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Education: C’est l’immigration non choisie, imbécile ! (It’s the non-selective immigration, stupid !)

Posté le vendredi 31 décembre 2010 par Admini

A  l’heure où, entre un énième appel à la suppression des notes, dénonciation de l’élitisme républicain ou fumisterie sur nos chères têtes blondes qui lisent beaucoup, un nouveau rapport de l’OCDE épingle la France pour son école injuste et félicite à nouveau la Corée et la Finlande pour leurs premières places …

Et six ans après un autre rapport qui avait le mérite d’expliciter ces mauvais résultats français en  dénonçant ces pays de l’OCDE qui servent mal les enfants issus de l’immigration …

Comment ne pas se poser la question de la part de l’immigration justement dans ces médiocres résultats ?

Et, contre les dénégations de nos Baudelot-Establet nationaux, ne pas être frappé de cette évidence ?

N’est-ce pas les pays les plus ethniquement homogènes (Corée, Japon, Finlande) ou les pays à immigration délibérément choisie (Canada, Australie, Nouvelle Zélande) qui ont les meilleurs résultats et les plus faibles écarts entre leurs élèves autochtones et allochtones ?

Laissant alors en bonne logique les pays ayant à la fois le plus d’immigrés et, par refus de la sélection, les moins diplômés et qualifiés les moins bonnes places ?



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5 réponses à “Education: C’est l’immigration non choisie, imbécile ! (It’s the non-selective immigration, stupid !)”

  • 5
    jc durbant:

    « Contrairement à ce que l’on croit a priori, les migrants maliens qui arrivent [en Europe] sont souvent issus des classes moyennes ou supérieures de leur pays. (…) pour quitter l’Afrique, il faut désormais bénéficier d’un certain niveau de capital économique, social et intellectuel » et « le taux de diplômés du supérieur est bien moindre sur le continent africain qu’en France ».

    Mathieu Ichou (INED)

    En France, le migrant reste, souvent, perçu comme un pauvre hère débarqué en haillons. Cette mythologie s’éloigne pourtant de plus en plus de la sociologie réelle de l’exilé. Même assignés au maniement du balai ou à un poste de vigile, les migrants installés dans l’Hexagone ont souvent des diplômes en poche. C’est ce que relève Mathieu Ichou, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), dans un travail intitulé « Le niveau d’instruction des immigrés : varié et souvent plus élevé que dans les pays d’origine », publié, mardi 14 février, dans le dernier numéro de Population et Sociétés.

    Le démographe relève que certains groupes sont plus diplômés que la population française en général. Ainsi, 37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, comme 43 % des Chinois, 35 % des Vietnamiens ou 32 % des Polonais, alors que « seulement » 27 % de la population générale adulte de France dispose d’un grade universitaire. Un taux d’ailleurs identique à celui des diplômés de l’université au sein de la population sénégalaise de France… Quelques autres diasporas sont en revanche en dessous de ce taux, comme les Tunisiens, dont 21 % ont au moins une licence, ou les Marocains (19 %) et les Algériens (18 %).

    Cette analyse des différentes diasporas présentes en France à laquelle Mathieu Ichou se livre est confortée par les travaux menés sur les vagues d’arrivées plus récentes observées par la démographe Anne Goujon, de l’Institut de démographie de Vienne. Cette dernière s’est penchée sur les réfugiés entrés en Autriche au début de 2015. Elle a ainsi mesuré que 27 % de Syriens arrivés dans ce pays sont diplômés du supérieur, contre 10 % de ceux qui sont restés en Syrie.

    On retrouve aussi ce différentiel pour les Afghans, dont 11 % de ceux qui ont rejoint l’Autriche sont diplômés de l’université, contre un taux global de 3 % de détenteurs d’un parchemin du supérieur dans ce pays.

    De quoi mesurer en creux que les pays d’accueil sont bien loin de recevoir « toute la misère du monde » lorsqu’ils octroient un titre de séjour, que celui-ci soit accordé à un réfugié ou à un migrant dit « économique ». « La plupart des discours sur les migrations ne sont pas de l’ordre du rationnel mais de l’idéologique », note à ce propos Mathieu Ichou.

    Dans ses travaux, le démographe s’est toutefois attardé sur un autre groupe de migrants : celui des « très peu diplômés », qui existe aussi, même s’il est sans doute en train de s’estomper, eu égard aux difficultés croissantes de la migration.

    Le chercheur montre qu’au sein des diasporas présentes en France, un groupe d’exilés comprenant des populations qui n’ont pas terminé leur enseignement primaire a réussi le voyage vers l’Europe.

