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Immigration : de la lâcheté et de l’hypocrisie de gauche

Posté le Dimanche 10 avril 2011 par sil

Un eXcellent billet extrait du blog de Maxime Tandonnet, conseiller affaires intérieures et immigration du président Sarkozy. L’anecdote en deuxième partie de billet vaut particulièrement le détour :

Dans toute cette affaire, il est une chose à laquelle je ne parviendrai jamais à m’habituer : l’hypocrisie. Pour avoir tout simplement déclaré au Figaro Magazine qu’il souhaitait « réduire l’immigration régulière » M. Claude Guéant est confronté à une nouvelle tornade d’indignation : « Attaque contre les immigrés » (Fabius) ; « discours de stigmatisation » (Sopo, sos racisme) ; « vision nationaliste et raciste » (Kader Arif, PS) ; « bas instinct de l’électorat d’extrême droite » (Voynet) ; « concours des propositions les plus stupides » (Dartigolles, PCF).

Or, le ministre de l’Intérieur, par ses propos, a tout bonnement pris acte de ce que le taux de chômage des étrangers non communautaires atteint 23,4% et que la France n’a pas de travail à leur offrir. Il a constaté que 100 000 jeunes Françaises et Français se présentent chaque année sur le marché du travail à la sortie de leurs études et que l’économie française ne produit pas assez d’emplois pour leur fournir un travail !

On peut ne pas souscrire à ce raisonnement, mais pourquoi le caricaturer, lapider, diaboliser? Ce genre de débat a eu lieu en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne dans un climat de consensus et sans déchaîner une telle polémique haineuse. Dans quel pays vivons-nous ?

D’ailleurs, il faut le savoir, le clivage habituel entre immigration régulière (supposée bonne) et immigration clandestine (mauvaise) est artificiel : une grande partie de l’immigration régulière provient de la régularisation de migrants clandestins.

Les donneurs de leçon qui poussent des cris d’orfraies aux propos du ministre de l’Intérieur baignent dans l’hypocrisie. Ils savent bien que la France ne peut pas accueillir tout le monde, n’en a pas les moyens. Ils le savent, mais se donnent des airs de modernité, d’ouverture et de générosité en accablant les déclarations de M. Guéant. Ils sont bien contents, au fond, que d’autres fassent le « sale boulot » pour eux en essayant de contrôler le flux migratoire.

J’aimerais raconter une anecdote dont je certifie l’authenticité, au mot près, sur mon honneur. En mai 2006, nous sommes à l’Assemblée nationale. J’accompagne, en tant que fonctionnaire, le ministre de l’Intérieur qui défend le projet de loi sur l’immigration dont l’objectif est de limiter le regroupement familial : désormais, un étranger qui voudra faire venir sa famille en France devra disposer d’un revenu d’un travail équivalent au minimum au SMIC et d’un logement adapté au nombre de ses enfants.

Un député PS se déchaîne dans l’hémicycle, devant les autres parlementaires présents, le public, la presse et les chaînes de télévision, contre ce projet de loi. Je ne me souviens plus de son nom mais je le vois encore : grand, mince, la soixantaine, petite moustache, lunettes, élu d’une circonscription du nord de la France. Il hurle dans le micro : « Votre projet est une honte pour la France. Il rappelle les heures les plus sombres de l’histoire. C’est un projet nauséabonde, xénophobe, pétainiste. Une fois de plus vous stigmatisez les étrangers dans notre pays. Une fois de plus vous cherchez à déchaîner les passions haineuses et racistes en désignant des boucs émissaires à la vindicte populaire ! »

Ce brave Monsieur, je le retrouve deux heures plus tard environ à la buvette de l’Assemblée nationale. Il s’avance vers moi, jovial, sympa, un verre à la main. Il m’offre un coup à boire et nous échangeons, en tête à tête. Je m’attends à une engueulade. Or, ses paroles, qui viennent le plus naturellement du monde, me laissent totalement pantois.

