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Diplomatie: Obama sera-t-il le fossoyeur en chef de l’Occident? (From ancient times the decline in courage has been considered the beginning of the end)

Posté le Vendredi 25 février 2011 par jc durbant

L’Occident est-il fini ? Ou plutôt Obama en sera-t-il, à la Louis XV, le fossoyeur en chef?
 
Fin de l’hégémonie de l’Oncle Sam, Europe marginalisée, déclin de l’Ouest vu par le reste du monde, nouvelles ambitions de l’Asie, Occident qui pleure, l’Asie qui conquiert…, ère nouvelle Où l’on passe d’un monde unipolaire à un monde multipolaire, Comment l’Ouest a-t-il pu décliner, Washington paiera pour ses erreurs, nouvelle géographie du monde, déclin fatal de la social-démocratie, L’université américaine doit-elleencore enseigner le français, Mieux vaut le Nouveau Monde que le Vieux Continent, d’un Orient à l’autre, chute d’un empire Tant au plan géostratégique qu’économique, Washington doit s’adapter à la nouvelle réalité, Quand l’Oncle Sam dilapide ses trésors, Washington n’a plus rien à offrir à Pékin, Qui a tué le rêve américain ?, Puis vint le 11 septembre, le choc, Se priver de produits chinois, c’est épuisant (et impossible), ortrait du Yankee en touriste ordinaire, Nous revenons à notre vraie place, Surtout ne pas surestimer les Chinois, Et pourtant, l’économie reste plus forte que jamais, Six cartes pour comprendrele basculement du monde depuis la Renaissance jusquà 2050, Un si vieux continent, Usée, l’Europe ? De nombreux signes le laissent pense, Europe accrochée à son histoire, Pourquoi sommes-nous inertes face aux défis du XXIe siècle ?, La Turquie ne regarde plus à l’ouest, Jeune, espagnol et sans boulot, Pauvres, pauvres universités, Nous qui rêvions du capitalisme !, Et si l’UE était un modèle d’avenir ?, Les conquérants, Depuis l’an 2000, on ne peut plus parler de pays émergents, monde refaçonné par Pékin, Qui contrôle la production mondiale de métaux rares ?, On l’annonçait depuis les années 1970: le Brésil est enfin une grande puissance, L’Inde en pleine ascension, ardue mais prometteuse ?, Naissance d’une classe moyenne (à 5 500 euros par an), L’avenir de l’industrie automobile se joue entre Pékin et Shanghai, Une véritable puissance scientifique, Vu d’ailleurs, L’Ouest n’est plus au centre du jeu et les critiques à son égard se font toujours plus vives, Les Occidentaux n’ont rien compris !, En guerre contre la laïcité, « Ils ne veulent pas discuter avec nous! », L’homme blanc sur un piédestal, Arrogante idéologie occidentale, De la supériorité de la voie chiniose, L’avenir sera latino-américain, Vive la croissance tranquille !, Ils ont pensé le déclin de l’Occident. Ou théorisé l’émergence d’autres valeurs …
 

En ce « printemps arabe », certes particulièrement problématique, qui, pendant qu’en Libye nos mollahs nous la jouent défense des droits de l’homme, voit le prétendu chef du Monde libre faire à nouveau la démonstration de ses capacités inégalées pour les belles paroles et le surplace (ah! ces fameuses sessions, lors des votes sensibles, aux toilettes du Sénat!) …
Comment ne pas repenser, même Courrier international en cite un très court extrait, à ce fameux discours de Harvard que prononça Soljenitsyne en juin 1978 en présence d’un autre monument de médiocrité américaine (un certain président Carter) …
Qui, bien encore tout désemparé par le trop-plein de liberté de ses huit années en Amérique, avait néanmoins perçu ce déclin du courage et, après Tocqueville, cette fréquente tendance des sociétés démocratiques à se choisir des leaders médiocres ?
 

 



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7 réponses à “Diplomatie: Obama sera-t-il le fossoyeur en chef de l’Occident? (From ancient times the decline in courage has been considered the beginning of the end)”

  • 7
    michael:

    Pour expliquer la « timidite » d’Obama sur la question libyenne il semble qu’il ait attendu la confirmation de la sortie du dernier ressortissant US pour s’exprimer sur le sort de Khaddafi . Il semble que l’operation de recuperation a ete plus difficile que prevu vu la dispersion des Americans sur le territoire libyen.

  • 6
    jc durbant:

    A la Louis XV, oui, sur le plan extérieur comme intérieur,c’est exactement ça!

  • 5
    jc durbant:

    Mais puisqu’on vous dit que « les États-Unis ne sont pour rien dans la chute de l’Union soviétique »!

    Voir Wallerstein:

    Pendant que les États-Unis avaient la tête ailleurs, l’Union soviétique s’effondrait. Certes, Ronald Reagan avait qualifié l’Union soviétique d’ »empire du mal », et, dans son emballement, il avait appelé à la destruction du mur de Berlin. Mais en fait, ce n’était que pure rhétorique, et les États-Unis ne sont assurément pour rien dans la chute de l’Union soviétique. À vrai dire, si l’URSS et son empire d’Europe de l’Est se sont effondrés, c’est autant parce que la vieille gauche avait perdu tout appui populaire que parce que Mikhaïl Gorbatchev avait entrepris de sauver son régime en liquidant Yalta et en entreprenant une libéralisation interne (perestroïka et glasnost). Gorbatchev réussit à liquider Yalta, mais pas à sauver l’Union soviétique.