    Au sein de la population générale française, ce groupe existe à peine, représentant 1 % des Français dans leur ensemble, mais il s’élève à 19 % chez les immigrés marocains, à 17 % chez les Sénégalais et 15 % chez les Turcs.

    La jonction des surdiplômés et des sous-diplômés montre, comme le rappelle Mathieu Ichou, que « les flux migratoires se sont largement diversifiés au fil des décennies ». Ce qui permet certainement d’expliquer que le rêve « politique » d’une immigration choisie soit un des seuls points communs entre les différentes approches du sujet par les candidats à l’élection présidentielle.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/02/15/certains-groupes-d-immigres-sont-plus-diplomes-que-la-population-francaise-en-general_5079750_3224.html

  • 4
    James:

    Pour qu’en un tel pays et avec un tel passé, le barrage tenant au refus d’un certain type d’extrémisme ait été franchi, il faut que la gravité des situations nationale et internationale ait été si accablante que, la coupe paraissant pleine, l’intimidation éthique et historique n’ait plus eu d’effet.

    (…)

    L’extrême droite en France et en Allemagne, l’absence de détestation des structures autoritaires comme en Hongrie renvoient à des motivations qui imposent de douloureuses prises de conscience. C’est parce qu’il n’y a plus de modèles mais au pire des impuissances, au mieux des bonnes volontés dépassées que le pire politique s’avance et n’est plus très loin du pavois. Il ne représente pas la transgression de nos vertus publiques et de notre excellence mais au contraire la rançon de notre défaite et de nos impérities. L’extrémité est le fruit pervers d’une droite sans plénitude, sans allure, sans volonté et sans courage.

  • 3
    jc durbant:

    La Suède aussi ?

    Qualifié autrefois de modèle du genre, à l’instar de son voisin finlandais, le système d’éducation en Suède marque dangereusement le pas ces dernières années, comme le révèle le ministère de l’éducation ce lundi. Ainsi, selon un rapport intitulé « L’importance de l’immigration pour les résultats scolaires », l’Agence de l’éducation a calculé que « jusqu’à 85% » de ce phénomène était dû à « la hausse de la part d’élèves arrivés dans le pays après l’âge de scolarisation et le fait que ce groupe d’élèves a vu ses résultats se dégrader par rapport aux autres ».

    Non seulement de plus en plus d’élèves sont d’origine étrangère – c’est-à-dire qu’ils sont soit nés à l’étranger ou que leurs deux parents le soient (10% en 2006, 14% en 2015) -, mais en plus ils étaient de plus en plus en souvent en échec scolaire (37% en 2006, 50% en 2015).

    « Ceux qui ont immigré après l’âge où on commence d’ordinaire à aller à l’école viennent par ailleurs en plus grande proportion de pays au système scolaire défaillant », a estimé la directrice de l’Agence de l’éducation, Anna Ekström.

    La vague inédite de demandeurs d’asile arrivés depuis 2014 devrait accentuer cette tendance, dans un pays qui peine à recruter des enseignants et à contrer l’accroissement des inégalités au sein du système scolaire.

    http://www.valeursactuelles.com/monde/suede-la-baisse-du-niveau-scolaire-imputable-a-limmigration-60091 (merci james)

  • 2
    jc durbant:

    Voir aussi:

    •lorsque les migrants modifient le niveau de qualification moyen de la force de travail, ceci influe sur les primes de qualification. Ainsi, l’immigration non qualifiée contribue à augmenter les inégalités salariales entre travailleurs diplômés et non diplômés, ou à augmenter le taux de chômage des non-qualifiés (…) Dans le cas des États-Unis, Borjas et al. (1997) ont estimé qu’un tiers de l’augmentation des inégalités salariales depuis 1970 est attribuable à la faiblesse relative de la qualification des immigrants ;

    •s’ils sont plus jeunes, en âge de payer impôts et cotisations sociales, les migrants contribuent à augmenter les recettes publiques. Toutefois, ils bénéficient aussi de transferts sociaux, pour eux-mêmes ou leur famille. Ces transferts sont d’autant plus importants que leur qualification est faible ou que leur intégration sur le marché du travail et plus généralement à la société du pays d’accueil est difficile ;

    •enfin, s’ils obtiennent le droit de vote, les migrants peuvent modifier les équilibres politiques et entraîner des choix plus éloignés des préférences des natifs.

    (…)

    Plusieurs nations se sont déjà engagées dans un processus de sélection accrue des immigrés. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande mènent depuis longtemps des politiques d’immigration sélectives fondées sur des systèmes par points donnant la priorité aux diplômes élevés. Les États-Unis délivrent un nombre croissant de visas sélectifs (principalement les visas H1B) qui drainent quelque 200 000 travailleurs qualifiés par an.

