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Guerre des drones: Comment Obama a appris à ne plus s’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangedrone: What happened to history’s fastest Nobel peace prize laureate?)

Posté le Jeudi 14 juin 2012 par jc durbant

255 frappes au Pakistan, 38 au Yémen (soit 6, 5 fois plus que les 44 de Bush), 20 pour le seul mois d’avril, forces spéciales américaines dans 60 à 75 pays, attaques de drones dans au moins 5 pays étrangers, dommages collatéraux limités par nouvelle définition des impétrants (“tout individu d’âge militaire” y compris américain), liste secrète de cibles à liquider supervisée quotidiennement et directement à la “cartes de baseball” par le président lui-même …

Attention: une campagne peut en cacher une autre!

A l’heure où, en cette journée de commémoration (nationale, s’il vous plait! – la guerre est-elle en train de devenir une affaire trop grave pour la confier aux seuls politiques?) des quatre derniers soldats français tombés en Afghanistan…

Et entre les twits vengeurs de son actuelle compagne et les risques, avec l’éventualité annoncée de la fin de sa carrière politique suite à son élimination au 2e tour des législatives, de pétages de plomb de sa précédente …

Notre nouvelle Pleureuse en chef  de l’Elysée qui se retrouve coincée entre sa promesse de campagne d’évacuer l’Afghanistan dès la fin de l’année puis de n’y maintenir que les “non-combattants” qui sont justement devenus les cibles de prédilection des talibans et de leurs infiltrés dans les troupes afghanes et son engagement de former lesdites troupes afghanes …

Pourrait bien se voir contraint de les confiner bien à l’abri sur leurs bases …

Retour avec une presse américaine qui nouvelle Belle au bois dormant semble brusquement se réveiller de son long et doux sommeil …

Sur le cruel dilemme d’un autre président, américain celui-là, coincé entre l’incroyable impunité, tant dans la presse que dans l’opinion nationale et internationale, dont bénéficie sa politique antiterroriste lui permettant, à un coût modique en dollars et en vies de soldats américains mais au prix certes de l’abandon de toute possibilité de collecter des informations et de susciter tant la haine des gouvernements et populations locales que des vocations terroristes, de ramener ainsi presque chaque jour son lot de terroristes abattus Ben Laden compris …

Et, avec l’impossibilité de compter sur son calamiteux bilan économique pour son éventuelle réélection dans quelques mois, la nécessité de justement faire parler – d’où les véritables fuites organisées actuelles – de la brillante réussite de ladite politique antiterroriste (si longtemps et violemment reprochée à Bush ou à ses inventeurs israéliens) au risque de voir la presse comme l’opinion prendre soudain conscience …

De l’existence, derrière l’actuelle campagne électorale pour la présidentielle de novembre (et, à défaut de la fermeture depuis si longtemps promise, l’impeccable appel au traitement humain des rares terroristes arrêtés), d’une véritable campagne d’assassinats ciblés orchestrée par leur héros lui-même.

Autrement dit que le plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire qu’ils avaient élu sur son éloquence d’artisan de la paix et surtout contre la prétendue brutalité de son prédécesseur …

Se trouve être, à l’image du fameux Dr. Folamour de Kubrick dont on avait si souvent affublé le « cowboy Bush », “le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis” …



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3 réponses à “Guerre des drones: Comment Obama a appris à ne plus s’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangedrone: What happened to history’s fastest Nobel peace prize laureate?)”

  • 3
    jc durbant:

    Bien d’accord, mais ce qui est plus gênant comme le rappelle Krauthammer, c’est, avec la complicité active des médias, la constante hypocrisie du prix Nobel de la paix qui n’a cessé de donner à tous des leçons de morale et de critiquer la politique sécuritaire de son prédécesseur tout en appliquant, en douce et, le développement de la technologie aidant, à la puissance 7, les mêmes méthodes …

    Du moins jusqu’à ce que, poussé par la nécessité électorale et probablement après avoir fait vérifier l’opinion des électeurs par ses sondeurs, il se mette à faire fuiter ses exploits dans ladite presse au risque (certes probablement limité?) à terme de voir les choses se retourner contre lui?

    Voir:

    La popularité de ces aéronefs sans pilote n’est pas compliquée à comprendre. Ils ne sont pas chers, ils maintiennent les Américains hors des zones dangereuses et ils tuent ‘les méchants. Ils peuvent bien tuer des civils ou violer les lois, peu importe aux Américains. Au contraire, cela “renforce son image d’homme (…) qui n’a pas peur d’utiliser la puissance américaine.

    Michael A. Cohen (Foreign Policy)

    Sans compter, si j’ai bien compris, qu’opérés par la CIA, ces frappes ne sont plus contrôlées par l’armée et qu’elles peuvent à l’occasion sans aucune procédure judiciaire viser des nationaux américains.

    Voir aussi:

    On September 30, 2011, a drone flying over Yemen set a new precedent. Without a trial or any public court proceeding, the United States government killed two American citizens, Anwar Al Awlaki and Samir Khan. The target of the attack was Awlaki, a New Mexico-born Yemeni-American whose charismatic preaching inspired terrorist attacks around the world, including the 2009 killing of 13 soldiers in Fort Hood, Texas. Civil liberties groups argued that a dangerous new threshold had been crossed. For the first time in American history, the United States had executed two of its citizens without trial. The Obama Administration cited a secret Justice Department memorandum as justification for the attack. Its authors contended that Awlaki’s killing was legal due to his role in attacks on the United States and his presence in an area where American forces could not easily capture him.

