Posté le Samedi 19 mai 2012 par jc durbant
Attention: une censure peut en cacher une autre!
Au lendemain de l’auto-sabordage d’une droite française pourtant majoritaire dans le pays sur l’autel du politiquement correct et au profit d’une gauche qui avec la complicité médiatique que l’on sait ne s’est jamais embarrassée, elle, de ses alliances avec les thuriféraires du communisme ou de la Terreur …
Et à l’heure où, sur sa lancée du holdup électoral d’il y a dix jours et la nomination au poste stratégique de la justice de l’auteure – dument colorée – d’une des lois les plus liberticides comme aux Droits des femmes d’une binationale marocaine (pardon: « de nationalité étrangère mais installée en France ») l’Obama français et véritable obsédé de la rupture (largement symbolique) avec son prédécesseur rencontre son propre modèle qui lui-même vient, à son tour avec le mariage homosexuel, de nous faire du Hollande …
Pendant qu’à l’occasion de la publication partielle des papiers du feu chef d’alQaeda, nos journalistes nous réécrivent l’histoire et tentent de faire passer pour clairvoyance politique le refus obamien de nommer son adversaire ou même la guerre dans laquelle on est engagé tout en s’attribuant (on n’est plus à une contradiction près) les mérites de la victoire qu’avait précisément rendu possible la fermeté de son prédécesseur honni …
Et que, pour défendre les nouveaux damnés de la terre, nos médias de révérence se prêtent plus que jamais aux pires manipulations et bidonnages ou, plus invisiblement mais non moins efficacement, rétentions d’information …
Retour, avec une conférence de l’écrivain Pierre Jourde, sur la censure invisible qui, derrière les toujours plus bruyantes dénonciations d’une censure d’Etat de plus en plus mythique (quand elle n’est pas activement recherchée comme argument de vente!), empêche en littérature comme ailleurs toute discussion des véritables problèmes …
A savoir, via le pouvoir économico-médiatique et ses conseillers juridiques, celle de la bien-pensance et du politiquement correct qui peut, au niveau de l’édition, arrêter à la source toute publication non conforme ou, à celui de la critique, se contenter de n’en point parler …
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11 réponses à “Médias: Attention, une censure peut en cacher une autre (Who needs violence or threats when you’ve got self-censorship or libel courts?)”
21 mai 12 à 14:55
J’arrive… j’arrive
21 mai 12 à 09:17
Dame Duflot-de-paroles a tout le comportement d’une vieille gamine caractérielle et mal élevée.
Caractérielle ? …… Elle coupe sans cesse la parole à ses interlocuteurs, en imposant sa voix crécelante, comme une peste de cours de récréation convaincue de savoir tout mieux que tout le monde et ne supportant pas un avis différent du sien, voire un avis convergent simplement plus nuancé.
Mal élevée ? …… Ses réactions incontrôlées, et souvent grossières, attestent quasi quotidiennement de son manque d’éducation. Les personnes de bonne société appellent cela : « ne pas posséder les codes ». C’est un peu madame Sans-Gêne, … la drôlerie en moins.
La péronnelle, …… [« au regard bovin qui a vu passer plus d’un train »] …… probablement pas plus douée pour tenir un ministère que pour mener une conversation sensée, …… ne tiendra pas la distance ! …… les paris sont ouverts et peu se risqueront sur ses chances de succès !
Ministère de l’égalité des territoires ! ! ! …… L’égalité est à ce point obsessionnelle chez les dégustateurs de subsides publics que même les territoires sont priés de s’y conformer, sous peine de …… mais oui au fait, …… sous peine de quoi ? …… nous ne devrions pas tarder à l’apprendre.
Il existe, dans tout cela, au moins une catégorie socioprofessionnelle pour qui la croissance devrait être au rendez-vous durant ces cinq prochaines années …… [si toutefois ça tient cinq ans] …… celle des humoristes et des chansonniers !
21 mai 12 à 08:00
(remarque : mais où est donc passé le Sil ? On veut notre Sil !)
