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Immigration: Quelle alternative à l’assimilation? (From melting pot to separate but equal?)

Posté le Mercredi 25 janvier 2012 par jc durbant

A l’heure où, face à l’implosion et à la fragmentation de nos Etats-providence sous leur propre poids de dettes et de la simple masse des problèmes d’intégration qu’on leur demande de résoudre, nos belles âmes appellent à toujours plus de renoncement sur ce qui nous reste de dimension nationale (à quand, derrière l’appel à la reconnaissance du Kippour et de l’Aïd, la suppression de Noël et de Pâques?) …

Et où, nouvelle tyrannie du politiquement correct oblige, nos concitoyens ne jurent plus, du chauffeur de salle socialiste et évadé fiscal Noah aux ex-footballeur Zidane et comédien Omar Sy, que par les plus multiculturels des héros pendant que près de Versailles on se bat contre l’implantation du premier temple mormon …

Retour, avec une tribune de 2004 du modèle de cette nouvelle classe globale de penseurs que le spécialiste du conflit social décédé il y a deux ans, le feu Lord Dahrendorf.

Britannique d’origine allemande, sociologue et philosophe de renommée mondiale, homme politique (député libéral au parlement allemand puis du Lib Dem britannique annobli par la Reine et siégeant à la Chambre des Lords), universitaire ayant dirigé les plus grandes institutions (LSE, Oxford), ex-commissaire européen, Dahrendorf a effectivement le mérite de bien pointer l’impasse, pour cause de dissolution de tout ciment social, du multiculturalisme ou “salad bowl” (“mosaïque” au Canada et dénoncé en France sous le terme de “communautarisme” mais quasiment intraduisible en anglais – ”ethnic separatism” serait probablement le plus proche – pour qui multiculturalisme garde généralement une connotation positive) …

Mais aussi, pour les villes ne bénéficiant ni de la taille ni de la possession d’une langue mondiale comme New York ou son Londres d’adoption, les formidables obstacles à la troisième voie qu’il propose comme remplacement à la désormais défunte assimilation (le fameux creuset du franco-américain Crèvecoeur ou “melting pot” du juif britannique Zangvill) sous la forme d’une sorte de modèle hybride du développement séparé au niveau privé et du partage de la sphère publique autour de la langue et des valeurs démocratiques ….

Même s’il est étrangement silencieux, dans le cas des Etats-Unis, tant sur la part de la religion que de la délinquance ou du terrorisme ou même sur la menace que présente la part toujours plus grande et plus concentrée mais aussi plus pauvre et sous-éduquée d’une minorité comme les Hispaniques …

jc durbant @ 11:07
Catégorie(s): Racismes etUn peu d'histoire


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2 réponses à “Immigration: Quelle alternative à l’assimilation? (From melting pot to separate but equal?)”

  • 2
    jc durbant:

    Voir aussi (par un central-américain aux yeux bleux – et pas dénommé Jesus ou Momo, lui! – qui défend son bout de gras multiculturaliste):

    How will babies named Jesus save the economy?
    Charles Garcia
    CNN
    January 27, 2012

    For the last 20 years, what name is always in the top 100 most popular baby names given to boys in the United States? Jesus (pronounced hey-seus). And among 4,500 boys names in England in 2009, what was the No. 1 most popular baby name? Mohammed. In Brussels? Mohammed. Oslo? Mohammed. Amsterdam? Mohammed. And what do babies and their names have to do with the global economy? Everything.

    The currency of the future is babies, because babies grow up to be taxpaying workers.

    The U.S. total fertility rate is at 2.09, and at that level we just replace our population. That’s not good. But wait a minute, why do we keep growing? Simple: immigration. Our favorable immigration policy and liberal treatment of the millions of people working without legal documents means our population will grow from 312 million today to 439 million in 2050. Hispanic babies, 83 million of them, will account for 65% of that growth. This is where the total fertility rate comes into play again, 2.84 for Hispanics, but only 1.84 and trending much lower for non-Hispanic whites who will only add 4 million babies to the melting pot. Keep in mind that those Hispanic babies born here to Mitt Romney’s « self-deportation » candidates are all red-blooded American citizens — our future Navy SEALs, entrepreneurs, middle-class working Americans and maybe even a president.

    Editor’s note: Charles Garcia is the CEO of Garcia Trujillo, a business focused on the Hispanic market, and the author of « Leadership Lessons of the White House Fellows. » A native of the Republic of Panama, he now lives in Florida.

