Posté le Dimanche 25 juillet 2010 par sil
« Sortir de l’euro ? Le rapport qui fait peur », par Romain Gubert, pour Le Point.
Nous sommes en janvier 2012. La zone euro a explosé et la monnaie unique est un échec. C’est une note de 30 pages. Elle contient des centaines de chiffres. Son auteur, Mark Cliffe, est l’économiste en chef d’ING, banque néerlandaise. Sous le titre Quantifier l’impensable, le chercheur a tenté de mesurer, pour les clients de sa banque, l’impact économique de deux scénarios évoqués par certains au plus fort de la crise grecque.
1/ La sortie de la Grèce de la zone euro.
2/ L’éclatement pur et simple de la zone euro.
L’économiste ne se prononce pas sur la probabilité de ces deux hypothèses (ni sur ses convictions personnelles vis-à-vis de la monnaie unique), mais, puisque le débat est sur la table et que certains l’évoquent ouvertement, « quelqu’un doit faire le sale boulot », dit-il ironiquement. Il a donc mesuré aussi scientifiquement que possible l’impact des deux scénarios, en faisant tourner ses logiciels.
Des monnaies dévaluées
Et le constat de Mark Cliffe est édifiant ! Même si l’éclatement de la zone euro est préparé suffisamment en amont pour ne pas affoler les marchés, celui-ci aurait un très grave impact sur toute l’économie européenne. Même sur l’Allemagne. Dès 2012, la production baisserait de 4 % à 9 % dans les États membres – mais aussi en Grande-Bretagne et en Europe centrale -, tandis que la plupart des nouvelles monnaies nationales perdraient la moitié de leur valeur.
Outre les aspects légaux sur lesquels Mark Cliffe ne s’étend pas et l’inévitable crise de confiance que cela provoquerait sur les marchés (qui prêtent beaucoup d’argent à la zone euro puisqu’aucun pays n’est en excédent budgétaire), l’économiste explique que, dans le second scénario, celui d’une implosion de la zone euro, les gouvernements de chaque pays auraient rapidement à défendre leur crédibilité devant les acteurs financiers qui seraient d’autant plus cruels avec des nations européennes dont la plupart n’ont pas été de bons élèves ces dernières années. Pour convaincre les marchés, chaque pays devrait évidemment accentuer les mesures de rigueur un peu partout en Europe.
La France perdrait 5 % de PIB
Jusque-là, tout cela relève de l’analyse. Mais la partie la plus intéressante de cette étude, ce sont les hypothèses chiffrées contenues dans la note de l’économiste.
Dans le cas d’une sortie de la Grèce de la zone euro, l’économiste table sur une baisse de 7 % du PIB grec au bout d’un an. Autant dire le grand plongeon. L’impact sur les autres pays serait, en revanche, beaucoup plus limité (vu le poids économique de la Grèce dans les échanges intracommunautaires). La France et l’Allemagne ne souffriraient ainsi que d’une baisse de leur PIB respectif de 1 %. Le second scénario, celui d’une implosion de la zone euro, fait, en revanche, froid dans le dos. Cliffe estime qu’il « coûterait » 9 % de PIB à la Grèce ou à l’Irlande. Et près de 4 % à l’Allemagne. Quant à la France, son PIB perdrait en deux ans 5 % de PIB ! Des pays comme la Belgique ou les Pays-Bas, les plus ouverts sur leurs voisins, seraient dans une situation encore plus périlleuse.
Autres conséquences : la baisse des cours de Bourse, des prix de l’immobilier, ainsi qu’un séisme pour les banques européennes, aujourd’hui toutes très engagées dans tous les pays européens. Les différents pays ne pourraient plus emprunter sur les marchés dans des conditions favorables (à l’exception de l’Allemagne) et devraient financer leurs déficits en empruntant à des taux dignes de l’usure, et ceci, quel que soit le scénario retenu. Et pour cause ! La sortie de la Grèce de la zone euro jetterait la suspicion sur tous les autres pays en difficulté. Et, bien évidemment, sur le concept même de zone euro.
