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Débat républicain du 16 janvier à Myrtle Beach

Posté le vendredi 20 janvier 2012 par sil

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« Les immenses qualités de Newt Gingrich » par Guy Millière

Un débat entre candidats républicains a eu lieu lundi 16 janvier au soir à Myrtle Beach, en Caroline du Sud.

Ce débat a, à mes yeux, été le plus passionnant depuis le début de la campagne. Cela a sans doute été dû au fait qu’il n’y a plus que cinq candidats, ce qui permet à chacun d’entre eux de disposer de davantage de temps pour s’exprimer et développer ses arguments. Cela est dû aussi à la qualité des journalistes : les puissances invitantes étaient Fox News et le Wall Street Journal, deux institutions conservatrices dont on pouvait attendre des questions précises, sérieuses et acérées. Les candidats se sont exprimés et ont développés leurs arguments. Les questions ont correspondu aux attentes.

Tous les sujets importants ont été abordés, de la politique économique à la politique étrangère. Des dialogues, parfois vifs, ont eu lieu entre les uns et les autres.

Il en a découlé des clarifications et, selon moi, un motif d’inquiétude.

Les clarifications ont concerné Ron Paul, Rick Santorum, Rick Perry et Newt Gingrich. L’inquiétude concerne Mitt Romney.

Ron Paul a tenu, comme à son habitude, des propos logiques en matière économique, mais, comme à son habitude aussi, des propos absolument insensés en politique étrangère. Le fait de disposer de davantage de temps a fait qu’il s’est enfoncé davantage et a semblé un fou ou un gauchiste, à moins que je ne doive dire, un fou et un gauchiste. Nier à ce degré le danger de régimes fanatiques et totalitaires dans un débat destiné à une large audience ressemble à un suicide. Ron Paul ne peut attirer que des fous, des gauchistes ou des membres de sa propre secte. Il se trouvera encore en France des gens pour dire que c’est un libéral classique, je sais. Il faudra dans ce cas rajouter une mention : radical classique tendance Ahmadinejad. Si quelqu’un peut m’expliquer en quoi Ahmadinejad est un libéral, je suis preneur. Ron Paul restera dans la course. Il aura dix pour cent, au mieux. Il est une nuisance difficile à supporter, mais qu’il faut supporter sans doute car il serait plus nocif encore à l’extérieur qu’à l’intérieur du camp républicain auquel il n’appartient pourtant pas.

Rick Santorum a montré qu’à ce niveau, il manquait de souffle et d’ampleur. Il a révélé les limites du « social conservatism » : c’est un candidat burkéen au sens où il accorde de l’importance au contrat éthique et culturel qui lie les générations entre elles et qui forment l’humus d’un pays, mais sa dimension burkéenne le conduit à accepter des éléments de redistribution sociale qui l’éloignent d’une vision plus lockéenne du contrat. Le « social conservatism » qu’il incarne semble dès lors limité. Rick Santorum ne fait pas la synthèse reaganienne entre Burke et Locke, et il ne peut donc pas élargir son champ électoral à l’ensemble des conservateurs. Il devrait réaliser un score moyen, et ne pas rester dans la course très longtemps encore.

Rick Perry, lui, s’est montré solide, cohérent, bien meilleur qu’il ne l’a été dans les débats précédents. Sa candidature apparaît comme une occasion manquée. Il s’est sans doute insuffisamment préparé. Il devra en tirer la leçon : l’image qu’on donne de soi en premier compte et reste dans les esprits. Il a raté ses premiers débats. Il ne s’en est jamais relevé. Il ne s’en relèvera pas. Il va réaliser un score assez bas, ce qui est dommage, et il va sans doute quitter la course. Il aurait mérité mieux, car c’est un excellent gouverneur du Texas. C’est ainsi.

