Posté le Dimanche 18 décembre 2011 par sil
Alors que les intégristes catholiques et musulmans sèment le scandale, la philosophe Chantal Delsol renverse la polémique dans L’Express : le droit de blasphémer est à géométrie variable et il est malhonnête de prétendre le contraire.
[Chronique] Voici Mahomet caricaturé. Voici le Christ horriblement ridiculisé. Les croyants auraient tort de s’en révolter. Il n’y a pas de prêtres sans bouffons; et la grandeur d’une croyance est de souffrir ses bouffons: cela signifie qu’elle n’a pas besoin du monopole pour survivre. Au nom de la liberté d’expression, la parole même blasphématoire est, chez nous, toujours possible, disent les médias pour justifier ces outrages par la possibilité de pouvoir tout outrager.
Mais les choses sont beaucoup plus compliquées. Imaginons un dessinateur satirique qui s’amuserait à peindre un citoyen se torchant le derrière avec la Déclaration des droits de l’homme; à peindre des étrangers arrivant sur notre sol en crachant sur nous par principe; à peindre un couple homosexuel livré à la débauche et réclamant ouvertement d’adopter des enfants pour les sodomiser; ou encore, à peindre le camp d’Auschwitz sous des aspects burlesques et ridicules auxquels je n’ose pas penser. Croit-on que tout cela pourrait s’exposer tranquillement au nom de la liberté de la presse? Certainement pas. Tout aussitôt, l’ensemble des médias feraient taire l’importun, comme cela est arrivé il y a quelque vingt ans pour Fun Radio, qui, dans une outre-mesure adolescente, avait osé ricaner sur la Shoah.
Du sacré inviolable
Notre société abrite, quoi qu’elle dise, du sacré inviolable. Une part de sacré qu’il est interdit d’outrager; et des bouffonneries qui mènent au procès. On nous répète que le blasphème doit toujours être possible dans une société libre. Mais la loi contre l’homophobie est à elle seule une loi contre un blasphème! Et nous en avons bien d’autres. Cependant, nous interdisons certains blasphèmes, et non pas tous. Chacun sait bien, par exemple, que tout le monde peut brocarder à son aise la famille bourgeoise de type Le Quesnoy, mais que personne ne peut se moquer de la famille monoparentale. On peut salir les Deschiens, mais sûrement pas un immigré de base.
On nous annonce qu’il faut défendre ces caricatures religieuses au nom de la liberté d’expression. Sonnez trompettes! On se moque de nous. Car la liberté d’expression ne vaut pas dans tous les cas. La question est donc de savoir pourquoi les religions sont jetées en pâture à la liberté de ridiculiser, tandis que d’autres courants, idées, événements, sont sanctuarisés. Car, avant de nous permettre de « tout » dire, on a soigneusement mis de côté un certain nombre de causes sacrées décrétées interdites à notre jugement… On n’est pas plus faux derche. Soyons moins indulgents face aux mines moralistes de ces bons apôtres. Ils énoncent des préceptes qu’eux-mêmes n’appliquent pas. La liberté de blasphémer s’applique seulement pour ce qu’ils ne respectent pas, eux. Ils ne supporteraient pas en revanche qu’on outrage les objets de leur vénération. La modernité n’a pas, quoi qu’on dise, institué la liberté d’expression. Elle a seulement déplacé les sanctuaires.
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8 réponses à “Le droit de blasphémer est-il à géométrie variable?”
20 déc 11 à 12:00
Le blasphème est une transgression de ce qui serait un « tabou du toucher ».
Intéressant …
20 déc 11 à 11:59
@ Gérard Pierre
Non, vous ne m’étonnez pas; je vous sais honnête homme.
20 déc 11 à 11:58
Pour paraphraser un mec, je dirais que les croyances religieuses, c’est comme les promesses électorales : elles n’engagent que ceux qui y croient.