  • 4
    Zoubor:

    Declin de l’Amerique depuis les annees 70?
    Ou plutot annonces du declin qui n’en finissent pas ?

    O surprise! Le mur de Berlin est tombe avant l’Amerique! et les camarades de CCCP aussi!

    Quant a l’UE elle est conquise tous les jours par qlqs milliers de fideles de la RATP qui imposent deja leur diktat!

    Quant a la Chine ah oui personne ne peut sans elle mais personne ne peut avec non plus – jusqu’a quand l’exploitation a outrance des masses proletariennes pourra t elle continuer a ce rythme ? – le marxisme lui meme ds son B-A BA simpliste annonce la chute de cet empire!

    La democratie n’est pas un modele chinois? les memes ont dit qu’il n’etait pas un modele arabe!
    :

  • 3
    James:

    Hitchens rips Obama on Libya: Is our president Swiss?

  • 2
    jc durbant:

    Voir aussi comment Sullivan (du grand art!) réussit à transformer l’actuel « printemps arabe » en validation de la politique d’Obama et notamment de son prêche du Caire!!!

    And so the last remarkable month has been, in some ways, a vindication of neoconservatism’s core insight about the Arab world’s yearning for democracy; and a refutation of neoconservatism’s hubristic notion that another country, especially the US, could impose it.

    Which is really a vindication for Obama, whose own speech in Cairo echoed many of Rice’s themes. Iraq? Notice how the experience in Iraq was used by the Arab world’s tyrants – by Seif Qaddafi as recently as last night – as an example of what happens when Western democracy is installed: chaos, mass murder, and civil war. Tunisia and Egypt managed to cancel out Iraq.
    Andrew Sullivan

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis:

    Il est clair qu’une civilisation qui se sent coupable de tout ce qu’elle est et fait n’aura jamais l’énergie ni la conviction nécessaires pour se défendre elle-même.

    JF Revel

    The United States and Great Britain share a mission in the world beyond the balance of power or the simple pursuit of interest. We seek the advance of freedom and the peace that freedom brings…By advancing freedom in the greater Middle East, we help end a cycle of dictatorship and radicalism that brings millions of people to misery and brings danger to our own people. The stakes in that region could not be higher. If the Middle East remains a place where freedom does not flourish, it will remain a place of stagnation and anger and violence for export. And as we saw in the ruins of two towers, no distance on the map will protect our lives and way of life. If the greater Middle East joins the democratic revolution that has reached much of the world, the lives of millions in that region will be bettered, and a trend of conflict and fear will be ended at its source… We must shake off decades of failed policy in the Middle East. Your nation and mine, in the past, have been willing to make a bargain, to tolerate oppression for the sake of stability. Longstanding ties often led us to overlook the faults of local elites. Yet this bargain did not bring stability or make us safe. It merely bought time, while problems festered and ideologies of violence took hold.

    George W. Bush (Londres, 19.11.03)

    Tant que cette région sera en proie à la tyrannie, au désespoir et à la colère, elle engendrera des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité des Américains et de leur alliés. Nous soutenons les progrès démocratiques pour une raison purement pratique : les démocraties ne soutiennent pas les terroristes et ne menacent pas le monde avec des armes de destruction massive.

    George W. Bush (Congrès, 04.02.04)

    Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

    Aujourd’hui la société occidentale nous révèle qu’il règne une inégalité entre la liberté d’accomplir de bonnes actions et la liberté d’en accomplir de mauvaises. Un homme d’Etat qui veut accomplir quelque chose d’éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n’a aucune chance de s’imposer : d’emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques…

    Il est universellement admis que l’Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d’hommes à l’Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l’accusent de plus être au niveau de maturité requis par l’humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J’espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l’idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d’une telle alternative.

    Mais si l’on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l’Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s’affaiblissent à l’Ouest, tandis qu’à l’Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d’anarchie, comme c’est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c’est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d’oppression, l’âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd’hui par les habitudes d’une société massifiée, forgées par l’invasion révoltante de publicités commerciales, par l’abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable. (…) Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

    Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l’homme individuels reposaient sur la croyance que l’homme est une créature de Dieu. C’est-à-dire que la liberté était accordée à l’individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l’héritage du siècle passé. (…) Toutes les limitations de cette sorte s’émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l’héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L’Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l’homme, mais l’homme a vu complètement s’étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. (…) Nous avions placé trop d’espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l’Est, c’est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde éclaté, c’est que les principaux morceaux en soient atteints d’une maladie analogue.