21 mai 12 à 07:58
Cécile Duflot traite un journaliste de « connard »
Houlalalalaaa, Mme Duflot se sarkozyse à vitesse grand V. Bientôt, elle n’aura même plus honte de dire qu’elle aime le confit de porc, ce qui représenterait une dérive aussi évidente que scandaleuse dans la nauséabonderie la plus bleumariniste et antirépublicaine qui soit. Mais où va-t-on ?
20 mai 12 à 12:47
Tweetclash entre Audrey Pulvar et un journaliste de Libération
20 mai 12 à 12:23
Et devinez qui était à la tête des revendications des journalistes?
Avant les primaires les syndicats de journalistes notamment de l’Humanité ont demandé à Mr François Hollande de rétablir l’abattement de 30% pour les journalistes, de plus, chose étrange une certaine Valérie Massonneau (plus connu sous le nom de Valérie Trierweiler, future Madame Hollande) fut la porte-parole des journalistes accompagnée bien sûr d’Audrey Pulvar.
A savoir qu’en 2008 cette demande de rétablir les 30% fut demandée par les journalistes à Nicolas Sarkozy qui refusa, ce qui lui attira les foudres du monde journalistique, depuis ce jour la campagne anti-sarkozy commença.
Donc un journaliste célibataire gagnant 2.500 € par mois pourrait à partir de 2012 déduire 9.000€ au lieu de 7.650€.
Imaginez: Audrey Pulvar et David Pujadas gagnent aux environs de 12.000 € par mois ils peuvent donc déduire 54.000 € ; Laurence Ferrari gagne 400.000 € annuel, cela lui fait une déduction de 120.000 €. Jean-Michel Apathie 40.000 € par mois soit une déduction de 144.000 €. Alain Duhamel 56.000 € par mois déduction de 207.600 €. De plus, les journalistes de l’audiovisuel lui ont demandé un abattement supplémentaire de 10% pour les frais dit : « frais esthétique » du fait qu’ils doivent en permanence faire des soins esthétiques pour être présentables devant les caméras. Soit 40% d’abattement.
Mr Hollande leur a promis qu’il leur rétablirait ce droit, dès septembre 2012, s’il est élu. Et il est certain que Valérie Trierweiler et Audrey Pulvar sauront lui rappeler.
20 mai 12 à 09:24
Je ne reconnais aucun droit à F.H., il se conduit en chef de parti et non comme rassembleur de tous les français (sic). Quand à N.S. et à l’ U.M.P ils devraient admettre que le F.N. est un parti de droite et que la droite doit être unie pour les législatives si elle veut gagner, car pour une majorité d’électeurs la « droite française est la plus c…e du monde,sinon ce sera une France aux mains du P.S..Ils détiendront tous les pouvoirs et l’ U.M.P. implosera. Quant à certains médias, tant écrits que télévisuels, tant qu’on ne touchera pas à leurs avantages, ils iront dans le sens de leurs intérêts.
20 mai 12 à 07:41
Oui, pour ceux qui doutent encore de l’utilité de la blogosphère:
Nous avons commis une terrible erreur, un texte malencontreux sur l’une de nos photos du jour du 18 avril dernier (à gauche), mal traduit de la légende, tout ce qu’il y a de plus circonstanciée, elle, que nous avait fournie l’AFP*: sur la « reconstitution », dans un camp de réfugiés au Liban, de l’arrestation par de faux militaires israéliens d’un Palestinien, nous avons omis d’indiquer qu’il s’agissait d’une mise en scène, que ces « soldats » jouaient un rôle et que tout ça relevait de la pure et simple propagande. C’est une faute – qu’atténuent à peine la précipitation et la mauvaise relecture qui l’ont provoquée. C’en serait une dans tous les cas, ça l’est plus encore dans celui-là: laisser planer la moindre ambiguïté sur un sujet aussi sensible, quand on sait que les images peuvent être utilisées comme des armes de guerre, donner du crédit à un stratagème aussi grossier, qui peut contribuer à alimenter l’exaspération antisioniste là où elle s’enflamme sans besoin de combustible, n’appelle aucun excuse. Nous avons déconné, gravement. J’ai déconné, gravement: je suis responsable du site de L’Express, et donc du dérapage. A ce titre, je fais amende honorable, la queue basse, auprès des internautes qui ont été abusés, de tous ceux que cette supercherie a pu blesser et de l’AFP, qui n’est EN AUCUN CAS comptable de nos propres bêtises.