20 déc 11 à 11:47
« On ne peut blasphémer que …… CONTRE SA PROPRE CROYANCE, CONTRE SA PROPRE FOI »
Et cela tombe sous le sens. Pour donner une analogie, l’inverse reviendrait pour les habitants du Zimbabwe à devoir respecter la loi ouzbèke et réciproquement. Illustrée ainsi, l’exigence des croyants à ce que soient respectés leurs interdits pas les non-croyants révèle toute son indéfendable absurdité.
20 déc 11 à 11:12
Je vais sans doute étonner CUA mais s’il est athée, agnostique, scientologue ou adorateur du soleil, je ne vois pas au nom de quoi le Catholique Apostolique et Romain que je suis lui interdirait de ‘’blasphémer‘’ ! …… même contre le soleil [ce qui relèverait le cas échéant de sa seule liberté, et par voie de conséquence de sa seule responsabilité]
On ne peut blasphémer que …… CONTRE SA PROPRE CROYANCE, CONTRE SA PROPRE FOI !
Lorsque je prétends que Mahomet n’est pas plus prophète que je ne suis un chippendale, qu’il était épileptique chronique aggravé d’un priapisme persistant à tendance pédophile, je ne blasphème pas ! …… je ne crois pas un seul instant en sa mission prophétique ! …… je le tiens pour un minable chef de bande criminel, assoiffé de richesses, de sexe et de pouvoir, et pervers au point d’avoir réussi à convaincre des esprits faibles qu’il faisait tout cela au nom d’un vague allah qu’il présentait comme dieu ! …… je ne blasphème pas, puisque je ne suis pas musulman ! …… je donne simplement mon point de vue !
En revanche, si je prétends que le Christ est un imposteur, un détourneur du message messianique, si je plonge sa représentation crucifiée dans un récipient d’urine, je blasphème ! …… car je prends le parti d’insulter celui qui est au cÅ“ur de ma propre foi religieuse.
Et, à côté de moi, CUA en reprenant à son compte mes propos et mon geste ne pourra pas être qualifié de blasphémateur ! …… puisqu’il se situe en dehors de cette sphère de foi.
Par conséquent, je ne peux bien sûr pas approuver tout ce qui se dit ou ce qui se fait contre la représentation de ma propre foi, mais au nom de la LIBERTÉ que D.ieu lui-même a donné à l’Homme [là , j’intègre ma propre foi dans mon raisonnement, et logiquement le musulman ne peut pas tenir le même raisonnement] je n’ai pas qualité pour interdire quoi que ce soit en la matière à quelqu’un qui prend ses responsabilités librement !
Pour ma part, je me contente de passer devant les salles où se déroulent ces excès [à mes yeux] sans y apporter la caution de ma présence !
20 déc 11 à 08:40
« Le Congrès ne fera aucune loi accordant une préférence à une religion ou en interdisant le libre exercice, restreignant la liberté d’expression, la liberté de la presse ou le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d’adresser à l’État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis. »
les droits « inaliénables » n’existent pas plus que « les droits naturels » ou » les droits divins »; ce sont effectivement de « pures » constructions humaines, destinées en général à combattre les tendances spontanées érotiques et egoïstes qui caractérisent les animaux que nous sommes.
une remarque: la notion de blasphème est consubstantielle aux notions de sacré et d’impur, c’est à dire ce que à quoi on n’a pas le « droit » de toucher.
Le blasphème est une transgression de ce qui serait un « tabou du toucher ».
Ergo: le blasphème ne peut exister dans la sphère philosophique classique.