Newt Gingrich a été l’orateur de la soirée, et il s’est révélé tel qu’en lui-même. Quels que soient les reproches qu’on lui adresse, Gingrich est le meilleur orateur de tous, et de loin. Il est le penseur de plus cohérent. Il dispose d’une culture historique, économique et philosophique qui le place à cent coudées au dessus du lot. Il serait le meilleur, et de très loin, pour faire éclater la baudruche Obama au yeux du monde, car Obama est une baudruche et nul ne pourrait le démontrer mieux que Gingrich. On peut ajouter que Gingrich est un combattant. Voici trois semaines, il était en tête des sondages. Le tir de barrage lancé contre lui par Mitt Romney à coups d’annonces publicitaires en Iowa l’a fait chuter. Il a répliqué très tardivement. Je doute qu’il puisse remonter la pente. Je trouve cela extrêmement regrettable.

Gingrich n’a pas eu le soutien des instances du parti républicain et des éditorialistes conservateurs, qui ont pensé qu’il était trop peu centriste pour avoir une chance de toucher les électeurs indépendants. Je trouve cela aussi extrêmement regrettable. Je pense, comme Thomas Sowell, qu’il aurait fallu un homme de l’étoffe de Gingrich pour faire chuter Obama et pour entreprendre ensuite l’œuvre herculéenne de redresser les Etats-Unis après le désastre.

Les instances du parti républicain et les éditorialistes conservateurs ont misé sur Mitt Romney et n’ont pas arrêté de dire que sa modération lui donnait les meilleures chances. J’ai toujours eu des doutes sur ce sujet. Ce calcul avait déjà été celui qui avait conduit à choisir John McCain, avec le succès que l’on sait. Il avait conduit à choisir d’autres perdants dans le passé.

On reproche à Mitt Romney d’avoir changé souvent de positions : un commentateur disait ironiquement hier que Mitt Romney avait en lui davantage de positions que le Kama Sutra.
Mitt Romney incarne en supplément le capitalisme financier, ce qui n’est pas un atout dans le contexte américain actuel, et j’énonce seulement une réalité, pas du tout un jugement sur le capitalisme financier.

Il parle bien et a des réponses précises, mais son débit manque de chaleur, ce qui l’empêche de susciter une adhésion nette.

On a pu voir, dans le débat de lundi soir qu’il avait des difficultés à captiver l’auditoire, ce qui risque de le desservir face à Obama.

On a pu voir aussi qu’il pouvait être déstabilisé par des attaques, ce qui est plus préoccupant. S’il lui est difficile de résister aux attaques d’autres républicains, comment résistera-t-il aux attaques de Barack Obama ? Je dois dire que j’ai des doutes, quand bien même s’il est le candidat républicain, je le soutiendrai, tant je pense crucial qu’Obama quitte au plus tôt la Maison Blanche.

Mais je doute aujourd’hui encore davantage qu’hier qu’il soit le meilleur candidat et le plus à même d’être à la hauteur de la tâche.

© Guy Millière pour www.Dreuz.info

sil @ 16:26
Catégorie(s): Politique américaine


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59 réponses à “Débat républicain du 16 janvier à Myrtle Beach”

  • 9
    James:

    Warning To Democrats: Romney Is a Stronger Candidate Than You Think

  • 8
    James:

    The Real Reasons Conservatives Oppose Gingrich

  • 7
    James:

    Jean-Sébastien Stehli : La grande honte du Figaro

  • 6
    James:

    Gallup: Romney edges Obama in swing states

  • 5
    James:

    Pierre-Yves Dugua tire sur tout ce qui bouge :

    Newt Gingrich est un cas à part. Le leader républicain qui ne veut pas céder l’investiture à Mitt Romney, inspire la plus grande méfiance dans les rangs de « l’establishment » républicain et parmi les modérés. Contrairement à ce que je lis souvent, ce n’est pas parcequ’il est très conservateur. D’autre prétendants républicains étaient tout aussi à droite, voire plus. Ils ne faisaient pas peur comme Newt Gingrich.

    Ce géorgien de 68 ans est entré dans l’histoire du Parti républicain en reprenant en 1994 aux démocrates la majorité à la Chambre des représentants qu’ils contrôlaient depuis 40 ans. C’est un idéologue, égocentrique, aggressif, imprévisible, incapable de discipline. Il est en outre éthiquement douteux. Personnellement je le trouve aussi méchant. Tout simplement.

