Posté le Mardi 21 février 2012 par sil
1) Islamisme modéré radical versus Islamisme radical modéré
Sadok Chourou, député d’Ennahdha et membre de la commission du préambule, a déjà donné le ton dans les débats de sa commission en déclarant que ‘le préambule doit se faire suivant trois références fondamentales, qui sont le Coran, la Sunna et l’unanimité des savants de la Umma islamique. C’est l’unique référence fondamentaliste islamiste reconnue et les théologiens de l’Islam sont unanimes là -dessus’.
Pour ce qui est du système judiciaire, qui va être mentionné dans la nouvelle Constitution, Chourou pense qu’il ‘se basera sur la Chariaâ pour organiser les relations entre les citoyens’. ‘Les références à l’homme ne peuvent être que relatives et il faut les insérer dans les références absolues de Dieu’, a-t-il ajouté.
Ces propos contredisent ceux de Rached Ghannouchi, qu’il a émis hier dans une interview à un quotidien de la place. Ghannouchi a en effet déclaré que ‘l’article I de la Constitution suspendue, qui définit la Tunisie comme étant un Etat musulman dont la religion est l’Islam, est suffisant à condition qu’on l’applique. On peut, toutefois, ajouter un autre article qui interdit la promulgation de lois qui constituent une offense à l’Islam. Même Bourguiba a refusé de promulguer une loi qui ne respectait pas de façon incontestable les préceptes de l’Islam, à savoir la loi sur l’héritage. Il n’est donc pas nécessaire que la future Constitution stipule que la Charia soit la source de la législation’.(plus par ici…)
2) Légalisation d’une milice islamique sous le couvert d’une association?
Non content d’avoir laissé le prédicateur extrémiste égyptien Wajdi Ghanim répandre ses appels à la haine dans les mosquées et les espaces publics, le gouvernement vient de légaliser une association qui appelle à la radicalisation de l’islam.
Selon nos confrères de l’hebdomadaire arabophone, d’‘‘Assabah Al Ousboui’, l’association appelée ‘‘Al-Amr Bil Maârouf Wa Nahy Ala Al-Monkar’’ (L’ordonnancement de la vertu et la prévention du vice, sic !) vient de se voir attribuer, vendredi dernier, son visa légal par le ministère de l’Intérieur.
Selon la même source, le nom de l’association a légèrement changé et est devenu (pour faire diversion et faire moins radical ?) : ‘‘Al-Jamia al-Wassatia Li-Tawia Wal-Islah’’ (Association centriste de sensibilisation et de réforme).
Cette dernière est constituée de trois comités, chargés de la chariâa, de la science (traduire : religieuse) et des questions juridiques. Parmi ses objectifs : appeler les citoyens à la droiture morale et à suivre les règles de la chariâa.
Les membres de cette nouvelle association vont-ils intervenir sur la voie publique pour interpeller les citoyens qui se comporteraient de manière jugée non conforme à l’islam rigoriste ? Ses membres seraient-ils des sortes de «moutawaa» (milices religieuses) comme il en existe en Arabie saoudite, chargées d’orienter les fidèles vers la voie de Dieu ? Wait and see ! (plus)
3) Mais aussi : la révolution sexuelle halal des salafistes
De plus en plus d’étudiantes en niqab sont approchées par des salafistes leur proposant un mariage temporaire clandestin.
L’islamisation de la société tunisienne est-elle en marche ? Élu sur des slogans économiques et démocratiques, le parti islamiste au pouvoir, Ennahda, fait en tout cas preuve d’une certaine mansuétude à l’égard des salafistes, à l’origine d’une série d’incidents à caractère intégriste depuis octobre. Dernier en date, la montée dans les universités tunisiennes du mariage « orfi », autrement dit « coutumier », comme le révèle France 24. Ces dernières semaines, de plus en plus d’étudiantes tunisiennes portant le niqab sont approchées par de jeunes salafistes, tenants d’un islam rigoriste. Ces derniers leur proposent de passer un pseudo-contrat de mariage, écrit sur un bout de papier, devant deux témoins, généralement des « frères salafistes », afin de légitimer leur union devant Dieu et « consommer » sans pécher.(plus dans Le Point…)