    (…)

    Le bilan avec les grandes nations d’immigration (États-Unis, Canada et Australie) est largement déficitaire. Par rapport à ces trois nations, la perte nette pour l’UE15 est évaluée à 2,4 millions de personnes qualifiées en 2000. Les États-Unis contribuent pour 49 % à cette perte et le Canada pour 31 %. Les deux pays les plus touchés sont l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le solde global avec les autres pays est largement positif, avec au total 2,7 millions d’entrées d’immigrés qualifiés en provenance du reste du monde (hors États-Unis, Canada, et Australie) contre seulement 420 000 sorties vers le reste de l’OCDE

    (…)

    Au total, une perte nette de 150 000 diplômés supérieurs est observée en 2000 pour l’UE dans son ensemble, soit 0,1 % de sa population âgée de 25 ans et plus. Dans ce processus d’échange, les principaux gagnants sont la Suède (1,5 %), le Luxembourg (1,2 %), la France (0,6 %) ou la Belgique (0,5 %). Les perdants nets sont l’Irlande (–3,1 %), la Grèce (–1,1 %), le Portugal et le Royaume-Uni (–0,7 %).

    En résumé, si l’Europe enregistre une large perte nette de capital humain dans ses échanges avec les grandes nations d’immigration (États-Unis, Canada et Australie), elle compense ce déficit en attirant suffisamment de diplômés en provenance des pays en développement et, dans une moindre mesure, des autres pays de l’OCDE. Toutefois, la substitution de qualifiés natifs par des qualifiés immigrés n’est probablement pas neutre. L’immigration pose des problèmes complexes d’intégration, d’assimilation, de comparabilité des diplômes et de « transférabilité » des compétences acquises dans les pays d’origine. Une étude récente menée au Canada montre qu’à diplôme donné, les immigrants ont un niveau de compétence et d’alphabétisation moins élevé que les natifs (Coulombe et Tremblay, 2006). Pour chaque pays d’origine, les auteurs ont calculé un écart « compétence-scolarité » mesurant le supplément d’années de scolarité nécessaire aux diplômés étrangers pour atteindre le niveau de compétence des natifs. L’écart de compétence moyen par rapport aux natifs correspond à 3 années de scolarité (2,1 années pour les immigrants dont la langue maternelle est celle du pays receveur). Cet écart varie considérablement selon les pays : une corrélation négative très forte est observée entre l’écart « compétence-scolarité » et le revenu par habitant du pays d’origine. Il est hasardeux de généraliser cette étude au cas européen. Toutefois, il est plus que probable que le bilan qualitatif des échanges européens soit largement plus déficitaire que ce que le bilan purement quantitatif présenté ci-dessus peut laisser supposer. En tout état de cause, le bilan négatif européen contraste fortement avec le bilan positif des États-Unis, du Canada ou de l’Australie.

    (…)

    Cet exode des cerveaux pour les qualifications très élevées et/ou dans des secteurs de pointe met en péril les performances européennes en matière de recherche et développement dans des secteurs clés tels que la biotechnologie, la recherche médicale, la chimie, la nanotechnologie, les technologies de l’information et des communications. Tout cela conditionne fortement la position européenne sur l’échiquier mondial. Plusieurs causes expliquent cet exode des élites : meilleures possibilités d’embauche, perspectives de salaires plus élevés, environnement scientifique stimulant, moyens plus importants accordés aux chercheurs, etc. Ce dernier élément est important dans la mesure où la recherche dans les secteurs de pointe nécessite un appareillage coûteux. Il est donc impossible de dissocier l’exode des chercheurs européens de la politique générale de R&D européenne. Cause et conséquence de cet exode des chercheurs, le retard européen en matière d’investissements et de performance du secteur de la R&D est devenu béant. En termes relatifs, le budget total consacré à la recherche et développement au sein de l’Union européenne (UE15) reste de loin inférieur au budget observé aux États-Unis ou au Japon. Bien que masquant des disparités importantes entre pays, les dépenses européennes de R&D en pourcentage du PIB s’élevaient en Europe à 1,93 % en 2000, contre 2,69 % aux États-Unis et 2,98 % au Japon. Ce déficit s’est creusé au cours du temps. En 1991, l’UE investissait 164 milliards d’euros (en parité de pouvoir d’achat), soit 46 milliards de moins que les États-Unis. Entre 1991 et 2000, les dépenses de R&D ont progressé de 38 % aux États-Unis, de 20 % au Japon contre 19 % au sein de l’UE15. Au total, le déficit d’investissement en R&D de l’UE15 s’est amplifié de façon continue à partir de 1995 ; il a quasiment doublé en l’espace d’une décennie, comme le montre la figure 1.