    Pour les « indépendants » qui feront l’élection en novembre 2012, c’est à dire pour l’américain moyen qui n’est pas particulièrement partisan, Newt Gingrich est un épouvantail. À moins que l’économie américaine s’effondre à nouveau, je ne vois pas comment Newt Gingrich pourrait battre Barack Obama.

    Imaginez le clash: d’un côté un homme élégant, mince, assez sportif, souriant, calme, sympathique bien qu’un peu trop amoureux de lui-même et manquant de courage politique, qui se présente en centriste et défenseur des classes moyennes: Barack Obama. Ce président sortant évite de parler de ce qui fâche: la dégradation des États-Unis, l’envolée de l’endettement, l’urgence de réformer les systèmes sociaux, l’échec de son programme de relance par la dépense publique. Il concentre pour le moment son discours sur une priorité: augmenter les impôts des riches au nom de l’équité. À l’image d’un candidat européen, il affirme que l’État a une solution à tous les problèmes.

    Face à lui, un gros lard, mal coiffé, en colère permanente, qui ne sourit que lorsqu’il se brûle, qui parle de révolution. Il veut tout remettre à plat: la fiscalité, la santé, la justice, l’école, l’immigration. Il veut casser l’État fédéral qu’il juge en faillite. Gingrich incarnait le Tea Party avant que le Tea Party existe. Son « Contrat avec l’Amérique » pour gagner en 1994, c’était en fait en gros le programme du Tea Party aujourd’hui.

    Gingrich a un atoût important: il est intellectuellement brillant. C’est souvent le cas de fous. Il parle sans notes. Il donne l’impression de connaître tous les dossiers. Il est très bon pédagogue. Il a l’esprit de synthèse, le sens de la formule et de la provocation. C’est un tribun, très cultivé, probablement plus proche d’un homme politique du XIXième siècle que du XXIième. Quand « Newt » passe à la télé, on ne s’ennuie pas. Tout peut arriver. Le pire ou le meilleur.

  • 4
    James:

    On doit noter que Newt Gingrich, tout en prononçant d’excellentes réponses sur tous les sujets de fond qui ont pu être apporté, et en défendant économiquement des positions de supply sider, reposant sur la flat tax et la déréglementation, et géopolitiquement, la nécessité d’une Amérique forte pour que la liberté avance sur terre, a été souvent sur la défensive face aux attaques de Mitt Romney, semblait fatigué, et a sans doute perdu tout espoir de l’emporter en Floride et d’être le candidat. On doit souligner que Mitt Romney a dominé sans vraiment convaincre, sans procéder à des explications de fond, et simplement en se montrant agressif contre la personne de Newt Gingrich.

    Il ne fait guère de doute, sauf retournement de dernière minute, que Mitt Romney l’emportera mardi soir. Il semble assuré, le cas échéant, qu’il l’emportera ensuite dans le Nevada le 4 février : dans un Etat peuplé à trente pour cent de mormons, un Mormon part avec un avantage très net. Romney devrait ensuite l’emporter dans le Maine et le Colorado.

    Il semble assuré, si les choses se passent ainsi, que Mitt Romney sera le candidat républicain face à Barack Obama.

    Je dois dire que c’est une perspective qui ne m’enthousiasme pas.

    Mitt Romney sera candidat par défaut : parce que ses adversaires potentiels seront tombés les uns après les autres et parce que les tea parties et le mouvement conservateur ne sont pas parvenus à s’accorder sur le choix d’un candidat.

    Il sera le candidat qui reste, celui vers lequel ceux qui ne veulent pas d’une réélection d’Obama se tourneront, faute de mieux.

  • 3
    James:

    The Voter Intensity Gap Doesn’t Favor Obama

    Rasmussen in FL: Romney 44, Gingrich 28

  • 2
    James:

    L’article vise juste.

  • 1
    Sittingbull:

    Newt is not the problem















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