Eric Mettout (L’Express)
20 mai 12 à 06:36
En rapport avec une nouvelle Pallywooderie de l’AFP et qu’emme a refile a l’Express ca fait du buzz ! Voir le debat sur l’ExpressOn peut dire qur Mr Mettout en prend pour son grade .
Aller voir avant qu’ils effacent …
Autre chose , les commentaire de Maryse Burgot de Washington qui s’est completement lachee avec la visite de Hollande ( Vu la tronche qu’elle a elle a du renoncer aux promotions canapes mais il reste la leche effrenee …Berk les pirates Philipins auraient du la garder comme cantiniere ou mascotte ( ou bien ils etaient contents de s’en debarasser …?)
20 mai 12 à 04:48
Sans oublier bien sûr Goldnadel:
Il faut reconnaître également à la gauche d’avoir su, elle, mener cinq années un combat culturel que son camp adverse n’aura finalement mené qu’un trimestre. (…) A ce stade, il faut, encore et encore, écrire que la droite française aura été la victime docile d’une escroquerie intellectuelle légale que je n’aurais cessé de dénoncer vainement. Alors que le camp des droites, le premier tour l’aura encore montré, est plus nombreux que son antipode, c’est un président de gauche qui l’aura emporté. L’explication réside toute entière dans le surmoi qu’aura réussi à imposer la classe médiatique à une partie de la droite française tout en décomplexant la gauche de ses propres liaisons autrement moins platoniques. Alors que Gérard Longuet aura été tancé pour avoir suggéré que Marine Le Pen, contrairement à son père, était une interlocutrice possible, François Hollande remercie publiquement et impunément son interlocuteur Mélenchon et s’apprête à mener campagne avec un PCF, dans le cadre d’une alliance que même les représentants de la droite démocratique ont oublié hier soir de critiquer dans son principe. Lorsque la victime est aussi sottement dupe, ce n’est plus, juridiquement, une escroquerie.
Mais l’histoire, toutes proportions gardées ne se répète-elle pas?
La droite mourut d’un crime majoritairement commis par la gauche (hormis les communistes, bien sûr, mais à partir de juin 1941).
19 mai 12 à 07:46
Morceaux choisis:
C’est une attaque contre la démocratie et non contre ma personne.
Edwy Plenel
Le faible écart avec M. Hollande montre que la France n’est pas de gauche. Celle-ci ne peut gagner que par effraction : Chirac a fait perdre Giscard en 1981 ; la dissolution a fait perdre la droite en 1997 ; aujourd’hui, la gauche a gagné du fait de la crise. Une victoire de M. Sarkozy aurait été meilleure pour l’économie française, mais elle aurait suscité une immense aigreur à gauche. Pour la société française, peut-être fallait-il l’alternance. (…) Quand, au mois de janvier, M. Sarkozy fait la campagne que j’aime – sur le rattrapage de l’Allemagne, la compétitivité, la TVA sociale -, il ne gagne pas 1 point. Quand il fait la campagne “buissonnière”, il en gagne 5 à 6. Cela me désole, mais cela en dit long sur la France. Le diagnostic de M. Buisson n’est pas complètement faux. Le candidat PS a fait la même chose en se gauchisant au fur et à mesure : la taxation à 75 %, ce n’est pas le Hollande de la primaire PS.
Alain Minc
Célébrer l’histoire du communisme ou de la Terreur, c’est tout de même bien plus tolérant que de refuser l’entrée du territoire à un étranger qui ne s’est pas conformé à la loi.