Déflation en Allemagne et en France
Il reste les aspects monétaires. Dans le scénario un, la Grèce dévaluerait sa nouvelle monnaie de 80 % vis-à-vis de l’euro. En cas d’implosion de la zone euro dans son ensemble, la monnaie grecque serait dévaluée de 50 % par rapport au nouveau deutsche mark, le « nouveau franc », de 11 %, et la « lire », de 22 %. Quant au chômage, les prévisions de Mark Cliffe parient sur un taux de chômage de 13,8 % en France (25 % en Espagne). L’Espagne et le Portugal auraient à combattre une inflation proche de 10 %, tandis que l’Allemagne et la France seraient, elles, face à un choc déflationniste qui gagnerait ensuite les États-Unis.
Conclusion de Mark Cliffe : « Nous n’évoquons pas les avantages et inconvénients à long terme d’un éclatement de la zone euro et on peut toujours discuter des chiffres. Mais ce qui est sûr, c’est que les conséquences immédiates d’un tel choix provoqueraient un tel traumatisme que ceux qui proposent la fin de l’union monétaire comme solution à la crise doivent l’avoir en tête. »
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12 réponses à “Sortir de l’€uro : pire qu’une mauvaise idée, une idée cauchemardesque.”
28 juil 10 à 03:58
@mentape
Cliché ou réalité?
Environ trois décennies de dilapidation ou de détournement de fonds « feder » ( çà concerne également notre beau pays, qui n’est pas en reste pour les tricheries): c’est un cliché?
En termes d’art de vivre , je préfère de loin les grecs et les ritals aux teutons ( trop propres, trop obsessionnels, avec un fond de « pathos romantique » chiant); mais pour ce qui est de « cracher au bassinet »…..ça peut faire cher au final.
27 juil 10 à 11:43
@Mon pote le cynique
« Est ce que cette « crise » ne serait pas , pour une bonne part, la conséquence d’une gestion de type « les fourmis travaillent pour les cigales », c’est à dire le toujours identique à lui même « plat de lentille idéologique » d’une europe « personnaliste chrétienne »? »
On retrouve le cliché plus que classique du ceuilleur d’olive glanduer sur les bords contre le teuton bosseur…
27 juil 10 à 07:14
@ mentape
« A quand la création de la peseta californienne? »
A mon avis, ce serait inutile;
Je vais moins tourner autour du pot:
Le problème de la « crise monétaire européenne » n’est, précisément, PAS un problème monétaire.
Plus encore, ce n’est PAS un problème économique globalement européen ( ça l’est devenu)
Pour revenir sur l’exemple US, le Winsconsin ne paye pas pour le déficit californien, et personne n’envisage la sortie de la californie hors de la zone $: en clair, l’état de californie se démerde ( et si les impôts augmentent, des businessmen californiens se délocalisent au Nevada..)
Europe; point de départ officiel: crise grecque 2010:
Pourquoi, dans les mêmes circonstances, les mêmes causes apparentes (faillite d’un état) ne produisent t’elles pas les mêmes effets?
pourquoi, au moins initialement, et sous l’impulsion de son opinion publique, A Merkel refusait t’elle une aide financière à la grèce? Pourquoi, ensuite, un (lâche ) revirement de sa part?
Est ce que cette « crise » ne serait pas , pour une bonne part, la conséquence d’une gestion de type « les fourmis travaillent pour les cigales », c’est à dire le toujours identique à lui même « plat de lentille idéologique » d’une europe « personnaliste chrétienne »?
27 juil 10 à 06:25
Extrait de La situation économique européenne considérée comme un match de foot, par Clarence Boddicker :
« L’union européenne et le FMI ont décidé d’apporter à la Grèce quelques 110 Milliards d’euros d’aides diverses. Pour trouver cet argent, on fait de nouveau appel aux marchés. On décide donc d’augmenter nos propres déficits, d’emprunter de l’argent dont les intérêt seront remboursé par NOS contribuables, pour en donner à un état malade au bord de l’insolvabilité (qui ne va tarder à y arriver malgré tout, révélant la stupidité patente de l’action), et tout ça pour lui permettre de rembourser simplement ses intérêts et garantir les avoirs détenus dans ce pays par des secteurs essentiellement privés (le socialisme au secours des riches, on appréciera ou pas).