    David Rohde

    Pour Israël voir effectivement:

    La France condamne l’action conduite contre Cheikh Ahmed Yassine qui a fait dix morts palestiniens comme elle a toujours condamné le principe de toute exécution extrajudiciaire, contraire au droit international. La pratique des exécutions extrajudiciaires viole les principes fondamentaux de l’Etat de droit sans lequel il n’y a pas de politique juste et efficace possible, y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Cette pratique des forces armées israéliennes doit cesser. Au-delà de son caractère illégal, l’attaque d’hier risque d’être contre-productive au plan politique.

    Jean-Marc De La Sablière (représentant français à l’ONU, 2004)

  • 2
    Zoubor:

    Si il y a une chose de positive ds la presidence d’Obama – ce sont bien ces eliminations de terroristes !!

    Ds sa guerre, le fascisme islamiste a impose de nouvelles regles et la necessite de nouvelles strategies et de nouvelles tactiques – ces eliminations ont ete inventees par Israel et donc appellees « assassinats cibles » par les anti-israeliens – y compris certains hauts pontes de la defense americains – Leur efficacite n’est plus a demontrer – la colere qu’elles engendre chez l’ennemi en est une preuve !

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Quel récit collectif sommes-nous capables de mettre en avant qui puisse donner un sens au sacrifice de ces jeunes ? Et l’absence d’un tel récit – qui va au-delà du sens subjectif que chacun d’eux pouvait donner à l’éventualité de mourir au combat et que chacun assumait en s’engageant dans l’armée – dépossède les jeunes soldats tombés du sens de leur mort.

    Danièle Hervieu-Léger

    Je conteste le mot de guerre, je le conteste totalement.

    Hervé Morin (ministre français de la Défense)

    Avec un président qui se présente lui-même comme “normal”, on s’attendait à revenir à moins d’emportement dans la gestion politico-médiatique de l’actualité, fut-elle dramatique comme l’est la mort de militaires français en Afghanistan. On pensait, naïvement sans doute, en avoir fini avec la manière du président Sarkozy, tout en vives colères et émotions sincères. Las ! C’est pire encore… (…) Bref, le chef de l’Etat donne à l’action d’un insurgé kamikaze un poids politique démesuré et envoie un message à tous les insurgés afghans : quatre morts français suffisent à bouleverser l’agenda des trois principaux personnages de l’Etat en charge de la défense ! Imagine-t-on Barack Obama dépêcher son secrétaire à la Défense en Afghanistan pour quatre morts ?

    Jean-Dominique Merchet

    La résilience politique aux pertes, à distinguer de celle de l’ensemble de la nation en général plus forte) est de plus en plus faible (…) Cette très faible résilience politique induit une réticence de plus en plus marquée à l’engagement terrestre.

    Colonel Michel Goya (Irsem)

    Quand les drones frappent, ils ne voient pas les enfants.

    Faisal Shahzad (terroriste à la voiture piégée de Times Square)

    Every time the American attacks increase, they increase the rage of the Yemeni people, especially in al-Qaeda-controlled areas. The drones are killing al-Qaeda leaders, but they are also turning them into heroes.

    Mohammed al-Ahmadi (avocat d’une ONG yéménite)

    Un président américain ne devrait jamais hésiter à utiliser la force, même de manière unilatérale, pour protéger nos intérêts vitaux quand nous sommes attaqués ou sous le coup d’une menace imminente.

    Obama (Chicago Council on Global Affairs, 23 avril 2007)

    Si nous avons des informations exploitables sur des cibles terroristes importantes et que le président Musharraf n’agit pas, nous le ferons.

    Obama (1er août 2008)

    Il ne faut pas confondre ‘procès équitable et ‘procédure judiciaire’, surtout lorsqu’il est question de sécurité nationale. La Constitution garantit le droit à un procès équitable, pas à une procédure judiciaire.

    Eric Holder (ministre de la Justice américain défendant les assassinats ciblés)

    After the global outrage over Guantánamo, it’s remarkable that the rest of the world has looked the other way while the Obama administration has conducted hundreds of drone strikes in several different countries, including killing at least some civilians. (…) It is the politically advantageous thing to do — low cost, no U.S. casualties, gives the appearance of toughness. (…) It plays well domestically, and it is unpopular only in other countries. Any damage it does to the national interest only shows up over the long term.

    Mr. Blair (ancien directeur du renseignement)

    Qu’est donc devenu cet artisan de paix récompensé par un prix Nobel, ce président favorable au désarmement nucléaire, cet homme qui s’était excusé aux yeux du monde des agissements honteux de ces Etats-Unis qui infligeaient des interrogatoires musclés à ces mêmes personnes qu’il n’hésite pas aujourd’hui à liquider ? Il ne s’agit pas de condamner les attaques de drones. Sur le principe, elles sont complètement justifiées. Il n’y a aucune pitié à avoir à l’égard de terroristes qui s’habillent en civils, se cachent parmi les civils et n’hésitent pas à entraîner la mort de civils. Non, le plus répugnant, c’est sans doute cette amnésie morale qui frappe tous ceux dont la délicate sensibilité était mise à mal par les méthodes de Bush et qui aujourd’hui se montrent des plus compréhensifs à l’égard de la campagne d’assassinats téléguidés d’Obama.

    Charles Krauthammer

    En une semaine, il est passé de Jane Fonda à Docteur Folamour.

    Mitt Romney




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