C’est une idée fausse de croire que les Américains n’ont quasi pas de retraite et que leur pension repose exclusivement sur un régime par capitalisation très dépendant des cours de Bourse. C’est la conclusion de l’étude réalisée par Jacques Bichot, professeur émérite à l’université Lyon-3, que publie l’association Sauvegarde Retraites. « Il existe en effet un système public universel – Old Age Survivors Insurance – qui couvre 96 % de la population (salariés du privé, fonctionnaires, indépendants), qui fonctionne par répartition et délivre un taux de remplacement supérieur aux nôtres pour les revenus modestes. » Une personne qui gagne 1 200 dollars a ainsi un taux de remplacement de 68 % si elle part à la retraite à 66 ans, et de 90 % si elle cesse de travailler à 70 ans.
En plus, souligne Jacques Bichot, « leur système est mieux géré que le nôtre ». Tout d’abord, les frais de gestion sont trois fois moindres avec un taux de 0,6 % contre 1,8 %. « Ce taux appliqué à la France représenterait une économie de 3 milliards d’euros. » L’âge de la retraite est libre. La pension, ensuite, est, quelle que soit la durée de cotisation, sans décote, et la réversion n’est ni plafonnée ni soumise à des conditions de ressources. Il existe aussi des compléments de pension pour enfants. Le régime, enfin, est excédentaire.
Comment y arrivent-ils ? « Contrairement au nôtre, le régime est commun à toutes les professions », explique Jacques Bichot. Les cotisations sont également assises sur le salaire sans plafond. Mais, surtout, le montant de la pension n’est pas proportionnel au salaire. Un cadre qui gagne 8 000 euros a un taux de remplacement à 66 ans de 30 %, contre 57 % en France. D’où le développement outre-Atlantique des fonds de pension entreprises investis plus ou moins en titres maison pour assurer le complément. Une autre logique ! (source : Le Point)