux des fauves, manipulés par les dieux et leur orgueil…

    Mais comment être sûr qu’on n’est pas justement là en train de faire une lecture déformée par le judéo-chrétien qui voit des victimes partout?

  • 10
    Sil:

    Dites-moi, serait-il exagéré de dire que, en gros, pour Soler et Onfray, qui semble beaucoup aimé la thèse de Soler, le judaïsme serait le nazisme du peuple Hébreu ?

  • 9
    Sil:

    Moralité : entre la destruction de Troie par une Grèce ultraviolente et l’avènement d’une Grèce classique plus pacifique (c’était pas non plus le village des Bisounours) avant disparition, semble s’écouler la même durée (plus de mille ans) que celle entre les débuts de l’installation d’Israël et sa maturation politique, philosophie et religieuse, avant disparition (pendant 2000 ans)…

    Un parallèle que ces crétins de Onfray et Soler seront incapables de faire, tout travaillés qu’ils sont par leur maladie antisémite…

  • 8
    i:

    Et puis que ces petits messieurs daignent tout simplement se rappeler du cycle troyen, de la cruauté des Grecs, du sort fait à Troie. D’ailleurs la seule erreur de René Girard est là. L’Iliade donne le beau rôle aux futures victimes, dont on se sent finalement plus proches. Les Troyens sont bien plus humains, plus tendres, plus sentimentaux, et au fond plus moraux. Andromaque est sublime. Elle est la femme idéale. Les Adieux de son Hector sont magnifiques. Hector étant le parfait héros, l’humain le plus noble qui soit. La supplique du roi Priam étant elle d’un poignant rarement égalé. Les Grecs sont quant à eux des fauves, manipulés par les dieux et leur orgueil…

    Toutes choses qui font la force colossale de ce texte mythique.

  • 7
    Sil:

    Sinon, j’aime beaucoup la Grèce et les anciens Grecs mais il me semble bien que les envahisseurs Achéens et Doriens ont eu tendance (comme pas mal de peuples de cette planète) à faire place nette au fur et à mesure de leur avancée et à le justifier dans leurs textes mythologiques…

  • 6
    Sil:

    Petite question : il y a 20 000 ans, les Néandertaliens ont disparu sous la pression des sapiens-sapiens ou des Chuifs ?

  • 5
    Sil:

    Quand l’ignorance historique et anthropologique, rencontre l’obsesSion du Chuif, ça donne ce genre d’inepties, où sous couvert de critique du judaïsme (qui comme toute idéologie doit demeurer critiquable ou bêtement vilipendable) on en vient très vite aux Juifs pris dans leur ensemble mais aussi dans le passé, le présent et le futur. Le judaïsme et surtout le Chuif (tout le monde aura compris) devenant alors la source de tout mal, de tous les maux, et ce indépendamment des faits (passés et présents) les plus évidents.

    Bref, ces lascars-là sont complètement givrés !!!

  • 4
    Sil:

    Onfray est soit un crétin soit un putain d’hypocrite (les deux sont cumulables). En tout cas, il file un très mauvais coton…

  • 3
    Zoubor:

    Onfray : rien de nouveau

  • 2
    Zoubor:

    Pourquoi faire la pub de ces salopards?

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Une femme oublie-t-elle son nourrisson? De montrer sa tendresse au fils de son ventre? Même si celles-là oubliaient, Moi Je ne t’oublierai pas.

    Esaïe 49: 15

    Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée Nous avions suspendu nos harpes. Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, Et nos oppresseurs de la joie: Chantez-vous quelques-uns des cantiques de Sion! (…) Fille de Babylone, la dévastée, Heureux qui te rend la pareille, Le mal que tu nous as fait! Heureux qui saisit tes enfants, Et les écrase sur le roc!

    Psaumes 137

    Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné, Et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? (…) De nombreux taureaux sont autour de moi, Des taureaux de Basan m’environnent.

    Psaumes 22: 2-12

    De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique.

