Posté le Mercredi 8 septembre 2010 par jc durbant
A chacun sa reecriture de l’histoire!
Apres le retour en force de la bonne conscience anticoloniale de Cannes qui nous avait valu deux films sur l’Algérie …
Et ou, apres avoir précedemment liberé la France a eux tout seuls et faisant l’impasse sur les massacres d’Europeens ayant provoqué la repression comme en en concentrant les deux mois sur une seule journée, les Indigenes de Rachid Boucharef nous reecrivaient Setif …
Retour, en cette nouvelle rentrée cinematographique, sur les moines de Xavier Beauvois (Des hommes et des dieux, Grand prix du festival, sorti justement aujourd’hui) qui, évitant habilement la polemique, avaient eux enchante critiques comme jury en enrobant dans la plus haute spiritualite leur reecriture de l’histoire …
Reduisant commodement a un hymne à la spiritualité et a l’harmonie entre les peuples et les religions (ah le bonheur indicible de montrer des moines trappistes lisant le Saint Coran tout comme la Bible !) le tristement fameux et controversé massacre des moines francais de Tibehirine.
Passant ainsi a la trappe, comme le rappelle le témoignage de militaires algeriens repris notamment dans le livre de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire (Françalgerie : crimes et mensonges d’Etats, 2004), non seulement la tres probable implication des services secrets algeriens soucieux de se debarrasser, en les forcant a quitter l’Algerie, de temoins derangeants (dans un vrai-faux enlevement via des groupes terroristes infiltres qui aurait mal tourné ?).
Mais surtout la nature eminemment politique du choix de ces moines qui, contre l’avis de leur autorites ecclesiastiques et du gouvernement francais, acceptent implicitement de soigner des terroristes qui viennent par ailleurs d’égorger a quelques kilometres de leur monastere 12 ouvriers croates (chretiens) …
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27 réponses à “Cinéma: Après les Indigènes de Bouchared, les moines de Beauvois réécrivent l’histoire (Historical revisionism gets religion)”
15 sept 10 à 04:16
@ mentape
je ne sais pas ce qu’il vous faut comme argument « rationnel ».
Pour schématiser la pensée magique, disons qu’elle ne fait pas appel aux concepts même du « vrai » et du « faux ».
On ne peut jamais prouver que la magie n’est pas « vraie », puisque ce concept lui est étranger.
exemples concrets:
Le statut du « magicien » dans les sociétés traditionnelles ( et la nôtre aussi ne ne nous y trompons pas) est celui d’un « medium », d’un individu doté d’un certain pouvoir, ce pouvoir consistant, au final, à avoir « quatre yeux » là où l’homme ordinaire n’en possède que deux.
La paire d’yeux supplémentaire permet précisément au magicien de « voir » le monde « invisible » aux yeux de l’homme ordinaire.
ce mon de « invisible » est peuplé de « forces » ( esprits, démons, ou forces mal définies) qui agissent directement sur le monde réel; de façon tout à fait causale, mais sans tenir aucun compte de la validité empirique, expérimentale , impersonnelle, qui régit la pensée « rationnelle » et sa croyance ( car c’en est une) en l’existence du « vrai » et du « faux » ( Aristote et consorts..)
Le magicien, au courant de ce qui se passe dans le monde « invisible » est en mesure, le cas échéant, d’agir sur certaines de forces qui le peuplent, donc d’agir sur la réalité via certaines techniques.
Quand ça ne marche pas, celà ne remet nullement en cause la validité ou l’existence du monde « invisible », non plus que celle des techniques magiques; c’est simplement que le magicien a mal vu, ou a été partiellement aveuglé par des forces contraires ( éventuellement manipulées par un magicien concurrent ou adversaire): la pensées magico religieuse est une lecture directe du monde, un système clos qui, de par son fonctionnemment, ne peut jamais être remis en cause( l’existence même de critères du vrai et du faux lui est étranger), et fournit une vision complète du monde.
Ceci explique, entre autres, pourquoi le christianisme n’ est pas profondément implanté en afrique, non plus d’ailleurs que le rationnalisme.
En effet, les administrateurs « rationnalistes » comme les missionnaires chrétiens se sont placés précisément, et en concurrence entre eux, sur le terrain de ce qui est « vrai » ( la science, la « vraie » religion), et ne peuvent que tomber, pour cette raison, sur un « bec » pratiquement total dans le système magique,
exemple: lorsque des missionnaires chrétiens envahissaient un « bois sacré », y séjournaient, et qu’au final n’étaient pas frappés de mort par la colère des esprits, nombre d’indigènes se sont convertis, mais à quoi? Simplement au fait que « le missionnaire blanc » était un meilleur « magicien » que le magicien traditionnel, que sa vue du monde invisible était plus acére, que ses techniques de manipulation des forces présentes dans ce monde invisible étaient plus perfectionnées.