Théophane Le Méné
It is an irony of fate that the most serious recent setback to freedom of speech in the West occurred in the same year when the fall of the Berlin Wall – soon followed by that of the Iron Curtain – liberated the Eastern half of Europe after decades of totalitarianism. Salman Rushdie’s The Satanic Verses was published in 1988 and Ayatollah Khomeini issued a fatwa calling for Rushdie’s death in 1989. This call for murder as a punishment for blasphemy was unprecedented because even though Rushdie was born to an Indian Muslim family, he was a Cambridge-educated British citizen living in London, meaning that the harsh Qu’ranic blasphemy laws, still valid in stronger or weaker versions in many Muslim-majority countries, were for the first time applied globally, with nothing less than death as the punishment for violating them. The Rushdie affair, which Cohen calls ‘the Dreyfus affair of our time’, ‘redrew the boundaries of the free world’, or rather, it dissolved the borders that had framed and protected a zone where the right to have free, playful and provocative discussions about any issue had become self-evident. The fatwa ‘ensured that London, New York, Paris, Copenhagen and Amsterdam could no longer be places of safety for writers tackling religious themes’. It was not just Rushdie who was threatened. Cohen gives a good overview of the reactions of publishers, book sellers and translators to the threats they, too, had received. (…) In twenty years, violence and threats on the one hand, and misplaced attempts at respect on the other, have had a profound effect. When the American author Sherry Jones wrote an innocent novel about the life of Muhammad’s favourite wife, it took just a hint from an American academic that it could possibly ‘be offensive to some in the Muslim community’ and ‘incite acts of violence by a small, radical segment’ for Random House to cancel the contract and pull the book. Violence or threats are no longer needed: we have learned to censor ourselves. Paintings are removed from exhibitions and plays are cancelled as soon as someone hints that they could ‘offend’ someone. Self-censorship does not mean so much that existing books get banned as that possibly provocative books remain unwritten. Since the fatwa, Cohen writes, Western culture has changed: “No young artist of Rushdie’s range and gifts would dare write a modern version of The Satanic Verses today, and if he or she did, no editor would dare publish it.” A quite different form of censorship is the one that has brought dubious international fame particularly to England – it threatens those who break the rules not with physical violence, but with unbearable financial losses. English libel courts are well known for making writers pay for smearing someone’s good name, regardless of whether what they write is factually true or not, and even whether they end up winning or losing their cases in court. Even though this method of pressure is different, its end result is the same: preventive self-censorship. Knowing that they can always be outdone by rich claimants, individual writers and smaller papers prefer not to write about certain persons and topics. This modern form of censorship also has a global reach: the British courts have protected, among others, Saudi sheiks and Ukrainian oligarchs from uncomfortable revelations or critical remarks. To sue writers for ‘smearing their name’, it is enough that the material, even if published abroad, is available in Britain. In the era of the Internet and global markets, this could include virtually anything.
Iivi Anna Masso
Ben Laden s’inquiète que ses ennemis «ont très largement cessé d’utiliser l’expression de “guerre contre le terrorisme” afin d’éviter de provoquer les musulmans, car ils considèrent que cette expression apparaît, aux yeux de la plupart, comme une guerre contre l’Islam, particulièrement depuis qu’ils ont fait couler le sang de Musulmans innocents en Irak et en Afghanistan.» Et voilà donc la confirmation de la critique formulée par de nombreux Démocrates (et spécialistes des questions internationales) à l’égard de l’approche des Républicains relative à la guerre contre le terrorisme de la décennie passée –car leurs phrases-totems («Islamo-fascisme», «Islamo-terrorisme» et même «Guerre contre le terrorisme») ont servi al-Qaïda, donnant encore plus de poids au cri de ralliement lancé par Ben Laden et ses fidèles, affirmant que l’Amérique fait la guerre à l’Islam. Il faut tout de même porter au crédit du président Bush qu’il a fait quelques efforts pour faire taire cette