Et plus sérieusement, cette situation va forcément NOUS conduire à payer pour l’Espagne, pour le Portugal (imaginez les montants), etc, etc, alourdissant d’autant la dette d’une zone Euro déjà fortement grevé par les propres efforts de nos gouvernements pour soutenir leurs industries face à la crise. Clair que nos indices boursiers vont dégueuler et qu’on subira de plus en plus intensément la compétitivité de zones devenues redoutables (la zone Asie tiens).
En gros, en plongeant pour aider le malheureux grec, qui tient la main d’un espagnol, lui même tenant un portugais, un irlandais and so on, tout ce petit monde étant en train de se noyer, on risque tout simplement de se noyer à notre tour, où au mieux, d’arriver à se maintenir avec difficultés à la surface.
C’est ça, de la jouer collectif. Tout le monde perd ensemble. »
26 juil 10 à 22:17
Le seul point positif serait alors une fuite éperdue de cette immigration venue pour la gamelle et les Allocations { en France surtout mais pas seulement }migration massive de « Déçus de la Secu » ( La République . Kezako ?) semblable a celle de poux et morpions qu’on observa moult fois sur des soldats récemment décédés au front pendant WWI et WWII . Je ne suis pas certain que Sarkozy et Merkel acharnes a sauver l’Euro n’ont quand même pas envisage cette éventualité qui leur aurait permis de résoudre le problème mine de rien ! » Vox Populi sed Migrante , Hallelluya ! »
26 juil 10 à 15:58
@Cynique Ultraliberal Antireligieux:
A quand la création de la peseta californienne?
PS: c’est pour rester dans l’ambiance du sujet.
26 juil 10 à 06:22
Oui, mais il y a quand même un budget national, fédéral, et une seule politique budgétaire et fiscale de l’Etat central. Celle-ci, cette politique, n’existe pas en Europe, on n’a qu’une politique monétaire, ce qui est déjà pas mal.
26 juil 10 à 06:14
@ Letel
çà, c’est l’hypothèse de l’état central américain, qui inciterait,imposerait etc..
Or la réalité américaine est assez loin d’un état entièrement centralisé; au contraire, les états luttent assez férocement contre les « bureaucrates de washington » et disposent d’une importante autonomie économique et fiscale.
Mai, que je sache, le winsconsin ne paie pas pour le déficit californien…c’est peut être là une différence importante..
26 juil 10 à 05:58
Parce qu’il n’y a qu’une seule politique économique, monétaire, budgétaire, fiscale, incitative, impérative, de l’Etat fédéral américain. Il n’y a pas d’Etat dans l’UE, ni central ni fédéral, il n’y a donc pas de politique économique européenne. En plus, l’euro est de création récente, contrairement au dollar.
26 juil 10 à 05:25
Question aux économistes du blog:
Pourquoi la faillite ou la quasi faillite financière d’un état américain ( ex: la Californie) ne fait t’elle en rien évoquer la « sortie de la Californie hors de la zone dollar »?
25 juil 10 à 17:45
Le seul point positif serait alors une fuite eperdue de cette immigfration venue pour la gamelle et les Allocs en France surtout mais pas seulement migration massive de Decus de la Secu ( La Republique . Kezako ?) semblable a celle de poux et morpions qu’on observa moults fois sur des soldats recemment decedes au front pendant WW1 et WWI! . Je ne suis pas certain que Sarko et Merkel acharnes a sauver l’Euro n’ont quand meme pas envisage cette eventualite qui leur aurait permis de resoudre le probleme mine de rien ! » Vox Populi Nigranti , Hallelluya ! »
25 juil 10 à 15:01
Merci DG