J’espère vous avoir donné quelques éléments « rationnels » suffisamment explicatifs.
Sinon, vous pouvez vous diriger directement vers les neurosciences ( hyperactivation des lobes temporaux, déafférentation asynchrone des lobes pariétaux etc…) mais c’est moins drôle…
15 sept 10 à 02:45
@Notre pote le cynique et Jesus Chrsit Durbant
La pensee magique….On dirait que vous n’avez que ce mot la a la bouche. Auriez-vous un argument rationnel? Merci d’ avance.
15 sept 10 à 02:05
« Ou allons-nous si meme Valeurs actuelles s’y met et se vautre dans la bondieuserie et le masochisme le plus abject? »
……la pensée magique et le mysticisme des « élites », tout simplement
Il est possible que, contraierement ou complémentairement à l’énoncé de Marx, la pensée magico religieuse soit devenue
« l’opium des élites «
14 sept 10 à 19:25
Au secours!
Ou allons-nous si meme Valeurs actuelles s’y met et se vautre dans la bondieuserie et le masochisme le plus abject?
Surtout, comme le rappelle notre ami Lucien, quand on sait que cette pretendue « terre d’islam » etait chretienne depuis au moins 6 siecles quand elle a ete sauvagement soumise aux sabres d’Allah …
le film est aussi fidèle à un certain irénisme des moines vis-à-vis de l’islam. Et ce n’est pas sans une certaine gêne, sachant leur destin final, qu’on les voit s’associer à la prière d’un imam qui psalmodie : « Tu es notre maître, accorde-nous donc la victoire sur les peuples infidèles. Mais cela est de peu de poids par rapport au formidable témoignage du pardon accordé par avance par le père de Chergé à son futur bourreau, de la force de la prière qui doit prévaloir sur le fracas des armes (l’incroyable scène où les moines, enlacés comme en une cordée spirituelle, couvrent de leur chant le vrombissement menaçant d’un hélicoptère qui cercle au-dessus du monastère), du sacrifice consenti par fidélité.
14 sept 10 à 04:35
Deuxième réponse, toujours modérée, serait-il possible de la libérer, merci.
14 sept 10 à 04:33
> Je ne suis pas un historien mais vous seriez-vous? (sic)
Oui, mais pas médiéviste. Et j’ai tendance à faire plus confiance à un spécialiste comme Rémy Brague qu’à un rigolo comme vous.
14 sept 10 à 02:41
@mentape 18
Camarade; sachez que seuls les vrais athées comprennent profondément le sens des religions( beaucoup ne sont que des faux, qui vénèrent des idoles
une petite citation de Le Bon:
« Aussi est-ce une bien inutile banalité de répéter qu’il faut une religion aux foules. Les croyances politiques, divines et sociales ne s’établissent chez elles qu’a la condition de revêtir toujours la forme religieuse, qui les met à l’abri de la discussion. L’athéisme, s’il était possible de le faire accepter aux foules, aurait toute l’ardeur intolérante d’un sentiment religieux, et, dans ses formes extérieures, deviendrait rapidement un culte. L’évolution de la petite secte positiviste nous en fournit une preuve curieuse. Elle ressemble a ce nihiliste, dont le profond Dostoiewsky nous rapporte l’histoire. Éclairé un jour par les lumières de la raison, il brisa les images des divinités et des saints qui ornaient l’autel de sa petite chapelle, éteignit les cierges, et, sans perdre un instant, remplaça les images détruites par les ouvrages de quelques philosophes athées, puis ralluma pieusement les cierges. L’objet de ses croyances religieuses s’était transformé, mais ses sentiments religieux, peut-on dire vraiment qu’ils avaient changé ? »
Il ya déjà longtemos, d »ailleurs que je me suis colleté Ibn Rushd, Maimonide et d’Aquin, même si mes préférences vont à ces « païens » surdoués que furent les grecs…encore eux.
Celà dit, à choisir, moi je vous laisse toute la bible et le coran contre Sophocole, Euclide, Archimède, at Aristophane
13 sept 10 à 14:55
Réponse en modération.
13 sept 10 à 14:34
Je ne suis pas un historien mais vous seriez-vous?
Oui, mais pas médiéviste. Et j’ai tendance à faire plus confiance à un spécialiste comme Rémy Brague qu’à un rigolo comme vous.