critique, affirmant lors de plusieurs discours qu’al-Qaïda était une perversion, et pas un reflet, de l’Islam. Mais il a également utilisé tout un vocabulaire à base d’Islamo-quelque chose qui –nous le savons à présent, ravissait Ben Laden. Et les activistes républicains qui ont le plus fidèlement vanté son bilan dans cette guerre contre le terrorisme – Dick Cheney, Newt Gringrich, John Bolton, Rudoph Giuliani, pour n’en citer que quelques-uns – ont souvent montré du doigt ceux qui refusaient d’utiliser les termes «Islam» ou «Islamiste» pour caractériser ce terrorisme de l’après 11-Septembre. Leur argument consistait à dire que ceux qui refusaient d’utiliser ces mots étaient victimes du politiquement correct. Mais les lettres de Ben Laden suggèrent qu’ils s’adonnaient, en fait, au correctement politique. Ben Laden désirait que l’Occident fasse un lien entre l’Islam et al-Qaïda, car ce faisant, l’Occident donnait un certain poids à l’un de ses arguments: non seulement l’Occident menait une guerre contre l’Islam (et l’Occident devait donc être combattu) mais que l’Islam et al-Qaïda ne faisaient qu’un (et que les Musulmans devaient donc rejoindre al-Qaïda). En entrant à la Maison blanche, Obama souhaitait le plus possible isoler l’un de l’autre. Plusieurs personnes (…) tiré des fusées d’alarme lorsqu’il abandonna cette expression de «guerre contre le terrorisme.» Cheney déclara notamment qu’Obama n’avait pas la bonne «tournure d’esprit» pour faire face aux menaces d’un monde dangereux (même après qu’Obama ait triplé le nombre des drones frappant des cibles d’al-Qaïda au Pakistan). Nous voyons aujourd’hui qu’Obama avait vu juste et que Ben Laden fut horrifié par ce changement de politique. Ben Laden avait parfaitement compris que ce virage rhétorique nuisait à sa stratégie de diffusion du message d’al-Qaïda à travers le monde musulman, une stratégie que Cheney avait approuvée sans relâche durant ses huit années de vice-président (dont six au cours desquels il fut, de fait, le responsable de la politique étrangère américaine) (…) Ben Laden a accueilli la rhétorique et la politique de Bush avec joie, car elles permettaient de gonfler ses effectifs; il craignait que celles d’Obama ne les diminuent. Sur ce dernier point, au moins, il ne se trompait pas.
Fred Kaplan
Avec Jean Luc Mélenchon, c’est le style brutal qui ressurgit en politique, un style qui avait disparu en Europe depuis la deuxième guerre mondiale et qui, aujourd’hui trouve à s’exprimer dans un discours qui appelle à « prendre le pouvoir » et à prôner la violence envers « les riches », un discours qui, joignant le geste à la parole, fait de l’occupation de la rue la répétition d’on ne sait quelle prise de la Bastille à venir. Mélenchon promet tout et joue avec l’inquiétude sociale et économique. Comme tout leader prophétique, il accomplira des miracles, si vous prenez le pouvoir. Son clip de campagne commence sur une musique messianique annonçant la frénésie des lendemains qui chantent. Son charisme est foudroyant au vu de sa popularité mais aussi l’indulgence des commentateurs politiques, au fond séduits et émerveillés, et qui ne soufflent mot de l’inanité de son programme politique et économique. On ne peut s’empêcher de contraster cette indulgence – dont bénéficie aussi le pathétique Poutou – avec l’acrimonie rituelle envers certains candidats, dont Marine Le Pen est la figure principale. S’ils étaient conséquents avec eux-mêmes, ils devraient mettre en demeure Hollande de ne passer aucun accord avec ce « populisme » qui est, comme on le voit « politiquement correct », ce qu’explique sans doute un reste de la nostalgie de l’idéologie soixante-huitarde… Marine Le Pen ne se trompe pas quand elle prétend être le centre de gravité de la campagne sauf qu’elle enfonce une porte ouverte car c’est bien le cas depuis 20 ans, depuis que Mitterrand a créé de toutes pièces Le Pen comme un épouvantail autour duquel toute la vie politique française allait se structurer. Néanmoins, elle ne dit qu’une demi-vérité car on peut voir dans le phénomène Mélenchon une métastase du lepénisme, un lepénisme d’extrême gauche. N’a-t-il pas récupéré l’électorat populaire que Jean Marie Le Pen avait ravi à un PC en décomposition ? Son inimitié violente avec le FN en dit long sur la concurrence des deux « populismes » qui sévissent désormais en France et annoncent des lendemains qui déchantent pour la paix sociale. Ce développement pourrait bien être en effet le produit incontrôlé de la réforme imposée à son parti par la présidente du FN, dans sa quête d’une respectabilité et d’une légitimité républicaines.