« -Vous savez, chez moi, dans la ville dont je suis maire, l’immigration, c’est une véritable catastrophe. Je ne sais plus quoi faire. Ils viennent de tous les côtés je n’ai rien à leur proposer, pas de boulot, pas de logement social…Les gens (mes électeurs) n’en peuvent plus…

-Mais c’est un peu la raison pour laquelle nous proposons cette loi…

Je m’attend, presque à coup sûr, à ce qu’il se remette à aboyer. Stupéfaction :

« -Oui, je sais, vous avez raison. Mais ce sera difficile vous savez, pour remettre de l’ordre dans tout ça. Tant mieux si vous réussissez, je vous le souhaite, il faut absolument faire quelque chose, mais ce ne sera pas simple… »

Voilà. On peut me croire ou ne pas me croire bien sûr. J’ai plein de défaut mais je ne suis pas menteur. Je donne ma parole à mes lecteurs de l’absolue authenticité de cette anecdote qui en dit long sur l’hypocrisie ambiante…

Maxime TANDONNET



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2 réponses à “Immigration : de la lâcheté et de l’hypocrisie de gauche”

  • 2
    sil:

    Maxime Tandonnet, conseiller à l’Elysée, ferme son blog

    L’un des rares blogueurs de l’Elysée va mettre en veilleuse sa page Web, intitulée «Maxime Tandonnet, mon blog personnel». D’autres, dans la maison Elysée, ont aussi leur blog. C’est le cas de Franck Louvrier, le conseiller en communication, de Boris Ravignon, chargé de l’écologie, ou de Guillaume Larrivé, chargé des questions juridiques. Mais ceux-là le conçoivent plutôt comme un « carnet de route », selon Franck Louvrier, pour illustrer leurs mandats locaux de conseiller régional ou général. Maxime Tandonnet, lui, s’exprimait sur la politique d’immigration. Un sujet inflammable. Des billets parfois cinglants sur la politique d’immigration du PS, ou la jurisprudence européenne qui détruit les politiques de retour aux frontières.

    Comme l’a révélé Le Monde mardi, le nouveau secrétaire général d e l’Elysée, Xavier Musca, lui a demandé de ne plus écrire sur des sujets politiques. « Quand on est conseiller du président, on ne peut s’offrir le luxe d’exprimer ses opinions personnelles », a fait savoir Xavier Musca, qui fait néanmoins une exception notable pour Henri Guaino, « dont chacun sait quand il parle qu’il n’engage pas forcément l’Elysée ». Contrairement à Claude Guéant, Xavier Musca ne veut en aucun cas politiser les prises de position de l’entourage présidentiel.

    Après le discours de Grenoble qui, l’été dernier, proposait une vigoureuse politique de reconduite à la frontière des populations Roms, Maxime Tandonnet a été la cible de nombreux attaques de Mediapart à Rue 89- qui l’ont dépeint en sous-marin des thèses de l’extrême droite. Pourtant, la déchéance de la nationalité n’était pas une proposition de ce grand pragmatique, qui cherche avant tout «l’efficacité ». On ne peut en effet pas faire plus discret que lui. Il est le loyal conseiller de Nicolas Sarkozy sur les politiques d’immigration à l’Elysée depuis six ans déjà. Entré en 2005 au ministère de l’Intérieur, Tandonnet fait partie de ceux qui ont suivi Sarkozy à l’Elysée. On ne décèle chez ce grand timide, à la voix douce, aucune démagogie.

    Haut-fonctionnaire, énarque (promotion Condorcet – 1992), Tandonnet est un gaulliste de tendance souverainiste. Il a d’abord servi chez Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur, comme chargé de mission sur les dossiers européens, puis il s’est rapproché de Philippe Séguin quand il était président de l’Assemblée nationale, puis quand il est devenu président de la Cour des Comptes. Il a été l’un des inspirateurs du rapport publié par la Cour en novembre 2004, intitulé « accueil et intégration des immigrés en France ». Auteur de livres clairs et documentés sur l’immigration, – Immigration, la nouvelle vague , ou Le grand bazar ou l’Europe face à l’immigration , aux éditions L’Harmattan -, Maxime Tandonnet est aussi un ami de Philippe de Villiers, dont il s’était rapproché pendant le débat sur la ratification du référendum européen, en 2005.

    Pas de quoi en faire un gibier de potence pour les spécialistes de la traque anti-FN. «Il n’a rien d’un raciste ou d’un type d’extrême droite», conclut enfin son ami Henri Guaino, l’autre séguiniste de l’Elysée.

  • 1
    amin:

    … édifiant mais pas surprenant …




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