13 sept 10 à 10:44
@Notre pote le cynique
Du temps de l’âge d’or de la scholastique médiévale ni islam ni le judaïsme n’ont été
imperméables à la philosophie grecque (sauf dans votre imaginaire….Un fantasme athée sans doute?). En Andalousie , Aristote, était considéré comme étant Le philosophe de référence. Dans le monde musulman c’était un peu moins flagrant : Platon y tenait une place non négligeable.
13 sept 10 à 10:35
@Letel
Je ne suis pas un historien mais vous seriez-vous?
PS: ma référence c’est le Pr A. Libera. Pour Rambam (je ne doute pas que vous connaissez mieux que moi l’acronyme) mes références sont soit S. Pinès ou L. Strauss.
13 sept 10 à 08:29
marrant quand même!
Comme le rappelle mentape:
sans Aristote, pas d’averoes, ni de thomas d’aquin, ni de maimonide
M..alors; la pensée occidentale, juive, mahométane auraient t’elles au moins une grosse, grosse, racine grecque?
13 sept 10 à 03:21
Bravo, je vois que vous êtes un historien spécialisé dans la période… Comme « éléments probants », c’est très convaincant !
13 sept 10 à 03:04
« Gouguenheim ne dit d’ailleurs pas que les Arabes ne nous ont rien apporté, il dit qu’ils nous ont apporté moins que ce que l’on croit. »
C’est franchement marrant.
13 sept 10 à 03:03
Il ya une différence fondamentale entre simplement recopier et transmettre tout en rendant les textes compréhensibles. C’est toute la différence (et pas des moindres) entre Averroès et les copistes du mot St Michel. Sans lui les textes d’Aristote auraient été incompréhensibles aux érudits de l’époque. Il y a consacré plus de vingt années de sa vie. Les commentaires Averroès étaient enseignés dans les plus grandes universités en Europe. Averroès et en particulier l’ averroïsme étaient les principaux adversaires de Thomas d’Aquin et autres et non Maimonide qu’il considérait comme un maître.
13 sept 10 à 02:30
Cette phrase de RB, citée par JCD résume assez bien le cas SG :
« Gouguenheim ne dit d’ailleurs pas que les Arabes ne nous ont rien apporté, il dit qu’ils nous ont apporté moins que ce que l’on croit. »
13 sept 10 à 02:29
http://politis-philippe.blogspot.com/2008/07/le-crime-de-sylvain-gouguenheim.html
13 sept 10 à 02:28
Et aussi :
http://www.annuel-idees.fr/La-croisade-universitaire-anti.html
13 sept 10 à 02:28
> il a été démontré et bien expliqué qu’il s’était trompé.
Non. C’est une affirmation gratuite, il vous faut apporter des éléments plus probants. Il ne s’est pas trompé, il est juste allé à l’encontre du consensus politiquement correct. Voir l’article de Rémy Brague dans Commentaire : « Grec, arabe, européen. À propos d’une polémique récente », vol. 31, n° 124.
13 sept 10 à 02:14
Rémy Brague , Anne-Marie Delcambre s’expriment-ils en tant que catholiques pratiquants ou bien en tant que philosophe et silamologue (respectivement)? Il y a mélange des genres. En ce qui concerne Gouguenheim, il a été démontré et bien expliqué qu’il s’était trompé.
12 sept 10 à 19:03
C’est l’aspect spirituel qui compte dans ce film. Que des moines qui vivaient en Algérie se demandent ce qu’il y a dans le Coran n’est pas surprenant …
Mais qu’apres tout ce temps ils n’aient pas compris qu’il n’y avait pas de dialogue possible avec une religion qui ramene toutes les autres au rang d’impies ou de dhimmis me le semble encore plus …
Voir:
Un dialogue qui veut dire s’entendre sur des formules chèvre-chou où les deux côtés prennent les mêmes mots dans des sens opposés, n’a pas d’avenir. (…) Si dialoguer signifie négocier pour qu’on vous tolère une place pas trop mauvaise, c’est-à-dire pour qu’on vous laisse disparaître en douceur, alors ce sont les chrétiens qui n’ont pas d’avenir.
Rémy Brague
Il y a même un hadith qui dit ceci: tout enfant nait muslman, ce sont ses parents qui en font un juif ou un chrétien.
Anne-Marie Delcambre
L’Islam se concevant lui même comme un post-christianisme le dialogue théologique est problématique, voir impossible. La Torah et l’Evangile sont pour eux des livres virtuels: ce ne sont pas ceux que nous lisons et qui auraient été trafiqués. Ils utilisent des notions qui nous sont familières, Jésus ou l’Evangile, mais qui n’ont pas le même sens. (…) Pour le musulman le christianisme est plutôt une religion dépassée qui suscite tantôt le mépris sympathique que l’on a envers un vieil oncle un peu gâteux, tantôt quelque chose de plus acide: mais rarement la curiosité.