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    D’où sont venues toutes ces personnes ? Ils sont un mélange d’anglais, d’écossais, d’irlandais, de français, de hollandais, des Allemands, et des Suédois… Quel, alors, est l’Américain, ce nouvel homme ? Il n’est ni un Européen ni le descendant d’un Européen ; par conséquent qui mélange étrange de sang, que vous trouverez dans aucun autre pays. Je pourrais préciser à toi une famille dont le père était un Anglais, dont l’épouse était hollandaise, dont le fils ai épousé une femme française, et dont les fils du présent quatre ont maintenant quatre épouses de différentes nations. Il est un Américain, qui, laissant lui tous ses préjudices et façons antiques, reçoit des neufs du nouveau mode de la vie où il a embrassé, du nouveau gouvernement il obéit, et du nouveau rang il se tient. . . . Les Américains étaient par le passé partout l’Europe dispersée ; les voici qui sont incorporés à un des systèmes les plus fins de la population qui est jamais apparue.

    J. Rue de Hector John de Crevecoeur (« Lettres d’un fermier américain », Londres, 1782)

    Comprenez que l’Amérique est le creuset de Dieu, le grand Melting pot dans lequel tous les peuples d’Europe se fondent, se transforment (…) Ce sont les feux de Dieu. Au diable vos querelles et vos vendettas! Allemands et Français, Irlandais et Anglais, Juifs et Russes. Au fond du creuset avec vous tous, Dieu fabrique l’Américain.

    Israël Zangwill (« The Melting pot », Londres, 1908)

    Selon un recensement de 1990, un Américain sur sept, quel que soit son âge, ne maîtrise pas l’anglais, Aussi, le fameux melting-pot dont les Etats-Unis étaient si fiers se revèle être un mythe de moins en moins agréable. Le cas de Los Angeles est à cet égard exemplaire. Rassemblant 140 nationalités, la plus grande ville des Etats-Unis n’est plus qu’une succession d’îlots ethniques (…) où chaque groupe vit en vase clos et préserve son identité d’origine. Chaque communauté y dispose de sa chaîne de télévision, de ses journaux, de ses restaurants et de ses épiceries regorgeant de produits étiquetés en espagnol, en coréen, en arabe ou en vietnamien.

    G. Olivier (1997)

    Peut-être tous ceux qui sont arrivés dans le gratte-ciel des possibles ne vont-ils pas arriver jusqu’au sommet; le sommet est aujourd’hui très loin pour la majorité… Mais même si certains ascenseurs ne montent qu’au dixième étage et que d’autres commencent seulement au 50ème, il y a pour tout le monde un voyage vers le haut. Et puis il y a ceux qui n’atteignent même pas le rez-de-chaussée de l’immeuble des possibles.

    Ralf Dahrendorf

    Quelle est alors l’alternative à l’assimilation ? Le ” panier à salade ” du soi-disant multiculturalisme ne présente pas une alternative sérieuse parce qu’il ne propose pas le ciment nécessaire à l’union des communautés. Tous les ingrédients restent dès le départ séparés. La seule alternative viable pour laquelle nous avons des exemples est probablement celle de Londres ou New York. La principale caractéristique de cette alternative est la coexistence d’une sphère publique commune partagée par tous et un degré considérable de séparation culturelle de la sphère ” privée “, notamment dans les zones résidentielles. L’espace public est multiculturel du fait de l’origine des gens qui le forme mais reste gouverné par des valeurs consenties et même une langue commune, tandis que la vie privée des gens reste ghettoisée, pour employer un vocable désagréable. (…) Personne n’a encore trouvé de nom pour cette nouvelle version de la doctrine ” séparés mais égaux ” que certains d’entre nous ont si ardemment combattue dans les années 1960 : des vies privées séparées dans un espace public qui est égalitaire pour tous. Cela est clairement plus simple à Londres et à New York que ça ne l’est dans des villes plus petites ou même dans les capitales de pays où la langue mondiale qu’est l’anglais n’est pas parlée. La communauté turque de Berlin et les communautés nord-africaines autour de Paris semblent toujours plus dissociées, avec leurs propres sphère publique et souvent leur propre langue. Là où cela se produit se créent des situations explosives, une sorte de séparatisme interne qui n’est pas le résultat de groupes historiquement séparés mais celui des nouveaux arrivants opposés aux natifs du lieu.

    Ralf Dahrendorf




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