Shmuel Trigano
Il me semble qu’il faut voir dans cette prégnance des procès intellectuels l’effet « d’épidémie de politiquement correct », au sens exact de l’expression, c’est-à-dire considérer comme répréhensible de donner une mauvaise image d’une communauté minoritaire, marginale, ou longtemps opprimée. Mais également l’effet du « respect universel », ce phénomène nouveau qui fait que tout est respectable, que toute différence est bonne en soi, que tout espèce de choix, de singularité, d’individualité, est bonne en soi. (…) Il en résulte une situation pour l’écrivain où rien ne lui est fondamentalement interdit ; il est plutôt recommandé de transgresser, de tout dire c’est sa liberté. (…) Ce « scandale » ou cet « interdit artificiellement mis en place et rituellement transgressé permet à la littérature de se donner l’illusion de rapport à la réalité. On est en face d’œuvres dépourvues de travail de la langue et de travail artistique mais qu’on agrémente de certains dispositifs qui vont créer du langage, qui vont créer un évènement. Et le journaliste littéraire, quelque soit la qualité de l’œuvre proposée va en parler dès lors où il considère que c’est un évènement, donc qu’il est de son devoir de journaliste d’en parler et que « l’évènement » dira-t-il « interroge notre société ». La boucle est bouclée. Vous créez un évènement, cet évènement représente la réalité et donc il est de notre devoir à nous journalistes d’en parler. On dit qu’il se créé des bulles économiques, il se créé des bulles littéraires ! Une espèce de bulle de fausse réalité qui sont des bulles de langage journalistique où le faux interdit devient, pour la littérature, une sorte d’assistance respiratoire qui donne à l’écrivain l’impression qu’il existe encore, que la littérature attaque la réalité. Par ailleurs, cette bulle confère à « l’intellectuel qui dénonce » une légitimité. Beaucoup d’intellectuels sont désespérément à la recherche de leur « affaire Dreyfus ». Ils voudraient bien être Zola donc ils la traquent partout leur affaire Dreyfus. « On attaque un juif, on attaque un juif, on attaque un juif, je pourrais être Zola, je vais pouvoir publier J’ACCUSE ». (…) Jusqu’à présent nous nous représentons, écrivains et journalistes, luttant pour leur liberté contre les interdits de la morale et du pouvoir. Nous en sommes encore là : la liberté de la presse contre le pouvoir. En réalité, les interdits, et la censure dans le champ littéraire touchent les artistes et les créateurs mais le vrai pouvoir contemporain est le pouvoir médiatique. (…) En gros, le discernement est devenu impossible dans la production artistique et littéraire contemporaine. Dès lors que certains se sont risqué à dire: « bon.. ça c’est bien et ça ça l’est moins, et vous allez penser que je caricature mais je ne caricature pas » on les a immédiatement traité de « réactionnaire », terme le plus courant, « populiste » est assez pratique parce que ça veut dire un certain nombre de choses sans les dire directement, ca veut dire de « nazi ». (…) Cela me semble typique de la pensée soviétique : les journaux sont absolument convaincus d’incarner la liberté, la pensée vraie, la pensée juste. Cette censure-là, qui à mon sens, est la censure réelle est d’autant plus efficace qu’elle est invisible. Si vous faites un procès c’est visible ça fait du bruit. Si vous ne parlez pas, personne ne le saura. Et c’est même plus subtil que ça: si vous parvenez à publier et à exister, c’est mon cas, on vous dit deux choses possibles :«Vous n’êtes pas censuré puisque vous publiez ! ». « Vous êtes comme les autres, vous êtes intégré au système puisque vous publiez, donc comment pouvez-vous être critique ? »(…) Je crois que la tendance est au renversement de la situation par rapport au XIXe siècle. On avait d’un côté le pouvoir politique, de l’autre la liberté de la presse et des écrivains. Je crois de plus en plus que ce paradigme-là se modifie en pouvoir médiatique contre liberté critique. Le mythe de l’interdit servant à masquer ce renversement – bien qu’il s’appuie sur quelques réalités, de sorte qu’on se trouve dans un champ littéraire qui pratique d’un côté des provocations sans contenu, des rebellions de confort, des protestations rituelles ; avec ce qui manque par-dessus-tout une absence de critique. Le véritable interdit, je crois que c’est la mainmise de l’industrie médiatique sur nos représentations, en ce sens, c’est la littérature qui est une lutte pour la complexité.
Pierre Jourde