    (…)

    L’analyse révèle que les principaux déterminants des choix de localisation des migrants sont la distance entre pays de départ et de destination, les liens coloniaux et linguistiques, ainsi que les caractéristiques des pays d’accueil : le PIB par habitant, le taux de chômage, la taille démographique et la générosité de la protection sociale. Les migrants qualifiés sont plus sensibles aux distances géographiques et aux perspectives de revenu (PIB par habitant). Les non-qualifiés sont plus sensibles aux liens coloniaux et aux programmes sociaux.

    (…)

    Étant donné nos liens historiques privilégiés avec les pays très pauvres, la faiblesse des primes de qualification en Europe, et le caractère redistributif de notre fiscalité et de notre protection sociale, qu’est-ce qui peut bien inciter les individus hautement qualifiés à choisir l’Europe comme destination ? Le bilan mitigé de la politique de green cards allemande nous montre à quel point il est difficile de rivaliser avec d’autres nations plus compétitives sur le « marché » international des talents. A contrario, étant donné les liens historiques, linguistiques, géographiques, la générosité de la protection sociale et la taille des réseaux déjà installés, les candidats à la migration en provenance des pays les plus pauvres (et donc moins dotés en qualification) ont des incitations fortes à rechercher les moyens légaux ou illégaux de rallier le vieux continent.

    Frédéric Docquier et Hillel Rapoport

  • 1
    jc durbant:

    Morceaux choisis :

    L’école gagnerait à s’appuyer sur une autre logique que celle de la compétition. (…) D’autres modèles éducatifs ont prouvé leur efficacité. En Finlande – pays en tête des classements internationaux en matière d’éducation –, les élèves sont évalués pour la première fois à 9 ans de façon non chiffrée et commencent à être notés seulement à partir de 11 ans. (…) Nous appelons à supprimer la notation à l’école élémentaire, qui doit devenir l’école de la coopération et non de la compétition.

    Appel à la suppression des notes en primaire

    Comme lors de la précédente enquête de 2006, la France se situe dans la moyenne de l’OCDE pour les trois compétences étudiées (21ème en compréhension de l’écrit, 22ème en mathématiques et 27ème en sciences), loin derrière la tête du classement 2009 composée de Shanghai, la Corée du Sud et la Finlande.

    L’Express

    La Corée et la Finlande sont les pays les plus performants de l’OCDE : leur score moyen s’établit à 539 et 536 points respectivement. (…) Les pays ou économies les plus performants en compréhension de l’écrit sont Hong-Kong (Chine) (score moyen de 533 points), Singapour (526 points), le Canada (524 points), la Nouvelle-Zélande (521 points), le Japon (520 points) et l’Australie (515 points). Les Pays-Bas (508 points), la Belgique (506 points), la Norvège (503 points), l’Estonie (501 points), la Suisse (501 points), la Pologne (500 points), l’Islande (500 points) et le Liechtenstein (499 points) affichent également des scores supérieurs à la moyenne de l’OCDE (493 points). Les États-Unis, la Suède, l’Allemagne, l’Irlande, la France, le Danemark, le Royaume-Uni, la Hongrie, le Portugal et, dans les pays et économies partenaires, le Taipei chinois, ont obtenu des scores proches de la moyenne de l’OCDE. (…) . Parmi les pays de l’OCDE, l’écart entre le pays le plus performant et le pays le moins performant s’établit donc à 114 points, soit l’équivalent de plus de 2 années d’études.
    Le taux d’immigration ne joue aucun rôle dans le résultat global d’un pays, dans son taux d’échec scolaire, dans la quantité de ses élites et dans l’écart entre les immigrés et les autres ». En outre « dans tous les pays les élèves issus de l’immigration obtiennent toujours des résultats plus faibles que les autochtones. Mais les performances des uns et des autres sont fortement corrélées : meilleure est, dans un pays donné, la réussite des autochtones, meilleure est aussi la réussite des immigrés ». Deux enseignements importants : (1) il existe une marginalisation globale des immigrés dans l’ensemble des systèmes scolaires de l’OCDE et (2) les systèmes qui font mieux que les autres pour minimiser cette marginalisation ont un plus grand volume d’élites et un meilleur niveau d’ensemble. L’effort à fournir pour améliorer le niveau des immigrés n’est pas simplement une question de justice : l’efficacité d’ensemble du système en dépend.

    Baudelot et Establet
















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