    Raphael Lemkin (juriste polono-américain d’origine juive, 1944)

    Dans certains des Psaumes l’esprit de haine nous frappe au visage comme la chaleur d’une fournaise. Dans d’autres cas, le même esprit cesse d’être effrayant mais c’est pour devenir (aux yeux de l’homme moderne) presque comique par sa naïveté. (…) Si nous excusons les poètes des Psaumes sous prétexte qu’ils n’étaient pas chrétiens, nous devrions pouvoir montrer que les auteurs païens expriment le même genre de choses et pire encore (….) Je peux trouver en eux de la lascivité, une bonne dose d’insensibilité brutale, une froide cruauté qui va de soi pour eux, mais certainement pas cette fureur ou cette profusion de haine…. La première impression que l’on en retire est que les Juifs étaient bien plus vindicatifs et acerbes que les païens.

    CS Lewis

    De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. Si on compare les textes judaïques aux textes païens, nous trouvons que le montant de la violence représentée est plus grand dans le premier que dans le second. (…) Il y a d’autres textes de la Bible qui interdisent aux êtres humains de prier Dieu pour la destruction de leurs ennemis, et c’est précisément ce que font ces Psaumes. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire avec le même phénomène social dans la Bible et la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas jusqu’à ce qu’elle ait lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait d’une grande singularité biblique, même d’un caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout ce qui est raconté du point de vue concerne les bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. Dans les cultures païennes, les persécuteurs sont en charge. Nous entendons jamais les victimes. Nous n’entendons que les persécuteurs qui ont toujours le dernier mot, et qui ne sont pas au courant de leur propre violence arbitraire. (…) Le livre des Psaumes, à mon avis, raconte la même histoire de base même que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, jamais réduits au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. Naturellement ces boucs émissaires spontanées se sentent horriblement trahis par leurs amis, leurs voisins, même les membres de leurs famille. Et ceci n’est pas étonnant. Ils sont victimes de tout le monde sans exception à l’intérieur de leur propre communauté. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de la malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentés. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer en jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible.

    René Girard (Violence in Biblical Narrative, Philosophy, Vol. 22, No. 2, October 1999)

    On dit que les Psaumes de la Bible sont violents, mais qui s’exprime dans les psaumes, sinon les victimes des violences des mythes : “Les taureaux de Balaam m’encerclent et vont me lyncher”? Les Psaumes sont comme une fourrure magnifique de l’extérieur, mais qui, une fois retournée, laisse découvrir une peau sanglante. Ils sont typiques de la violence qui pèse sur l’homme et du recours que celui-ci trouve dans son Dieu.

    René Girard

    Le monothéisme devient une arme de guerre forgée tardivement pour permettre au peuple juif d’être et de durer, fût-ce au détriment des autres peuples. Il suppose une violence intrinsèque exterminatrice, intolérante, qui dure jusqu’aujourd’hui (…) les juifs inventent le génocide – le premier en date dans la littérature mondiale.

    Jean Soler

    Le schéma judéo-chrétien s’impose, même à ceux qui se disent indemnes de cette religion. Jean Soler pense même le communisme et le nazisme dans la perspective schématique de ce modèle de pensée. Ainsi, chez Marx, le prolétariat joue le rôle du peuple élu, le monde y est vu en termes d’oppositions entre bien et mal, amis et ennemis, l’apocalypse (la guerre civile) annonce le millénarisme (la société sans classes). (…) Toujours selon Jean Soler, le monothéisme devient une arme de guerre forgée tardivement pour permettre au peuple juif d’être et de durer, fût-ce au détriment des autres peuples. Il suppose une violence intrinsèque exterminatrice, intolérante, qui dure jusqu’aujourd’hui. La vérité du judaïsme se trouve dans le christianisme qui universalise un discours d’abord nationaliste. (…) Bien sûr, il ne souhaite pas revenir au polythéisme antique, mais il propose que nous nous mettions enfin à l’école de la Grèce après plus de mille ans de domination judéo-chrétienne. Une Grèce qui ignore l’intolérance, la banalisation de la peine de mort, les guerres de destruction massive entre les cités ; une Grèce qui célèbre le culte des femmes ; une Grèce qui ignore le péché, la faute, la culpabilité ; une Grèce qui n’a pas souhaité l’extermination massive de ses adversaires ; une Grèce qui, à Athènes, où arrive saint Paul, avait édifié un autel au dieu inconnu comme preuve de sa générosité et de son hospitalité – cet autel fut décrété par Paul de Tarse l’autel de son dieu unique, le seul, le vrai. Constantin devait donner à Paul les moyens de son rêve.

    Michel Onfray




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