C’est à l’intérieur même du Coran que cela se passe, ou l’on peut y trouver une infinité d’éléments d’origine biblique remaniés. Or le dogme en islam c’est que la Coran n’a pas d’autre origine que Dieu. Il ne peut être l’expression d’un héritage. L’islam se pense sur le modèle du don qui englobe l’avenir. D’où des aspects caricaturaux. A chaque fois que la science découvre quelque chose, un livre paru au Caire ou à Beyrouth explique que la biologie moléculaire était déjà dans le Coran…
De fait il ne peut y avoir de rencontre avec l’autre que si nous savons qui nous sommes. Or qui sommes-nous nous que ne sommes même pas capables d »assumer les racines chrétiennes de l’Europe? Croire comme certains que c’est en disant que nous ne sommes plus chrétiens du tout que nous allons gagner la sympathie des fondamentalistes est une sottise.
Gouguenheim ne dit d’ailleurs pas que les Arabes ne nous ont rien apporté, il dit qu’ils nous ont apporté moins que ce que l’on croit. Il s’est mis en colère contre cette idée qui tient le haut du pavé d’un certain milieu médiatique selon laquelle nous « devons tout » aux Arabes. Cela va jusqu’à des légendes invraisemblables. Par exemple: le roi du Maroc a lors d’un discours au festival de musique sacrée de Fez affirmé que le pape Sylvestre II avait, au Xe siècle, appris les mathématiques à l’université de Fez! Rependue dans les guides touristiques et sur Internet cette affirmation est fausse.
Rémy Brague
12 sept 10 à 11:35
Et demandez à james ce qu’il pense de la perspective que les algériens ont laissés aux marocains en armant contre eux le front polisario et perpétuant ainsi la guerre civile au Maroc.
12 sept 10 à 11:33
« quelle autre perspective leur a-t-on laissée? »
Si « on » désigne les français, je vois pas pourquoi on aurait eu à leur laisser une quelconque perspective. Vu qu’ils ont voulu être indépendants, ils se font leurs perspective tout seuls, comme des grands, et ils font pas chier les autres.
12 sept 10 à 10:54
Ne me dites Gégé que vous etes un nostalgique du temps des colonies Gégé? Les clichés soit mais là ca devient caricatural. Les militaires dirigent l’Agérie et il vaut mieux ne pas les contrarier. ceci dit, quelle autre perspective leur a-t-on laissée?
12 sept 10 à 10:46
@Jésus-Christ Durbant.
C’est l’aspect spirituel qui compte dans ce film. Que des moines qui vivaient en Algérie se demandent ce qu’il y a dans le Coran n’est pas surprenant. On dirait que cela dépasse votre entendement.
12 sept 10 à 03:53
L’indépendance algérienne a fait plus de morts, de blessés et d’orphelins à elle seule que toute la « guerre d’Algérie » de 1954 à 1962 !
Cherchez l’erreur !
¤ Pourquoi des millions d’Algériens émigrent-ils ? …… si on est si bien dans ce beau pays, gouverné par les « héros incorruptibles » du FLN !
¤ Pourquoi les Algériens s’empressent-ils de « rentrer en France » (*) à l’approche du ramadan ?
¤ Pourquoi avoir été très largement exportatrice de produits agricoles (blé, oranges, dattes, etc) jusqu’en 1962, l’Algérie actuelle recourt-elle aux revenus du pétrole … (dont elle ne disposait pas à l’époque) … pour compenser partiellement ses déficits alimentaires et manufacturiers ?
¤ Pourquoi, au lieu de financer la construction de mosquées à l’extérieur de ses frontières, l’Algérie ne finance-t-elle pas sa propre industrialisation ?
Celle ou celui qui saura répondre à ces quatre questions aura compris pourquoi les Algériens se rabattent sur le transfert de culpabilité pour ne pas extirper leurs propres pustules du corps social resté outre méditerranée. Leur passivité, leur fatalisme et leur mauvaise foi, laissent augurer d’autres « grandes œuvres » comme ‘’Indigènes‘’ et l’histoire aseptisée des moines de Tibehirine.
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(*) Expression qui mériterait toute une étude.
12 sept 10 à 02:56
Merci jc durbant pour cette « critique » ouverture. La phrase du film « on n’est pas venu ici pour soutenir un régime corrompu » prend d’autant plus de relief et met l’accès sur l’aspect très politique de leur décision. Ce qui permet de comprendre plus de choses.