19 déc 11 à 05:18
Tiens tiens, les imbéciles commencent à comprendre que les valeurs – oui, même les fameux droits dit inaliénables – ne sont qu’une construction plus ou moins arbitraire dont les fondements restent irrémédiablement irrationnels et qu’à vouloir jouer au cartésien terminal, il ne reste pus rien du tout, pas même les fameux droits dit inaliénables. Ouroboros, je t’invoque …
19 déc 11 à 03:05
Plaidoyer pour la reconnaissance de la grandeur des Idées éternelles du Juche de Kim Il Sung à l’occasion de la Fête du Soleil (2010)
1. Nous, Octave Kamwiziku Wozol’Apangi, Secrétaire Général du Comité Régional Africain d’Etudes des Idées du Juche :
2. Tirant la leçon de plusieurs années d’enseignement universitaire sur l’efficacité idéologique des Idées du Juche dans la formation civique des étudiants en République Démocratique du Congo;
3. Considérant que les Idées du Juche, savamment cogitées au début du vingtième siècle par le Camarade Kim Il Sung, apportent une contribution inestimable à l’humanisation de l’humanité dans la mesure où le Juche (être maître de soi) féconde et véhicule un humanisme intégral, soucieux d’émanciper tout homme et tout l’homme ;
4. Conscient du fait que les Idées du Juche mettent surtout l’accent sur l’esprit de créativité et sur la capacité inaliénable de chaque individu ou de chaque peuple à se prendre en charge, en comptant notamment sur ses propres forces aux fins de son développement responsable ;
5. Etant donné que le phénomène de la « mondialisation » risque, si l’on n’y prend garde, d’aliéner dangereusement le système éducatif en Afrique du fait que la formation des jeunes est trop extravertie à la culture occidentale au détriment de la tradition africaine ;
6. Réalisant enfin que les Idées du Juche constituent une philosophie d’émancipation humaine à portée universelle ;
2. Déclaration solennellement : 1.Kim Il Sung, l’homme que le vaillant peuple Coréen vénère aujourd’hui comme le père de la « Révolution Juche », a profondément marqué le 20ème siècle de par sa personnalité de génie penseur, de théoricien et stratège militaire, de bâtisseur de la Corée socialiste centrée sur le bien être des masses populaires qui ont toutes droit à la santé, au logement, à l’éducation et à l’alimentation;
2.Kim Il Sung, le fondateur du Parti du Travail de Corée, a eu pour mérite de cogiter les Idées du Juche comprises comme une arme efficace de combat pour le recouvrement de l’indépendance et de la souveraineté de tous les peuples qui sont victimes des affres de l’impérialisme.
3. Kim Il Sung, fondateur des Idées du Juche, est et demeure à jamais l’étoile qui brille dans l’histoire des nations néo- colonisées au regard notamment de son héroïsme ou de ses exploits inoubliables dans la lutte anti- japonaise, la guerre anti- impérialiste occidentale et la réunification de la Patrie « Koryo ».
4. C’est la raison pour laquelle les œuvre révolutionnaire du Juche de Kim Il Sung fait l’objet d’admiration en Afrique ; car en ce moment où certains pays, dont la République Démocratique du Congo, s’apprêtent à célébrer le cinquantenaire de leurs indépendances, de nombreuses voix se lèvent pour clamer haut et fort que la néo- colonisation de l’Afrique démontre à suffisance que les indépendances africaines ne sont en fait que des indépendances sans indépendance effective.
5. D’où l’urgence et la nécessité pour l’Afrique de s’inspirer sagement des Idées du Juche telles que fondées par Kim Il Sung et systématisées par Kim Jong Il, afin d’éveiller, de conscientiser et de mobiliser les masses populaires africaines autour d’une idéologie forte, susceptible de les amener à recouvrer leur indépendance et leur souveraineté.
6. En conséquence, le Juche de Kim Il Sung demeure une idéologie incontournable pour toute nation en quête de sa souveraineté et de son indépendance.
7.Aussi estimons- nous utile d’inviter l’homme africain à étudier et à diffuser cette philosophie d’émancipation humaine qui, en toute honnêteté scientifique, donne une leçon efficace de la prise en charge des africains par eux-mêmes comme l’avait si bien compris le héros national congolais, Patrice- Emery Lumumba.
8.Que vivent donc à jamais les Idées éternelles du Juche de Kim Il Sung dont le monde célèbre, au mois d’avril 2010, le 98ème anniversaire de naissance.
Ainsi fait à Kinshasa, le 20 Mars 2010
Prof. Dr Octave KAMWIZIKU WOZOL’APANGI
Secrétaire Général du Comité Régional Africain d’Etudes des Idées du Juche





