Posted on Vendredi 5 août 2011
Dans la série : tant que l’Asie va, tout va…
Il faut convaincre les décideurs des économies moins endettées et des instances communautaires de prospecter collectivement l’argent là où il se trouve : en Chine. Mieux qu’un pays isolé, contraint à la cession d’actifs stratégiques ou à des concessions politiques, l’Europe peut arguer de son marché immense et d’une sécurité des placements que n’offre plus la dette des Etats membres les plus touchés.(…)
L’Europe doit donc adopter une approche commune de la Chine. Un marché unifié de la dette sera attractif et plus sûr pour les capitaux chinois (ou japonais, car ceux-ci sont devant les mêmes dilemmes). Pour persuader Grecs, Portugais, Espagnols, Hongrois et autres d’une approche unifiée de la Chine, il faut en démontrer le bénéfice concret. Un véritable grand fonds européen donnerait des moyens bien plus conséquents que la prospection en ordre dispersé de sauveurs en dernier recours. Payer 3,5 % et non 6 % ou 10 %, c’est toute la différence entre le salut et la fuite en avant pour des Etats surendettés ; c’est aussi un bon rendement pour des capitaux chinois ou japonais, s’il est garanti par l’ensemble de l’eurozone.(…)
La bonne santé du marché européen est vitale pour les intérêts chinois, qui doivent aussi sécuriser les surplus exceptionnels de ces dernières années. L’Europe doit les accueillir favorablement sur un marché unifié de la dette, dans les économies à revivifier, et par la participation à des investissements européens pour la croissance.
L’avenir, ce sont des panneaux solaires chinois fabriqués en Grèce comme les voitures japonaises ont pu être montées en Alabama. Mais ce sont aussi des constructeurs et maîtres d’oeuvre européens remportant directement des marchés publics chinois, au lieu d’y être considérés comme des sous-traitants ponctuels et éphémères. Créer une interdépendance positive, c’est aussi permettre aux entreprises européennes une participation accrue au marché chinois, n’en déplaise aux partisans chinois d’un capitalisme d’Etat dérogatoire aux règles globales.
L’Europe doit au préalable s’organiser, car sans puissance collective elle n’obtiendra rien d’excellents négociateurs chinois. (pour en savoir plus lire « le remède à l’eurocrise, la chine » …)