    Soljenitsyne

    Beaucoup ont vu dans les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak autant de symboles de l’impérialisme mondial de Washington : il fallait en fait y voir les signes d’un surmenage impérialiste. (…) Le monde unipolaire a vécu et un nouvel ordre mondial apparaît déjà. Le président américain – qu’il se nomme Clinton, McCain ou Obama – ne pourra guère contrer son essor. (…) Au mieux, l’ère unipolaire sous hégémonie américaine aura duré tout au long des années 1990, même si ce fut également une décennie à la dérive. (…) Et aujourd’hui, au lieu de dominer le monde, nous nous battons (et nous perdons) face aux autres superpuissances mondiales : l’Union européenne et la Chine. (…) Pour la première fois de notre histoire, nous assistons à une bataille mondiale multipolaire mettant en jeu plusieurs civilisations. (…) Dans le monde entier, Pékin déploie par dizaines de milliers ses ingénieurs, ses travailleurs humanitaires, ses architectes de barrages hydrauliques et ses militaires en mission clandestine. (…) Tous les pays du monde qualifiés d’Etats voyous par Washington jouissent désormais d’un filet de sécurité diplomatique, économique ou stratégique grâce à la Chine. Les trois Grands sont des frères ennemis. La géopolitique du XXIe siècle ressemblera bien au 1984 d’Orwell, si ce n’est qu’au lieu de trois puissances mondiales (l’Océania, l’Eurasia et l’Estasia) nous avons trois zones découpées suivant les longitudes, dominées respectivement par l’Amérique, l’Europe et la Chine. (…) Pour saisir la rapidité du déclin américain, j’ai passé les deux dernières années à voyager dans une quarantaine de pays dans les cinq régions stratégiques de la planète, le « deuxième monde » : ces pays ne font pas partie du premier monde, le noyau de l’économie mondiale, ni de la périphérie qu’est le tiers-monde. Placés aux côtés des trois Grands, ou entre eux, les pays du deuxième monde sont ces Etats sans allégeance qui détermineront laquelle des superpuissances aura la haute main sur la géopolitique de demain. Du Venezuela au Vietnam, du Maroc à la Malaisie, les rapports mondiaux s’organiseront autour de ces trois alliances : la coalition américaine, le consensus européen ou le style consultatif à la chinoise. C’est le marché géopolitique qui décidera du meneur du XXIe siècle. (…) Alors que le moral des Chinois et des Européens s’affermit à chaque expansion de leur zone d’influence, celui des Américains s’étiole. L’UE reste peut-être fidèle aux principes des Nations unies que dominèrent jadis les Etats-Unis. Mais pour combien de temps continuera-t-elle à le faire, alors que ses propres critères sociaux dépassent largement le plus petit dénominateur commun ? Alors que l’Amérique est en train de revenir maladroitement au multilatéralisme, d’autres s’éloignent du jeu américain et jouent selon leurs propres règles.L’universalisme dont se berce l’empire américain – qui veut un monde dominé par un seul et un monde où l’idéologie libérale américaine serait le fondement de l’ordre mondial – en fait paradoxalement une superpuissance de plus en plus isolée. Tout comme il existe un marché géopolitique, il existe un marché des modèles de réussite dans lequel puise le deuxième monde, avec notamment – et ce n’est pas le moindre – le modèle chinois de croissance économique sans libéralisation politique. Ce modèle est en soi un affront à la théorie occidentale de la modernisation. Comme l’observait l’historien Arnold Toynbee il y a cinquante ans, l’impérialisme occidental a fait l’union de la planète, mais cela ne signifie pas que l’Occident soit appelé à dominer éternellement, ni matériellement ni intellectuellement.(…) L’Amérique doit accepter cette réalité et s’y adapter. Maintenir l’empire américain ne peut qu’avoir un prix toujours plus lourd en termes tant humains que financiers. Et l’Histoire nous montre que ce genre d’efforts est voué à l’échec.

    Parag Khanna

    Cette conviction que l’hégémonie américaine touche à sa fin n’est pas née de la vulnérabilité apparue au reste du monde le 11 septembre 2001. En fait, on assiste à un affaiblissement progressif des États-Unis en tant que puissance planétaire depuis les années 70, et la riposte américaine aux attentats terroristes n’a fait qu’accélérer cette tendance. Pour comprendre pourquoi la Pax americana est sur le déclin, il faut se pencher sur la géopolitique du XXe siècle, et plus particulièrement de ces trente dernières années. On aboutit à une conclusion aussi limpide qu’indéniable : les facteurs économiques, politiques et militaires qui ont contribué à l’hégémonie de l’Amérique sont ceux-là même qui provoqueront inexorablement son déclin prochain.

    Au cours de la prochaine décennie, deux possibilités s’offrent à l’Amérique : soit elle emprunte la voie des faucons, avec des conséquences négatives pour tous, mais surtout pour elle. Soit elle comprend que cette attitude est par trop néfaste. Les choix du président Bush paraissent extrêmement limités, et les États-Unis vont probablement continuer à décliner en tant que force motrice de la politique internationale. La véritable question n’est pas de savoir si la superpuissance américaine est en déclin, mais plutôt de voir si les États-Unis peuvent trouver un moyen de chuter dignement, sans trop de dommages pour la planète et pour eux-mêmes.

    Immanuel Wallerstein (2002)